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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Sur la condition de la femme dans la soci&#233;t&#233; actuelle</title>
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		<dc:date>2023-11-22T16:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Condition de la femme</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'&#233;volution consid&#233;rable et par bien des c&#244;t&#233;s positive de la condition f&#233;minine dans nos soci&#233;t&#233;s continue de soulever bien des interrogations. Non sans motif, car la question est loin d'&#234;tre stabilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre de pens&#233;e postmoderne actuellement dominant est ici particuli&#232;rement nocif, occultant certains probl&#232;mes et en cr&#233;ant d'autres. Il faut donc reprendre la r&#233;flexion sur d'autres bases, en prenant en compte des &#233;volutions souvent b&#233;n&#233;fiques - mais aussi l'apparition de difficult&#233;s nouvelles, notamment pour les femmes elles-m&#234;mes. Plusieurs livres r&#233;cents peuvent nous y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose aussi de rappeler certaines r&#233;alit&#233;s de base, dans la ligne de la pens&#233;e classique. Elles concernent tant la reconnaissance de la sp&#233;cificit&#233; des femmes et des hommes, que les exigences du plein d&#233;veloppement de la vie humaine : celle-ci suppose des communaut&#233;s de personnes, orient&#233;es vers le bien commun et donc le bien de tous leurs membres ; et parmi ces communaut&#233;s, notamment, la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Demographie-.html" rel="directory"&gt;Natalit&#233;, r&#244;le des sexes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Condition-de-la-femme-+.html" rel="tag"&gt;Condition de la femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Feminisme-+.html" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;volution consid&#233;rable et par bien des c&#244;t&#233;s positive de la condition f&#233;minine dans nos soci&#233;t&#233;s continue de soulever bien des interrogations. Non sans motif, car la question est loin d'&#234;tre stabilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre de pens&#233;e postmoderne est ici particuli&#232;rement nocif, occultant certains probl&#232;mes et en cr&#233;ant d'autres. Il faut donc reprendre la r&#233;flexion sur d'autres bases, dans la ligne de la pens&#233;e classique, sans nostalgie d&#233;plac&#233;e, en prenant en compte des &#233;volutions souvent b&#233;n&#233;fiques - mais aussi l'apparition de difficult&#233;s nouvelles, notamment pour les femmes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose aussi de rappeler certaines r&#233;alit&#233;s de base. Elles concernent tant la reconnaissance de la sp&#233;cificit&#233; des femmes et des hommes, que les exigences du plein d&#233;veloppement de la vie humaine : celle-ci suppose des communaut&#233;s de personnes, orient&#233;es vers le bien commun et donc aussi le bien de tous leurs membres, et parmi elles, notamment, la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des constats nouveaux, venant d'horizons divers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois livres r&#233;cents et tr&#232;s int&#233;ressants sont ici &#224; mentionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En perspective f&#233;ministe mais dissidente, V&#233;ra Nikolski dans &lt;i&gt;F&#233;minic&#232;ne&lt;/i&gt; souligne la rationalit&#233; de la division des t&#226;ches qui a pr&#233;valu des origines de l'homme &#224; la p&#233;riode r&#233;cente. Elle d&#233;crit la situation ant&#233;rieure comme l'am&#233;nagement rationnel de deux diff&#233;rences majeures entre les deux sexes, d&#233;cisives avant l'&#233;mergence de la technique moderne : d'un c&#244;t&#233; la faiblesse physique relative des femmes, les rendant moins aptes au travail des champs ou &#224; la guerre ; et de l'autre la tr&#232;s forte contrainte de la reproduction, qui &#233;tait alors une activit&#233; quasi permanente vu la mortalit&#233; infantile tr&#232;s &#233;lev&#233;e, et en outre tr&#232;s incapacitante. Ce qui s'ajoute &#224; la troisi&#232;me diff&#233;rence majeure : celle des go&#251;ts et penchants spontan&#233;s. D&#232;s lors, pour elle, ce qui explique ce qu'on a appel&#233; l'&#233;mancipation des femmes est principalement le progr&#232;s technique et le d&#233;veloppement &#233;conomique, car ils ont fortement relativis&#233; l'effet de ces diff&#233;rences. En revanche, elle souligne le faible r&#244;le des &#8216;luttes' f&#233;ministes : la transformation s'est en r&#233;alit&#233; faite largement toute seule avec fort peu de r&#233;sistance, d&#232;s que la base technique est apparue. Rien &#224; voir avec les d&#233;chirures violentes des r&#233;volutions, des luttes sociales ou des d&#233;colonisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, elle est tr&#232;s pessimiste sur l'&#233;volution de l'&#233;conomie et de la technique, et proche du collapsisme ; elle en d&#233;duit un risque majeur, &#224; terme, pour l'&#233;volution de la condition f&#233;minine ; et recommande aux femmes d'aller dans les m&#233;tiers scientifiques et techniques. Elle reconna&#238;t qu'elles y sont moins port&#233;es malgr&#233; leur capacit&#233; comparable, et cela en dehors d'une suppos&#233;e influence de la soci&#233;t&#233; ; c'est que, dit-elle, les femmes ont un go&#251;t pour les relations humaines, pour les personnes plus que pour les objets ; et c'est l'inverse pour les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un sens analogue, Laetitia Strauch-Bonart (&lt;i&gt;Les hommes sont-ils obsol&#232;tes ? Enqu&#234;te sur la nouvelle in&#233;galit&#233; des sexes&lt;/i&gt;), analyse en d&#233;tail et avec chiffres la d&#233;gradation relative de la place des hommes, notamment aux niveaux sociaux moyens et inf&#233;rieurs. Relevant elle aussi la pr&#233;f&#233;rence relative des hommes pour les sciences et techniques et des femmes pour les m&#233;tiers litt&#233;raires, juridiques et m&#233;dicaux (m&#234;me quand elles sont meilleures en sciences), elle le relie elle aussi au fait que les hommes pr&#233;f&#232;rent l'&#233;tude des choses, les femmes celle des personnes. De plus, les hommes &#233;tant plus tourn&#233;s vers la comp&#233;tition et plus extr&#234;mes, et les femmes plus vers la coop&#233;ration, les secondes se battent moins pour le sommet de la hi&#233;rarchie. En outre, comme on sait, bien des femmes pr&#233;f&#232;rent r&#233;ellement la famille ou les enfants et y investissent spontan&#233;ment plus de temps que les hommes, m&#234;me si, dit-elle, l'esp&#232;ce humaine est une des rares o&#249; il y a un certain int&#233;r&#234;t des m&#226;les pour les enfants, quoique moins que les femmes. Ce choix, dit-elle, elles le font librement, mais la soci&#233;t&#233; ne le reconna&#238;t pas ; elle consid&#232;re les m&#233;tiers f&#233;minins comme inf&#233;rieurs parce que moins r&#233;mun&#233;r&#233;s (sages-femmes, juges, psychologue) et exige la parit&#233; partout. Ce qui revient &#224; exiger des femmes l'adoption de m&#339;urs masculines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ra Nikolski s'appuie notamment sur un gros livre du prolifique Emmanuel Todd (&lt;i&gt;O&#249; en sont-elles ? Une esquisse de l'histoire des femmes&lt;/i&gt;). Outre des analyses analogues &#224; celles &#233;voqu&#233;es, ce dernier estime par ailleurs et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale qu'il y a une h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique f&#233;minine dans nos soci&#233;t&#233;s, avec des effets dans de nombreux domaines. Ainsi, selon lui, la femme ayant depuis les origines une orientation plus tourn&#233;e vers les rapports interindividuels et la famille, et l'homme plus vers la soci&#233;t&#233; et les identifications collectives, les &#233;volutions r&#233;centes vers l'individualisme se ressentent de l'influence de celles-l&#224; ; il &#171; pose donc l'effondrement des croyances collectives et l'&#233;panouissement du n&#233;olib&#233;ralisme comme li&#233;s &#224; l'&#233;mancipation des femmes &#187;. Selon lui, il y a m&#234;me une forme de &#8216;matridominance' id&#233;ologique dans les classes moyennes ; mais comme les hommes (certains du moins) gardent le pouvoir &#233;conomique et technique, &#171; une petite bourgeoisie f&#233;minine conteste une classe moyenne sup&#233;rieure masculine &#187;. Dans un contexte de d&#233;clin &#233;conomique et de blocage de la mobilit&#233; sociale ascendante, cela se traduit par la col&#232;re f&#233;ministe ambiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il note la dominante f&#233;minine et f&#233;ministe dans tous les champs importants id&#233;ologiquement : lettres, anthropologie, sociologie et m&#234;me r&#233;cemment g&#233;ographie, sciences politiques ou philosophie. Ce qui conduirait &#224; une pens&#233;e de l'interindividuel plus que du collectif. Ce qui expliquerait aussi que l'individualisme s'accompagne du politiquement correct, expression de la forme d'autorit&#233; sp&#233;cifique aux femmes. Cette m&#234;me pr&#233;dominance expliquerait selon lui l'acceptation de l'homosexualit&#233;, les femmes l'acceptant en g&#233;n&#233;ral mieux. Ou celle des transsexuels, qu'il voit comme trouble identitaire : or dit-il l'identit&#233; est une question de rapport au collectif, et avec le recul des religions, la qu&#234;te identitaire a mu&#233; en une &#171; autodestruction active de toute identit&#233; &#187;. Mais ce n'est pas un pur nihilisme, car cela se veut bienveillant, selon une caract&#233;ristique f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;conomie, le fait central pour lui est la tertiarisation des soci&#233;t&#233;s occidentales, qui a permis un emploi f&#233;minin massif, mais a suppos&#233; le transfert de l'industrie, qui est plus masculine, vers des pays de culture diff&#233;rente : &#171; plus les femmes ont avanc&#233;, plus l'industrie a recul&#233; &#187;. Certes, au niveau mondial, l'industrie a progress&#233;. Mais c'est pour lui d&#251; aux pays &#8216;patrilin&#233;aires' qui vont de la Chine &#224; l'est de l'Europe (Allemagne compris) et au monde indo-musulman. La sp&#233;cialisation &#233;conomique aurait donc permis &#224; chaque bloc de &#171; mieux r&#233;aliser leur tendance anthropologique profonde &#187;. D'o&#249; une double fragilit&#233; : celle des pays matricentr&#233;s d&#233;sindustrialis&#233;s et donc plus vuln&#233;rables, et aussi celle des autres, dont la faiblesse est la reproduction, du fait d'une f&#233;condit&#233; tr&#232;s basse - car selon lui il y a corr&#233;lation entre le statut sup&#233;rieur des femmes et la f&#233;condit&#233;, m&#234;me s'il reconna&#238;t qu'elle faiblit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il note enfin que ce qui est en soi une faiblesse relative des hommes (le fait de ne pas porter les enfants) aboutit &#224; ce qu'ils continuent de se concentrer sur la r&#233;ussite professionnelle. Situation qui est tr&#232;s diff&#233;rente pour les femmes ; leurs choix de vie deviennent en effet plus anxiog&#232;nes : il y a le m&#233;tier, mais la procr&#233;ation reste une option. Le dilemme est particuli&#232;rement fort entre 25 et 35 ans ; mais, dit-il, les hommes n'y sont pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question de l'influence sur la pens&#233;e collective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces analyses soul&#232;vent deux s&#233;ries de questions : l'une porte sur l'influence du r&#244;le nouveau des femmes sur la vie publique ; l'autre sur la place effective des femmes dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point, il est malais&#233; de mesurer l'impact effectif du r&#244;le public croissant des femmes sur la pens&#233;e collective. Moindre conscience des exigences de la vie collective et recentrement sur la vie priv&#233;e individualiste, pr&#233;dominance de la compassion sur la rigueur ou sur la prise de risque, &#233;mergence croissante d'une masculinit&#233; sauvage dans les couches les moins int&#233;gr&#233;es, tol&#233;rance envers des modes de vie plus ou moins aberrants, acceptation de fait passive des migrations etc. : voil&#224; certes des tendances ind&#233;niables de nos soci&#233;t&#233;s, mais le lien pr&#233;sum&#233; avec le r&#244;le des femmes reste indirect et pas enti&#232;rement d&#233;montr&#233;. Quoi qu'il en soit, le fait de poser la question est utile : on prend alors conscience du fait que, comme le r&#244;le du p&#232;re et celui de la m&#232;re, les deux s&#233;ries de dimensions qu'ils expriment ou symbolisent sont tous deux importants, mais qu'il importe que chacun soit &#224; sa juste place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est surtout important de souligner que ce que nos auteurs voient comme une forme d'h&#233;g&#233;monie f&#233;minine relative est tr&#232;s fortement color&#233;, notamment dans l'id&#233;ologie f&#233;ministe courante, par l'id&#233;ologie dominante, postmoderne et relativiste, dont les racines sont profondes et anciennes, et qui n'est pas sp&#233;cifiquement f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la question pos&#233;e ne manque pas de conduire &#224; r&#233;fl&#233;chir sur certaines &#233;volutions professionnelles en cours : est-il bon par exemple que les juges soient pour l'essentiel des femmes, et de plus en plus les enseignants ou les m&#233;decins ? Quel risque court-on dans la marginalisation de professions essentielles et &#224; dominante culturelle masculine comme l'arm&#233;e et m&#234;me l'industrie ? Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le besoin d'une r&#233;flexion renouvel&#233;e sur la place des femmes dans la vie commune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;, et le discours f&#233;ministe qui domine, sont tourn&#233;s vers la seule femme au travail et, dans cette perspective, l'&#233;limination des suppos&#233;es &#171; discriminations &#187;. Mais cela &#233;limine la possibilit&#233; d'un travail au foyer, sauf de fa&#231;on sporadique apr&#232;s la naissance ; le f&#233;minisme a d'ailleurs vis&#233; notamment &#224; &#8216;lib&#233;rer' la femme du travail domestique. Tout ceci r&#233;sulte d'une tendance fonci&#232;rement individualiste : on ne regarde que travail et pouvoir, et dans cette optique, avoir des enfants devient un handicap pour la femme. L'homme reste en r&#233;alit&#233; le mod&#232;le pour tout : devenir enceinte est pour une femme un obstacle &#224; la pleine &#233;galit&#233;. Et de fa&#231;on symptomatique, notre soci&#233;t&#233; est la seule qui n'a pas de discours sur la maternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme on sait, et comme le r&#233;p&#232;te depuis ses origines la pens&#233;e classique, la famille est la cellule fondamentale de la soci&#233;t&#233;, encore avant le travail. Mettre au monde des enfants et les &#233;lever est essentiel et vital, au niveau des personnes et &#224; celui de la soci&#233;t&#233; ; et si l'&#233;quilibre ancien, pr&#233;industriel, est &#233;videmment d&#233;pass&#233;, il subsiste des facteurs majeurs de diff&#233;renciation entre les sexes et leurs aspirations, ainsi que des fonctions &#224; assumer de part et d'autre. Comment peut-on alors analyser ces questions dans la perspective de la pens&#233;e classique, et notamment de la loi naturelle ? La question de la femme me para&#238;t en effet &#234;tre un bon exemple de la flexibilit&#233; de l'id&#233;e de loi naturelle : les principes sont invariants, mais les situations changent ; et au cours de l'histoire, de nouvelles questions et donc angles de vision apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu, les diff&#233;rences entre hommes et femmes sont de trois types. Ce sont d'abord des diff&#233;rences physiques majeures et en soi incontournables comme la force physique et le r&#244;le dans la reproduction. De ce fait, dans la situation ant&#233;rieure, la morale naturelle et donc la loi naturelle &#233;taient conduites &#224; recommander aux femmes une tr&#232;s forte priorit&#233; &#224; l'aspect reproduction, et &#224; laisser aux hommes les activit&#233;s physiques lourdes et le combat. C'est bien moins vrai aujourd'hui, ce qui permet aux femmes d'envisager d'assumer toute une gamme d'activit&#233;s. Cela dit, il reste quelques contraintes, comme la force physique dans certains cas (voir l'exemple du sport, o&#249; les deux sexes sont s&#233;par&#233;s, mais o&#249; tous deux pratiquent). Et surtout la reproduction et l'&#233;ducation, m&#234;me si la contrainte est bien moindre qu'autrefois. Il y a ensuite des pr&#233;dispositions relatives, moins imm&#233;diatement &#233;videntes et moins r&#233;dhibitoires, mais qui peuvent impliquer des dominantes, ainsi par exemple la combativit&#233; frontale, plus grande sans doute chez les hommes, mais possible chez les femmes. Il y a enfin les go&#251;ts et tendances, certes en partie conditionn&#233;s socialement, mais qui existent aussi en soi, et de fa&#231;on diff&#233;renci&#233;e : les femmes plus port&#233;es sur la relation avec des personnes, et les hommes avec les choses, donc les femmes plus sur le soin, et les hommes plus ing&#233;nieurs. Cela ne veut pas dire une plus grande capacit&#233; de l'un ou de l'autre, mais un go&#251;t, et souvent une vocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la loi naturelle va consid&#233;rer simultan&#233;ment l'&#233;panouissement des personnes et les exigences de la vie en soci&#233;t&#233;. Ce qui ne d&#233;bouche pas n&#233;cessairement sur des automatismes : le go&#251;t plus grand des femmes pour le soin a &#233;videmment tout son sens socialement, mais cela n'emp&#234;che pas que certaines femmes investissent des m&#233;tiers qui ne sont pas dans cette tendance spontan&#233;e de la majorit&#233; d'entre elles. Inversement, le r&#244;le plus grand et l'influence &#224; l'occasion pr&#233;pond&#233;rante des femmes signifie sans doute une augmentation des possibilit&#233;s pour elles ; mais pas automatiquement une am&#233;lioration, pour elles et pour la soci&#233;t&#233;, et en tout cas pas dans tous les domaines. On le voit aujourd'hui avec la situation des nombreuses femmes seules &#233;levant leurs enfants, et plus encore celles de milieu modeste, qui sont particuli&#232;rement d&#233;favoris&#233;es. Ni une meilleure satisfaction de leurs pr&#233;f&#233;rences, loin de l&#224;, comme le montre la moindre valorisation de m&#233;tiers dits f&#233;minins, et surtout l'absence totale de valorisation du travail domestique et dans une large mesure de la procr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ces derniers points sont &#233;videmment d&#233;cisifs. La tendance croissante &#224; ramener le r&#244;le de la parentalit&#233; &#224; un choix personnel de consommation parmi d'autres, avec les partenaires de son choix, est collectivement d&#233;sastreuse tant pour les g&#233;n&#233;rations futures et donc la survie de la soci&#233;t&#233; que pour une &#233;ducation appropri&#233;e des enfants. Elle est d'ailleurs aussi particuli&#232;rement n&#233;gative pour les femmes, qui dans la r&#233;alit&#233; portent le poids d'une part appr&#233;ciable des effets de cette d&#233;rive, comme elles souffrent plus de la r&#233;surgence de l'ins&#233;curit&#233; et d'une violence masculine sauvage. La restauration d'une autre conception de la famille, communaut&#233; dans laquelle on s'engage pour la vie, est ici cruciale, comme celle d'une autorit&#233; qui ne se confonde pas avec la compassion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suppose aussi d'avoir r&#233;pondu &#224; la question : quelle est la r&#233;ponse optimale &#224; donner &#224; la double vocation pr&#233;sente chez une grande partie des femmes, entre r&#244;le familial et vie professionnelle, comme &#224; celle du statut social de la femme qui se consacre &#224; sa famille. Sur ces points il faut d'abord reconna&#238;tre qu'on n'a pas trouv&#233; point d'&#233;quilibre. Tiraill&#233;e entre carri&#232;re et maternit&#233;, la femme court un risque &#233;lev&#233; de sacrifier l'une &#224; l'autre, ou les deux &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette recherche d'un &#233;quilibre diff&#233;rent, deux pr&#233;suppos&#233;s de l'&#233;poque (m&#233;dias et intellos notamment) conduisent &#224; des impasses. L'un est l'id&#233;e que les deux sexes sont indiff&#233;renci&#233;s (m&#234;mes go&#251;ts et m&#234;mes aptitudes), ce qui conduit &#224; poser normativement et sottement qu'ils doivent &#234;tre repr&#233;sent&#233;s tous deux &#224; part &#233;gale dans tous les m&#233;tiers. L'autre est la mise en position normative de l'individualisme, ce qui conduit &#224; occulter les exigences de la vie communautaire et notamment celles de la famille, pour r&#233;duire celle-ci &#224; un contrat de cohabitation, et &#224; faire l'impasse sur le r&#244;le socialement d&#233;cisif du travail domestique (j'ai &#233;voqu&#233; ce sujet plus en d&#233;tails ailleurs ; notamment mon article dans &lt;a href=&#034;https://www.librairietequi.com/A-70680-famille-et-economie-a-la-lumiere-de-la-doctrine-sociale-de-l-eglise.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.librairietequi.com/A-70...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;flexion est une t&#226;che majeure, et notamment pour ceux qui sont attach&#233;s aux enseignements de la pens&#233;e classique, au bien commun, et &#224; l'&#233;panouissement de tous au sein de nos communaut&#233;s. Elle vise &#224; la fois l'action des pouvoirs publics et celle de tous, y compris les employeurs et les entreprises. Elle porte &#224; la fois sur les repr&#233;sentations collectives, les valeurs reconnues par la soci&#233;t&#233; ; sur l'organisation du travail et des carri&#232;res (notamment entre 25 et 35 ans) ; et sur les circuits d'argent. Vaste chantier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sous une forme l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente dans&lt;/i&gt; Politique magazine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite dans : &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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