<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=174&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Aide &#224; l'Ukraine : quels sont nos buts de guerre ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Aide-a-l-Ukraine-quels-sont-nos-buts-de-guerre.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Aide-a-l-Ukraine-quels-sont-nos-buts-de-guerre.html</guid>
		<dc:date>2022-05-15T16:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Logique de la guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche de la paix</dc:subject>
		<dc:subject>But de guerre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Faire la guerre, ou &#224; un degr&#233; plus limit&#233;, soutenir l'effort de guerre de quelqu'un, est un acte &#224; la fois co&#251;teux et risqu&#233;. Il n'a de sens que si l'enjeu le justifie. D'o&#249; l'importance centrale des buts de guerre. Ce ne sont pas des objectifs fixes, mais ils d&#233;finissent ce pourquoi on se bat (ou aide d'autres &#224; se battre) ; et donc il permet d'&#233;valuer, &#224; chaque &#233;tape, les moyens qu'on engage et les risques que l'on prend. Or en l'esp&#232;ce, au-del&#224; d'un point de d&#233;part &#233;vident (soutenir une Etat agress&#233; et envahi), l'&#233;volution des buts de guerre occidentaux pose de plus en plus de questions. Notamment l'ivresse de l'id&#233;ologie (la grande croisade des d&#233;mocraties) conduit &#224; nourrir la mont&#233;e aux extr&#234;mes de fa&#231;on dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Logique-de-la-guerre-+.html" rel="tag"&gt;Logique de la guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Recherche-de-la-paix-+.html" rel="tag"&gt;Recherche de la paix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-But-de-guerre-+.html" rel="tag"&gt;But de guerre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faire la guerre, ou &#224; un degr&#233; plus limit&#233;, soutenir l'effort de guerre de quelqu'un, est un acte &#224; la fois co&#251;teux et risqu&#233;. Il n'a de sens que si l'enjeu le justifie. C'est le sens bien compris de l'adage de Clausewitz : la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens, car cela implique qu'on fait la guerre, comme la politique, pour rechercher une certain r&#233;sultat. D'o&#249; l'importance centrale des buts de guerre. Ce ne sont pas des objectifs fixes, puisque le d&#233;roulement m&#234;me de la guerre peut conduire &#224; les modifier. Mais ils d&#233;finissent ce pourquoi on se bat (ou aide d'autres &#224; se battre) ; et donc il permet d'&#233;valuer, &#224; chaque &#233;tape, les moyens qu'on engage et les risques que l'on prend. Or en l'esp&#232;ce, au-del&#224; d'un point de d&#233;part &#233;vident (soutenir une Etat agress&#233; et envahi), l'&#233;volution des buts de guerre occidentaux pose de plus en plus de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Typologie des buts de guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;videmment un tr&#232;s grand nombre de tels buts de guerre possibles. Mais il me para&#238;t utile pour la r&#233;flexion d'en distinguer trois grands types au moins : id&#233;ologiques, imp&#233;rialistes et patriotiques. Les premiers se fondent sur une analyse de la situation fonction d'un jugement d'ordre id&#233;ologique, visant &#224; promouvoir certaines id&#233;es ou valeurs. Les seconds visent &#224; accro&#238;tre la puissance ou l'influence d'un Etat sur d'autres. Les troisi&#232;mes visent &#224; assurer au mieux l'&#233;panouissement d'une communaut&#233; clairement d&#233;finie, en g&#233;n&#233;ral nationale. Naturellement ils peuvent se combiner entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on admet que la paix est un bien en soi, il est d'embl&#233;e clair que les deux premiers types favorisent les options guerri&#232;res, la premi&#232;re notamment. En effet une id&#233;ologie n'admet pas de compromis et tend &#224; classer le monde entre bons et m&#233;chants. Dans une telle vision des choses, non seulement l'emploi de la force appara&#238;t facilement comme une exigence &#233;thique, mais on tendra &#224; refuser tout compromis. Ce faisant, on favorise l'ascension aux extr&#234;mes que le processus m&#234;me de la guerre tend par ailleurs &#224; produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type imp&#233;rialiste pousse &#233;videmment aussi &#224; la guerre mais de fa&#231;on normalement plus calcul&#233;e, car si on y juge acceptable l'hypoth&#232;se de la guerre pour accro&#238;tre sa puissance, encore faut-il avoir des chances d'y r&#233;ussir sans risque ou co&#251;t excessifs. Naturellement ce type peut aussi mettre en avant des motifs id&#233;ologiques ou patriotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type patriotique ne fait pas de l'action sur le monde ext&#233;rieur un objectif en lui-m&#234;me. Ne se donnant pas d'objectif id&#233;ologique, ni une emprise sur le monde ext&#233;rieur, il ne pousse en soi pas &#224; la guerre &#8211; hors &#233;videmment une guerre d&#233;fensive. M&#234;me s'il peut &#224; l'occasion s'hybrider et prendre des dimensions imp&#233;rialistes (ce qu'on appelle nationalisme au sens p&#233;joratif du terme), ou id&#233;ologiques (en 14-18 la propagande des deux c&#244;t&#233;s a d&#233;peint l'ennemi comme la barbarie incarn&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, et contrairement &#224; l'id&#233;e r&#233;pandue, c'est le premier type qui est le plus favorable &#224; la guerre et notamment &#224; une guerre radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cisive dans notre monde, la politique am&#233;ricaine oscille en permanence entre ces p&#244;les. Mais la dimension id&#233;ologique y a &#233;t&#233; et reste tr&#232;s souvent consid&#233;rable, en outre fr&#233;quemment combin&#233;e (voire confondue) avec la deuxi&#232;me, l'imp&#233;rialisme. La troisi&#232;me y est plus sporadique, et prend la forme d'un repli relatif (isolationnisme). Quant &#224; l'Union europ&#233;enne (Bruxelles), &#233;tant elle-m&#234;me largement id&#233;ologique, elle tend &#224; prendre la m&#234;me pente, m&#234;me si les Etats membres sont en g&#233;n&#233;ral plus prudents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Application &#224; la guerre d'Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'initiative m&#234;me de la guerre, la partie russe met en avant des arguments d'ordre patriotique : la menace de l'Otan, le sort des populations russophones. Ces arguments ne sont pas sans valeur, car il y a eu une r&#233;elle pouss&#233;e de l'Otan en Europe orientale, et le basculement de l'Ukraine dans ce camp pouvait &#234;tre v&#233;cu c&#244;t&#233; russe comme une menace suppl&#233;mentaire (m&#234;me si on peut douter de l'existence d'une menace directe d'attaque sur la Russie, puissance nucl&#233;aire). Mais il ne suffisent pas pour autant &#224; expliquer ou &#224; justifier l'invasion. C'est d'abord du fait de la disproportion des moyens utilis&#233;s, une guerre d'invasion en bonne et due forme, avec les ravages que cela comporte, et la remise en cause radicale des rapports internationaux qu'elle implique. En outre les buts affich&#233;s initialement (d&#233;militarisation, purge politique appel&#233;e d&#233;nazification etc.) comportaient une remise en cause en profondeur de la souverainet&#233; de l'Ukraine, elle aussi non justifiable par ces m&#234;mes motifs. Ajoutons enfin que la dimension imp&#233;rialiste est manifeste tant dans les origines et les r&#233;f&#233;rences de son syst&#232;me politique que dans d'autres interventions russes, allant bien au-del&#224; du patriotisme simple (cas &#233;vident de la Syrie), m&#234;me si elles restent limit&#233;es &#224; une zone de proximit&#233; relative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, des arguments relevant eux du patriotisme (ou justifiables dans cette optique) ont conduit au d&#233;part les Occidentaux &#224; sanctionner la Russie dans son acte d'agression d'un pays souverain et &#224; aider ce dernier, mais en &#233;vitant toute entr&#233;e en guerre directe. A fortiori, la r&#233;action ukrainienne va de soi dans une perspective patriotique, m&#234;me si son r&#233;gime politique est loin d'&#234;tre irr&#233;prochable par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la situation a clairement &#233;volu&#233;. Comme toujours, quand une guerre est d&#233;clench&#233;e, elle a sa propre logique. Les Ukrainiens ont montr&#233; une capacit&#233; &#224; se battre nettement sup&#233;rieure &#224; ce qui &#233;tait commun&#233;ment &#233;valu&#233;, et ont re&#231;u une aide croissante. Et l'arm&#233;e russe a &#233;t&#233; nettement en de&#231;&#224; de ce qui &#233;tait g&#233;n&#233;ralement estim&#233;. Les combats continuent donc. Corr&#233;lativement, les buts de guerre au moins implicites ont &#233;volu&#233;. C&#244;t&#233; russe on para&#238;t s'orienter vers une annexion au moins de fait de toute la partie Est et Sud de l'Ukraine qu'il leur sera possible de r&#233;cup&#233;rer, plus riche au moins au d&#233;part, plus strat&#233;gique et plut&#244;t russophone. Buts totalement incompatibles avec ceux de l'Ukraine, qui met en avant son int&#233;grit&#233; territoriale. Le juge de paix ne peut alors &#234;tre que la guerre elle-m&#234;me. Laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me, elle trouverait son terme soit dans la victoire d'un des camps (semble-t-il alors plut&#244;t russe), soit dans un &#233;puisement des parties conduisant &#224; figer le statu quo du moment. Mais plus elle dure, plus les adversaires en subissent les effets, et notamment l'Ukraine dont les infrastructures et l'&#233;conomie sortiront d&#233;vast&#233;es (sans parler bien s&#251;r des victimes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; occidental en revanche, et surtout am&#233;ricain, la dimension id&#233;ologique a pris de plus en plus le dessus. Il s'agit d&#233;sormais d'inscrire cette guerre dans un grand r&#233;cit de lutte des d&#233;mocraties contre les r&#233;gimes autoritaires, dans l'espoir (si on en croit les d&#233;clarations) soit d'un changement de r&#233;gime &#224; Moscou (s'il va dans le bon sens), soit d'une saign&#233;e mettant la puissance russe hors d'&#233;tat d'agir pour un bon moment. Dans une telle optique, et conform&#233;ment &#224; la logique id&#233;ologique, non seulement ou nourrit la guerre, mais on participe &#224; la surench&#232;re, &#224; l'ascension aux extr&#234;mes que la guerre tend &#224; nourrir par nature. Avec un double risque : l'un, d'&#234;tre finalement impliqu&#233; directement ; l'autre, de conduire les Russes &#224; user de moyens (comme le nucl&#233;aire tactique mais pas seulement) qui feraient basculer les rapports internationaux dans une nouvelle &#232;re. Le risque est donc &#233;lev&#233;, et l'id&#233;ologie ne donne pas de cran d'arr&#234;t. A cela s'ajoute le fait qu'une victoire ukrainienne, signifiant la reconqu&#234;te de tout son territoire, serait pour le r&#233;gime russe et la fiert&#233; nationale un r&#233;sultat d&#233;sastreux. Si une &#233;volution en ce sens devait appara&#238;tre, l'incitation &#224; acc&#233;l&#233;rer l'escalade serait alors irr&#233;sistible pour la partie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en d&#233;duis que les buts de guerre id&#233;ologiques affich&#233;s de plus en plus par les Occidentaux, Am&#233;ricains surtout (qui n'ont rien &#224; perdre) et &#224; leur suite Europ&#233;ens (qui eux ont beaucoup &#224; perdre) sont dangereux &#8211; m&#234;me si un E. Macron est plus prudent. Sauf issue militaire improbable, la Russie fera partie du paysage international de demain. On peut &#233;videmment esp&#233;rer que l'issue de la guerre sera le moins favorable possible pour elle, et agir en ce sens. Mais sans de ce fait prendre de risque excessif, sans nourrir l'ascension aux extr&#234;mes, et sans d&#233;truire des liens utiles ou des actifs. D&#233;j&#224; il &#233;tait irrationnel de d&#233;manteler toutes les positions des entreprises occidentales en Russie, ou de boycotter sportifs et artistes. A fortiori de mettre en place des embargos dont les Europ&#233;ens souffrent au moins autant sinon plus que les Russes (cas &#233;vident de l'&#233;nergie). Ajoutons que en dehors du camp occidental, les appels au grand r&#233;cit d&#233;mocratique ne mobilisent personne sur la plan&#232;te &#8211; et pas plus les r&#233;gimes dits d&#233;mocratiques, hors Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens contraire, certains comparent la situation &#224; Munich, et rappellent que tout compromis avec Hitler &#233;tait alors illusoire. De fait, avec ce que nous savons, la guerre avec ce dernier &#233;tait in&#233;vitable. En est-il de m&#234;me ici ? Certes comme on l'a dit la Russie de Poutine a une dimension imp&#233;rialiste. Mais il n'est d'abord pas &#233;vident qu'elle repose sur une vision dichotomique et folle du monde comme celle des nazis ; en outre elle a montr&#233; jusqu'ici qu'elle continuait &#224; calculer ses effets (et donc &#224; les mesurer) m&#234;me si elle s'est &#233;videmment tromp&#233;e gravement en l'esp&#232;ce. En outre et surtout, l'&#233;tat des forces est tr&#232;s diff&#233;rent ; des puissances nucl&#233;aires majeures sont pr&#233;sentes des deux c&#244;t&#233;s, et la capacit&#233; de la Russie &#224; menacer directement des pays dans une guerre classique appara&#238;t d&#233;sormais bien faible, et nulle face &#224; l'Otan (avec sa composante am&#233;ricaine). Il n'y a donc pas de ce point de vue de risque majeur &#224; garder la mesure. Et le souci de la paix nous y conduit, notamment sur le plus long terme. Une paix qui supposera des compromis de part et d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, il est urgent de garder son sang-froid et d'en revenir &#224; un patriotisme sain. Au-del&#224; de cette situation imm&#233;diate, il s'agit au fond d'accepter la r&#233;alit&#233; d'un monde multipolaire, o&#249; nous devons vivre avec des gens que peut-&#234;tre nous n'aimons pas, mais qui existent et qui par ailleurs ont pour certains l'arme nucl&#233;aire. Il convient donc en permanence de garder la t&#234;te froide avec &#224; l'esprit la consid&#233;ration de la position o&#249; on se trouve. Ce sain patriotisme n'est pas repli sur soi et ses seuls int&#233;r&#234;ts, ni abandon de ses convictions, mais recherche de la position qui a le plus de sens pour le bien de tous et notamment celui de la communaut&#233; nationale qui est la n&#244;tre, l&#224; o&#249; elle est et selon ce qu'il nous est possible de faire, et sans poursuivre des chim&#232;res potentiellement d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine.&lt;i&gt; N&#176; 214 juin 2022.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/aide-a-lukraine-quels-sont-nos-buts-de-guerre/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre d'Ukraine : pour une politique nationale</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-guerre-d-Ukraine-pour-une-politique-nationale.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-guerre-d-Ukraine-pour-une-politique-nationale.html</guid>
		<dc:date>2022-03-29T16:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>But de guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Politique nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On tend trop souvent &#224; analyser la guerre d'Ukraine en termes &#233;motionnels, ou comme grande lutte des r&#233;gimes autoritaires et des r&#233;gimes d&#233;mocratiques. Je me placerai ici sur un plan diff&#233;rent : celui des relations internationales. Pour me concentrer sur les le&#231;ons &#224; en tirer pour la d&#233;termination d'une politique nationale pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-But-de-guerre-+.html" rel="tag"&gt;But de guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Politique-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Politique nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On tend trop souvent &#224; analyser la guerre d'Ukraine en termes &#233;motionnels, ou comme grande lutte des r&#233;gimes autoritaires et des r&#233;gimes d&#233;mocratiques. Je me placerai ici sur une plan diff&#233;rent : celui des relations internationales. Non pour &#233;voquer la question des r&#233;actions &#224; la crise (sanctions, etc.) ni celle des perspectives de sortie. Mais pour me concentrer sur les le&#231;ons &#224; en tirer pour la d&#233;termination d'une politique nationale pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.	Pour cadrer le d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons le principe de base en mati&#232;re internationale : chaque pays est autonome et responsable de son action. Cela ne veut pas dire qu'il ne consid&#232;re que ses seuls int&#233;r&#234;ts. Membre d'une communaut&#233; internationale, il prend aussi en compte ses relations avec les autres pays, tant pour coop&#233;rer que pour la recherche de la paix. Or dans le contexte international, un principe essentiel pour la recherche de la paix est le respect de la souverainet&#233; et donc des fronti&#232;res. Ce principe n'est pas absolu ni totalement inviolable, et il y a des pr&#233;c&#233;dents graves, comme la guerre d'Iraq qui &#233;tait une guerre d'agression (malgr&#233; l'excuse des attaques ant&#233;rieures de l'Iraq sur ses voisins). Mais il reste par nature un rep&#232;re majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, l'attaque russe sur l'Ukraine, agression g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'un Etat souverain par un autre, sans provocation ou menace du premier directement sur le second, ne peut faire l'objet que d'une condamnation nette. M&#234;me si comme on sait les responsabilit&#233;s occidentales et notamment am&#233;ricaines sont significatives. Le joueur d'&#233;chec que paraissait &#234;tre Poutine a renvers&#233; la table, d'une fa&#231;on peu rationnelle. Notons incidemment que sur ce plan l'invasion contredit la doctrine affich&#233;e par le grand alli&#233; de la Russie, la Chine (rappelons que Taiwan est consid&#233;r&#233; partie de la Chine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.	Le paysage international &#224; la suite de l'attaque russe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par son ampleur et sa nouveaut&#233;, une telle agression repr&#233;sente un tournant majeur dans les relations internationales. D'un c&#244;t&#233;, c'est le retour &#224; la guerre comme instrument de rapports entre Etats, autrement que dans des cas qui pouvaient &#234;tre pr&#233;sent&#233;s &#224; tort ou &#224; raison comme une forme de police internationale. Et d'un autre c&#244;t&#233;, c'est une rupture franche entre la Russie et le monde occidental, et par l&#224; aussi le mode de r&#233;gulation internationale que celui-ci affiche. Bien entendu, une appr&#233;ciation compl&#232;te d&#233;pend des buts ultimes c&#244;t&#233; russe : volont&#233; de puissance et de revanche, reconstitution d'une grande Russie ou d'une forme d'URSS, etc. L'attaque montre en tout cas qu'on n'a pas affaire &#224; un patriotisme pur et simple, comme en t&#233;moignait d&#233;j&#224; l'intervention en Syrie, acte de puissance et non de d&#233;fense de la patrie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la guerre en Ukraine fait sortir les Europ&#233;ens de leur monde r&#234;v&#233; o&#249; la paix est une situation normale et o&#249; la question de la guerre ne se pose qu'au loin, dans des pays o&#249; s&#233;vissent encore d'affreux tyrans qu'une bonne police internationale doit pouvoir faire disparaitre. Ce qu'ils d&#233;couvrent est la possibilit&#233; de la guerre en Europe, en outre avec une puissance nucl&#233;aire majeure. Derri&#232;re, se profile ce qui &#233;tait pourtant clair depuis des ann&#233;es : l'&#233;mergence d'un monde multipolaire qui est un monde de puissances, o&#249; la guerre est possible, que j'ai d&#233;crit dans mon livre de 2017 appel&#233; justement Guide de survie dans un monde instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne, non r&#233;gul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est particuli&#232;rement &#233;vident en Asie, avec pr&#233;sence de grandes puissances actuelles ou potentielles, tant dans la r&#233;gion (Chine, Russie, Inde, dans une certaine mesure Japon) que venant du dehors (Etats-Unis) ; plus des puissances moyennes mais ayant un poids r&#233;el appr&#233;ciable (Iran, Pakistan, Arabie Saoudite, Indon&#233;sie, Cor&#233;e, Vietnam, sans parler de la Turquie et d'Isra&#235;l &#224; l'ouest du continent). Les rapports entre ces nombreuses puissances sont complexes et &#233;volutifs (y compris entre Russie et Chine, malgr&#233; les apparences), mais avec un point commun : les lignes de clivages ne sont pas id&#233;ologiques, ni vraiment des conflits de civilisations, et le patriotisme est partout une r&#233;alit&#233; de base indiscutable. Les r&#233;actions &#224; la guerre en Ukraine le confirment, avec tr&#232;s peu de condamnations franches venant de cette zone. Or l'Asie est de plus en plus le centre de gravit&#233; de la plan&#232;te et elle donnera de plus en plus le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute bien s&#251;r la situation toujours complexe et bellig&#232;ne du Moyen Orient, et la d&#233;rive croissante du Sahel, de la corne orientale de l'Afrique ou de la zone congolaise, et plus g&#233;n&#233;ralement d'une bonne partie de l'Afrique. Conflits, instabilit&#233; et guerres, mais l&#224; aussi, pas de conflit v&#233;ritablement id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.	Dans un monde de puissances, l'importance clef d'un patriotisme sain et lucide et non d'une croisade id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, la tentation latente en Europe et aux Etats-Unis reste l'id&#233;ologisation : en l'esp&#232;ce, interpr&#233;ter l'alliance de la Russie et de la Chine comme la sainte alliance des r&#233;gimes autoritaires contre les d&#233;mocraties, et tout voir en termes de grand combat manich&#233;en de celles-ci contre ceux-l&#224;. La guerre d'Ukraine a consid&#233;rablement raviv&#233; cette tendance, parfois jusqu'&#224; une forme d'hyst&#233;rie. Mais en fait, seuls les &#8216;Occidentaux' mettent en avant leur id&#233;ologie. Or comme je l'ai d&#233;j&#224; relev&#233; par ailleurs, la tentation id&#233;ologique est tr&#232;s dangereuse en mati&#232;re de relations internationales, et cela ind&#233;pendamment du bienfond&#233; de ce qu'on appelle ses &#8216;valeurs'. En termes clairs, il faut dans la plupart des cas choisir entre l'id&#233;ologie et la recherche de la paix. En outre, cette attitude, qui se veut moralisante, est celle qui rencontre le moins d'&#233;cho en dehors du monde occidental, d'autant que cela peut &#224; un moment ou un autre menacer la plupart des pays ou r&#233;gimes et a justifi&#233; dans le pass&#233; des agressions occidentales stupides, sanglantes et contreproductives (Iraq, Lybie etc.). Dans le cas ukrainien, condamner une agression manifeste est parlant ; y voir la lutte du bien et du mal est moins convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'emp&#234;che &#233;videmment pas de souligner les diff&#233;rences entre les diff&#233;rents r&#233;gimes politiques, de consid&#233;rer que tel ou tel est mauvais, et de promouvoir des valeurs qu'on juge essentielles. Rien n'emp&#234;che en effet d'avoir ses id&#233;es et de porter des jugements, notamment sur les r&#233;gimes jug&#233;s brutaux, agressifs, ou a fortiori totalitaires, et d'aider des &#233;volutions dans un sens qu'on juge meilleur. Mais cela doit s'inscrire dans un cadre de relations internationales o&#249; on doit admettre qu'on est un pays ou ensemble de pays parmi d'autres, qu'on est per&#231;u par les autres comme d&#233;fendant sa position et ses int&#233;r&#234;ts, et o&#249; surtout la guerre au sens propre (et l'escalade) est en g&#233;n&#233;ral contreproductive, en dehors m&#234;me de ses horreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ce qui compte est, l&#224; o&#249; on est, de jouer son r&#244;le et s'assumer ses responsabilit&#233;s, le patriotisme est plus que jamais &#224; l'ordre du jour. Patriotisme pacifique, inscrit dans une communaut&#233; des Etats et le respect mutuel, mais patriotisme profond et exigeant. Cela implique non seulement de disposer d'un outil de d&#233;fense puissant et efficace, donnant la plus grande autonomie possible et donc des budgets militaires appr&#233;ciables, mais aussi un esprit de combat, de d&#233;fense, que nous avons perdu (et dont les Ukrainiens montrent &#224; nouveau l'importance). Nous en sommes encore bien loin. C'est &#233;videmment pour nous la le&#231;on centrale de ces &#233;v&#232;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.	Quelles alliances militaires pour un pays comme la France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question des alliances. Un pays comme la France a &#224; la fois une tradition d'action autonome (d&#233;crite couramment sous le terme de gaullisme), qui s'est &#233;tiol&#233;e au fil du temps mais a pu encore se traduire r&#233;cemment ici ou l&#224;, et une inscription dans des alliances ou constructions politiques : l'Alliance atlantique et l'Union europ&#233;enne. Dans leur principe, on ne peut que conserver ces deux &#233;l&#233;ments, mais en les d&#233;limitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alliance est utile lorsqu'elle permet de maintenir une solidarit&#233; face &#224; ce qui serait un agression franche de la part d'une puissance, lorsque cette solidarit&#233; est justifi&#233;e. L'Alliance atlantique a fondamentalement pour r&#244;le de parer &#224; une menace sovi&#233;tique puis russe. Cette menace pouvait &#234;tre per&#231;ue comme moins actuelle, mais l'agression russe de l'Ukraine lui a donn&#233; une certaine cr&#233;dibilit&#233;. Bien s&#251;r, cela d&#233;pendra aussi de l'issue militaire de ce conflit. Et m&#234;me si la Russie se tirait bien de cette affaire mal engag&#233;e, elle n'est &#224; l'&#233;vidence pas en &#233;tat de menacer grand monde en dehors de son ancienne zone d'influence. Mais justement, le choix russe de mener cette agression fait qu'on doit int&#233;grer au moins l'hypoth&#232;se d'une telle attaque contre d'autres pays d'Europe orientale, ce qui redonne un sens &#224; l'Alliance, m&#234;me si la Russie ne sera &#224; court terme sans doute pas &#224; m&#234;me de le faire. Et pour la France, une telle attaque &#233;ventuelle et la vassalisation de l'Europe orientale ne seraient pas acceptables. Mais naturellement cela ne vaut que pour l'Europe (orientale). Il n'y a aucune raison pour que cela s'&#233;tende &#224; d'autres zones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces motifs n'impliquent pas un alignement g&#233;n&#233;ral, d'abord sur les Etats-Unis, qui sont la colonne vert&#233;brale de l'Otan, mais qui ont commis suffisamment d'erreurs dans le pass&#233; pour ne pas &#234;tre suivis partout ; comme aussi sur des Europ&#233;ens dont nous sommes loin de partager toutes les vues, ni n'avons toujours les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts de d&#233;fense (notamment sur le plan naval, avec notre immense domaine maritime), ni la m&#234;me capacit&#233; &#224; agir. L'Alliance devient notamment contreproductive si elle se traduit par le suivi servile des errements de la politique am&#233;ricaine ou de leurs int&#233;r&#234;ts qui ne se confondent souvent pas avec les n&#244;tres, ou, pire, par des agissements qui sont des menaces pour la paix. Concr&#232;tement, en l'esp&#232;ce, il aurait par exemple fallu continuer &#224; s'opposer fermement &#224; l'hypoth&#232;se m&#234;me de l'entr&#233;e de l'Ukraine dans l'Otan. D&#232;s lors, sur le plan militaire, autant une interop&#233;rabilit&#233; peut &#234;tre utile voire indispensable pour des actions communes qu'on juge appropri&#233;es, autant il faut viser le maximum d'autonomie op&#233;rationnelle possible. Entre autres exemples, la Russie y parvient technologiquement alors que son &#233;conomie est plus r&#233;duite que la n&#244;tre ; Isra&#235;l, encore plus petit, dans une large mesure aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui conduit &#224; poser la question de notre participation &#224; l'organisation int&#233;gr&#233;e de l'Otan. Elle n'est pas indispensable (on s'en est pass&#233; pendant quarante ans) et il aurait mieux valu ne pas y entrer. Ce qui nous &#233;viterait aussi de nous endormir sous la protection am&#233;ricaine, r&#233;elle ou non, comme l'Otan conduit &#224; le faire. Logiquement cette analyse implique d'en sortir au moment opportun (et donc pas dans les circonstances actuelles), tout en restant dans l'Alliance. Une telle politique renforcerait la cr&#233;dibilit&#233; de la France dans ses tentatives d'interm&#233;diation ou d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S'agissant de l'Union europ&#233;enne, elle ne peut &#234;tre un cadre ad&#233;quat pour une politique de d&#233;fense, contrairement &#224; ce que pr&#233;tend E. Macron. D'une part, les autres pays europ&#233;ens en quasi-totalit&#233; (et surtout &#224; l'Est) sont plus que jamais convaincus que le lieu ad&#233;quat pour cela est l'Otan, et que leur d&#233;fense est assur&#233;e d'abord et surtout par les Etats-Unis ou avec eux, y compris quand ils renforcent leur propre effort de d&#233;fense. D'autre part, dans la plupart des cas, les divergences de vues sur l'opportunit&#233; d'une action militaire et sur sa direction sont notables entre Europ&#233;ens. L'agression russe de l'Ukraine est une exception, puisque l'accord de tous &#233;tait d'embl&#233;e &#233;vident, au moins sur le principe ; mais les mesures prises auraient pu l'&#234;tre dans le cadre d'un simple instrument de concertation entre Etats, sans besoin d'une d&#233;fense commune. En outre ces mesures (sanctions, livraisons d'armes) &#233;taient justifi&#233;es au d&#233;part mais tendent &#224; devenir irrationnelles (boycott de musiciens !) et surtout contreproductives, ainsi le d&#233;sengagement des entreprises de Russie, au seul profit des Russes. Enfin cette d&#233;fense commune n'est pas pr&#233;vue par les trait&#233;s ; et le paragraphe des trait&#233;s sur la solidarit&#233; entre Europ&#233;ens face &#224; une agression n'y conduit pas, sauf cas particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut donc pas s'obnubiler sur le mythe d'une d&#233;fense europ&#233;enne autonome, qui dans l'&#233;tat actuel des choses ne serait au mieux qu'une variante au sein de l'Otan, et au pire la clef de notre immobilisme. Et d'ailleurs, m&#234;me si ce mythe se r&#233;alisait, &#224; savoir une d&#233;fense europ&#233;enne totalement int&#233;gr&#233;e et bien &#233;quip&#233;e, pour la plupart des Europ&#233;ens elle ferait moins bien que l'Otan face &#224; une puissance nucl&#233;aire majeure comme la Russie, dans le cas ukrainien ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche une coop&#233;ration avec les autres Europ&#233;ens, notamment dans les industries de d&#233;fense, est n&#233;cessaire et b&#233;n&#233;fique, tout en prenant garde d'avoir une r&#233;elle r&#233;ciprocit&#233;, contrairement &#224; ce qu'on voit (ainsi r&#233;cemment pour les avions am&#233;ricains achet&#233;s par l'Allemagne - apr&#232;s bien d'autres cas), et de ne pas se faire lier les mains, ou, pire, d&#233;poss&#233;der de notre outil par id&#233;ologie ou esprit de syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;i&gt;le 28 mars 2022. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/la-guerre-dukraine-lecons-pour-une-politique-nationale-%ef%bf%bc/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/la-guerre-dukr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Un article avec une r&#233;daction un peu diff&#233;rente a &#233;t&#233; publi&#233; sur&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;i&gt;avril 2022).&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/la-guerre-dukraine-lecons-pour-une-politique-nationale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La victoire militaire peut-elle &#234;tre une solution morale &#224; un conflit ? Le cas syrien</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-victoire-militaire-peut-elle-etre-une-solution-morale-a-un-conflit-Le-cas.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-victoire-militaire-peut-elle-etre-une-solution-morale-a-un-conflit-Le-cas.html</guid>
		<dc:date>2016-10-03T15:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Logique de la guerre</dc:subject>
		<dc:subject>But de guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Syrie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La reprise des combats &#224; Alep laisse entendre que le gouvernement syrien et ses alli&#233;s russes et iraniens ont fait le choix de la victoire militaire, au moins pour s'assurer le contr&#244;le de ce qu'on appelle la Syrie utile, de Damas &#224; Alep et jusqu'&#224; la M&#233;diterran&#233;e. On s'interroge naturellement sur le succ&#232;s possible ou non de cette strat&#233;gie, qui peut &#234;tre gagnante m&#234;me si la situation est extr&#234;mement complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question que je pose ici est diff&#233;rente ; elle est &#233;thique et g&#233;n&#233;rale, et va bien au-del&#224; de la Syrie : y a-t-il des cas o&#249; une situation &#233;tant ce qu'elle est, la poursuite de la victoire militaire est moralement la moins mauvaise solution ? Si oui, est-ce que cela reste vrai m&#234;me en cas de guerre civile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lire&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Israel-Palestine-Gaza-.html" rel="directory"&gt;Moyen Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Logique-de-la-guerre-+.html" rel="tag"&gt;Logique de la guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-But-de-guerre-+.html" rel="tag"&gt;But de guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-Syrie-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Syrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La reprise des combats &#224; Alep laisse entendre que le gouvernement syrien et ses alli&#233;s russes et iraniens ont fait le choix de la victoire militaire, au moins pour s'assurer le contr&#244;le de ce qu'on appelle la Syrie utile, de Damas &#224; Alep et jusqu'&#224; la M&#233;diterran&#233;e. On s'interroge naturellement sur le succ&#232;s possible ou non de cette strat&#233;gie, qui peut &#234;tre gagnante m&#234;me si la situation est extr&#234;mement complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question que je pose ici est diff&#233;rente ; elle est &#233;thique et g&#233;n&#233;rale, et va bien au-del&#224; de la Syrie : y a-t-il des cas o&#249; une situation &#233;tant ce qu'elle est, la poursuite de la victoire militaire est moralement la moins mauvaise solution ? Si oui, est-ce que cela reste vrai m&#234;me en cas de guerre civile ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Des guerres justes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de savoir s'il y a des cas o&#249; la guerre serait moralement meilleure que la paix : il n'y en a &#233;videmment pas. Il est toujours moralement n&#233;cessaire de chercher les moyens de parvenir rapidement &#224; la paix, d'att&#233;nuer les cons&#233;quences de la guerre pendant son d&#233;roulement, et de pr&#233;parer la paix en r&#233;duisant les s&#233;quelles in&#233;vitables de l'affrontement. Au minimum, il faut &#234;tre ouvert &#224; des discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est bien plut&#244;t : y a-t-il des cas o&#249; on peut avoir moralement le droit &#224; poursuivre r&#233;solument la guerre, en recherchant la paix par la victoire militaire ? Pos&#233;e en termes aussi g&#233;n&#233;raux, la r&#233;ponse me para&#238;t &#234;tre positive. La seconde guerre mondiale vient imm&#233;diatement &#224; l'esprit. Mais voyons plus en d&#233;tails ce qu'il en est, notamment d'un point de vue chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose &#233;videment d'abord que la guerre en question soit juste. Or si, comme le pape Fran&#231;ois l'a rappel&#233;, il n'y a pas de guerre sainte, l'Eglise catholique a toujours reconnue l'existence de &#8216;guerres justes'. Sa doctrine traditionnelle sur ce point est d'ailleurs un mod&#232;le de pond&#233;ration. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans son Cat&#233;chisme au N&#176; 2309, apr&#232;s avoir rappel&#233; qu'il faut toujours essayer d'&#233;viter la guerre, elle reconnait un droit de l&#233;gitime d&#233;fense, et cons&#233;quemment la possibilit&#233; de la guerre, mais sous plusieurs conditions pr&#233;cises. Si le dommage inflig&#233; par l'agresseur est durable, grave et certain ; si tous les moyens pour le faire cesser autrement s'av&#232;rent inefficaces ou impossibles ; si les conditions sont telles qu'il y a des chances s&#233;rieuses de r&#233;ussir ; et si on ne cr&#233;e pas un mal pire par son action, notamment par l'usage qu'on fait d'armes particuli&#232;rement destructrices. Notons que ce dernier point inclut la condamnation explicite des bombardements de villes ou de r&#233;gions enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliqu&#233;e &#224; la seconde guerre mondiale (c&#244;t&#233; Alli&#233;, mais aussi russe) cette doctrine me para&#238;t justifier leur combat dans son principe. Mais pas les bombardements indiscrimin&#233;s des villes allemandes et japonaises. Cet exemple montre d&#232;s lors que m&#234;me une partie qui commet des actes de barbaries, des crimes de guerre, peut rester n&#233;anmoins l&#233;gitime dans le principe &#8211; outre que, en l'esp&#232;ce, leurs adversaires avaient des m&#233;thodes semblables ou pires. Cette approbation de principe de la poursuite de la guerre c&#244;t&#233; alli&#233;s laisse cependant ouverte la question de la justification des buts de guerre de ces m&#234;mes alli&#233;s, qui &#233;taient la capitulation pure et simple de l'adversaire : par sa radicalit&#233;, cela rendait ind&#233;niablement la paix plus difficile, sauf &#233;crasement militaire total de l'adversaire. Ce qui en un sens a conduit &#224; Hiroshima. Encore une fois, sans remettre en cause la l&#233;gitimit&#233; de la guerre comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment la guerre du Golfe de 1990, faisant suite &#224; l'invasion du Kowe&#239;t par l'Iraq rel&#232;ve tr&#232;s probablement de la m&#234;me analyse et peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e justifiable : elle r&#233;pondait &#224; une agression pure, sans fondement, et on pouvait y r&#233;pondre efficacement sans effet disproportionn&#233;. En sens contraire l'invasion de l'Iraq en 2003 &#233;tait manifestement injustifiable selon tous les crit&#232;res disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#234;me en cas de guerre civile ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-on appliquer les m&#234;mes crit&#232;res au cas d'une guerre civile ? La question est embrouill&#233;e par le fait qu'une telle guerre laisse rarement indiff&#233;rents les voisins. Mais si on parle de guerre civile c'est que, au moins &#224; l'origine du conflit, on trouve les membres d'une m&#234;me communaut&#233; politique, suppos&#233;e auparavant en paix. La difficult&#233; principale dans une guerre civile est la d&#233;finition de ce qu'on peut appeler agresseur. Certains verront comme tel un gouvernement tyrannique, et trouveront justifi&#233; de se r&#233;volter contre lui. Mais le gouvernement peut lui aussi analyser comme agression une r&#233;bellion arm&#233;e. Par ailleurs se pose la question des voies alternatives &#224; la guerre : existaient-elles ou non au d&#233;part, sont-elles cr&#233;dibles ou non une fois le conflit commenc&#233; ? Cela suppose une analyse politique, par nature complexe, sur ce qui est ou aurait &#233;t&#233; possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse commun&#233;ment apport&#233;e ici par le discours dominant est de s'en remettre &#224; des &#233;lections. Cela revient &#224; dire : si toutes les parties admettent des &#233;lections libres, le probl&#232;me sera r&#233;gl&#233;. Il va de soi que si la perspective d'&#233;lections libres est cr&#233;dible, capables de mettre en place un gouvernement reconnu comme l&#233;gitime par la plupart des parties, cela constitue une voie permettant d'&#233;viter ou d'arr&#234;ter la guerre. Malheureusement dans la pratique cela revient &#224; supposer le probl&#232;me r&#233;solu. S'il y a guerre civile, c'est que l'une ou l'autre des parties, sinon toutes, r&#233;cusent soit la possibilit&#233; de ces &#233;lections, soit leur r&#233;sultat effectif ou probable, soit m&#234;me la politique men&#233;e par un gouvernement &#233;lu qui peut d'ailleurs effectivement &#234;tre tyrannique m&#234;me s'il a &#233;t&#233; &#233;lu l&#233;gitimement. En g&#233;n&#233;ral les &#233;lections supposent l'apaisement, la paix, et ne la pr&#233;c&#233;dent pas. En outre leur cr&#233;dibilit&#233; est nulle tant que des forces arm&#233;es sont d&#233;ploy&#233;es contr&#244;lant chacune un bout du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'&#233;chappe donc pas &#224; la probl&#233;matique g&#233;n&#233;rale de la question de la guerre juste. Elle est aggrav&#233;e dans le cas de la guerre civile ; en effet ces guerres sont en g&#233;n&#233;ral plus f&#233;roces que les guerres entre pays ; et surtout elles ont un effet d&#233;vastateur puisqu'elles d&#233;chirent radicalement le tissu de la communaut&#233; en dressant les parties l'une contre l'autre. Il s'en d&#233;duit qu'il sera encore plus rare qu'une guerre civile soit justifi&#233;e, qu'une guerre entre pays. D'o&#249; une cons&#233;quence majeure, qu'on tire rarement : il est tr&#232;s rare qu'une insurrection soit moralement justifi&#233;e, si comme c'est le cas en g&#233;n&#233;ral elle a des chances s&#233;rieuses de d&#233;boucher sur une guerre civile. Car m&#234;me si le r&#233;gime en place est tr&#232;s discutable, voire ill&#233;gitime, presque toujours le dommage caus&#233; par lui sera inf&#233;rieur &#224; celui r&#233;sultant de la guerre civile ; en outre, les chances de succ&#232;s d'une telle r&#233;volte sont en g&#233;n&#233;ral al&#233;atoires. Cons&#233;quence encore : l'admiration b&#233;ate des Occidentaux pour les r&#233;volutions en g&#233;n&#233;ral est stupide et irresponsable. Au mieux, une r&#233;volution n'est justifi&#233;e que dans le cas d'un r&#233;gime faible, qui ne r&#233;siste pas, et qui est remplac&#233; tr&#232;s vite et efficacement par un r&#233;gime raisonnablement l&#233;gitime et stable. Mais ce cas est &#233;videmment tr&#232;s rare : la Tunisie de Ben Ali en fait sans doute partie, mais aucune autre r&#233;volution arabe parmi toutes celles qui l'ont suivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire du point de vue du gouvernement qui fait face &#224; une telle r&#233;volte ? Est-il moralement fond&#233; &#224; r&#233;sister par la force ? La question est un peu th&#233;orique reconnaissons-le : s'il est en place, c'est qu'il pr&#233;tend &#234;tre justifi&#233; &#224; le faire. Mais elle garde quand m&#234;me une certaine pertinence, notamment pour les tiers, la population ou les Etats &#233;trangers. Mais &#224; nouveau, l'id&#233;e occidentale implicite selon laquelle face &#224; des manifestations de masse un gouvernement doit aussit&#244;t c&#233;der le pouvoir ne tient pas debout : cela n'a de sens que si une voie pacifique de r&#233;solution du conflit existe vraiment, et si on est certain qu'elle ne d&#233;bouchera pas sur un r&#233;gime pire. Ce qui est rare. Cons&#233;quence : un gouvernement peut juger qu'il a le droit &#224; utiliser la force pour se d&#233;fendre. D'ailleurs, si en 2013 une manifestation de la taille de la Manif pour tous avait exig&#233; en France la d&#233;mission du gouvernement et march&#233; sur l'Elys&#233;e, le r&#233;gime r&#233;publicain se serait d&#233;fendu, y compris par la force. Naturellement pour que cette r&#233;action soit moralement correcte il faut qu'elle emploie des moyens raisonnables et proportionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ensuite une guerre civile a &#233;clat&#233;, il peut se trouver qu'une paix soit possible par la n&#233;gociation. Mais c'est rare, sauf apr&#232;s des ann&#233;es et &#233;puisement des parties dont aucune ne parviendrait &#224; l'emporter sur le terrain. On peut aussi imaginer une intervention &#233;trang&#232;re ; mais pour &#234;tre justifiable il faut non seulement qu'elle soit rapidement victorieuse, mais qu'on puisse ensuite acheminer un pays aussi divis&#233; vers un &#233;tat de coexistence paisible, ce qui suppose que cette puissance &#233;trang&#232;re accepte de le prendre en main le pays sur la longue dur&#233;e. On mesure la raret&#233; du cas. Reste alors comme d&#233;bouch&#233; probable le d&#233;roulement de la guerre &#224; son terme, et donc la victoire d'une des parties ou une partition de droit ou de fait. On comprend de la logique qui vient d'&#234;tre d&#233;roul&#233;e que cette hypoth&#232;se puisse &#234;tre accept&#233;e, ou plus exactement qu'il est possible qu'il ne se d&#233;gage pas de meilleure solution. Ce qui &#224; nouveau, comme dans toute guerre, ne rend pas pour autant l&#233;gitime l'usage de n'importe quel moyen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cas syrien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Loin de moi l'id&#233;e d'apporter une r&#233;ponse nette au terrible drame syrien. Au vu cependant des faits, il me para&#238;t qu'on peut &#233;noncer les points suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Syrie des Assad n'&#233;tait pas un r&#233;gime satisfaisant, c'est le moins qu'on puisse dire ; c'&#233;tait et cela reste une dictature brutale. En m&#234;me temps le r&#233;gime, relativement la&#239;c, permettait la coexistence des nombreuses minorit&#233;s qui composent la Syrie, de fa&#231;on globalement paisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probabilit&#233; qu'une r&#233;volte contre ce r&#233;gime ne d&#233;bouche pas sur une guerre civile &#233;tait nulle. La probabilit&#233; d'&#233;lections vraiment libres sans doute de m&#234;me. La probabilit&#233; que d'&#233;ventuelles &#233;lections ouvertes d&#233;bouchent sur un r&#233;gime islamiste, aussi brutal et autoritaire que l'existant mais beaucoup moins tol&#233;rant, &#233;tait tr&#232;s forte. La base politique des d&#233;mocrates la&#239;cs &#224; l'occidentale y &#233;tait et reste tr&#232;s faible. Il r&#233;sulte de cela une cons&#233;quence claire : autant une action politique pacifique (interne ou externe) &#233;tait justifi&#233;e, autant tout encouragement &#224; la r&#233;bellion &#233;tait irresponsable. A fortiori l'appui massif, en finances et en armement, que celle-ci a re&#231;u, tant des Occidentaux que des Saoudiens et de leurs amis. On peut en d&#233;duire aussi que le r&#233;gime pouvait se juger fond&#233; &#224; r&#233;sister &#224; la r&#233;volte. Il est caract&#233;ristique que les chr&#233;tiens syriens l'aient presque tous soutenu. Sans l'intervention &#233;trang&#232;re la guerre serait finie depuis longtemps, et au profit du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira : les moyens de r&#233;pression utilis&#233;s par ce r&#233;gime &#233;taient et sont f&#233;roces et disproportionn&#233;. C'est sans doute vrai, m&#234;me si l'information que nous recevons est biais&#233;e et unilat&#233;rale, essentiellement aux mains des ennemis de ce r&#233;gime, et s'apparente plut&#244;t &#224; de la propagande. Mais on l'a vu avec la seconde guerre mondiale, la mise en &#339;uvre de moyens condamnables m&#234;me av&#233;r&#233;s ne suffit pas ipso facto &#224; rendre injuste un combat. D'autant que la sup&#233;riorit&#233; morale de ses adversaires reste &#224; prouver sur ce plan &#233;galement. Le d&#233;bat n'est pas aussi facilement tranch&#233; qu'on le pr&#233;tend ; en outre une condamnation ne donne pas en soi de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant la guerre est lanc&#233;e, et elle a atteint un niveau de complexit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent pour un pays de cette taille, puisqu'on peut compter au minimum 4 camps, en guerre active ou potentielle chacun avec les autres (le r&#233;gime, les Kurdes, Daech, et la r&#233;bellion - qui est pour l'essentiel islamiste et elle-m&#234;me divis&#233;e), ce &#224; quoi s'ajoutent de nombreuses puissances &#233;trang&#232;res parties prenantes tr&#232;s actives. L'issue en est donc impr&#233;visible, m&#234;me si un certain avantage appara&#238;t se d&#233;gager actuellement en faveur du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la paix peut &#234;tre possible ? La paix impos&#233;e de l'&#233;tranger est au fond le but des n&#233;gociations russo-am&#233;ricaines. Ses chances de succ&#232;s ne sont pas nulles mais faibles (en supposant les parties bien intentionn&#233;es) ; et ce serait sans doute une partition. Cela supposerait en outre une pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re durable. La voie est donc tr&#232;s &#233;troite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cela ne marche pas, il ne reste que la solution militaire. A nouveau cela ne justifie pas n'importe quels moyens. Mais on comprend qu'elle se r&#233;active d&#232;s que la voie des n&#233;gociations s'enlise, ou que le terrain s'embrase pour une raison ou une autre. Actuellement c'est le r&#233;gime qui est reparti &#224; l'assaut &#224; Alep ; et les m&#233;dias occidentaux de s'indigner. Mais si c'&#233;tait les rebelles qui avaient lanc&#233; l'assaut sur Alep on aurait &#233;t&#233; beaucoup moins regardant. Il est normal de s'indigner car ces populations souffrent ; et cela peut aider &#224; limiter la casse en mod&#233;rant les agressions. Mais il faut &#234;tre lucide sur ce qui se passe : quand on n'arrive pas &#224; construire une paix tol&#233;rable, la guerre poursuit sa logique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
