<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=18&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Peu importe Bayrou : la menace de la dette est bien r&#233;elle.</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Peu-importe-Bayrou-la-menace-de-la-dette-est-bien-reelle.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Peu-importe-Bayrou-la-menace-de-la-dette-est-bien-reelle.html</guid>
		<dc:date>2025-08-29T08:05:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Crise fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement Bayrou aux abois dramatise encore son message sur la menace de la dette fran&#231;aise. Par r&#233;action politiques et journalistes, de plus en plus nombreux, vous expliquent qu'il n'y a pas de probl&#232;me ou qu'il reste interne, purement entre Fran&#231;ais. Mauvaise pioche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que le gouvernement Bayrou ait &#233;chou&#233; est un fait ; qu'Emmanuel Macron ait une &#233;crasante responsabilit&#233;, de m&#234;me. D'o&#249; un crise politique majeure. Mais dire que la dette ne repr&#233;sente pas une menace croissante et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-dette-+.html" rel="tag"&gt;Crise dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-francaise-+.html" rel="tag"&gt;Crise fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-publique-+.html" rel="tag"&gt;Dette publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/deadline-6575676_640.webp?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Bayrou aux abois dramatise encore son message sur la menace de la dette fran&#231;aise. Par r&#233;action politiques et journalistes, de plus en plus nombreux, vous expliquent qu'il n'y a pas de probl&#232;me ou qu'il reste interne, purement entre Fran&#231;ais. Mauvaise pioche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le gouvernement Bayrou ait &#233;chou&#233; est un fait ; qu'Emmanuel Macron ait une &#233;crasante responsabilit&#233;, de m&#234;me. D'o&#249; un crise politique majeure. Mais dire que la dette ne repr&#233;sente pas une menace croissante et potentiellement d&#233;vastatrice est un signe de c&#233;cit&#233; grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Club de Paris, qui traite justement les questions de dette, j'ai &#233;voqu&#233; la question depuis longtemps (comme bien d'autres) et notamment encore en fin 2024 &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/Dette publique fran&#231;aise : le sympt&#244;me d'un mal politique - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;Dette publique fran&#231;aise : le symp...&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opolitique - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opol...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord fondamentalement, hors crise grave ou guerre, il n'y a aucun sens &#224; financer par la dette des d&#233;penses courantes, comme nous le faisons depuis 50 ans. Les autres aussi, mais nous plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite nous nous endettons en grande partie &#224; l'&#233;tranger, bien plus que les autres. Nous nous sommes mis dans la d&#233;pendance des march&#233;s. Et d'autant plus que nous ne contr&#244;lons pas notre monnaie, l'euro, qui est g&#233;r&#233;e au niveau de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin parce que l'Etat est en d&#233;ficit m&#234;me avant paiement des int&#233;r&#234;ts et emprunte donc chaque fois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi alors ce petit jeu continue-t-il ? Parce que nous parvenons &#224; emprunter chaque ann&#233;e plus aupr&#232;s des march&#233;s, d'abord pour payer le d&#233;ficit de l'ann&#233;e, ensuite et surtout pour rembourser les emprunts tombant &#224; &#233;ch&#233;ance cette ann&#233;e-l&#224;. Comment est-ce possible ? Pour deux raisons principales. D'abord &#233;videmment du fait du maintien d'une richesse relative du pays. Ensuite et surtout gr&#226;ce au parapluie europ&#233;en : un avantage apparent, qui se r&#233;v&#232;le &#234;tre en r&#233;alit&#233; une calamit&#233;, puisqu'il aveugle &#224; la fois les Fran&#231;ais et les march&#233;s, comme il l'avait fait avant 2010 notamment pour la Gr&#232;ce. Voir ici &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/L'Euro ensorceleur - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;L'Euro ensorceleur - Pierre de La...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Et un enfant de 10 ans comprendrait qu'en demandant chaque ann&#233;e plus sans am&#233;liorer sa situation, un jour la branche cassera. Quand ? On ne sait pas. Les march&#233;s ne sont rationnels au mieux qu'&#224; long terme. Mais sans changement de cap cela arrivera, et ce sera d&#233;vastateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est triste de voir un chroniqueur de talent des Echos, en g&#233;n&#233;ral mieux inspir&#233;, vous expliquer doctement (le 29 ao&#251;t 2025) que le FMI n'interviendra pas, avec tout ce que cela signifie d'aust&#233;rit&#233;, parce que la France n'a pas de probl&#232;me de balance des paiements courants, contrairement aux pays qui y ont eu recours. Car &#224; c&#244;t&#233; de cette balance, il y a celle des capitaux. Et si la France n'arrive plus &#224; emprunter pour payer les dettes qui tombent &#224; &#233;ch&#233;ance, elle aura un probl&#232;me majeur et devra trouver de l'argent. Soit aupr&#232;s du FMI - avec d'autres, soit sans argent FMI mais avec un programme d'ajustement de type FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc l&#224; o&#249; par le pass&#233; le d&#233;s&#233;quilibre venait en g&#233;n&#233;ral de la balance des paiements courants (celle des biens et services) , la France inaugurerait une formule nouvelle, fruit de l'accumulation d&#233;mentielle de dette publique qui caract&#233;rise la plupart des pays, mais o&#249; elle est champion : la crise de solvabilit&#233; pure d'un joueur qui ne sait pas s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Euro ensorceleur</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-Euro-ensorceleur.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-Euro-ensorceleur.html</guid>
		<dc:date>2025-01-24T17:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Euro</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Euro : un bilan rapide apr&#232;s 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la magie du mythe europ&#233;en qui a conduit &#224; l'euro - suppos&#233; &#234;tre une r&#233;ussite europ&#233;enne majeure. Mais la r&#233;alit&#233; est diff&#233;rente. La zone euro n'est pas une zone mon&#233;taire optimale, elle ne l'est pas plus aujourd'hui. Certains pays y ont gagn&#233;, d'autres perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est mal g&#233;r&#233;e depuis 40 ans. Mais c'est gr&#226;ce &#224; l'euro et &#224; sa magie qu'elle s'est endett&#233;e de fa&#231;on d&#233;mentielle. Comme la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ensorc&#232;lement ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Car il est tr&#232;s difficile de sortir de l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'euro, monnaie officielle fran&#231;aise depuis 1999, est pr&#233;sent&#233; comme une r&#233;ussite europ&#233;enne majeure, l'une des moins contestables. Il entre au nombre des espoirs &#233;veill&#233;s par l'an 2000. Mais la r&#233;alit&#233; est plus nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Naissance du magicien&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait qu'une motivation majeure de la cr&#233;ation de l'euro a &#233;t&#233; la possibilit&#233; de parvenir &#224; une r&#233;alisation f&#233;d&#233;rale, sans susciter les oppositions politiques in&#233;vitables dans les autres domaines, la monnaie apparaissant, &#224; tort, comme d'ordre technique. Cet outil f&#233;d&#233;ral pouvait &#234;tre mis en &#339;uvre par une institution technocratique, la Banque centrale europ&#233;enne. Il trouve sa source dans le c&#233;l&#232;bre trait&#233; de Maastricht de 1992, qui oblige sauf exception les Etats membres de l'UE &#224; adopter l'euro s'ils respectent certains crit&#232;res. On l'a volontiers pr&#233;sent&#233; comme une concession majeure des Allemands, attach&#233;s &#224; leur cher deutschemark, aux Fran&#231;ais, soucieux de ma&#238;triser l'Allemagne r&#233;unifi&#233;e dans une Europe &#171; toujours plus unie &#187;. On expliquait aussi que cela r&#233;pondait &#224; la difficult&#233; &#224; assurer une parit&#233; stable entre les monnaies europ&#233;ennes, d'autant que les mouvements de capitaux sont libres dans la zone et qu'on exclut de les canaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la zone euro n'est pas une zone mon&#233;taire optimale. Celle-ci suppose un fort degr&#233; d'int&#233;gration &#233;conomique, des politiques &#233;conomiques proches et convergentes, et des r&#233;actions similaires aux chocs. Si ces facteurs ne sont pas r&#233;unis, la politique mon&#233;taire pourra &#234;tre adapt&#233;e &#224; une partie et pas &#224; une autre ; et on perd le moyen d'adaptation global d'une &#233;conomie qui diverge : la d&#233;valuation. Bien s&#251;r une &#233;conomie peut s'adapter par d'autres moyens : en faisant varier le niveau des prix et des salaires, ou migrer la main d'&#339;uvre. Mais outre que c'est politiquement difficile et peu d&#233;sirable, cela suppose une tr&#232;s grande flexibilit&#233; de ces facteurs : or prix et salaires sont assez rigides, et chaque population l&#233;gitimement attach&#233;e &#224; son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On connaissait ces faits, et les &#233;conomistes ne se sont pas priv&#233;s de les rappeler. On y a r&#233;pondu d'une part par l'incantation, en imaginant que les facteurs d'int&#233;gration l'emporteraient, par ce qu'on annon&#231;ait comme une homog&#233;n&#233;it&#233; croissante des &#233;conomies en cause. Mais elle ne s'est pas produite. Et d'autre part, par des m&#233;canismes rigides enserrant les politiques nationales, d'o&#249; un pacte de stabilit&#233; visant la gestion des finances publiques. Mais on ne l'a pas respect&#233;. Et on a &#233;vit&#233; de faire d'autres pas en avant dans un sens f&#233;d&#233;ral, comme un budget commun ou une politique &#233;conomique commune. Les conditions de fonctionnement satisfaisants ne sont donc toujours pas r&#233;unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau purement technique, l'euro a &#233;t&#233; en revanche une r&#233;ussite : c'est la deuxi&#232;me monnaie mondiale, et la Banque centrale est active et capable d'innovation. Mais la question subsiste, car pr&#233;cis&#233;ment la monnaie n'est pas une donn&#233;e purement technique, et notamment pas &#224; notre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La potion magique, la monnaie moderne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monnaie est par excellence une institution sociale, avec une triple fonction : &#233;talon pour fixer les prix des biens &#233;changeables ; moyen de paiement ; et r&#233;serve de valeur Historiquement elle est dans la quasi-totalit&#233; des cas le fait d'une autorit&#233; politique ; traditionnellement, elle se basait sur un m&#233;tal pr&#233;cieux qui donnait une r&#233;f&#233;rence et une garantie. Mais depuis 1973, toute r&#233;f&#233;rence a disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui cr&#233;e alors la monnaie dans nos soci&#233;t&#233;s ? On dit que ce sont les banques. De fait, quand une banque pr&#234;te, elle cr&#233;e de toute pi&#232;ce de quoi payer un actif : donc de la monnaie. Mais elle doit v&#233;rifier que l'emprunteur est capable de rembourser, sinon elle aura des probl&#232;mes ; et elle doit trouver tout de suite sur le march&#233; de quoi refinancer le cr&#233;dit octroy&#233;. Or c'est la Banque centrale qui r&#233;gule le march&#233; sur lequel les banques se refinancent. C'est donc elle l'acteur principal de la cr&#233;ation mon&#233;taire. Elle est suppos&#233;e veiller &#224; ce que la cr&#233;ation de monnaie n'aboutit pas &#224; un niveau excessif en regard des biens disponibles, car cela conduirait &#224; une hausse excessive des prix (inflation), ou un niveau insuffisant, d'o&#249; une baisse des prix (d&#233;flation). Et &#224; ce que qualitativement la cr&#233;ation de monnaie ne finance pas des actifs ou des activit&#233;s peu fiables et potentiellement dangereux. La Banque centrale peut aussi intervenir &#233;nergiquement en cas de crise grave, comme en 2008 et 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus r&#233;cemment s'est d&#233;velopp&#233;e l'id&#233;e, et la pratique, d'une utilisation plus large de la monnaie comme instrument de r&#233;gulation collective de l'&#233;conomie. Une m&#233;thode nouvelle a &#233;t&#233; pratiqu&#233;e en zone euro (hors crise) de 2015 &#224; 2024, &#171; assouplissement quantitatif &#187; ou &#171; quantitative easing &#187; : une cr&#233;ation mon&#233;taire finan&#231;ant massivement des achats de titres de dette publique et priv&#233;e. La banque centrale a alors en fait repris en direct le r&#244;le de cr&#233;ation mon&#233;taire. Au risque de l'inflation, celle des biens ou celle des actifs. En r&#233;sum&#233;, la monnaie est devenue un outil qu'on mobilise pour une nouvelle fonction, qui est politique. R&#244;le qui a fini en outre par devenir central dans l'action collective, au d&#233;triment de mesures structurelles plus favorables &#224; une croissance durable, ce que la politique mon&#233;taire ne peut pas produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La magie de l'euro, &#224; nouveau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la critique principale fait &#224; l'euro avant 2008 &#233;tait de copier la gestion du deutschemark, apr&#232;s 2011, c'est l'inverse, et les Allemands se sont oppos&#233;s sans succ&#232;s au nouveau cours. Mais dans les deux cas, la question est politique : ce sont deux modes de gestion de la vie &#233;conomique commune. Or cette d&#233;cision est prise par des non politiques. Et elle ne fait pas dispara&#238;tre les probl&#232;mes visibles d&#232;s le d&#233;part. Pas &#233;tonnant donc que les destins des diff&#233;rents pays aient &#233;t&#233; tr&#232;s variables : favorables &#224; l'Allemagne, dont la monnaie est sous-&#233;valu&#233;e (ce qui ne l'emp&#234;che pas aujourd'hui de conna&#238;tre d'autres d&#233;boires, d'origine g&#233;opolitique). Et pas du tout &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un des effets majeurs de la magie de l'euro aura &#233;t&#233; son effet sur la dette publique. D&#233;j&#224;, la crise grecque r&#233;sultait du surendettement de ce pays, obtenu gr&#226;ce &#224; son appartenance &#224; la zone euro, qui a rassur&#233; illusoirement les march&#233;s pendant un temps. M&#234;me si les deux cas sont sans proportion, c'est ce qui se passe avec la France. Sa dette cro&#238;t sans cesse, avec deux causes principales : son incapacit&#233; &#224; mettre de l'ordre dans ses affaires, et la perception des march&#233;s, car elle a longtemps &#233;t&#233; vue comme un brillant second de l'Allemagne. Elle en a bien abus&#233;. Gr&#226;ce &#224; l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en rendant des services, la zone euro ne fonctionne donc pas de mani&#232;re optimale. M&#234;me si tout ne lui est pas d&#251; : les choix politiques de chaque pays influent fortement sur leur situation. Et si l'euro n'a pas tenu ses promesses de convergence, son pouvoir aggravant direct ne doit pas &#234;tre exag&#233;r&#233; (crises mises &#224; part). Il a consist&#233; surtout dans un effet d'anesth&#233;sie, plus l'&#233;limination de la d&#233;valuation et d'un pilotage mon&#233;taire sur mesure. La performance de la zone euro est sur la dur&#233;e sensiblement moins bonne que celle des Etats-Unis. Et au niveau mondial, si demain une alternative se d&#233;gage face au dollar, ce ne sera pas l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On mesure d&#232;s lors le pari quelque peu hasardeux qui a &#233;t&#233; fait. L&#224; encore la m&#233;thode europ&#233;enne a atteint sa limite : on ne peut pas ajouter des pi&#232;ces en l'air en faisant comme si le reste devait suivre. Or la voie f&#233;d&#233;rale suppose des &#233;volutions politiques hors de port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la magie de l'euro ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Car il est tr&#232;s difficile d'en sortir, sans doute juridiquement, mais surtout pratiquement, car il y aurait fuite massive de capitaux. N'importe qui pourrait avant la sortie transf&#233;rer ses euros en Allemagne ou ailleurs. Cela impliquerait un contr&#244;le des changes g&#233;n&#233;ralis&#233;, tr&#232;s impopulaire et difficile &#224; r&#233;aliser. Enfin et surtout le pays devrait renoncer pour longtemps &#224; tout financement ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous resterons donc &#224; vue humaine sous le charme de Circ&#233; la magicienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine. &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/leuro-ensorceleur/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interview sur le nouveau catholicisme social</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Interview-sur-le-nouveau-catholicisme-social.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Interview-sur-le-nouveau-catholicisme-social.html</guid>
		<dc:date>2019-03-20T16:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le nouveau catholicisme social, l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233;, la mondialisation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit tour d'horizon &#224; l'occasion d'une interview dans la revue Permanence (nouvelle formule) d'Ichtus.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-politique-et-economie-.html" rel="directory"&gt;Religion et &#233;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-publique-+.html" rel="tag"&gt;Dette publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Nation-et-mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Nation et mondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nouveau catholicisme social ambitionne de contribuer &#224; retisser les solidarit&#233;s et le lien social. Pensez-vous que ce soit accessible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est concevable, mais il faut avoir conscience des difficult&#233;s. La crise des Gilets jaunes manifeste une formidable d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des &#233;lites et des classes dirigeantes. Nous voyons par ailleurs un refus de l'id&#233;e que naissent au sein de ce mouvement des leaders ou un programme clairement &#233;tabli. Cette m&#233;fiance est cons&#233;cutive &#224; des ann&#233;es de destruction du lien social. C'est une ph&#233;nom&#232;ne in&#233;dit et la r&#233;paration d''un lien n'est pas si facile. La premi&#232;re &#233;tape est l'&#233;coute et le dialogue. Il faut ensuite une r&#233;flexion approfondie sur les moyens de reconstruire ce lien social. Cela suppose un effort pour sortir des sch&#233;mas binaires, de la logique actuelle de confrontation. Les catholiques qui voudront agir pourront jouer un r&#244;le b&#233;n&#233;fique s'ils d&#233;montrent une bonne volont&#233; et une capacit&#233; plus grande &#224; &#339;uvrer sans ambition politicienne. Ils pourront alors gagner leur cr&#233;dibilit&#233;. Mais cela suppose d'y &#234;tre pr&#233;par&#233;, ce qui n'est pas spontan&#233; au vu de la sociologie des catholiques. Il faut &#234;tre capable de jouer un r&#244;le de liant, d'interm&#233;diaire, en quelque sorte de tiers-parti. Il ne s'agit pas ici d'une neutralit&#233;, comme si on restait en haut de la montagne sans participer, mais d'avoir un r&#244;le aupr&#232;s de la partie de notre pays qui se sent la plus rejet&#233;e. Et il s'agit bien s&#251;r de b&#226;tir des propositions concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peuvent apporter les catholiques et la doctrine sociale de l'Eglise concr&#232;tement, sur le terrain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DSE ne donne pas de r&#233;ponses toutes faites. Elle donne des principes, des modes de r&#233;flexion et des priorit&#233;s qui conduisent &#224; se positionner dans un certain sens. On identifie les questions puis on les traite &#224; cette lumi&#232;re, on fait un diagnostic juste avant d'&#233;laborer des r&#233;ponses. La DSE pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t uniquement dans la mesure o&#249; les la&#239;cs s'en saisissent et la traduisent au plan pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par exemple, quel principe de la DSE peut aujourd'hui trouver une traduction concr&#232;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons la destination universelle des biens. Dans la DSE, la propri&#233;t&#233; est reconnue mais trouve son sens dans la mesure o&#249; elle sert le bien commun. Oui, il y a la propri&#233;t&#233;, mais pour le bien de tous, pas seulement celui du propri&#233;taire. Le bien commun, c'est aussi la gestion des biens mat&#233;riels. Nous avons donc besoin d'une r&#233;flexion sur l'usage de l'argent, sur les investissements. Chaque investissement traduit un choix politique fort et donne un sens &#224; l'action collective. Cela vaut pour l'argent que chacun est pr&#234;t &#224; investir, mais aussi pour l'argent public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A cet &#233;gard, on constate aujourd'hui une d&#233;sertification des territoires, avec un besoin de services publics dans la France p&#233;riph&#233;rique, mais cela a un co&#251;t&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;videmment une dimension importante de solidarit&#233; qu'il faut maintenir ou red&#233;ployer. Un livre a eu du succ&#232;s apr&#232;s la guerre : &#171; Paris, le d&#233;sert fran&#231;ais &#187;. Depuis, la tendance s'est malheureusement accentu&#233;e. Il y a Paris et les grandes m&#233;tropoles d'un c&#244;t&#233; ; le reste du territoire de l'autre c&#244;t&#233;. Au plan g&#233;ographique, il y a eu une excroissance des m&#233;tropoles et de la capitale ; et au plan politique un renforcement du pouvoir central. Les pays d&#233;centralis&#233;s comme l'Allemagne ne connaissent pas ce ph&#233;nom&#232;ne. Notre d&#233;centralisation, dans les ann&#233;es 1980, n'a pas &#233;t&#233; une v&#233;ritable d&#233;centralisation. Au contraire, nous sommes culturellement sur la pente inverse : les lieux de pouvoir s'&#233;loignent de l'&#233;chelon le plus local. Cela dit, je ne pense pas que l'on puisse maintenir une vie locale uniquement &#224; coup de subventions par le haut. Nous avons besoin d'une prise en main locale. Et c'est &#224; ce niveau que nous devons trouver de nouveaux moyens d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel lien peut-on faire entre cette crise sociale et les grandes affaires macro-&#233;conomiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons clairement que toute une partie de la population ne se retrouve pas dans le syst&#232;me global, dans ce que l'on appelle la mondialisation. Il y a un rejet tant du discours mondialiste que de ses cons&#233;quences pour la situation r&#233;elle des gens. Pour en sortir, il faut retrouver une vision politique. Mais pour cela, encore faut-il avoir une capacit&#233; politique. Or une expression politique, un pouvoir politique reposent d'abord sur une communaut&#233;. Quelle est la communaut&#233; pertinente ? On dit souvent : le niveau europ&#233;en. Mais le niveau europ&#233;en ne peut &#234;tre politique en lui-m&#234;me, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en, donc pas de communaut&#233; politique europ&#233;enne. L'Europe peut &#234;tre un lieu de coop&#233;ration entre des communaut&#233;s dot&#233;es d'une volont&#233; politique. Cela commence donc par retrouver le politique au niveau des communaut&#233;s nationales. Je ne parle pas d'une communaut&#233; nationale qui se ferme, mais d'une communaut&#233; qui poursuit un objectif collectif et soit capable de coop&#233;rer avec les autres pays europ&#233;ens. R&#233;soudre les grandes questions macro-&#233;conomiques et recr&#233;er du lien social, cela va bien au-del&#224; du politique, mais cela suppose une action politique. Aujourd'hui, nous ne pouvons agir parce que des r&#232;gles nous sont impos&#233;es au niveau europ&#233;en. Or, sur toutes ces grandes questions, nous voyons bien que la capacit&#233; d'action au niveau europ&#233;en est faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un Parlement europ&#233;en&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Parlement europ&#233;en, les d&#233;put&#233;s votent sur des abstractions techniques sans faire le lien entre ce qui est vot&#233; et ce que vit la population. S'ajoutent &#224; cela des dimensions id&#233;ologiques et technocratiques tr&#232;s pesantes. Si nous prenons le cas de la libre-concurrence, nous voyons bien qu'il y a un probl&#232;me. La concurrence n'est pas mauvaise en soi, mais elle peut aboutir &#224; de mauvais r&#233;sultats. Nous avons choisi l'ouverture des fronti&#232;res, au sein de l'Europe, mais aussi dans une large mesure envers l'ext&#233;rieur. Il est positif d'&#233;changer avec les autres pays du monde, mais il est en m&#234;me temps na&#239;f de le faire de fa&#231;on indiscrimin&#233;e, surtout quand on compare avec la politique commerciale suivie par d'autres comme la Chine et les Etats-Unis. Au niveau plan&#233;taire, la cohabitation de pays comme les n&#244;tres, visant &#224; un degr&#233; &#233;lev&#233; de solidarit&#233;, avec d'autres pays construits sur des bases sociales tr&#232;s diff&#233;rentes ne va pas de soi. Cela suppose une volont&#233; politique, qui ne peut s'exprimer d'abord qu'au niveau national, et ensuite dans un cadre europ&#233;en pour agir avec les autres pays du continent. Cette Europe-l&#224; serait tr&#232;s diff&#233;rente de celle qui est actuellement &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que le probl&#232;me de l'UE renforce le sentiment de dissolution du politique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un facteur majeur. Les Fran&#231;ais ne connaissent pas forc&#233;ment tr&#232;s bien les m&#233;canismes europ&#233;ens parce qu'ils sont complexes, mais ils peuvent les sentir. Ils voient bien que la plus grande partie de notre l&#233;gislation, en mati&#232;re &#233;conomique et financi&#232;re, est fabriqu&#233;e au niveau europ&#233;en et que cela leur &#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le poids de la dette participe-t-il au ph&#233;nom&#232;ne de soumission du politique au financier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais il faut pr&#233;ciser que les Etats se sont li&#233;s eux-m&#234;mes les mains en recourant de mani&#232;re d&#233;raisonnable &#224; la dette. Ce qui a conduit au surendettement, c'est l'absence de ma&#238;trise des d&#233;penses publiques. Notre pays compte parmi les plus fiscalis&#233;s et nous nous montrons incapables, malgr&#233; ces fortes recettes fiscales, de contr&#244;ler nos d&#233;penses. Cette dette est la source de futurs probl&#232;mes. Les taux d'int&#233;r&#234;t actuels sont anormalement bas. Le jour o&#249; ils vont remonter, la dette p&#232;sera tr&#232;s lourdement. C'est une situation inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;soudre le probl&#232;me de la dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit violemment, soit progressivement. Progressivement, c'est ce qu'a fait l'Angleterre au XIXe si&#232;cle avec l'&#233;norme dette accumul&#233;e apr&#232;s la guerre napol&#233;onienne. Cela consiste &#224; mieux ma&#238;triser les d&#233;penses publiques pour r&#233;sorber petit &#224; petit la dette. La m&#233;thode violente, c'est l'inflation, la monnaie qui fond. Cette voie nous est ferm&#233;e avec l'euro. Mais m&#234;me si on est en dehors, c'est une voie dangereuse et particuli&#232;rement pr&#233;judiciable pour la partie la plus fragile de la population. Une autre m&#233;thode violente est de faire d&#233;faut vis-&#224;-vis de nos cr&#233;anciers. C'est une voie presque r&#233;volutionnaire, qui nous isolerait du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles seraient les implications d'une sortie de l'Euro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l'euro est difficile, pas tant techniquement que politiquement. En effet, cela concerne l'argent que les gens ont dans leur poche, qui vaudra 20 % ou 30 % de moins. Techniquement, c'est r&#233;alisable d'autant que la quasi-totalit&#233; de la dette publique fran&#231;aise est libell&#233;e en monnaie nationale fran&#231;aise, qui est aujourd'hui l'euro. L&#233;galement, il est possible de transformer cette dette en francs. Mais ensuite contrairement &#224; ce qui est dit ici ou l&#224;, nous serions oblig&#233;s d'avoir des exc&#233;dents budg&#233;taires et commerciaux, parce que cela nous couperait la possibilit&#233; de nous endetter encore en devises. La sortie de l'Euro imposerait une politique beaucoup plus rigoureuse, une politique d'aust&#233;rit&#233; volontariste. Au contraire, l'Euro facilite trop l'endettement parce que les taux d'int&#233;r&#234;ts y sont tr&#232;s bas. Avec ou sans l'Euro, nous avons besoin de nous ressaisir collectivement et de faire des choix forts, notamment sur l'orientation de la d&#233;pense publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous ce que l'on appelle la financiarisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui une pr&#233;dominance du seul crit&#232;re financier dans notre syst&#232;me &#233;conomique. La profitabilit&#233; est importante en &#233;conomie, mais elle ne doit pas &#234;tre le seul horizon. Une partie de la finance est devenue court-termiste, avec le profit imm&#233;diat &#224; l'esprit. La finance est pourtant capable de penser les choses sur le long-terme. Par exemple, Amazon et d'autres ont mis de longues ann&#233;es avant d'&#234;tre rentables mais ont &#233;t&#233; financ&#233;es. Cela signifie que les financiers sont aussi capables de patience. Mais globalement, la finance est aujourd'hui mal orient&#233;e. Il y a besoin d'agir au niveau des financiers et des entreprises, mais aussi des r&#232;gles publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y avait jadis aux Etats-Unis des lois antitrust. Aujourd'hui, le gigantisme semble sans limite&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; anti-trust a d&#233;sormais compl&#232;tement disparu aux Etats-Unis. Les seuls qui s'en pr&#233;occupent encore sont &#224; la Commission de Bruxelles. Nous le voyons avec l'affaire Alstom-Siemens. J'ai de la sympathie pour l'id&#233;e que l'on refuse de laisser se cr&#233;er des entreprises qui seront trop grandes et &#233;craseront tout. Cependant, si nous faisons cela, cela implique une protection de nos march&#233;s vis-&#224;-vis de ceux qui laissent se d&#233;velopper des g&#233;ants, comme les Etats-Unis ou la Chine. Or, nous voulons emp&#234;cher le gigantisme chez nous en Europe, mais sans nous prot&#233;ger. La protection n'est pas la fermeture, c'est un moyen d'&#234;tre ouvert aux &#233;changes sans nous trouver en position de faiblesse vis-&#224;-vis de ceux qui n'ont pas les m&#234;mes r&#232;gles. C'est une question de coh&#233;rence. De ce point de vue, il faudrait un consensus europ&#233;en et une certaine coh&#233;rence fiscale, plut&#244;t que le dogme d'un march&#233; unique totalement ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Permanence n&#176; 576 &lt;i&gt;du 1er trimestre 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dette publique et planche &#224; billet</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Dette-publique-et-planche-a-billet.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Dette-publique-et-planche-a-billet.html</guid>
		<dc:date>2019-03-04T16:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me mon&#233;taire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une id&#233;e farfelue r&#233;appara&#238;t r&#233;guli&#232;rement sur Internet, selon laquelle avant 1973 l'Etat pouvait &#234;tre en d&#233;ficit tant qu'il voulait, la Banque de France le finan&#231;ait &#224; volont&#233; par des avances gratuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire qu'&#224; l'avenir on pourrait r&#233;pudier la dette actuelle et laisser filer les d&#233;ficits comme on veut. C'est ce qu'on appelle un r&#234;ve &#233;veill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-dette-+.html" rel="tag"&gt;Crise dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-publique-+.html" rel="tag"&gt;Dette publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Systeme-monetaire-+.html" rel="tag"&gt;Syst&#232;me mon&#233;taire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est comme le chiendent : vous pouvez l'arracher tant que vous voulez, cela repousse par-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle de cette id&#233;e farfelue qui r&#233;appara&#238;t r&#233;guli&#232;rement sur Internet, selon laquelle avant 1973 l'Etat pouvait &#234;tre en d&#233;ficit tant qu'il voulait, la Banque de France le finan&#231;ait &#224; volont&#233; par des avances gratuites. C'est ce qu'on appelle un r&#234;ve &#233;veill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident pour quiconque a ouvert un livre d'histoire qu'il n'y a jamais eu d'&#233;poque magique o&#249; l'Etat pouvait d&#233;penser ce qu'il voulait, la banque centrale cr&#233;ant obligeamment et sans inconv&#233;nient de la monnaie pour couvrir le d&#233;ficit en r&#233;sultant. Autrefois il y avait une monnaie objective, m&#233;tallique, et les Etats monarchiques empruntaient aupr&#232;s des banques pour financer leurs guerres. Ils trichaient &#224; l'occasion sur le contenu or de la monnaie mais marginalement, et les th&#233;ologiens comme Nicolas Oresme tonnaient avec raison, soulignant que c'&#233;tait du vol. Au XIXe avec le franc-or, quand l'Etat &#233;tait en d&#233;ficit il empruntait aupr&#232;s du public et cela s'appelait la rente. Elle &#233;tait tr&#232;s confortable pour les souscripteurs (taux r&#233;el de 4 &#224; 5 %, bien plus qu'aujourd'hui). Puis il y a eu le d&#233;rapage des deux guerres et la planche &#224; billet. R&#233;sultat : une inflation d&#233;mentielle. Encore dans les ann&#233;es 60 et 70 la Banque de France faisait en effet des avances de tr&#233;sorerie &#224; l'Etat, mais limit&#233;es, le reste &#233;tait financ&#233; par emprunt public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau syst&#232;me mis en place depuis 1983 &#224; l'imitation des Etats-Unis a &#233;t&#233; salu&#233; avec joie par les politiques, car il permet au gouvernement d'&#233;mettre au fil de l'eau aupr&#232;s des march&#233;s. Ce faisant il &#233;vite le pathos humiliant des grands emprunts type Pinay, et surtout il r&#233;duit fortement les taux pratiqu&#233;s. Le march&#233; financier est en effet bien moins cher que l'emprunt public. Aujourd'hui quels individus sens&#233;s pr&#234;teraient &#224; l'Etat fran&#231;ais &#224; 1 % sur 30 ans ? Or le march&#233; le fait. Et donc le d&#233;faut du syst&#232;me actuel est exactement l'inverse de ce qu'on dit sur Internet : il donne aux irresponsables qui gouvernent depuis 40 ans la facult&#233; de d&#233;penser bien au-del&#224; du raisonnable. Encore plus avec l'euro, monnaie forte dont les taux d'int&#233;r&#234;t sont bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de base est que sauf drame comme les guerres (et donc besoin massif d'un coup) la dette publique est intrins&#232;quement mauvaise, car les d&#233;ficits qui en sont &#224; l'origine ne financent en g&#233;n&#233;ral pas des investissements, qui g&#233;n&#232;rent un produit et permettent donc &#224; terme leur remboursement, mais des d&#233;penses courantes, qui sont simplement report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et croire qu'on &#233;conomise en empruntant &#224; la banque centrale, c'est absurde : si elle ne facture pas d'int&#233;r&#234;t &#224; l'Etat, son b&#233;n&#233;fice est r&#233;duit d'autant et donc son dividende annuel &#224; l'Etat, qui est son seul actionnaire. En revanche si un d&#233;ficit public est financ&#233; par de la cr&#233;ation mon&#233;taire, c'est-&#224;-dire la planche &#224; billet sans contrepartie dans l'&#233;conomie r&#233;elle, l'inflation elle est garantie. Et donc la ruine des plus pauvres (les riches eux savent se prot&#233;ger, car ils d&#233;tiennent des actifs r&#233;els qui s'appr&#233;cient).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ceux qui croient qu'apr&#232;s &#234;tre sortis de l'euro on peut r&#233;pudier notre gigantesque dette publique, d&#233;sormais &#233;gale &#224; quasiment 100% de production (PNB),nils r&#234;vent encore plus. Phantasmer sur les &#233;volutions depuis 1973 n'emp&#234;chera pas la dette existante d'&#234;tre bien r&#233;elle, et juridiquement exigible selon tous les crit&#232;res disponibles. Si vous ne la payez pas vous &#234;tes en d&#233;faut. Demandez aux Grecs ce qu'ils en pensent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article paru dans France Catholique n&#176; 3622 du 1er mars 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La sortie de la zone euro : mythe ou possibilit&#233; r&#233;elle ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-sortie-de-la-zone-euro-mythe-ou-possibilite-reelle.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-sortie-de-la-zone-euro-mythe-ou-possibilite-reelle.html</guid>
		<dc:date>2016-01-22T13:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Euro</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;eut-on sortir de la zone euro et comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose bien s&#251;r, d&#232;s qu'on sort du pr&#234;t-&#224;-penser&#8230;mais la r&#233;ponse n'est pas simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sirable comme retour &#224; plus d'autonomie et de responsabilit&#233;, la sortie de l'euro est aussi un moyen de contribuer &#224; enrayer la paralysie qui nous menace. En revanche elle ne signifie pas moins d'effort et d'aust&#233;rit&#233; : au contraire c'est la zone euro qui est dangereusement complaisante. Surtout, la sortie de l'euro est bien plus difficile &#224; r&#233;aliser que l'entr&#233;e, et sans doute impraticable politiquement et techniquement, au moins &#224; ce stade. Il faut donc se donner d'autres buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Peut-on sortir de la zone euro et comment ? Poser la question suppose &#233;videmment qu'on n'adh&#232;re pas &#224; la vision europ&#233;iste commune selon laquelle la r&#233;ponse universelle &#224; tous nos probl&#232;mes, ainsi que notre premier devoir moral, est une int&#233;gration europ&#233;enne sans cesse renforc&#233;e dans un sens f&#233;d&#233;ral. Si au contraire on pense qu'il n'y a pas de base politique &#224; une telle perspective, parce qu'il n'y a pas de peuple europ&#233;en ni de vie politique europ&#233;enne et donc de solidarit&#233; europ&#233;enne au niveau requis, et que les seules solidarit&#233;s capables de fonder une l&#233;gitimit&#233; politique sont nationales, on lib&#232;re sa pens&#233;e de la fascination f&#233;d&#233;rale et on est &#224; m&#234;me de voir l'avenir d'une fa&#231;on &#224; la fois plus ouverte et plus pragmatique. Sans basculer dans un repli &#233;galement automatique sur le seul niveau national, on examine alors concr&#232;tement quelles sont les zones de coop&#233;ration r&#233;alistes et d&#233;sirables en Europe, et qu'est-ce qui ne doit pas relever de ce genre d'approche. L'euro est bien s&#251;r une de ces questions qui doivent &#234;tre ouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il bien poser ladite question. D&#233;terminer s'il fallait faire l'euro et s'il faudrait aujourd'hui en sortir sont deux questions tr&#232;s diff&#233;rentes, notamment dans la pratique. Pour ma part il me para&#238;t clair que l'euro &#233;tait dans l'ensemble une erreur, car les rythmes politiques &#233;conomiques et sociaux des pays participants sont tr&#232;s diff&#233;rents, ce qui entra&#238;ne des d&#233;s&#233;quilibres rapidement cumulatifs. Ce peut &#234;tre &#233;ventuellement des d&#233;calages de politiques &#233;conomiques. Mais c'est en tout cas in&#233;vitable au niveau des donn&#233;es &#233;conomiques de base, &#224; commencer par la comp&#233;titivit&#233; qui varie par nature. Dans des pays ind&#233;pendants, cela exige &#224; un moment donn&#233; une forme ou une autre d'adaptation, soit du taux de change de la monnaie, soit des taux d'int&#233;r&#234;t, soit des deux, accompagn&#233;s de multiples mesures de politique &#233;conomique. Mais pour r&#233;gler les d&#233;calages entre les membres de la zone, une monnaie unique exclut la d&#233;valuation comme l'adaptation des taux d'int&#233;r&#234;t. Cela oblige donc &#224; ce qu'on a appel&#233; d&#233;valuation interne : la baisse relative des prix et des salaires. Or elle est politiquement et socialement co&#251;teuse, n&#233;cessairement limit&#233;e, et d'effet d&#233;pressif. Sauf exceptions (Irlande) c'est peu porteur de perspectives positives. Si on ajoute que le syst&#232;me mis en place avec la monnaie unique n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; capable de faire respecter les disciplines qu'il avait pr&#233;vues, notamment de d&#233;ficit et d'endettement, son bilan d'ensemble n'est pas convaincant. Et cela ne p&#232;se pas lourd face &#224; ses avantages ind&#233;niables qui est d'&#234;tre un espace simplifi&#233; pour les transactions et sans fluctuations de change. Il y a aussi ses bas taux d'int&#233;r&#234;t ; mais ces derniers, apparemment b&#233;n&#233;fiques, sont en r&#233;alit&#233; contreproductifs &#224; terme car ils suppriment un indicateur important de d&#233;r&#232;glement et conduisent &#224; des endettements insoutenables, comme on l'a vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais conclure qu'il ne fallait pas faire l'euro, et organiser la sortie sont deux choses diff&#233;rentes. Car celle-ci est techniquement tr&#232;s diff&#233;rente de l'entr&#233;e. Certes la sortie de la zone euro, ou sa dissolution serait la seule issue si on voulait vraiment r&#233;soudre le probl&#232;me de la comp&#233;titivit&#233;, du moins sans d&#233;flation dure ni restructuration de la dette, ou si les choses &#233;chappaient au contr&#244;le. Elle n'est pas infaisable en soi. Elle consiste juridiquement &#224; d&#233;cider par une loi nationale et &#224; une date donn&#233;e de libeller dans une nouvelle monnaie locale tous les contrats en euros existants et futurs relevant du droit du pays concern&#233;. Donc la plupart des cr&#233;ances, y compris la dette publique (ce qui n'accro&#238;trait donc pas son poids relativement au PNB, contrairement &#224; ce qu'on dit souvent). Cela para&#238;t juridiquement faisable et ce changement de monnaie aboutirait aussit&#244;t &#224; une d&#233;valuation forte de la nouvelle monnaie par rapport &#224; l'euro : c'est ce que l'on cherche. Mais d&#233;j&#224; le changement de d&#233;nomination mon&#233;taire n'engloberait pas les dettes contract&#233;es sous droit &#233;tranger envers des cr&#233;anciers &#233;trangers, ce qui touche notamment la plupart des &#233;metteurs obligataires (surtout des grandes entreprises), ainsi que bien des importateurs et d'autres agents &#233;conomiques : ceux l&#224; verraient en effet leur dettes de fait tr&#232;s alourdies ; sans parler du cas complexe des banques. En outre la mesure ne serait pas dans l'int&#233;r&#234;t de ceux qui ont des actifs, car ils auraient gard&#233; une valeur plus &#233;lev&#233;e (en termes internationaux) si le pays &#233;tait rest&#233; dans la zone : cela inclut tous les avoirs financiers ou mon&#233;taires exprim&#233;s sous droit local, qui seraient d&#233;valu&#233;s (&#224; commencer par les comptes en banques). Ceci implique que la mesure rencontrerait dans le pays qui d&#233;value une r&#233;sistance politique importante, qui peut donc en d&#233;finitive concerner presque tous les agents &#233;conomiques, en tout cas beaucoup de monde, qui s'y opposera. C'est une des raisons majeures de la capitulation de Ts&#237;pras en juillet 2015. D&#233;passer de telles oppositions supposerait une situation tr&#232;s grave, encore plus radicale que celle de la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre cette d&#233;cision serait difficile &#224; mettre en &#339;uvre en pratique, du fait de la fuite des capitaux, qui serait elle aussi le fait d'un tr&#232;s grand nombre d'agents &#233;conomiques devenus tous des sp&#233;culateurs en herbe. En effet, comme on ne pourrait pas pr&#233;parer une telle d&#233;cision, en parler et l'annoncer puis la r&#233;aliser en 24 h, des mois s'&#233;couleraient avant la conversion, pendant lesquels les d&#233;tenteurs locaux d'euros (&#224; commencer par la concierge et son compte en banque) auraient int&#233;r&#234;t &#224; les faire fuir dans un pays de la zone non vis&#233; par la mesure - ou au minimum &#224; stocker des billets en euros. D'o&#249; ru&#233;e sur les banques et panique g&#233;n&#233;rale. On ne peut essayer d'emp&#234;cher cela que par des mesures tr&#232;s strictes (contr&#244;le des changes g&#233;n&#233;ralis&#233;) qui supposent des moyens techniques importants que tous les pays n'ont pas, qu'il est possible de contourner, et qui bloquent l'activit&#233;. En r&#233;sum&#233; la sortie de l'euro ne para&#238;t donc possible que dans un cas extr&#234;me : celui d'un pays suffisamment affect&#233; pour qu'un tel rem&#232;de de cheval apparaisse comme in&#233;luctable et/ou n'aggraverait que marginalement une situation jug&#233;e ing&#233;rable. Ce n'est s&#251;rement pas la situation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dissolution g&#233;n&#233;rale de la zone serait-elle plus ais&#233;e ? Elle supposerait &#233;videmment un consensus des 18 pays, qui est exclu actuellement. Le changer supposerait &#224; nouveau une d&#233;sesp&#233;rance sur l'avenir de cette monnaie, aujourd'hui inexistante, et qui le restera &#224; vue humaine, sauf apr&#232;s des ann&#233;es de d&#233;pression. Mais m&#234;me en mettant &#224; part cette objection, la mesure resterait d'ex&#233;cution difficile. Certes la coop&#233;ration entre pays serait alors plus facile &#224; organiser et surtout l'euro dispara&#238;trait, rendant sa d&#233;tention sur la dur&#233;e impossible. Mais il serait toujours possible &#224; un Italien par exemple d'envoyer avant la date d'&#233;change ses euros en Allemagne, sachant qu'il r&#233;cup&#233;rera des deutschemarks revaloris&#233;s par rapport aux lires. L'Italie se viderait donc d'une partie appr&#233;ciable de ses d&#233;p&#244;ts et ses banques seraient en faillite. Un contr&#244;le des changes serait donc &#224; nouveau indispensable, m&#234;me s'il serait un peu plus facile &#224; organiser. L'hypoth&#232;se d'une dissolution de la zone est donc elle aussi une solution extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter que parmi les arguments donn&#233;s en faveur de la sortie se trouve celui de la r&#233;cup&#233;ration de la souverainet&#233; mon&#233;taire, et de la r&#233;duction des contraintes ; mais ainsi exprim&#233; cet argument est fallacieux. La seule souverainet&#233; qui serait r&#233;cup&#233;r&#233;e serait l'autonomie de destin relative, et la responsabilit&#233; qu'elle entra&#238;ne. Tr&#232;s bonne en soi, elle ne permet en aucune fa&#231;on de mener une politique &#233;conomique laxiste, sauf &#224; faire face &#224; une situation incontr&#244;lable (effondrement du change, disparition des financements ext&#233;rieurs, mont&#233;e en fl&#232;che des taux d'int&#233;r&#234;t - voire faillite financi&#232;re, les cr&#233;anciers ext&#233;rieurs &#233;tant pris de panique). Bien au contraire, une sortie de la zone supposerait une politique &#233;conomique &lt;i&gt;plus stricte&lt;/i&gt; que celle suivie aujourd'hui dans le cadre de la zone euro, qui est en fait plut&#244;t irresponsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en d&#233;duis que malgr&#233; les arguments logiques en sa faveur, la sortie de l'euro est une solution peu praticable, politiquement et techniquement. Si donc une action doit &#234;tre men&#233;e pour recouvrer une marge de libert&#233; et de man&#339;uvre par rapport aux cons&#233;quences &#233;touffantes de la poursuite forc&#233;e de la marche vers une int&#233;gration technocratique de l'Europe, c'est dans d'autres domaines qu'elle doit trouver ses priorit&#233;s, avec sans doute une r&#233;vision du pacte europ&#233;en : des trait&#233;s. Et de ce point de vue une convergence est possible avec d'autres pays en Europe, des pays certes peu aim&#233;s des souverainistes, mais de positions pourtant proches, &#224; commencer par les Britanniques, les Scandinaves, et l'Europe de l'Est.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise de la zone euro : dix ans d'efforts camarades </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-de-la-zone-euro-dix-ans-d-efforts-camarades.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Crise-de-la-zone-euro-dix-ans-d-efforts-camarades.html</guid>
		<dc:date>2012-06-30T13:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise de la zone euro ne cesse de s'aggraver et sauf &#224; tr&#232;s court terme le r&#233;cent sommet ne modifiera pas ce triste constat. Ce qui est indiscutable, c'est le besoin d'un programme qui soit clair, tant aux peuples qu'aux march&#233;s. Mais ce programme doit &#234;tre cr&#233;dible sur la dur&#233;e et donc se baser sur la r&#233;alit&#233; de la zone euro. Celle-ci est rarement reconnue lucidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte comme celui-l&#224; un pays qui a besoin de s'ajuster ne peut ni d&#233;valuer, ni noyer ses dettes dans l'inflation. M&#234;me si le reste de la zone l'aide ou si on tente ici ou l&#224; de soutenir l'activit&#233;, ce qu'il conna&#238;t in&#233;vitablement, ce sont les joies am&#232;res de la contraction, d'une forme d'aust&#233;rit&#233;, au mieux de la stagnation &#8211; le temps n&#233;cessaire au r&#233;&#233;quilibrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans d'efforts assez durs sans doute. Autant alors l'assumer franchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-dette-+.html" rel="tag"&gt;Crise dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-financiere-+.html" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise de la zone euro ne cesse de s'aggraver et sauf &#224; tr&#232;s court terme le r&#233;cent sommet ne modifiera pas ce triste constat. Ce qui est indiscutable, c'est le besoin d'un programme qui soit clair, tant aux peuples qu'aux march&#233;s. Mais ce programme doit &#234;tre cr&#233;dible sur la dur&#233;e et donc se baser sur la r&#233;alit&#233; de la zone euro. Celle-ci est rarement reconnue lucidement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'in&#233;vitable d&#233;flation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me central est qu'il n'est pas facile de vivre avec ce que j'appellerai l'&#233;talon-euro. Il ressemble sur un point avec l'&#233;talon-or du XIXe si&#232;cle : c'est pour chaque pays membre la discipline d'une monnaie stable, ext&#233;rieure &#224; soi, et qu'on ne peut cr&#233;er &#224; volont&#233;. Un pays membre de la zone peut avoir des d&#233;s&#233;quilibres importants, notamment de comp&#233;titivit&#233; (ce qui fait qu'il vend moins qu'il ach&#232;te et doit donc emprunter pour maintenir son niveau de vie, ce qui ne peut durer ind&#233;finiment), et s'&#234;tre trop endett&#233; pour maintenir artificiellement son niveau de vie. Il a alors besoin de s'ajuster. Mais dans avec l'&#233;talon-euro il ne peut le faire que par r&#233;duction des prestations, des prix et des salaires : il ne peut ni d&#233;valuer, ni noyer ses dettes dans l'inflation. La seule chose qu'il peut tenter, dans le cas limite, c'est d'&#233;taler ou d'annuler une partie de ses dettes, en droit ou en fait : dans la zone euro ce sera indispensable pour certains. Mais comme cela le coupera des march&#233;s, cela ne le dispensera pas de l'ajustement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; dans un tel cas un tel pays doit beaucoup moins d&#233;penser, ne plus vivre &#224; cr&#233;dit, et ajuster ses prix pour vendre ses produits - quitte &#224; compenser certains effets sur les plus modestes. Ce qu'il conna&#238;t donc, in&#233;vitablement, ce sont les joies am&#232;res de la contraction, au mieux de la stagnation &#8211; le temps n&#233;cessaire au r&#233;&#233;quilibrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en outre une grande diff&#233;rence avec l'&#233;talon-or : c'est que celui-ci exer&#231;ait son r&#244;le mod&#233;rateur en permanence, limitant consid&#233;rablement l'ampleur des d&#233;s&#233;quilibres. Alors que la plus grande partie de la zone euro s'est permis dix ans d'euphorie irresponsable, &#224; grands coups d'endettement public et priv&#233;. Elle doit donc &#224; la fois ajuster sa comp&#233;titivit&#233; et r&#233;gler son exc&#233;dent de dettes. Outre l'ajustement, les seules mesures possibles, et absolument indispensables, sont les r&#233;formes de structure. Mais elles ne permettent pas d'&#233;viter la contraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, rien de tout cela n'emp&#234;che la solidarit&#233;, l'aide entre pays, des mesures coordonn&#233;es de soutien &#224; l'activit&#233; (Banque europ&#233;enne d'investissements, grands travaux financ&#233;s par le march&#233; etc.), bien au contraire. Mais cela ne dispense pas de l'ajustement. Et donc d'un effort socialement et politiquement tr&#232;s dur, sur une dur&#233;e longue : dix ans peut-&#234;tre. Il y a donc un risque majeur de disruption sociale et politique dans les pays expos&#233;s &#8211; m&#234;me avec un effort de solidarit&#233; envers les plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas d'&#233;chappatoire f&#233;d&#233;rale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Consternant, dira-t-on. Que faire d'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e alternative la plus r&#233;pandue est un bond en avant f&#233;d&#233;raliste. Cela a le m&#233;rite d'une certaine coh&#233;rence. Mais c'est malheureusement irr&#233;aliste. D'une part la base politique pour une union europ&#233;enne f&#233;d&#233;rale, un Etat europ&#233;en, n'existe pas. Ni dans les opinions ; ni dans la r&#233;alit&#233; de la vie commune, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en. Ni de vie politique au niveau europ&#233;en : la vie politique fran&#231;aise n'a pas plus d'interaction avec l'allemande qu'avec l'am&#233;ricaine. Qui conna&#238;t un nom de politicien allemand en dehors de Mme Merkel ? Les &#233;lections au parlement europ&#233;en ne se font pas sur la base de programmes ou d'enjeux europ&#233;ens ; elles ne sauraient cr&#233;er de responsabilit&#233; d&#233;mocratique, donc de l&#233;gitimit&#233;. Personne d'ailleurs ne mettrait en avant ce f&#233;d&#233;ralisme aujourd'hui, sans les d&#233;boires de la zone euro ; et c'est l&#224; qu'on veut t&#226;ter du f&#233;d&#233;ralisme. Mais si on se limite &#224; cette zone la base politique est encore plus mince : quelles sont les points de ralliement et d'identification entre des pays dont la seule sp&#233;cificit&#233; en Europe est de se trouver dans cette nasse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, pour &#234;tre efficace et &#233;viter toute contraction, cela demanderait d'&#233;normes transferts de la moiti&#233; nord de l'Europe (France comprise) vers la moiti&#233; sud. Or non seulement personne n'en veut parmi les payeurs possibles, surtout au vu des habitudes d&#233;pensi&#232;res des b&#233;n&#233;ficiaires, mais il n'y a pas la place dans les budgets des pays du Nord, compte tenu de leurs &#233;normes d&#233;penses publiques, sauf &#224; augmenter massivement les pr&#233;l&#232;vements. En outre l'exp&#233;rience de l'Allemagne de l'Est et du Mezzogiorno montre que ces transferts durent ind&#233;finiment - sans jamais cr&#233;er une &#233;conomie comp&#233;titive et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en commun des dettes (eurobonds), en tout ou en partie, n'est pas non plus une voie. Comme on sait, elle aussi suppose une base f&#233;d&#233;rale. Et elle ne r&#233;sout pas la question de la comp&#233;titivit&#233;. Donc de la contraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste l'union bancaire dont on nous parle maintenant. Mais sans un tel f&#233;d&#233;ralisme, elle n'a pas beaucoup de sens et d'ailleurs elle ne changera pas grand chose &#224; la crise. J'ai &#233;voqu&#233; le point par ailleurs : cela reste vrai apr&#232;s les d&#233;cisions du 29 juin 2012. On dit qu'il faut d&#233;gager les banques d'un pays de leur lien avec l'Etat correspondant. Mais on ne voit pas que pour vraiment faire cela il faudrait simultan&#233;ment prendre trois d&#233;cisions tr&#232;s lourdes : les soulager de leur exposition aux obligations de leur Etat (dont elles sont le plus gros acheteur &#8211; mais si elles le font la crise devient incontr&#244;lable), les obliger si c'est possible &#224; diversifier leur activit&#233; par rapport &#224; ce pays qui est pourtant leur base essentielle, et surtout cr&#233;er un &#233;norme tr&#233;sor de guerre pour les soutenir en cas de besoin. Lequel ne peut &#234;tre financ&#233; que partiellement par les autres banques europ&#233;ennes, car les sommes n&#233;cessaires pour &#234;tre cr&#233;dibles sont &#233;normes &#8211; et que la ponction sur les banques aboutit &#224; une contraction du cr&#233;dit. Donc cela retomberait &#224; nouveau sur les contribuables. Et cela suppose &#224; nouveau le f&#233;d&#233;ralisme &#8211; en outre de toute fa&#231;on n&#233;cessaire pour avoir l'autorit&#233; politique de prendre les d&#233;cisions qui s'imposent sur les banques. Sans &#233;videmment que tout cela r&#232;gle le probl&#232;me des Etats, de leurs d&#233;s&#233;quilibres et de leur ajustement n&#233;cessaire, ni celui de leur comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'inflation non plus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de monnaie &#224; vau-l'eau ne r&#233;pond pas non plus &#224; la question. Elle est d'abord intol&#233;rable pour les Allemands et bien d'autres : cela suffit &#224; &#233;liminer l'hypoth&#232;se. Mais m&#234;me en mettant cela de c&#244;t&#233;, il faudrait une inflation &#233;norme pour att&#233;nuer le poids de la dette existante, alors m&#234;me que les taux d'int&#233;r&#234;t de la dette se relevant fortement, le refinancement des pays serait alors beaucoup plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le seul moyen serait un financement massif des Etats par la Banque centrale europ&#233;enne, organisant volontairement un d&#233;rapage d'ensemble. Bien entendu cela d&#233;truirait toute perspective pour l'euro d'&#234;tre une monnaie mondiale cr&#233;dible ; en outre, cela ruinerait toute une partie de la population, principalement de revenus modestes. Mais outre que c'est politiquement inimaginable, cela ne ferait m&#234;me pas dispara&#238;tre la question de la comp&#233;titivit&#233; des pays non comp&#233;titifs. Et donc le besoin de r&#233;formes profondes et d'aust&#233;rit&#233;. En fait cela aurait bien plus d'inconv&#233;nients qu'une r&#233;duction de dettes. Mieux vaut donc celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une sortie de l'euro hasardeuse et difficile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au bout du constat, on peut alors &#234;tre tent&#233; de se dire que la sortie de l'euro ne serait finalement pas absurde. Mais, comme je l'ai montr&#233; par ailleurs, il n'est pas impossible mais r&#233;ellement difficile de sortir de la zone sans casse, seuls ou ensemble. Pas tellement sur le plan technique (&#233;change des esp&#232;ces, changement de d&#233;nomination de la dette) : il me para&#238;t de plus en plus que c'est en soi faisable - m&#234;me si c'est compliqu&#233;. Mais du fait des mouvements massifs de capitaux, y compris au niveau de la population, que la simple annonce du projet d&#233;clencherait. Il faudrait donc contr&#244;ler tous ces mouvements pendant une p&#233;riode, ce qui est difficile et al&#233;atoire, et repr&#233;sente un choc brutal. En outre changer de monnaie n'est pas simple juridiquement et m&#234;me en principe exclu par les trait&#233;s europ&#233;ens, toujours eux - sauf &#224; sortir de l'Union au moins un instant de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin et surtout, pour notre propos, tout cela ne changerait pas le besoin d'un effort en profondeur, m&#234;me si cela permettrait une acc&#233;l&#233;ration du processus et un red&#233;marrage ensuite sur des bases plus saines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : dix ans de malheur ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dix ans d'efforts assez durs en tout cas. Autant alors l'assumer franchement. C'est le discours global clair dont a besoin l'opinion comme les march&#233;s : &#171; il n'y a pas de rem&#232;de miracle ; malgr&#233; l'aide de nos partenaires nous allons traverser dix ans difficiles avec d'importantes r&#233;formes structurelles pour ajuster la comp&#233;titivit&#233; et les comptes publics ; nous l'assumons - avec la solidarit&#233; voulue envers les plus fragiles &#187;. Et nous r&#233;duirons les endettements trop lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours peut se d&#233;cliner de fa&#231;on en partie diff&#233;rente selon les sensibilit&#233;s politiques, droite ou gauche notamment ; on peut l'ins&#233;rer dans une r&#233;flexion de d&#233;veloppement durable etc.. Mais le message central est incontournable. Vouloir l'&#233;viter en ressassant des utopies &#233;cul&#233;es, ou en bricolant, c'est reculer pour mieux sauter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tout ce qui pr&#233;c&#232;de est plus que jamais une opinion personnelle parmi d'autres et n'engage naturellement que moi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; &#233;galement sur le site de Libert&#233; politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
