<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=184&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Conflits arm&#233;s et bases &#233;conomiques : changer notre regard</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Conflits-armes-et-bases-economiques-changer-notre-regard.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Conflits-armes-et-bases-economiques-changer-notre-regard.html</guid>
		<dc:date>2025-07-14T07:26:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Base &#233;conomique des conflits</dc:subject>
		<dc:subject>Puissance industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On conna&#238;t l'importance de la base &#233;conomique de la puissance. Mais plusieurs d&#233;veloppements nouveaux conduisent &#224; prendre du recul et &#224; remettre en cause certains sch&#233;mas &#233;tablis. Notamment on a eu tendance &#224; oublier que les facteurs &#233;conomiques de puissance du temps de paix ne sont pas les m&#234;mes en cas de conflit. Cela vaut notamment pour la vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos, ou pour la capacit&#233; industrielle &#8211; armement ou construction navale. Inversement la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Superiorite-guerriere-+.html" rel="tag"&gt;Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Base-economique-des-conflits-+.html" rel="tag"&gt;Base &#233;conomique des conflits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Puissance-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Puissance industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/industrial-plant-7527766_640.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t l'importance de la base &#233;conomique de la puissance. Mais plusieurs d&#233;veloppements nouveaux conduisent &#224; prendre du recul et &#224; remettre en cause certains sch&#233;mas &#233;tablis. Notamment on a eu tendance &#224; oublier que les facteurs &#233;conomiques de puissance du temps de paix ne sont pas les m&#234;mes en cas de conflit. Cela vaut notamment pour la vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos, ou pour la capacit&#233; industrielle &#8211; armement ou construction navale. Inversement la puissance financi&#232;re ou la pr&#233;sence de multinationales s'av&#232;rent alors moins d&#233;cisives qu'en temps de paix. Et donc la position des diff&#233;rentes puissances n'est pas la m&#234;me. Cela concerne en outre plus sp&#233;cifiquement la France, qui est dans une situation assez diff&#233;rente de celle des autres pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; le Covid avait mis en &#233;vidence les graves probl&#232;mes que posait la d&#233;pendance d'une &#233;conomie &#224; l'&#233;gard du reste du monde, s'agissant notamment des mati&#232;res premi&#232;res et des cha&#238;nes mondiales de production. Une strat&#233;gie d'approvisionnement rationnelle dans un contexte de circulation assur&#233;e des biens peut se trouver mise en d&#233;faut si un obstacle intervient : une d&#233;cision politique, un embargo, une priorit&#233; donn&#233;e par une puissance exportatrice &#224; ses besoins internes, un nouvel antagonisme, une interruption physique des approvisionnements maritimes. Deux &#233;v&#233;nements de la p&#233;riode r&#233;cente rappellent cependant que les effets de ces ruptures peuvent &#234;tre variables selon les cas : les sanctions contre la Russie d'un c&#244;t&#233;, les &#233;preuves de force quelque peu chaotiques auxquelles se livre Donald Trump de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette derni&#232;re affaire, les Etats-Unis de Trump ont pu mesurer plus que jamais leur degr&#233; &#233;lev&#233; de d&#233;pendance industrielle &#224; l'&#233;gard de la Chine. Les droits de douane envisag&#233;s touchent des flux consid&#233;rables d'approvisionnements non rempla&#231;ables facilement. Et la Chine r&#233;siste &#224; la pression, m&#234;me si elle peut perdre des march&#233;s importants. Cela s'ajoute &#224; la question &#233;galement bien connue des mati&#232;res premi&#232;res, notamment des minerais technologiquement vitaux. La conclusion qui s'en d&#233;duit des deux c&#244;t&#233;s est l'int&#233;r&#234;t de r&#233;duire cette d&#233;pendance r&#233;ciproque. Cela ne para&#238;t pas insurmontable, au moins sur la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les sanctions contre la Russie n'ont pas &#233;t&#233; sans effet, mais pas ceux escompt&#233;s, et l'Europe (qui les a d&#233;cid&#233;es) en a souffert elle aussi, tant sur le co&#251;t de l'&#233;nergie qu'en bradant l'&#233;norme portefeuille d'entreprises qu'elle contr&#244;lait en Russie. L'effet sur la Russie a &#233;t&#233; une massive r&#233;orientation de ses &#233;changes, qui n'&#233;tait certainement pas dans l'int&#233;r&#234;t des Occidentaux. Il est vrai qu'elle a par nature une capacit&#233; d'autarcie importante, encore renforc&#233;e par le fait que c'est un des tr&#232;s rares pays &#224; technologie militaire relativement compl&#232;te et autonome &#8211; n'&#233;tant d&#233;pendante que pour certains composants et produits &#233;labor&#233;s, qu'elle a pu en l'esp&#232;ce trouver en bonne partie ailleurs (contrebande, Chine etc.). Quant aux sanctions financi&#232;res, elles ont rencontr&#233; leurs limites, et en r&#233;alit&#233; minent la cr&#233;dibilit&#233; du syst&#232;me financier global, contr&#244;l&#233; par les Occidentaux : si vous gelez les actifs que vous ont confi&#233;s quelqu'un, la confiance en vous diminue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on voit dans ces exemples, c'est que tout le monde n'est pas log&#233; &#224; la m&#234;me enseigne. Les grands pays construits pour une relative autonomie comme Chine et Russie partent avec un avantage relatif. Ce pourra &#234;tre &#224; terme et &#224; nouveau le cas d'autres qui ont quelque peu n&#233;glig&#233; ce souci, mais qui ont un consid&#233;rable potentiel de r&#233;silience, comme les Etats-Unis. Les pays d'Europe, eux, en sont loin &#8211; m&#234;me si la France se distingue par une certaine capacit&#233; d'autonomie, dans ses syst&#232;mes d'armement et potentiellement ses ressources maritimes. Tr&#232;s vuln&#233;rables sont en revanche d'autres pays, m&#234;me de taille appr&#233;ciable ; comme on l'a vu avec l'Iran, tr&#232;s affaibli par les embargos dans sa capacit&#233; de r&#233;silience - m&#234;me s'il a r&#233;sist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La capacit&#233; industrielle et la technologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de la dimension industrielle et notamment de l'industrie d'armement avait &#233;t&#233; elle aussi un peu perdue de vue ; elle est revenue au premier plan avec la guerre d'Ukraine, &#233;norme consommatrice de ressources, y compris sous la forme la plus simple (munitions). Ce qui suppose une industrie d'armement &#224; tr&#232;s grosse capacit&#233;, permanente ou pouvant monter en r&#233;gime tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire, l'histoire avait montr&#233; le r&#244;le d&#233;cisif de ce facteur industriel : la d&#233;faite de la marine imp&#233;riale japonaise face aux Am&#233;ricains &#233;tait dans une mesure importante la r&#233;sultante de l'&#233;crasante sup&#233;riorit&#233; industrielle de ces derniers &#224; l'&#233;poque, y compris dans la construction navale. Or la d&#233;sindustrialisation galopante du monde occidental, y compris des Etats-Unis, change radicalement ces donn&#233;es, notamment face &#224; la Chine : celle-ci est d&#233;sormais bien plus puissante industriellement qu'eux, y compris dans la construction navale. Une &#233;ventuelle guerre &#224; propos de Taiwan pourrait donc r&#233;v&#233;ler des surprises : outre le fait que les Am&#233;ricains devraient op&#233;rer tr&#232;s loin de chez eux, ils risqueraient de ne pas tenir sur la dur&#233;e et de se r&#233;v&#233;ler moins puissants qu'on le croit habituellement. Ce &#224; quoi s'ajoutent leurs difficult&#233;s &#224; trouver des marins et le vieillissement de leur flotte. Certes, la marine chinoise n'a pas d'exp&#233;rience de guerre, mais la japonaise n'en avait pas non plus lorsqu'elle a &#233;cras&#233; la marine russe &#224; Tsushima ; et surtout elle peut supporter des pertes bien plus importantes en reconstituant ses forces. Le d&#233;bat fait d'ailleurs rage aux Etats-Unis sur les moyens de reconstituer des chantiers navals moins &#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me est la dimension technologique. Autant il est illusoire de ne compter que sur la technologie dans des conflits o&#249; le facteur humain reste crucial, autant elle a montr&#233; sa capacit&#233; &#224; faire la diff&#233;rence sur des points essentiels, par exemple la couverture satellitaire pour surveiller les mouvements et guider les tirs de tout type. De m&#234;me quand des technologies nouvelles changent en profondeur les modalit&#233;s des affrontements ; elles peuvent d'ailleurs parfois &#234;tre accessibles &#224; des pays de d&#233;veloppement moyen : ainsi les drones ont jou&#233; et jouent un r&#244;le majeur en Ukraine, m&#234;me d&#233;velopp&#233;s en Iran ou en Turquie. Inversement, Isra&#235;l a montr&#233; l'usage qui pouvait &#234;tre fait de technologies de pointe dans sa lutte contre le Hezbollah et l'Iran. La guerre d'Ukraine a en outre boulevers&#233; toute la probl&#233;matique militaire, rendant partiellement obsol&#232;tes, en tout cas d'usage bien plus dos&#233;, les instruments co&#251;teux qui dominaient autrefois sans conteste (chars, avions, grands navires). Il ne suffit donc pas d'&#234;tre avanc&#233; technologiquement, il faut aussi avoir un appareil de recherche et de production tr&#232;s mobile, et &#234;tre en permanence sur les bons cr&#233;neaux du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transports maritimes enfin : on y pense moins, mais ils pourraient &#234;tre &#224; l'origine de crises, ou de mutations importantes, notamment d'un recul de la mondialisation. Jusqu'&#224; la p&#233;riode r&#233;cente la libert&#233; de la navigation &#233;tait tr&#232;s largement assur&#233;e, du fait notamment de la domination des Etats-Unis et de leur marine. La situation &#233;volue, par un relatif d&#233;sengagement des Am&#233;ricains, par d&#233;veloppement d'alternatives &#224; commencer par la Chine, et par la mont&#233;e de menaces multiples, dont les Houthis donnent un avant-go&#251;t. La possibilit&#233; d'une r&#233;duction du transport maritime, par ins&#233;curit&#233; ou co&#251;t &#233;lev&#233;, est concevable. D'o&#249; l'importance clef de la dimension navale, pour ceux qui peuvent se le permettre. La marine devrait justement &#234;tre une priorit&#233; nationale majeure en France, compte tenu de l'immensit&#233; de son domaine maritime, &#233;tendu sur toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des facteurs sur&#233;valu&#233;s en cas de conflit &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, d'autres facteurs, importants voire d&#233;cisifs en temps de paix, se voient fortement relativis&#233;s en cas de conflit latent ou ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la puissance financi&#232;re. Elle est &#233;videmment appr&#233;ciable : un conflit ouvert est effroyablement co&#251;teux, et m&#234;me une politique de d&#233;fense ambitieuse ; les pays de la p&#233;ninsule arabique n'auraient pas le poids qu'ils ont sans l'extraordinaire rente p&#233;troli&#232;re dont ils disposent. Et la Chine n'aurait pu devenir la deuxi&#232;me puissance militaire de la plan&#232;te, et renforcer son influence &#224; travers les &#171; routes de la soie &#187;, sans son impressionnant succ&#232;s industriel et technique. Ni les Etats-Unis maintenir leur rang sans le r&#244;le du dollar et leur finance dominante, malgr&#233; un endettement pathologique et la d&#233;sindustrialisation. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, comme on l'a vu avec la Russie, l'arme des embargos financiers s'est av&#233;r&#233;e &#224; double tranchant. Ajoutons qu'en cas de guerre ouverte les m&#233;canismes financiers sont tr&#232;s gravement remis en cause : la finance n'est donc pas un puissant outil en cas de vrai conflit. Par ailleurs, la tendance r&#233;currente &#224; des crises financi&#232;res est une faiblesse structurelle des soci&#233;t&#233;s occidentales ; avec &#233;ventuellement, &#224; terme, une dislocation progressive d'outils devenus internationaux sous leur contr&#244;le, comme le r&#244;le du dollar, et la mont&#233;e d'autres m&#233;canismes, d'ailleurs amorc&#233;s d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second facteur &#224; relativiser est le r&#244;le des acteurs non-&#233;tatiques, les entreprises multinationales. Leur puissance &#233;conomique est r&#233;elle et n'est pas un fait nouveau. Les GAFAM structurent &#224; leur fa&#231;on la culture commune de la plupart des pays (hors Chine et Russie). Le m&#234;me effet peut appara&#238;tre en mati&#232;re d'Intelligence Artificielle, actuellement domin&#233;e par les Etats-Unis et dans une bonne mesure la Chine. Cela dit, il n'est pas &#233;vident que ces influences jouent en dehors du cadre des pays supports de ces soci&#233;t&#233;s (essentiellement Etats-Unis et Chine aujourd'hui, d'autres peut-&#234;tre demain). Les multinationales sont vuln&#233;rables aux vraies puissances et notamment &#224; leurs pays d'origine, comme on le voit avec Musk face &#224; Trump. Le jeu de tels acteurs, important pour comprendre la probl&#233;matique internationale actuelle, ne remet donc pas en cause le fait que le d&#233;terminant principal reste les rapports entre les puissances souveraines elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays par pays, on tend plut&#244;t &#224; conclure sur ces diff&#233;rents plans que pour affronter une conflit un tant soit peu s&#233;rieux les Etats-Unis pourraient partir dans des conditions plut&#244;t robustes, moyennant un important effort de redressement (qui peut &#234;tre rendu difficile par leurs profondes divisions internes et leurs blocages, et le besoin d'agir sur la dur&#233;e). La Russie probablement aussi sauf crise interne, mais sur un mode rustique et dans la d&#233;pendance de la Chine. La Chine enfin a une puissance industrielle dominante et n'est gu&#232;re vuln&#233;rable que dans l'&#233;nergie et quelques mati&#232;res premi&#232;res et dans des techniques tr&#232;s avanc&#233;es &#8211; dans lesquelles elle investit massivement pour les dominer ; m&#234;me si elle peut aussi conna&#238;tre des crises internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'Europe, tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne, est beaucoup plus expos&#233;e, et le serait gravement en cas de conflit ouvert. Quant &#224; la France, sa double sp&#233;cificit&#233; dans l'armement et dans le domaine maritime la met &#224; part des autres pays europ&#233;ens. Si elle a int&#233;r&#234;t &#224; coop&#233;rer avec eux, cette sp&#233;cificit&#233; est trop forte pour qu'elle abandonne son autonomie dans une d&#233;fense europ&#233;enne pr&#233;tendument int&#233;gr&#233;e, et en r&#233;alit&#233; &#224; la fois molle, limit&#233;e au champ europ&#233;en et incapable de prendre son autonomie &#224; l'&#233;gard des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, la diversit&#233; des situations para&#238;t a priori consid&#233;rable. Et donc la multipolarit&#233; &#224; venir se r&#233;v&#233;lera pleine de surprises &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de Geopragma&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/conflits-armes-et-bases-economiques-changer-notre-regard/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/conflits-armes...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conqu&#234;te et pouvoir des minorit&#233;s </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Conquete-et-pouvoir-des-minorites.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Conquete-et-pouvoir-des-minorites.html</guid>
		<dc:date>2022-01-12T17:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conqu&#234;te</dc:subject>
		<dc:subject>Pouvoir des minorit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le poids des minorit&#233;s militairement sup&#233;rieures est une constante de l'histoire. L'arch&#233;type en est donn&#233; par les invasions barbares au Ve si&#232;cle. On retrouve des faits analogues ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verdict de l'histoire est clair : ce n'est pas le plus civilis&#233; qui gagne, celui qui est porteur de plus de valeurs ou de savoir-faire : c'est en termes brutaux le meilleur guerrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Conquete-+.html" rel="tag"&gt;Conqu&#234;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Pouvoir-des-minorites-+.html" rel="tag"&gt;Pouvoir des minorit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Superiorite-guerriere-+.html" rel="tag"&gt;Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le poids des minorit&#233;s militairement sup&#233;rieures est une constante de l'histoire. L'arch&#233;type en est donn&#233; par les invasions barbares au Ve si&#232;cle : ces &#8216;barbares' &#233;taient consid&#233;rablement moins nombreux que les habitants de l'Empire romain ; mais il y avait longtemps que ce dernier n'arrivait plus &#224; susciter de fa&#231;on suffisante les troupes aptes &#224; le d&#233;fendre. Et il recourait de fa&#231;on croissante &#224; des mercenaires, barbares justement. Il y avait donc une capacit&#233; tr&#232;s sup&#233;rieure des barbares &#224; fournir des guerriers ou soldats. Et cela leur a permis de s'emparer de l'empire, en Occident du moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve des faits analogues ailleurs ; le cas le plus proche est celui de la Chine, envahie et occup&#233;e successivement par les Mongols au XIIIe si&#232;cle et par les Mandchous au XVIIe, l&#224; aussi donc par des peuples num&#233;riquement tr&#232;s inf&#233;rieurs au d&#233;part, mais militairement sup&#233;rieurs au moins pendant un temps. Mais l'invasion arabe fulgurante du VIIe si&#232;cle repose sur un principe analogue ; elle a permis de battre les deux grands empires de la zone, faisant m&#234;me dispara&#238;tre l'un d'eux (en Perse), et s'emparant d'un territoire allant du Portugal &#224; l'Inde. On peut voir encore des faits analogues dans des r&#233;volutions men&#233;es par des minorit&#233;s parfois faible, le cas le plus &#233;vident &#233;tant la r&#233;volution d'Octobre 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quand on parle dans ces cas divers de sup&#233;riorit&#233; militaire, cela ne recouvre en g&#233;n&#233;ral pas une sup&#233;riorit&#233; intrins&#232;que : certainement pas du nombre comme on l'a dit, mais pas non plus de l'armement, de la tactique ou de la strat&#233;gie. Bien s&#251;r il y a eu des facteurs conjoncturels, ou cas par cas une habilit&#233; tactique plus grande. Mais le fait de base est la capacit&#233; de se battre et plus encore la volont&#233; de se battre, la d&#233;termination des chefs et des troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verdict de l'histoire est donc clair : ce n'est pas le plus civilis&#233; qui gagne, ni celui qui est porteur de plus de valeurs ou de savoir-faire, encore moins d'avenir : c'est en termes brutaux le meilleur guerrier. Pas le chevalier Bayard, pas non plus le plus expert techniquement : mais celui qui veut se battre et gagner. Cela ne veut &#233;videmment pas dire que les autres facteurs (armement, tactique, qualit&#233; du commandement etc.) n'ont que peu d'importance. Mais ils ne suffisent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle conclusion en tirer pour notre &#233;poque ? D'abord que pour &#234;tre vainqueur, ou tout simplement survivre et pers&#233;v&#233;rer dans l'&#234;tre, on ne peut se reposer exclusivement sur des facteurs de civilisation ou de richesse, sur une suppos&#233;e sup&#233;riorit&#233; morale, encore moins sur une l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique quel qu'en soit le sens. Ces facteurs sont importants s'il y a volont&#233; de se battre : celle-ci existait &#224; l'&#233;vidence en 14-18, des deux c&#244;t&#233;s d'ailleurs. Mais en eux-m&#234;mes ils ne suffisent pas, parce qu'il ne r&#233;pondent pas &#224; la question, qui n'est pas id&#233;ologique mais guerri&#232;re. On se rappelle en sens contraire les scandaleux gauchistes allemands proclamant &#8216;besser rot als tot' (mieux vaut &#234;tre rouge que mort) face &#224; l'URSS ; fort heureusement il n'y a pas eu de v&#233;rification des cons&#233;quences d'un choix aussi l&#226;che, mais il est clair que celui qui pense ainsi a perdu d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons plus loin. Les migrants qui affluent &#224; nos fronti&#232;res ne sont &#233;videmment pas techniquement des envahisseurs au sens guerrier du terme. Mais ils veulent obtenir ce que nos lois leur refusent en principe : entrer chez nous et s'y installer. Et sur ce plan ils gagnent. Parce qu'ils sont plus d&#233;termin&#233;s. Et de plus en plus, ils cherchent &#224; maintenir leur sp&#233;cificit&#233; une fois install&#233;s, &#224; nouveau avec d&#233;termination. Et de plus en plus ils y arrivent. On n'est plus dans le domaine guerrier certes ; peut-&#234;tre y viendra-t-on (les soci&#233;t&#233;s multiculturelles sont conflictuelles) ; mais en tout cas une question de conflits de volont&#233;s est ici aussi clairement pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive donc, on aurait tort de limiter les questions de d&#233;fense aux menaces classiques (les grandes arm&#233;es du monde) ; ou aux menaces nouvelles de type terroriste. Il est parfaitement possible &#224; des gens plus d&#233;termin&#233;s et mus par un esprit plus combatif ou tout simplement plus d&#233;termin&#233; de nous imposer leur volont&#233;, et &#233;ventuellement de nous conqu&#233;rir, par des voies assez diverses. Il est donc vital de cultiver et d&#233;velopper un esprit de combat, une volont&#233; de se battre quand c'est n&#233;cessaire, en tout cas de savoir lutter pour ce que l'on estime bon ; pas n&#233;cessairement de fa&#231;on active pour ce qui est du gros de la population, mais par un d&#233;ploiement de moyens suffisant (arm&#233;s ou pas, selon la question), ce qui suppose que cela soit nourri et soutenu par la population. Ce peut &#234;tre dans le champ militaire ; mais aussi voire surtout dans d'autres domaines : police, justice, voiture &#233;ducation ou &#233;conomie. Dans son champ, notre arm&#233;e para&#238;t avoir encore cet esprit - sinon les moyens et la taille ; mais la question pos&#233;e est bien plus vaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de Geopragma le 10 janvier 2022.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/conquete-et-pouvoir-des-minorites/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/conquete-et-po...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La force de combattre</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-force-de-combattre.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-force-de-combattre.html</guid>
		<dc:date>2021-08-18T08:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>
		<dc:subject>Force de combattre</dc:subject>
		<dc:subject>Patriotisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Afghanistan ont stup&#233;fait le monde. Le plus frappant est le contraste entre une arm&#233;e de 300 000 hommes arm&#233;e et &#233;quip&#233;e par les Am&#233;ricains, et leurs adversaires qui sont au nombre d'environ 50 &#224; 80 000 et beaucoup plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous rappelle d&#233;j&#224; un fait bien connu, qui est que la capacit&#233; de combat n'est pas d'abord le nombre et l'&#233;quipement, mais la volont&#233; de se battre. Mais derri&#232;re, sous-jacent il faut rappeler un autre fait fondamental : le fait que la sup&#233;riorit&#233; &#224; la guerre peut permettre &#224; un groupe de population r&#233;duit et minoritaire de dominer un peuple beaucoup plus large, y compris plus d&#233;velopp&#233; et plus riche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Superiorite-guerriere-+.html" rel="tag"&gt;Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Afghanistan-+.html" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Force-de-combattre-+.html" rel="tag"&gt;Force de combattre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Patriotisme-+.html" rel="tag"&gt;Patriotisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Afghanistan ont stup&#233;fait le monde. Le plus frappant est le contraste entre une arm&#233;e de 300 000 hommes arm&#233;e et &#233;quip&#233;e par les Am&#233;ricains, et leurs adversaires qui sont au nombre d'environ 50 &#224; 80 000, avec quelques ressources grappill&#233;es ici ou l&#224;, quelque peu aid&#233;s par les Pakistanais mais fondamentalement beaucoup plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous rappelle d&#233;j&#224; un fait tout simple et bien connu, qui est que la capacit&#233; de combat n'est pas d'abord le nombre et l'&#233;quipement, mais la volont&#233; de se battre. Mais derri&#232;re, sous-jacent il faut rappeler un autre fait fondamental : &lt;i&gt;le fait que la sup&#233;riorit&#233; &#224; la guerre peut permettre &#224; un groupe de population r&#233;duit et minoritaire de dominer un peuple beaucoup plus large, y compris plus d&#233;velopp&#233; et plus riche&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples historiques sont nombreux. C'est par exemple ce qui est arriv&#233; &#224; l'empire romain. Les barbares ont gagn&#233; alors qu'ils &#233;taient massivement moins nombreux. On a mis en cause tout &#224; tour la d&#233;cadence morale des Romains, la fiscalit&#233; du bas-empire, la fuite des &#233;lites, ou m&#234;me le r&#244;le des chr&#233;tiens. Mais sans entrer dans le d&#233;tail de ces causes (financi&#232;res, morales, politiques ou autres), ce qui est une question complexe et d&#233;battue, le fait simple et ind&#233;niable est qu'ils n'arrivaient plus &#224; monter une arm&#233;e de taille et de puissance commensurable &#224; l'empire. D'o&#249; un r&#233;sultat d&#233;sastreux. Un autre grand empire, la Chine a aussi &#233;t&#233; envahie &#224; deux reprises par des barbares inf&#233;rieurs en nombre et en culture (par les Mongols au XIIIe s. puis par les Mandchous au XVIe s.) avec des cons&#233;quences elles aussi graves m&#234;me si elles n'ont pas &#233;t&#233; mortelles. On peut faire la m&#234;me remarque sans doute pour les invasions musulmanes diverses (Arabes au VIIe s. au d&#233;triment des Byzantins et plus encore des Perses, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songeons y : les hommes jeunes, Afghans ou Maliens, qui viennent se &#8216;r&#233;fugier' chez nous n'ont pas voulu non plus courir le risque de se battre. Certes leurs arm&#233;es nationales ne sont sans doute pas des mod&#232;les. Mais le fait est qu'il n'y a dans ces pays aucune force digne de ce nom en face des islamistes. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que j'&#233;crivais &#224; ce propos en juin 2019, &#224; propos de la mort de membres d'un commando en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour que le pouvoir politique en charge puisse donner &#224; un commando l'ordre de prendre des risques graves afin d'accomplir une mission, [] il faut par construction qu'il ait devant lui des gens qui acceptent de prendre ce risque. Il se trouve qu'il y en a encore, et beaucoup, dans l'arm&#233;e fran&#231;aise. Cela nous para&#238;t donc aller de soi. Ce ne l'est pas du tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut bien comprendre en effet ce qui leur est demand&#233; : courir un risque &#233;lev&#233; de mourir dans l'op&#233;ration. C'est le m&#233;tier du soldat ou du militaire direz-vous. Oui, mais justement, l&#224; est bien la question : pourquoi des individus, de grande qualit&#233; personnelle, acceptent les risques d'un tel m&#233;tier ? Evidemment pas au vu de la r&#233;mun&#233;ration, compar&#233;e &#224; celle de la plupart des m&#233;tiers du civil ; et de toute fa&#231;on, comment une r&#233;mun&#233;ration mon&#233;taire pourrait-elle compenser un risque &#233;lev&#233; de mourir dans l'accomplissement de son travail ? Il y a bien des mercenaires direz-vous. Oui mais justement, ces personnes ne sont en rien des mercenaires. Et fort heureusement, car le mercenaire calcule, et n'h&#233;site pas &#224; se retourner en cas de besoin. Il n'a donc pas la fiabilit&#233; de ces soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons la r&#233;ponse bien s&#251;r : quelle que soit la fa&#231;on dont on la nomme ou la fonde, il y a une &#233;thique du soldat, fond&#233;e notamment sur ce qu'on doit bien appeler le patriotisme ; l'id&#233;e qu'il est juste et noble d'accepter le risque de mourir pour une cause qui le m&#233;rite, et notamment pour sa communaut&#233;. Il est manifeste que nous avons collectivement un besoin absolu de telles personnes. Car sans eux, pas d'arm&#233;e possible, pas m&#234;me de gendarmerie. Mais du coup la question se d&#233;place : qu'est-ce qui fait que dans un pays des personnes vivent ce patriotisme, ou cet esprit de sacrifice, jusqu'au bout s'il le faut ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un si&#232;cle la r&#233;ponse &#233;tait alors relativement simple, au moins en premi&#232;re analyse. Hors franges marginales, toute la soci&#233;t&#233; enseignait un tel patriotisme et l'esprit de sacrifice correspondant, et en &#233;tait p&#233;n&#233;tr&#233;e. Cela n'avait pas que des vertus : il y avait des hypocrites ; il y a eu aussi des trag&#233;dies comme 14-18. Mais quoi qu'il en soit, la question de la d&#233;fense, de la protection, avait sur ce plan une r&#233;ponse : des personnes, nombreuses, acceptaient cette exigence jusqu'au sacrifice de leur vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a en a encore aujourd'hui, la preuve en est donn&#233;e chaque jour, et les cas plus m&#233;diatiques &#233;voqu&#233;s ci-dessus nous le rappellent ; ils nous montrent aussi que le public y est sensible et reconnaissant. L'image de l'arm&#233;e est bonne. Fort bien. Mais la question demeure : justement, pourquoi y en a-t-il encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'esprit public a bien chang&#233; depuis un si&#232;cle. Peut-on s&#233;rieusement soutenir que le patriotisme et l'esprit de sacrifice sont parmi les piliers fondateurs de notre soci&#233;t&#233;, notamment dans la mani&#232;re dont elle se pr&#233;sente elle-m&#234;me, dans l'opinion, dans les m&#233;dias, &#224; l'&#233;cole ? Les programmes scolaires sont-ils con&#231;us pour susciter cet &#233;tat d'esprit chez les &#233;l&#232;ves ? La r&#233;volution culturelle soixante-huitarde est-elle adapt&#233;e &#224; la production de ce genre d'hommes ? Et l'&#233;ducation nationale, centr&#233;e sur l'id&#233;e de l'&#233;l&#232;ve qui s'&#233;duque lui-m&#234;me, qui cherche sa voie comme il l'entend, selon ses propres vues et int&#233;r&#234;ts ? Evidemment non. Encore moins, bien s&#251;r, l'&#233;tat d'esprit h&#233;doniste et calculateur qui imbibe notre vie commune, ou le relativisme affich&#233;, dans lequel chacun d&#233;finit sa voie comme il l'entend. Car dans une telle perspective, sauf t&#234;tes br&#251;l&#233;es, on serait fou de prendre le risque de se faire tuer ; surtout s'il s'agit d'ex&#233;cuter les ordres d'un pouvoir politique sur lequel on n'a qu'assez peu de prise, et qui peut poursuivre n'importe quel objectif, y compris m&#233;diatique ou id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion s'impose : des personnes ayant cet esprit de patriotisme et, si besoin est, de sacrifice ne sont normalement pas produits par la culture ambiante. Nous le savons tous, ils sont issus dans leur majorit&#233; de milieux sociologiquement bien d&#233;finis, passablement d&#233;cal&#233;s par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;. Et pour mettre les pieds dans le plat, des milieux en g&#233;n&#233;ral assez traditionnels, souvent croyants. Ce qui permet de maintenir un socle significatif, une masse critique, dans les arm&#233;es, et d'int&#233;grer ceux qui sont venus l&#224; sans provenir de tels arri&#232;re-plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant mieux dira-t-on, la R&#233;publique en profite. Mais il y a quelque paradoxe &#224; vivre sur une telle ressource, en faisant &#224; peu pr&#232;s tout par ailleurs pour qu'elle disparaisse. Car si cela se produit, on sera tr&#232;s &#224; court d'alternative. Croit-on qu'on va motiver des lyc&#233;ens quelconques &#224; la perspective exaltante de mourir pour le &#8216;patriotisme constitutionnel' d'Habermas ? Pour l'&#233;quilibre &#233;cologique ? Tout cela peut &#234;tre tout &#224; fait respectable &#224; son niveau, mais hors cas particuliers on ne meurt pas pour cela, encore moins si on n'a pas &#233;t&#233; &#233;duqu&#233; pour int&#233;rioriser une telle perspective. Ne resterait alors que le mercenariat : l'Empire romain s'y est adonn&#233; &#224; la fin, avec les r&#233;sultats qu'on conna&#238;t. Car celui qui accepte de mourir mais constate que ses ma&#238;tres ne s'y r&#233;solvent pas conclut assez vite qu'il a tout int&#233;r&#234;t &#224; prendre leur place, et qu'il le peut. Reste encore la technologie, &#224; l'am&#233;ricaine, mais elle ne r&#233;sout qu'une partie de la question. Nous n'avons pas de robots capables de jouer les commandos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons donc pas le choix : nous devons collectivement r&#233;fl&#233;chir aux voies et moyens permettant autant que cela sera possible de diffuser et encourager un esprit de sacrifice et de patriotisme dans la population. Ou au moins une partie d'entre elle. Quoiqu'en pensent les id&#233;ologues, car paradoxalement eux-m&#234;mes ont besoin de ces gens-l&#224; pour continuer &#224; propager leurs th&#233;ories sans &#234;tre personnellement menac&#233;s. Comme les touristes au B&#233;nin ont eu besoin des fusiliers marins. Qu'ils y r&#233;fl&#233;chissent ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
