Le Syllabus de 1864 (sous-titré « catalogue des erreurs modernes renfermant les principales erreurs de notre temps ») est devenu le symbole de l’attitude intransigeante de l’Eglise du XIXe siècle face à la modernité. Depuis le Concile Vatican II, l’Eglise, en tout cas sa pratique majoritaire paraissent avoir pris une direction complétement différente. Beaucoup en déduisent que l’Eglise s’est donc massivement contredite. Ce qui serait grave, car que vaut un magistère qui dit un jour une chose et un autre jour le contraire ? Concrètement, pourquoi suivre ce que dit l’Eglise aujourd’hui, si elle peut dire le contraire demain ?
Mais un examen plus approfondi du texte montre que la question se pose en des termes très différents. La très grande majorité des propositions condamnées par le Syllabus est aujourd’hui encore tout aussi inacceptable, pour un catholique fidèle. Certains autres cas s’éclairent en allant au-delà de la formulation abrupte du texte. Sur tous ces points le Syllabus non seulement reste vrai, mais, dans bien des cas, la relecture aujourd’hui montre qu’il était carrément prophétique.
Les rares cas où la difficulté est réelle par rapport au magistère actuel sont très instructifs du développement de la doctrine : ils gardent leur vérité, mais elle est à relativiser en prenant en compte d’autres données (d’ailleurs traditionnelles dans leur principe) que le Syllabus et les autres textes du temps ne prenaient pas assez en compte et qui ont été développés depuis.
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