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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Relativisme et d&#233;tournements d'identit&#233;s</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Relativisme-et-detournements-d-identites.html</link>
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		<dc:date>2022-08-10T13:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Relativisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sens des mots</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On constate une tendance nouvelle et &#233;trange de l'individualisme de nos jours. Elle consiste non pas &#224; refuser les identit&#233;s collectives pour affirmer sa personnalit&#233;, mais &#224; pr&#233;tendre toujours relever de ces identit&#233;s, &#224; s'en r&#233;clamer m&#234;me, tout en les comprenant ou red&#233;finissant de fa&#231;on contradictoire avec ce qu'elles signifient. Ainsi ces suppos&#233;s catholiques qui ne croient pas ce que croit l'Eglise, ces m&#226;les qui pr&#233;tendent &#234;tre reconnus comme des femmes normales etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ruine tout dialogue collectif, toute pens&#233;e claire, les mots se vidant de leur sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Philosophie-.html" rel="directory"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relativisme-+.html" rel="tag"&gt;Relativisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Sens-des-mots-+.html" rel="tag"&gt;Sens des mots&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On constate une tendance nouvelle et &#233;trange de l'individualisme de nos jours, consistant non pas &#224; refuser les identit&#233;s collectives pour affirmer sa personnalit&#233;, mais &#224; pr&#233;tendre toujours relever de ces identit&#233;s, &#224; s'en r&#233;clamer m&#234;me, tout en les comprenant ou red&#233;finissant de fa&#231;on contradictoire avec ce qu'elles signifient. Prenons le champ religieux, et notamment les catholiques. Autrefois celui qui n'&#233;tait pas d'accord avec ce qui est consid&#233;r&#233; un point central par l'Eglise en d&#233;duisait que si elle se trompait avec autorit&#233; sur un point essentiel, elle ne pouvait &#234;tre ce qu'elle pr&#233;tendait &#234;tre, l'Eglise fond&#233;e par le Christ et, entre autres, gardienne de son enseignement. D&#232;s lors, ils en sortaient, soit pour rejoindre un autre groupe religieux, soit pour cesser de pratiquer, soit pour affirmer leur propre voie. Or maintenant vous voyez des personnages nombreux et loquaces, tr&#232;s actifs sur les m&#233;dias et r&#233;seaux sociaux, qui critiquent vertement ce que l'Eglise affirme, souvent depuis toujours et sur des points essentiels, mais ne s'en d&#233;clarent pas moins catholiques, continuent &#224; fr&#233;quenter leur &#233;glise, voire communient all&#233;grement etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de bien des progressistes durs au sein du catholicisme est ici significatif : leur foi chr&#233;tienne peut &#234;tre vive, mais leurs id&#233;es sont souvent objectivement en contradiction avec ce que l'Eglise enseigne comme point essentiel de la foi. Aux &#233;poques ant&#233;rieures, prenant conscience de ce d&#233;calage, et en supposant qu'ils maintenaient leur point de vue, ils auraient trouv&#233; &#233;vident de refuser l'expression de &#8216;catholique' pour se d&#233;crire eux-m&#234;mes. L&#224; c'est le contraire : ils s'offusquent quand on leur fait remarquer la contradiction. Ils tiennent &#224; &#234;tre qualifi&#233;s de catholiques, mais en donnant &#224; ce terme un autre sens. Le cas est bien plus rare avec les conservateurs &#8211; qui peuvent poser d'autres probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude est tr&#232;s &#233;trange. On est tent&#233; de la rapprocher d'un ph&#233;nom&#232;ne apparemment diff&#233;rent, celui des transgenres. Voil&#224; des gens qui sont biologiquement des hommes ou des femmes, qui savent que c'est un fait mat&#233;riel qu'ils ne peuvent modifier, mais parce qu'ils se sentent en eux-m&#234;mes du sexe oppos&#233;, non seulement ils veulent vivre selon les usages de ce sexe auquel ils s'identifient, mais veulent imposer &#224; la soci&#233;t&#233;, et dans le droit, l'id&#233;e qu'ils sont effectivement et pleinement de ce sexe, y compris lorsqu'ils n'ont subi aucune transformation physique. Etrangement cet homme exige donc d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme une femme &#8216;normale' ; il revendique une normalit&#233; contredite par le sens des mots. Comme ils ont r&#233;ussi &#224; imposer ce point de vue l&#233;galement, il en r&#233;sulte des situations aberrantes : des hommes suppos&#233;s devenus femmes qui f&#233;condent une femme suppos&#233;e devenue homme, laquelle accouche ensuite. Ou des sportifs en fait homme qui gagnent des comp&#233;titions f&#233;minines. Ce qui est diff&#233;rent de la situation o&#249; un homme peut se sentir femme au fond de lui-m&#234;me, mais sait et reconna&#238;t que biologiquement il est un homme : il reste coh&#233;rent dans l'usage des mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, l'&#233;tranget&#233; est non pas dans le fait qu'on affirme &#234;tre autre chose que ce que les autres pensent, mais qu'on pr&#233;tende s'arroger une d&#233;nomination collective manifestement pas faite pour d&#233;crire ce qu'on pense &#234;tre. La nouveaut&#233; est cette appropriation ou arraisonnement &#233;trange d'un mot de la communaut&#233; qui ne d&#233;signe pas ce &#224; quoi on veut l'utiliser. Cela peut s'expliquer parfois par des raisons tierces (profiter de l'appareil de l'Eglise par exemple, plut&#244;t que de s'isoler ; ou r&#233;cup&#233;rer une appellation jug&#233;e porteuse politiquement) mais cela ne peut pas rendre compte du ph&#233;nom&#232;ne comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre l'enjeu, prenons un autre exemple : un m&#233;diocre joueur de piano qui revendiquerait d'&#234;tre consid&#233;r&#233; un virtuose, alors qu'il ne l'est pas. Il peut &#233;ventuellement sinc&#232;rement sentir en lui un virtuose. Personnellement je chante faux mais je sens r&#233;ellement en moi le chant tel qu'il devrait &#234;tre &#8211; sauf que ce n'est pas ce qui sort. Mais objectivement si les mots gardent leur sens, les autres lui refuseront cette appellation. Virtuose est un mot qui perd son sens si quelqu'un peut le revendiquer sans en &#234;tre un. Alors pourquoi pas &#8216;femme' ou &#8216;catholique' ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas en un sens le point extr&#234;me du relativisme ambiant : l'abandon de ce minimum qui nous reste en commun avec nos semblables : des mots qui ont au moins en gros le m&#234;me sens ? Car si catholique peut d&#233;signer quelqu'un qui affirme les choses les plus vari&#233;es en mati&#232;re religieuse, ou femme un individu qui biologiquement ne l'est pas, ou virtuose n'importe quel individu qui touche un piano, ces mots deviennent tellement &#233;lastiques qu'ils perdent leur fonction, ce ne sont plus des outils de langage et par l&#224; de communication ; ils deviennent de pures &#233;tiquettes subjectives. D'o&#249; ce qu'un auteur avis&#233; avait appel&#233; &#8216;dissoci&#233;t&#233;' : le contraire d'une soci&#233;t&#233;, puisqu'on ne peut plus v&#233;ritablement se parler, les mots n'ayant pas le m&#234;me sens, ou &#233;tant vid&#233;s de sens. Tactique &#233;galement utilis&#233;e dans un autre contexte par des pouvoirs totalitaires (voir Orwell). Inversement, on dit de Confucius qu'il aurait r&#233;pondu &#224; qui lui demandait ce qu'il ferait en premier s'il &#233;tait empereur, qu'il corrigerait le sens des d&#233;nominations, c'est-&#224;-dire redonnerait aux mots leur sens. Du fait des pr&#233;tentions irrationnelles de ces groupes, nous n'avons potentiellement plus de langue commune. C'est bien un de nos probl&#232;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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