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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Trumpisme et le populisme : que ferait Aristote ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Trumpisme-et-le-populisme-que-ferait-Aristote.html</link>
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		<dc:date>2026-06-05T14:36:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nos soci&#233;t&#233;s ne vont pas bien sur de multiples plans, et doivent donc changer de cap en profondeur. Ceux qui sont attach&#233;s &#224; ce qu'on appelle pens&#233;e conservatrice au sens large, et plus profond&#233;ment &#224; la pens&#233;e politique classique, le savent depuis longtemps. Mais sur le plan concret, ce qui remet en cause aujourd'hui le syst&#232;me existant, c'est quelque chose d'assez diff&#233;rent, malgr&#233; certaines affinit&#233;s r&#233;elles : c'est ce qu'on appelle populisme. Trump est un exemple particuli&#232;rement d&#233;monstratif des questions que cela pose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les amalgames sont faciles, surtout &#224; notre &#233;poque o&#249; pr&#233;domine un mode de pens&#233;e binaire, et o&#249; la dialectique domine le d&#233;bat public. Le besoin de rupture qu'impose la situation et la d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s conduit &#224; des actions souvent contestables et/ou condamn&#233;es &#224; l'&#233;chec, qui peuvent compromettre la transition vers la vraie transformation, porteuse d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de Trump le confirme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Trump-+.html" rel="tag"&gt;Trump&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Conservatisme-+.html" rel="tag"&gt;Conservatisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Alternative-politique-+.html" rel="tag"&gt;Alternative politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Populisme-+.html" rel="tag"&gt;Populisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/aristotle-6381362_640.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos soci&#233;t&#233;s ne vont pas bien sur de multiples plans, et doivent donc changer de cap en profondeur. Ceux qui sont attach&#233;s &#224; ce qu'on appelle pens&#233;e conservatrice au sens large, et plus profond&#233;ment &#224; la pens&#233;e politique classique, le savent depuis longtemps. Mais sur le plan concret, ce qui remet en cause aujourd'hui le syst&#232;me existant, c'est quelque chose d'assez diff&#233;rent, malgr&#233; certaines affinit&#233;s r&#233;elles : c'est ce qu'on appelle populisme. Trump est un exemple particuli&#232;rement d&#233;monstratif des questions que cela pose.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un style violent et des id&#233;es peu claires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; par Trump, c'est non seulement un style particulier, exceptionnellement abrasif, et donc source de conflits plus que de paix ou de recherche commun du bien commun. Ce sont aussi et surtout des th&#232;mes ou des id&#233;es mises en avant, et des actions, qui se concilient mal avec une vision conservatrice au sens large, et encore moins avec la pens&#233;e classique, celle d'Aristote ou de saint Thomas. Le refus pur et simple d'une politique moralisante, comme pr&#233;tendait l'&#234;tre la politique am&#233;ricaine auparavant, d&#233;bouche notamment chez lui sur le refus de l'id&#233;e m&#234;me de r&#233;f&#233;rence au vrai et au bien, au profit du primat affich&#233; de l'int&#233;r&#234;t national non qualifi&#233;. Et ses options &#233;conomiques et sociales manquent &#224; l'&#233;vidence de clart&#233; et de coh&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, le choc produit par le trumpisme et les r&#233;actions n&#233;gatives que cela suscite, de fa&#231;on souvent l&#233;gitime, peuvent conduire &#224; des effets pr&#233;occupants pour qui est attach&#233; &#224; cette vision conservatrice au sens large et &#224; la pens&#233;e classique. Car les amalgames sont faciles, surtout &#224; notre &#233;poque o&#249; pr&#233;domine un mode de pens&#233;e binaire, et o&#249; la dialectique qui domine le d&#233;bat public utilise syst&#233;matiquement ce classement : on met dans la colonne du mal des gens ou des comportements inacceptables et on y assimile tout ce qu'on veut combattre. Vous n'&#234;tes pas de gauche et refusez la doxa dominante, donc vous &#234;tes fasciste, raciste, sexiste etc. Vous ne faite pas chorus avec toutes les condamnations du trumpisme, et donc vous &#234;tes un populiste revanchard et cynique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet est &#233;videment accentu&#233; dans le cas pr&#233;cis de Trump par son style personnel et son agressivit&#233; extravagante. Mais la question se pose bien au-del&#224; : c'est celle de ce qu'on appelle populisme au sens large. Et au-del&#224;, celle des choix concrets qu'impose l'histoire, notamment &#224; des &#233;poques de transition entre deux mondes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Besoin de rupture et dangers de l'amalgame&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle situation de transition, un r&#233;gime politique vit sur des principes et r&#233;f&#233;rences contestables qu'il faut remplacer par d'autres ; et une partie appr&#233;ciable de la population souffre de cette &#233;tat de fait - en fait la majorit&#233;, et &#224; terme le pays en g&#233;n&#233;ral. Cette population est alors conduite &#224; remettre en cause les &#233;lites en place. Mais si la bonne r&#233;volution mentale ne s'est pas faite, ou pas assez, avec adoption de r&#233;f&#233;rences porteuses d'avenir, la r&#233;volte n'a pas de cadre autre que de revendications de base, ou de slogans. C'est alors dans le cadre de ce qu'on appelle populisme. Dans ce cas, le renversement de paradigme pouvant conduire &#224; une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur des principes diff&#233;rents n'est pas encore l&#224;. De fait aujourd'hui encore les id&#233;es dominantes restent celles qui inspirent nos soci&#233;t&#233;s depuis deux si&#232;cles, &#224; travers leurs multiples avatars - m&#234;me si cette domination donne des signes de faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, ce qui est &#224; la base de ce populisme peut donc &#234;tre tout &#224; fait justifi&#233;. Mais il vient de la p&#233;riph&#233;rie. Et donc d'une part il ne s'appuie pas sur une conception politique alternative &#233;labor&#233;e. Et d'autre part il n'est pas pass&#233; par le filtre du savoir dont disposent les gens en place. S'y ajoute le fait que dans sa lutte pour parvenir au pouvoir, ce populisme doit passer &#224; travers les obstacles du r&#233;gime en place. D'o&#249; in&#233;vitablement un c&#244;t&#233; grossier et simpliste. Ensuite, pour gouverner il se heurte &#224; l'hostilit&#233; des structures, alors m&#234;me qu'il sait assez mal comment discerner ce qu'il a &#224; faire concr&#232;tement. D'o&#249; une vuln&#233;rabilit&#233; aux critiques, et un risque &#233;lev&#233; d'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, et c'est l&#224; notre point, ces limites finissent par toucher aussi leurs compagnons de route et plus largement tous ceux auxquels on les assimile, dans le cadre dialectique d&#233;crit ci-dessus, et notamment tous les critiques du r&#233;gime en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, le besoin de rupture qu'impose la situation et la d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s conduit &#224; des actions souvent contestables et/ou condamn&#233;es &#224; l'&#233;chec, qui peuvent compromettre la transition vers la vraie transformation, porteuse d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas Trump en est une bonne illustration, et cela m&#234;me en faisant la part de sa personnalit&#233; et de son comportement sp&#233;cifique. Il a en effet r&#233;uni sous son nom une coalition h&#233;t&#233;rog&#232;ne : MAGA isolationnistes, conservateurs traditionnels, chr&#233;tiens, libertariens, etc. sans parler des magnats de la Silicon Valley. Ce qui les r&#233;unit est un ennemi commun : la gauche woke pour simplifier, avec son effarante emprise ant&#233;rieure sur la vie publique et intellectuelle am&#233;ricaine. Et c'est Trump qui en est le liant, et qui donc est l'arbitre ultime de ses choix. Tout ce beau monde est donc embarqu&#233; avec lui, avec tous les risques correspondant. Cela n'emp&#234;che pas cette action d'avoir plusieurs dimensions tout &#224; fait utiles et positives. Mais le sch&#233;ma d'ensemble est passablement al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire alors ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation est un fait. Elle ne saurait justifier l'inaction. Mais il n'y a &#233;videmment pas de solution miracle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que tout ce qui concerne le travail en profondeur, l'&#233;laboration d'un corpus d'id&#233;es, et leur diffusion, garde tout son sens. Corr&#233;lativement, le maintien d'une analyse critique, relevant les bons c&#244;t&#233;s ou m&#234;me l'utilit&#233; &#233;ventuelle du populisme tout en en critiquant les limites et les risques, continuer &#224; rester une besoin incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le fait m&#234;me du tour que prend le combat politique, le fait que les coups de boutoir qui &#233;branlent le r&#233;gime se font en dominante sous le signe du populisme, avec les limites qu'on a &#233;voqu&#233;es. On ne peut pas ne pas appuyer certaines de ces secousses ; et on ne doit en m&#234;me temps pas lui donner de blanc-seing. L'exercice &#224; conduire rel&#232;ve donc par certains c&#244;t&#233;s du pilotage &#224; vue, combin&#233; avec la fermet&#233; sur les principes essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, en prenant du recul, cela n'a rien de nouveau, ni d'exceptionnel. Une certaine clart&#233; sur les id&#233;es et principes politiques ne donne en g&#233;n&#233;ral pas pour autant un guide pratique s&#251;r pour l'action, car les situations r&#233;elles sont in&#233;vitablement opaques et embrouill&#233;es. Seuls ceux qui croient en un grand r&#233;cit progressiste, en un sens de l'histoire, s'imaginent qu'il y a un fil d'Ariane s&#251;r menant &#224; une soci&#233;t&#233; meilleure. Un Maurras s'&#233;tait battu avant 1914 pour l'id&#233;e que la monarchie &#233;tait le plus s&#251;r garant de la libert&#233; nationale ; il a tr&#232;s loyalement d&#233;fendu l'union sacr&#233;e en 14-18. Mais il a vu, juste apr&#232;s, s'effondrer la plus grande partie des monarchies europ&#233;ennes ; puis &#224; terme plus lointain, l'id&#233;e d&#233;mocratique r&#233;gner en ma&#238;tre sur le continent. Avait-il tort sur l'union sacr&#233;e en 14-18 ? Non sans doute. Mais le choix responsable dans une situation donn&#233;e est une chose, le r&#233;sultat en est une autre. Il y a trop de variables dans l'&#233;quation pour qu'on puisse agir &#224; coup s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e politique classique n'a jamais envisag&#233; quoi que ce soit de ce type. Elle sait que le politique est le royaume de l'inachev&#233; et de l'imparfait. Aristote avait d&#233;velopp&#233; une pens&#233;e extraordinairement puissante et novatrice. Peut-on dire que son &#233;l&#232;ve Alexandre l'a mise en &#339;uvre ? Et d'ailleurs, qu'aurait pens&#233; Aristote de Trump ? La r&#233;ponse est dans la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre dans &lt;/i&gt; Politique magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pertinence maintenue de l'opposition droite-gauche</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Pertinence-maintenue-de-l-opposition-droite-gauche.html</link>
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		<dc:date>2022-03-12T17:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Droite</dc:subject>
		<dc:subject>Droite et gauche</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'opposition droite-gauche structure la vie politique de nos d&#233;mocraties depuis le XIXe si&#232;cle au moins. Le contenu de ces deux termes a beaucoup vari&#233;, mais pas le r&#244;le structurant de cette opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains veulent pourtant y substituer d'autres clivages. Notamment entre peuple et &#233;lites, souverainistes et mondialistes, ou nomades et enracin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme nous allons le voir, cela ne remet en r&#233;alit&#233; pas en question l'opposition droite-gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Droite-et-gauche-+.html" rel="tag"&gt;Droite et gauche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Populisme-+.html" rel="tag"&gt;Populisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a une diff&#233;rence essentielle de position dans ce qu'on appelle traditionnellement la droite et la gauche. La gauche est ce qui a un moment donn&#233; incarne le mouvement d'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, conform&#233;ment &#224; l'id&#233;ologie dominante. La droite est dans une large mesure d&#233;finie en contraste, de fa&#231;on n&#233;gative - et par la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche et l'&#233;mancipation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche revendique une certaine moralit&#233;, m&#234;me si ce n'est pas la morale au sens traditionnel, car c'est une morale de l'&#233;mancipation, qui se veut neutre sur le fond et exalte l'autod&#233;termination. Son crit&#232;re principal et permanent est la recherche d'une &#233;mancipation de l'homme, compris comme lib&#233;ration &#224; l'&#233;gard de contraintes et de pr&#233;jug&#233;s, dans une perspective constructiviste o&#249; l'homme se fait lui-m&#234;me, car il n'y a pas v&#233;ritablement de nature humaine et donc de vrai ou de bien objectif. S'y ajoute l'id&#233;e que cette &#233;mancipation une fois amorc&#233;e progresse dans le temps. L'id&#233;e principale est de permettre cette auto-construction cumulative, de fa&#231;on progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise la gauche est donc dans une large mesure l'acceptation rapide et syst&#233;matique des effets de ce que je d&#233;finis dans &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt; comme le paradigme dominant la pens&#233;e et l'action collective depuis trois si&#232;cles : &#171; l'id&#233;e qu'il n'y a pas de v&#233;rit&#233; objective en mati&#232;re morale, politique et sociale, d'o&#249; le droit de chacun &#224; se d&#233;terminer comme il l'entend. Et qu'il est bon d'&#233;manciper les individus ou les soci&#233;t&#233;s, ce qui est compris comme la remise en cause des valeurs collectives, des r&#233;f&#233;rences au vrai et au bien jusque-l&#224; reconnues, et des autorit&#233;s correspondantes [&#8230;] jusqu'&#224; culminer dans le relativisme actuel, qu'on appelle maintenant post-moderne, pour qui la seule notion du bien est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ses valeurs et r&#233;f&#233;rences dans tous les domaines, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais naturellement le contenu de la gauche ainsi comprise varie selon les &#233;poques, et selon les clivages dominants du moment. Bien entendu selon les cas les priorit&#233;s peuvent varier, ce qui explique qu'il y ait plusieurs gauches. On pourra par exemple &#234;tre pour ou contre l'Europe selon qu'on la voit comme instrument d'&#233;mancipation ou comme menace. Mais aujourd'hui les clivages dominants d&#233;finissant la gauche au sens actuel portent sur l'&#233;cologie, l'id&#233;ologie woke plus ou moins li&#233;e aux courants LGBT ou f&#233;ministes, et les migrants. En revanche le clivage de classe ou de revenu a perdu de sa force pour elle. Les gens dits de gauche sont clairement et unanimement en faveur de chacun des trois termes pr&#233;c&#233;dents (&#233;cologie, wokes et migrants), mais ce qu'on appelait nagu&#232;re la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; largement d&#233;laiss&#233;. Ce qui fait que les ouvriers r&#233;els votent Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que tout cela n'est pas totalement surprenant. Car ce qui caract&#233;rise la gauche n'est pas par nature le souci des masses populaires, notamment ouvri&#232;res comme on pouvait le penser vers 1960, mais l'id&#233;e d'&#233;mancipation. Elle a pu se relier au socialisme mais elle peut le d&#233;laisser. D'ailleurs un regard historique nous rappelle que le positionnement &#224; gauche du socialisme n'&#233;tait pas une n&#233;cessit&#233;. Actuellement c'est le populisme de droite qui r&#233;cup&#232;re le peuple. Ajoutons qu'il pourrait dans une certaine mesure en &#234;tre de m&#234;me de l'&#233;cologie, qui n'a a pas de raison en soi d'&#234;tre accapar&#233;e par le parti de gauche du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un t&#233;moignage provenant d'un auteur de gauche relativement traditionnel dans son positionnement, Thomas Piketty, peut nous le confirmer. Comme il le montre dans&lt;i&gt; Capital et id&#233;ologie&lt;/i&gt; (2019), la gauche est pass&#233;e graduellement de parti des travailleurs (ce qu'elle &#233;tait en gros en 1946) &#224; celui de parti des &#233;lites intellectuelles, en tout cas des dipl&#244;m&#233;s. A l'&#233;poque l'&#233;lecteur votant &#224; droite &#233;tait plus &#233;duqu&#233; que celui votant &#224; gauche ; c'est l'inverse d&#233;sormais. Ce qui fait d'ailleurs qu'une partie de la gauche, celle qui donne l'inspiration, fait objectivement partie des privil&#233;gi&#233;s &#8211; gr&#226;ce au syst&#232;me &#233;ducatif. Bien entendu cela ne r&#233;sume pas &#224; ses yeux le clivage droite gauche, car inversement dit-il il y a une corr&#233;lation entre niveau de patrimoine et vote &#224; droite. Ainsi pour lui il y a aux Etats-Unis deux blocs &#233;litaires, l'&#233;lite dipl&#244;m&#233;e qui est plut&#244;t d&#233;mocrate, et l'&#233;lite du patrimoine plut&#244;t r&#233;publicaine. Selon Piketty toujours, les exemples de l'Inde et du Br&#233;sil montrent que le clivage classiste ne l'emporte que quand on a d&#233;pass&#233; le clivage identitaire. Or note-t-il, il y a une mont&#233;e du clivage identitaire et ethnoreligieux, et il est ant&#233;rieur au probl&#232;me des migrants. Cela r&#233;sulte notamment de l'abandon des classes populaires par les sociaux-d&#233;mocrates, ainsi que de la chute de URSS (qui a rendu la redistribution par l'Etat moins utile).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La droite h&#233;t&#233;rog&#232;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, ce qu'on appelle droite comporte deux types assez diff&#233;rents de positions. En effet elle se relie soit &#224; l'affirmation d'une conception diff&#233;rente (classique ou conservatrice), soit au fait que quelqu'un ou un groupe se met en d&#233;calage sur un point ou un autre avec la pens&#233;e dominante d'o&#249; il vient, mais sans sortir de sa logique. D'o&#249; l'exemple bien connu des anciennes gauches refoul&#233;es sur la droite (bonapartisme, orl&#233;anisme). L'orl&#233;anisme ancien se retrouve maintenant avec ses origines, en rejoignant le macronisme, ou pas loin (LR). Le bonapartisme est devenu populisme de droite. Mais &#224; proprement parler la seule vraie droite, en cela qu'elle n'a jamais &#233;t&#233; de gauche, est la droite l&#233;gitimiste ou conservatrice (au sens doctrinal du terme) &#8211; qui n'a pas actuellement d'expression politique propre significative. Allant contre le paradigme dominant, elle rencontre le plus d'obstacle dans le syst&#232;me ambiant. Mais inversement, &#233;tant une pens&#233;e du r&#233;el, du sens commun, en un sens c'est la pens&#233;e naturelle, la tendance spontan&#233;e. L'emprise du paradigme relativiste et progressiste renverse cette tendance, mais elle tend &#224; resurgir en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Permanence de l'opposition &#224; travers de nouveaux clivages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me para&#238;t en tout cas clair que cette opposition droite-gauche, avec ses mutations historiques, reste un facteur majeur en politique, tant au niveau des id&#233;es qu'&#224; celui de la vie politique. Pourtant certains veulent pourtant y substituer d'autres clivages dans la vie politique. Notamment entre peuple et &#233;lites, entre souverainistes et mondialistes, ou entre nomades et enracin&#233;s (ou plusieurs de ceux-ci &#224; la fois). Notamment une th&#232;se r&#233;pandue voit cette opposition dans le clivage entre le macronisme et le populisme de droite (FN devenu RN). Qu'en est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le macronisme est n&#233; dans une culture de gauche, au sens d&#233;fini ci-dessus, mais dans une variante qui est all&#233;e au bout de la sociald&#233;mocratie dans son acceptation du capitalisme. Au minimum c'est une forme att&#233;nu&#233;e de la gauche (actuelle), un peu comme le parti radical sous la IIIe R&#233;publique, devenu un centre sous influence de gauche. Peut s'y ajouter un usage instrumental de quelques r&#233;f&#233;rences de droite &#224; l'occasion, mais de fa&#231;on non essentielle. Cela dit, il peut &#234;tre per&#231;u comme de droite par ceux qui gardent l'impression r&#233;tinienne de la gauche comme ouvri&#232;re et anticapitaliste par essence (ce que le macronisme n'est &#233;videmment pas), ou par ceux qui confondent ce parti de gouvernement avec le parti de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au populisme, il se fonde sur un d&#233;calage entre peuple et &#233;lites. Il peut donc &#234;tre des deux c&#244;t&#233;s, gauche ou droite. Mais dans le contexte actuel, et notamment au vu des choix de la gauche, il tend &#224; &#234;tre principalement situ&#233; &#224; droite car il prend la forme d'un refus du mondialisme, des migrations et des id&#233;ologies progressistes que la gauche met en avant. Seuls les Insoumis y &#233;chappent en partie et pr&#233;sentent parfois un certain populisme de gauche, mais bien limit&#233;. Le populisme est donc pour l'essentiel d&#233;sormais l'apanage de la droite, et il est identifi&#233; dans le syst&#232;me dominant comme situ&#233; &#224; l'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit donc, si le clivage entre peuple et &#233;lites, ou entre souverainistes et mondialistes, ou entre nomades et enracin&#233;s, existe dans une mesure importante, il ne remet pas en question l'opposition droite gauche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Face &#224; la d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s, revenons &#224; Aristote et Saint Thomas &#187;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-Aristote-et-Saint-Thomas.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-Aristote-et-Saint-Thomas.html</guid>
		<dc:date>2019-09-23T10:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien Figaro Vox sur &#034;Pour un grand retournement politique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face aux probl&#232;mes de notre temps et pour &#233;viter les apories de la confrontation entre &#171; conservateurs &#187; et &#171; lib&#233;raux &#187;, l'essayiste et ancien haut fonctionnaire Pierre de Lauzun entend revenir &#224; la pens&#233;e classique d'Aristote &#224; Thomas d'Aquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Populisme-+.html" rel="tag"&gt;Populisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Grand-retournement-+.html" rel="tag"&gt;Grand retournement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Avenir-de-la-democratie-+.html" rel="tag"&gt;Avenir de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Pour faire face aux probl&#232;mes de notre temps et pour &#233;viter les apories de la confrontation entre &#171; conservateurs &#187; et &#171; lib&#233;raux &#187;, l'essayiste et ancien haut fonctionnaire Pierre de Lauzun entend revenir &#224; la pens&#233;e classique d'Aristote &#224; Thomas d'Aquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/vox/politique/face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-aristote-et-saint-thomas-20190920&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/vox/politiqu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou lire le texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1)	Vous vous proposez, dans votre dernier livre, d'effectuer un &#171; grand retournement politique &#187; qui consisterait &#224; r&#233;habiliter la &#171; pens&#233;e classique &#187;. Pouvez-vous pr&#233;ciser ce que vous entendez par l&#224; ? Qu'est-ce que la pens&#233;e classique, et &#224; quoi l'opposez-vous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars d'un constat, celui d'une profonde d&#233;rive dans nos soci&#233;t&#233;s. La perte d'&#233;l&#233;ments essentiels de notre culture et de nos raisons de vivre ensemble. J'en vois la cause dans le relativisme qui domine l'esprit public, relativisme issu d'un paradigme &#224; l'&#339;uvre de fa&#231;on croissante depuis trois si&#232;cles. C'est cette id&#233;e que le seul bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ce qu'il appelle vrai ou bien, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. D'o&#249; un individualisme ravageur, qui mine potentiellement les biens communs b&#226;tis patiemment au cours des si&#232;cles, qui en outre se contredit en condamnant aujourd'hui ceux qui s'y opposent, au nom du politiquement correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative, c'est la pens&#233;e classique, n&#233;e avec Aristote, Cic&#233;ron et Thomas d'Aquin et toujours vivante. Contrairement &#224; l'image qu'on en donne, elle est avant tout pragmatique : elle sait que les soci&#233;t&#233;s humaines r&#233;sultent de l'interaction complexe et &#233;motionnelle de personnes libres au cours du temps, et qu'on ne peut les manipuler &#224; volont&#233; &#224; partir de th&#233;ories abstraites, contradictoires et changeantes. La pens&#233;e classique est une immense r&#233;flexion sur notre exp&#233;rience de si&#232;cles de vie en commun. Elle est attach&#233;e &#224; des principes essentiels comme la recherche du bien et du vrai objectifs, le r&#244;le central de la personne, le besoin pour elle de communaut&#233;s solidaires et d'une &#233;ducation humaniste. C'est cela qui en fait une pens&#233;e incarn&#233;e, proche de la r&#233;alit&#233; v&#233;cue des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2)	Vous insistez sur la n&#233;cessit&#233; de rechercher la v&#233;rit&#233;, &#224; rebours du relativisme moderne. Mais est-il encore possible aujourd'hui de parler de v&#233;rit&#233; ? La d&#233;construction op&#233;r&#233;e dans de nombreux champs des sciences humaines n'a-t-elle pas montr&#233; qu'en fait de v&#233;rit&#233;s objectives, les v&#233;rit&#233;s qui structurent l'ordre social sont le plus souvent le fruit d'un rapport de forces ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un pr&#233;jug&#233; typique du paradigme de neutralit&#233;. Comme on a pos&#233; qu'on ne pouvait pas atteindre le vrai ou le bien, on se rabat sur ce qui est imm&#233;diatement accessible : le mat&#233;rialisme pour les uns, les rapports de force pour les autres. La d&#233;construction, grand sport des intellectuels depuis deux si&#232;cles, est devenue pathologique avec la postmodernit&#233; depuis les ann&#233;es 60. Curieusement le d&#233;constructeur ne se demande jamais d'o&#249; vient sa propre pens&#233;e, quel est le processus inconscient, &#233;conomique, physicochimique ou autre qui a g&#233;n&#233;r&#233; son soup&#231;on et sa d&#233;construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment une communaut&#233; d'hommes peut-elle vivre et cr&#233;er ensemble si elle n'a pas en commun des r&#233;f&#233;rences essentielles, sans lesquelles la confiance n'est pas possible ? Et si des forces cherchent &#224; manipuler cette recherche du bien et du vrai, il a fallu d'abord que chacun croie possible, y compris les chantres du soup&#231;on, de discerner un certain vrai ou un certain bien qui ne soit pas le seul fruit de l'oppression, mais une croyance qui s'impose &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3)	En l'absence de communaut&#233;s et de r&#233;f&#233;rences communes, c'est l'argent, dites-vous, qui devient &#171; le seul &#233;l&#233;ment d'arbitrage &#187;. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent a une propri&#233;t&#233; essentielle, il est m&#234;me fait pour cela : il est en soi neutre. Pour faire une op&#233;ration avec, il faut un acheteur et un vendeur d'accord sur la chose et le prix. Point. Nul besoin de vrai ou de bien, de communaut&#233;, de relation humaine. Dans une soci&#233;t&#233; relativiste, c'est l'outil id&#233;al. Nous ne sommes d'accord sur rien ? Tant pis : si nous avons confiance dans la monnaie, nous pouvons toujours faire une transaction. Ou r&#233;clamer une subvention...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4)	L'&#233;conomie semble &#234;tre une science dans laquelle les enseignements de la pens&#233;e classique se font plus rares&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'&#233;conomie est &#233;tonnante. Elle est n&#233;e du souci moral de confesseurs m&#233;di&#233;vaux, qui ont &#233;tudi&#233; l'activit&#233; des marchands pour voir ce qui y &#233;tait bon ou mauvais. Depuis, l'obsession de l'&#233;conomie est d'appara&#238;tre comme une science et de se d&#233;gager de tout jugement de valeur, surtout moral. A vrai dire, cette belle assurance bat un peu de l'aile : outre sa difficult&#233; &#224; faire des pr&#233;visions, il appara&#238;t de plus en plus que l'&#233;conomie &#233;tant un fait humain, l'analyse des valeurs qui animent les hommes en est une composante essentielle. Et que si on ne se pose pas la question des finalit&#233;s &#233;thiques, le r&#233;sultat a toutes chances de ne pas &#234;tre bon. Ce que l'homme de la rue comprend, malgr&#233; son peu de connaissance technique, peut-&#234;tre parce que sans le savoir il est plus en phase avec la pens&#233;e classique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5)	Comment un classique peut-il lutter contre la place de plus en plus d&#233;mesur&#233;e que prend l'Etat dans nos vies quotidiennes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire simple, il y a deux grands moyens de tourner l'action des hommes vers un bien. Le premier est la coercition : la puissance publique. Le second est la conduite int&#233;rieure : les m&#339;urs, &#233;thique ou morale. La vraie libert&#233; repose sur celle-ci, car c'est une pl&#233;nitude int&#233;rieure, qui suppose d'&#234;tre orient&#233;e vers le bien. Mais dans un contexte relativiste, elle est rong&#233;e par l'ambiance dominante. On recourt donc encore plus au premier. Quand l'ins&#233;curit&#233; r&#232;gne parce que certains se croient tout permis, on met plus de police et de cam&#233;ras de surveillance ; d&#232;s qu'un incident se produit, on fait de nouvelles lois ; d&#232;s qu'un besoin &#233;merge, on augmente les imp&#244;ts etc. D'autant que les exigences &#224; l'&#233;gard de l'Etat, h&#233;t&#233;roclites, augmentent sans cesse, puisqu'on est tous victimes et responsables de rien. C'est le contraire de la pens&#233;e classique qui propose &#224; chacun de faire siennes la morale, les normes, la pens&#233;e de si&#232;cles d'exp&#233;rience humaine pour devenir une personne pleinement responsable et autonome, capable de soutenir et accomplir la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire qu'on n'en sortira pas principalement par des changements politiques, par la puissance publique, m&#234;me s'ils doivent y contribuer : c'est &#224; une r&#233;forme en profondeur de nos valeurs et priorit&#233;s personnelles qu'il faut s'atteler, en commen&#231;ant par soi et autour de soi, par une action &#224; la base, par l'&#233;ducation et par l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;6)	Que voulez-vous dire lorsque vous reprochez au conservatisme ses &#171; ambigu&#239;t&#233;s &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot est ambigu par son &#233;tymologie : conserver ce qui existe ne vaut que si c'est bon. Bien s&#251;r, la pens&#233;e classique est pragmatique, et pr&#233;f&#232;re dans le doute ne pas intervenir pour bouleverser la soci&#233;t&#233; au risque de faire pire. Elle conservera alors ce qui existe : c'est son c&#244;t&#233; &#171; conservateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, ce qu'on appelle &#171; conservatisme &#187; en politique, au sens que lui donnent les Anglo-saxons, pr&#233;sente bien des traits de la pens&#233;e classique dont il est souvent l'expression. Mais avec une limite majeure : ce conservatisme donne moins d'importance &#224; la recherche du vrai ou du bien objectifs, et il tend &#224; composer avec les id&#233;es dominantes. Aux Etats-Unis, de nos jours, un conservateur sera suppos&#233; ultralib&#233;ral en &#233;conomie, ce qui est contraire &#224; la tradition conservatrice, m&#234;me am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;7)	Dans un entretien r&#233;cent au Figaro, Mark Lilla oppose la figure du conservateur &#224; celle du lib&#233;ral, qui ne se situe pas dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e mais consid&#232;re l'individu d&#233;tach&#233; de toute communaut&#233;. Cette vision du lib&#233;ralisme est-elle r&#233;ductrice ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot lib&#233;ral est encore plus pi&#233;g&#233;. Cela peut viser un lib&#233;ralisme philosophique qui est un relativisme ; mais cela peut aussi se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tat de droit et aux libert&#233;s, ou &#224; l'&#233;conomie de march&#233;. A notre &#233;poque o&#249; on adore mettre des &#233;tiquettes sur les gens pour ne pas les &#233;couter, cette h&#233;sitation dans la d&#233;finition permet toutes les manipulations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mark Lilla parle du lib&#233;ralisme philosophique : il vise &#171; l'individu porteur de droits d&#233;tach&#233; de la soci&#233;t&#233; &#187;. Et il l'oppose au conservatisme, attach&#233; &#224; la transmission de la culture et des traditions tout en &#233;tant pragmatique, face &#224; un monde compliqu&#233; et impr&#233;visible. M&#234;me si Lilla lui-m&#234;me se r&#233;clame ensuite d'un &#171; lib&#233;ralisme mod&#233;r&#233; &#187;, celui de Tocqueville par exemple, qui pr&#233;sente bien des traits conservateurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r pour le classique est que &#171; l'individu porteur de droits d&#233;tach&#233; de la soci&#233;t&#233; &#187; est une chim&#232;re. C'est dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e, avec ses lois et surtout ses m&#339;urs, sa culture, sa recherche collective du vrai et du bien au cours des si&#232;cles, que la personne humaine et ses droits peuvent s'&#233;panouir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;8)	Au fond, un classique est quelqu'un qui consid&#232;re que l'&#233;mancipation n'est pas l'accomplissement ultime de la personne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, pas n&#233;cessairement. Le mot accomplissement contient l'id&#233;e de compl&#233;tude : cela veut dire qu'on a atteint la pleine r&#233;alisation de ce que l'on pouvait &#234;tre de mieux. Par d&#233;finition, l'accomplissement suppose la recherche du bien. Et au d&#233;part, l'&#233;mancipation veut dire qu'on n'est plus sous tutelle. C'est le cas de l'homme adulte qui a atteint son plein &#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand de nos jours on comprend l'&#233;mancipation dans un sens relativiste, celui de notre paradigme actuel, on cherche &#224; se d&#233;gager de toute id&#233;e de bien ou de vrai objectifs, de toute communaut&#233;, et on croit que l'id&#233;al est que chacun se fabrique ses valeurs comme il l'entend, l&#224; o&#249; il veut, comme il veut. Non seulement c'est illusoire, mais cela n'a rien &#224; voir avec un accomplissement. C'est m&#234;me la recette de l'&#233;chec, ou de l'infantilisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie &#233;mancipation, c'est de devenir un adulte accompli, dans la communaut&#233;. Exactement ce que nous propose la pens&#233;e classique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il ne faut pas abandonner l'action politique &#187;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html</guid>
		<dc:date>2019-09-13T10:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans son dernier livre intitul&#233; &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, l'essayiste Pierre de Lauzun s'interroge sur les notions de valeurs communes, de progr&#232;s et de conservatisme. Avec en ligne de mire cette question : quelle est la place d'un chr&#233;tien en politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Aymeric Pourbaix pour &lt;i&gt;France catholique&lt;/i&gt; Mercredi 11 septembre 2019.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier livre intitul&#233; &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, l'essayiste Pierre de Lauzun s'interroge sur les notions de valeurs communes, de progr&#232;s et de conservatisme. Avec en ligne de mire cette question : quelle est la place d'un chr&#233;tien en politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Aymeric Pourbaix pour &lt;i&gt;France catholique&lt;/i&gt; Mercredi 11 septembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A la suite de diff&#233;rents penseurs (notamment Pierre Manent, Marcel Gauchet), vous diagnostiquez l'impasse du fonctionnement politique actuel. Pour quelle raison ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me un regard superficiel confirme l'impasse actuelle : le d&#233;calage croissant entre les opinions et les &#233;lites politiques, le d&#233;litement et l'&#233;clatement des partis et la mont&#233;e de ce qu'on appelle populisme, en sont des sympt&#244;mes imm&#233;diats. Derri&#232;re on peut lire la sourde angoisse naissant de la d&#233;gradation du lien social et de la perte de rep&#232;res, sans parler de la mondialisation, des migrations ou de l'&#233;cologie. Tout se passe comme si face &#224; une mont&#233;e des interrogations, on ne se sentait pas les ressources collectives pour les affronter ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des p&#233;rip&#233;ties politiques, fran&#231;aises ou autres, j'y vois le signe d'un ph&#233;nom&#232;ne plus profond et de longue dur&#233;e : l'aggravation des effets destructeurs du paradigme qui domine notre pens&#233;e collective depuis trois si&#232;cles et qui culmine dans le relativisme et l'individualisme actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce que l'on appelle le &#171; populisme &#187; en est-il un sympt&#244;me ? Plus qu'une solution ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le populisme en est manifestement un sympt&#244;me, et un sympt&#244;me important : c'est en effet une remise en question parfois brutale des &#233;lites dominantes, en qui un partie appr&#233;ciable de la population n'a plus confiance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut avoir une influence appr&#233;ciable dans l'imm&#233;diat sur nos syst&#232;mes politiques, comme le montrent les exemples de Trump, Johnson, Salvini ou Orban, et peut-&#234;tre de fa&#231;on plus durable. Mais ces noms montrent d&#233;j&#224; que le populisme recouvre des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s variables. Surtout, pour &#234;tre une solution sur la dur&#233;e, un mouvement politique doit montrer qu'il peut d&#233;boucher sur une vie commune profond&#233;ment renouvel&#233;e, y compris au niveau de la vie politique. Cela suppose que la vision sur laquelle vit la soci&#233;t&#233; soit elle-m&#234;me renouvel&#233;e en profondeur et traduite dans les faits ; ce qui implique une &#233;laboration intellectuelle appr&#233;ciable, combin&#233;e avec l'&#233;mergence d'&#233;lites nouvelles et de mani&#232;res nouvelles de vivre en commun. Mais &#224; ce stade non seulement les divers populismes ne proposent rien de tel, mais leur positionnement m&#234;me les conduit &#224; refuser la plupart de ces t&#226;ches. D'o&#249; &#224; terme le risque soit de l'&#233;chec, soit d'une d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette politique neutre que vous observez a des racines profondes (XVIIe). Lesquelles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme de neutralit&#233;, ou relativiste, dont je parlais est ce principe qui s'oppose &#224; ce qu'ambitionnait la pens&#233;e classique : la recherche collective du bien de la personne et de la communaut&#233; &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience des si&#232;cles, l'&#233;ducation au vrai et au bien, et le pragmatisme dans les constructions politiques. Il la rejette au profit du refus de l'id&#233;e de bien objectif et de l'affirmation fondatrice du droit de chacun de se fabriquer ses valeurs comme il l'entend, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin &#8211; comme le proclame la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789. Dans cette optique le d&#233;bat est suppos&#233; r&#233;gner, mais dans les faits les r&#233;f&#233;rences communes se r&#233;duisent au minimum : le mat&#233;rialisme, l'argent et le politiquement correct. Il trouve ses origines au XVIIe si&#232;cle, mais n'a fait sentir que progressivement tous ses effets ; une &#233;tape majeure en a &#233;t&#233; la r&#233;volution des m&#339;urs des ann&#233;es 60, et ses effets encore en cours, notamment sur la famille. Un paradigme est ce qui conditionne toute la pens&#233;e collective, il est donc tr&#232;s structurant et ne peut &#234;tre remise en cause facilement, car penser autrement est socialement tr&#232;s difficile tant que son emprise subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Y a-t-il eu des apports positifs de la pens&#233;e moderne (id&#233;e de personne humaine ?)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r ; le fait qu'un paradigme colore et oriente la pens&#233;e collective ne la st&#233;rilise pas ; mais il la gauchit s&#233;rieusement. La notion de personne humaine, par exemple, vient du christianisme, et ne me para&#238;t pas avoir sensiblement progress&#233;. En revanche l'id&#233;e de formaliser des droits, m&#234;me si elle a des racines m&#233;di&#233;vales chr&#233;tiennes, est caract&#233;ristique de la modernit&#233;. Cette id&#233;e moderne est en soi un outil utile ; mais encore faudrait-il que ces droits soient bien &#233;nonc&#233;s et fond&#233;s sur une id&#233;e de bien objectif. L'Eglise a fini par reconna&#238;tre leur utilit&#233;, mais notons-le, c'est sur la base de la d&#233;claration universelle de 1948, qui &#233;tait un compromis raisonnable, pas de celle de 1789 qui est beaucoup plus typique de notre paradigme. Mais l'influence de ce dernier se poursuit, de sorte que la conception commune actuelle de ces droits s'&#233;loigne consid&#233;rablement de 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui la pens&#233;e politique chr&#233;tienne se cherche (Sens commun, Poissons roses, etc). O&#249; puiser les ressources intellectuelles pour sortir des oppositions purement partisanes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; premi&#232;re est de reconna&#238;tre ce biais structurellement mal orient&#233; de notre pens&#233;e collective, qui la met en porte &#224; faux par rapport aux exigences chr&#233;tiennes, quelle que soit l'orientation politique que le chr&#233;tien retient ensuite. Si on ne reconna&#238;t pas ce fait, on oscille entre trois &#233;cueils : l'acceptation de fait des dominantes de l'&#233;poque, des combats souvent perdus, ou un refus sans espoir. Un outil commun majeur est ici la Doctrine sociale de l'Eglise, sachant que c'est un champ d'&#233;tude en constant enrichissement et non un corpus d&#233;finitivement arr&#234;t&#233;, m&#234;me si les principes sont stables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On ne consent pas toujours &#224; la mort, disait Thibon&#8230; Comment les chr&#233;tiens doivent-ils se positionner dans cette p&#233;riode (longue) de transition ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant que le syst&#232;me &#233;lectoral oblige &#224; des choix politiques tr&#232;s fr&#233;quents&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif de bien garder &#224; l'esprit la distinction des deux horizons : l'horizon long, structurel, mais indispensable &#224; terme, du remplacement du paradigme dominant par un autre ; et l'horizon court de la vie imm&#233;diate. L&#224; o&#249; l'action est de toute fa&#231;on indispensable, et aussi plus &#224; notre port&#233;e, c'est au niveau de la base, dans notre action autour de nous : famille, travail, associations, entreprise, commune etc., ainsi que dans la r&#233;flexion et l'&#233;laboration intellectuelle, indispensable comme je l'ai rappel&#233;. Et c'est aussi cette action-l&#224; qui est la plus f&#233;conde &#224; long terme, car si elle est suffisamment suivie par assez de gens elle finit par permettre une vraie transformation. Mais il ne faut pas abandonner l'action politique, m&#234;me si elle est plus frustrante par nature, et qu'elle l'est plus encore si vous vous inspirez de principes ou valeurs qui sont en porte &#224; faux par rapport au syst&#232;me de pens&#233;e dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le conservatisme se doit d'&#234;tre cr&#233;atif, dites-vous&#8230; Comment concilier avec l'id&#233;e de progr&#232;s (apport&#233; par le christianisme) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'un temps lin&#233;aire, o&#249; le pass&#233; et l'avenir ne se r&#233;p&#232;tent pas, avec un d&#233;but et une fin, est effectivement chr&#233;tienne. Elle implique un effort personnel et collectif pour que demain soit meilleur qu'aujourd'hui. Mais elle se distingue du progressisme au sens na&#239;f, qui croit in&#233;luctable ce progr&#232;s. Le chr&#233;tien qui est cons&#233;quent avec sa foi sait que le mal et le p&#233;ch&#233; existent, et donc que tout progr&#232;s peut &#234;tre remis en cause, et est d'ailleurs souvent ambigu. Il faut donc &#224; la fois agir dans le sens de ce qu'on pense en conscience &#234;tre celui du bien ; mais savoir les limites de l'action en la mati&#232;re, le politique n'&#233;tant pas un domaine o&#249; on refa&#231;onne &#224; son gr&#233; la soci&#233;t&#233; sans risque majeur, et ne pas s'imaginer que l'on va &#233;tablir le Royaume de Dieu sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle place pour la religion catholique &#224; c&#244;t&#233; du politique en France ? Les catholiques doivent-ils renoncer au r&#234;ve de (re)construire la cit&#233; chr&#233;tienne, si jamais elle a exist&#233;&#8230; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cit&#233; chr&#233;tienne, quel que soit le sens de ce terme, suppose un peuple chr&#233;tien. Ce n'est plus le cas de la France actuelle, loin de l&#224;, et cela ne para&#238;t pas devoir &#234;tre &#224; port&#233;e rapidement, encore que cela soit entre les mains de Dieu. En outre, seule l'&#233;vang&#233;lisation pourra y conduire. On pourra alors d&#233;battre de ce qu'est une &#8216;cit&#233; chr&#233;tienne', ce concept &#224; la fois d&#233;sirable et ambigu, car en soi une cit&#233; est de ce monde et ne peut &#234;tre dite pleinement chr&#233;tienne, m&#234;me si, comme les papes l'enseignaient autrefois, une cit&#233; o&#249; le peuple et les dirigeants cherchent &#224; &#234;tre chr&#233;tiens est en soi un objectif d&#233;sirable. Mais nous n'en sommes pas l&#224;, notamment avec notre paradigme dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici l&#224;, les catholiques n'ont aucune raison de renoncer au champ politique, ni de cacher leurs convictions ; ils doivent donc s'engager ; mais il est peu probable que cela conduise &#224; des formations politiques sp&#233;cifiques significatives. Les chr&#233;tiens sous l'Empire romain, minoritaires, n'ont pas emprunt&#233; cette voie ; ce n'est qu'apr&#232;s une &#233;volution de plusieurs si&#232;cles qu'elle s'est ouverte, et de fa&#231;on bien ambigu&#235;, avec Constantin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation Facebook :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france-catholique.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html?fbclid=IwAR1baDYnONVuFhPfkv09boAljL-alMt1emJbEfN29WpMW_TlA6ncisBI4HA#.XXjPzPfrbAU.facebook&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.france-catholique.fr/Il...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Comment repenser l'engagement politique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Comment-repenser-l-engagement-politique.html</link>
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		<dc:date>2019-09-02T10:12:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Faute de raisons de vivre communes et partag&#233;es, la vie politique s'expose &#224; des impasses. Pierre de Lauzun, auteur de &#034;Pour un grand retournement politique&#034;, essai paru au printemps 2019 aux &#201;ditions du bien commun, explique &#224; Aleteia comment renouer avec l'exp&#233;rience des si&#232;cles qui a tiss&#233; les voies du bien-vivre ensemble. Sans cette prise de recul, aucune transformation des mentalit&#233;s en profondeur ne pourra aboutir.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Conservatisme-+.html" rel="tag"&gt;Conservatisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Alternative-politique-+.html" rel="tag"&gt;Alternative politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Populisme-+.html" rel="tag"&gt;Populisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Pensee-classique-+.html" rel="tag"&gt;Pens&#233;e classique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Grand-retournement-+.html" rel="tag"&gt;Grand retournement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faute de raisons de vivre communes et partag&#233;es, la vie politique s'expose &#224; des impasses. Pierre de Lauzun, auteur de &#034;Pour un grand retournement politique&#034;, essai paru au printemps 2019 aux &#201;ditions du bien commun, explique &#224; Aleteia comment renouer avec l'exp&#233;rience des si&#232;cles qui a tiss&#233; les voies du bien-vivre ensemble. Sans cette prise de recul, aucune transformation des mentalit&#233;s en profondeur ne pourra aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aleteia : conduit &#224; vous interroger sur les difficult&#233;s r&#233;currentes de la politique actuelle &#224; unir les citoyens autour de la m&#234;me conception du bien commun, vous constatez une opposition entre deux grandes visions de la politique : la pens&#233;e politique classique et la pens&#233;e moderne, individualiste et relativiste. Sur quoi s'opposent pr&#233;cis&#233;ment ces deux grandes visions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre de Lauzun : Mon point de d&#233;part est le constat d'une grave d&#233;rive dans nos soci&#233;t&#233;s : malgr&#233; de spectaculaires r&#233;sultats nous perdons quelque chose d'essentiel dans notre culture et de nos raisons de vivre ensemble. J'en vois la cause dans ce paradigme qui domine notre vie commune depuis trois si&#232;cles, l'id&#233;e qu'il n'y a pas de v&#233;rit&#233; objective en mati&#232;re morale, politique et sociale. Elle a fait progressivement sentir ses effets jusqu'&#224; culminer dans le relativisme actuel, pour qui le seul bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il veut ses valeurs et r&#233;f&#233;rences sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. Cet individualisme ronge les biens communs essentiels que l'humanit&#233; avait construits au cours de son histoire. D'autant que dans un deuxi&#232;me temps il condamne tout ce qui le contredit, au nom du politiquement correct. Il faut d&#232;s lors se tourner vers l'alternative fond&#233;e sur ce que l'exp&#233;rience des si&#232;cles d&#233;gage comme r&#233;f&#233;rence s&#251;re pour la vie commune : la pens&#233;e classique n&#233;e avec Aristote ou Thomas d'Aquin et toujours vivante depuis. Elle nourrit la doctrine sociale de l'&#201;glise mais elle peut tout autant parler aux incroyants de bonne volont&#233;. On y trouve la reconnaissance de l'objectivit&#233; du bien et du vrai ; l'importance centrale de la personne, qui ne peut se d&#233;velopper qu'au sein de communaut&#233;s solidaires, moyennant une &#233;ducation humaniste, tourn&#233;e vers le vrai et le bien. Et aussi la conscience que les soci&#233;t&#233;s, fruits de l'interaction des personnes, sont des &#233;difices complexes construits au cours du temps et non &#224; partir de th&#233;ories &#233;difi&#233;es a priori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la pens&#233;e politique fond&#233;e sur ce relativisme individualiste menace les conditions de la vie d&#233;mocratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre parfait, la d&#233;mocratie est actuellement le seul r&#233;gime qui fonde une l&#233;gitimit&#233; dans nos pays. Mais ce mot recouvre trois r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes qu'on confond : le r&#233;gime politique repr&#233;sentatif ; le paradigme de neutralit&#233; ; et l'&#201;tat de droit. On tend ainsi &#224; appeler &#171; d&#233;mocratique &#187; ce qui respecte l'id&#233;ologie, m&#234;me si cela va contre la volont&#233; populaire et le gouvernement du peuple. Ce qui fonde la d&#233;mocratie est l'id&#233;e qu'il faut que chacun ait sa part dans les d&#233;cisions publiques. Le paradigme moderne, lui, nous dit que toutes les opinions se valent. Mais la d&#233;cision commune donnera de bien meilleurs r&#233;sultats comme effort collectif de recherche du bien commun, et non comme compromis entre des choix arbitraires (sous la dict&#233;e des m&#233;dias). Et le vrai vivre-ensemble suppose la responsabilit&#233; &#233;thique de chacun au sein de communaut&#233;s solidaires. La d&#233;mocratie comme r&#233;gime politique fonctionnerait donc bien mieux sans ce paradigme dont l'action corrosive d&#233;truit lentement mais s&#251;rement les fondements de la vie en commun. Alors que les soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures avaient ce qu'on peut appeler des incubateurs de vertus, la d&#233;mocratie moderne en manque. Au d&#233;but, le respect des valeurs communes ant&#233;rieures impr&#233;gnait les gens ; mais elles sont de plus en plus consid&#233;r&#233;es comme un choix personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que la pens&#233;e classique &#171; reste plus ou moins latente dans la vie et la pens&#233;e commune &#187; : que voulez-vous dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de la pens&#233;e classique est le processus s&#233;culaire de d&#233;cantation par les soci&#233;t&#233;s humaines de ce qui est bon ou souhaitable, &#224; la lumi&#232;re de la conscience et de la r&#233;flexion, sur la base de l'exp&#233;rience de tous. Il n'y a rien de moins naturel en revanche que l'id&#233;e que toutes les opinions sont &#233;quivalentes et l&#233;gitimes sous r&#233;serve du m&#234;me droit du voisin. Il a fallu trois si&#232;cles pour p&#233;n&#233;trer le peuple de cette id&#233;e, ce qui n'a abouti qu'avec la r&#233;volution culturelle des ann&#233;es soixante. Et pourtant la sagesse ancienne, les r&#233;flexes naturels sont toujours pr&#233;sents. On le voit avec la famille : peu touch&#233;e jusqu'en 1968, elle fait maintenant l'objet de conceptions h&#233;t&#233;roclites et optionnelles, avec en commun le refus individualiste de s'engager. Or le principe m&#234;me de la famille est l'engagement mutuel sur la dur&#233;e. Pourtant dans la pratique la r&#233;alit&#233; de la famille subsiste de fa&#231;on &#233;tonnante : une proportion appr&#233;ciable des gens reste fid&#232;le &#224; son conjoint, &#233;l&#232;ve au mieux ses enfants, et est solidaire de parents dans le besoin. Donc continue &#224; vivre selon les valeurs ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retournement de la vie politique suppose-t-il n&#233;cessairement le retour &#224; une anthropologie classique, comme l'anthropologie chr&#233;tienne (la dignit&#233; de la personne humaine, l'interd&#233;pendance des groupes et des individus, la soci&#233;t&#233; ordonn&#233;e par le bien commun&#8230;) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retourner un tel paradigme est une op&#233;ration de grande ampleur, qui prend du temps, bien au-del&#224; d'un mouvement d'opinion. Cela demande trois choses : reb&#226;tir une pens&#233;e politique ; agir &#224; la base dans les communaut&#233;s ; et ne pas d&#233;laisser le champ politique. Mais dans l'intervalle, les syst&#232;mes de r&#233;gulation collective continueront &#224; imposer leur cadre de pens&#233;e, en allant plus loin &#224; chaque fois. Certes on discerne des signes d'affaiblissement de son emprise, mais cela ne la fait pas encore dispara&#238;tre. En t&#233;moigne l'&#233;chec des essais d'expression divergentes. La Manif pour tous en est un bon exemple : on n'a en effet jamais vu une telle manifestation paisible et &#171; d&#233;mocratique &#187; avec tant de monde (plus du million). Et cependant il n'y a eu aucune prise en compte politique ou m&#233;diatique du ph&#233;nom&#232;ne, m&#234;me hypocrite. Bien au contraire, le mouvement a continu&#233; sur sa route avec la PMA, bient&#244;t la GPA et l'euthanasie. Parce que l'argumentation de La Manif pour tous, fond&#233;e sur une forme de loi naturelle, est simplement irrecevable dans ce contexte de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre perspective, tout retournement politique r&#233;el est difficilement imaginable par la voie de la r&#233;volte et m&#234;me par la voie des alliances partisanes, assez artificielles. Le pr&#233;alable &#224; ce retournement passe-t-il seulement par la voie d'une sorte de conversion morale et culturelle de la &#171; masse &#233;lectorale critique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie de la r&#233;volte pr&#233;sente des risques &#233;lev&#233;s de d&#233;chirement du tissu social et de violence, et de trahison des attentes s'il n'y a pas eu transformation de la vision commune. De m&#234;me avec le populisme : r&#233;volte indign&#233;e contre des &#233;lites discr&#233;dit&#233;es, rien n'implique qu'il aille toujours dans le bon sens, encore moins qu'il obtienne des r&#233;sultats s'il en reste l&#224;. Ainsi avec les Gilets jaunes. Il en est de m&#234;me des partis protestataires s'ils n'ont pas de pens&#233;e forte, ni des dirigeants aptes &#224; gouverner. Cela dit l'action politique est indispensable. Car de nombreuses mesures urgentes sont &#224; prendre et des espaces de libert&#233; &#224; &#233;largir : &#233;ducation, immigration, &#233;conomie, d&#233;fense, coop&#233;ration europ&#233;enne, d&#233;ficits etc. Encore faut-il pour cela d&#233;passer la revendication et mettre des comp&#233;tences au service d'une vraie cr&#233;ativit&#233;. Certes, le contexte est frustrant car on doit en permanence jouer avec des vents contraires, et les alliances politiques sont difficiles et instables. Des opportunit&#233;s se pr&#233;sentent, mais il faut garder &#224; l'esprit la port&#233;e du renversement de pens&#233;e &#224; op&#233;rer. Donc qu'un r&#233;sultat obtenu un jour pourra &#234;tre retourn&#233; tant que la logique dominante reste adverse. Cela &#233;vite les impatiences et les d&#233;sillusions, car le vrai succ&#232;s ne se situe pas sur ce registre. L'une des forces de la pens&#233;e classique est qu'elle donne du recul : on se perd moins dans les miasmes du d&#233;bat politique au jour le jour. Sans pour autant cesser d'agir en gardant le cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez de &#171; reconstruction des solidarit&#233;s &#187;. Existe-t-il des voies d'engagement politique concr&#232;tes possibles et m&#234;me prioritaires, pas n&#233;cessairement &#233;lectorales, et r&#233;ellement utiles &#224; la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action &#224; la base est prioritaire. Toutes les grandes transformations de la soci&#233;t&#233; se font d'abord &#224; la base. La soci&#233;t&#233; de demain se joue dans les familles et dans l'&#233;ducation. Puis dans les associations, les entreprises, les &#233;coles ind&#233;pendantes et tout lieu d'innovation &#233;conomique et sociale, o&#249; se combine une gratuit&#233; bien r&#233;elle et l'esprit d'entreprise. Ces communaut&#233;s &#233;l&#233;mentaires sont bien plus libres et mobiles que l'appareil public, et ce dernier ne peut pas tout contr&#244;ler. Sachant qu'une telle approche n'implique pas un repli communautaire ou priv&#233;. Car il faut aussi se remuer au niveau de la soci&#233;t&#233;, dans toutes les structures o&#249; cela s'av&#232;re possible, notamment politiques, malgr&#233; leurs limites &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru sur Aleteia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.aleteia.org/2019/08/29/comment-repenser-lengagement-politique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fr.aleteia.org/2019/08/29/c...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour un grand retournement politique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Pour-un-grand-retournement-politique.html</link>
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		<dc:date>2019-05-18T12:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Paradigme relativiste</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Vient de para&#238;tre aux Editions du Bien Commun, groupe T&#233;qui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malaise collectif en France est grand. Le besoin de nouveaut&#233; &#233;vident. Pourtant on ne d&#233;colle pas au-del&#224; la lib&#233;ration sauvage de la parole &#224; la base. Pourquoi, au-del&#224; des hommes et de leurs limites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; mon sens parce qu'on sous-estime grandement l'ampleur du changement &#224; op&#233;rer. Il ne s'agit en effet pas de simples rapports de force entre des id&#233;es ou des &#233;quipes, mais de renverser les structures de pens&#233;e dominantes depuis des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux impasses du paradigme actuel, quelques enseignements de la pens&#233;e classique &#224; l'usage de ceux qu'on appelle la droite, et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite de la pr&#233;sentation...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradigme-relativiste-+.html" rel="tag"&gt;Paradigme relativiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/grand_retournement.jpg?1787417299' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Analyse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paradigme structurant la pens&#233;e collective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malaise collectif en France est grand. Le besoin de nouveaut&#233; &#233;vident. Pourtant on ne d&#233;colle pas au-del&#224; d'une relative lib&#233;ration sauvage de la parole &#224; la base. Pourquoi, au-del&#224; des hommes et de leurs limites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; mon sens parce qu'on sous-estime grandement l'ampleur du changement &#224; op&#233;rer. Il ne s'agit en effet pas de simples rapports de force entre des id&#233;es ou des &#233;quipes, mais de renverser les structures de pens&#233;e dominantes depuis des si&#232;cles. Plus exactement de renverser le paradigme fondateur de la soci&#233;t&#233; moderne, qui remonte au XVIIe si&#232;cle, celui que j'ai appel&#233; paradigme de neutralit&#233; et qui est &#224; la base de ce qu'on appelle aujourd'hui le relativisme, dans la phase actuelle, post-moderne, de l'histoire des id&#233;es. Un paradigme ainsi compris est ce qui structure et oriente la production m&#234;me de la pens&#233;e, en &#233;liminant les autres voies possibles. Ce paradigme en question est l'id&#233;e que l'homme peut et doit se faire lui-m&#234;me, qu'il n'y a pas de bien ou de vrai objectifs autres que ce que l'homme se d&#233;finit, individuellement ou collectivement. Ce qui d&#233;bouche apparemment sur l'acceptation de principe de toute id&#233;e ou valeur mais conduit vite sur l'&#233;limination de tout ce qui contredit ce principe : tout ce qui affirme telle ou telle chose comme vraie ou bonne en soi. A chaque phase de l'histoire, les cons&#233;quences de ce cadre de pens&#233;e sont all&#233;es dans le sens d'une radicalit&#233; croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais renverser un paradigme est une op&#233;ration lourde, en profondeur, et donc tr&#232;s lente. Cela suppose une longue lutte, mais aussi et surtout que l'&#233;chec du paradigme dominant devienne manifeste. Dans l'intervalle, la majorit&#233; des gens et surtout les syst&#232;mes de r&#233;gulation collective continuent &#224; suivre ce cadre de pens&#233;e, en allant encore plus loin &#224; chaque fois, et en r&#233;primant ce qui va contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes encore l&#224; avec notre paradigme. On rencontre des signes d'affaiblissement de cette emprise ; mais elle subsiste. En t&#233;moignent justement les &#233;checs des expressions divergentes : la Manif pour tous en est un bon exemple ; on n'a en effet jamais vu des manifestations avec tant de monde, mais le message n'a pas &#233;t&#233; pris en compte. Et le mouvement de d&#233;rive s'est poursuivi avec la PMA, et bient&#244;t la GPA. Parce que ces &#233;tapes sont dans la logique du syst&#232;me de pens&#233;e dominant, et que ce que dit la Manif pour tous, qui repose sur la loi naturelle, est irrecevable dans ce contexte. Un autre exemple de cette emprise est le refus du syst&#232;me dominant de consid&#233;rer l'ampleur et la signification de l'immigration de masse que conna&#238;t l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'alternative v&#233;ritable : la pens&#233;e classique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative est une forme de pens&#233;e int&#233;grant les bases de notre civilisation et &#224; valeur universelle. Le mot de &#8216;droite' ne permet pas de fonder une telle alternative car la droite politique est largement un d&#233;potoir d'anciennes gauches m&#234;l&#233;es &#224; des courants de pens&#233;e r&#233;siduels. Parler de &#8216;conservatisme' est plus proche de l'id&#233;e. Mais ce mot ne l&#232;ve pas totalement l'ambigu&#239;t&#233;. Parce que le conservatisme glisse dans le temps et int&#232;gre avec pragmatisme certaines des id&#233;es dominantes du moment, notamment lib&#233;rales. Et ce m&#234;me pragmatisme ne favorise pas la conceptualisation et la lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en fait se tourner vers ce qui la v&#233;ritable pens&#233;e alternative de notre civilisation, la pens&#233;e classique, celle d'Aristote ou de saint Thomas. Une partie appr&#233;ciable en est d'ailleurs repr&#233;sent&#233;e dans ce que la tradition conservatrice a de meilleur. On y trouve d'abord l'objectivit&#233; du bien et du vrai ; l'importance centrale de la personne, qui ne se comprend que dans la communaut&#233;, et de l'&#233;ducation si elle est appropri&#233;e, humaniste. S'y ajoute la conscience que les soci&#233;t&#233;s sont des &#233;difices complexes, construits au cours du temps et non &#224; partir de th&#233;ories abstraites. D'o&#249; l'importance d'id&#233;es peu &#224; la mode comme la tradition (l'exp&#233;rience collective) ou l'autorit&#233; bien comprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenir &#224; cette sagesse politique suppose une r&#233;orientation majeure de notre regard pour sortir du paradigme dominant. Pour cela il faut du temps, et le d&#233;bat ne suffit pas. Surtout dans un contexte spirituel comme le n&#244;tre, o&#249; le christianisme se contracte &#224; vue d'&#339;il. Cela exclut de compter sur la religion &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le point d'appui national et ses limites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les institutions qui r&#233;sistent aux id&#233;es dominantes, la premi&#232;re est la nation. Elle reste le seul cadre significatif pour la plupart des gens, celui o&#249; nos soci&#233;t&#233;s se constituent : en droit, et pour construire une solidarit&#233; &#233;conomique et sociale. Seul le principe national fait que des soldats meurent pour sauver des touristes en vadrouille. C'est en fait le seul facteur de solidarit&#233; politique agissante &#224; l'&#233;poque actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne veut pas dire que les menaces contre la nation ne soient pas consid&#233;rables. Citons au moins la s&#233;cession d'une partie des &#233;lites au profit d'un mondialisme abstrait, et le r&#234;ve f&#233;d&#233;raliste europ&#233;en. En outre le fait national ne donne donc pas &#224; soi seul la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qu'on appelle le populisme encore moins. On comprend la r&#233;volte populaire contre des &#233;lites discr&#233;dit&#233;es. Mais rien ne garantit qu'un tel mouvement aille dans le bon sens. Faute de cadre mental et organisationnel, le risque est une d&#233;rive anarchique. Les Gilets jaunes par exemple sont l'expression de la souffrance r&#233;elle d'une partie du peuple fran&#231;ais, et leur action peut secouer le cocotier ; mais ce n'est pas une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-on faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il faut agir. Surtout qu'on risque d'&#234;tre pris de vitesse par l'islamisation. Mais pour cela il faut d'abord &#234;tre bien conscient au nom de quels principes ou valeurs on le fait. Et de l'hostilit&#233; naturelle de l'environnement ambiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir d'abord &#224; la base. La soci&#233;t&#233; de demain se joue d'abord dans les familles et dans l'&#233;ducation. Et plus largement dans toutes les associations ou entreprises, toutes les communaut&#233;s &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'implique pas pour autant de se replier sur des affaires priv&#233;es. Car il faut aussi agir au niveau politique, m&#234;me europ&#233;en. De nombreuses mesures urgentes &#224; prendre, sur des enjeux de survie : immigration, culture, &#233;conomie, d&#233;fense etc. Encore faut-il pour cela d&#233;passer le stade purement revendicatif et rechercher une vraie comp&#233;tence au service d'une vraie cr&#233;ativit&#233; : ce n'est pas parce que les gens dits comp&#233;tents ont fait des sottises qu'on peut se passer de la comp&#233;tence. Et comme dans toute action politique jouer sur les circonstances, les organisations et les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en gardant bien pr&#233;sent &#224; l'esprit que ce que pourquoi on se bat est une renversement s&#233;culaire de pens&#233;e et de valeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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