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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Perspectives politiques apr&#232;s les &#233;lections de 2022 ; les dilemmes de la &#8216;droite'</title>
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		<dc:date>2022-08-22T16:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Droite</dc:subject>
		<dc:subject>Zemmour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La saison des jeux &#233;lectoraux s'&#233;tant termin&#233;e, un bilan para&#238;t utile, offrant un &#233;clairage sur la suite, notamment &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; est bien s&#251;r dans la structuration de l'offre politique en 3- 4 blocs, eux-m&#234;mes polaris&#233;s par l'identification de chacun &#224; un chef. Et cons&#233;quemment par la pr&#233;dominance de ce qu'on appelle le vote utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'est pas de bonne augure pour ce qu'on appelle la droite (au sens &#233;lectoral du terme), malgr&#233; les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Zemmour-+.html" rel="tag"&gt;Zemmour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La saison des jeux &#233;lectoraux s'&#233;tant termin&#233;e, un bilan para&#238;t utile, offrant en outre un &#233;clairage sur la suite, notamment &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeu &#224; 3 ou 4 blocs, nouveaut&#233; structurante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; est bien s&#251;r dans la structuration de l'offre politique en 3 blocs (4 si on ajoute ce qui reste de LR) eux-m&#234;mes polaris&#233;s par l'identification de chacun &#224; un chef, et cons&#233;quemment par le vote utile. Ce dernier a toujours exist&#233; ; il est logique dans un syst&#232;me &#233;lectoral majoritaire, que nous avons aux pr&#233;sidentielles comme aux l&#233;gislatives avec des modalit&#233;s un peu diff&#233;rentes. Ce syst&#232;me (contrairement &#224; la proportionnelle) s&#233;lectionne une seule personne, celle qui est en t&#234;te au second tour, avec une premi&#232;re s&#233;lection pour y &#234;tre pr&#233;sent. Vouloir exprimer un point de vue sp&#233;cifique au premier tour peut &#234;tre d&#232;s lors contreproductif, si ce faisant on divise les voix de ce qu'on consid&#232;re son camp au sens large, et ne lui permet pas d'&#234;tre pr&#233;sent au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant ce n'est que r&#233;cemment que la question est devenue aigu&#235;. De 1974 &#224; 2017, la vie politique de la Ve R&#233;publique &#233;tait largement bipolaire. Aux pr&#233;sidentielles, il y avait une quasi-certitude qu'au second tour il y aurait un candidat de &#8216;droite' et un de &#8216;gauche'. D&#232;s lors, &#224; droite et au centre notamment, on pouvait se permettre d'avoir deux candidats de poids relatif appr&#233;ciable (ainsi en 1969, 1974, 1981, 1988, 1995, 2007, moins nettement en 2002 et 2012). La gauche &#233;tait moins &#224; l'aise et a tendu &#224; miser plus souvent sur un candidat dominant (sauf &#224; l'occasion, ainsi en 1981 et 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a d'ailleurs appris en 2002 qu'il pouvait &#234;tre d&#233;sastreux d'op&#233;rer autrement, cette &#233;lection anticipant la situation actuelle puisqu'un troisi&#232;me bloc (FN) y &#233;tait apparu &#8211; mais &#224; l'&#233;poque on ne l'avait pas vu venir. Montant ensuite en puissance en 2007 et 2012 avec la progression du FN, ce n'est qu'&#224; partir de 2017 que la situation nouvelle a v&#233;ritablement &#233;merg&#233;. Cette fois, il est devenu clair qu'on avait un jeu &#224; 3 ou 4 blocs et non plus &#224; 2. D&#232;s lors le vote utile a commenc&#233; &#224; jouer un r&#244;le important. En effet, si on a 3 ou 4 candidats comparables, capables de d&#233;passer les 20%, mais dans un mouchoir de poche, chaque vote compte et comme on l'a dit, exprimer votre pr&#233;f&#233;rence pour un candidat plus petit risque de co&#251;ter la qualification pour le second tour de votre candidat de second choix. Et le vote utile des uns entra&#238;ne le vote utile des autres : si M&#233;lenchon monte dans les sondages, on va encore plus vers Le Pen et r&#233;ciproquement, ou pour d'autres vers Macron. Le ph&#233;nom&#232;ne a atteint son plein d&#233;veloppement en 2022, impliquant la marginalisation de Zemmour, P&#233;cresse, Jadot, Hidalgo et autres, dont les r&#233;sultats sont tr&#232;s en de&#231;&#224; de l'audience v&#233;ritable de leurs positionnements (au-del&#224; des d&#233;fauts propres de ces personnes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le ph&#233;nom&#232;ne a essaim&#233; aux l&#233;gislatives. Il avait &#233;t&#233; occult&#233; en 2017 par la permanence d'un vote de l&#233;gitimit&#233; en faveur du pr&#233;sident &#233;lu, Macron, repr&#233;sentant de plus en l'occurrence une offre politique apparemment nouvelle. En 2022 au contraire, bien qu'&#233;lu, ce m&#234;me Macron a essuy&#233; une vague protestataire. Il reste que dans ce cadre le vote utile a de nouveau jou&#233; &#224; plein, sur la base des t&#234;tes de file aux pr&#233;sidentielles. On pourrait objecter &#224; cela le cas de LR, certes tr&#232;s amoindri, mais qui a surv&#233;cu. Mais cela reste en fait conforme &#224; la r&#232;gle : en effet aux l&#233;gislatives on raisonne sur la circonscription, et gr&#226;ce &#224; son implantation LR a pu cas par cas appara&#238;tre de fa&#231;on subsidiaire comme un vote utile, ou qu'on pouvait se permettre. Mais cela reste fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me &#224; 3 ou 4 blocs a plusieurs autres effets ; l'un est bien s&#251;r la faible base &#233;lectorale de l'&#233;lu et donc sa faible l&#233;gitimit&#233; pour agir ensuite. Un second, la probabilit&#233; d'une absence de majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e : avoir pass&#233; la course d'obstacle de la pr&#233;sidentielle sur une base aussi faible ne donne pas au gagnant de garantie pour les l&#233;gislatives qui suivent, comme on l'a vu. Un autre tropisme nouveau, qu'on oublie souvent, est le monolithisme plus grand des 3 blocs (LR mis &#224; part). Les nuances ou diversit&#233;s internes sont broy&#233;es ou relativis&#233;es, et le r&#244;le du chef de file devient d&#233;cisif. Il y a d&#232;s lors un appauvrissement sensible du d&#233;bat et de la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, chacun a en t&#234;te l'&#233;lection suivante. Or, en dehors des europ&#233;ennes de 2024, &#233;lection sans effet, la prochaine &#233;ch&#233;ance en 2027 sera &#224; nouveau le m&#234;me cycle des pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives. Et a priori les m&#234;mes m&#233;canismes ont toute chance de se reproduire, m&#234;me si naturellement chaque bloc &#233;voluera, et son leader aussi. Ce sera notamment le cas de Macron qui ne pourra pas se repr&#233;senter ; mais il y aura une incitation forte pour les divers aspirants &#224; sa suite &#224; &#233;merger comme le seul candidat significatif de ce courant - sinon ce sera l'&#233;limination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel avenir pour la droite ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'est pas de bonne augure pour ce qu'on appelle la droite (au sens impliqu&#233; par le syst&#232;me &#233;lectoral), malgr&#233; les apparences. Regardons en effet de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point important de ce c&#244;t&#233; a &#233;t&#233; la candidature surprise d'E. Zemmour, puis son &#233;chec final. Son succ&#232;s initial (dont t&#233;moignent les adh&#233;sions &#224; son parti pourtant tout neuf, et pendant un temps les sondages) confirme qu'il y a dans l'opinion un espace politique appr&#233;ciable entre le RN et les LR fa&#231;on UMP. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, son &#233;chec final montre la puissance de la m&#233;canique des blocs d&#233;crite ci-dessus, au-del&#224; des d&#233;fauts &#233;vidents du candidat (trop pol&#233;miste, pas assez politique) et des circonstances (Ukraine). Sa seule chance (et c'&#233;tait son pari) e&#251;t &#233;t&#233; un effondrement du socle du RN. Mais ce socle a au contraire montr&#233; sa solidit&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es. D&#232;s lors un candidat comme lui, m&#234;me s'il avait fait un sans-faute, ne pouvait r&#233;colter tout au plus que 15 &#224; 17 % des voix, Marine Le Pen &#233;tant alors au pire rel&#233;gu&#233;e autour de 15%. Il n'y aurait alors pas eu de second tour, ni pour l'un ni pour l'autre. Le mouvement r&#233;el, qui a donn&#233; un avantage d&#233;cisif &#224; Marine, a donc &#233;t&#233; assez rationnel &#233;lectoralement parlant ; d'o&#249; pour Zemmour ce r&#233;sultat de 7 %, pas si ridicule finalement, mais suivi par l'&#233;limination totale aux l&#233;gislatives. Quant &#224; l'id&#233;e zemmourienne d'union des droites, en th&#233;orie assez rationnelle, elle se heurtait non seulement au refus du RN et de LR, mais aussi &#224; la contradiction entre l'affichage de cet objectif et ses attaques contre Marine Le Pen, elles-m&#234;mes in&#233;vitables du fait de la comp&#233;tition entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cet &#233;pisode, le fait de base est que nous avons une &#8216;droite' (au sens de la logique &#233;lectorale) divis&#233;e en plusieurs courants politiques hors d'&#233;tat de combiner leurs forces. Et sans doute aussi de l'emporter seuls. Bien entendu, la situation peut &#233;voluer, mais les points de d&#233;part sont peu favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le RN d'abord r&#233;cuse l'id&#233;e m&#234;me de droite, pr&#233;f&#233;rant celle de patriote &#8211; m&#234;me si tout le monde le classe &#224; &#8216;droite'. Corr&#233;lativement il a mis une sourdine aux th&#232;mes marqu&#233;s &#224; droite (soci&#233;taux notamment), voire &#224; l'immigration, dans la recherche d'une d&#233;diabolisation ; tout en accentuant fortement la dimension populiste au sens propre du terme, notamment en &#233;conomie. Or le populisme &#224; lui seul n'est pas une alternative v&#233;ritable, faute de contenu viable, et il pousse &#224; faire des promesses intenables sur lesquelles il sera rappel&#233; &#224; l'ordre par les r&#233;alit&#233;s. Construit en outre de mani&#232;re monolithique autour de son chef et candidate, ce parti ne tol&#232;re pas les diversit&#233;s de courants, ce qui n'est pas tr&#232;s rassembleur. Cependant, m&#234;me s'il ne s'y attendait pas, il a b&#233;n&#233;fici&#233; pleinement de son positionnement dans le contexte &#233;lectoral &#224; 3-4 blocs que nous avons d&#233;crit, et son succ&#232;s aux l&#233;gislatives va &#233;videmment le conforter dans ces options. Mais comme sa possibilit&#233; de s'&#233;tendre sur la gauche est nulle, et qu'il refuse &#224; ce stade l'ouverture &#224; droite, son potentiel de progression sur la base de sa position actuelle reste relativement limit&#233;. Et tant qu'il restera sur cette ligne, il bloquera toute perspective c&#244;t&#233; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; LR, c'est l'absence de choix qui domine. La tendance orl&#233;aniste et centriste l'a en g&#233;n&#233;ral dirig&#233; jusqu'&#224; maintenant, mais elle n'offre pas de ligne de r&#233;sistance au macronisme et se d&#233;sagr&#232;ge lentement. Le maintien tr&#232;s relatif de ses &#233;lus, d&#251; surtout &#224; son implantation et au rejet de Macron, reste fragile ; par ailleurs sa capacit&#233; &#224; faire &#233;merger un candidat aux pr&#233;sidentielles reste peu &#233;vidente. Parall&#232;lement, le macronisme met son c&#244;t&#233; centriste et mod&#233;r&#233; dans une plus grande d&#233;pendance culturelle &#224; l'&#233;gard du progressisme, bien au-del&#224; de ce que faisait le chiraquisme en son temps. Il va donc falloir choisir. On peut imaginer un glissement plus affirm&#233; de LR vers la droite, qui serait logique. S'il ne se produit pas, on voit en effet mal quelle peut &#234;tre la base de r&#233;sistance au macronisme ou &#224; ses successeurs ; &#224; moins que le hasard de le vie politique ne donne naissance &#224; une r&#233;surgence du chiraquisme, ce qui ne nous avancerait pas beaucoup. Si en revanche ce glissement &#224; droite se produisait, on peut concevoir que cela lui permette de capter une partie des forces mises en &#233;vidence par le zemmourisme, et peut &#234;tre au-del&#224;. Mais il resterait &#224; trouver une figure de proue, et &#224; &#233;toffer la pens&#233;e sous-jacente. Et ensuite le succ&#232;s supposerait une &#233;volution du RN. C'est donc concevable, mais &#224; ce stade plut&#244;t improbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; Reconqu&#234;te, le risque est &#233;videmment de dispara&#238;tre, d'autant que les seules &#233;lections d'ici 2027 sont les europ&#233;ennes. La perspective d'une transformation en mouvement consistant et durable n'est pas &#233;vidente (m&#234;me si l'espace politique existe dans l'opinion) ; et cela supposerait des r&#233;visions importantes de style, de m&#233;thodes, et de corpus d'id&#233;es. Certes il pourrait &#233;ventuellement profiter de la d&#233;ception &#224; l'&#233;gard des deux pr&#233;c&#233;dents - s'ils collaborent trop avec le macronisme ou se montrent sans contenu. Mais cela reste hasardeux ; et la t&#234;te de proue qu'est E. Zemmour n'est a priori pas id&#233;ale pour vraiment percer, avec ses exc&#232;s et ses tics intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la ligne politique classique ou conservatrice, qui est au niveau des id&#233;es le vrai c&#339;ur de la &#8216;droite', elle est peu ou mal repr&#233;sent&#233;e aujourd'hui. Le RN populiste et bonapartiste en est assez loin ; LR aussi dans une autre genre. Reconqu&#234;te pouvait appara&#238;tre un peu moins &#233;loign&#233;, notamment par son insistance sur la r&#233;forme intellectuelle &#224; mener. Mais outre ses limites propres, il est lui aussi assez bonapartiste - comme Zemmour le dit lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, ce qui frappe donc est la faiblesse de l'alternative r&#233;elle &#224; droite, tant en termes de cr&#233;dibilit&#233; politique que, plus encore, de contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, rien ne dure &#233;ternellement et la roue tourne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/perspectives-politiques-apres-les-elections-les-dilemmes-de-la-droite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zemmour et la reconstruction de la droite : perspectives</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Zemmour-et-la-reconstruction-de-la-droite-perspectives.html</link>
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		<dc:date>2022-02-01T17:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Droite</dc:subject>
		<dc:subject>Zemmour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'irruption du ph&#233;nom&#232;ne Zemmour a permis une revitalisation du d&#233;bat politique &#224; droite et l'ouverture d'alternatives jusque-l&#224; compromises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on admet que son &#233;lection est peu probable au vu des donn&#233;es actuelles, que peut-on attendre sur la dur&#233;e de ce ph&#233;nom&#232;ne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un billet pr&#233;c&#233;dent, je notais la persistance de l'h&#233;g&#233;monie des id&#233;es dites de gauche &#8211;d'o&#249; l'emprise du &#8216;politiquement correct' et le conformisme m&#233;diatique. Le glissement ind&#233;niable &#224; droite, sur le terrain politique et sur certains th&#232;mes comme l'immigration ou la s&#233;curit&#233;, reste limit&#233; &#224; certains th&#232;mes du d&#233;bat politique, ce n'est pas l'&#233;mergence d'un mode de pens&#233;e alternatif. Je rappelais qu'un vrai changement supposerait un changement de paradigme dans le mode de pens&#233;e collectif, dont on reste loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte le ph&#233;nom&#232;ne Zemmour est important mais pas conclusif &#224; soi seul. Outre qu'il reste loin d'un v&#233;ritable pens&#233;e conservatrice, il incarne un retour de patriotisme sur la base d'un corpus de pens&#233;e dominant dans les ann&#233;es 50, comme tel souvent juste et utile. Mais il a suscit&#233; une r&#233;action violente, qu'il aggrave par ses d&#233;fauts, de la brutalit&#233; de langage &#224; la d&#233;fense d'id&#233;es contreproductives. M&#234;me s'il a les 500 signatures, ses chances sont limit&#233;es. Cela dit globalement son irruption est b&#233;n&#233;fique. Mais qu'est-ce que cela peut donner &#224; terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se base sur les donn&#233;es actuellement disponibles, voici ce qui me para&#238;t le sc&#233;nario le plus plausible. M&#234;me avec les 500 signatures Zemmour ne serait pas au deuxi&#232;me tour. Face &#224; E. Macron on trouverait V. P&#233;cresse ou M. Le Pen. Et Macron les battrait. Mais Macron n'a pas cr&#233;&#233; de vrai parti implant&#233;, et il n'aura tr&#232;s probablement pas de majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e ; son r&#232;gne absolu et son style olympien auront donc leur fin. Pour gouverner il lui faudra un alli&#233;, et le seul qui aura les troupes pour cela, c'est LR, les R&#233;publicains. Qui ne pourront pas non plus gouverner seuls. Et donc leur alliance est tr&#232;s probable &#8211; comme beaucoup de gens le pressentent. A vrai dire les diff&#233;rences entre eux sont minces, hors la frange droite de LR. La cons&#233;quence en serait de revigorer la partie de LR que symbolise le choix de V. P&#233;cresse ; mais en m&#234;me temps d'exposer LR &#224; un dilemme encore plus corn&#233;lien, car se mouiller plus encore avec E. Macron impliquerait de d&#233;gager dangereusement son flanc droit. Ce qui laisserait de la place pour une alternative de ce c&#244;t&#233;. Naturellement le rapport de force serait meilleur pour eux si c'est V. P&#233;cresse qui est au second tour ; mais sans changer l'&#233;quation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans ce sc&#233;nario, une fois de plus M. Le Pen raterait son coup. Mais moins nettement si elle est au second tour avec 45% des voix. On peut imaginer alors qu'elle se maintienne en position en attendant 2027. Mais il n'est pas &#233;vident qu'elle profite pour autant des dilemmes de LR ; ce qui confirme l'existence d'un espace politique entre elle et LR. Si en revanche c'est V. P&#233;cresse qui est au second tour, l&#224; le dilemme deviendrait beaucoup plus dur pour M. Le Pen, et l'espace alternatif &#224; droite serait encore plus grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, il y a des prospectives favorables pour le d&#233;veloppement d'un offre politique &#224; droite qui ne serait captive ni du chiraquisme ni du lep&#233;nisme. Ind&#233;niablement E. Zemmour l'a r&#233;veill&#233;e et actualis&#233;e politiquement. Peut-il l'exploiter ult&#233;rieurement ? Cela suppose la construction sur la dur&#233;e d'un mouvement politique, op&#233;ration tr&#232;s diff&#233;rente tant du r&#244;le de pol&#233;miste ind&#233;pendant que de celui de candidat dans une &#233;lection hyper-personnalis&#233;e. D'autant que si c'est pour r&#233;&#233;diter la personnalisation du pouvoir fa&#231;on RN, cela ne sert &#224; rien. Cela suppose une &#233;volution en profondeur dans un sens pluriel et bien plus rassembleur, faisant vivre ensemble sur la dur&#233;e des personnalit&#233;s multiples et pouvant rayonner au-del&#224; d'un noyau dur de passionn&#233;s. Le tout malgr&#233; des perspectives &#233;lectorales longues (sauf inattendu politique), qui impliquent de durer sans se mettre une opportunit&#233; sous la dent : il n'y aura pas d'&#233;lection majeure avant la fin du quinquennat en 2027, en dehors des europ&#233;ennes de 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas en soi infaisable, mais cela supposerait une nouvelle mutation d'E. Zemmour. A moins que quelqu'un d'autre prenne le relais, en accord ou pas avec lui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;i&gt;N&#176; 210 - f&#233;vrier 2022&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le politiquement correct, Zemmour et les conservateurs</title>
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		<dc:date>2022-01-05T17:55:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Zemmour</dc:subject>
		<dc:subject>Gramsci</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;g&#233;monie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis quelque temps, on parle beaucoup plus de la bataille des id&#233;es en politique. On cite alors volontiers les id&#233;es de Gramsci et son concept d'h&#233;g&#233;monie : l'id&#233;e que le syst&#232;me de pens&#233;e dominant, celui qui structure la pens&#233;e, le d&#233;bat et l'action collectifs, &#233;tait d&#233;cisif pour une victoire r&#233;elle. Dans la situation actuelle, l'h&#233;g&#233;monie reste de gauche ou &#8216;progressiste'. Quel sens prend alors l'irruption du ph&#233;nom&#232;ne Zemmour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelque temps, on parle beaucoup plus de la bataille des id&#233;es en politique et notamment du r&#244;le des id&#233;es dominantes dans la victoire, victoire aux &#233;lections mais surtout mise en &#339;uvre effective d'une politique. On cite alors volontiers les id&#233;es de Gramsci et son concept d'h&#233;g&#233;monie : communiste, il a boulevers&#233; la r&#233;flexion marxiste de son temps en introduisant, dans ce contexte de pens&#233;e o&#249; les infrastructures socio&#233;conomiques &#233;taient jug&#233;es seules d&#233;cisives, l'id&#233;e que le niveau du syst&#232;me de pens&#233;e dominant, celui qui structure la pens&#233;e, le d&#233;bat et l'action collectifs, &#233;tait tout aussi important pour une victoire r&#233;elle. Cette analyse s'apparente &#224; celle que pour ma part je privil&#233;gie, en termes de paradigme ; mais un paradigme est structurant au niveau de la pens&#233;e, car il conditionne la production m&#234;me de ces id&#233;es puis leur diffusion et appr&#233;ciation, alors que l'h&#233;g&#233;monie est plus un fait sociopolitique, une domination constat&#233;e, mais sans doute moins structurante au niveau de la pens&#233;e m&#234;me. L'un conditionne la production d'id&#233;es ou d'id&#233;ologie, l'autre est le fait de la domination constat&#233;e d'une ou plusieurs id&#233;ologies. Les deux notions sont &#233;videmment compl&#233;mentaires, mais on comprend qu'il est plus ais&#233; de changer une h&#233;g&#233;monie que de modifier un paradigme s'il est central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, l'approche est en soi f&#233;conde ; et on cherche alors &#224; l'appliquer aux id&#233;es dites de droite ou conservatrices. Dans un contexte o&#249; l'h&#233;g&#233;monie appartient &#224; l'&#233;vidence aux id&#233;es dites de gauche &#8211; au moins intellectuellement, d'o&#249; entre autres cette emprise du &#8216;politiquement correct' et le conformisme &#233;tonnant de la classe journalistique -, il s'agit alors de guetter le moment d'un changement et d'y &#339;uvrer. Certains proclamant m&#234;me que ce changement vers la droite est d&#233;j&#224; en cours. Au niveau des moyens, certains encore soutiennent que le combat des id&#233;es est prioritaire ; d'autres qu'une victoire politique et des &#233;v&#233;nements frappants (comme en 1958) peuvent acc&#233;l&#233;rer ou m&#234;me produire la mutation au niveau des id&#233;es. Qu'en est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatons d'abord que dans la situation actuelle, et malgr&#233; une certain renouveau d'int&#233;r&#234;t pour les id&#233;es dites de droite ou conservatrice, l'h&#233;g&#233;monie reste de gauche ou &#8216;progressiste'. Le cas des m&#233;dias est &#233;vident : m&#234;me dans les journaux classiques dits plut&#244;t de droite, la culture d'une partie appr&#233;ciable des journalistes reste de gauche. Ce n'est pas uniquement ou m&#234;me principalement une question de propri&#233;t&#233; des m&#233;dias, ou de leur orientation affich&#233;e : c'est une culture dominante. Certes il y a beaucoup de gens qui pensent autrement, mais le r&#244;le d'une h&#233;g&#233;monie est de les neutraliser ou de les affaiblir, pas n&#233;cessairement de faire disparaitre toute divergence. Une telle h&#233;g&#233;monie permet de bloquer ce qui va contre elle (dans les moments o&#249; elle se trouve en position de faiblesse relative), ou de faire passer des &#233;volutions (quand le cadre lui est plus favorable). Des exemples &#233;vidents en sont les &#233;volutions de m&#339;urs et les l&#233;gislations correspondantes ; ou dans un autre genre la construction europ&#233;enne. Notons que cette h&#233;g&#233;monie peut parfaitement subsister m&#234;me quand la gauche politique (ou ce qui se d&#233;finit comme tel) est mal en point, comme c'est le cas actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corr&#233;lativement, malgr&#233; le glissement ind&#233;niable vers la droite sur le terrain politique, les id&#233;es conservatrices ou classiques restent au fond marginales. Contrairement &#224; ce que d'aucuns affirment, il n'y a pas de remont&#233;e perceptible. En fait cela supposerait &#224; mon sens un changement de paradigme (comme je le d&#233;veloppe dans mon Pour un grand retournement politique), ce dont on reste loin. Certes, &#224; nouveau, on observe sur la sc&#232;ne politique un glissement &#224; droite sur certains th&#232;mes, notamment sur l'immigration, le souverainisme ou la s&#233;curit&#233; nationale en mati&#232;re &#233;conomique etc. C'est vrai, mais cela reste un glissement sur des th&#232;mes, pas l'&#233;mergence d'un mode de pens&#233;e alternatif m&#234;me limit&#233; ; c'est d'ailleurs relativement peu construit sur le plan des id&#233;es. A nouveau, le glissement vaut surtout sur le terrain politique, mais m&#234;me l&#224; cela reste contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera l'&#233;mergence du ph&#233;nom&#232;ne Zemmour : c'est effectivement une fait important, mais qu'il faut bien situer. Zemmour n'est d'abord pas vraiment un conservateur au sens des id&#233;es politiques, encore moins un h&#233;ritier de la pens&#233;e classique ou de la tradition l&#233;gitimiste. Beaucoup plus proche de la ligne de pens&#233;e bonapartiste, comme il le dit lui-m&#234;me, il incarne dans une large mesure la r&#233;surgence d'un corpus d'id&#233;es et de conceptions autrefois largement r&#233;pandues il y a 50 ans ou plus, un stade ant&#233;rieur des conceptions, notamment sur le patriotisme, quelque peu r&#233;adapt&#233;es au contexte actuel. Et comme &#224; cette &#233;poque le processus des destruction d'id&#233;es ou de valeurs essentielles &#233;tait beaucoup moins avanc&#233;, une telle r&#233;&#233;mergence conduit &#224; l'affirmation de convictions en soi justes et utiles, malgr&#233; un nombre appr&#233;ciable de scories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son avantage est qu'il s'en prend au &#8216;politiquement correct' tel qu'il domine aujourd'hui, et cela en se portant sur le plan des id&#233;es, m&#234;me si la th&#233;orisation reste chez lui limit&#233;e. D'o&#249; d'ailleurs l'effarant tir de barrage qui s'est &#233;lev&#233; contre lui. Face &#224; cela on trouve &#233;videmment ses d&#233;fauts personnels, notamment ses p&#233;ch&#233;s mignons intellectuels (attachement &#224; certaines affirmations contestables ou non pertinentes dans le d&#233;bat politique) et son style tr&#232;s tranchant. Ou encore, dans l'autre sens, son h&#233;sitation &#224; aller jusqu'au bout de la pens&#233;e, comme sur l'Europe. Plus, &#233;videmment, l'absence d'appareil politique rod&#233; et de relais locaux (on le verra d&#233;j&#224; au niveau des 500 parrainages que la candidature demande). Tout cela veut dire que ses chances sont limit&#233;es ; en outre, m&#234;me &#233;lu, il n'aurait pas de base parlementaire pour gouverner. En termes gramsciens, il reste donc tr&#232;s loin d'une h&#233;g&#233;monie. A vrai dire, dans mon vocabulaire, personne ne peut vraiment y parvenir faute d'un changement de paradigme, ce qui serait un ph&#233;nom&#232;ne autrement plus profond. Mais on peut sans doute aller plus loin qu'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que globalement son irruption est all&#233;e dans un sens utile et b&#233;n&#233;fique. Pour secouer le &#8216;politiquement correct', et contribuer &#224; faire &#233;voluer les id&#233;es d'une part. Et d'autre part pour peser sur le d&#233;bat politique d'ensemble. Ce qui contraste avec le Rassemblement national, devenu au fond un mouvement principalement populiste au sens propre du terme, donc peu abouti, de plus en plus timide sur les id&#233;es et trop souvent irr&#233;aliste sur les mesures, notamment &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est clair que globalement il reste beaucoup de chemin &#224; parcourir pour conna&#238;tre un r&#233;el changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans&lt;i&gt; Politique magazine&lt;/i&gt; n&#176; 209 en janvier 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
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