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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La d&#233;rive europ&#233;enne : la norme au lieu de la d&#233;cision </title>
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		<dc:date>2026-01-24T16:25:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>
		<dc:subject>Norme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour d&#233;cider et &#233;laborer une v&#233;ritable strat&#233;gie. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc sortir de ce sch&#233;ma mental mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Union-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Norme-+.html" rel="tag"&gt;Norme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/euro-76019_1920.jpg?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;rive europ&#233;enne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait de base : le d&#233;crochage de l'Europe en termes &#233;conomiques et technologiques. Or il co&#239;ncide clairement avec la formation de l'Union europ&#233;enne actuelle, celle de Maastricht. Cyrille Dalmont (Figaro Vox 19 d&#233;cembre 2025) note ainsi que la part europ&#233;enne du PIB mondial est pass&#233;e de 25 % en 1990 &#224; 14 % aujourd'hui, malgr&#233; l'extension du nombre de membres. La comparaison avec les Etats-Unis est encore plus frappante. En 1992, les deux zones pesaient &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me poids dans l'&#233;conomie mondiale, l'Europe b&#233;n&#233;ficiant m&#234;me d'un l&#233;ger avantage. Mais en 2024, le PIB par habitant aux &#201;tats-Unis en 2024 est de 84 809 dollars contre 43 145 dollars au sein de l'Union europ&#233;enne (Banque mondiale). Toujours selon Dalmont, sur les 1 000 plus grandes entreprises technologiques mondiales, les &#201;tats-Unis en concentrent 467, qui repr&#233;sentent plus de 80 % de la capitalisation totale. L'UE n'en rassemble que 139, pour moins de 5 % de la capitalisation globale. Dans les 100 premi&#232;res, le d&#233;s&#233;quilibre est encore plus brutal : 59 entreprises am&#233;ricaines, deux europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on peut ne pas consid&#233;rer que le PNB ou la technologie sont les seuls crit&#232;res d&#233;finitifs pour juger un pays ou ses performances. Mais l'Europe a r&#233;guli&#232;rement affich&#233; sur la p&#233;riode ses ambitions dans ces mati&#232;res. Son &#233;chec relatif est donc patent. Et on ne parle pas de la comparaison avec la Chine - encore moins de la capacit&#233; militaire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la question : est-ce une simple loup&#233;, une porte qui n'a pas &#233;t&#233; vue ? Ou est-ce structurel ? Dalmont accuse la tendance europ&#233;enne &#224; la surr&#232;glementation : la Commission reconna&#238;t, dit-il, une hausse de 27 % de la charge r&#233;glementaire en dix ans dans les secteurs industriels. Le point est incontestable. Mais au-del&#224; m&#234;me de cette surr&#232;glementation, il faut souligner surtout la tendance europ&#233;enne &#224; voir la r&#233;glementation comme le principal moyen d'action. On &#233;met des normes au lieu de cr&#233;er. Mais on ne pr&#233;pare pas un avenir ni ne d&#233;finit une strat&#233;gie en empilant des normes : celles-ci peuvent avoir un sens dans des limites raisonnables, mais cela suppose qu'il y ait en sous-jacent une dynamique, une position gagnante, et donc une volont&#233; strat&#233;gique, partag&#233;e dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est ce que l'Union europ&#233;enne est incapable de produire. Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour cela. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale. Certes, on retrouve par l&#224; un &#233;cho de ce qu'on constate dans les pays membres eux-m&#234;mes, de fa&#231;on amplifi&#233;e et radicalis&#233;e. Mais la diff&#233;rence est qu'au niveau europ&#233;en, c'est inh&#233;rent &#224; la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'erreur d'un moralisme id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tour par le choix moral permet de le comprendre mieux. Comment en effet fonde-t-on ses choix, sinon sur une id&#233;e de ce qu'il est bon de faire, ce qui suppose qu'on ait cette id&#233;e du bien, donc au sens large une forme d'&#233;thique ou morale ? Il y a pour simplifier trois conceptions : l'&#233;thique de responsabilit&#233; (cons&#233;quentialiste), l'&#233;thique d&#233;ontologique (kantienne), l'&#233;thique du jugement &#233;clair&#233; (aristot&#233;licienne). Or il y a une affinit&#233; entre le syst&#232;me de pens&#233;e dominant, notamment au niveau europ&#233;en, et la logique d&#233;ontologique, de type kantien. On pose des principes a priori, suppos&#233;s de valeur universelle, et on juge la situation &#224; partir de l&#224;. Le soutien &#224; l'Ukraine, ou l'entr&#233;e des migrants, sont typiques de ce genre de raisonnement, tellement en faveur au niveau europ&#233;en. Bien entendu, derri&#232;re, d'autres motivations peuvent appara&#238;tre, ou se cacher, qui sont de logique diff&#233;rente. Mais m&#234;me s'il y a une certaine hypocrisie, la mani&#232;re dont elle se manifeste et s'habille est sp&#233;cifique ; et en r&#233;alit&#233; l'id&#233;ologie est centrale dans le d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, le syst&#232;me impose une id&#233;ologie, celle du politiquement correct, en s'appuyant sur le r&#244;le croissant des juges, qui se substitue aux politiques, ou impose aux citoyens des r&#232;gles qu'ils n'ont jamais valid&#233;es. Et surtout le raisonnement juridique lui-m&#234;me est typiquement de type d&#233;ontologique ou kantien. Or ce n'est pas le bon mode d'exercice de la justice, comme Adrian Vermeule l'a brillamment rappel&#233; dans le cas de la constitution am&#233;ricaine. Tout autre en effet est l'approche de la morale des vertus, &#224; savoir d'un jugement moral visant &#224; la recherche d'un bien objectif qui s'appr&#233;cie en conscience au vu de la situation, sous l'&#233;clairage de principes mais sans automatisme &#8211; ce qui suppose d'abord une formation morale adapt&#233;e du juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me remarque vaut pour tout d&#233;cideur. Celui qui d&#233;cide est celui qui prend ses responsabilit&#233;s au vu de la situation, en choisissant la voie qui en conscience lui para&#238;t la bonne. Et pas en d&#233;clinant un syst&#232;me de pens&#233;e pr&#233;construit, qu'ensuite il suit aveugl&#233;ment ; &#224; nouveau, l'Ukraine ou les migrants en sont des exemples consternants. Dans un cas, on refuse obstin&#233;ment de tenir compte de la r&#233;alit&#233; de ce qu'est un conflit, et on poursuit au nom de principes abstraits un combat d&#233;sormais perdu, apr&#232;s avoir sacrifi&#233; des actifs majeurs en Russie et cr&#233;&#233; un handicap &#233;nerg&#233;tique d&#233;vastateur. Dans l'autre, on d&#233;clenche puis encourage une acc&#233;l&#233;ration torrentielle de migrations dont on s'acharne &#224; miner toute possibilit&#233; r&#233;aliste de les contenir, toujours au nom de principes abstraits &#8211; malgr&#233; la tr&#232;s relative inflexion r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cision et responsabilit&#233; personnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle mani&#232;re de proc&#233;der a un autre inconv&#233;nient majeur : celui d'encourager et de faciliter un des vices majeures de nos soci&#233;t&#233;s : l'irresponsabilit&#233;. Dans un grand nombre de domaines, les d&#233;cisions sont prises de plus en plus sur la base de suppos&#233;es constatations m&#234;lant a priori id&#233;ologie et suppos&#233;es expertises, face &#224; quoi on explique aux m&#233;dias g&#233;n&#233;ralement complices et &#224; la population qu'il n'y pas d'autre choix. Cela permet d'&#233;luder toute vraie responsabilit&#233; personnelle des suppos&#233;s dirigeants. Nassim Taleb l'avait rappel&#233; avec force dans son livre Skin in the game : il y a un ab&#238;me entre celui qui d&#233;cide personnellement en ayant un enjeu personnel direct, c'est-&#224;-dire en engageant sa responsabilit&#233;, et celui qui d&#233;cide sans que l'effet de la d&#233;cision, bon ou mauvais, l'affecte r&#233;ellement. Autrefois, le second cas pouvait prendre la figure du potentat &#224; l'ancienne, jugeant selon son arbitraire personnel. Mais dans nos soci&#233;t&#233;s, cela prend essentiellement la figure de celui qui d&#233;cide en s'abritant derri&#232;re les normes d'un c&#244;t&#233;, les proc&#233;dures de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cas des institutions europ&#233;ennes en est un exemple spectaculaire : pour la plupart non &#233;lues, sinon indirectement, et pour un temps bref, elles ne se retrouvent jamais face &#224; des &#233;lecteurs qui pourraient leur demander des comptes. M&#234;me les parlementaires y sont &#233;lus en fait sur une base politique nationale ; et lorsqu'il y a de nouvelles &#233;lections, personne ne fait de lien entre eux et ce qu'ils ont vot&#233; pendant leur mandat. L'irresponsabilit&#233; y atteint donc un degr&#233; spectaculaire, consid&#233;rablement plus qu'au niveau des Etats membres (encore que les dirigeants de ces derniers s'en tirent souvent &#224; rejetant la responsabilit&#233; sur &#171; l'Europe &#187; - bien entendu sans qu'on sache qui est vis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien ce m&#233;canisme m&#234;lant irresponsabilit&#233; et choix proc&#233;duraux ou id&#233;ologiques qui est la cause centrale de l'&#233;chec des institutions europ&#233;ennes, et derri&#232;re elles, une des causes majeures (avec d'autres) du recul g&#233;n&#233;ral des pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur&lt;/i&gt; Politique Magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'Union Europ&#233;enne &#224; l'empire : un sc&#233;nario possible</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/De-l-Union-Europeenne-a-l-empire-un-scenario-possible.html</link>
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		<dc:date>2024-06-03T14:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Europe et empire</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La construction europ&#233;enne en cours vise une union toujours plus &#233;troite. D&#232;s le d&#233;but &#233;tait pr&#233;sent le mythe d'une Europe &#233;quivalant &#224; un &#233;tat souverain. Et elle s'y emploie activement, tournant tous les obstacles et notamment l'opposition sourde des peuples. Mais cela reste partiel ; nous sommes donc dans l'entre-deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet peut-il se r&#233;aliser ? Comme Etat-nation d&#233;mocratique, certainement pas. L'Europe ne peut pas l'&#234;tre, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en et donc de nation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'exclut pas une autre possibilit&#233; : une construction politique nouvelle, plurinationale mais peu ou pas d&#233;mocratique (sauf de fa&#231;ade). Une forme &#8216;imp&#233;riale' imparfaite. Nous n'y sommes pas encore, mais &#224; la faveur des &#233;v&#233;nements, c'est concevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel pourrait &#234;tre le sc&#233;nario ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Union-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La construction europ&#233;enne en cours vise une union toujours plus &#233;troite. Et elle s'y emploie activement, tournant tous les obstacles et notamment l'opposition sourde des peuples. Tout r&#233;cemment, l'ambition des dirigeants europ&#233;ens s'est d&#233;plac&#233; vers le secteur de la d&#233;fense, guerre en Ukraine oblige. Pourtant c'&#233;tait l'un des plus &#233;loign&#233;s des trait&#233;s actuels &#8211; mais le fait est que l'on trouve ainsi, dans un contexte tr&#232;s diff&#233;rent, le projet avort&#233; d&#232;s les ann&#233;es 50 de Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense. Car d&#232;s le d&#233;but &#233;tait pr&#233;sent le mythe d'une Europe &#233;quivalant &#224; un &#233;tat souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une utopie f&#233;d&#233;rale hors d'atteinte en d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet peut-il se r&#233;aliser ? Comme Etat-nation d&#233;mocratique, certainement pas. L'Europe ne peut pas l'&#234;tre. Ce peut &#233;videmment &#234;tre un lieu de coop&#233;ration essentiel entre pays, mais pas de solidarit&#233; premi&#232;re, encore moins de base &#224; une d&#233;mocratie, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en et donc de nation europ&#233;enne. Il n'y a pas d'exemple de d&#233;mocratie autre que nationale, pour la raison simple qu'on ne peut accepter le degr&#233; de solidarit&#233; qu'impliquent la d&#233;mocratie et le r&#232;gne de la majorit&#233; que moyennant un fort &#233;l&#233;ment d'identification, qu'a en son temps r&#233;alis&#233; le projet national. Mais ce projet suppose pour se r&#233;aliser une base commune, historique et culturelle, et notamment une langue commune. Les exemples de d&#233;mocratie stable compos&#233;e de plusieurs peuples et plusieurs langues sont rares ; seul la Suisse en est un exemple convaincant sur la dur&#233;e, et encore, la partie al&#233;manique, &#224; l'origine du pays, en constitue la grande majorit&#233;. On peut citer aussi l'Inde, mais de fa&#231;on croissante l'hindou&#239;t&#233; en constitue le ciment principal. Rien de tel en Europe : non seulement il n'y a pas et de loin de nation ou d'ethnie dominante, rassembleuse, mais les diff&#233;rents peuples s'y sont d&#233;j&#224; constitu&#233;s en nations, et chacune diff&#232;re de l'autre. De ce fait, les peuples d'Europe ont chacun leur vie politique propre, largement distincte de celle des autres et sans communication avec ; et ils parlent de moins en moins la langue de l'autre, la seule langue commune &#233;tant l'anglais, qui n'est la langue de personne &#8211; hors Irlande. Ce sera encore plus net &#224; l'avenir si la base en est de plus en plus m&#233;lang&#233;e avec des populations culturellement &#233;trang&#232;res, du fait de l'immigration que l'Europe favorise activement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre l'Europe actuelle est faible et malade de sa culture. Traumatis&#233;e par les d&#233;sastres des guerres mondiales, elle r&#234;ve de sortir de l'histoire, &#224; la poursuite d'une utopie douce&#226;tre, sans prise sur les r&#233;alit&#233;s internationales, mais id&#233;ologiquement tr&#232;s marqu&#233;e. Et une communaut&#233; v&#233;ritable est &#233;videmment tout autre chose que cette abstraction constitutionnelle, ce contrat social permanent suppos&#233; permettre un vague vivre ensemble, une cohabitation de n'importe qui avec n'importe qui, chacun vaquant &#224; ses petites affaires moyennant soumission au politiquement correct &#8211; ce qu'on pr&#233;sente comme le mod&#232;le de la nouvelle soci&#233;t&#233; politique, et ce sur quoi l'Europe fait mine de se construire. Qui est et sera en outre sans force face aux migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste alors une seule voie, celle suivie par les europ&#233;istes : ne plus consulter les peuples autrement que pour donner une l&#233;gitimit&#233; apparemment d&#233;mocratique au syst&#232;me, et tout verrouiller juridiquement, entre autres par la pr&#233;dominance du droit europ&#233;en. Mais il est clair que ce n'est pas comme cela que peut se construire une nation europ&#233;enne, et donc une d&#233;mocratie europ&#233;enne v&#233;ritable. D'autant qu'il faudrait pour cela une structure d&#233;centralis&#233;e, f&#233;d&#233;rale au plus ; mais justement, l'absence d'unit&#233; fonci&#232;re exclut un rapport harmonieux entre le centre et des structures d&#233;centralis&#233;es fortes (&#224; la suisse). D'o&#249; le caract&#232;re fonci&#232;rement centralisateur, uniformisant de la pratique europ&#233;enne, qui a enti&#232;rement retourn&#233; le sens du mot subsidiarit&#233;, en faisant une m&#233;thode de centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une forme nouvelle d'empire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'exclut pas une autre possibilit&#233; : une construction politique nouvelle, plurinationale mais peu ou pas d&#233;mocratique (sauf de fa&#231;ade). C'est ce que j'appelle une forme &#8216;imp&#233;riale' renouvel&#233;e (au sens large). Elle est tout &#224; fait concevable en Europe, du moins &#224; terme, du fait que les empires s'accommodent bien mieux que les d&#233;mocraties de la diversit&#233; des peuples. Bien entendu, il faut sans doute pour cela &#233;largir le d&#233;bat au-del&#224; des empires classiques, qui &#233;taient construits sur une base guerri&#232;re, avec un peuple conqu&#233;rant bien identifi&#233;. Mais dans un contexte instable o&#249; la confiance deviendrait tr&#232;s difficile, des formules autoritaires peuvent avoir leurs chances, qui peuvent &#234;tre appel&#233;es empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &#233;l&#233;ment militaire mis &#224; part, l'Union europ&#233;enne ressemble d&#233;j&#224; par certains points &#224; un empire : ce n'est pas une nation, mais elle est compos&#233;e de nations vari&#233;es ; c'est un pouvoir supranational en surplomb, fond&#233; en principe sur les d&#233;mocraties nationales, mais qui tend &#224; traiter ce niveau comme subalterne, historiquement d&#233;pass&#233;, &#224; r&#233;guler par en-haut. Ce pouvoir n'est en outre pas v&#233;ritablement soumis &#224; des &#233;lections directes, comme un pouvoir politique national, et donc &#224; une forme m&#234;me grossi&#232;re de verdict populaire ; les &#233;lections au &#8216;parlement' se font en fait sur des listes nationales ; l'ex&#233;cutif n'est pas &#233;lu. Enfin et surtout ce pouvoir a sa logique propre, inscrite dans les trait&#233;s et dans le projet europ&#233;en, par-l&#224; ind&#233;pendante des logiques politiques nationales et &#224; l'abri du d&#233;bat suppos&#233; r&#233;gner dans des d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, ce pouvoir ne r&#233;git toutefois pas tous les domaines, m&#234;me s'ils sont de plus en plus vastes, et il ne dispose pas d'une souverainet&#233; v&#233;ritable ; on reste donc dans une situation interm&#233;diaire. Comment peut-il &#233;voluer ? On l'a vu, il ne peut se construire politiquement comme une d&#233;mocratie nationale ; il pourrait &#233;videmment se reb&#226;tir sur un projet diff&#233;rent, fond&#233; sur ses nations, mais il ne prend pas ce chemin. Il peut bien s&#251;r continuer de stagner dans un entre-deux b&#226;tard sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, et c'est sans doute le plus probable. Il peut aussi se disloquer. Mais on peut imaginer un autre sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de fragilisation des syst&#232;mes politiques et &#233;conomiques nationaux, dont les bases d'identification nationale et d'action propre ont &#233;t&#233; soigneusement &#233;rod&#233;es, ce &#224; quoi s'ajoute l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante des populations vivant en Europe du fait d'une immigration massive qui peut encore s'acc&#233;l&#233;rer, on peut imaginer, lors d'une crise tr&#232;s grave, un transfert de pouvoir massif, plus ou moins consensuel, des &#233;tats membres &#224; Bruxelles, qui deviendrait la t&#234;te d'un sorte d'empire. La menace russe, agit&#233;e avec fr&#233;n&#233;sie, va &#233;videmment dans ce sens, m&#234;me si elle est bien loin du niveau de gravit&#233; que pr&#233;tendent les europ&#233;istes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, cet empire resterait quelque peu paradoxal, du fait que militairement il est a priori peu probable qu'il se d&#233;tache de l'Otan et donc de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. On peut m&#234;me contester le terme d'empire, compte tenu de cette position de vassalit&#233;. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, cette vassalit&#233; m&#234;me donnerait aussi une certaine coh&#233;rence fonctionnelle au syst&#232;me. D'autant que la nature m&#234;me des Etats-Unis, qui pour l'instant restent un &#233;tat-nation, rend au stade actuel la perspective d'un empire &#233;tendu aux deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique improbable sous forme int&#233;gr&#233;e &#8211; contrairement &#224; ce qu'a fait progressivement Rome avec les diff&#233;rents Etats m&#233;diterran&#233;ens, vassalis&#233;s puis int&#233;gr&#233;s. D&#232;s lors, les Etats-Unis peuvent trouver leur int&#233;r&#234;t &#224; ce sous-empire, s'il reste suffisamment dans leur d&#233;pendance, et ne leur co&#251;te pas trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/de-leurope-a-lempire-un-scenario-possible/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La convergence mal&#233;fique en Europe : pouvoir de l'id&#233;ologie, pouvoir des juges, pouvoir de la technocratie </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-convergence-malefique-en-Europe-pouvoir-de-l-ideologie-pouvoir-des-juges.html</link>
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		<dc:date>2024-03-21T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Pouvoir des juges</dc:subject>
		<dc:subject>Technocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un animal bien &#233;trange que cette Union europ&#233;enne, et qui n'arr&#234;te pas d'interpeller les politologues. Mais par bien des c&#244;t&#233;s il incarne sous une forme extr&#234;me et caricaturale la d&#233;rive de nos suppos&#233;es d&#233;mocraties, o&#249; les pouvoirs dirigeants s'efforcent autant que possible d'&#233;chapper au verdict des &#233;lecteurs, ou plus exactement d'isoler dans un compartiment &#233;tanche une ligne largement id&#233;ologique, confort&#233;e par le pouvoir des juges et celui de la technocratie, quitte &#224; ce que des &#233;quipes divergeant tr&#232;s peu entre elles se disputent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tr&#232;s encourageant pour l'avenir de ce qu'on appelle d&#233;mocratie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Union europ&#233;enne, un mutant politique inqui&#233;tant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un animal bien &#233;trange que cette Union europ&#233;enne, et qui n'arr&#234;te pas d'interpeller les politologues. Mais par bien des c&#244;t&#233;s il incarne sous une forme extr&#234;me et caricaturale la d&#233;rive de nos suppos&#233;es d&#233;mocraties, o&#249; les pouvoirs dirigeants s'efforcent autant que possible d'&#233;chapper au verdict des &#233;lecteurs, ou plus exactement d'isoler dans un compartiment &#233;tanche une ligne largement id&#233;ologique, confort&#233;e par le pouvoir des juges et celui de la technocratie, quitte &#224; ce que des &#233;quipes divergeant tr&#232;s peu entre elles se disputent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoir surplombant, &#233;dictant des normes et r&#232;gles qui s'imposent &#224; tous, plac&#233;es au-dessus de toutes les l&#233;gislations nationales, les organes de l'Union europ&#233;enne ne sont pour l'essentiel pas &#233;lus et en tout cas pas directement responsables devant les &#233;lecteurs, alors que l'Union se targue d'incarner la d&#233;mocratie et fait la police des pays membres jug&#233;s d&#233;ficients &#224; cet &#233;gard. Cela reste vrai m&#234;me du Parlement europ&#233;en : en effet, on n'y &#233;lit pas les d&#233;put&#233;s sur la base d'un programme, et on ne les juge pas sur ce qui a &#233;t&#233; vot&#233; pendant la mandature. Les d&#233;bats sibyllins qui s'y d&#233;roulent, expos&#233;s &#224; l'influence des lobbies de tout poil, &#233;chappent totalement &#224; la vue des citoyens et reposent sur la connivence de trois grands groupes de parlementaires que dans la pratique presque rien ne s&#233;pare. Et o&#249; bien s&#251;r les eurosceptiques sont anath&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne s'agit pas de d&#233;finir une ligne politique, approuv&#233;e par les &#233;lecteurs, et fond&#233;e sur la responsabilit&#233; envers une communaut&#233;, politique elle aussi. Il s'agit d'appliquer un programme id&#233;ologique, encapsul&#233; dans les trait&#233;s, avec trois axes fondateurs : la concurrence et le libre-&#233;change ; le volontarisme f&#233;d&#233;raliste ; et maintenant les chartes de droits. Qui n'a pas per&#231;u cette dimension essentiellement id&#233;ologique de l'Union europ&#233;enne n'en comprend pas le fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement l'Union a &#233;t&#233; par excellence le lieu de l'affirmation du pouvoir des juges, ph&#233;nom&#232;ne qui touche tous les grands pays dits d&#233;mocratiques, et qui repose directement sur une pr&#233;tention elle aussi id&#233;ologique : donner la primaut&#233; absolue &#224; un catalogue de droits individuels suppos&#233;s &#224; la fois l'emporter sur toute autre consid&#233;ration et progresser sans cesse. D&#233;sormais ces juges consid&#232;rent naturels et &#233;vident de pouvoir litt&#233;ralement juger sur cette base toute loi m&#234;me vot&#233;e. En outre, ce sont les juges qui ont tranquillement pris la d&#233;cision d'accorder la pr&#233;dominance du droit europ&#233;en sur le droit national. Sans aucune d&#233;cision politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat en est le double patronage du juridique et de l'id&#233;ologique, bien plus marqu&#233; qu'au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me pouvoir renforce les pr&#233;c&#233;dents, celui de la technocratie, directement (par la Commission) ou indirectement (par le d&#233;veloppement continu d'autorit&#233;s dites ind&#233;pendantes). Outre que cette dimension technocratique s'aur&#233;ole de l'autorit&#233; de la science ou de la technique, elle participe de la m&#234;me id&#233;e, qui est au fond de d&#233;politiser la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grand p&#244;le du monde occidental, les Etats-Unis, pr&#233;sente bien des sympt&#244;mes analogues, mais leur pr&#233;pond&#233;rance y est moins marqu&#233;e, et surtout le terrain beaucoup plus disput&#233; par d'autres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;mocratie marginalis&#233;e et contr&#244;l&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir de la d&#233;mocratie ? Le sens th&#233;orique en est le gouvernement du peuple. Mais comme je l'ai montr&#233; dans &lt;i&gt;L'avenir de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, la d&#233;mocratie moderne est un compos&#233; hybride de trois r&#233;alit&#233;s bien diff&#233;rentes : le gouvernement du peuple (en r&#233;alit&#233; tr&#232;s indirect, &#224; travers des repr&#233;sentants) ; l'&#233;tat de droit ( des proc&#233;dures et un syst&#232;me de droits) ; et l'id&#233;ologie d&#233;mocratique (dont la forme r&#233;cente est la religion pr&#233;dominante du relativisme et des r&#232;gles du jeu, exaltant l'autonomie arbitraire de l'individu).Ces trois composantes ne sont pas n&#233;cessairement li&#233;es en soi, bien que dans la perception ambiante elles se confondent dans l'id&#233;e multiforme de &#8216;d&#233;mocratie'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance d&#233;sormais est &#224; la pr&#233;pond&#233;rance de la troisi&#232;me composante, avec instrumentalisation de la seconde, et de fait marginalisation de la premi&#232;re. Ce dernier ph&#233;nom&#232;ne prend des formes diverses mais convergentes : il s'agit notamment d'opposer un bloc seul l&#233;gitime, id&#233;ologiquement correct, &#224; des forces ext&#233;rieures stigmatis&#233;es sous le nom de populisme. Ce qui est facilit&#233; par la marginalisation de ces derniers, qui les rend plus agressives et moins exp&#233;riment&#233;es. L'Union europ&#233;enne est par excellence le lieu o&#249; se d&#233;roule l'op&#233;ration de fa&#231;on pure, mais la France macronienne s'en rapproche diablement. Ailleurs l'op&#233;ration reste imparfaite, mais en cas de besoin l'Union fait la police sans vergogne, comme on le voit en Pologne et en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il reste &#233;videmment malgr&#233; tout une dimension &#233;lectorale : d'o&#249; la possible remise en cause du sch&#233;ma dominant, comme on l'a vu avec le Brexit (mais cela a suppos&#233; une porteuse politique tr&#232;s forte, dans un pays dont le positionnement &#233;tait tr&#232;s &#224; part) ; ou en cas de r&#233;f&#233;rendum (mais dans ce cas ils sont rares et tourn&#233;s, comme dans la scandaleuse affaire de 2005) ; ou m&#234;me encore par des &#233;lections nationales (et alors on d&#233;roule le harc&#232;lement juridico-financier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de cela bien s&#251;r, il y a toujours la bonne vieille r&#233;volte populaire, type jacqueries, gilets jaunes, manifs syndicales, paysannes etc. Mais tout au plus mettent-elles en &#233;chec le r&#233;gime sur un point particulier, sans pouvoir le faire en principe, et d&#232;s lors il subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des perspectives peu rassurantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc, en dehors de ces p&#233;rip&#233;ties, le dualisme ambiant, apparemment d&#233;mocratique mais en r&#233;alit&#233; largement pr&#233;d&#233;termin&#233; et conditionn&#233; id&#233;ologiquement, risque de continuer &#224; dominer. Quelle peut en &#234;tre la signification pour l'avenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il d'abord des pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire ? On a eu des th&#233;ocraties, elles aussi id&#233;ologiques &#224; leur fa&#231;on, mais peu nombreuses et peu durables. Surtout, elles supposaient pour durer un monde stable (le seul cas sur plusieurs si&#232;cles est le Tibet). Or le monde actuel bouge, et l'id&#233;ologie actuelle est une id&#233;ologie du changement et de la remise en cause. On a eu par ailleurs bien des r&#233;gimes r&#233;volutionnaires, mais eux aussi n'ont en g&#233;n&#233;ral pas dur&#233; (apr&#232;s de terribles ravages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est donc nouvelle. La fragilit&#233; fondamentale du syst&#232;me est le maintien th&#233;orique d'un fondement d&#233;mocratique de la l&#233;gitimit&#233; (au sens premier du terme), mais r&#233;guli&#232;rement bafou&#233; dans la pratique. Quelles sont alors les &#233;volutions possibles - en dehors du maintien chaotique de l'emprise id&#233;ologique et &#233;litiste et de r&#233;voltes populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re hypoth&#232;se serait en th&#233;orie le retour &#224; un r&#233;gime plus clairement d&#233;mocratique et moins id&#233;ologique. Cela para&#238;t peu &#233;vident au vu des faits observ&#233;s. Ce l'est d'autant moins que l'id&#233;ologie est depuis les origines au fondement du r&#233;gime dit d&#233;mocratique et ne peut donc pas facilement &#234;tre r&#233;cus&#233;e dans son cadre. S'y ajoute l'affaiblissement des Etats-nations par les forces conjugu&#233;es de la mondialisation et de l'individualisme ; et en Europe l'emprise du syst&#232;me europ&#233;en sur les Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste un changement de cap. Mais il n'y a pas d'id&#233;ologie alternative en gestation ayant la reconnaissance qui serait n&#233;cessaire, car nous sommes toujours sous l'empire du paradigme relativiste dominant depuis plus de deux si&#232;cles. Et donc la seule hypoth&#232;se restante serait une sortie de fait du syst&#232;me d&#233;mocratique, avec un pouvoir autoritaire, qui pourrait d'ailleurs &#234;tre compatible avec l'id&#233;ologie actuelle. Ce peut &#234;tre m&#234;me par une radicalisation du r&#233;gime, mais cela l'obligerait &#224; prendre plus la forme d'une vrai gouvernement, qui d&#233;cide - bien ou mal. Plut&#244;t mal d'ailleurs, car les bases d'un gouvernement responsable et au service du bien commun ne sont pas pr&#233;sentes. Pas tr&#232;s gai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;i&gt; n&#176; 233&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/ideologie-juges-et-technocratie-la-convergence-malefique-en-europe/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Prot&#233;ger le mode de vie europ&#233;en &#187; : la question qui f&#226;che</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Proteger-le-mode-de-vie-europeen-la-question-qui-fache.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Proteger-le-mode-de-vie-europeen-la-question-qui-fache.html</guid>
		<dc:date>2019-10-06T10:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Frau Ursula von der Leyen, habituellement si charmante, si convenable, si politiquement correcte, ne se doutait sans doute pas de la temp&#234;te politico-m&#233;diatique qu'elle allait soulever en proposant un poste de commissaire en charge de la &#171; protection de notre mode de vie europ&#233;en &#187;, en fait des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence &#224; &#234;tre habitu&#233; aux campagnes d'indignation stridente qui sont devenues le mode principal d'expression politique des gens qui comptent. Mais l&#224; c'&#233;tait un mod&#232;le du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Politique magazine&lt;/i&gt; de ce mois&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Migrations-+.html" rel="tag"&gt;Migrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Politique magazine&lt;/i&gt; de ce mois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.politiquemagazine.fr/sommaire-du-magazine-du-mois/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.politiquemagazine.fr/so...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frau Ursula von der Leyen, habituellement si charmante, si convenable, si politiquement correcte, ne se doutait sans doute pas de la temp&#234;te politico-m&#233;diatique qu'elle allait soulever en proposant un poste de commissaire en charge de la &#171; protection de notre mode de vie europ&#233;en &#187;, en fait des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence &#224; &#234;tre habitu&#233; aux campagnes d'indignation stridente qui sont devenues le mode principal d'expression politique des gens qui comptent, et par l&#224; de canalisation de ce qui est autoris&#233; et de ce qui ne l'est pas. Mais l&#224; c'&#233;tait une mod&#232;le du genre. Tout le monde sur le pont. C'est que pour les opposants, qui couvrent le gros de l'&#233;ventail politique hors une partie du PPE, on est dans une &#171; rh&#233;torique dangereuse et populiste &#187;. Elle a essay&#233; alors de se d&#233;fendre en expliquant que &#171; la dignit&#233; humaine &#187; faisait partie des &#171; valeurs europ&#233;ennes &#187;. Selon Le Monde, elle &#233;crit que &#171; &#8216;le mode de vie europ&#233;en repose sur la solidarit&#233;, la tranquillit&#233; d'esprit et la s&#233;curit&#233;. Nous devons r&#233;pondre et apaiser les craintes et pr&#233;occupations l&#233;gitimes sur l'impact d'une immigration irr&#233;guli&#232;re sur notre &#233;conomie et notre soci&#233;t&#233;' &#187; avant de &#171; plaider pour une meilleure int&#233;gration et une plus grande coh&#233;sion sociale. Ce qui, poursuit-elle, passe par des r&#233;flexions et des actions en mati&#232;re de formation, de culture, de sports &#187;. Voil&#224; qui se veut rassurant pour notre Landerneau. Mais pas suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne peut marcher d'ailleurs : rien ne dit que l'aimable Ursula ne va pas c&#233;der dans les jours ou semaines qui viennent. Mais quoiqu'il advienne, l'&#233;pisode est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m&#234;me qu'il faille r&#233;pondre d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; une inqui&#233;tude manifestement r&#233;pandue ne passe pas chez les professionnels de la vertu id&#233;ologique, et a fortiori l'id&#233;e qu'on doive &#8216;prot&#233;ger' un &#8216;mode de vie europ&#233;en'. Car si une protection doit &#234;tre envisag&#233;e, quelle qu'elle soit, c'est &#233;videmment qu'il y a quelque chose qui ressemble &#224; une menace, un danger que ce &#8216;mode de vie' soit remis en cause ou au moins alt&#233;r&#233;. Or le commissaire s'occupera des migrants. Et il ne s'agit &#233;videmment pas d'une menace pour les migrants : implicitement ils sont la menace (y compris involontairement). Menace qui selon ce qui est dit para&#238;t viser deux champs : la solidarit&#233; et l'&#233;conomie d'un c&#244;t&#233;, la soci&#233;t&#233;, la s&#233;curit&#233; et la tranquillit&#233; d'esprit de l'autre. C'est dit gentiment, mais cela va loin. Cela implique logiquement qu'il est concevable que les migrants p&#232;sent sur les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale, ne soient pas une chance pour l'&#233;conomie, modifient les donn&#233;es de la vie commune au point de changer notre mode de vie, et cr&#233;ent de l'ins&#233;curit&#233;, le tout source d'inqui&#233;tude grave. Tout cela peut para&#238;tre une &#233;vidence au citoyen moyen, mais au niveau bien propret de Bruxelles c'est nouveau, et un peu fort de vinaigre. M&#234;me le bon M. Juncker &#233;tait choqu&#233;, entre deux verres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que ce faisant aucune action nouvelle n'est envisag&#233;e. Ce qu'on comprend est qu'il s'agira de formation, de culture, de sports. A l'&#233;vidence au profit des migrants, la culture et le sport adoucissant les m&#339;urs. Mais pas plus. Rien sur le contr&#244;le des entr&#233;es. Rien sur une quelconque s&#233;lection (ne serait-ce que par rapport &#224; l'&#233;conomie, puisqu'on en parle). Rien bien s&#251;r sur une demande d'int&#233;gration (ne parlons pas d'assimilation). Rien sur des mesures de s&#233;curit&#233;. Le contraste entre ce manque total d'ambition r&#233;elle et la fureur des protestataires n'en est que plus &#233;tonnant. Une seule explication : c'est qu'ils sentent au fond d'eux-m&#234;mes que la meilleure tactique pour eux est de casser le d&#233;bat &#224; la base. Car d&#232;s qu'on commence &#224; parler comme la ch&#232;re Ursula de &#171; mode de vie europ&#233;en &#187;, de &#171; tranquillit&#233; d'esprit et de s&#233;curit&#233; &#187;, et a fortiori de &#171; craintes et pr&#233;occupations l&#233;gitimes &#187; on n'&#233;chappe pas &#224; une s&#233;rie de constatations qui minent le l&#233;nifiant discours dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans le mod&#232;le europ&#233;en officiel, la question ne se pose pas. L'Union europ&#233;en d'aujourd'hui se veut fond&#233;e sur un genre de patriotisme constitutionnel &#224; la Habermas : des trait&#233;s, des proc&#233;dures, des d&#233;clarations de droits universels interpr&#233;t&#233;s par des juges, la concurrence et l'uniformisation des lois et des r&#233;glementations. D'ailleurs, dans une tribune ult&#233;rieure, destin&#233;e &#224; se d&#233;fendre, la nouvelle pr&#233;sidente se r&#233;f&#232;re &#224; l'article 2 du trait&#233; de l'Union europ&#233;enne qui d&#233;finit ces &#8216;valeurs communes' : &#171; l'Union est fond&#233;e sur les valeurs de respect de la dignit&#233; humaine, de libert&#233;, de d&#233;mocratie, d'&#233;galit&#233;, de l'&#201;tat de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant &#224; des minorit&#233;s. Ces valeurs sont communes aux &#201;tats membres dans une soci&#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par le pluralisme, la non-discrimination, la tol&#233;rance, la justice, la solidarit&#233; et l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. &#187; Qui donc parle de mode de vie l&#224;-dedans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre pi&#232;ge qu'ont bien senti les censeurs, justement : qu'est-ce qu'on entend sous le terme de mode de vie europ&#233;en ? Les trait&#233;s n'en parlent pas, ils ne parlent que des droits. Et implicitement l'intitul&#233; implique que ce mode de vie europ&#233;en existe d&#233;j&#224;. Or ce ne peut pas &#234;tre uniquement et directement la s&#233;curit&#233; ou la solidarit&#233; : c'est donc a priori quelque chose d'autre, qui peut &#224; son tour &#234;tre source de s&#233;curit&#233; ou de solidarit&#233;. Une culture ? Une sociologie ? Une mani&#232;re d'agir ou d'&#234;tre ? Forc&#233;ment quelque chose de ce genre. Appuy&#233;es sur des lois bien s&#251;r ; mais pas uniquement, puisque ces lois ne suffisent pas pour conjurer la menace. De fil en aiguille, on entre alors dans un domaine qui commence terriblement &#224; ressembler &#224; la probl&#233;matique de l'identit&#233;, ou du patriotisme. Mais alors, nouveau danger, que les censeurs connaissent bien : pas plus qu'il n'y a de peuple europ&#233;en il n'y a pas de culture commune ou d'identit&#233; (quel que soit le sens de ce mot) europ&#233;enne. Bien s&#251;r il y a des &#233;l&#233;ments communs, nombreux, mais ce ne sont que des aspects, des ressemblances, un pass&#233; en partie commun ; mais cela ne fait pas une repr&#233;sentation d'ensemble comme au niveau national, encore moins une communaut&#233;. Concr&#232;tement d'ailleurs, si on veut assimiler des migrants, ou m&#234;me simplement les int&#233;grer, ce sera comme fran&#231;ais, allemands etc. ; pas comme europ&#233;ens g&#233;n&#233;riquement : cela ne voudrait rien dire. Au mieux alors l'Europe viendrait en aide, de fa&#231;on subsidiaire, &#224; ces communaut&#233;s qui sont d'abord nationales. Mais cela impliquerait un virage &#224; 180&#176; de l'id&#233;e que l'Europe a d'elle-m&#234;me. Virage qui serait bienvenu d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est hautement improbable que Frau von der Leyen veuille s'engager dans cette voie. Mais comme les censeurs l'ont bien vu, tout se tient. Si elle met le doigt dans l'engrenage, la question maudite va s'accr&#233;diter. Il lui faudra aller plus loin, dans une direction qu'ils abhorrent. Et donc on pilonne, pr&#233;ventivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Brexit : c'est tout le syst&#232;me europ&#233;en qu'il faut ren&#233;gocier</title>
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		<dc:date>2016-02-21T17:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce qui est extraordinaire dans la n&#233;gociation qui vient de se conclure &#224; Bruxelles pour pr&#233;venir le Brexit (la sortie du Royaume-Uni de l'Union europ&#233;enne), c'est que tout cela a &#233;t&#233; construit comme une exception purement britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il est notoire que de nombreux autres pays ne souhaitent pas une union toujours plus &#233;troite, ne participent pas &#224; Schengen ou &#224; la zone euro, et que les opinions publiques, m&#234;me dans les pays les plus engag&#233;s, sont pour le moins divis&#233;es sur cette perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc limiter l'exception aux Britanniques et imposer aux 27 autres pays une m&#233;canique folle sans marche arri&#232;re ? C'est tout le syst&#232;me qu'il faut revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Brexit-+.html" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut gloser ind&#233;finiment sur la n&#233;gociation qui vient de se conclure &#224; Bruxelles pour pr&#233;venir le &#8216;Brexit', la sortie du Royaume Uni de l'Union europ&#233;enne. Suffira-t-elle pour qu'au r&#233;f&#233;rendum les Britanniques votent pour rester dans l'Union ? Ce qui est s&#251;r en tout cas est que, s'ils restent , il sera d&#233;finitivement act&#233; qu'ils y ont une place &#224; part. En effet ils &#233;chapperont &#224; l'imp&#233;ratif d'union toujours plus &#233;troite pourtant mentionn&#233;e dans les trait&#233;s ; ils seront d&#233;finitivement en dehors de Schengen et de la zone euro ; enfin ils ont obtenu des am&#233;nagements sur le statut des migrants d'origine europ&#233;enne, et une certaine capacit&#233; &#224; r&#233;sister &#224; des mesures prises par la zone euro qui nuiraient de mani&#232;re significative &#224; leurs int&#233;r&#234;ts et notamment &#224; la place de Londres. Ils auraient sans doute pr&#233;f&#233;r&#233; obtenir plus, mais il est douteux qu'ils l'auraient emport&#233;. On verra ce qu'en pensent les &#233;lecteurs britanniques, exc&#233;d&#233;s (comme les autres &#233;lectorats) par les d&#233;rives europ&#233;ennes : toujours plus de transferts de souverainet&#233;, toujours moins de r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui est extraordinaire, c'est que tout cela a &#233;t&#233; construit comme une exception purement britannique. Or il est notoire que de nombreux autres pays ne souhaitent pas une union toujours plus &#233;troite, et qu'ils sont d'ailleurs nombreux &#224; ne pas participer &#224; Schengen, &#224; la zone euro, ou &#224; d'autres politiques communes d'inspiration clairement f&#233;d&#233;raliste. Pourquoi ne b&#233;n&#233;ficieraient-ils pas des exceptions conc&#233;d&#233;es aux Britanniques ? En outre, dans les pays du noyau dur, et notamment de l'Eurozone, une partie appr&#233;ciable de l'opinion n'approuve pas l'orientation f&#233;d&#233;raliste dominante, et plusieurs des politiques qui s'en d&#233;duisent. S'ils devenaient majoritaires, le m&#234;me raisonnement devrait donc s'appliquer. Ou doit-on consid&#233;rer qu'ils sont eux pieds et poings li&#233;s jusqu'&#224; la fin des temps, avec pour seule alternative la sortie pure et simple ? Devraient-ils entamer un chantage comme les Britanniques ? Dit autrement, faut-il absolument que l'Europe (hors Britanniques) soit une carte forc&#233;e, obligatoire pour tous (sauf &#224; sortir compl&#233;tement), avec pour perspective des dispositions toujours plus communes, toujours plus f&#233;d&#233;rales ? Ce serait d'autant plus choquant que ce faisant on aurait verrouill&#233; pour l'avenir toute expression claire de volont&#233; populaire, d&#233;mocratique, au niveau national, simplement parce qu'un jour le pays concern&#233; est entr&#233; dans la m&#233;canique europ&#233;enne (sans consultation populaire en g&#233;n&#233;ral).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela alors m&#234;me que le processus de d&#233;cision europ&#233;en lui n'est pas vraiment d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera ici que le Conseil europ&#233;en rassemble des dirigeants, &#233;lus, et que le Parlement europ&#233;en est directement &#233;lu. Mais le fait est qu'aucun n'est &#233;lu pour d&#233;cider sur les mati&#232;res qu'il traite &#224; Bruxelles. Tous deux sont en effet &#233;lus sur base nationale, en fonction de probl&#233;matiques nationales. Les membres du Conseil ne repr&#233;sentent d'abord que leur pays. Les membres du Parlement ensuite sont &#233;lus sur leur appartenance partisane nationale, sans qu'un quelconque programme, connu des &#233;lecteurs et appr&#233;ci&#233; comme tel, pr&#233;cise ce qu'ils feront en Europe. En outre en pratique ils sont en g&#233;n&#233;ral &#233;lus au scrutin de liste, ces listes &#233;tant &#233;tablies par leurs partis nationaux, et la nature m&#234;me de leur fonction fait que ceux qui sont actifs au Parlement europ&#233;en repr&#233;sentent dans ces partis la fraction de loin la plus europ&#233;iste. Pour toutes ces raisons, ils ne sauraient donc repr&#233;senter une quelconque volont&#233; populaire europ&#233;enne et ne constituent donc pas une caution d&#233;mocratique. Tout au plus permettent-ils une forme de d&#233;bat conduit par certains citoyens europ&#233;ens engag&#233;s, &#224; propos des projets de textes europ&#233;ens. Et tout cela est d'ailleurs logique, puisqu'il n'y a pas de peuple europ&#233;en, de nation europ&#233;enne, de solidarit&#233; europ&#233;enne. Et comme il n'y a pas de peuple europ&#233;en il ne peut y avoir de d&#233;mocratie europ&#233;enne, avec des &#233;lus clairement mandat&#233;s pour gouverner une entit&#233; politique europ&#233;enne f&#233;d&#233;rale. Et donc il n'y a pas de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique &#224; obliger un pays &#224; participer &#224; des m&#233;canismes communs (type Euro ou Schengen). Sauf &#233;videmment pour ce qui constitue le noyau de d&#233;part, la raison d'&#234;tre de l'Union : le march&#233; commun. Et encore il faudrait en pr&#233;ciser la port&#233;e : il est anormal qu'au nom de ce march&#233; l'Europe r&#233;glemente l'essentiel de la vie &#233;conomique dans l'Union. Dit autrement, tant qu'un grand saut f&#233;d&#233;ral n'aura pas &#233;t&#233; propos&#233; et adopt&#233; explicitement, au niveau populaire, cr&#233;ant ce faisant clairement et honn&#234;tement une entit&#233; politique nouvelle, et qu'elle fonctionne (autant dire jamais &#224; vue humaine), il est ill&#233;gitime que l'Europe impose &#224; ses Etats membres des politiques nouvelles sans leur laisser l'option de ne pas y participer, ou m&#234;me d'en sortir une fois entr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors la n&#233;gociation qui vient d'avoir lieu &#224; propos du Brexit devrait &#234;tre &#233;tendue &#224; toutes les situations similaires. Les aspirations de type f&#233;d&#233;raliste doivent &#234;tre limit&#233;es aux pays candidats, sur le mod&#232;le des coop&#233;rations renforc&#233;es : une base volontaire, avec un droit de sortie. Seul un grand bond en avant f&#233;d&#233;raliste pourrait justifier la suppression de la marche arri&#232;re. Je le d&#233;conseille vivement, car il serait fou d'ignorer les r&#233;alit&#233;s &#224; ce point. Mais ce serait au moins coh&#233;rent. A d&#233;faut, cessons de faire de l'Europe la prison des peuples.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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