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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Geostrategie-et-bien-commun.html</link>
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		<dc:date>2026-04-24T12:52:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>
		<dc:subject>Relations internationales</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une interview dans l'Incorrect &#224; propos de mon livre r&#233;cent : Ni r&#232;gle de la loi, ni loi de la jungle, G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun chez Boleine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que la g&#233;ostrat&#233;gie, et quel rapport entretient-elle avec le bien commun ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Parler de g&#233;ostrat&#233;gie dans le cadre de la g&#233;opolitique, c'est mettre l'accent sur la dimension strat&#233;gique. Qui dit pens&#233;e strat&#233;gique dit opposition de deux volont&#233;s ou plus, luttant pour l'emporter - &#233;ventuellement par la destruction ou au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Bien commun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relations-internationales-+.html" rel="tag"&gt;Relations internationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle--2.jpg?1787417301' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une interview dans l'Incorrect &#224; propos de mon livre r&#233;cent : Ni r&#232;gle de la loi, ni loi de la jungle, G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun chez Boleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lincorrect.org/pierre-de-lauzun-on-ne-peut-considerer-la-guerre-en-iran-comme-une-guerre-juste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lincorrect.org/pierre-de-la...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle-Geopolitique-et-bien-commun.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ni-re...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce que la g&#233;ostrat&#233;gie, et quel rapport entretient-elle avec le bien commun ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de g&#233;ostrat&#233;gie dans le cadre de la g&#233;opolitique, c'est mettre l'accent sur la dimension strat&#233;gique. Qui dit pens&#233;e strat&#233;gique dit opposition de deux volont&#233;s ou plus, luttant pour l'emporter - &#233;ventuellement par la destruction ou au moins la neutralisation de forces adverses. Une telle opposition est la cons&#233;quence presque in&#233;vitable de la multiplicit&#233; des pouvoirs en pr&#233;sence, chacun g&#233;rant sa position par rapport aux autres sans conna&#238;tre le fonds de sa pens&#233;e, et au risque d'&#234;tre domin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une difficult&#233; majeure dans la recherche du bien commun. Alors que, dans le cas d'une autorit&#233; commune (notamment un pouvoir politique jug&#233; l&#233;gitime), on tente de r&#233;soudre la question en confiant un r&#244;le ultime de recherche du bien commun &#224; cette autorit&#233;, ici, c'est par d&#233;finition impossible, puisqu'en g&#233;n&#233;ral, elle n'existe pas ou n'a pas de force. Ce sont donc les acteurs eux-m&#234;mes qui vont devoir chercher ce bien, au moins un certain bien, tout en tenant compte de l'incertitude cr&#233;&#233;e par la volont&#233; contraire qui leur fait face et qui peut &#234;tre gravement dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous montrez que la g&#233;ostrat&#233;gie se caract&#233;rise par son aspect paradoxal et impr&#233;visible. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de la confrontation de deux volont&#233;s humaines, raisonnablement intelligentes, mais poursuivant des buts oppos&#233;s, ignorantes de la pens&#233;e intime de l'autre, est intrins&#232;quement impr&#233;visible. D'o&#249; la nature paradoxale de la strat&#233;gie. S'y ajoute par ailleurs une impr&#233;visibilit&#233; pratique due &#224; l'&#233;volution des &#233;v&#233;nements, car, dans la majorit&#233; des cas la conduite des op&#233;rations, r&#233;sultat en partie de d&#233;cisions de l'adversaire, entra&#238;ne bien au-del&#224; de ce qu'on voudrait, ou voulait au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette impr&#233;visibilit&#233; intrins&#232;que est un scandale intellectuel ; car c'est le cas principal, dans l'ensemble des relations humaines, o&#249; l'exercice de la rationalit&#233; ne conduit intrins&#232;quement pas &#224; une connaissance, et donc &#224; une pr&#233;vision possible. Cette impr&#233;visibilit&#233; atteint un degr&#233; extr&#234;me dans le cas des op&#233;rations militaires, puisque la destruction r&#233;ciproque y est l'&#233;l&#233;ment central. Mais elle se retrouve &#233;videmment dans de multiples occasions de la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En quoi l'id&#233;ologie est-elle un obstacle &#224; la recherche du bien commun en mati&#232;re g&#233;ostrat&#233;gique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on appelle id&#233;ologie un syst&#232;me de pens&#233;e qui pr&#233;tend donner a priori une r&#233;ponse sur la bonne solution &#224; apporter, cela pr&#233;sente en mati&#232;re g&#233;opolitique un double inconv&#233;nient. D'une part elle suppose par d&#233;finition une simplification relative de situations complexes et court ce faisant le risque de conduire &#224; des solutions soit inefficaces, soit inadapt&#233;es. C'est particuli&#232;rement vrai en mati&#232;re de g&#233;ostrat&#233;gie puisque l'ind&#233;termination sur le r&#233;sultat possible ou souhaitable y est &#224; son comble. D'autre part, elle donne trop souvent &#224; ceux qui y adh&#232;rent un degr&#233; &#233;lev&#233; de conviction morale (ou d'hypocrisie) qui leur fait non seulement souvent n&#233;gliger la r&#233;alit&#233;, mais aussi user de violence pour imposer des solutions jug&#233;es bonnes a priori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus qu'&#224; un choc des civilisations, nous assisterions &#224; des conflits id&#233;ologiques dites-vous. Pourquoi ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs civilisations au sens large, et malgr&#233; la mondialisation et en r&#233;alit&#233; la sp&#233;cificit&#233; des diff&#233;rentes cultures s'affirme avec le d&#233;veloppement &#233;conomique et politique. Mais cela ne signifie pas que les rapports entre puissances se d&#233;finissent d'abord par les civilisations auxquels elles sont cens&#233;es appartenir. A l'int&#233;rieur d'une m&#234;me &#171; civilisation &#187; (notion d'ailleurs pas si d&#233;finie que cela) il peut y avoir des antagonismes intenses, et inversement des pays de cultures diverses peuvent avoir des rapports confiants ou des alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;ologies sont en revanche un facteur important de conflit, y compris d'ailleurs une id&#233;ologie du conflit de civilisations. Mais le facteur essentiel reste la notion m&#234;me de puissance et leur rivalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le cadre d'un conflit, comment bien agir quand l'ennemi se fiche pour sa part de la paix et du bien commun mondial (pensons aux islamistes) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute situation de conflit, la r&#233;alit&#233; du conflit des strat&#233;gies rend par d&#233;finition difficile la recherche du bien commun et notamment de la paix, m&#234;me si les adversaires sont, autant qu'on peut l'&#234;tre en ce monde, un tant soit peu soucieux de la recherche du bien. A fortiori si l'ennemi exclut clairement une telle recherche et toute paix autre que de pure domination de sa part. Prenons le cas d'Hitler : le passage &#224; la lutte arm&#233;e est alors difficilement &#233;vitable. Mais cela n'emp&#234;che pas une certaine flexibilit&#233;, par exemple pour jouer l'&#233;mergence chez l'adversaire d'un pouvoir orient&#233; diff&#233;remment (coup d'&#233;tat, jeu des factions etc.). Il est notamment dangereux pour le bien commun, hors cas extr&#234;mes comme le nazisme, de viser a priori la capitulation de l'adversaire comme le seul objectif possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des islamistes est complexe car il en existe de multiples vari&#233;t&#233;s. Si Daech para&#238;t relever d'un approche r&#233;solument confrontationnelle, dans d'autres cas on peut avoir &#224; parier sur une &#233;volution des r&#233;gimes concern&#233;s : toute l'histoire de l'Islam est faite de cet amollissement de pouvoirs &#224; l'origine implacablement guerriers et violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Votre ouvrage pr&#233;c&#233;dent s'int&#233;ressait &#224; la guerre juste. Comment, &#224; travers ce prisme, analysez-vous le conflit en Iran ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les crit&#232;res de la guerre juste, il y a entre autres la l&#233;gitimit&#233; du but et l'id&#233;e raisonnable qu'on peut obtenir par la guerre un r&#233;sultat meilleur, qui ne peut &#234;tre obtenu autrement ; plus l'usage de moyens strictement proportionn&#233;s. Or en l'esp&#232;ce la recherche d'un renversement du r&#233;gime ne respecte pas ces crit&#232;res : on ne change pas un r&#233;gime politique enracin&#233; par des bombardements. L'affaiblissement de l'Iran non plus : outre que le r&#233;gime pourrait en sortir renforc&#233;, les cons&#233;quences indirectes sont disproportionn&#233;es et contreproductives (par exemple la confirmation du pouvoir de l'Iran &#224; perturber le trafic dans le d&#233;troit d'Ormuz). Le seul objectif d&#233;fendable est la neutralisation de l'effort de l'Iran pour acqu&#233;rir l'arme nucl&#233;aire. Cela pourrait justifier des frappes chirurgicales comme en juin 2025, mais pas la guerre en cours, qui &#224; ce stade ne para&#238;t pas faire avancer la question du nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Suite &#224; la multiplication des interventions am&#233;ricaines, beaucoup se sont &#233;mu des violations r&#233;p&#233;t&#233;es du droit international. Que peut encore celui-ci pour le bien commun mondial ? L'ONU est-elle en &#233;tat de mort c&#233;r&#233;brale, pour paraphraser Emmanuel Macron ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup exag&#233;r&#233;, en Europe notamment, le r&#244;le du droit international ou de l'ONU depuis 1945 : il y a eu d'innombrables guerres et conflits et tr&#232;s peu ont &#233;t&#233; &#233;vit&#233;s ou canalis&#233;s par l'usage du droit. Mais il ne faut pas tomber dans le d&#233;faut inverse, comme cela para&#238;t &#234;tre le cas de Donald Trump, qui consiste &#224; consid&#233;rer que toute r&#233;f&#233;rence de ce type est sans valeur par rapport au pur jeu des int&#233;r&#234;ts. Disposer de balises comportementales communes orient&#233;es dans le sens de la paix et du bon voisinage est en soi bon ; m&#234;me si cela n'a rien &#224; voir avec la situation interne &#224; un pays, o&#249; la loi dispose en principe du monopole de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pape L&#233;on XIV multiplie les appels &#224; la paix. Qu'en pensez-vous ? Plus largement, quel r&#244;le le Vatican peut-il jouer dans la recherche du bien commun mondial ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le pape multiplie les appels &#224; la paix est pour le moins une &#233;vidence. Cela retrouve une tradition ancienne dans l'Eglise, &#224; commencer par la Paix de Dieu au Moyen Age, pour continuer avec les appels poignants de Beno&#238;t XV face au carnage de 14-18. C'est notamment le cas avec la guerre d'Iran, dont j'ai rappel&#233; qu'on ne pouvait &#224; la consid&#233;rer comme une guerre juste. On notera cependant que le pape L&#233;on en reste &#224; une condamnation g&#233;n&#233;rale et absolue de toute guerre, sans appuyer son raisonnement sur une analyse de situation que la th&#233;orie de la guerre juste permettrai plus clairement, et notamment du probl&#232;me pos&#233; par le nucl&#233;aire iranien. Un discours plus ajust&#233; aurait permis &#224; mon sens un meilleur &#233;change sinon avec Trump, au moins avec Vance. Ce qui n'excuse pas leurs propos, notamment ceux de Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'Eglise ait son r&#244;le &#224; jouer dans la recherche de la paix et du bien commun est donc une &#233;vidence. En particulier, m&#234;me si la responsabilit&#233; des affaires de ce monde incombe aux dirigeants la&#239;cs, le rappel de principes moraux, domaine de comp&#233;tence du magist&#232;re, s'accompagne l&#233;gitimement de prises de positions sur des questions concr&#232;tes relevant du politique. Tout en &#233;vitant la tentation d'une approche dite proph&#233;tique si elle ne prend pas assez en compte les r&#233;alit&#233;s en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de l'Incorrect&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ni r&#232;gne de la loi, ni loi de la jungle : G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle-Geopolitique-et-bien-commun.html</link>
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		<dc:date>2026-03-21T17:08:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Monde fragment&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>
		<dc:subject>Relations internationales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est le titre d'un livre que je viens de publier aux &#233;ditions Boleine. Comment dans le contexte actuel peut se situer une ligne politique et strat&#233;gique r&#233;aliste, sans abandonner pour autant l'id&#233;e que si on choisit une politique, c'est en vue d'un certain bien, un bien en d&#233;finitive commun ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;alisme nous conduit &#224; reconna&#238;tre qu'aujourd'hui, plus que jamais, la sc&#232;ne internationale est compos&#233;e de multiples acteurs ou puissances, au-dessus desquels il n'est pas de pouvoir r&#233;gulateur. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Bien commun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relations-internationales-+.html" rel="tag"&gt;Relations internationales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle-.jpg?1787417301' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le titre d'un livre que je viens de publier aux &#233;ditions Boleine. Comment dans le contexte actuel peut se situer une ligne politique et strat&#233;gique r&#233;aliste, sans abandonner pour autant l'id&#233;e que si on choisit une politique, c'est en vue d'un certain bien, un bien en d&#233;finitive commun ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisme nous conduit &#224; reconna&#238;tre qu'aujourd'hui, plus que jamais, la sc&#232;ne internationale est compos&#233;e de multiples acteurs ou puissances, au-dessus desquels il n'est pas de pouvoir r&#233;gulateur. Leurs rapports sont en g&#233;n&#233;ral relativement paisibles, mais &#224; l'occasion l'un ou l'autre recourt &#224; la force pour imposer ses vues. Face &#224; cela, il n'est en g&#233;n&#233;ral pas d'autre solution que de mettre une force en face. C'est l&#224; qu'intervient la pens&#233;e strat&#233;gique. Elle porte sur l'opposition de deux volont&#233;s, luttant pour l'emporter, &#233;ventuellement par la destruction des forces adverses. Mais le r&#233;sultat de la confrontation de ces volont&#233;s raisonnablement intelligentes, poursuivant des buts oppos&#233;s, est intrins&#232;quement impr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce scandale intellectuel s'ajoute un scandale &#233;thique : comment rechercher le bien lorsque, d'une part, on ne sait r&#233;ellement pas ce qui va r&#233;sulter de notre action, et o&#249; d'autre part on n'avance qu'en occasionnant un certain mal, chez l'autre comme chez soi ? On ne r&#233;pondra pas &#224; cette question en parachutant d'en-haut et abstraitement des jugements moraux a priori. Il faut analyser la logique m&#234;me de la strat&#233;gie, examiner les conditions effectives de son exercice dans le monde r&#233;el, et regarder enfin si on peut discerner des lignes de conduite moralement satisfaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre monde est en pleine mutation, avec des puissances en ascension et d'autres en recul, et de moins en moins r&#233;gul&#233;. Evaluer le potentiel des uns et des autres est changeant et incertain. Compter sur le droit est sympathique mais peu fiable. Se fier &#224; ses forces est souvent trompeur. Une conduite &#233;thique reste possible. Mais elle devra se fonder sur une analyse r&#233;aliste, et sur la recherche cas par cas du plus grand bien qui appara&#238;t alors possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le plan de ce livre, qui part de la logique paradoxale de la strat&#233;gie, et poursuit sur la probl&#233;matique particuli&#232;re de notre monde &#224; la fois multipolaire et aux acteurs tr&#232;s in&#233;gaux, tant militairement qu'&#233;conomiquement. Il &#233;voque ensuite les pistes de solutions trompeuses ou partielles comme le pi&#232;ge de l'id&#233;ologie, notamment occidentale, ou l'id&#233;e r&#233;ductrice des conflits de civilisations. Il pose alors la question de la recherche du bien commun dans un mode divis&#233; et en lutte, o&#249; le recours au droit et &#224; l'ONU s'av&#232;re d'efficacit&#233; bien limit&#233;e, sans parler de l'utopie d'une g&#233;n&#233;ralisation de la d&#233;mocratie &#224; l'occidentale. Il se confirme alors que le souci de ce bien commun est en d&#233;finitive de la responsabilit&#233; de chacun des acteurs, essentiellement &#233;tatiques, selon un jugement moral &#233;duqu&#233;, cas par cas, fond&#233; sur des principes, mais tenant compte de r&#233;alit&#233;s de forces aux multiples facettes, constamment changeantes. Le v&#233;ritable bien est &#224; ce prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce sujet mon interview sur TV Libert&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire une pens&#233;e strat&#233;gique avec l'irruption de Trump ! Le Zoom - Pierre de Lauzun - TVL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=jqQxpiQZ_Cw&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=jqQ...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trump et sa Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale : changeons notre logiciel</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-Strategie-de-Securite-nationale-de-Trump-changeons-notre-logiciel.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-Strategie-de-Securite-nationale-de-Trump-changeons-notre-logiciel.html</guid>
		<dc:date>2026-01-12T08:05:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Ordre international</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre des d&#233;mocraties</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; c'est dans l'emballage id&#233;ologique que r&#233;side la principale nouveaut&#233;, et cela laisse les Europ&#233;ens bien isol&#233;s, entre pr&#233;tentions moralisantes et incapacit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/geopolitics-9502437_1280.jpg?1787417298' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vision d'ensemble nationale mais pragmatique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau du positionnement global, le fait majeur est bien s&#251;r l'abandon de tout pr&#233;tention id&#233;ologique d'ensemble, de la grande croisade des d&#233;mocraties, et du r&#244;le des Etats-Unis &#224; sa t&#234;te. L'id&#233;e est au contraire la priorit&#233; que chaque Etat doit &#224; ses int&#233;r&#234;ts nationaux, pr&#233;sent&#233;e m&#234;me comme la meilleure solution pour tous au niveau global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains en ont d&#233;duit que cela aboutirait &#224; une hausse de la conflictualit&#233; ainsi qu'au partage du monde en sph&#232;res d'influences. Or si on peut d&#233;battre des cons&#233;quences possibles, ce n'est pas ce que dit viser le texte. D'une part, cette conception nouvelle n'est pas n&#233;cessairement bellig&#232;ne par principe puisqu'elle proclame en m&#234;me temps l'importance de la paix. On sait l'attachement de Trump &#224; se pr&#233;senter comme faiseur de paix, ce que le document rappelle &#8211; m&#234;me si dans son optique cela n'exclut pas des op&#233;rations militaires ponctuelles mais muscl&#233;es (Iran, Venezuela). D'autre part, le comportement de ce m&#234;me Trump est fondamentalement transactionnel, et domin&#233; par les consid&#233;rations &#233;conomiques &#8211; vues sous un angle brutal. D'o&#249; l'importance centrale dans tout le document de la s&#233;curit&#233; des approvisionnements (hydrocarbures notamment), et de la libert&#233; des mers. C'est en partie cet accent mis sur ces divers aspects qui explique l'absence de d&#233;signation explicite de la Russie ou de la Chine comme adversaires strat&#233;giques ou comme menace radicale, qu'on attendait naturellement dans un tel document. C'est n'est qu'en creux qu'une telle menace appara&#238;t, ainsi en mer de Chine, et trait&#233;e sous l'angle de la libert&#233; des mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas non plus se dessiner une id&#233;e de partage du monde en v&#233;ritables zones d'influence h&#233;g&#233;moniques. Certes, en Am&#233;rique latine, le texte propose une version durcie de la doctrine Monroe et exclut toute pr&#233;sence jug&#233;e dangereuse d'une puissance autre. Mais ce n'est pas parce qu'un partage global du monde en sph&#232;res serait explicitement promu ; c'est la cons&#233;quence logique du primat national, visant &#224; assurer une d&#233;fense renforc&#233;e des int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, tant en termes d'approvisionnement, de s&#233;curit&#233; que de lutte contre des menaces diverses (drogues, migrants). On ne voit d&#232;s lors pas dans le texte que les Etats-Unis s'interdisent d'intervenir o&#249; que ce soit, m&#234;me si ce n'est plus par id&#233;ologie : aucune zone d'influence n'est reconnue &#224; qui que ce soit d'autre. D'ailleurs, quant aux autres zones, la relativisation du Moyen Orient n'est qu'apparente, et l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique reste fort ; et l'importance de l'Asie, notamment c&#244;ti&#232;re, est maintenue. Il ne s'agit pas non plus d'assumer une h&#233;g&#233;monie globale, d'autant que cette derni&#232;re impliquerait une certaine responsabilit&#233; de l'h&#233;g&#233;mon envers ses vassaux : or ce n'est pas l'id&#233;e du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aspects g&#233;ographiques et id&#233;ologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Europe, le traitement tr&#232;s particulier qui lui est fait est justifi&#233; par la proximit&#233; culturelle et politique, plus que comme l'appartenance de celle-ci &#224; une zone d'influence. Il n'y a pas non plus dans le texte le d&#233;sengagement pur et simple que beaucoup y ont vu &#8211; m&#234;me si le soutien devient plus conditionnel. Ni de vassalisation au sens propre, du moins pas plus qu'auparavant m&#234;me si l&#224; aussi le rapport est plus brutal ; encore moins l'id&#233;e que l'Europe serait un ennemi. Bien entendu, on retrouve le couplet d&#233;sormais central sur le partage des frais et de l'effort de d&#233;fense ; mais il n'est pas nouveau, m&#234;me s'il est mani&#233; plus agressivement. Plus nouveau est le fait que la mention de l'affinit&#233; culturelle et politique reconnue entre elle et les Etats-Unis tende &#224; d&#233;placer la motivation g&#233;opolitique : si on suit le texte, l'Europe est toujours une cousine, mais moins un enjeu strat&#233;gique. Corr&#233;lativement, le texte insiste comme on sait avec force sur ce qui est per&#231;u comme sa d&#233;cadence sur bien des points : &#233;conomie, migrants, wokisme, patriotisme etc. Il y a l&#224; un clair m&#233;pris, mais aussi &#224; sa fa&#231;on, une demande de redressement. Cela explique d&#233;j&#224; en partie le d&#233;couplage relatif sur des dossiers comme l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le d&#233;couplage le plus marqu&#233; avec l'Europe est id&#233;ologique ; il y a rupture du consensus relatif auparavant affich&#233; des deux c&#244;t&#233;s. Le message est : 1. Nous nous redressons, faites de m&#234;me. 2. Vous &#234;tes plus atteints que nous, avec votre machin bruxellois, votre go&#251;t pour les grandes phrases, et votre irresponsabilit&#233;. 3. Nous aiderons ceux chez vous qui vont dans le bon sens, les vrais patriotes (ce qu'on comprend comme d&#233;bouchant sur un soutien aux populistes ou &#224; &#171; l'extr&#234;me-droite &#187; - m&#234;me si les modalit&#233;s n'en sont pas claires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant encore qu'en r&#233;alit&#233;, cette opposition id&#233;ologique traverse les Etats-Unis autant que l'Europe. Apr&#232;s tout, le wokisme et l'id&#233;ologie DEI ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es l&#224;-bas (quelles qu'en soient les sources intellectuelles europ&#233;ennes) avant d'&#234;tre r&#233;export&#233;s en Europe. De ce point de vue, la rupture id&#233;ologique entre les partenaires ne serait confirm&#233;e par la suite que si chacun d'eux persistait dans sa voie actuelle sur la dur&#233;e, ce qui ne va de soi ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre. Mais ceci &#233;tant not&#233;, la divergence en cours ne peut &#234;tre sous-estim&#233;e, car elle n'a pas de pr&#233;c&#233;dent. Et les r&#233;actions europ&#233;ennes, plut&#244;t r&#233;serv&#233;es c&#244;t&#233; officiel, effarouch&#233;es c&#244;t&#233; commentateurs, sont symptomatiques de la sid&#233;ration qu'elles r&#233;v&#232;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un sens, ce discours nouveau, quelque peu agressif, met &#224; sa fa&#231;on en &#233;vidence les pr&#233;suppos&#233;s progressistes en Europe, politiquement corrects et pr&#233;tendument unanimes. Pourtant l'&#233;vidence &#233;lectorale de la mont&#233;e de ce qu'on y appelle populisme montre que cette unanimit&#233; vaut surtout pour l'Europe officielle. Inversement la sc&#232;ne am&#233;ricaine est de son c&#244;t&#233; loin d'&#234;tre acquise au trumpisme, et peut donc encore changer d'orientation. Mais dans ce cas, il est peu probable que l'avenir d&#233;bouchera sur un retour aux relations euro-am&#233;ricaines ant&#233;rieures : l'id&#233;e que l'Europe est d&#233;sormais hors du coup est r&#233;pandue l&#224;-bas, non sans motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques remarques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'insistera pas ici sur les d&#233;fauts du trumpisme, que ce texte met aussi en &#233;vidence : la brutalit&#233; et le ton peu diplomatique voire cynique, peu propre &#224; pr&#233;parer un monde apais&#233; ; l'obsession de la transaction et du commerce ; l'assurance pr&#233;matur&#233;e qu'on entrerait dans une nouvelle phase d'Am&#233;rique &#171; great again &#187; ; et peut-&#234;tre surtout l'absence de strat&#233;gie structurelle (de politique industrielle notamment, mais aussi de suivi dans les op&#233;rations) etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux points sont en revanche &#224; souligner plus particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la question d&#233;sormais centrale des nouveaux principes sur lesquels se construira l'&#233;quilibre international de demain. L'insistance trumpienne sur l'int&#233;r&#234;t national, m&#234;me temp&#233;r&#233;e par le souci affich&#233; de la paix, exprime au fond une r&#233;alit&#233; permanente qui n'avait jamais disparu. Ce qui est plus nouveau est de le mettre en avant de fa&#231;on aussi nue et froide ; m&#234;me si c'est entre autres pour &#233;liminer l'emballage id&#233;ologique ou juridique qui &#233;tait de mise auparavant. Or un tel changement n'est pas neutre, s'il devient permanent. D'un c&#244;t&#233;, comme beaucoup l'ont not&#233;, il peut justifier chez d'autres puissances un degr&#233; plus &#233;lev&#233; d'agressivit&#233; et de cynisme &#8211; m&#234;me si en r&#233;alit&#233; agressivit&#233; et cynisme sont d&#233;j&#224; bien r&#233;pandus : la Russie n'a pas attendu cela pour intervenir sur sa p&#233;riph&#233;rie, sans parler des comportements am&#233;ricains. D'autre part, il s'accompagne en l'esp&#232;ce d'un usage excessif du pur rapport de forces pour obtenir des avantages dissym&#233;triques et pour certains manifestement iniques, ainsi en mati&#232;re douani&#232;re entre Am&#233;rique et Europe. M&#234;me l'accent mis sur le commerce est vu sur le mode agressif et confrontationnel. De ce point de vue, autant le fait de balayer la vision ant&#233;rieure, pseudo-bienveillante et en r&#233;alit&#233; agressive voire hypocrite, de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme, est en soi plut&#244;t bienvenu, autant on ne peut que d&#233;plorer que ce n'est pas remplac&#233; par une perspective satisfaisante, offrant une vraie perspective de paix : en un mot, le r&#233;alisme n'implique pas de renoncer &#224; toute id&#233;e de bien commun. Je publierai d'ailleurs dans les mois qui viennent un petit livre sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second point vise justement l'id&#233;ologie, et ici la balle est dans le camp europ&#233;en : va-t-il se raidir dans son attachement &#224; la suppos&#233;e grande croisade du bien contre le mal &#8211; dont il n'a d'ailleurs les moyens ni militaires, ni technologiques, ni industriels ? Ce qui va dans ce sens est le discours r&#233;pandu en Europe selon lequel l'Am&#233;rique de Trump rejoindrait le camp des m&#233;chants, autoritaires et agressifs, avec en leur centre la Russie et la Chine. D'o&#249; la tentation, face &#224; cette &#171; coalition &#187; mena&#231;ante, de la mutation de l'Europe en un &#233;trange &#171; Camp des Saints &#187;. Mais en r&#233;alit&#233;, les id&#233;ologues sont les Europ&#233;ens. Russes et Chinois peuvent &#234;tre de r&#233;elles menaces, &#233;videmment, surtout les seconds - notamment en &#233;conomie ; mais c'est par une politique de puissance &#224; l'ancienne, pas &#224; la fa&#231;on id&#233;ologique de l'URSS. De ce point de vue, le trumpisme est plus r&#233;aliste, m&#234;me si on peut douter de son succ&#232;s &#224; terme, qui demanderait un tout autre effort sur la dur&#233;e, notamment en &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;duit de ces deux points que la t&#226;che d'un pays comme la France est de se red&#233;finir, sur la base d'une mutation mentale majeure, en sortant du cadre de pens&#233;e actuel, lequel n'a jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement justifi&#233;, mais qui est d&#233;sormais compl&#233;tement d&#233;cal&#233; de la r&#233;alit&#233;. C'est la voie d'un patriotisme renouvel&#233;, lucide et exigeant, qui s'attache &#224; retrouver une place digne sur la sc&#232;ne actuelle, sans que cela sacrifie aucun id&#233;al v&#233;ritable - car l'id&#233;al n'a de sens que fond&#233; sur le r&#233;el. Et le r&#233;el commence par la capacit&#233; &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma : &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-et-sa-strategie-de-securite-nationale-changeons-notre-logiciel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-et-sa-st...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trump face &#224; la logique de la guerre</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Trump-face-a-la-logique-de-la-guerre.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Logique de la guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche de la paix</dc:subject>

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&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et Cambodgiens, entre Indiens et Pakistanais, etc. Mais ce sont l&#224; des dossiers mineurs par rapports aux deux o&#249; il est vraiment attendu, l'Ukraine et Gaza. Sur ceux-l&#224; il a donn&#233; longtemps et donne encore souvent l'impression de patiner, loin de ses promesses initiales de r&#233;gler tout cela facilement et rapidement. M&#234;me s'il vient de marquer un point sur Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut, semble-t-il, admettre que sa volont&#233; de chercher la paix est r&#233;elle &#8211; m&#234;me s'il a un faible pour les solutions de force. On sait en outre que la connaissance intime de la vie internationale n'est pas son fort. Mais cela n'explique pas tout ce qui se passe. On a en effet l'impression qu'il explore successivement plusieurs hypoth&#232;ses sur tel ou tel aspect de ces conflits, pour ensuite d&#233;couvrir d'autres dimensions qui lui montrent que l'&#233;quation est plus complexe qu'il n'apparaissait. Ce faisant il progresse ; mais les probl&#232;mes r&#233;sistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme ukrainien &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; est particuli&#232;rement nette dans le cas de l'Ukraine. Tant&#244;t il fait un geste en faveur de Poutine, voit des possibilit&#233;s de coop&#233;ration fructueuse avec la Russie, comprend que Poutine ne fera jamais la paix en l&#226;chant les territoires conquis ou en laissant les troupes occidentales s'installer en Ukraine. Tant&#244;t au contraire il menace la Russie de sanctions terribles, livre des armes &#224; Kiev, d&#233;clare la victoire de ce dernier possible, et se brouille avec l'Inde pour la punir d'acheter du p&#233;trole russe. Tant&#244;t il insulte publiquement Zelenski, lui reprochant son ingratitude et son irr&#233;alisme, tant&#244;t il s'entretient cordialement avec lui. Tant&#244;t il court-circuite les Europ&#233;ens, tant&#244;t il les remet dans le jeu en vue de garanties &#224; donner &#224; l'Ukraine, et surtout pour payer les frais de le guerre en achetant du mat&#233;riel am&#233;ricain. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; du processus d'apprentissage, d'une m&#233;thode bizarre de n&#233;gociation, ou du jeu normal de l'exploration des options, il semble qu'il y ait un autre facteur plus profond, une certaine ignorance ou sous-estimation de la logique de la guerre. Je l'avais not&#233; dans une pr&#233;c&#233;dent article sur ce m&#234;me site, en juin 2022 : &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ukrai...&lt;/a&gt; (paix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties, qui obtient un r&#233;sultat la conduisant &#224; cesser les op&#233;rations une fois son but atteint, ou conduisant l'autre &#224; jeter l'&#233;ponge. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent, et le statu quo a des chances de se stabiliser au moins pour un temps. Bien entendu, un tel arr&#234;t des op&#233;rations n'est pas n&#233;cessairement d&#233;finitif. En effet apr&#232;s un moment de cessation des hostilit&#233;s, si le choc des volont&#233;s subsiste, la reconstruction des forces rend possible une reprise des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans tous les cas, tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue, car les motifs qui y ont conduit restent, et le sort des armes auxquels les deux parties ont eu recours n'a pas donn&#233; sa r&#233;ponse. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le notais d&#233;j&#224;, la guerre en cours entre la Russie ou l'Ukraine en fournit une bonne illustration. La Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien ; elle a une relative sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle ; elle n'est pas &#224; genoux &#233;conomiquement ; elle n'a donc a priori aucune raison de s'arr&#234;ter. L'Ukraine vise &#233;videmment &#224; r&#233;cup&#233;rer son territoire ant&#233;rieur ; elle a bien mieux r&#233;sist&#233; que ce que les experts pensaient, et re&#231;oit une aide cons&#233;quente des Occidentaux. Elle continue donc la lutte. Tant que ces facteurs seront &#224; l'&#339;uvre (donc tant qu'il n'y a pas selon les cas perc&#233;e militaire, effondrement &#233;conomique, &#233;puisement des perspectives etc.), la guerre continuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'ext&#233;rieur, seule une action tr&#232;s puissante pourrait &#233;ventuellement changer cet &#233;tat des choses. Mais pour Trump, cela supposerait une toute autre strat&#233;gie que celle qu'il a suivi : soit intensifier tr&#232;s brutalement les sanctions et surarmer l'Ukraine, avec de gros risques et sans &#234;tre s&#251;r que cela marche, loin de l&#224; ; surtout quand on voit, comme Trump l'a fait remarquer, les h&#233;sitations des Europ&#233;ens &#224; aller au bout de la logique des sanctions, en frappant avec d&#233;termination l'Inde et la Chine &#8211; excusez du peu. Soit, au contraire, tordre le bras de Zelenski et des Europ&#233;ens, mais dans ce qui pourrait appara&#238;tre comme une capitulation &#8211; et l&#224; encore, en supposant que cela marche. D'o&#249; l'h&#233;sitation : il a jou&#233; successivement avec ces id&#233;es diverses. Il apprend en cours de route, mais cela ne donne pas la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres le&#231;ons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un point qui n'est pas assez soulign&#233; est le r&#244;le innovateur des guerres r&#233;elles, particuli&#232;rement &#233;vident ici en Ukraine avec l'usage des drones et autres syst&#232;mes qui ont radicalement remis en cause ou en tout cas redimensionn&#233; dans un certain usage le r&#244;le d'armes autrefois centrales comme les chars, les h&#233;licopt&#232;res de combat ou m&#234;me les avions. Le fait est clairement per&#231;u par tous mais on est loin d'en tenir toutes les cons&#233;quences, notamment aux &#201;tats-Unis et en Europe. Car ce sont pratiquement des arm&#233;es nouvelles qu'il faudrait mettre sur pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, cela conduit &#224; revoir en profondeur le rapport de force r&#233;el sur le continent europ&#233;en. Car les deux seules arm&#233;es qui ont une exp&#233;rience intense et compl&#232;te de ces nouvelles r&#233;alit&#233;s du combat sont l'ukrainienne et la russe. Actuellement elles se battent. Mais lorsque la guerre sera finie, elles seront sous une certain angle surpuissantes par rapport aux arm&#233;es occidentales. Et donc la Russie, &#224; mon sens peu dangereuse avant 2022 contrairement &#224; l'id&#233;e re&#231;ue, peut le devenir une fois les hostilit&#233;s termin&#233;es. En tout cas, elle aura les moyens d'autres ambitions. Mais l'Ukraine, &#233;videmment non mena&#231;ante, totalement ravag&#233;e, aura &#224; ce moment-l&#224; d&#233;velopp&#233; une sp&#233;cialit&#233; rare et recherch&#233;e : la conduite de la guerre moderne, et l'armement correspondant. Il ne faudra oublier ni l'un ni l'autre lorsqu'on consid&#233;rera les conditions de la paix. Mais d'ici l&#224;, cela colore les positions des uns et des autres ; et ni c&#244;t&#233; russe ni c&#244;t&#233; ukrainien, cela ne pousse &#224; la paix, tant qu'un certain seuil n'est pas atteint, contraignant &#224; s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gu&#234;pier moyen-oriental et Gaza &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage est diff&#233;rent, mais plus prometteur &#224; Gaza. Au d&#233;part, la m&#234;me logique est &#224; l'&#339;uvre. Laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, &#224; court terme, d'un c&#244;t&#233; Netanyahou et derri&#232;re lui une partie appr&#233;ciable d'Isra&#235;l excluait d'arr&#234;ter les op&#233;rations tant que le Hamas subsistait et gardait des otages. D'un autre c&#244;t&#233;, le Hamas n'avait pas de raisons de capituler, malgr&#233; la sup&#233;riorit&#233; militaire &#233;crasante d'Isra&#235;l, d'autant que les souffrances des Gazaouis ne le g&#234;nent pas (c'est son bouclier humain), et le servaient diplomatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Trump, cela se compliquait du tiraillement entre ses liens avec Isra&#235;l d'un c&#244;t&#233;, ses amiti&#233;s arabes de l'autre, notamment dans la P&#233;ninsule arabique. Mais il a ind&#233;niablement l&#224; aussi appris en cours de route, notamment &#224; &#233;couter un peu plus. Et surtout il a ici des moyens de pression bien plus substantiels qu'en Ukraine. D&#232;s lors, un accord de cessez-le-feu a pu appara&#238;tre possible, d'o&#249; son plan. On verra ce que l'op&#233;ration donnera finalement, mais cela peut permettre, dans le meilleur des cas, d'arr&#234;ter les hostilit&#233;s actuelles &#224; Gaza m&#234;me. Ce qui est une excellente chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, plus profond&#233;ment, les vrais objectifs strat&#233;giques des deux c&#244;t&#233;s restent non seulement radicalement incompatibles, mais chacun structurel : pour Isra&#235;l, sauf pour une minorit&#233;, c'est le refus d'un Etat palestinien et la poursuite de la colonisation, au moins en Cisjordanie, avec &#224; l'horizon au moins implicite un &#233;tat juif sur l'essentiel de la Palestine. Pour le Hamas (ou, s'il dispara&#238;t, un autre mouvement du m&#234;me type), c'est la destruction d'Isra&#235;l. M&#234;me un observateur ext&#233;rieur bienveillant a du mal &#224; discerner une solution &#233;quitable, dans ce conflit sans bonne solution, deux peuples se disputant une seule terre. Voir ici &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;. D'autant que la logique de l'antagonisme fait que chacune des parties voit l'autre, et de plus en plus, comme une menace existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, si Trump peut &#233;ventuellement r&#233;ellement imposer une forme de paix relative, un arr&#234;t momentan&#233; des combats en cours, cela ne r&#233;soudra pas la question de fond - m&#234;me si une telle pause serait &#233;videmment bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas donc, en conclusion, les p&#233;rip&#233;ties n'ont rien pour surprendre. Cela ne veut pas dire que les conflits dureront ind&#233;finiment, la logique m&#234;me de la guerre s'y oppose. Mais cela peut durer longtemps encore. Et surtout, tout arr&#234;t des combats peut n'&#234;tre qu'une &#233;tape dans un conflit s&#233;culaire plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nobel attendra ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-face-a-la-logique-de-la-guerre/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-face-a-l...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opolitique</title>
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		<dc:date>2024-12-23T17:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;J'ai &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment la question de l'endettement public de la France. Voyons comment cela s'inscrit dans le jeu des relations g&#233;opolitiques, et quel est le risque possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de consensus politique et la c&#233;cit&#233; collective &#224; l'&#233;gard de la dette fran&#231;aise ne montrent aucun signe d'am&#233;lioration. Cela ne peut donc pas durer ind&#233;finiment, m&#234;me si on ne sait pas quand la branche cassera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dette est pour l'essentiel libell&#233;e en euros. Mais la France ne contr&#244;le pas sa monnaie, qui est g&#233;r&#233;e en commun par des pays aux int&#233;r&#234;ts et situations financi&#232;res tr&#232;s diff&#233;rents. En cas de crise, la solution ne va donc pas de soi. Et elle impliquerait un grave affaissement, non seulement de la position de la France, mais de l'Europe en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment la question de l'endettement public, notamment de la France. Sujet maintenant bien familier &#224; tous. Voyons comment cela s'inscrit dans le jeu des relations g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des dettes de nature profond&#233;ment nouvelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord qu'il y a eu une expansion g&#233;n&#233;rale de la dette des pays d&#233;velopp&#233;s depuis 40 ans, m&#234;me si les situations varient selon les cas. Mais presque partout il ne s'agissait pas principalement de financer des investissements, mais des d&#233;penses courantes. C'est le signe d'une incapacit&#233; &#224; faire des choix collectifs rationnels. Ce qui n'est jamais de bon augure en termes de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous cet angle, le facteur majeur est le fait que la plupart de ces pays se financent pour l'essentiel sur les march&#233;s financiers, qui sont volatils et capables de se retourner rapidement. Trop recourir &#224; leurs services comporte donc un risque r&#233;el. Cela dit, dans un premier temps c'est l'inverse qui se produit. En effet il est bien plus facile d'y avoir recours qu'&#224; tout autre source, et beaucoup moins cher. En outre, ils se r&#233;v&#232;lent d'une grande patience, et m&#234;me d'une certaine c&#233;cit&#233; pendant de longues p&#233;riodes. De ce fait, ils n'envoient pas les signaux avertisseurs en temps utile. Mais quand finalement ils per&#231;oivent qu'il y a un probl&#232;me, ils se retournent, et c'est la crise. On l'a vu avec la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des situations tr&#232;s variables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en termes de pouvoir, la question est tr&#232;s diff&#233;rente selon la monnaie et les cr&#233;anciers. Les pays endett&#233;s dans une autre monnaie que la leur, principalement les pays en d&#233;veloppement, ont connu r&#233;guli&#232;rement des crises de la dette depuis plus de 40 ans. Et cela s'est traduit par des restructurations humiliantes et co&#251;teuses. Pour une souverainet&#233;, c'est une rude &#233;preuve. A l'inverse, on a les pays endett&#233;s dans leur propre monnaie. On passera sur les d&#233;tails, mais comme ils contr&#244;lent leur monnaie, qui sont d&#233;sormais de pure convention, ils ne peuvent en principe pas avoir de vraie crise des paiements, puisqu'ils pourront toujours faire des dollars, yens, livre ou autres pour payer. Quitte &#224; subir une hyper inflation et une crise des changes : ce serait &#233;videmment un &#233;v&#233;nement majeur, mais cela leur laisserait un contr&#244;le relatif de leurs d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a enfin un cas tr&#232;s particulier, celui des pays de l'Union europ&#233;enne. Ils ne sont pas endett&#233;s &#224; proprement parler dans leur monnaie nationale, car l'euro est commun et g&#233;r&#233; par la BCE. Or les d&#233;cisions de celle-ci r&#233;sultent d'un &#233;quilibre entre des positions diverses ; les politiques internes de ces pays sont tr&#232;s diff&#233;rentes et leur niveau d'endettement tr&#232;s variable ; leurs int&#233;r&#234;ts divergent donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A proprement parler, on ne sait donc pas d&#233;terminer &#224; l'avance comment une crise significative se r&#232;glera en zone euro. De plus, en principe, la BCE ne finance pas les Etats ; m&#234;me si en pratique elle l'a fait indirectement, par achats sur le march&#233; secondaire, mais avec des limites. C'est donc une situation sans &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas de la France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la dette de la France est un cas particulier. Sa dette cro&#238;t sans cesse, en valeur absolue et relative, du fait de d&#233;ficits constamment sup&#233;rieurs &#224; la croissance du PNB. Cela fait des ann&#233;es que de nombreuses voix autoris&#233;es avertissent du risque croissant que cela repr&#233;sente. Mais sans &#233;cho r&#233;el, ni des politiques, ni sur les march&#233;s. Ce n'est que tout r&#233;cemment qu'on commence, et encore, ce n'est pas &#224; la mesure du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les causes, deux principales. D'un c&#244;t&#233;, une incapacit&#233; toute particuli&#232;re &#224; mettre de l'ordre dans ses affaires et &#224; se r&#233;former, qui ne date pas d'hier. D'un autre c&#244;t&#233;, d'une situation favorable sur les march&#233;s, car la France a longtemps &#233;t&#233; per&#231;ue comme un brillant second de l'Allemagne. Or dans le syst&#232;me financier mondial des sommes colossales doivent &#234;tre plac&#233;es, et dans une proportion appr&#233;ciable sans risque ; les professionnels ont donc besoin d'une dette publique jug&#233;e telle. Mais l'Allemagne n'emprunte pas assez et sa p&#233;riph&#233;rie non plus. Restait donc la France, qui en a bien profit&#233; et abus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, et on ne peut continuer &#224; emprunter ind&#233;finiment, de fa&#231;on de plus en plus &#233;lev&#233;e. Cela casse forc&#233;ment un jour, m&#234;me si on ne peut le pr&#233;voir avec pr&#233;cision. Un enfant de 10 ans peut le comprendre. Et quand, en plus, on se r&#233;v&#232;le politiquement ingouvernable, on tente le diable. Surtout si on est en Europe la seule &#224; continuer dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-il se passer maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se placera ici dans l'hypoth&#232;se o&#249; la situation politique ne permet pas de redressement v&#233;ritable &#224; court terme. Dans ce cas, la crise est in&#233;vitable m&#234;me si &#224; nouveau on ne sait pas quand, surtout si comme la France on part d'une image favorable. Bien entendu, une rupture &#233;ventuelle serait pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une p&#233;riode plus ou moins longue de d&#233;gradation, d&#233;j&#224; entam&#233;e, notamment avec hausse du spread (diff&#233;rentiel par rapport &#224; la dette allemande), puis difficult&#233; &#224; lever les capitaux voulus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une hypoth&#232;se concevable mais optimiste, cette d&#233;gradation conduirait &#224; une forme de sursaut, permettant une stabilisation relative, quoiqu'&#224; un tr&#232;s haut niveau de dette, comme en Italie ou en Belgique. Cela resterait une situation risqu&#233;e, mais peut-&#234;tre tenable sur une certaine dur&#233;e, quoique tr&#232;s co&#251;teux ; cela impliquerait aussi qu'on resterait sous la surveillance des march&#233;s. Mais m&#234;me cela supposerait l'arr&#234;t des d&#233;ficits, du moins l'apparition d'un exc&#233;dent primaire du budget, avant service de la dette. Concevable, cette &#233;volution est &#224; ce stade peu probable, au vu de la situation politique fran&#231;aise. Et si cela se faisait en accroissant encore la fiscalit&#233; fran&#231;aise, cela signerait l'&#233;touffement du pays. D&#233;j&#224; d'ailleurs le poids des int&#233;r&#234;ts sera un handicap consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste alors le risque majeur, celui de la crise. On l'a dit, la difficult&#233; des march&#233;s est qu'on ne peut pr&#233;voir avec assurance le moment et les modalit&#233;s d'une crise. Cela d&#233;pend de leur tendance du moment, des histoires qui y circulent (&#8216;stories'), du reste de la situation mondiale etc. Ce n'est donc pas n&#233;cessairement &#224; court terme ; cela peut prendre un temps sensiblement plus long. Mais sauf redressement vigoureux, &#224; un moment donn&#233; il devient impossible de financer les sommes demand&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que la crise en question serait majeure et d&#233;passerait largement le cadre de la France. On l'a vu, elle ne contr&#244;le pas sa monnaie, qui est cog&#233;r&#233;e. En m&#234;me temps, on ne voit pas comment traiter la question sans un volet mon&#233;taire. Il y aura donc ici une question difficile pour ses partenaires dans la BCE, les Allemands en premier lieu. Leur ligne politique exclut en th&#233;orie ce genre d'intervention massive, surtout au profit d'un seul pays, et alors m&#234;me qu'ils se consid&#232;rent, non sans motif de leur point de vue, comme bien mieux g&#233;r&#233;s et plus &#8216;vertueux'. En outre, leurs &#233;lecteurs sont terrifi&#233;s par le spectre, qui est loin d'&#234;tre irr&#233;aliste, d'une forte reprise d'inflation. De plus, les stocks de dettes sont tr&#232;s diff&#233;rents de pays &#224; pays, et donc mon&#233;tiser la dette n'aurait pas du tout le m&#234;me impact partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais restera l'ampleur de la d&#233;flagration. Une action au profit de la France, au vu de son poids en Europe, serait par nature une op&#233;ration &#233;norme, sans pr&#233;c&#233;dent. Outre ce que pourrait faire la BCE, il faudrait jouer sur toute une panoplie : des restructurations de dette, l'action du FMI, peut-&#234;tre d'autres m&#233;canismes &#224; inventer, etc. A cela s'ajouterait surtout ce qu'on appelle une conditionnalit&#233; : une politique de rigueur et d'&#233;conomies, qui dans ces cas est presque n&#233;cessairement grossi&#232;re et brutale &#8211; avec pas mal de casse, non seulement sociale, &#233;videmment, mais aussi par ses effets sur le tissu productif. Compte tenu de ce que l'on sait de la situation sociopolitique fran&#231;aise, cela risque de ne pas &#234;tre &#233;vident du tout et pourrait d&#233;raper gravement. Et d'ailleurs, quel gouvernement assumerait cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue g&#233;opolitique, une question majeure sera celle de la suite, des effets ult&#233;rieur d'une telle d&#233;rive puis crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France d'abord. On a ici un banc d'essai int&#233;ressant, celui des pays d'Am&#233;rique latine apr&#232;s la crise des ann&#233;es 80. Au Br&#233;sil ou au Mexique, on a eu une stabilisation relative, m&#234;me si on peut en discuter la pertinence. Mais pas en Argentine. Car la culture politique, marqu&#233;e par le p&#233;ronisme, n'a pas v&#233;ritablement chang&#233; (du moins jusqu'&#224; l'exp&#233;rience Milei, en cours). Et le pays a connu crise sur crise, sur tr&#232;s longue dur&#233;e. Dans quelle rubrique la France se situerait-elle ? On craint que ce ne soit pas dans la meilleure case.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe ensuite. Pourquoi la France est-elle un cas, en outre symptomatique ? Il y a bien s&#251;r les causes internes qu'on a cit&#233;es, qui ont jou&#233; un r&#244;le majeur. Mais il y a aussi un lien avec son r&#234;ve europ&#233;en, plus pr&#233;cis&#233;ment avec la mani&#232;re particuli&#232;re dont la classe politique fran&#231;aise a vu l'Europe : elle a gard&#233; en un certain sens des ambitions internationales, bien plus que la plupart des autres pays europ&#233;ens, mais elles les a transf&#233;r&#233;es sur l'Europe. Elle n'a donc pas eu les r&#233;flexes d'un pays ind&#233;pendant, qui sait ne pouvoir compter que sur lui-m&#234;me, et qui d'ailleurs est averti plus t&#244;t de ses errements &#233;ventuels (par des crises de change, par une difficult&#233; &#224; emprunter etc.). Elle a au contraire b&#233;n&#233;fici&#233; d'une monnaie plus forte que ce dont elle est capable, et comme on l'a dit, d'un positionnement avantageux mais artificiel sur les march&#233;s. Et, bien trop introvertie politiquement, elle n'a pas eu non plus le sens de ses responsabilit&#233;s au sein de cette Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or une crise du type de celle qu'on peut craindre remettrait radicalement en cause ce positionnement. Le brillant second deviendrait l'homme malade, pesant sur tous ; ce qui reste &#233;ventuellement de couple franco-allemand serait d&#233;finitivement enterr&#233; ; les ambitions de puissance, s'il en reste, prendraient un coup tr&#232;s rude. On n'est donc pas dans le cas d'une Gr&#232;ce qui serait simplement d&#233;multipli&#233;e par la taille. En supposant m&#234;me que cela n'aboutirait pas &#224; une dislocation des institutions europ&#233;ennes, cela impliquerait un redimensionnement majeur des relations en Europe. Au risque, bien s&#251;r, de voir celle-ci s'affaisser encore un peu plus dans la vuln&#233;rabilit&#233;, l'absence d'ambition et la vassalit&#233; &#224; l'&#233;gard de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/la-dette-francaise-risque-geopolitique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/la-dette-franc...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La probabilit&#233; de crises : sur quelques facteurs de vuln&#233;rabilit&#233; g&#233;opolitique majeure &#224; court ou long terme</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-probabilite-de-crises-sur-quelques-facteurs-de-vulnerabilite-geopolitique.html</link>
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		<dc:date>2024-05-06T14:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Vuln&#233;rabilit&#233;s g&#233;opolitiques</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise du Covid puis les guerres d'Ukraine et de Gaza ont fait irruption brusquement et r&#233;v&#233;l&#233; des sources de fragilit&#233; majeures dans la plupart des pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exercice mental, il peut &#234;tre int&#233;ressant d'&#233;voquer plusieurs des causes de vuln&#233;rabilit&#233;, rep&#233;rables d&#232;s maintenant, m&#234;me si par d&#233;finition cette liste ne peut &#234;tre exhaustive. Au programme : d&#233;mographie, finance, &#233;cologie, transports maritimes et mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur effet peut &#234;tre selon les cas subit, ou au contraire tr&#232;s progressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Monde-multipolaire-.html" rel="directory"&gt;Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-+.html" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Vulnerabilites-geopolitques-+.html" rel="tag"&gt;Vuln&#233;rabilit&#233;s g&#233;opolitiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise du Covid puis les guerres d'Ukraine et de Gaza ont fait irruption brusquement et r&#233;v&#233;l&#233; des sources de fragilit&#233; majeures dans la plupart des pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exercice mental, il peut &#234;tre int&#233;ressant d'&#233;voquer quelques vuln&#233;rabilit&#233;s futures rep&#233;rables d&#232;s maintenant, m&#234;me si par d&#233;finition cette liste ne peut &#234;tre exhaustive. Leur effet peut d'ailleurs &#234;tre selon les cas proche, ou au contraire sur le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mographie d'abord. Rien n'est autant &#224; long terme, et rien n'est plus lent &#224; s'infl&#233;chir. On peut sans grand risque d'erreur anticiper la poursuite d'une natalit&#233; faible (voire encore plus en baisse) dans la plupart des pays du monde et notamment les pays les plus avanc&#233;s, notamment en Asie de l'Est (Chine comprise) et en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
En partie compens&#233;e d&#233;mographiquement par l'immigration en Europe, mais au prix d'une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante de la population. C'est moins aigu en Am&#233;rique du Nord, d'autant que les migrants y sont bien plus assimilables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels en sont les effets ? On tend en g&#233;n&#233;ral &#224; mettre l'accent sur la question des retraites, non sans motif, mais les cons&#233;quences vont bien plus loin. C'est d'abord la question directe du recrutement des arm&#233;es (notamment dans des pays d&#233;sormais &#224; enfant unique ou presque). Cela jouera ensuite sur l'&#233;conomie et notamment la main d'&#339;uvre. Un livre r&#233;cent (Goodhart et Pradhan, &lt;i&gt;The Great Demographic Reversal&lt;/i&gt;), y voit m&#234;me un tournant majeur : la p&#233;riode des 40 derni&#232;res ann&#233;es s'av&#232;re avoir &#233;t&#233; exceptionnelle, caract&#233;ris&#233;e au niveau plan&#233;taire par une main d'&#339;uvre abondante et plut&#244;t capable (les baby-boomers et leur successeurs imm&#233;diats, ce &#224; quoi s'est surtout ajout&#233;e l'irruption de l'immense Chine) ; cela a &#233;t&#233; un facteur majeur de contr&#244;le de l'inflation. Mais d&#233;sormais lui succ&#233;derait une p&#233;riode de rar&#233;faction durable de cette force de travail ; ce qui impliquerait de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale un ralentissement marqu&#233; de la croissance et une forte inflation. Cela suppose naturellement que les facteurs allant en sens inverse (&#233;conomie d'emplois gr&#226;ce &#224; l'IA, main d'&#339;uvre indienne voire africaine) ne suffisent pas &#224; corriger cet effet. Cela toucherait l'ensemble des pays notamment d&#233;velopp&#233;s, sous la r&#233;serve partielle de l'immigration, mais avec les probl&#232;mes que celle-ci implique, notamment en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233; la d&#233;mographie africaine (subsaharienne) restera au contraire tr&#232;s forte, et par inertie jusqu'au si&#232;cle prochain m&#234;me s'il s'y produit une transition d&#233;mographique comme ailleurs. D'o&#249; d'&#233;normes probl&#232;mes de d&#233;veloppement, et une tendance &#224; des migrations massives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance ensuite. La tendance r&#233;currente &#224; des crises financi&#232;res para&#238;t &#234;tre un caract&#232;re structurel de nos soci&#233;t&#233;s, par combinaison de deux facteurs. L'endettement d'abord, signe clair d'incapacit&#233; politique &#224; choisir ou &#224; faire accepter des choix difficiles par la population. La nature de la monnaie ensuite, d&#233;sormais sans lien avec une r&#233;alit&#233; objective et cens&#233;ment r&#233;gul&#233;e par des banques centrales ind&#233;pendantes, mais dont l'exp&#233;rience montre qu'elles donnent syst&#233;matiquement la priorit&#233; au souci d'&#233;viter les crises imm&#233;diatement, bien plus qu'&#224; la solidit&#233; de la monnaie. D'o&#249; une cr&#233;ation forte de monnaie et des taux d'int&#233;r&#234;ts trop bas, facteurs &#224; leur tour de mauvais investissements, de bulles financi&#232;res et donc de krachs, et bien entendu d'un endettement en boule de neige. Certes, on est actuellement dans une phase de correction relative (mauvaise pour les tr&#232;s endett&#233;s), mais elle reste tr&#232;s relative : les taux d'int&#233;r&#234;ts r&#233;els restent tr&#232;s bas. Et la tendance lourde subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dit crise dit d'abord des secousses violentes se traduisant &#224; l'occasion politiquement. Et &#233;ventuellement &#224; terme une dislocation progressive d'outils communs, internationaux, comme le r&#244;le du dollar - avec toutes ses limites. Disruption aggrav&#233;e par des d&#233;cisions aberrantes, comme les sanctions mon&#233;taires sur la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; c&#244;t&#233; des crises globales, notamment d'origine am&#233;ricaine comme en 2007, on peut avoir des crises r&#233;gionales majeures chez d'autres grands acteurs comme l'Europe (disloqu&#233;e entre le bloc germanique et le reste, notamment au sud). Ou la Chine, dont les pratiques financi&#232;res et notamment bancaires apparaissent pour le moins hasardeuses : le volontarisme est dig&#233;rable si la croissance est tr&#232;s forte et la mar&#233;e &#233;conomique mondiale porteuse, mais on n'a pas vu le syst&#232;me &#224; l'&#233;preuve d'un vraie crise. En regard, les Etats-Unis, source de graves probl&#232;mes pour les autres, montrent jusqu'ici une capacit&#233; plut&#244;t meilleure &#224; surmonter les crises, comme on l'a vu encore apr&#232;s 2008, mais &#224; trop tenter le diable, on court des risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ecologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie et notamment la question du r&#233;chauffement ne sont pas des sciences aussi s&#251;res qu'on le dit ; mais on ne peut pas ne pas y identifier des sources potentielles majeures de disruptions. Mais les effets en seront tr&#232;s variables selon les zones - ce qu'on souligne bien trop peu. En particulier, tout indique que la lutte contre le r&#233;chauffement ne sera pas &#224; la hauteur de ce que demande la doxa dominante, plus ou moins consensuelle ; et donc, si on admet que ses pr&#233;visions sont fiables, il y aura r&#233;chauffement, et les effets adverses ne manqueront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair alors que dans un sens plus positif la diversit&#233; des climats sera un facteur de r&#233;silience (US ?), de m&#234;me un positionnement au Nord g&#233;ographique (Russie). Inversement, le d&#233;sastre serait &#224; nouveau pour les pays chauds, Afrique en premier lieu. Et l'Europe serait plut&#244;t n&#233;gativement affect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transports maritimes et mondialisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transports maritimes : on y pense moins, mais ils pourraient &#234;tre &#224; l'origine sinon de crises, du moins de mutations importantes. Un livre am&#233;ricain &#224; succ&#232;s (Peter Zeihan &lt;i&gt;The end of the world is just the beginning&lt;/i&gt;, HarperCollins, 2022) se livre &#224; cet exercice en prenant pour base l'hypoth&#232;se d'un &#233;croulement de la mondialisation, du fait d'un d&#233;sengagement naval des Am&#233;ricains, tant par isolationnisme que par co&#251;t &#233;lev&#233;. Dans un tel cas le transport maritime serait gravement affect&#233; par une r&#233;elle difficult&#233; &#224; mater les attaques (les Houthis au centuple). Cela impliquerait une disruption des &#233;changes et en particulier de la s&#233;curit&#233; des transports, sans doute &#233;tal&#233;e sur pas mal de temps. Mais sans aller jusqu'&#224; des hypoth&#232;ses aussi radicales, la possibilit&#233; d'une forte r&#233;duction du transport maritime, par ins&#233;curit&#233; ou co&#251;t &#233;lev&#233;, est tout &#224; fait concevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, un ralentissement marqu&#233; de la mondialisation est imaginable, ajoutant au facteur pr&#233;c&#233;dent des troubles locaux, l'accentuation des tensions, la mont&#233;e d'une politique de pr&#233;caution pour assurer la s&#233;curit&#233; des approvisionnements etc. D'o&#249; un risque de baisse de la production agricole, l&#224; o&#249; elle est trop d&#233;pendante des engrais et d'autres inputs, et donc des risques de famine. Et une diff&#233;renciation des cha&#238;nes de production industrielle. Plus une lutte encore plus sauvage pour le contr&#244;le des mati&#232;res premi&#232;res, notamment sur la base de la proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet en serait variable selon les zones, mais Zeihan conclut &#224; une assez grande autosuffisance de l'Am&#233;rique du Nord, r&#233;elle ou potentielle ; et en revanche &#224; un grave probl&#232;me en Chine, accentu&#233; par les effets d&#233;mographiques et financiers ; ce qui est possible mais non certain, car le r&#233;gime a montr&#233; une capacit&#233; de rebond non n&#233;gligeable. L'Europe serait plut&#244;t n&#233;gativement affect&#233;e ; selon lui la Russie aussi - mais cela para&#238;t peu cr&#233;dible. Et l&#224; aussi l'Afrique serait sans doute plut&#244;t sinistr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El&#233;ments de r&#233;flexion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure de ce rapide exercice mental, avec toutes ses limites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord qu'il est absurde pour des pays de se confier comme on l'a fait depuis 50 ans &#224; une esp&#232;ce de deus ex machina, qu'il soit progressiste, lib&#233;ral d&#233;mocratique ou autre, politique ou &#233;conomique, qui nous aurait fait entrer dans une nouvelle &#232;re plus s&#251;re. La probabilit&#233; de crises majeures reste tr&#232;s forte, et donc quasiment certaine dans un domaine ou un autre, notamment &#224; terme. Ce n'est pas d'ailleurs nouveau dans l'histoire&#8230; mais on a tendu &#224; l'oublier, notamment en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays par pays, on tend plut&#244;t &#224; conclure que les Etats-Unis partent dans des conditions plut&#244;t robustes (mais cela peut &#234;tre temp&#233;r&#233; par leurs profondes divisions internes) ; que l'Europe, en outre h&#233;t&#233;rog&#232;ne, est beaucoup plus expos&#233;e ; la Chine &#233;ventuellement aussi, mais pour d'autres raisons ; et l'Afrique l&#224; encore mal partie. Le cas de l'Inde (et des autres pays) para&#238;t moins &#233;vident, avec des forces et des faiblesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela conduirait en cons&#233;quence &#224; rendre plausible ou du moins pas si absurde un n&#233;o-isolationnisme am&#233;ricain, face aux &#233;ventuels d&#233;sastres ext&#233;rieurs ; la tentation d'un nouvel interventionnisme pouvant n&#233;anmoins subsister. On peut imaginer c&#244;t&#233; chinois un durcissement face &#224; un environnement in&#233;vitablement moins favorable qu'il ne l'a &#233;t&#233; pour eux dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, s'ajoutant aux limites du syst&#232;me s'il ne parvient pas &#224; trouver un point d'&#233;quilibre. Il y a par ailleurs un risque assez &#233;lev&#233; de dislocation europ&#233;enne, le continent &#233;tant en outre mentalement mal pr&#233;par&#233; pour des perspectives de rupture. Et de tr&#232;s gros probl&#232;mes en Afrique &#8211; par ailleurs aux portes de l'Europe, ce qui aggrave la situation de celle-ci. A nouveau, le d&#233;bat reste ouvert pour le reste (Am&#233;rique latine et reste de l'Asie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, la diversit&#233; des situations face &#224; de telles crises para&#238;t a priori consid&#233;rable. Et donc la multipolarit&#233; &#224; venir se fera tr&#232;s probablement en ambiance tendue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/la-probabilite-de-crises-sur-quelques-facteurs-de-vulnerabilite-majeure-a-court-ou-long-terme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/la-probabilite...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;opolitique, morale et guerre juste</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Geopolitique-morale-et-guerre-juste.html</link>
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		<dc:date>2020-11-09T10:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Interventionnisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;eut-on encore parler de guerre juste ? Ou toute id&#233;e de guerre serait d'embl&#233;e moralement exclue, ce qui conduit &#224; faire compl&#233;tement sortir la guerre de tout examen en termes moraux ? M&#234;me l'Eglise, traditionnellement prudente, est tent&#233;e par l'approche dite id&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au vu de la r&#233;alit&#233; des rapports mondiaux entre pouvoirs, comportant ind&#233;niablement des guerres, est-il vraiment l&#233;gitime d'&#233;carter tout probl&#233;matique de guerre juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma, le 9 novembre 2020.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Interventionnisme-+.html" rel="tag"&gt;Interventionnisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;opragma est un organe de g&#233;opolitique r&#233;aliste. Qui dit r&#233;aliste dit : qui s'en tient &#224; la r&#233;alit&#233; des choses. Mais c'est aussi un site patriotique : attach&#233; &#224; la solidarit&#233; fondamentale de la patrie &#8211; qui est apr&#232;s tout une r&#233;alit&#233; fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on dit r&#233;aliste, beaucoup pensent : cynique. Et croient que ce faisant on s'oppose &#224; la recherche du bien, et donc, en termes anciens, &#224; la morale ou &#233;thique. Que non pas. Toute personne qui recommande un comportement et en critique un autre utilise en fait des termes normatifs : oui &#224; ceci (c'est donc bien), non &#224; cela (c'est donc mal). Et entre ainsi plus ou moins dans le domaine du jugement &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des hypocrites, qui se parent de nobles id&#233;es pour couvrir d'autres objectifs. Mais il y a, &#224; c&#244;t&#233; de ces hypocrites, un autre courant qui pose probl&#232;me : celui des suppos&#233;s id&#233;alistes (ou id&#233;ologues). Ceux qui pensent qu'on peut parachuter des jugements moraux abstraits et g&#233;n&#233;raux sur des situations ou des politiques sans examen de la r&#233;alit&#233;. Le r&#233;aliste pense autrement. Il sait qu'un jugement doit se baser sur les faits. Mais il n'a pas de raison pour autant de laisser aux pr&#233;c&#233;dents le privil&#232;ge de se r&#233;clamer de la morale ou &#233;thique. D'autant que les cyniques, eux, n'h&#233;sitent pas &#224; se draper dans le manteau de la moralit&#233; quand cela les arrange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous trouvons un bon exemple de ceci dans la question de la guerre juste. Y a-t-il des cas o&#249; on peut dire qu'il est juste de mener une guerre ? Moralement juste ? M&#234;me en dehors de la d&#233;fensive pure ? La r&#233;ponse traditionnelle est oui. Mais tout un courant soutient le contraire. Ou le subordonne &#224; une proc&#233;dure purement formelle (approbation de l'ONU etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
La sagesse des si&#232;cles pensait autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre un r&#233;ceptacle de cet h&#233;ritage s&#233;culaire, le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique rappelait au n&#176; 2309 &#171; les strictes conditions d'une l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire. La gravit&#233; d'une telle d&#233;cision la soumet &#224; des conditions rigoureuses de l&#233;gitimit&#233; morale. Il faut &#224; la fois que le dommage inflig&#233; par l'agresseur &#224; la nation ou &#224; la communaut&#233; des nations soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces ; que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s ; que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer. La puissance des moyens modernes de destruction p&#232;se tr&#232;s lourdement dans l'appr&#233;ciation de cette condition. &#187; Et il ajoutait &#171; l'appr&#233;ciation de ces conditions de l&#233;gitimit&#233; morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. &#187; Remarquons la logique : on combine des jugements de l&#233;gitimit&#233; avec des jugements de r&#233;alit&#233; ((succ&#232;s possible, estimations qu&#8216;on ne fera pas plus de mal que de bien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que dans la m&#234;me Eglise le pape Fran&#231;ois a paru r&#233;cemment remettre en question cette analyse, estimant (Fratelli tutti, octobre 2020, &#167;&#167; 258 et 259) que &#171; depuis le d&#233;veloppement des armes nucl&#233;aires, chimiques ou biologiques, sans oublier les possibilit&#233;s &#233;normes et croissantes qu'offrent les nouvelles technologies, la guerre a acquis un pouvoir destructif incontr&#244;l&#233; qui affecte beaucoup de victimes civiles innocentes. [&#8230;] Nous ne pouvons donc plus penser &#224; la guerre comme une solution, du fait que les risques seront probablement toujours plus grands que l'utilit&#233; hypoth&#233;tique qu'on lui attribue. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, il est tr&#232;s difficile aujourd'hui de d&#233;fendre les crit&#232;res rationnels, m&#251;ris en d'autres temps, pour parler d'une possible &#8216;guerre juste'. &#187; Et il poursuit en condamnant dans son principe non seulement la dissuasion nucl&#233;aire, mais le principe m&#234;me de la d&#233;tention d'armes nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que la guerre est un mal effrayant, et que nos jours elle peut prendre des proportions monstrueuses. Mais toute guerre, et donc toute op&#233;ration militaire, est-elle automatiquement &#224; condamner ? Certainement tout affrontement nucl&#233;aire op&#233;rant selon l'ascension aux extr&#234;mes ch&#232;re &#224; Clausewitz. Mais d'une part la dissuasion nucl&#233;aire vise &#224; l'&#233;viter, et, justement, l'exp&#233;rience de 70 ans de dissuasion montre l'effet r&#233;el obtenu (et donc les conflits majeurs &#233;vit&#233;s). Cette m&#234;me exp&#233;rience montre en outre l'ampleur et la vari&#233;t&#233; des conflits d'intensit&#233; variable se situant en dessous de ce seuil. Qui paraissent relever pleinement de la probl&#233;matique de la guerre juste. Car il est des cas o&#249; ne pas lutter est plus immoral que combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions de la France au Sahel, aujourd'hui Barkhane, me paraissent en relever. Plus loin dans le pass&#233;, la guerre du Golfe en 1990 pouvait &#224; mon sens &#234;tre d&#233;fendue &#224; ce titre (elle r&#233;agissait &#224; une invasion caract&#233;ris&#233;e, m&#234;me si une certaine manipulation du r&#233;gime iraquien a pu avoir lieu ant&#233;rieurement). Et inversement l'invasion de l'Iraq en 2003 condamn&#233;e &#8211; notamment au vu de ses effets d&#233;vastateurs. Tout comme la d&#233;sastreuse exp&#233;dition de Libye, exploitant cyniquement des pr&#233;occupations morales &#224; contre-sens, sans se pr&#233;occuper du r&#233;sultat &#224; obtenir, ni pr&#233;voir comment prendre en charge le pays, une fois les autorit&#233;s d&#233;truites. La sottise des positions &#224; pr&#233;tentions moralisantes prises sur la Syrie (par MM. Fabius et autres) de m&#234;me : o&#249; &#233;tait la moralit&#233; de soutenir des djihadistes ? O&#249; &#233;taient &#171; les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s &#187; ? Ou la conviction que &#171; l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale est en d&#233;finitive une chose trop s&#233;rieuse pour &#234;tre abandonn&#233;e aux propagandistes, ou aux discours abstraits et g&#233;n&#233;raux, ou aux n&#233;gociations onusiaques. Elle est en outre trop enracin&#233;e dans la conscience humaine pour ne pas &#234;tre invoqu&#233;e par chaque camp, &#224; tort ou &#224; raison. Elle doit donc &#234;tre prise au s&#233;rieux et examin&#233;e en profondeur, sur la base d'une analyse des faits, pour r&#233;pondre au fond autant qu'on le pourra &#224; deux questions simples : le but poursuivi est-il bon ? Et quel sera l'impact de l'action men&#233;e ? En d'autres termes : quelle situation sera cr&#233;&#233;e par cette action, m&#234;me suppos&#233;e juste dans ses intentions ? On verra alors qu'en mati&#232;re internationale, on sera conduit non pas &#224; intervenir plus dans la situation des autres, mais moins, et mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru sur le site de &lt;i&gt;G&#233;opragma&lt;/i&gt;, le 9 novembre 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les crises financi&#232;res ont-elles un impact g&#233;opolitique ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Les-crises-financieres-ont-elles-un-impact-geopolitique.html</link>
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		<dc:date>2020-01-20T10:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les crises financi&#232;res frappent les imaginations. D'un seul coup, des r&#233;alit&#233;s de base de la vie quotidienne se trouvent remises en cause. Intuitivement, on tend &#224; en d&#233;duire qu'elles doivent avoir aussi un effet majeur sur les &#233;quilibres politiques et sur les relations entre puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'examen toutefois, c'est loin d'&#234;tre si &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 20 janvier 2020 sur G&#233;opragma :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/les-crises-financieres-ont-elles-un-impact-geopolitique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://geopragma.fr/les-crises-fina...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises financi&#232;res frappent les imaginations. D'un seul coup, des r&#233;alit&#233;s de base de la vie quotidienne, &#224; commencer par les emplois, la monnaie et les prix se trouvent remise en cause. D'o&#249; bien s&#251;r beaucoup de souffrances et de troubles. Intuitivement, on tend &#224; en d&#233;duire qu'elles doivent avoir aussi un effet majeur sur les &#233;quilibres politiques et sur les relations entre puissances. Et comme de nos jours la possibilit&#233; d'une nouvelle grande crise est un th&#232;me r&#233;current, non sans motifs, on s'interroge volontiers sur ce que sera l'&#233;tat de la plan&#232;te apr&#232;s, surtout si les autorit&#233;s ne parviennent pas &#224; la canaliser comme ils l'ont fait en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'examen toutefois, c'est loin d'&#234;tre si &#233;vident. Il y a &#233;videmment un exemple illustre : la terrifiante crise de 1929. Sans parler du ch&#244;mage de masse, elle est li&#233;e dans l'esprit public avec la mont&#233;e au pouvoir d'Hitler, et donc &#224; des faits g&#233;opolitiques majeurs. Mais avant d'en parler plus en d&#233;tail, remarquons un fait simple : il n'y a pas d'autre exemple vraiment convainquant de crise financi&#232;re majeur ayant eu un impact politique ou g&#233;opolitique r&#233;ellement significatif. On peut remonter aux 16 faillites successives de la monarchie espagnole entre XVIe et XVIIe si&#232;cle, &#224; la bulle des tulipes hollandaise, &#224; la banqueroute de Law, &#224; la bulle des Mers du Sud anglaise, &#224; la banqueroute fran&#231;aise sous la R&#233;volution, partout la m&#234;me conclusion : un grand feu d'artifice, bien des gens ruin&#233;s, mais pas d'effet majeur sur le jeu politique, national ou international. Poursuivons au XIXe si&#232;cle : pas de crise syst&#233;mique, de nombreuses crises violentes dans la sph&#232;re financi&#232;re - notamment li&#233;es &#224; des faillites bancaires, mais l&#224; encore les effets de bord hors du champ &#233;conomique sont mineurs. Rien de plus d'ailleurs entre 1929 et nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que le financier (et l'&#233;conomique derri&#232;re) est sans importance ? Que non pas ! Mais ce qui va compter et peser, c'est l'&#233;volution sur la dur&#233;e, la lente d&#233;rive ou au contraire la mont&#233;e en puissance. Ainsi de l'invention de la finance en Italie du XIIIe au XVIe si&#232;cles, du relais pris ensuite par les Flandres puis les Pays-Bas, et surtout ensuite par l'Angleterre, dont la domination progressive de la finance mondiale a &#233;t&#233; une composante essentielle de la puissance, sch&#233;ma relay&#233; &#224; sa fa&#231;on par les Etats-Unis aujourd'hui. En sens inverse, une finance fragile ou malsaine a montr&#233;e sur le long terme ses effets d&#233;l&#233;t&#232;res, ainsi dans l'Espagne de l'&#226;ge d'or, confondant la mar&#233;e de l'or et de l'argent des Am&#233;riques avec une vraie richesse, ou la gestion fantaisiste des finances fran&#231;aises fin XVIIIe, qui n'est pas pour rien dans la R&#233;volution. Mais on parle ici de ph&#233;nom&#232;nes lents, pas de crises. Les crises seraient donc finalement plus spectaculaires que significatives, au moins dans le cas g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais 1929 ? De fait cette crise a &#233;t&#233; dans son domaine exceptionnelle, en outre aggrav&#233;e par les erreurs commises &#224; l'&#233;poque par les dirigeants. G&#233;opolitiquement, son effet le plus rep&#233;rable est la d&#233;gradation massive de la situation sociale allemande, qui n'est &#233;videmment pas pour rien dans la venue au pouvoir d'Hitler. On peut d&#233;battre l'importance relative des causes enchev&#234;tr&#233;es de celle-ci, pas nier l'impact. Mais regardons de plus pr&#232;s : d'une part, malgr&#233; l'ampleur de la d&#233;tresse &#233;conomique, tr&#232;s peu de pays ont connu du fait de cette crise des bouleversements politiques d'une ampleur comparable. Il y a donc une sp&#233;cificit&#233; allemande (et dans une bien moindre mesure japonaise). Sp&#233;cificit&#233; qui ne se comprend pas si on ne rappelle pas l'effondrement de l'Empire en 1918, le choc violent du trait&#233; de Versailles, l'affaire des r&#233;parations, et la faible l&#233;gitimit&#233; de Weimar. En d'autres termes, 1929 n'a eu dans ce pays d'impact politique majeur que du fait de sa situation politique et g&#233;opolitique alors exceptionnelle. Autrement dit, ce n'est pas la crise qui a cr&#233;&#233; l'effet : elle a, selon les points de vue, fortement acc&#233;l&#233;r&#233; ou d&#233;clench&#233; un processus dont les d&#233;terminants premiers lui pr&#233;existaient et &#233;taient d'ordre essentiellement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aujourd'hui ? Malgr&#233; les mesures significatives prises apr&#232;s 2008, une grande crise financi&#232;re reste possible, en fait tr&#232;s probable un jour ou l'autre. Notre syst&#232;me ne vit pas sans crises, et on a bien des raisons de craindre que l'une d'elles sera syst&#233;mique. La mont&#233;e spectaculaire et quasi universelle de l'endettement en t&#233;moigne : toutes les crises syst&#233;miques sont en effet dans une large mesure des crises de l'endettement, qui nourrit les effets en domino et les rend syst&#233;miques ; en outre, la cr&#233;ation mon&#233;taire d&#233;brid&#233;e a engendr&#233; une bulle des actifs, &#224; l'&#233;vidence mena&#231;ante. Le tout sur arri&#232;re-fond de poursuite du r&#233;&#233;quilibrage des rapports de force &#233;conomiques, avec la mont&#233;e de plus en plus assur&#233;e des pays dits &#233;mergents, qui sont d&#233;sormais de plus en plus de vraies puissances. Bien s&#251;r, la prochaine crise sera peut-&#234;tre elle aussi ma&#238;tris&#233;e et noy&#233;e dans la cr&#233;ation mon&#233;taire et les d&#233;ficits - aggravant d'ailleurs &#224; nouveau la crise suivante. Mais prenons l'hypoth&#232;se, probable, d'une crise qui finalement un jour ne sera plus ma&#238;tris&#233;e. Quel pourra en &#234;tre l'effet g&#233;opolitique ? Si l'on en croit les le&#231;ons historiques, ce qu'il faudra alors guetter, c'est la situation &#224; l'allemande : une impasse politique et g&#233;opolitique majeure, que la crise pr&#233;cipiterait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; donc ? Au risque de d&#233;cevoir le lecteur, je n'en vois pas dans l'imm&#233;diat. Mais j'admets qu'il y a tellement de barils de poudre qu'il est facile de se tromper. A terme en revanche (20 ans, ou plus), c'est une autre paire de manches. Le risque sera autrement s&#233;rieux. Nos &#233;mergents seront alors des vraies puissances, m&#234;me inachev&#233;es, mais de r&#233;ussite variable, pas toujours stabilis&#233;es ; et leurs ambitions auront eu l'occasion de se mesurer et &#233;ventuellement de se heurter, entre elles et avec les actuels nantis. La conjonction d'une d&#233;rive interne, nourrie &#233;ventuellement par des frustrations &#233;conomiques mais plus encore politiques, avec une impasse g&#233;opolitique, pourra alors conduire l'un ou l'autre de ces pays (ex-&#233;mergent ou nanti) &#224; l'option allemande : la fuite en avant dans une politique de puissance, si une grande crise pousse d'un coup ces passions &#224; leur paroxysme. Je vous laisse mettre des noms&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des conflits de civilisations, ou des id&#233;ologies de combat ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Des-conflits-de-civilisations-ou-des-ideologies-de-combat.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Des-conflits-de-civilisations-ou-des-ideologies-de-combat.html</guid>
		<dc:date>2019-05-13T12:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie occidentale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On conna&#238;t la th&#232;se de S. Huntington fond&#233;e sur la dominante future des &#171; conflits de civilisation &#187;. Elle suppose non seulement que plusieurs grandes civilisations garderont une forte sp&#233;cificit&#233; mais surtout que c'est leur diff&#233;rence qui sera le facteur principal d&#233;terminant &#224; l'avenir la logique des conflits. La r&#233;flexion montre que cela ne va pas de soi, mais qu'il y a derri&#232;re une intuition int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que la sp&#233;cificit&#233; des nations et civilisations se maintiendra voire se renforcera plus qu'on tend &#224; le penser. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, ce qui structurera les rapports de force entre pays, loin d'&#234;tre cette sp&#233;cificit&#233; des civilisations, sera comme de temps imm&#233;morial la rivalit&#233; des puissances. Et si la dimension culturelle contribuera certainement &#224; ces conflits, ce sera sous une autre forme que la civilisation : celle de l'id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site de G&#233;opragma&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-occidentale-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie occidentale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t la th&#232;se de S. Huntington fond&#233;e sur la dominante future des &#171; conflits de civilisation &#187;. Elle suppose non seulement que plusieurs grandes civilisations garderont une forte sp&#233;cificit&#233;, une forme d'unit&#233; ou de solidarit&#233;, mais surtout que c'est leur diff&#233;rence qui sera le facteur structurel principal pour d&#233;terminer &#224; l'avenir les rapports de puissances et la logique des conflits. La r&#233;flexion montre que cela ne va pas de soi, mais qu'il y a derri&#232;re une intuition int&#233;ressante. La formule trouve d'ailleurs actuellement une seconde vie, certains critiquant Chine et Russie comme d&#233;veloppant un tel concept d' &#171; Etat-civilisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que la sp&#233;cificit&#233; des nations et civilisations se maintiendra voire se renforcera plus qu'on tend &#224; le penser. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, ce qui structurera les rapports de force entre pays, loin d'&#234;tre cette sp&#233;cificit&#233; des civilisations, sera comme de temps imm&#233;morial la rivalit&#233; des puissances. Et si la dimension culturelle contribuera certainement &#224; ces conflits, ce sera sous une autre forme que la civilisation : celle de l'id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conflits de civilisation ? La le&#231;on des faits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons d&#233;j&#224; l'histoire : il n'y a pas beaucoup d'exemples de conflit qu'on puisse d&#233;crire comme conflit de civilisation. On a eu &#233;videmment de nombreux cas de diff&#233;rences culturelles profondes entre puissances en conflit, et cela a pu contribuer &#224; renforcer les antagonismes et &#224; les radicaliser. Ainsi dans l'Antiquit&#233; entre les Grecs puis les Romains d'un c&#244;t&#233;, les empires perses divers de l'autre. Mais ces conflits &#233;taient v&#233;cus comme des conflits de pouvoirs plus que comme chocs entre civilisations, chacune voulant &#233;liminer l'autre. Le seul cas suggestif est celui de l'opposition entre Islam et Chr&#233;tient&#233;, ou Islam et monde hindou. En effet, m&#234;me si la r&#233;alit&#233; &#233;tait loin d'&#234;tre sch&#233;matique, on avait alors souvent des deux c&#244;t&#233;s un sentiment d'opposition irr&#233;ductible entre deux mondes ( ce qui n'excluait d'ailleurs pas les &#233;changes). Mais &#233;tait-ce d'abord une opposition entre civilisations, ou entre deux mondes id&#233;ologiquement oppos&#233;s ? Les emprunts culturels ont &#233;t&#233; massifs entre ces p&#244;les, et cela n'a pas emp&#234;ch&#233; l'opposition de persister. Il est vrai que l'Islam offre une exemple exceptionnel de lien indissoluble entre religion et politique, orient&#233; vers la conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode r&#233;cente (depuis deux si&#232;cles) il est tr&#232;s difficile de discerner quoi que ce soit qui ressemble &#224; un conflit de civilisation. Les conflits entre puissances dominent largement, sans compter de nombreuses guerres civiles. Et quand un &#233;l&#233;ment d'ordre culturel au sens large intervient, c'est une opposition id&#233;ologique, souvent &#224; l'int&#233;rieur d'une m&#234;me civilisation. Ainsi entre les r&#233;volutionnaires fran&#231;ais et le reste de Europe. Ou entre Occidentaux et Sovi&#233;tiques. Si on est tent&#233; de trouver des exceptions, ce sera entre Indiens et Pakistanais, mais l&#224; encore, plus m&#234;me qu'ailleurs, la civilisation est au d&#233;part la m&#234;me ; c'est le facteur religieux qui radicalise l'opposition. On pourrait aussi &#234;tre tent&#233; de regarder les guerres isra&#233;lo-arabes comme des guerres de civilisation, en tout cas certains le font. Elles ont certainement &#233;t&#233; vues par une partie appr&#233;ciable du monde arabo-musulman comme un &#233;pisode majeur des rapports difficiles entre eux et l'Occident. Mais cette lecture est erron&#233;e : &#224; nouveau, Am&#233;ricains mis &#224; part, le cas d'Isra&#235;l est en g&#233;n&#233;ral vu comme sp&#233;cifique, par les int&#233;ress&#233;s en premier lieu. Guerre de civilisation encore, les diff&#233;rentes men&#233;es terroristes, type Al Qaida ou Daech ? Mais &#224; nouveau plut&#244;t guerre id&#233;ologique. Cela dit, notons un fait : chaque fois qu'on per&#231;oit un &#233;l&#233;ment qui fait penser &#224; un conflit de civilisation, &#224; nouveau l'Islam est pr&#233;sent, au moins un certain Islam ; mais ce faisant nous retrouvons le cot&#233; id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samuel Huntington le note ; il dit qu'il y a une r&#233;sistance croissante des civilisations chinoise et islamique par rapport &#224; l'Occident. Mais ce sont deux situations diff&#233;rentes. Les Chinois ne f&#233;d&#232;rent absolument pas leur zone de civilisation, qui inclut Cor&#233;e, Vietnam et Japon. Ils ne mettent d'ailleurs pas ce facteur en avant, tout au plus la diff&#233;rence nationale chinoise et la r&#233;sistance &#224; l'emprise occidentale. Leur rivalit&#233; avec les Etats-Unis, potentiellement ou d&#233;j&#224; aujourd'hui avec nombre de leurs voisins, est une rivalit&#233; entre puissances. Supposons m&#234;me que la Chine veuille utiliser un jour des facteurs culturels dans sa volont&#233; de puissance. Sera-ce sur la base de la culture chinoise comme telle ? Ne sera-ce pas plut&#244;t sur un mod&#232;le politique alternatif ? Soit un mod&#232;le interne, soit un mod&#232;le de relations internationales (r&#233;el ou non), ou les deux. Quant &#224; pr&#233;senter la Russie de Poutine comme Etat-civilisation, c'est se tromper de cible : la Russie met en avant son droit &#224; une voie propre, essentiellement par r&#233;sistance &#224; l'emprise occidentale, ressentie comme &#224; la fois id&#233;ologique et militaire. Le th&#232;me eurasien qui y affleure de plus en plus (en r&#233;action d'ailleurs &#224; l'id&#233;ologisation occidentale) est plus un positionnement international que la mise en &#233;vidence d'un message civilisationnel propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce qui appara&#238;t est que pour qu'il y ait conflit opposant des pays de civilisation diff&#233;rentes, per&#231;u comme opposant deux visions du monde, il faut un support id&#233;ologique &#224; cette opposition, et le facteur d&#233;cisif sera alors cette id&#233;ologie. Et donc, plus que des chocs de civilisations il y a des relations de puissance &#224; puissance qui peuvent &#234;tre &#224; l'occasion fortement color&#233;es ou motiv&#233;es par des id&#233;ologies. Puissance qui peuvent &#234;tre selon les cas nationales, imp&#233;riales ou les deux ; id&#233;ologies qui peuvent &#234;tre selon les cas d&#233;fensives ou conqu&#233;rantes. Y compris une id&#233;ologie du conflit des civilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;ologie islamiste, id&#233;ologie occidentale, nouvelles id&#233;ologies ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela reste vrai m&#234;me dans le cas de l'Islam. D'une part, il est loin d'&#234;tre homog&#232;ne et est susceptible de lectures assez diverses. Les fractures entre musulmans sont importantes et irr&#233;ductibles. Ajoutons que factuellement il n'y a pas d'Etat musulman dominant : &#224; vue humaine aucun pays n'a ou n'aura la puissance ou l'autorit&#233; lui permettant de diriger les conflits qui peuvent opposer une partie du monde musulman &#224; l'ext&#233;rieur. Il n'y a pas de vrai califat en gestation. D'autre part, voir le monde comme r&#233;duit &#224; un antagonisme global entre Islam et Occident fait courir le risque pr&#233;cis&#233;ment de pousser le monde musulman dans la mauvaise direction. Mais cela ne doit pas conduire &#224; ignorer le tr&#232;s puissant ressort id&#233;ologique, pr&#233;sent dans l'Islam d&#232;s les origines, qui en fait un facteur de radicalisation des conflits sous forme de guerre sainte ou en tout cas de conqu&#234;te ; ainsi que la solidarit&#233; qui na&#238;t assez naturellement dans les foules musulmanes lorsqu'elles per&#231;oivent une attaque contre l'Ummah. Ces ressorts ne sont pas automatiques, mais ils sont r&#233;currents et puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous met sur la piste d'un autre risque, qui est celui de l'id&#233;ologisation de l'autre camp, le camp dit occidental, notamment sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, quelle que soit d'ailleurs la dominante id&#233;ologique en question, dans la mesure o&#249; elle se veut &#224; vocation universelle et apte &#224; discerner seule le camp du Bien du camp du Mal, tout en instrumentalisant ces ressorts. Certes la tendance dominante n'est pas &#224; l'occidentalisation de la plan&#232;te, contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue : les emprunts massifs &#224; la civilisation occidentale sont partout utilis&#233;s, de plus en plus, pour affirmer une forme de sp&#233;cificit&#233; locale. Mais justement l&#224; n'est pas la question, elle est dans la tentation r&#233;currente de cet &#8216;Occident', accrue depuis 40 ans, &#224; s'identifier avec un corpus id&#233;ologique particulier. Tendance que Huntington d&#233;nonce d'ailleurs avec lucidit&#233;, car il en voit les dangers. Les risques r&#233;sultant du pros&#233;lytisme id&#233;ologique occidental, &#8216;d&#233;mocratique' et postmoderne, sont bien r&#233;els. D'autant qu'il y de moins en moins de chances que les autres pays reconnaissent la l&#233;gitimit&#233; d'un magist&#232;re suppos&#233; moral des pays occidentaux, des Etats-Unis notamment, mais pas plus de l'Europe. Dans la pratique, les tentatives en ce sens y sont interpr&#233;t&#233;es et de plus en plus en termes d'imp&#233;rialisme plus que d'autorit&#233; morale. A nouveau ce sont les risques que fait courir une id&#233;ologie messianique, surtout quand elle a pour support une grande puissance. D&#233;fendre des principes ou valeurs est en soi plut&#244;t un bien ; les confondre avec une affirmation de puissance est g&#233;n&#233;ralement d&#233;vastateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r la r&#233;alit&#233; pratique est plus nuanc&#233;e. Le r&#244;le de cette dimension id&#233;ologique n'est pas si net dans les conflits r&#233;els, o&#249; ce facteur n'intervient pas de fa&#231;on automatique, loin de l&#224;. Il est en fait plut&#244;t rare que les Occidentaux aient r&#233;ellement fait la guerre par pur pros&#233;lytisme d&#233;mocratique. Et il y a de tr&#232;s nombreux cas de vraie probl&#233;matique &#8216;d&#233;mocratique', sans qu'il y ait intervention &#8216;occidentale'. En revanche, il est assez fr&#233;quent que la motivation id&#233;ologique soit pr&#233;sent&#233;e comme majeure, m&#234;me si ce n'&#233;tait pas le facteur d&#233;clencheur r&#233;el de l'intervention. L'exemple de l'Iraq en est un cas &#233;vident. Par ailleurs, la mise en avant de la d&#233;mocratie ou des Droits de l'Homme m&#234;me pr&#233;text&#233;e, n'est pas sans incidence, car elle colore fortement la lecture qui est faite de bien des &#233;v&#233;nements. On peut rappeler ici l'accueil d&#233;lirant fait aux suppos&#233;s printemps arabes dans tous les pays occidentaux, et la catastrophique intervention en Libye qui en a r&#233;sult&#233;, sans parler de la Syrie. Cette insistance id&#233;ologique donne en effet l'id&#233;e d'une opposition radicale entre deux visions du monde, ou un bien et un mal, colorant des conflits dont la nature v&#233;ritable est assez diff&#233;rente et bien plus complexe. Ce qui peut d'une part les radicaliser, et d'autre part susciter des r&#233;actions hostiles, &#233;galement id&#233;ologiques. Le cas de Daech, n&#233; en Iraq, nous le confirme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A court terme cette id&#233;ologie occidentale a peu de rivale, m&#234;me si elle irrite et que les zones de r&#233;sistance sont substantielles et croissantes. En fait ce qu'on observe ici ou l&#224;, en Russie comme en Chine, est plus une affirmation d'autonomie, puis de puissance, &#224; dominante politique, &#233;conomique et militaire, coupl&#233;e avec un refus de l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique occidentale, qu'une affirmation propre &#224; vocation pros&#233;lyte. Mais on peut supposer qu'&#224; terme plus long le jeu id&#233;ologique se diversifiera, en plus de l'Islam d&#233;j&#224; pr&#233;sent. Il serait en effet surprenant que ne se d&#233;veloppent pas des mod&#232;les ou des conceptions politiques plus originales et capables de pr&#233;tendre &#224; un rayonnement large, notamment dans les grandes zones de civilisation non occidentale. Cela pourra nourrir des oppositions, qui pourront &#234;tre v&#233;cues comme un conflit entre deux visions irr&#233;ductibles du monde, si une lecture id&#233;ologique en est faite d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre - m&#234;me si le soubassement dominant restera celui de relations entre puissances. Mais plus que les civilisations elles-m&#234;mes, qui gagnent plut&#244;t &#224; cohabiter et &#224; &#233;changer, c'est le m&#233;lange de la puissance et de l'id&#233;ologie qui est d&#233;tonant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/index.php/2019/05/13/p-de-lauzun-des-conflits-de-civilisations-ou-des-ideologies-de-combat/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://geopragma.fr/index.php/2019/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Multipolarit&#233;, bipolarit&#233; : les relations de puissance de demain</title>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
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		<dc:subject>Syst&#232;me mondial</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Parler du monde de demain comme d'un monde multipolaire est devenu courant. Mais en m&#234;me temps le principal rival &#224; l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine lentement d&#233;clinante est la mont&#233;e spectaculaire de la Chine. Alors, bipolarit&#233; ou multipolarit&#233; ? En fait, complexit&#233; et h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article publi&#233; le 4 mars 2019 sur le site de G&#233;opragma&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Systeme-mondial-+.html" rel="tag"&gt;Syst&#232;me mondial&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parler du monde de demain comme d'un monde multipolaire est devenu courant. Mais en m&#234;me temps le principal rival &#224; l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine lentement d&#233;clinante est la mont&#233;e spectaculaire de la Chine. Alors, bipolarit&#233; ou multipolarit&#233; ? En fait, complexit&#233; et h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait est clair : nous sommes dans un monde d'Etat-nations, qui restent bien le maillon central de pouvoir et de capacit&#233; &#224; d&#233;cider politiquement. Mais bien &#233;videmment tous ces Etats sont loin d'&#234;tre &#233;gaux. Non seulement en taille, richesse etc., mais surtout en capacit&#233; &#224; agir sur les autres Etats. Pour cela un facteur essentiel est la capacit&#233; &#224; recourir &#224; la force ou &#224; y r&#233;sister. Et plus que jamais les Etats se diff&#233;rencient de fa&#231;on consid&#233;rable dans ce domaine. Le premier facteur de diff&#233;renciation est ici le nucl&#233;aire, qui est indispensable &#224; un pays qui veut &#234;tre vraiment autonome et cr&#233;e une nette hi&#233;rarchie entre eux et les autres. Mais un deuxi&#232;me facteur important est la capacit&#233; &#224; mener des combats classiques. Ce qui suppose non seulement une volont&#233; politique, mais aussi une capacit&#233; &#224; agir techniquement, donc une industrie d'armement et des outils techniques qui ne d&#233;pendent pas (ou pas trop) de quelqu'un d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ces facteurs varient avec le temps. La croissance quantitative et qualitative des pays encore r&#233;cemment qualifi&#233;s d'&#233;mergents tend &#224; enrichir la liste des candidats &#224; l'autonomie. Plus encore, le fait m&#234;me de cette &#233;mergence conduit &#224; consid&#233;rer notre &#233;poque comme de transition : la priorit&#233; &#233;vidente parmi les aspirants &#224; la puissance est de d&#233;velopper leurs ressources, en vue de pouvoir peser un jour sur le jeu d'ensemble, mais &#224; terme pour la plupart. On peut donc estimer que peut-&#234;tre encore pour une g&#233;n&#233;ration au plus nous serons dans cette situation interm&#233;diaire o&#249; les Etats-Unis garderont encore une avance relative et par l&#224; un r&#244;le relativement pr&#233;pond&#233;rant, sur des th&#233;&#226;tres tr&#232;s vari&#233;s, mais face &#224; des puissances s'affirmant de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on tenter d'imaginer vers quel sch&#233;ma on &#233;volue progressivement ? Dans cette hi&#233;rarchisation de plus en plus nette entre les Etats, les facteurs de discrimination (nucl&#233;aire et technologies d'armement) conduisent &#224; reconna&#238;tre un r&#244;le majeur, &#224; c&#244;t&#233; &#233;videmment des Am&#233;ricains, &#224; la Chine et &#224; la Russie. Celle-ci vient de montrer de fa&#231;on spectaculaire en Syrie les avantages majeurs d'une industrie d'armement techniquement autonome, en contraste frappant avec les Europ&#233;ens, qui m&#234;me dans les cas o&#249; ils ont une fen&#234;tre (r&#233;duite) d'intervention, d&#233;pendent de la b&#233;n&#233;diction du grand fr&#232;re d'Outre-Atlantique. Les &#233;volutions pr&#233;visibles conduiraient &#224; anticiper le maintien de cette autonomie dans les deux cas, et son d&#233;veloppement dans le cas chinois, la Chine b&#233;n&#233;ficiant d'un avantage majeur sur la Russie, qui est la puissance et le dynamisme de son &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, bipolarit&#233; sino-am&#233;ricaine ? Ce serait aller un peu vite en besogne. D'abord parce qu'il y a la Russie, certes pouss&#233;e dans les bras des Chinois par la sottise occidentale, mais qui n'a aucune intention de se fondre dans un r&#244;le de vassal. Mais ensuite parce que les autres candidats se pressent. L'Inde en premier lieu, qui s'est r&#233;veill&#233;e &#233;conomiquement, a une capacit&#233; de cr&#233;ativit&#233; technologique potentiellement importante, et ne se con&#231;oit en aucune fa&#231;on comme confin&#233;e dans un r&#244;le de puissance de second rang, y compris militaire. Surtout face &#224; la Chine. On est d&#233;j&#224; &#224; quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite il faut compter avec des pays moins aptes &#224; jouer un r&#244;le de premier rang, mais capables de se doter d'une capacit&#233; d'action militaire respectable, et que rien n'oblige &#224; se limiter &#224; un r&#244;le de pur suiveur, surtout si des enjeux vitaux s'imposent &#224; eux. Le Japon, brid&#233; par les Etats-Unis mais techniquement capable de reconstituer une vraie puissance, et qui peut l&#233;gitimement se sentir directement menac&#233; au point de franchir le Rubicon, m&#234;me nucl&#233;aire. Mais il faut aussi &#233;voquer des puissances r&#233;gionales ou des francs-tireurs moins &#233;quip&#233;s pour jouer un r&#244;le vraiment central mais capables par leur taille et leur r&#244;le r&#233;gional de troubler le jeu &#233;tabli par les plus grands. Notamment gr&#226;ce au nucl&#233;aire. Ainsi l'Iran, ou le Pakistan, sans parler d'Isra&#235;l. Pour &#234;tre complet enfin on mentionnera un pays comme le Br&#233;sil, qui n'est pas &#224; ce stade sur une trajectoire de vraie puissance mais pourrait ambitionner le passage dans une telle cat&#233;gorie. Et la liste n'est pas limitative : pensons &#224; l'Indon&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s diff&#233;rent en revanche est le triste cas europ&#233;en, dont plusieurs pays pourraient aspirer &#224; jouer une r&#244;le appr&#233;ciable, mais qui pour l'instant s'orientent pour des raisons politiques &#224; la fois sur une d&#233;pendance accrue &#224; l'&#233;gard des Etats-Unis, et sur la poursuite d'une utopie f&#233;d&#233;rale peu cr&#233;dible, notamment en mati&#232;re strat&#233;gique. Mais qui sait ? Un r&#233;veil reste possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi parler de multipolarit&#233; a pleinement son sens, mais &#224; une double condition. D'abord qu'on n'en d&#233;duise pas une forme d'&#233;galit&#233; m&#234;me relative entre les puissances concern&#233;es, car leurs capacit&#233;s resteront tr&#232;s diff&#233;renci&#233;es. Ensuite et surtout qu'on ne voit pas l&#224; une r&#233;surgence de l'&#233;quilibre europ&#233;en, que ce soit celui du XVIIIe ou celui du XIXe si&#232;cle ; car &#224; l'&#233;poque outre que les puissances &#233;taient moins disparates qu'aujourd'hui, les pays concern&#233;s &#233;taient culturellement parties d'un m&#234;me ensemble et leur interaction b&#233;n&#233;ficiait de si&#232;cles de pratique commune. Rien de tel d&#233;sormais : les puissances qu'on a &#233;voqu&#233;es sont culturellement et politiquement tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes, et leur interaction future ne s'autorise d'aucune exp&#233;rience pass&#233;e. En bref, des puissances dissemblables, fond&#233;es sur des cultures diff&#233;rentes, cohabiteront dans un ensemble politiquement tr&#232;s divis&#233;. Une multipolarit&#233; h&#233;t&#233;rog&#232;ne et in&#233;gale en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Multipolarit&#233; dont le terrain de jeu est d'abord et essentiellement l'Asie, qui s'affirme de plus en plus potentiellement comme le centre de gravit&#233; de la plan&#232;te. Avec d'ores et d&#233;j&#224; de multiples zones de friction, du Moyen Orient (enjeu mondial), &#224; la zone himalayenne (avec trois puissances nucl&#233;aires) et aux Mers de Chine &#8211; orientale ou m&#233;ridionale (d&#233;j&#224; bien anim&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi mon livre &lt;i&gt;Guide de survie dans un monde instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne, non r&#233;gul&#233;&lt;/i&gt; TerraMare 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article publi&#233; le 4 mars 2019 sur le site de G&#233;opragma&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/index.php/2019/03/04/p-de-lauzun-multipolarite-bipolarite-les-relations-de-puissance-de-demain/?fbclid=IwAR1c7vTQrjQyJE-mzBhRVnJllxte1XNbxU05C-AgxAfZVEEcsI2pMotD8yM&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://geopragma.fr/index.php/2019/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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