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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Les d&#233;rapages collectifs : quand une soci&#233;t&#233; va dans le mur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;rapage collectif</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous avons tous en t&#234;te ce que peut &#234;tre le d&#233;rapage collectif d'un soci&#233;t&#233;, le fait que le d&#233;bat public dans un pays, les id&#233;es re&#231;ues qui fondent l'agir collectif, finissent par d&#233;river gravement par rapport aux besoins du moment et &#224; la situation r&#233;elle du pays. Et cela m&#234;me sans r&#233;volution ou rupture, par un blocage du d&#233;bat qui perdure dans le temps et s'aggrave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France actuelle en offre un exemple particuli&#232;rement spectaculaire, depuis les ann&#233;es 70, et ne para&#238;t pas pr&#234;te de se corriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec d'autres pays est ici &#233;difiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Principes-politiques-.html" rel="directory"&gt;Sociologie et vie commune&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Derapage-collectif-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;rapage collectif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avons tous en t&#234;te ce que peut &#234;tre le d&#233;rapage collectif d'un soci&#233;t&#233;, le fait que le d&#233;bat public dans un pays, les id&#233;es re&#231;ues qui fondent l'agir collectif, finissent par d&#233;river gravement par rapport aux besoins du moment et &#224; la situation r&#233;elle du pays - que ce dernier soit d&#233;mocratique ou autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En disant cela, on pense spontan&#233;ment d'abord aux changements radicaux de syst&#232;me politique dans un sens collectivement d&#233;sastreux : l'Allemagne en 1933, la Russie en 1917. Dans les cas de ce genre, le d&#233;rapage r&#233;pond &#224; une situation bloqu&#233;e et comporte un saut dans le vide vers quelque chose de tout &#224; fait nouveau. Un autre exemple possible qui vient &#224; l'esprit est celui de la d&#233;rive personnelle d'un homme qui dirige un syst&#232;me, notamment un dictateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que je voudrais &#233;voquer ici est un peu diff&#233;rent : c'est le cas de d&#233;rapages collectifs sans saut dans le vide, par d&#233;rive &#233;tal&#233;e dans le temps ; et donc dans une soci&#233;t&#233; qui n'est ni saisie par la rapidit&#233; des &#233;v&#233;nements, ni hors d'&#233;tat de r&#233;fl&#233;chir ou de d&#233;battre, qui pourrait donc - et si le monde &#233;tait rationnel, qui devrait - prendre conscience de son d&#233;rapage, et r&#233;agir contre ; mais elle ne le fait pas. Les Cassandres ne manquent pourtant pas, qui avertissent du danger ; mais elles restent minoritaires et ne sont pas &#233;cout&#233;es. Bien s&#251;r pendant tout un temps une explication partielle est le fait que la d&#233;rive n'est pas encore totalement &#233;vidente, et reste donc discutable. Mais cela ne rend pas compte de cet &#233;trange ph&#233;nom&#232;ne du contraste entre la d&#233;rive de tous et la faiblesse relative de la prise de conscience et de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de tels cas, le fait est que certaines formes de pens&#233;e deviennent dominantes et incontournables, imposant leurs crit&#232;res de raisonnement, alors m&#234;me qu'elles aboutissent &#224; des d&#233;cisions contreproductives. Et surtout, plus surprenant encore, qui sont souvent contreproductives de leur point de vue m&#234;me. Ce genre de d&#233;rive peut durer un temps significatif sans &#234;tre corrig&#233;, et quand il devient clair qu'il y a un probl&#232;me, c'est tr&#232;s tard et le probl&#232;me est devenu grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple actuel particuli&#232;rement caract&#233;ristique est celui de la France depuis 1974. Tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement des d&#233;cisions absurdes y sont prises, mais rarement corrig&#233;es, dans des domaines vari&#233;s : le regroupement familial des immigr&#233;s, les nationalisations, la retraite &#224; 60 ans, les 35 heures, la n&#233;gligence puis le recul programm&#233; du nucl&#233;aire, l'effondrement de l'effort militaire, la baisse dramatique du niveau scolaire, la politique africaine, l'immigration incontr&#244;l&#233;e, la d&#233;molition des prestations familiales et la baisse de la natalit&#233; etc. Avec une constante, le d&#233;rapage de la dette publique. Sauf sur le premier point (nationalisations, suivies des privatisations), il n'y a pas eu de marche arri&#232;re assum&#233;e : ou on vit avec la mauvaise d&#233;cision, ou on bricole pour faire semblant ou corriger les effets les plus criants. La gauche (PS et ses alli&#233;s) a souvent eu la responsabilit&#233; premi&#232;re de ces d&#233;rives ; mais souvent aussi la responsabilit&#233; a &#233;t&#233; ensuite partag&#233;e, et la droite (RPR, UMP, LR etc.) n'est jamais revenue vraiment sur de mauvaises d&#233;cisions m&#234;me si elle s'y &#233;tait oppos&#233;e au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela met en &#233;vidence quelque chose de plus que le jeu normal des divergences et des erreurs : il y a &#224; l'&#233;vidence dans ce pays un biais collectif, un attachement &#224; un mode de pens&#233;e et d'action d&#233;ficient mais qu'on ne veut pas corriger. Cela passe notamment par un refus de l'effort collectif, le refus de redresser les situations &#233;tablies abusives, qui peut se rencontrer dans d'autres pays mais n'atteint pas ces proportions. Et cela ne se limite pas &#224; une incapacit&#233; &#224; agir, car tr&#232;s vite c'est l'existence m&#234;me du probl&#232;me qui n'est pas vraiment mise sur le tapis et se trouve vite oubli&#233;e dans le d&#233;bat collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien qu'on ait une d&#233;rive analogue dans la Russie poutinienne, qu'a bien mise en lumi&#232;re l'&#233;chec relatif de la Russie dans son op&#233;ration en Ukraine. Je ne place pas ici du point de vue de la condamnation morale de l'agression, mais de ce que le r&#233;gime cherchait lui-m&#234;me &#224; faire. La grande id&#233;e du r&#232;gne de V. Poutine &#233;tait de restaurer la Russie dans une position de vraie puissance. Or ce que l'on constate, c'est une incapacit&#233; militaire qui a stup&#233;fait m&#234;me le monde des sp&#233;cialistes, et une faiblesse &#233;conomique relative qui &#233;tait mieux connue mais est devenue bien plus visible. Ce qui met &#233;videmment en lumi&#232;re l'existence de failles profondes qui ne datent pas d'hier et paraissent structurelles. Manifestement le r&#233;gime s'est intoxiqu&#233; lui-m&#234;me, et la soci&#233;t&#233; russe avec, notamment sur sa r&#233;alit&#233; militaire et sur l'&#233;tat des lieux politiques en Ukraine. On dit que c'est pr&#233;visible pour un r&#233;gime autoritaire, les gens flattant le prince en lui cachant les mauvaises nouvelles. Mais de nombreux r&#233;gimes autoritaires se sont r&#233;v&#233;l&#233;s au contraire militairement efficaces (Hitler jusqu'en 41) ou capables de redresser leurs erreurs (Staline).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis offrent un spectacle assez diff&#233;rent. Ils ont connu de graves d&#233;rives et commis d'&#233;normes erreurs, voire pires ; la pression collective peut y devenir &#224; un moment plus parano&#239;aque qu'ailleurs et avec une grande intensit&#233; dans l'erreur. Voir les exemples de la prohibition de l'alcool, du Vietnam, de l'Iraq ; ou actuellement du &lt;i&gt;wokisme&lt;/i&gt;. Mais le fait est qu'ils se corrigent souvent bien plus vite. Ainsi actuellement dans leurs rapports avec la Chine, apr&#232;s une longue n&#233;gligence. Et donc si dans leur cas &#233;checs et r&#233;ussites alternent, l'effet d'ensemble est moins &#233;vident que dans les exemples pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par certains c&#244;t&#233;s, la Chine pr&#233;sente elle aussi un paysage complexe : le d&#233;lire mao&#239;ste a &#233;t&#233; suivi d'une rectification profonde qui a &#233;t&#233; fructueuse. Mais on peut en revanche se poser la question depuis Xi Jinping, qui a raidi le m&#233;canisme et pourrait aboutir &#224; le gripper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche on peut discerner une autre tr&#232;s large d&#233;rive collective dans le m&#233;canisme europ&#233;en, notamment avec sa tentative de sortie de l'histoire et son r&#234;ve d'un Etat post-national pacifiste et exemplaire. On s'est gauss&#233; de Fukuyama, mais son pays (les Etats-Unis) n'a jamais pens&#233; sortir de l'histoire. L'Europe oui. Et m&#234;me l'actuelle guerre en Ukraine ne la r&#233;veille pas vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait aussi citer dans des genres tr&#232;s diff&#233;rents les d&#233;rapages argentins, qui sont une constante dans ce pays depuis le d&#233;lire p&#233;roniste. Et &#224; bien des points de vue le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; qui affecte l'Eglise catholique depuis le Concile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on faire dans ces cas-l&#224; ? Justement, le probl&#232;me na&#238;t largement du fait que le pays qui entre dans ce genre de d&#233;rive s'est pr&#233;cis&#233;ment construit, dans la phase en question, pour ne pas voir les probl&#232;mes qui l'affectent, ou au moins pour refuser les consid&#233;rations en ce sens dans le d&#233;bat public. Un point d'action qui vient alors imm&#233;diatement &#224; l'esprit est la restauration d'une certaine qualit&#233; du d&#233;bat, ce qui suppose un d&#233;bat sans diabolisation. Car si on diabolise tout ce qui s'oppose aux id&#233;es dominantes, le d&#233;bat se ferme. Diabolisation : on retrouve une maladie bien fran&#231;aise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Wokisme, d&#233;construction et bien commun</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Wokisme-deconstruction-et-bien-commun.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;rapage collectif</dc:subject>
		<dc:subject>Wokisme</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;construction</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Maires et &#233;lus agress&#233;s, violences &#224; pr&#233;texte &#233;cologique, blocages de prises de parole tant par l'autorit&#233; que par des militants : l'actualit&#233; est pleine de sympt&#244;mes inqui&#233;tants pour la qualit&#233; du d&#233;bat et de la vie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en accuse les r&#233;seaux sociaux, non sans raison. Mais d'autres facteurs sont &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et notamment les philosophies du soup&#231;on : cette id&#233;e que ce que dit quelqu'un n'est pas &#224; consid&#233;rer comme une proposition dont la v&#233;racit&#233; doit &#234;tre examin&#233;e en elle-m&#234;me, mais en fonction de celui qui parle et de sa position, tout en suspectant que derri&#232;re sa parole il n'y a qu'un volont&#233; de domination. Ce qui rend tout d&#233;bat impossible et conduit &#224; l'usage de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le wokisme n'en est que la forme la plus r&#233;cente et la plus caricaturale. La victime principale en est en derni&#232;re analyse le bien commun, le bien de la vie en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Derapage-collectif-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;rapage collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Wokisme-+.html" rel="tag"&gt;Wokisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Deconstruction-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;construction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Bien commun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne frappant depuis quelques ann&#233;es est la d&#233;gradation du d&#233;bat public. On en accuse les r&#233;seaux sociaux : ils aboutiraient &#224; la tyrannie de l'&#233;motion, &#224; la disparition du langage commun et des r&#233;f&#233;rences communes, &#224; la division de la population en tribus qui n'&#233;coutent que ce qu'elles veulent entendre, et &#224; une absence de confiance dans le discours commun et cons&#233;quemment au complotisme etc. Ces ph&#233;nom&#232;nes sont bien r&#233;els. Mais si les r&#233;seaux sociaux y ont leur r&#244;le, ce n'est pas seulement de leur fait. On retrouve des traits analogues dans les grands m&#233;dias. D'autres facteurs sont donc &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord l&#224; aussi et plus profond&#233;ment le fruit d'une g&#233;n&#233;alogie intellectuelle tournant autour de l'id&#233;e du soup&#231;on. Cette attitude est bas&#233;e sur l'id&#233;e que ce que dit quelqu'un n'est pas &#224; consid&#233;rer comme une proposition, dont la v&#233;racit&#233; doit &#234;tre examin&#233;e en elle-m&#234;me, mais en fonction de celui qui parle et de sa position : son insertion sociale, sa sexualit&#233;, son appartenance ethnique ou raciale, son sexe ou genre etc. G&#233;n&#233;alogie qui remonte loin : on commence par Marx, Nietzsche et Freud, puis par vagues successives, on en vient &#224; l'id&#233;ologie de la d&#233;construction et ce qu'on appelle outre-Atlantique la&lt;i&gt; French theory&lt;/i&gt; (Foucault, Derrida et autres). L'id&#233;e est d&#233;sormais non seulement que la position de celui qui parle biaise son propos, mais surtout que tout langage est en r&#233;alit&#233; un acte de pouvoir, et que c'est pour assurer ou prolonger ce pouvoir que la personne parle. D&#232;s lors, en m&#234;me temps qu'on conteste ce pouvoir on remet en question ce qui est dit ind&#233;pendamment de son contenu. On retrouve un &#233;cho de ce soup&#231;on g&#233;n&#233;ralis&#233; en sociologie, avec la critique de la culture &#8216;bourgeoise' chez un Bourdieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Production intellectuelle qui a rencontr&#233; une &#233;volution sociologique concomitante : l'effondrement d'autorit&#233;s comme l'Eglise et de pratiques comme le mariage, ainsi que l'individualisme forcen&#233; de ce que Baumann a appel&#233; la soci&#233;t&#233; liquide. Certes, dira-t-on, si les gens ne vont plus &#224; l'&#233;glise et se marient moins, cela ne para&#238;t pas d&#251; &#224; Derrida. Mais c'est tr&#232;s largement le r&#233;sultat d'&#233;volutions ant&#233;rieures de la pens&#233;e collective. Et en outre bien s&#251;r, les intellectuels, qui en sont &#224; un stade plus avanc&#233; de la d&#233;construction, confortent &#224; chaque &#233;tape l'&#233;volution en cours, et pr&#233;parent la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve bien s&#251;r dans cette &#233;volution le r&#244;le du paradigme relativiste qui a commenc&#233; &#224; structurer la pens&#233;e collective depuis le XVIIIe si&#232;cle, que j'&#233;voque par ailleurs (par exemple dans &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/POUR-UN-GRAND-RETOURNEMENT.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/POUR-UN-GRAN...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne reste alors qu'un grand scepticisme relativiste, conduisant de fait les gens &#224; se raccrocher comme ils peuvent et chacun de son c&#244;t&#233; &#224; ce qu'ils tiennent comme des v&#233;rit&#233;s, &#8216;leur' v&#233;rit&#233; selon l'absurde expression actuelle, &#224; former une tribu autour de ces rep&#232;res communs, quitte &#224; expliquer les id&#233;es des autres par du complotisme. Ce qui d&#233;bouche sur une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment divis&#233;e, incapable de tout d&#233;bat v&#233;ritable, violente verbalement - et de plus en plus physiquement. Car si le d&#233;bat est impossible, il ne reste que la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conjonction entre les &#233;volutions sociologiques et les d&#233;veloppements de plus en plus d&#233;lirants de la sph&#232;re intellectuelle culmine actuellement dans les d&#233;rapages du wokisme et de la th&#233;orie du genre ; elle repr&#233;sente une &#233;tape particuli&#232;rement inqui&#233;tante dans ce processus de la d&#233;construction. La victime principale est en derni&#232;re analyse ce qu'on appelle le bien commun : le bien que nous avons en commun, et le bien de la communaut&#233;. C'est donc en fait une offensive nihiliste directement destructrice du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, et contrairement &#224; ce que beaucoup croient ou esp&#232;rent, une certain universalisme r&#233;publicain n'est pas la r&#233;ponse. Certes, il a l'avantage de reconna&#238;tre en th&#233;orie la possibilit&#233; de v&#233;rit&#233;s universelles, ce qui permet le d&#233;bat. Mais il ne va pas plus loin et reste finalement fond&#233; sur des r&#232;gles du jeu plus que sur une affirmation positive. Lui aussi reste donc marqu&#233; par le paradigme relativiste. Prenons la la&#239;cit&#233; par exemple, au sens r&#233;publicain actuel : elle consiste dans le fait que l'Etat, donc la plus grande autorit&#233;, celle exprimant la communaut&#233; tout enti&#232;re et la vie commune, proclame que la question de la religion n'est pas son affaire. Ce qui contrairement &#224; ce qu'elle affirme ne peut pas &#234;tre neutre et va bien au-del&#224; de la juste tol&#233;rance de la diversit&#233; : cela d&#233;value la religion comme telle, sans mettre autre chose &#224; la place, sauf un culte des r&#232;gles du jeu qui ne peut suffire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant donc l'existence de r&#232;gles de vie commune et de tol&#233;rance mutuelle est un bien, autant on ne peut en rester l&#224; : sans la reconnaissance du fait que la recherche du vrai et du bien et notamment du Bien commun est un imp&#233;ratif pour tous, la vie commune se d&#233;grade et se d&#233;compose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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