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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La communaut&#233; nationale : ce qui la menace, ce qu'il faut reb&#226;tir</title>
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		<dc:date>2026-04-13T08:57:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Communaut&#233; politique</dc:subject>
		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question du r&#244;le de la nation est la question politique majeure d'aujourd'hui. C'est ce que j'&#233;voque dans ce livre, qui vient de para&#238;tre aux Editions du Bien commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, elle constitue le cadre de r&#233;f&#233;rence de la quasi-totalit&#233; des pays reconnus sur la plan&#232;te, m&#234;me si on peut souvent contester que ce sont bien des nations. Mais par d'autres c&#244;t&#233;s, elle est remise en cause, du moins dans nos pays : contest&#233;e dans sa nature m&#234;me par le discours de d&#233;construction, elle est jug&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Solidarite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/51dgzivm8al__sl1181_.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question du r&#244;le de la nation est la question politique majeure d'aujourd'hui. C'est ce que j'&#233;voque dans ce livre, qui vient de para&#238;tre aux Editions du Bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, elle constitue le cadre de r&#233;f&#233;rence de la quasi-totalit&#233; des pays reconnus sur la plan&#232;te, m&#234;me si on peut souvent contester que ce sont bien des nations. Mais par d'autres c&#244;t&#233;s, elle est remise en cause, du moins dans nos pays : contest&#233;e dans sa nature m&#234;me par le discours de d&#233;construction, elle est jug&#233;e d&#233;pass&#233;e par ceux qui se situent au niveau europ&#233;en, ou se veulent cosmopolites. Ou par ceux qui parient sur la mont&#233;e des empires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation a pourtant toujours de nos jours quatre r&#244;les essentiels, qu'elle est seule &#224; offrir. D'abord, fonder une communaut&#233; politique, c'est-&#224;-dire un niveau &#233;lev&#233; de confiance mutuelle et d'identification, permettant un niveau tout aussi &#233;lev&#233; de coop&#233;ration et d'action commune. Ensuite, fournir ce qui est n&#233;cessaire pour cela et en soi inestimable : un patrimoine commun, et notamment une langue et une culture. Puis, assurer la d&#233;fense en commun de cette population, notamment militairement : cette question est revenue brutalement au c&#339;ur de l'actualit&#233;. Enfin, pourvoir &#224; une forme de solidarit&#233;, qui va bien au-del&#224; de la s&#233;curit&#233; sociale, en offrant autant que possible &#224; chacun une vraie place dans cette communaut&#233;. Pour la grande majorit&#233; des gens, leur qualit&#233; de vie, y compris &#233;conomiquement, d&#233;pend en effet largement de leur appartenance nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela ne se con&#231;oit actuellement hors du cadre national. Et tout cela se relie directement au fait que la nation est une communaut&#233;. Son r&#244;le &#224; ce titre est donc irrempla&#231;able. Dans les soci&#233;t&#233;s modernes, l'horizon r&#233;el des personnes et leur cadre de d&#233;pendance sont bien plus grands que dans les communaut&#233;s locales d'autrefois ; ils supposent un niveau large d'identification, de communication et de solidarit&#233;. C'est la nation qui joue ce r&#244;le. Mais au-del&#224;, il n'y a rien d'organis&#233; et de concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'avenir, la question est de savoir dans quelle mesure l'imbrication croissante de l'humanit&#233;, et notamment la mondialisation, att&#233;nuent ou renforcent cette r&#233;alit&#233;. Il est &#233;videmment improbable (sauf catastrophe majeure) que cela se fasse par retour &#224; des entit&#233;s plus petites, malgr&#233; certaines utopies. Mais l'&#233;volution pourrait conduire au renouveau de formations politiques plus vastes et pluri-nationales. Donc en r&#233;alit&#233; d'empires au sens large, et une Europe f&#233;d&#233;rale serait elle aussi une forme d'empire. Mais cela ferait perdre cet &#233;l&#233;ment essentiel qui caract&#233;rise la nation, qui est d'&#234;tre une communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Il y a bien s&#251;r des politiques &#224; mener, sur la longue dur&#233;e : d&#233;fense, &#233;ducation, recherche scientifique, migrations etc. Elles sont d'une tr&#232;s grande importance en soi. Il y a besoin plus fondamentalement d'un ensemble de r&#233;f&#233;rences collectives permettant la vie politique commune. Mais tout cela suppose au pr&#233;alable une ambition : celle de faire vivre une communaut&#233;. Ces politiques diverses ne parviendront en effet &#224; rien si la nation n'offre pas la base ad&#233;quate, c'est-&#224;-dire une communaut&#233; vivante, solidaire et forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une communaut&#233;, ce sont des personnes qui, sur la base de r&#233;f&#233;rences communes majeures, culturelles, historiques et institutionnelles, se reconnaissent comme on l'a dit un degr&#233; &#233;lev&#233; de solidarit&#233; : financi&#232;re certes, mais aussi humaine voire existentielle, impliquant l'acceptation &#233;ventuelle de sacrifices pour la cause commune. Sur cette base peut alors se construire une volont&#233; commune propre, et sa traduction concr&#232;te dans ce qu'on appelle souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; son tour, une telle volont&#233; ne suffit pas s'il n'y a pas les bases concr&#232;tes permettant &#224; cette communaut&#233; d'exister. Or trois d'entre elles sont essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord que ce peuple existe, ce qui veut dire se prolonge dans de nouvelles g&#233;n&#233;rations, pour l'essentiel au sein de familles faisant r&#233;ellement partie de la communaut&#233; : c'est la question de la d&#233;mographie et de la natalit&#233;. Sans natalit&#233; suffisante, il n'y a pas d'avenir &#224; une communaut&#233; humaine. Question br&#251;lante aujourd'hui, avec l'effondrement de la natalit&#233; dans la plupart des pays hors Afrique, ph&#233;nom&#232;ne largement li&#233; &#224; un individualisme de plus en plus pathologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose ensuite une volont&#233; de se d&#233;fendre, et donc un esprit de combat, qui ne va pas sans un esprit de sacrifice. Il faut donc que la communaut&#233; nationale produise suffisamment de membres anim&#233;s par cet esprit. A d&#233;faut, elle sera incapable de se maintenir sur la dur&#233;e, non seulement face &#224; des menaces ext&#233;rieures, mais aussi sur le plan interne, face &#224; des factions utilisant la violence pour imposer leur loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux questions sont vitales, mais peu &#233;voqu&#233;es dans le d&#233;bat public, et encore moins en liaison avec la souverainet&#233;. Enfin, d'une fa&#231;on qui est, elle, plus souvent &#233;voqu&#233;e, mais rarement sous le bon angle, cela suppose une vue commune des bases &#233;conomiques et sociales de cette souverainet&#233; et de cette solidarit&#233;. Non pas un programme de revendications &#233;galitaires, mais un cadre permettant de donner aux membres de la communaut&#233; une vraie possibilit&#233; d'appartenance et de valorisation, o&#249; en un mot chacun trouve sa place. Et &#224; l'ensemble, les moyens de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer le r&#244;le crucial de ces dimensions par rapport aux autres politiques &#224; mener, il n'y a pas de politique de d&#233;fense possible sans base &#233;conomique et sans des gens qui acceptent de se battre et de se sacrifier ; pas d'&#233;ducation sans enfants, sans p&#233;dagogie et sans moyens ; pas de ma&#238;trise des migrations sans d&#233;mographie ni volont&#233; de se d&#233;fendre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es dominantes, mais aussi les pratiques d&#233;sormais spontan&#233;es de la plupart des gens, n'int&#232;grent plus assez ces r&#233;alit&#233;s, quand elles ne vont pas dans la direction contraire. Or elles sont pourtant au fond assez &#233;videntes. Retrouver ce sens de la communaut&#233; nationale est donc la priorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur &lt;/i&gt; Politique Magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vivre ensemble, ou se supporter ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Vivre-ensemble-ou-se-supporter.html</link>
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		<dc:date>2023-08-24T15:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Communaut&#233; politique</dc:subject>
		<dc:subject>Vivre ensemble</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On parle beaucoup du vivre ensemble. Mais il ne s'agit pas simplement de subsister les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres : nous vivons dans des ensembles fortement int&#233;gr&#233;s, des communaut&#233;s. Or dans nos soci&#233;t&#233;s actuelles les syst&#232;mes de valeurs et les r&#233;f&#233;rences essentielles diff&#232;rent de plus en plus, parfois radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est alors : peut-on faire communaut&#233; avec des gens avec qui on diverge sur des points essentiels, dont la vision du monde est compl&#233;tement diff&#233;rente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On parle beaucoup du vivre ensemble. Mais il ne s'agit pas simplement de subsister les uns &#224; c&#244;t&#233; des autres : nous vivons dans des ensembles fortement int&#233;gr&#233;s, des communaut&#233;s. Or dans nos soci&#233;t&#233;s actuelles les syst&#232;mes de valeurs et les r&#233;f&#233;rences essentielles diff&#232;rent de plus en plus, parfois radicalement. La question est alors : peut-on faire communaut&#233; avec des gens avec qui on diverge sur des points essentiels, dont la vision du monde est compl&#233;tement diff&#233;rente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bonne logique, pour qu'il y ait communaut&#233; il faut des &#233;l&#233;ments fondamentaux communs. Pas seulement des int&#233;r&#234;ts, car cela suppose de pouvoir se parler, de faire des choix ensemble ; cela suppose aussi une forme de solidarit&#233;, qui elle-m&#234;me suppose de s'identifier ; donc qu'on ait en commun des &#233;l&#233;ments essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle de communaut&#233;, ce qui est en jeu est distinct du niveau pragmatique de savoir comment on fait pour traiter au mieux avec les gens qu'on rencontre ou avec qui on a affaire, encore que d&#233;j&#224; cela suppose un minimum de points communs. En effet, ce niveau pratique peut reposer au moins en partie sur la n&#233;gociation et sur la coercition - si un pouvoir est &#224; m&#234;me de l'exercer. On peut alors avoir une mani&#232;re de &#8216;vivre ensemble', mais qui reste en de&#231;&#224; d'une vraie communaut&#233;. Et encore, cela suppose l'existence d'&#233;l&#233;ments communs suffisants pour faire respecter un minimum d'ordre, notamment pour constituer un pouvoir qui ne soit pas violence pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fracture croissante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose &#224; notre &#233;poque et de plus en plus. Car ce qu'il la caract&#233;rise est l'ampleur des divergences. On pense bien s&#251;r &#224; la ligne de fracture r&#233;sultant des migrations croissantes et de la cohabitation de cultures profond&#233;ment diff&#233;rentes au sein d'une soci&#233;t&#233; qui s'affiche comme multiculturelle, notamment du fait de l'islam. Mais cette divergence restera encore en germe, ou locale, tant que la population allog&#232;ne n'aura pas atteint un seuil quantitatif. En r&#233;alit&#233;, la divergence est au moins aussi profonde entre des personnes &#224; la sensibilit&#233; classique ou traditionnelle, comme c'est mon cas, et par exemple des gens comme les Verts &#224; la Sandrine Rousseau, ou la plupart des Insoumis, &#224; commencer par JL M&#233;lenchon. Certes, ce sont l&#224; des positions provocatrices ou extr&#234;mes. Mais le m&#234;me effet est r&#233;guli&#232;rement obtenu par certains propos ou d&#233;cisions d'E. Macron, par exemple sur la colonisation ou les migrations : ce personnage est actuellement le chef de l'Etat, il est suppos&#233; rassembler, mais par de telles d&#233;clarations non seulement il heurte des sensibilit&#233;s, mais surtout il suscite l'id&#233;e qu'il y a entre lui et nous une rupture profonde, un foss&#233; infranchissable dans les jugements essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, dans la vie quotidienne il restera des points communs appr&#233;ciables de langage, ou de ce qui reste de politesse. De m&#234;me, lorsque des questions factuelles dominent, comme souvent dans la vie &#233;conomique, dans l'entreprise, il peut &#234;tre plus ais&#233; de trouver des points d'accord ou coop&#233;ration. Mais cela ne permet pas de d&#233;passer le stade de ce que j'ai appel&#233; la n&#233;gociation ; au niveau global, cela permet de cohabiter, pas de fonder une vision commune, donc pas de communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouveaut&#233; dans l'histoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-on exp&#233;riment&#233; ce genre de situation dans le pass&#233; ? On pense ici au choix de la religion catholique ou protestante au XVIe si&#232;cle, ou encore &#224; l'opposition entre catholiques (ou royalistes) et voltairiens (ou r&#233;publicains) au XIXe et d&#233;but XXe si&#232;cle. Nul doute que ces divergences devaient induire des sentiments de profonde diff&#233;rence. Cependant, me semble-t-il, la divergence actuelle est nouvelle. Catholiques et protestants divergeaient sur le choix de la religion, pas sur son r&#244;le. De m&#234;me, r&#233;publicains et catholiques ou royalistes partageaient la m&#234;me morale sur des points essentiels, et surtout le m&#234;me patriotisme, sauf exceptions minoritaires. D&#233;sormais, c'est le sentiment d'&#233;tranget&#233; qui domine : ces gens aux valeurs tr&#232;s diff&#233;rentes sont de plus en plus des &#233;trangers les uns aux autres. Nous ne parlons plus la m&#234;me langue. En revanche, dans le m&#234;me camp on peut trouver sot ce que quelqu'un dit, ou m&#234;me choquant, mais ce n'est pas incompr&#233;hensible, ni &#233;tranger. Cette &#233;tranget&#233; mutuelle n'&#233;tait semble-t-il pas le cas aux &#233;poques pr&#233;cit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera qu'au XVIe si&#232;cle ces divergences ont conduit &#224; des &#233;pisodes de violence mutuelle bien sup&#233;rieure &#224; ce que nous connaissons, au moins actuellement. Il r&#232;gne en un sens une plus grande tol&#233;rance, alors m&#234;me que la divergence est plus profonde. On pourrait expliquer en partie ce calme relatif par le fait que cette divergence est relativement r&#233;cente et encore en &#233;volution : on peut la dater des r&#233;volutions de m&#339;urs des ann&#233;es 60, et encore la coupure ne s'est affirm&#233;e que progressivement. C'est vrai, mais cela ne d&#233;crit qu'une partie de la r&#233;alit&#233;. Bien s&#251;r, on &#233;voquera surtout ici la tol&#233;rance relative actuelle par le syst&#232;me de valeurs dominant, relativiste, par la reconnaissance de la libert&#233; d'expression, etc. Mais cela ne r&#233;pond que partiellement &#224; la question pos&#233;e, en tout cas pas au fond. Dit autrement, cela suppose le probl&#232;me r&#233;solu. Si en effet on voit dans cette tol&#233;rance un ensemble de r&#232;gles communes, de principes r&#233;gulateurs de la conduite, cela peut &#234;tre tout &#224; fait utile et b&#233;n&#233;fique ; mais cela reste au fond des r&#232;gles du jeu, qui ne suffisent pas pour faire une communaut&#233;, parce que ce ne sont pas des r&#233;ponses, des r&#233;f&#233;rences communes substantielles. Si en revanche, comme le fait l'id&#233;ologie dominante, on y voit des valeurs fondamentales, cela veut dire qu'on prend pr&#233;cis&#233;ment partie pour ce syst&#232;me de valeurs-l&#224;, et qu'on exclut les syst&#232;mes alternatifs, notamment les r&#233;f&#233;rences classiques et traditionnelles. Cela d'autant plus que c'est l&#224; une id&#233;ologie de l'&#233;mancipation, constamment en mouvement, qui vise &#224; changer la soci&#233;t&#233; et &#224; dire en permanence aux gens ce que d&#233;sormais il leur faut croire et respecter ; elle n'a donc pas les vertus de la stabilit&#233; et est toujours conqu&#233;rante de fa&#231;on nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une situation intenable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire une communaut&#233;, des r&#232;gles du jeu aident &#233;videmment, mais ne suffisent pas. Pas m&#234;me les Droits de l'homme, trop abstraits, et susceptibles d'interpr&#233;tations variables. Le fait est particuli&#232;rement &#233;vident lorsqu'un effort commun est n&#233;cessaire (guerre, grandes priorit&#233;s budg&#233;taires), ou quand les r&#232;gles affectent de fa&#231;on majeure une des communaut&#233;s, comme dans l'exemple majeur de l'&#233;cole. Le choix des mati&#232;res et contenus de l'enseignement, des m&#233;thodes p&#233;dagogiques et plus g&#233;n&#233;ralement du syst&#232;me d'&#233;ducation mettent en jeu des valeurs fondamentales et affectent profond&#233;ment ceux qui r&#233;cusent les valeurs dominantes. C'est &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; vrai quand l'&#233;cole (et le syst&#232;me de sant&#233;) s'embarquent sur des th&#233;ories nouvelles comme celle du genre, et d&#233;terminent chirurgicalement le sort d'enfants suppos&#233;s transgenres contre l'avis de leurs parents. Il en est de m&#234;me quand un probl&#232;me de soci&#233;t&#233; se pose comme celui de l'euthanasie, car m&#234;me si on va pr&#233;tendre que je reste libre de ne pas y avoir recours, savoir que cela se pratique me choque, et en outre alt&#232;re mon rapport aux soignants. Ou quand on accuse de discrimination coupable devant les tribunaux ceux qui pensent que pr&#233;cis&#233;ment il faut faire une diff&#233;rence entre les comportements. On soulignera aussi l'importance du budg&#233;taire, centrale dans nos soci&#233;t&#233;s : la mont&#233;e continue de l'endettement trahit cette incapacit&#233; &#224; prendre collectivement des d&#233;cisions majeures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; est &#233;videmment accrue par la domination d'un politiquement correct qu'on appellera progressiste ou de gauche, et notamment dans sa phase actuelle, d&#233;constructiviste, woke et autres, de plus en plus mena&#231;ante pour la libert&#233; d'expression. Il y a certes une forme d'incoh&#233;rence entre d'un c&#244;t&#233; un principe affich&#233; de libert&#233;, d'&#233;mancipation et l'exaltation de la diversit&#233;, et de l'autre l'exaltation des valeurs de la R&#233;publique comprises comme r&#233;gulatrices de la vie commune d'une fa&#231;on qui tend &#224; devenir intol&#233;rante. Ce que les id&#233;es de tol&#233;rance avaient de facilitateur pour la vie commune, malgr&#233; leurs limites, se trouve contrari&#233; ou m&#234;me remis en cause par ce militantisme, &#224; l'occasion agressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, il y a une telle opposition entre syst&#232;mes de valeurs et de r&#233;f&#233;rences que si on parle et s'exprime, on sait qu'on ne parle v&#233;ritablement qu'&#224; une minorit&#233; culturellement proche, au moins sur certains points essentiels. Et encore, c'est trop souvent plus par une affinit&#233; de slogans simplifi&#233;s ou de symboles plus que par un v&#233;ritable partage d'id&#233;es et de valeurs. A cela s'ajoute en effet l'affaiblissement de la culture, et la r&#233;duction de la communication &#224; des formes simplifi&#233;es, proches de slogans, comme on le voit en dominante dans les r&#233;seaux sociaux. Avec les autres, et sauf heureuses exceptions, ce qui r&#233;git les relations est au mieux une forme de n&#233;gociation, reposant au fond sur un rapport de forces. On le voit sur large &#233;chelle aux Etats-Unis actuellement, avec ce qu'on appelle guerre des cultures, mais ce sera de plus en plus le cas en Europe. Un risque &#233;vident &#224; terme est celui de la violence, d'une violence en outre relativement aveugle car mal dirig&#233;e et mal cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons cependant que la pr&#233;sence de contrecultures peut jouer dans certains cas un r&#244;le important dans la vie commune, qui peut &#234;tre positif tant qu'elles subsistent. Prenons l'exemple de l'arm&#233;e, surtout au niveau des officiers. Choisir un tel m&#233;tier ne peut &#234;tre une simple question de genre de vie ou de technique, du fait qu'on y met sa vie en jeu. Cela suppose donc un syst&#232;me de valeurs bien sp&#233;cifique, offert traditionnellement dans nos pays par la culture classique ant&#233;rieure, mais difficilement compatible avec le syst&#232;me de valeurs progressiste. Ce qui montre le chemin parcouru depuis la IIIe R&#233;publique, o&#249; un officier de gauche &#233;tait plus naturel. Le syst&#232;me sape en fait cette sous-culture dont il a pourtant besoin. Parall&#232;lement, la pr&#233;sence d'&#233;l&#233;ments d'origine &#233;trang&#232;re en nombre important dans cette m&#234;me arm&#233;e, au niveau du rang, peut se r&#233;v&#233;ler ambigu&#235; : facteur d'assimilation voire de mobilisation de forces suppl&#233;mentaires pour le pays, ou au contraire &#233;ventuellement &#224; terme, facteur de renversement du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, au niveau collectif une tentation de solution minimaliste (et donc pas id&#233;ale) est ce que j'appellerai la voie ottomane : on organise consciemment la coexistence de communaut&#233;s &#224; autonomie relative. Cela dit, une telle solution supposait un pouvoir imp&#233;rial et para&#238;t malais&#233;e en contexte d&#233;mocratique. D'une part, elle est incoh&#233;rente avec l'id&#233;ologie d&#233;mocratique, domin&#233;e par des r&#233;f&#233;rences progressistes et se voulant universelle. D'autre part, elle est difficilement compatible avec le m&#233;canisme d&#233;mocratique lui-m&#234;me, qui comporte une lutte pour le pouvoir et la possible domination de la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au niveau des int&#233;ress&#233;s, c&#244;t&#233; conservateur ou classique, c'est paradoxalement &#224; une voie de ce genre que conduirait l'option de la contre-soci&#233;t&#233;, appel&#233;e b&#233;n&#233;dictine par Rod Dreher ; c'est aussi un peu ce qu'on a pu vivre pendant une p&#233;riode sous la IIIe R&#233;publique avec ce qu'on appelait les deux jeunesses, la catholique et la r&#233;publicaine. L'avantage en est un meilleur maintien des diff&#233;rences ; mais le risque collectif est celui d'une coupure encore plus radicale. La voie dite b&#233;n&#233;dictine a un certain sens en termes d&#233;fensifs, notamment dans l'&#233;ducation, mais elle ne saurait pas constituer une solution, car elle signale un abandon de la lutte au niveau des institutions communes, et l'abandon de ce qui peut rester de dialogue ou de reconnaissance mutuelle, abandons qui ne sont ni n&#233;cessaires ni satisfaisants, surtout dans une soci&#233;t&#233; aussi contr&#244;l&#233;e et domin&#233;e par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait d'autant plus risqu&#233; que la divergence &#233;voqu&#233;e ici, qui touche la population d'origine europ&#233;enne, se compliquera de plus en plus &#224; l'avenir de l'autre divergence, opposant cette m&#234;me population dans ses cultures diverses &#224; une population notamment musulmane de plus en plus nombreuse et de moins en moins assimil&#233;e. L'alliance actuelle entre la gauche et les migrants a des bases fragiles. L'instabilit&#233; de l'ensemble devrait s'accro&#238;tre sensiblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ceci r&#233;sulte la confirmation de l'id&#233;e que l'existence de telles divergences n'est pas optimale et m&#234;me dangereuse, pouvant conduire soit &#224; une anarchie relative, soit &#224; l'immobilisme, soit au r&#232;gne de la force, pas n&#233;cessairement bien inspir&#233;e. Mais cela confirme aussi que la voie progressiste n'est pas viable sur la dur&#233;e, car elle ne fonde pas une communaut&#233;, et en outre elle est instable. Seule offre une solution stable la voie de la pens&#233;e politique classique, avec des r&#233;f&#233;rences communes reconnues comme fondatrices d'une vie de communaut&#233; civilis&#233;e, compatibles d'ailleurs avec une assez grande diversit&#233;, du moment que ces r&#233;f&#233;rences sont mises au centre de la vie commune. Mais nous n'en sommes pas l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'intervalle, il faut d&#233;velopper bon gr&#233; mal gr&#233; un art de vie en p&#233;riode malsaine, suffisamment protecteur pour &#233;viter d'y &#234;tre happ&#233; et broy&#233;, mais suffisamment habit&#233; par le souci du bien commun et la participation &#224; la vie commune pour &#233;viter les d&#233;rives collectivement nuisibles. Du grand art&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/vivre-ensemble-ou-se-supporter/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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