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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Wokisme, d&#233;construction et bien commun</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Wokisme-deconstruction-et-bien-commun.html</link>
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		<dc:date>2023-05-14T15:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;rapage collectif</dc:subject>
		<dc:subject>Wokisme</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;construction</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Maires et &#233;lus agress&#233;s, violences &#224; pr&#233;texte &#233;cologique, blocages de prises de parole tant par l'autorit&#233; que par des militants : l'actualit&#233; est pleine de sympt&#244;mes inqui&#233;tants pour la qualit&#233; du d&#233;bat et de la vie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en accuse les r&#233;seaux sociaux, non sans raison. Mais d'autres facteurs sont &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et notamment les philosophies du soup&#231;on : cette id&#233;e que ce que dit quelqu'un n'est pas &#224; consid&#233;rer comme une proposition dont la v&#233;racit&#233; doit &#234;tre examin&#233;e en elle-m&#234;me, mais en fonction de celui qui parle et de sa position, tout en suspectant que derri&#232;re sa parole il n'y a qu'un volont&#233; de domination. Ce qui rend tout d&#233;bat impossible et conduit &#224; l'usage de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le wokisme n'en est que la forme la plus r&#233;cente et la plus caricaturale. La victime principale en est en derni&#232;re analyse le bien commun, le bien de la vie en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Derapage-collectif-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;rapage collectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Wokisme-+.html" rel="tag"&gt;Wokisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Deconstruction-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;construction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Bien commun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne frappant depuis quelques ann&#233;es est la d&#233;gradation du d&#233;bat public. On en accuse les r&#233;seaux sociaux : ils aboutiraient &#224; la tyrannie de l'&#233;motion, &#224; la disparition du langage commun et des r&#233;f&#233;rences communes, &#224; la division de la population en tribus qui n'&#233;coutent que ce qu'elles veulent entendre, et &#224; une absence de confiance dans le discours commun et cons&#233;quemment au complotisme etc. Ces ph&#233;nom&#232;nes sont bien r&#233;els. Mais si les r&#233;seaux sociaux y ont leur r&#244;le, ce n'est pas seulement de leur fait. On retrouve des traits analogues dans les grands m&#233;dias. D'autres facteurs sont donc &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord l&#224; aussi et plus profond&#233;ment le fruit d'une g&#233;n&#233;alogie intellectuelle tournant autour de l'id&#233;e du soup&#231;on. Cette attitude est bas&#233;e sur l'id&#233;e que ce que dit quelqu'un n'est pas &#224; consid&#233;rer comme une proposition, dont la v&#233;racit&#233; doit &#234;tre examin&#233;e en elle-m&#234;me, mais en fonction de celui qui parle et de sa position : son insertion sociale, sa sexualit&#233;, son appartenance ethnique ou raciale, son sexe ou genre etc. G&#233;n&#233;alogie qui remonte loin : on commence par Marx, Nietzsche et Freud, puis par vagues successives, on en vient &#224; l'id&#233;ologie de la d&#233;construction et ce qu'on appelle outre-Atlantique la&lt;i&gt; French theory&lt;/i&gt; (Foucault, Derrida et autres). L'id&#233;e est d&#233;sormais non seulement que la position de celui qui parle biaise son propos, mais surtout que tout langage est en r&#233;alit&#233; un acte de pouvoir, et que c'est pour assurer ou prolonger ce pouvoir que la personne parle. D&#232;s lors, en m&#234;me temps qu'on conteste ce pouvoir on remet en question ce qui est dit ind&#233;pendamment de son contenu. On retrouve un &#233;cho de ce soup&#231;on g&#233;n&#233;ralis&#233; en sociologie, avec la critique de la culture &#8216;bourgeoise' chez un Bourdieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Production intellectuelle qui a rencontr&#233; une &#233;volution sociologique concomitante : l'effondrement d'autorit&#233;s comme l'Eglise et de pratiques comme le mariage, ainsi que l'individualisme forcen&#233; de ce que Baumann a appel&#233; la soci&#233;t&#233; liquide. Certes, dira-t-on, si les gens ne vont plus &#224; l'&#233;glise et se marient moins, cela ne para&#238;t pas d&#251; &#224; Derrida. Mais c'est tr&#232;s largement le r&#233;sultat d'&#233;volutions ant&#233;rieures de la pens&#233;e collective. Et en outre bien s&#251;r, les intellectuels, qui en sont &#224; un stade plus avanc&#233; de la d&#233;construction, confortent &#224; chaque &#233;tape l'&#233;volution en cours, et pr&#233;parent la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve bien s&#251;r dans cette &#233;volution le r&#244;le du paradigme relativiste qui a commenc&#233; &#224; structurer la pens&#233;e collective depuis le XVIIIe si&#232;cle, que j'&#233;voque par ailleurs (par exemple dans &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/POUR-UN-GRAND-RETOURNEMENT.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/POUR-UN-GRAN...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne reste alors qu'un grand scepticisme relativiste, conduisant de fait les gens &#224; se raccrocher comme ils peuvent et chacun de son c&#244;t&#233; &#224; ce qu'ils tiennent comme des v&#233;rit&#233;s, &#8216;leur' v&#233;rit&#233; selon l'absurde expression actuelle, &#224; former une tribu autour de ces rep&#232;res communs, quitte &#224; expliquer les id&#233;es des autres par du complotisme. Ce qui d&#233;bouche sur une soci&#233;t&#233; profond&#233;ment divis&#233;e, incapable de tout d&#233;bat v&#233;ritable, violente verbalement - et de plus en plus physiquement. Car si le d&#233;bat est impossible, il ne reste que la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conjonction entre les &#233;volutions sociologiques et les d&#233;veloppements de plus en plus d&#233;lirants de la sph&#232;re intellectuelle culmine actuellement dans les d&#233;rapages du wokisme et de la th&#233;orie du genre ; elle repr&#233;sente une &#233;tape particuli&#232;rement inqui&#233;tante dans ce processus de la d&#233;construction. La victime principale est en derni&#232;re analyse ce qu'on appelle le bien commun : le bien que nous avons en commun, et le bien de la communaut&#233;. C'est donc en fait une offensive nihiliste directement destructrice du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, et contrairement &#224; ce que beaucoup croient ou esp&#232;rent, une certain universalisme r&#233;publicain n'est pas la r&#233;ponse. Certes, il a l'avantage de reconna&#238;tre en th&#233;orie la possibilit&#233; de v&#233;rit&#233;s universelles, ce qui permet le d&#233;bat. Mais il ne va pas plus loin et reste finalement fond&#233; sur des r&#232;gles du jeu plus que sur une affirmation positive. Lui aussi reste donc marqu&#233; par le paradigme relativiste. Prenons la la&#239;cit&#233; par exemple, au sens r&#233;publicain actuel : elle consiste dans le fait que l'Etat, donc la plus grande autorit&#233;, celle exprimant la communaut&#233; tout enti&#232;re et la vie commune, proclame que la question de la religion n'est pas son affaire. Ce qui contrairement &#224; ce qu'elle affirme ne peut pas &#234;tre neutre et va bien au-del&#224; de la juste tol&#233;rance de la diversit&#233; : cela d&#233;value la religion comme telle, sans mettre autre chose &#224; la place, sauf un culte des r&#232;gles du jeu qui ne peut suffire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant donc l'existence de r&#232;gles de vie commune et de tol&#233;rance mutuelle est un bien, autant on ne peut en rester l&#224; : sans la reconnaissance du fait que la recherche du vrai et du bien et notamment du Bien commun est un imp&#233;ratif pour tous, la vie commune se d&#233;grade et se d&#233;compose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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