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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Quel avenir aux empires ? </title>
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		<dc:date>2023-01-10T17:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Monde fragment&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Ordre multipolaire</dc:subject>
		<dc:subject>Empire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous sommes tellement convaincus que la d&#233;mocratie est l'&#233;tape finale de l'histoire que nous n'envisageons pas un instant que celle-ci puisse aller dans un autre sens. Mais il y a bien d'autres configurations possibles, comme l'histoire l'a montr&#233;. Et notamment les empires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; met en outre les projecteurs sur la coupure en cours entre les d&#233;mocraties occidentales et ce qu'on per&#231;oit comme une alternative russo-chinoise, vue comme autoritaire, agressive et, pr&#233;cis&#233;ment, imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir pour les empires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(paru sur le site de G&#233;opragma)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Monde-multipolaire-.html" rel="directory"&gt;Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Monde-fragmente-+.html" rel="tag"&gt;Monde fragment&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ordre-multipolaire-+.html" rel="tag"&gt;Ordre multipolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Empire-+.html" rel="tag"&gt;Empire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes tellement convaincus que la d&#233;mocratie &#224; l'occidentale est l'&#233;tape finale de l'histoire que nous n'envisageons pas un instant que celle-ci puisse aller dans un autre sens. Cela r&#233;sulte du fait que la d&#233;mocratie &#233;tant sacralis&#233;e dans nos soci&#233;t&#233;s comme le bien par excellence, on ne voit d'alternative que dans ce qui parait &#234;tre le mal absolu, et qu'on croit &#234;tre l'oppos&#233; exact de la d&#233;mocratie, le totalitarisme. Mais il y a d'autres configurations possibles, comme l'histoire l'a montr&#233;. Et notamment les empires. L'actualit&#233; met en outre les projecteurs sur la coupure en cours entre les d&#233;mocraties occidentales et ce qu'on per&#231;oit comme une alternative russo-chinoise, vue comme autoritaire, agressive et, pr&#233;cis&#233;ment, imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle donc beaucoup d'empires. Mais avec beaucoup d'impr&#233;cision. Il y en a eu des formes vari&#233;es dans l'histoire, mais le terme n'a son sens plein que pour d&#233;signer un pouvoir autoritaire, direct, sur un territoire vaste et relativement h&#233;t&#233;rog&#232;ne, d&#233;passant l'horizon d'une nation. C'est le sens qui sera retenu ici. Au sens strict il n'y a en plus vraiment aujourd'hui, tout au plus partiellement : le langage courant parle d'empire am&#233;ricain, pour ce qu'il est plus pr&#233;cis d'appeler une h&#233;g&#233;monie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire qu'il n'y en aura plus &#224; l'avenir ? Non, et le contraire est m&#234;me probable. Nous sommes en effet dans une p&#233;riode de transition : nos syst&#232;mes donnent bien des signes de faiblesse, les brassages de peuples s'intensifient notamment dans les pays avanc&#233;s, de nouvelles puissances montent, et la guerre r&#233;appara&#238;t l&#224; o&#249; on ne l'attendait plus. L'histoire va donc se remettre en mouvement. Or dans une p&#233;riode troubl&#233;e et &#233;volutive, la formule imp&#233;riale a toutes ses chances. Ce qui ne veut pas dire que cela soit souhaitable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'un empire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme d'empire d&#233;fini comme ci-dessus s'oppose &#224; celui de nation. Ce qui caract&#233;rise sauf rares exceptions une nation est son homog&#233;n&#233;it&#233; ethnoculturelle. L'empire, lui, est plurinational, m&#234;me si une ethnie ou nation y domine. La probl&#233;matique de l'empire se d&#233;finit d&#232;s lors largement par rapport &#224; la question nationale. Un des aspects de cette opposition est la question de la d&#233;mocratie. Comme je l'ai montr&#233; ailleurs (Les Nations et leur destin), le syst&#232;me d&#233;mocratique exige normalement de s'appliquer &#224; une nation, homog&#232;ne, ayant la m&#234;me langue et la m&#234;me culture. Une nation peut &#234;tre d&#233;mocratique (au sens large) ou pas, un empire normalement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un empire est en g&#233;n&#233;ral le fruit d'une conqu&#234;te militaire, et le rapport de forces en reste une dimension essentielle. Certains sont plus ou moins &#233;ph&#233;m&#232;res, et sans trace historique ult&#233;rieure. Car ils durent en g&#233;n&#233;ral moins que les nations au sens large, parce que plus complexes, et faute du support objectif que ces derni&#232;res trouvent dans le fait national. Mais on a des cas d'empires qui ont dur&#233; longtemps et jou&#233; un r&#244;le significatif, ainsi Rome, ou la Chine imp&#233;riale. Toutes deux se sont av&#233;r&#233;es capables d'offrir une possibilit&#233; r&#233;elle d'assimilation aux populations conquises et d'abord &#224; leurs dirigeants. Par-l&#224; de tels empires ont adopt&#233; certains des traits d'une nation, et notamment une certaine unit&#233; linguistique. Et ils ont dur&#233; plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de l'Europe est tout &#224; fait diff&#233;rente. L'histoire europ&#233;enne n'a pas fourni de cas d'unification imp&#233;riale et s'est m&#234;me caract&#233;ris&#233;e par son &#233;loignement de ce mod&#232;le, qui impr&#233;gnait pourtant les esprits encore au Moyen &#194;ge. Cette grande fragmentation politique sur une base largement nationale est sp&#233;cifique &#224; l'Europe. Quant aux empires coloniaux europ&#233;ens &#224; partir du XIXe, ils &#233;taient clairement distingu&#233;s de leurs m&#233;tropoles. Celles-ci &#233;taient des d&#233;mocraties au moins partielles, nationales, et leurs empires non.Ils ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif pour modeler la plan&#232;te telle que nous la connaissons. Mais fond&#233;s qu'ils &#233;taient sur des principes contradictoires et sur un rapport de force transitoire, sans v&#233;ritable assimilation, ils ont tr&#232;s peu dur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Empires et nations : forces et faiblesses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a dit, l'empire est une entit&#233; vaste, complexe, r&#233;unissant des parties h&#233;t&#233;rog&#232;nes. L'Etat-nation, lui, raisonne sur un seul peuple, un seul territoire, une seule communaut&#233; politique. La nation tend &#224; homog&#233;n&#233;iser et exclure ce qui n'entre pas dans son sch&#233;ma, l'empire lui traite diff&#233;remment les diff&#233;rents peuples. Il accepte la diff&#233;rence comme telle, moyennant soumission ; l'Etat-nation cherche &#224; la d&#233;passer. Cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; possible permet &#224; un empire de gouverner, du moins un temps, des ensembles plus vastes et diversifi&#233;s, ce que la base nationale exclut. Les empire sont d'ailleurs souvent pragmatiques et flexibles, tant que leur pouvoir n'est pas remis en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de sous-communaut&#233;s est relativement compatible avec les syst&#232;mes autoritaires et donc les empires. Mais c'est contradictoire avec une d&#233;mocratie. Celle-ci suppose en effet que les &#233;lections se fassent sur la base d'un vote sur des options diverses, au sein d'une population suffisamment coh&#233;rente et homog&#232;ne pour que la minorit&#233; accepte la loi de la majorit&#233; comme repr&#233;sentative d'un peuple auquel tous s'identifient. Si ce n'est pas le cas, la d&#233;mocratie sera remise en cause et, au-del&#224; d'elle, la vie commune et la solidarit&#233; qu'elle comporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une cons&#233;quence importante : l'empire (ou un autre syst&#232;me autoritaire) peut donner une r&#233;ponse &#224; la d&#233;sagr&#233;gation de syst&#232;mes politiques, notamment d&#233;mocratiques, si leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; notamment culturelle ou ethnique devient ing&#233;rable. Ce qui nous conduit &#224; une interrogation importante pour notre &#233;poque. Au vu de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; et des fragilit&#233;s croissantes de nos constructions politiques, l'id&#233;e vient &#224; l'esprit que les chances des empires &#224; l'avenir sont loin d'&#234;tre nulles, malgr&#233; leur limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des exemples d'empires d&#232;s aujourd'hui ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; en est-on aujourd'hui ? Si nous n'avons actuellement plus d'empire au sens retenu ici, certaines situations m&#233;ritent attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord actuellement plusieurs exemples interm&#233;diaires, de pays en soi pluriethniques ou plurinationaux, mais o&#249; l'une de ces nations ou ethnies est nettement majoritaire et structure l'Etat. Des exemples &#233;vidents en sont l'Iran, la Turquie, certains pays d'Am&#233;rique latine Ces minorit&#233;s fortes subsistent, mais elles sont en position d'inf&#233;riorit&#233; nette ; et donc cela peut durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas russe est &#224; mettre &#224; part. Il y a toujours eu dans l'empire russe comme en URSS une majorit&#233; russe, mais les minorit&#233;s y &#233;taient importantes. A l'&#233;poque, le pouvoir avait su se maintenir par une m&#233;lange d'autoritarisme et d'int&#233;gration habile d'&#233;lites locales, qui trouvaient une place dans le syst&#232;me imp&#233;rial. Cet empire s'est d&#233;sagr&#233;g&#233;. Reste aujourd'hui une situation confuse. Il y a en Russie m&#234;me des minorit&#233;s appr&#233;ciables, notamment musulmanes. En cela, elle se rangerait plut&#244;t dans la s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente. Mais le cas russe en diff&#232;re &#224; deux titres, le premier &#233;tant la pr&#233;sence de minorit&#233;s russes &#224; l'ext&#233;rieur, question sensible et reli&#233;e au pass&#233; imp&#233;rial. Le deuxi&#232;me est que la Russie ne consid&#232;re pas ce qui relevait de l'empire russe ou de l'URSS comme compl&#232;tement ext&#233;rieur. D'une certaine fa&#231;on, sa conception de soi et ses fronti&#232;res ne sont pas clarifi&#233;es. D'o&#249; la question d'une permanence imp&#233;riale dans la probl&#233;matique russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine pr&#233;sente des traits analogues, avec ses minorit&#233;s tib&#233;taines, ou&#239;goures etc., mais en moins marqu&#233; : la pr&#233;pond&#233;rance de l'ethnie chinoise y est massive ; en outre son territoire correspond tr&#232;s largement &#224; celui de l'ancien empire et elle a peu de revendications historiques &#224; faire valoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A terme, la r&#233;&#233;mergence d'empires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un empire &#224; l'ancienne suppose la conqu&#234;te militaire par un pays de ses voisins. A premi&#232;re vue, il para&#238;t ne pas y avoir de base pour cela dans le monde que nous connaissons aujourd'hui. En outre le maintien de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine dans des zones majeures de la plan&#232;te rend l'exercice difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une exception possible, on l'a vu : la Russie. Mais en regardant de pr&#232;s, la r&#233;ponse ne para&#238;t pas non plus assur&#233;e. On note d'abord dans ce pays une h&#233;sitation entre le mod&#232;le imp&#233;rial et un mod&#232;le national russe : l'invasion de l'Ukraine est-elle motiv&#233;e par la remise en cause de sa r&#233;alit&#233; comme Etat, au profit d'une vision imp&#233;riale ; ou n'assiste-t-on pas, de fa&#231;on pas n&#233;cessairement consciente c&#244;t&#233; russe, &#224; une affirmation ethnico-nationale proprement russe ? En tout cas l'agression a eu pour effet de souder un sentiment national ukrainien jusqu'ici flou, appel&#233; &#224; durer au moins dans la partie centre et ouest. De ce point de vue, l'invasion aura probablement ce r&#233;sultat a priori paradoxal d'y faire basculer la probl&#233;matique dans un sens national homog&#232;ne, comme l'ont fait les nettoyages ethniques post-yougoslaves. S'agissant des autres minorit&#233;s russes ou russophones de la p&#233;riph&#233;rie imm&#233;diate, on pourrait imaginer une agression russe dans les pays baltes (mais la Russie se heurterait ici directement &#224; l'Otan), ou au Kazakhstan. Mais l&#224; encore cela ne d&#233;boucherait pas sur un empire, et par certains c&#244;t&#233;s au contraire : on s'&#233;loignerait de ce mod&#232;le pour se rapprocher d'une logique purement nationale (agressive en l'occurrence). Tout autre est la question des &#233;ventuelles ambitions russes au-del&#224; de ce p&#233;rim&#232;tre russophone, notamment dans sa zone de domination anciennement sovi&#233;tique (Caucase, Asie centrale, etc.). Mais en supposant que la Russie en ait l'intention, elle ne para&#238;t en &#233;tat d'aller bien loin, au vu des limites de l'arm&#233;e russe apparues en Ukraine, sans parler de celles de l'&#233;conomie et de la d&#233;mographie ; et elle se heurterait assez vite &#224; d'autres puissances (Otan, et m&#234;me Chine). Et ce serait a fortiori le cas au-del&#224; de ces zones. D&#232;s lors, la perspective v&#233;ritablement imp&#233;riale appara&#238;t dans les ann&#233;es qui viennent plut&#244;t limit&#233;e pour ce pays, au-del&#224; d'une forme d'h&#233;g&#233;monie sur une partie de l'ancienne URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective imp&#233;riale est en revanche bien plus plausible &#224; terme plus ou moins &#233;loign&#233; dans le monde arabo-musulman, surtout avec le recul de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. Ainsi dans le monde arabe o&#249; les Etats restent assez artificiels, et souvent sans base nationale propre suffisante. Par ailleurs, Turquie et Iran, en partie h&#233;t&#233;rog&#232;nes, ont &#233;t&#233; de vrais empires et s'en souviennent. La Turquie notamment, avec sa nostalgie ottomane soigneusement entretenue par R. Erdogan et la constitution progressive d'un r&#244;le international qui pourrait assez vite tourner &#224; l'empire. Mais un Iran d&#233;passant l'impasse actuelle pourrait aussi entrer dans ce sch&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la possibilit&#233; d'empires est tout &#224; fait concevable &#224; terme en Asie, notamment avec l'impressionnante &#233;mergence de puissances comme la Chine ou l'Inde. Certes, cela ne para&#238;t pas &#234;tre leur priorit&#233; dans l'imm&#233;diat, car elles sont pour l'essentiel ax&#233;es sur leur mont&#233;e en puissance, m&#234;me si elles ne d&#233;daignent pas d'exercer une forme d'h&#233;g&#233;monie. Mais la situation pourrait &#233;voluer &#224; terme plus long. Et leur surpuissance par rapport aux pays voisins sera alors consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une forme nouvelle d'empire : l'Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant d'&#233;largir le d&#233;bat au-del&#224; des empires classiques, construits sur une base guerri&#232;re. A notre &#233;poque on peut en effet envisager des processus diff&#233;rents d'&#233;volution vers des formes politiques de type imp&#233;rial. A terme plus ou moins long, dans un contexte instable o&#249; la confiance deviendrait tr&#232;s difficile, des formules robustes comme celle-l&#224; peuvent alors avoir leurs chances. La remarque vaut bien s&#251;r d'abord pour les empires &#233;ventuels qu'on vient d'&#233;voquer, des h&#233;g&#233;monies pouvant devenir tellement pr&#233;gnantes qu'elles ressemblent &#224; des empires ; on pense alors naturellement d'abord &#224; la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e dans le cas de l'Europe. En fait, &#233;l&#233;ment militaire mis &#224; part, l'Union europ&#233;enne ressemble quelque peu &#224; un empire : ce n'est pas une nation mais elle est compos&#233;e de nations vari&#233;es ; elle constitue un pouvoir supranational en surplomb, qui se fonde certes en principe sur les d&#233;mocraties nationales, mais tend &#224; consid&#233;rer le niveau national comme subalterne, historiquement d&#233;pass&#233;, &#224; r&#233;guler par en-haut. Ce pouvoir n'est pas &#233;lu directement comme un pouvoir politique national ; le &#8216;parlement' est &#233;lu sur la base d'&#233;lections qui se font en fait sur des listes nationales ; l'ex&#233;cutif n'est pas &#233;lu. Le pouvoir politique europ&#233;en n'est donc pas v&#233;ritablement responsable devant des &#233;lecteurs. Ce pouvoir reste toutefois limit&#233; &#224; certains domaines, m&#234;me s'ils sont de plus en plus vastes ; on reste donc dans une situation interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-il &#233;voluer ? Il ne peut pas se construire politiquement comme une d&#233;mocratie nationale : il n'y a pas de peuple europ&#233;en, ni de vie politique europ&#233;enne. Il pourrait &#233;videmment se reb&#226;tir sur un projet diff&#233;rent, fond&#233; sur ses nations, mais il ne prend pas ce chemin. Il peut bien s&#251;r continuer de stagner dans un entre-deux b&#226;tard sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine : c'est le plus probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, hors une dislocation possible, on peut imaginer un autre sc&#233;nario, surtout en cas de crise grave. Dans un contexte de fragilisation des syst&#232;mes politiques et &#233;conomiques nationaux, dont les bases d'identification nationale ont &#233;t&#233; &#233;rod&#233;es, ce &#224; quoi s'ajoute l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante des populations vivant en Europe, avec une immigration massive qui peut encore s'acc&#233;l&#233;rer, on peut imaginer, lors d'une crise tr&#232;s grave, un transfert de pouvoir massif, plus ou moins consensuel des &#233;tats membres &#224; Bruxelles, qui deviendrait t&#234;te d'un sorte d'empire. Cela dit, cet empire resterait un peu bizarre, du fait que militairement il est a priori peu probable &#224; ce stade qu'il se d&#233;tache de l'Otan et donc de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. C'est donc un sc&#233;nario, mais pas la plus forte probabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/quel-avenir-aux-empires/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/quel-avenir-au...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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