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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Natalit&#233; : quand une soci&#233;t&#233; ne croit plus en son avenir</title>
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		<dc:date>2024-02-22T16:08:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'effondrement de la natalit&#233; fran&#231;aise est un &#233;v&#233;nement majeur et nous sommes d&#233;sormais loin du seuil de remplacement de 2,05. En cela on rejoint l'&#233;volution des autres pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or de tels niveaux de natalit&#233; ne peuvent pas &#234;tre un &#233;tat permanent de l'humanit&#233;, car ils signifient &#224; terme long la disparition de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des facteurs &#233;conomiques, cela traduit une forme de d&#233;pression collective, d'implosion sourde. Comme si le ressort avait disparu ou s'&#233;tait d&#233;tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Demographie-.html" rel="directory"&gt;Natalit&#233;, r&#244;le des sexes &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Natalite-+.html" rel="tag"&gt;Natalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Avenir-de-la-societe-+.html" rel="tag"&gt;Avenir de la soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'effondrement de la natalit&#233; fran&#231;aise est un &#233;v&#233;nement majeur ; avec 1,68 enfants par femme, migrants compris, nous sommes d&#233;sormais loin du seuil de remplacement de 2,05. Certes cela rejoint l'&#233;volution des autres pays d&#233;velopp&#233;s ; mais ce qu'on pouvait voir comme une exception et une r&#233;ussite est d&#233;sormais &#224; peine diff&#233;rent de ce qui se passe ailleurs. M&#234;me s'il y a bien pire, comme en Cor&#233;e du Sud (0.8 enfants par femme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le constat d&#233;mographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans &lt;i&gt;Les dilemmes de la natalit&#233;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Les-dilemmes-de-la-natalite.html)&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Les-d...&lt;/a&gt; la natalit&#233; peut pendant un temps &#234;tre en dessous du seuil de renouvellement : la population baisse, cela cr&#233;e de graves probl&#232;mes pour les retraites et pour la cr&#233;ativit&#233; collective, mais c'est concevable. En revanche sur la longue dur&#233;e cela d&#233;bouche sur la disparation de la population concern&#233;e. Ce qui veut dire que nos niveaux de natalit&#233; ne peuvent pas &#234;tre un &#233;tat permanent de l'humanit&#233;. On r&#233;p&#232;te en &#233;cologie que l'humanit&#233; ne pourrait pas vivre selon l'actuel mode de vie am&#233;ricain, car la plan&#232;te n'y suffirait pas. La m&#234;me phrase peut &#234;tre prise en sens inverse : l'humanit&#233; ne peut pas vivre ind&#233;finiment avec la natalit&#233; actuelle des pays avanc&#233;s, car elle dispara&#238;trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or tous les pays, d&#232;s qu'ils atteignent un certain niveau de d&#233;veloppement (au moins social et culturel, sinon &#233;conomique, au moins de mentalit&#233;), ont des seuils de remplacement inf&#233;rieurs &#224; 1,7 enfants par femme et souvent beaucoup moins, la principale exception &#233;tant en Afrique noire. Et il est &#233;vident que cet effondrement ne r&#233;sulte en rien d'un choix individuel ou collectif pour une r&#233;duction temporaire, afin d'atteindre un niveau de population plus faible, jug&#233; plus d&#233;sirable. Ce qui se passe est d'une autre nature et m&#233;rite un examen particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incidemment, la question de l'Afrique se pose et elle est majeure. L'inertie d&#233;mographique est telle que m&#234;me si la natalit&#233; africaine (moyenne de plus de 4 enfants par femme) venait &#224; baisser fortement et rapidement, la croissance de la population y restera tr&#232;s &#233;lev&#233;e jusqu'au si&#232;cle prochain (9% de la population mondiale en 1900, 25% en 2050, 40 % en 2100). Ce qui veut dire que se profile un autre probl&#232;me majeur : le d&#233;s&#233;quilibre entre l'Afrique noire et le reste du monde, et en particulier l'Europe voisine. Mais c'est une autre question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel diagnostic ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi a-t-on des enfants ? Il y avait autrefois deux dimensions majeures d&#233;sormais caduques : une sexuelle et biologique ; et une &#233;conomique, le souci de ses vieux jours, qui pour la majorit&#233; des gens &#233;tait assur&#233; par les enfants. Or ces deux facteurs ont disparu de nos soci&#233;t&#233;s : le lien entre sexualit&#233; et reproduction peut d&#233;sormais &#234;tre suspendu ; et les vieux jours sont assur&#233;s par des dispositifs sociaux. De m&#234;me, la satisfaction de transmettre &#224; ses enfants un outil de travail ou une propri&#233;t&#233; peut subsister mais pas pour la majorit&#233; des gens. Restent donc les seules motivations personnelles, morales, spirituelles, ou affectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement, le d&#233;sir d'enfant a deux composantes : l'un est l'amour, cette g&#233;n&#233;rosit&#233; naturelle qui fait que faire des enfants et les &#233;lever est une des joies les plus grandes et les plus nobles ; l'autre est le prolongement de soi-m&#234;me que les enfants repr&#233;sentent, et, plus largement, le renouvellement de la soci&#233;t&#233;, la continuation de la vie. Il semble que ces deux motivations subsistent comme d&#233;sirs profonds, mais que d'autres consid&#233;rations sont plus fortes et expliquent la baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tend souvent &#224; en chercher la cause dans la dimension &#233;conomique ; par exemple le recul de la politique familiale en France (effectivement lamentable notamment depuis Hollande). Ou dans certains pays les exigences sociales ressenties, qui font des enfants un fardeau lourd : jeunes tra&#238;nant chez leurs parents jusqu'&#224; plus de 30 ans en Italie ; ou poids de la scolarit&#233; au sens large en Asie de l'Est. On met aussi en avant l'angoisse &#233;cologique et un souhait de diminution de la population, r&#233;pandu dans les jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces facteurs sont r&#233;els mais jouent de fa&#231;on variable selon les pays, alors que l'effondrement de la natalit&#233; est g&#233;n&#233;ral. Et si une politique familiale g&#233;n&#233;reuse est n&#233;cessaire, elle n'est pas suffisante, comme le montrent les pays nordiques (Finlande en particulier) et d'autres. D'ailleurs, on a autrefois assum&#233; sans faiblir des niveaux de natalit&#233; bien plus &#233;lev&#233;s avec des niveaux de vie autrement plus bas, ainsi en Europe au XIXe si&#232;cle (le surplus partant aux Am&#233;riques) ; le contre-exemple fran&#231;ais, dont la natalit&#233; &#233;tait alors relativement effondr&#233;e, montrant qu'un choix diff&#233;rent &#233;tait techniquement possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une implosion int&#233;rieure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc manifestement une autre dimension, qui touche aux pr&#233;f&#233;rences collectives et au syst&#232;me de valeurs. C'est bien s&#251;r d'abord l'h&#233;donisme ambiant et la pr&#233;f&#233;rence pour des alternatives autrement moins engageantes que des enfants, et que beaucoup trouvent plus gratifiantes. Et la fragilisation de la famille, qui est un autre sympt&#244;me du m&#234;me mal. Nos soci&#233;t&#233;s n'ont pas int&#233;gr&#233; ce que je soulignait dans un article pr&#233;c&#233;dent (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&lt;/a&gt; ), que toute personne a deux responsabilit&#233;s majeures &#224; assurer dans la soci&#233;t&#233; : son r&#244;le professionnel, et sa vie familiale, et qu'entre 25 et 35 ans la famille devrait avoir une priorit&#233;, notamment pour les jeunes femmes, sans nuire &#224; leur perspective professionnelle. Ce que nos soci&#233;t&#233;s refusent absolument de voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela nous met sur la piste d'un autre facteur, d'ordre spirituel au sens large du terme, comme le soulignent r&#233;cemment plusieurs auteurs peu suspects de nostalgie. Ainsi dans un livre r&#233;cent le sociologue allemand H. Rosa, apr&#232;s avoir not&#233; que notre soci&#233;t&#233; est fond&#233;e sur une croissance constante, mais se heurte &#224; l'impression actuelle de d&#233;gradation, notamment &#233;cologique, rappelle que pour donner un sens &#224; nos vies (ou reconna&#238;tre ce sens) nous avons besoin d'&#234;tre interpell&#233;s par une r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure (Dieu ou analogue) qui offre &#224; la fois une perspective au-del&#224; des donn&#233;es imm&#233;diates de ce monde, une motivation forte pour croire en un avenir malgr&#233; les peurs, et en d&#233;finitive une forme de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera que si la corr&#233;lation entre natalit&#233; et foi chr&#233;tienne a &#233;t&#233; longtemps forte, ce n'est plus vrai : on a par exemple &#224; la fois une pratique religieuse encore forte mais une faible natalit&#233; en Italie, Pologne etc. Mais en r&#233;alit&#233;, si les consid&#233;rations ambiantes l'emportent, c'est &#233;videmment parce que la foi y est en r&#233;alit&#233; faible et impacte peu la vie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on convergente, E. Todd dans son dernier livre rapproche l'effondrement de toute r&#233;alit&#233; religieuse, m&#234;me r&#233;siduelle, dans les pays avanc&#233;s (et notamment du protestantisme anglosaxon) avec la d&#233;sagr&#233;gation de la famille et l'effondrement de la natalit&#233;. D'o&#249; un nihilisme latent, qui se traduit aussi dans le recul massif du patriotisme et plus g&#233;n&#233;ralement du sens de la soci&#233;t&#233;, ou dans la pr&#233;f&#233;rence pour la consommation par rapport &#224; la production. D'o&#249; aussi la tendance &#224; la baisse du niveau culturel et &#233;ducatif (et m&#234;me du QI). J'y ajouterai une p&#233;dagogie aberrante fruit du relativisme, qui n'est plus tourn&#233;e vers l'&#233;ducation et la transmission d'un savoir et d'une culture. Et qui donc de fait n'est plus tourn&#233;e vers l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci pointe vers une forme de d&#233;pression collective, d'implosion sourde, int&#233;rioris&#233;e mais collectivement entretenue, et tout &#224; fait compatible, au moins pendant un temps, avec des m&#339;urs dans l'ensemble plut&#244;t douces, sans signal imm&#233;diat et manifeste de narcose, alors que celle-ci progresse sourdement. Comme si le ressort avait disparu ou s'&#233;tait d&#233;tendu. C'est grave, docteur. Sans retournement majeur, c'est m&#234;me &#224; terme mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;i&gt; n&#176; 233&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi mon article : &lt;i&gt;La politique familiale est n&#233;cessaire, mais elle ne suffit pas pour redresser la d&#233;mographie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-politique-familiale-est-necessaire-mais-elle-ne-suffit-pas-pour-redresser-la.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-po...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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