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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Jeux olympiques et unit&#233; nationale : la grande illusion</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Jeux-olympiques-et-unite-nationale-la-grande-illusion.html</link>
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		<dc:date>2024-08-12T12:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Identit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Jeux olympiques</dc:subject>
		<dc:subject>Unit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Faisons un bilan rapide de l'exp&#233;rience des JO de Paris 2024. Le plus frappant et le plus r&#233;jouissant est le remarquable succ&#232;s sportif des &#233;quipes fran&#231;aises. On peut mentionner aussi l'ind&#233;niable r&#233;ussite technique de l'organisation et du spectacle. Mais quelle en sera la port&#233;e r&#233;elle pour le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit dans bien des commentaires que cela a montr&#233; la possibilit&#233; d'une forme renouvel&#233;e d'unit&#233; nationale, au-del&#224; de la crise politique du pays, toujours pr&#233;sente. Certes, les gens ont bien souvent vibr&#233; ensemble. Mais de l&#224; &#224; parler d'unit&#233; ou de projet commun, il y a un grand pas. Quant &#224; relier cela avec l'id&#233;ologie qui a trop souvent impr&#233;gn&#233; les c&#233;r&#233;monies d'ouverture et m&#234;me de cl&#244;ture, l&#224; on tombe dans l'affabulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jouer les rabat-joie, rappelons les limites de l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Unite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Unit&#233; nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faisons un bilan rapide de l'exp&#233;rience des JO de Paris 2024. Le plus frappant et le plus r&#233;jouissant est le remarquable succ&#232;s sportif des &#233;quipes fran&#231;aises. On peut mentionner aussi l'ind&#233;niable r&#233;ussite technique de l'organisation et du spectacle. Le souvenir en restera. Mais quelle en sera la port&#233;e r&#233;elle pour le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit dans bien des commentaires, surtout de gauche mais aussi parfois du centre et de la droite &#8216;consensuels', que cela a montr&#233; la possibilit&#233; d'une forme renouvel&#233;e d'unit&#233; nationale - et m&#234;me d'un projet commun, voire pour certains &#8216;d'esp&#233;rance' et de &#8216;communion', au-del&#224; de la crise politique du pays, toujours pr&#233;sente. Certes, les gens ont bien souvent vibr&#233; ensemble, et en soi c'est bon ; ils ont v&#233;cu ensemble quelque chose de globalement r&#233;ussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de l&#224; &#224; parler d'unit&#233; ou de projet commun, il y a un grand pas. Quant &#224; relier cela avec l'id&#233;ologie qui a trop souvent impr&#233;gn&#233; les c&#233;r&#233;monies d'ouverture et de cl&#244;ture, l&#224; on tombe dans l'affabulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jouer les rabat-joie, rappelons les limites de l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un exploit sportif m&#234;me remarquable n'est pas un projet collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, l'image donn&#233;e par un sportif ou une &#233;quipe rattach&#233; &#224; son origine nationale n'est pas en soi porteuse d'un projet collectif, ni ne se rattache &#224; une sp&#233;cificit&#233; nationale. Je peux tr&#232;s l&#233;gitimement &#234;tre fier d'un sportif fran&#231;ais, mais au fond son exploit ne dit rien de moi ni de ma vie ; l'identification reste donc passive et &#233;motionnelle, au niveau de l'image et du drapeau. Et comme telle elle ne f&#233;d&#232;re pas un projet, m&#234;me si elle peut contribuer &#224; le mettre en sc&#232;ne. Comparons-la par exemple avec un r&#233;sultat &#233;conomique, ou dans un autre genre avec une action militaire : dans ces cas, on peut avoir un vrai enjeu collectif, qui peut potentiellement affecter, en bien ou en mal, le devenir de chacun. Pas avec le sport, quels que soient ses m&#233;rites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;ologie sous-tendant les spectacles n'a rien &#224; voir ni avec le sport ni avec ce qu'&#233;voque la France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, un &#233;v&#232;nement sportif est autre chose qu'un projet politique et a fortiori qu'une id&#233;ologie. Certes, dans le pass&#233; voire r&#233;cemment, des r&#233;gimes autoritaires ont pu vouloir mobiliser le sport (jeux de 1936 &#224; Berlin, etc.), en jouant avec un certain effet sur des affinit&#233;s entre leurs th&#232;mes et le sport, ainsi sur l'effort et sur la comp&#233;tition, vus comme un combat. M&#234;me si en soi, bien s&#251;r, le sport est tout autre chose, comportant notamment le respect de l'autre. En revanche, la tentative de r&#233;cup&#233;ration du sport est particuli&#232;rement absurde dans le cas de l'h&#233;donisme relativiste et mou, m&#234;l&#233; de provocations, qui impr&#233;gnait une partie appr&#233;ciable des spectacles d'ouverture et de cl&#244;ture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on analogue, le spectacle d'ouverture et surtout plus g&#233;n&#233;ralement les jeux ont massivement utilis&#233; Paris comme d&#233;cor, non sans succ&#232;s en termes de mise en sc&#232;ne. Mais aucun lien v&#233;ritable n'&#233;tait &#233;tabli avec l'histoire nationale, encore moins ne sugg&#233;rait en quoi ces monuments se reliaient &#224; un quelconque patrimoine ou pouvaient &#234;tre compris comme ins&#233;r&#233;s dans un projet commun de type patriotique. Bien s&#251;r, &#234;tre propri&#233;taire d'un monument et l'utiliser comme cadre pour des f&#234;tes est tout &#224; fait l&#233;gitime, mais cela ne fait pas un projet, ni m&#234;me un message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La juxtaposition de styles contradictoires n'est pas un projet commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a assez insist&#233; par ailleurs sur les aspects choquants du spectacle d'ouverture. Contrairement aux discours convenus des organisateurs, la recherche du scandale y affleurait r&#233;guli&#232;rement, et elle est aux antipodes de toute recherche d'unit&#233;. Ainsi avec la t&#234;te d&#233;capit&#233;e de Marie-Antoinette, ou l'&#233;vocation de la C&#232;ne au d&#233;but de la sc&#232;ne correspondante - tellement manifeste par rapport &#224; ce tableau si connu que nier tout lien est d'une rare malhonn&#234;tet&#233; intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de ces piques, le point central est que s'il y a un projet, le seul v&#233;hicul&#233; par la c&#233;r&#233;monie d'ouverture est le vivre ensemble, compris comme exaltation du relativisme (m&#234;l&#233; au th&#232;me du sport dans le spectacle de cl&#244;ture). Le tableau embl&#233;matique est ici celui d'Aya Nakamura sortant de l'Institut et donc visuellement de l'Acad&#233;mie pour prof&#233;rer ses chansons intellectuellement ineptes et faire se tr&#233;mousser la garde r&#233;publicaine. A nouveau, on a eu l&#224; une simple juxtaposition d'&#233;l&#233;ments contradictoires &#8211; rappelant le c&#233;l&#232;bre &#171; beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine &#224; coudre et d'un parapluie &#187;. On peut discuter de l'effet esth&#233;tique de ce genre de rapprochement ; m&#234;me si en l'esp&#232;ce, on ne le voit franchement pas. Mais en tout cas, ce n'est en rien la base ou l'image d'un projet &#8211; sans parler de culture ou de fiert&#233; collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a en effet dans tout cela aucune proposition positive, en dehors d'une id&#233;e de &#8216;tol&#233;rance' qui n'est &#224; nouveau qu'une juxtaposition. Et qui au fond met en sc&#232;ne une forme de d&#233;composition individualiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le seul message concret du d&#233;tournement id&#233;ologique &#233;tait finalement l'exaltation d'un m&#233;lange anarchique, qui est ruineux &#224; terme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si on cherche plus avant un contenu dans cette juxtaposition, et mis &#224; part des th&#232;mes bateau comme l'hymne &#224; l'amour de Piaf, on rencontre deux &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le sexuel marginal : les drag-queens, l'excitation LGBT, les trouples etc. ; ce qui ne concerne qu'une faible minorit&#233; de gens et en choque beaucoup d'autres : ce n'est pas un programme collectif, ni la promesse d'une f&#233;condit&#233;, encore moins un th&#232;me rassembleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autre part, &#224; nouveau, ce relativisme qui est en d&#233;finitive le seul th&#232;me politiquement effectif qui reste de tout ce message, traduit en l'esp&#232;ce par une juxtaposition h&#233;t&#233;roclite, une fois retomb&#233;es les paillettes de la communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la diversit&#233; qui pose probl&#232;me comme telle. Mais elle n'est vivable sur la dur&#233;e que dans le cadre d'une vraie communaut&#233;, partageant des r&#233;f&#233;rences communes propres, une vraie culture et une vraie m&#233;moire collective, porteurs de fiert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en trouver un &#233;cho r&#233;el dans le sport, m&#234;me si cela reste limit&#233; par nature : le respect mutuel y concerne des personnes qui, m&#234;me venant d'horizons diff&#233;rents, pratiquent une m&#234;me discipline dans tous les sens du terme, et donc ont &#224; leur fa&#231;on et sur ce point pr&#233;cis des objectifs, des valeurs, une culture et des r&#232;gles de vie communes porteuses de sens. Mais au niveau de la vie r&#233;elle dans la soci&#233;t&#233;, une culture positive commune, c'est justement ce que le relativisme d&#233;construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre-ensemble-ou-se-supporter.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Migrations, d&#233;constructions : quel avenir pour l'identit&#233; nationale ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Migrations-deconstructions-quel-avenir-pour-l-identite-nationale.html</link>
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		<dc:date>2023-04-11T15:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Identit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La forme politique d&#233;mocratique, au sens moderne du terme, suppose une base nationale ; c'est-&#224;-dire l'appartenance &#224; un peuple ayant ce qu'on appelle une &#8216;identit&#233;' &#8211; &#224; condition de bien comprendre ce terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce principe national se trouve d&#233;sormais remis en question dans nos pays, tant par la rupture de la transmission culturelle qui s&#233;vit en Europe depuis les ann&#233;es 60-70, que par l'immigration de peuples tr&#232;s diff&#233;rents et pour qui l'assimilation n'est pas un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une situation in&#233;dite. En dehors d'un pouvoir autoritaire, on n'a pas dans l'histoire d'exemple d'entit&#233; politique plurinationale durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il alors se passer, et que faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Migrations-29-.html" rel="directory"&gt;Migrations&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Migrations-+.html" rel="tag"&gt;Migrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans Les Nations et leur destin, la forme politique d&#233;mocratique, au sens moderne du terme, suppose une base nationale ; c'est-&#224;-dire l'appartenance &#224; un peuple ayant ce qu'on appelle une &#8216;identit&#233;'. Un mot &#233;quivoque, mais acceptable si on le comprend non pas comme un mod&#232;le rigide et immuable s'imposant &#224; chacun, mais comme un ensemble de r&#233;f&#233;rences communes, culturelles et historiques, permettant aux personnes composant un peuple de s'y identifier suffisamment pour en faire une part de leur propre identit&#233; et s'en reconna&#238;tre membre. Ce qui les conduit &#224; accepter la solidarit&#233; qu'implique le fait de vivre ensemble dans une m&#234;me entit&#233; politique exprimant cette identit&#233; commune, et de reconna&#238;tre l'autorit&#233; et la l&#233;gitimit&#233; des institutions politiques correspondantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indice majeur de cette &#8216;identit&#233;' est une langue commune, existant au d&#233;part ou unifi&#233;e ensuite, y compris par assimilation. Il y a bien s&#251;r des cas nombreux d'ensembles linguistiques divis&#233;s en plusieurs nations (anglophones, hispanophones etc.), car cela n'emp&#234;che en rien diverses identit&#233;s nationales de s'y former. Mais il n'y a pratiquement pas d'exemple de nation plus ou moins d&#233;mocratique regroupant plusieurs peuples au sens national du terme : la Belgique est fragile, le Canada domin&#233; par la culture anglosaxonne ; en Inde, c'est la civilisation commune avec sa puissance originalit&#233; qui joue le r&#244;le de liant. Reste en fait la Suisse, cas unique, d'ailleurs exceptionnellement d&#233;centralis&#233;. Inversement, l'absence d'une telle base de peuple ou nation explique la fragilit&#233; de la plupart des constructions politiques africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce principe national se trouve d&#233;sormais remis en question dans nos pays. D'un c&#244;t&#233;, c'est par la rupture de la transmission culturelle qui s&#233;vit en Europe depuis la r&#233;volution culturelle des ann&#233;es 60-70, aggrav&#233;e par un individualisme maladif mais revendicatif et par la domination d'id&#233;es dite progressistes de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;res (le th&#232;me de la d&#233;construction, qui est un aveu). Ce &#224; quoi s'ajoute la construction europ&#233;enne, tendanciellement f&#233;d&#233;rale, mais sans base nationale et rongeant &#224; sa fa&#231;on les nations existantes. D'un autre c&#244;t&#233;, et &#224; terme plus encore, c'est par une immigration sans cesse plus forte, de la part de peuples non seulement culturellement tr&#232;s diff&#233;rents, mais qui surtout dans une proportion importante n'&#233;prouvent ni d&#233;sir ni besoin de s'assimiler (contrairement &#224; leurs pr&#233;d&#233;cesseurs). Et qui d'ailleurs ne re&#231;oivent pas de la soci&#233;t&#233; d'accueil de message explicite fort en ce sens, du fait de la rupture culturelle qu'on a &#233;voqu&#233;e et de l'h&#233;g&#233;monie du cadre de pens&#233;e progressiste. Or, comme l'a rappel&#233; judicieusement Matthieu Bock C&#244;t&#233; dans un article r&#233;cent (Figaro du 1 avril 2023), cette pens&#233;e dominante cumule les d&#233;clarations contradictoires sur ce sujet de l'immigration : niant le fait, puis affirmant que cela s'est toujours produit ; expliquant que cela n'affecte pas l'identit&#233; nationale, puis que celle-ci n'a pas de consistance ; stigmatisant tout ce qui ressemble &#224; une affirmation de cette identit&#233;, mais exigeant le respect scrupuleux de celle des arrivants etc. Mais ces contradictions ne l'emp&#234;chent pas de continuer ses pr&#234;ches hallucin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une situation in&#233;dite. En dehors d'un pouvoir autoritaire, g&#233;n&#233;ralement celui d'un empire, on n'a pas dans l'histoire d'exemple d'entit&#233; politique pluriethnique (au sens de pluriculturelle) ou plurinationale - en tout cas pas durable au-del&#224; d'un rassemblement momentan&#233;. En outre, quand des m&#233;langes de peuples significatifs se produisent, outre le grand d&#233;sordre qui en r&#233;sulte, cela se r&#233;sout assez vite soit par une s&#233;paration soit par une assimilation, m&#234;me si elles peuvent &#234;tre &#233;ventuellement retard&#233;es par le pouvoir (tant qu'il le peut, c'est &#224; dire qu'il reste imp&#233;rial). D'o&#249; les terribles s&#233;parations avec nettoyage ethnique qui ont affect&#233; les pays effectuant une transition d&#233;mocratique au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il se produire dans nos pays si on prolonge les courbes actuelles, &#224; savoir le maintien de l'h&#233;g&#233;monie progressiste, surtout sous sa forme woke ; et une immigration cumulative, sans assimilation d'une partie appr&#233;ciable et croissante des allog&#232;nes ? Logiquement il s'agira de plus en plus de vivre dans une entit&#233;, formellement d&#233;mocratique au d&#233;part, mais o&#249; ce qu'on appellera juridiquement le peuple sera de plus en plus compos&#233; de r&#233;alit&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes, pesant sur le processus politique. La forme d&#233;mocratique pourra alors sans doute subsister un temps, au moins en apparence, mais avec un fonctionnement alt&#233;r&#233;, fond&#233; sur des rapports de force et des n&#233;gociations entre groupes (qui pourront eux m&#234;me &#234;tre divis&#233;s) - avec un risque croissant de basculement dans un r&#233;gime autoritaire, bien plus apte &#224; g&#233;rer une telle situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les populations arrivantes sont elles-m&#234;mes h&#233;t&#233;rog&#232;nes ; le point commun, du moins pour la majorit&#233;, est l'islam, mais pas la langue ni les cultures d'origine. On peut donc penser que le fran&#231;ais (sans doute appauvri et alt&#233;r&#233;) restera la langue v&#233;hiculaire. Mais on l'a dit, autant une nation suppose habituellement une seule langue, autant une langue commune ne signifie pas identit&#233; nationale, tant s'en faut. Et cela notamment si la religion introduit un facteur fort de diff&#233;renciation (comme on l'a vu entre Serbes, Croates et Bosniaques, qui parlent la m&#234;me langue). Surtout quand cette langue est per&#231;ue comme &#233;tant celle de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc imaginer de devoir vivre dans ce cas dans un ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne et mouvant. Il n'est pas exclu d'ailleurs que la remont&#233;e de courants ou d'attitudes dites identitaires dans la population de souche aille aussi dans le m&#234;me sens &#8211; sauf &#233;videmment si elle devenait dominante politiquement - ces Fran&#231;ais de souche r&#233;sistants apparaissant alors comme une des sous-cultures du nouveau paysage. Cela dit, dans un tel contexte, le facteur rassembleur le plus puissant c&#244;t&#233; arrivant sera l'Islam, malgr&#233; les tensions entre les diff&#233;rents peuples musulmans ; d&#232;s lors c'est l'Islam qui pourrait finir par devenir dominant, surtout en cas de conversions importantes d'autochtones - apr&#232;s leur abandon du christianisme, qui est en cours. Neutre ethniquement, l'Islam pourrait fournir un &#233;l&#233;ment rassembleur pour cette nouvelle entit&#233;, qui serait culturellement bien diff&#233;rente de ce que nous connaissons, et qu'on h&#233;sitera &#233;videmment &#224; continuer &#224; appeler France. Ajoutons que la gauche pourrait en faire les frais, car l'alliance de circonstance entre elle et les migrants musulmans volerait en &#233;clat au vu de leurs profondes divergences. Notons en outre qu'une telle &#233;volution ne favoriserait pas comme telle la construction europ&#233;enne, car les diff&#233;rences entre les pays qui la composent subsisteraient, notamment linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors pour ceux qui pr&#233;cis&#233;ment pensent que l'abandon progressif de la r&#233;f&#233;rence fran&#231;aise, au sens ant&#233;rieur du terme, serait une perte immense et un drame ? Certainement ne pas c&#233;der. Avec deux objectifs : la lutte politique certes, malgr&#233; les vents contraires, pour conjurer le sc&#233;nario &#233;voqu&#233;, contr&#244;ler les entr&#233;es et imposer un objectif d'assimilation raisonnable mais d&#233;termin&#233;. Et en m&#234;me temps, sur le plan culturel et politique, lutter contre la rage destructionniste. Mais aussi assurer le maintien et l'affirmation des traditions culturelles nationales ant&#233;rieures, &#224; tous les niveaux o&#249; cela sera possible ; non pas sous la forme d'un ghetto (car il faut assimiler tous ceux qui y seront dispos&#233;s) ou d'une pens&#233;e &#233;triqu&#233;e, mais avec la tranquille conviction de sa valeur unique, de sa f&#233;condit&#233; et de son bienfait irrempla&#231;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, m&#234;me quand l'appareil d'Etat ne va pas dans ce sens. En effet, l&#224; o&#249; le changement mental est le plus important, c'est dans le fait que par un paradoxe apparent, cette &#8216;identit&#233;' nationale qui se reliait naturellement &#224; la forme politique (l'Etat-nation) peut avoir d&#233;sormais &#224; &#234;tre prise en partie en charge en dehors de l'Etat, voire parfois contre lui ; l'exemple de l'&#233;ducation &#233;tant ici caract&#233;ristique. Autrement dit, la survie de la nation et de la culture fran&#231;aises ne se situe plus au seul niveau politique d'ensemble, mais dans les mains de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine n&#176; 225 &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/migrations-deconstructions-quel-avenir-pour-lidentite-nationale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La nation incontournable - m&#234;me si en Europe on ne veut pas l'admettre</title>
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		<dc:date>2013-12-05T14:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Identit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Autonomie nationale</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les communaut&#233;s sont des faits, qui ne se d&#233;cr&#232;tent pas, et &#224; notre &#233;poque la communaut&#233; politique par excellence c'est la nation. C'est une &#233;vidence partout dans le monde, m&#234;me si ce n'est pas une id&#233;e tr&#232;s populaire en Europe. Et la d&#233;mocratie elle-m&#234;me suppose le cadre national. Les communaut&#233;s plus petites sont essentielles mais ne sauraient s'y substituer ; inversement le relai ne peut &#234;tre pris &#224; un niveau plus vaste, quoi qu'on dise de l'Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle communaut&#233; suppose un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Souverainete-nationale-.html" rel="directory"&gt;Nation, souverainet&#233; et d&#233;fense&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les communaut&#233;s sont des faits, qui ne se d&#233;cr&#232;tent pas, et &#224; notre &#233;poque la communaut&#233; politique par excellence c'est la nation. C'est une &#233;vidence partout dans le monde, m&#234;me si ce n'est pas une id&#233;e tr&#232;s populaire en Europe. Et la d&#233;mocratie elle-m&#234;me suppose le cadre national. Les communaut&#233;s plus petites sont essentielles mais ne sauraient s'y substituer ; inversement le relai ne peut &#234;tre pris &#224; un niveau plus vaste, quoi qu'on dise de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle communaut&#233; suppose un patrimoine commun, une langue, et une volont&#233; de vivre ensemble. Ce qui ne saurait se limiter &#224; des principes d&#233;mocratiques ou aux droits de l'homme &#8211; car ils sont &#224; vocation universelle et ne d&#233;finissent pas une communaut&#233; particuli&#232;re. Cela n'exclut pas m&#234;me une immigration, si celle-ci d&#233;bouche sur une int&#233;gration dans ce vouloir-vivre ensemble et cette culture commune ; cela n'exclut pas non plus une ouverture raisonn&#233;e et lucide sur la mondialisation ; et c'est compatible avec un respect des personnes et de leur diversit&#233; naturelle. Mais c'est incompatible avec le refus individualiste de la vie commune ou avec un relativisme g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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