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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Les &#8216;communs' : une alternative au march&#233; et &#224; l'Etat ? </title>
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		<dc:date>2020-04-01T15:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>L'entreprise et ses propri&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et bien commun</dc:subject>
		<dc:subject>Les Communs</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un th&#232;me a &#233;merg&#233; r&#233;cemment, qui peut appara&#238;tre comme une alternative communautaire au march&#233; et &#224; l'Etat, les &#8216;communs'. La notion est populaire dans certains milieux, qui imaginent une solution magique permettant d'&#233;chapper au march&#233; et &#224; l'Etat. Encore faut-il bien voir de quoi on parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Politique magazine&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Economie-generale-a-.html" rel="directory"&gt;Economie g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-L-entreprise-et-ses-proprietaires-203-+.html" rel="tag"&gt;L'entreprise et ses propri&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Economie-et-bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Economie et bien commun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Les-Communs-+.html" rel="tag"&gt;Les Communs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un th&#232;me a &#233;merg&#233; r&#233;cemment, qui peut appara&#238;tre comme une alternative communautaire au march&#233; et &#224; l'Etat, les &#8216;communs'. La notion est populaire dans certains milieux, qui imaginent une solution magique permettant d'&#233;chapper au march&#233; et &#224; l'Etat. Encore faut-il bien voir de quoi on parle. Au sens propre, utilis&#233; par les &#233;conomistes, ce sont ces biens, collectifs dans leur propri&#233;t&#233; mais en g&#233;n&#233;ral consomm&#233;s individuellement, que le march&#233; ne sait pas traiter, comme par exemple un p&#226;turage, des bois ou des zones de p&#234;che. La vie rurale traditionnelle y avait amplement recours. Mais cela suppose une vraie organisation. Les &#233;conomistes parlent en effet de la &#171; trag&#233;die des communs &#187;, qui vient du fait qu'ils ne sont pas propri&#233;t&#233; de quelqu'un en particulier, mais accessibles &#224; tous, avec le risque que chacun se d&#233;p&#234;che de prendre ce qu'il peut avant l'&#233;puisement de la ressource par les autres. Ainsi avec les oc&#233;ans aujourd'hui. L'exp&#233;rience montre que, quand elle fonctionne, la prise en charge par la communaut&#233; concern&#233;e est la meilleure r&#233;ponse possible mais avec une gestion sp&#233;cifique &#224; ces &#8216;communs', collectivement assum&#233;e. L'autorit&#233; publique n'intervient pas directement, mais veille &#224; ce que les bonnes r&#232;gles soient en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elinor Ostrom , prix Nobel d'&#233;conomie, a &#233;crit le livre de r&#233;f&#233;rence sur les communs &#8216;classiques' : Governing the Commons (The Evolution of Institutions for Collective Action). Dans tous les cas qu'elle analyse, un ressource est limit&#233;e, mais renouvelable, et un acc&#232;s libre de tous conduirait &#224; cette &#8216;trag&#233;die des communs'. Elle montre en d&#233;tails sur la base de cas r&#233;els (traditionnels ou plus r&#233;cents) la possibilit&#233; de modes de gestion collectifs efficaces, respectueux de l'environnement, qui ne sont ni fond&#233;s sur le march&#233;, ni r&#233;gis par une autorit&#233;. Mais elle souligne en m&#234;me temps la difficult&#233; pour les mettre en place et les faire fonctionner, et leur vuln&#233;rabilit&#233;. Ce mod&#232;le d'interaction non lib&#233;ral suppose en effet une prise en charge commune consciente, avec souvent une perspective interg&#233;n&#233;rationnelle. On d&#233;finit en particulier avec pr&#233;cision qui a acc&#232;s &#224; quoi, quand, comment, et pour en tirer quoi, le tout g&#233;r&#233; par la communaut&#233; et surtout surveill&#233; par elle, c'est-&#224;-dire par chacun des membres. Il y a d&#232;s lors, dit-elle, une certaine taille de la communaut&#233; au-dessus de laquelle les communs ne marchent plus. Une autre condition importante de succ&#232;s est le soutien ou au moins l'absence d'interf&#233;rence des autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation est grande d'extrapoler ces exemples sympathiques &#224; d'autres domaines, estimant que le raisonnement sur les &#8216;communs' peut s'&#233;tendre largement dans l'&#233;conomie. Certains consid&#232;rent par exemple que la monnaie est un de ces &#8216;communs' et doit &#234;tre g&#233;r&#233;e comme telle. Mais cela va contre l'analyse d'Ostrom dont ils se r&#233;clament. En r&#233;alit&#233;, une bonne monnaie est certes une part essentielle du bien commun, mais ce n'est pas un &#8216;commun' au sens propre : elle est appropri&#233;e privativement sans inconv&#233;nient ; elle n'est pas &#233;puisable comme un banc de p&#234;che ou la puret&#233; de l'air, car une fois cr&#233;&#233;e, l'usage ne la consomme pas et la quantit&#233; disponible subsiste ; et inversement, chacun n'a pas acc&#232;s &#224; sa cr&#233;ation : elle est contr&#244;l&#233;e, mais n'a pas de limite intrins&#232;que. La question &#224; son sujet est plut&#244;t : comment en cr&#233;er la quantit&#233; ad&#233;quate et la distribuer au mieux dans l'&#233;conomie ? Je ne m'y &#233;tendrai pas, mais on ne voit pas &#224; ce stade comment l'assurer autrement que par le march&#233; ou l'Etat, ou plut&#244;t une combinaison des deux. Le m&#233;canisme actuel (cr&#233;ation bancaire, sous contr&#244;le &#233;troit de la banque centrale) est d&#233;centralis&#233; et c'est sans doute le moins mauvais car il refl&#232;te les besoins de l'&#233;conomie - s'il est bien g&#233;r&#233; bien s&#251;r, ce dont on peut d&#233;battre pour la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on analogue, on ne peut pas consid&#233;rer comme &#8216;communs' les organisations ou entit&#233;s poss&#233;d&#233;es et g&#233;r&#233;es de fa&#231;on collective, mais dont la nature est priv&#233;e, comme toutes les formes de mutuelles et coop&#233;ratives ; encore moins les &#8216;entreprises publiques'. Dans tous ces cas, la propri&#233;t&#233; et de la gouvernance sont organis&#233;es diff&#233;remment de celles des entit&#233;s priv&#233;es, mais il y a une appropriation priv&#233;e m&#234;me si elle est collective, et l'activit&#233; concern&#233;e elle-m&#234;me ne pose pas de probl&#232;mes &#233;conomiques distincts de ceux de l'activit&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces cas, on parle de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale de &#8216;biens publics', pour d&#233;signer des biens qui servent &#224; toute la communaut&#233; et dont chacun profite, en g&#233;n&#233;ral gratuitement, mais qui ne sont pas produits par le march&#233; (quoique souvent n&#233;cessaires &#224; celui-ci). Ils font &#233;minemment partie de ce qu'on appelle &#8216;bien commun', m&#234;me si ce dernier est plus large. Cela peut aller d'institutions ou d'usages communs, par exemple le droit, la moralit&#233; ambiante, la paix publique etc., &#224; des &#233;l&#233;ments plus mat&#233;riels comme la plupart des biens environnementaux (ozone, climat, puret&#233; de l'air ou de l'eau etc.). Le risque avec ces derniers est un usage excessif, comme pour les &#8216;communs' au sens pr&#233;c&#233;dent, mais dans ces cas il n'est en g&#233;n&#233;ral pas possible de les r&#233;guler comme ces derniers au niveau de la communaut&#233; locale. Le risque avec les premiers est souvent inverse : qu'ils ne soient pas assez pr&#233;sents parce que la population ne s'en soucie pas assez ou mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que lorsqu'on a affaire &#224; de tels biens publics, une gestion purement priv&#233;e ne suffit pas. En effet l'avantage que chacun en retire suppose la participation de tous, mais il n'y a pas de lien direct entre ce que chacun donne et ce qu'il re&#231;oit. En g&#233;n&#233;ral cela suppose un consensus et des valeurs communes, ainsi que des institutions publiques et des politiques, et une bonne articulation entre eux. Cela dit, s'il y a intervention d'une forme d'autorit&#233;, ce n'est pas n&#233;cessairement la puissance publique seule ou en direct, tant s'en faut : ce peut &#234;tre des structures priv&#233;es de type professionnel, coop&#233;ratif ou analogues. En tout cas il est en g&#233;n&#233;ral essentiel qu'il y ait une forme d'adh&#233;sion de la population concern&#233;e, pour qu'elle joue son r&#244;le dans la production de ces biens, plus une organisation, et des r&#232;gles de fonctionnement efficaces. Or comme l'a montr&#233; E. Ostrom dans des configurations plus simples, cela ne va pas de soi. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles dans nos soci&#233;t&#233;s, on en revient souvent au march&#233; ou &#224; l'Etat, structures qui pour pouvoir fonctionner sont bien moins gourmandes en termes d'exigences culturelles et morales. Sachant que m&#234;me le march&#233; et l'Etat supposent une forme de moralit&#233; ambiante ; la coercition seule suffisant rarement et &#233;tant trop co&#251;teuse. Et surtout, le bien que peuvent apporter des m&#339;urs bienveillantes ou civilis&#233;es ne peut en g&#233;n&#233;ral pas &#234;tre assur&#233; par le march&#233; ou par la force publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre probl&#232;me est donc l&#224; : dans ce recours excessif soit au march&#233; soit &#224; l'Etat. Notre enjeu collectif est inverse : favoriser &#224; la fois la responsabilisation et la moralisation, sur la base d'une culture commune ; ainsi que la subsidiarit&#233;, par d&#233;l&#233;gation &#224; des entit&#233;s interm&#233;diaires assurant une t&#226;che commune sans &#234;tre la puissance publique. Ce qui suppose un renouvellement en profondeur de la soci&#233;t&#233;, &#224; l'oppos&#233; exact du relativisme ambiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Politique magazine N&#176; 190 -Avril 2020 &lt;a href=&#034;https://www.politiquemagazine.fr/economie/les-communs-une-alternative-au-marche-et-a-letat/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.politiquemagazine.fr/ec...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'entreprise et ses propri&#233;taires </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-entreprise-et-ses-proprietaires.html</link>
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		<dc:date>2020-02-16T15:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>
		<dc:subject>L'entreprise et ses propri&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Parties prenantes de l'entreprise</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans la perspective de la pens&#233;e classique, et pour la Doctrine sociale de l'Eglise, l'entreprise est une forme de communaut&#233;, et ne se r&#233;duit pas au r&#244;le de pur actif financier entre les mains de ses actionnaires. Elle a une raison d'&#234;tre, qui s'inscrit dans la perspective du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, qui assume la responsabilit&#233; correspondante ? En droit, la r&#233;ponse est claire : ce sont ses propri&#233;taires. Mais dans le cas d'une soci&#233;t&#233; commerciale, ces propri&#233;taires, ce sont les actionnaires. Et dans la conception &#233;conomique courante, ils ne regardent que leurs int&#233;r&#234;ts. D'o&#249; un dilemme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains en d&#233;duisent que l'entreprise n'a en fait pas de propri&#233;taire, et qu'il faut l'organiser autrement. Mais cela heurte la r&#233;alit&#233; juridique et &#233;conomique. Que faut-il en penser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Parties-prenantes-de-l-entreprise-+.html" rel="tag"&gt;Parties prenantes de l'entreprise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'actionnaire et ses devoirs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la perspective de la pens&#233;e classique, et pour la Doctrine sociale de l'Eglise, l'entreprise est une communaut&#233; partielle, et ne se r&#233;duit pas au r&#244;le de pur instrument entre les mains de ses actionnaires. Elle a une raison d'&#234;tre, qui s'inscrit dans la perspective du bien commun. En outre, elle a une personnalit&#233; propre et constitue une entit&#233; originale, comportant de nombreuses parties prenantes au-del&#224; des actionnaires (salari&#233;s d'abord, fournisseurs, clients, communaut&#233;s locales ou nationales etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la Doctrine sociale de l'Eglise d&#233;fend la propri&#233;t&#233; priv&#233;e comme plongement et fruit de l'action de l'homme dans la mati&#232;re et par l&#224; dans la vie &#233;conomie, et moyen indispensable de sa libert&#233; et de sa pleine r&#233;alisation dans son travail et son esprit d'entreprise. Mais en m&#234;me temps, elle subordonne cette propri&#233;t&#233; &#224; ce qu'elle appelle destination universelle des biens. Le propri&#233;taire est libre et responsable, mais il doit utiliser ses biens au service du bien commun. Il est d&#232;s lors essentiel de d&#233;terminer &#224; qui appartiennent les entreprises, et donc qui en est responsable. Or la tr&#232;s grande majorit&#233; des entreprises sont organis&#233;es en soci&#233;t&#233;s commerciales ; et dans ce cas la r&#233;ponse naturelle, celle que donne nos syst&#232;mes de droit, est simple : les actionnaires sont juridiquement les propri&#233;taires de la soci&#233;t&#233;, et donc de l'entreprise qui n'a pas d'existence l&#233;gale en dehors de cette soci&#233;t&#233; ; ils peuvent d&#232;s lors d&#233;terminer l'orientation et le sort de l'entreprise, y compris la vendre. Ces actionnaires ont d&#232;s lors une responsabilit&#233; &#233;thique et sociale, qui est de g&#233;rer ce bien dans le sens du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette situation fait l'objet de critiques nombreuses. Et notamment, dans la conception &#233;conomique courante, ces actionnaires sont cens&#233;s ne regarder que leurs int&#233;r&#234;ts. Comme sortir de ce dilemme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entreprise et soci&#233;t&#233; commerciale : la critique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re ligne de critique consiste &#224; contester l'id&#233;e m&#234;me de la propri&#233;t&#233; de l'entreprise par les actionnaires. Ce courant d'id&#233;es est tr&#232;s pr&#233;sent au sein de l'Eglise ; ainsi avec Olivier Favereau et Baudouin Roger, qui travaillent ce sujet publi&#233; sous les auspices des Bernardins et ont expos&#233; leurs id&#233;es dans un livre r&#233;cent. Ils posent une distinction majeure entre &#8216;l'entreprise' (dont ils disent qu'actuellement elle n'est pas reconnue juridiquement) et la soci&#233;t&#233; commerciale. Les actionnaires ne seraient propri&#233;taires que de la seconde. Le fonctionnement des firmes aurait ainsi un biais anti-d&#233;mocratique, car la soci&#233;t&#233; (commerciale) pilote seule une &#8216;entreprise' dont le p&#233;rim&#232;tre ou les perspectives sont plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point de critique essentiel est la financiarisation. On sait que dans le monde anglosaxon, au moins jusqu'&#224; r&#233;cemment, les administrateurs sont suppos&#233;s prendre essentiellement en compte les int&#233;r&#234;ts financiers des actionnaires (c'est un peu moins net ailleurs, y compris en droit fran&#231;ais). Ce qu'on appelle la &#171; th&#233;orie de l'agence &#187; vise &#224; aligner le plus possible l'action des administrateurs et des dirigeants sur les vues ou int&#233;r&#234;ts des actionnaires. D'o&#249; des dispositifs comme les stock-options, ou l'indexation des parts variables de r&#233;mun&#233;ration sur les cours de bourse etc. Le risque est alors que les entreprises soient comprises comme des actifs g&#233;r&#233;s du seul point de vue financier. La critique vise particuli&#232;rement le cas des entreprises cot&#233;es en bourse, notamment si l'actionnariat est dispers&#233; et volatil. On sait &#233;videmment que le risque n'est pas th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on reconna&#238;t l'utilit&#233; de l'appel au march&#233; pour la fourniture de capital. Et le fait est que par sa liquidit&#233;, le march&#233; donne acc&#232;s &#224; des masses de capitaux impossibles &#224; obtenir sans lui. Mais poursuivent les critiques, d'une part le capital ne provient que partiellement du march&#233;. D'autre part et surtout, le march&#233; devient le moyen de tourner la caract&#233;ristique principale de l'actionnariat : l'engagement &#224; risque dans l'entreprise sur la longue dur&#233;e, puisque les actionnaires peuvent vendre leurs titres &#224; tout moment. En un sens donc, le march&#233; boursier est devenu trop souvent le lieu du refus de l'engagement. D'o&#249; son court-termisme et la d&#233;formation que cela imprime au fonctionnement des entreprises, obs&#233;d&#233;es par le seul r&#233;sultat financier observ&#233; instantan&#233;ment. En outre &#233;videmment, dans ce contexte, toute id&#233;e de responsabilit&#233; sociale des entreprises sera rejet&#233;e si elle est co&#251;teuse pour les actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la remise en question du principe m&#234;me de l'actionnaire propri&#233;taire, ou du moins la volont&#233; de restreindre ses droits comme tel, consid&#233;rant que les actionnaires sont propri&#233;taires de la soci&#233;t&#233; commerciale, et pas de l'entreprise. On y ajoute alors l'id&#233;e qu'il faut assurer une meilleure repr&#233;sentation des parties prenantes, dans le cadre juridiquement reconnu de &#8216;l'entreprise' ; et modifier le rapport des pouvoirs en son sein : le conseil d'administration doit refl&#233;ter son caract&#232;re collectif, et notamment s'ouvrir aux salari&#233;s et autres parties prenantes. L'id&#233;e est au fond que l'entreprise est une sorte de collectivit&#233;, qui soit s'inspirer du droit public Dans la voie pr&#233;conis&#233;e par ce courant, le chef d'entreprise serait choisi par l'ensemble des parties prenantes et ressemblerait au chef de l'ex&#233;cutif dans une constitution d&#233;mocratique. Au minimum, il faudrait une cod&#233;termination &#224; l'allemande. Certains encore, comme Swann Bommier et s&#339;ur C&#233;cile Renouard , vont encore plus loin, et veulent consid&#233;rer l'entreprise comme des &#8216;communs', &#224; g&#233;rer collectivement comme autrefois les p&#226;turages ou les zones de p&#234;che. Comme personne morale, elle n'est alors d&#233;tenue par personne, mais d&#233;finie par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mod&#232;les multiples d'entreprise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de ces analyses ? Curieusement, pour des chr&#233;tiens, catholiques de surcro&#238;t, elles ne se placent pas dans le cadre de la probl&#233;matique de la propri&#233;t&#233; au sens de la Doctrine sociale, ce qui aurait conduit &#224; rechercher et &#224; d&#233;finir les devoirs du propri&#233;taire. C'est d'autant plus curieux que dans la r&#233;alit&#233;, le propri&#233;taire d'une soci&#233;t&#233; anonyme &#233;tant sans le moindre doute l'actionnaire, il en a donc la pleine responsabilit&#233; morale pour la DSE, et derri&#232;re elle, &#233;videmment, celle de l'entreprise. La Doctrine sociale parle d'ailleurs r&#233;guli&#232;rement des &#8216;propri&#233;taires' de l'entreprise, visant par-l&#224; les actionnaires. Ce sont ces propri&#233;taires qui choisissent les dirigeants, la strat&#233;gie, l'activit&#233;, et peuvent la r&#233;orienter, la vendre etc. On peut contester ce mode d'organisation, et notamment les priorit&#233;s des actionnaires, ou leur comportement, mais pas pr&#233;tendre qu'il y a une entit&#233; en d&#233;sh&#233;rence juridique, appel&#233;e entreprise. Sachant bien s&#251;r que rien n'emp&#234;che que l'entreprise soit organis&#233;e autrement qu'elle ne l'est aujourd'hui, pour prendre en compte d'autres dimensions ou d'autres priorit&#233;s. Du moment qu'elle trouve les investisseurs&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de nos amis consiste en d&#233;finitive &#224; consid&#233;rer que l'entreprise est en soi une r&#233;alit&#233; d&#233;passant la volont&#233; de ceux qui en sont &#224; l'origine, et qu'elle a un certain caract&#232;re public. Effectivement, on ne se demande pas qui est propri&#233;taire d'une commune. Mais justement, une commune n'est pas une entreprise, qui est une forme d'association ou de soci&#233;t&#233; &#224; but limit&#233;, cr&#233;&#233;e par un acte juridique de ceux qu'on appelle propri&#233;taires. On ne peut pas acheter ou vendre une commune, ni en modifier radicalement la raison d'&#234;tre, les orientations et la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, l'entreprise au sens large est tr&#232;s loin de reposer sur un concept univoque ; il y en a de nombreux mod&#232;les possibles ; Beno&#238;t XVI l'a montr&#233; dans &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;. Dans chaque mod&#232;le, des r&#232;gles particuli&#232;res d&#233;terminent comment se prennent les d&#233;cisions et donc l'activit&#233; commune, ainsi que l'utilisation des biens dont dispose l'entreprise. Cela peut aller bien au-del&#224; de la seule soci&#233;t&#233; commerciale. Elles peuvent &#234;tre par exemple de pures associations, ou des mutuelles ou coop&#233;ratives. Elles peuvent &#234;tre aussi sous contr&#244;le public, ce qui les met alors sous l'autorit&#233; du pouvoir politique. Mais dans tous ces cas, association comme coop&#233;rative, se pose la question de l'origine du capital. Sans capital, une entreprise reste limit&#233;e, en supposant m&#234;me qu'elle puisse se former. Et le moyen le plus puissant qu'on a imagin&#233; pour trouver ce capital, et de loin, c'est, jusqu'&#224; pr&#233;sent au moins, la soci&#233;t&#233; commerciale. En outre bien s&#251;r, il faut que l'entreprise fonctionne, et pour cela que les d&#233;cisions soient prises, par des gens qui sont responsabilit&#233;s. Le cadre actuel est sur ce plan clair et fonctionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les parties prenantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons en outre que dans tous les cas r&#233;els, les fameuses parties prenantes, qui sont &#224; la base de la critique, restent en g&#233;n&#233;ral ext&#233;rieures &#224; l'entreprise (sauf si leur association est pr&#233;vue d&#232;s le d&#233;part &#8211; comme les coop&#233;ratives). C'est &#233;vident des clients (sauf coop&#233;ratives de consommateurs) ; des fournisseurs ; ou des communaut&#233;s o&#249; l'entreprise op&#232;re. Certes, dans la perspective de la DSE, l'entreprise a aussi une responsabilit&#233; &#224; leur &#233;gard. Mais on peut douter de l'int&#233;r&#234;t ou du sens de donner un pouvoir de d&#233;cision dans l'entreprise &#224; ces parties prenantes externes, sauf mod&#232;le tr&#232;s particulier. Si cas par cas, une participation aux d&#233;cisions sous une forme quelconque peut avoir un sens, ce ne peut &#234;tre une r&#232;gle ou un principe g&#233;n&#233;ral. Il faut donc distinguer ce qu'on appelle les parties prenantes, qui ont droit &#224; consid&#233;ration et cas par cas voix au chapitre, et les propri&#233;taires quels qu'ils soient, qui sont les responsables ultimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dira-t-on, et les salari&#233;s ? Ne sont-ils pas eux aussi parties prenantes et m&#234;me constitutives de l'entreprise ? Certes, et combien ! Mais en r&#233;alit&#233;, dans tous ces mod&#232;les d'entreprise (sauf les coop&#233;ratives ouvri&#232;res), il y a essentiellement des salari&#233;s purs, qui n'ont de relations avec l'entreprise que par leur contrat de travail. De tels salari&#233;s sont dans la position juridique d'un cr&#233;ancier : s'ils font leur travail, ils ont droit &#224; un salaire, que l'entreprise marche ou pas. Bien s&#251;r, comme tout cr&#233;ancier ils prennent un certain risque, mais il est en droit plus r&#233;duit que s'ils &#233;taient actionnaires, et diff&#233;rent. Et ils ont l'option de partir quand ils veulent (cela suppose qu'il y ait du travail par ailleurs, mais cela ne d&#233;pend pas de l'entreprise). En outre, il est bon qu'il y ait de tels salari&#233;s, y compris dans leur propre int&#233;r&#234;t : il para&#238;t en effet difficile de g&#233;n&#233;raliser le mod&#232;le de l'associ&#233; &#224; toute la main-d'&#339;uvre ; les travailleurs y perdraient en effet beaucoup en ins&#233;curit&#233; et en absence de mobilit&#233;, sans avoir pour autant un pouvoir significativement accru. En cas de faillite il est important que leurs droits prennent la forme de cr&#233;ances privil&#233;gi&#233;es. En m&#234;me temps, d'un point de vue chr&#233;tien, il est ind&#233;niable que la relation de l'entreprise avec le salari&#233; ne peut se r&#233;duire au contrat de travail, car l'entreprise, quelle que soit sa forme, est aussi une forme de communaut&#233;, m&#234;me imparfaite. Le salari&#233; a donc aussi son mot &#224; dire, et la doctrine chr&#233;tienne insiste sur ce point : c'est le principe de participation. Il y a plusieurs mod&#232;les possibles, &#224; commencer par la participation au conseil d'administration. Mais sauf mod&#232;les sp&#233;cifiques, il n'en est pas propri&#233;taire, c'est-&#224;-dire responsable ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le souci des critiques est au fond le refus d'une conception strictement financi&#232;re, excluant toute prise en compte des parties prenantes, dans une conception &#233;troite de la propri&#233;t&#233;. Ce souci est l&#233;gitime ; mais la r&#233;ponse n'est pas une distinction artificielle entre entreprise et soci&#233;t&#233; ; elle est soit dans une conception plus large et responsable de la propri&#233;t&#233; et de son exercice ; soit dans la recherche d'un mode d'organisation diff&#233;rent de la soci&#233;t&#233; en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas des soci&#233;t&#233;s commerciales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, quelle est la l&#233;gitimit&#233; de la soci&#233;t&#233; commerciale ? Initialement, elle provient de l'initiative d'une personne, ou d'un groupe de personnes (ou d'une famille) qui s'associent, en mettant en commun dans une entit&#233; juridique nouvelle ayant la personnalit&#233; morale, des biens (du capital), et &#233;ventuellement leur travail (notamment entrepreneurial), tout en assumant les risques correspondants. Il est d&#232;s lors juste et l&#233;gitime qu'ils puissent en &#234;tre les propri&#233;taires, et qu'ils soient propri&#233;taires du fruit de ce travail. M&#234;me si rien ne les emp&#234;che (si l'&#233;tat du droit l'a pr&#233;vu) d'organiser diff&#233;remment la propri&#233;t&#233; en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, le cas d'un actionnaire financier n'est pas diff&#233;rent. Il a apport&#233; du capital (ou rachet&#233; celui d'un autre), et le sort de cet investissement est li&#233; au r&#233;sultat de l'entreprise - sinon c'est une cr&#233;ance. Ce qui veut dire qu'il n'est r&#233;mun&#233;r&#233; que s'il y a un r&#233;sultat positif (profit), et que ce capital peut dispara&#238;tre, si l'actif net de l'entreprise devient n&#233;gatif. En outre, l'apport de fonds propres est un mode de financement consid&#233;rablement moins risqu&#233; pour l'entreprise et bien plus vertueux que la dette, puisque solidaire de son sort. Il n'est donc pas choquant que celui qui prend au premier rang les risques directement li&#233;s &#224; l'entreprise soit celui qui prend les d&#233;cisions, en assume les profits et les pertes, et en soit le propri&#233;taire. Le mod&#232;le de la soci&#233;t&#233; commerciale (par actions) est donc l&#233;gitime, m&#234;me s'il n'est pas le seul. L'Eglise n'y a d'ailleurs jamais object&#233; ; mais elle lui a constamment rappel&#233; ses devoirs. Reste la question de l'actionnaire d'une soci&#233;t&#233; cot&#233;e, qui a la possibilit&#233; de vendre son action &#224; tout moment. Le lien risque alors d'&#234;tre beaucoup plus l&#226;che. On peut rappeler cependant d'abord qu'il doit pour cela trouver un acheteur qui se substitue &#224; lui. En d'autres termes, en cas de vente du titre, le risque de l'investisseur subsiste enti&#232;rement, et donc les droits correspondants, mais c'est quelqu'un d'autre qui l'assume. Cela dit, on le sait, le fait est que cela peut donner lieu &#224; de multiples exc&#232;s, par court-termisme, financiarisation etc., et les actionnaires sont souvent fugitifs, ne se sentant aucune responsabilit&#233; envers l'entreprise. On ne peut donc se satisfaire sur ce plan de la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, s'agissant des relations entre l'entreprise et ses propri&#233;taires, le pragmatisme et la diversit&#233; sont de mise. La diversit&#233; des situations est telle qu'il n'y a pas de r&#232;gle unique pouvant r&#233;gir les rapports des actionnaires et des dirigeants, ou l'action des uns et des autres. Ce qui nous renvoie &#224; deux questions essentielles : l'une est celle de la culture d'entreprise, de son mod&#232;le, avec notamment l'enjeu de son objet social, de sa raison d'&#234;tre, et des moyens de les faire pr&#233;valoir autant que faire se peut. L'autre, celle de la culture collective, et &#224; nouveau, tout particuli&#232;rement, celle des propri&#233;taires, donc des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, reconna&#238;tre que le propri&#233;taire d'une entreprise constitu&#233;e en soci&#233;t&#233; commerciale au sens courant du terme est bien l'actionnaire ne doit pas conduire &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; &#224; ignorer ce fait de base que pr&#233;cis&#233;ment ledit propri&#233;taire, m&#234;me s'il n'y en a qu'un, a organis&#233; une personne morale distincte de lui. Il n'a d'ailleurs en droit pas la possibilit&#233; de s'approprier les actifs de l'entreprise (c'est-&#224;-dire de la soci&#233;t&#233;). Cet acte fondateur implique pour lui de reconna&#238;tre que l'objet de cette entreprise ne se confond pas directement avec ses propres int&#233;r&#234;ts. Dans l'optique de la Doctrine sociale, cela conduit &#224; reconna&#238;tre les liens humains et les engagements que cette constitution implique : ils ne modifient pas dans leur principe les devoirs du propri&#233;taire tels qu'ils existent en g&#233;n&#233;ral (et notamment la destination universelle des biens), mais ils conduisent &#224; une application sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voies d'action possibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on faire alors ? On l'a dit, il est toujours possible, et souvent int&#233;ressant, de travailler d'autres modes d'organisation possibles. Mais la grande majorit&#233; des entreprises restera sans doute organis&#233;e sur une mod&#232;le du type actuel Commet agir alors ? Une premi&#232;re question totalement centrale est &#233;videmment celle des priorit&#233;s des investisseurs eux-m&#234;mes : c'est &#233;videmment un point essentiel. Je l'ai abord&#233; notamment en d&#233;cembre 2019 dans une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; Quelles sont les orientations de la Doctrine Sociale de l'Eglise pour l'investissement financier ? &#187; ; vid&#233;o et textes sur &lt;a href=&#034;http://www.pierredelauzun.com/Conference-Quelles-sont-les.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pierredelauzun.com/Confe...&lt;/a&gt;. Il va de soi que plus il y aura des investisseurs ayant une conception &#233;thique de leur r&#244;le, meilleur sera sur ce plan le r&#233;sultat ; et il n'y a pas besoin qu'il y ait une majorit&#233;, car le march&#233; y est tr&#232;s sensible. Le d&#233;veloppement de l'investissement &#233;thique est sur ce plan encourageant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il restera les autres investisseurs. Des mesures d'ordre r&#233;glementaire peuvent aider ici sensiblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re famille de mesures vise &#224; favoriser la d&#233;tention &#224; long terme. Certes, il serait difficile et illogique, de contraindre directement l'ensemble des investisseurs &#224; se passer de toute liquidit&#233;. Mais plusieurs moyens sont disponibles pour les inciter &#224; d&#233;tenir les titres sur une certaine dur&#233;e : par exemple, en donnant des droits de vote diff&#233;renci&#233;s selon la dur&#233;e de d&#233;tention, soit apr&#232;s coup, soit par un engagement pris &#224; l'avance. Le professeur Colin Mayer propose de fa&#231;on int&#233;ressante qu'un investisseur qui s'est engag&#233; sur cinq ans ait cinq fois plus de droits de vote que celui engag&#233; sur un an, et qu'il n'y ait pas de droit de vote pour celui qui n'est engag&#233; sur rien. On peut aussi utiliser la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me famille de r&#233;flexion consiste &#224; d&#233;courager certaines OPA jug&#233;es nocives, soit par des dispositifs externes (intervention des pouvoirs publics ; pression de l'environnement de l'entreprise - &#224; l'allemande, etc.), soit par des m&#233;canismes financiers : ainsi les &#8216;poison pills' am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me famille de r&#233;flexion vise &#224; structurer l'actionnariat en favorisant un noyau dur et stable, par exemple la famille fondatrice, ou les fondateurs en g&#233;n&#233;ral, ou des actionnaires li&#233;es par un pacte (par des droits de vote accrus, des pouvoirs de veto etc.), ou par des fondations d&#233;di&#233;es comme on va le voir. De leur c&#244;t&#233;, Olivier Favereau et Baudouin Roger recommandent &#224; juste titre la mise en place d'un nouvel investisseur public, avec des moyens cons&#233;quents - ressemblant &#233;ventuellement aux fonds souverains de certains pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une quatri&#232;me famille de r&#233;flexion consiste &#224; pr&#233;ciser la &#8216;raison d'&#234;tre' de l'entreprise, qui dans l'optique de la DSE doit aller au-del&#224; de l'int&#233;r&#234;t p&#233;cuniaire des actionnaires. C'est ce que propose la Loi &#8216;Pacte' fran&#231;aise. Dans l'optique chr&#233;tienne, elle devrait s'ins&#233;rer dans une pr&#233;occupation de bien commun. Bien entendu, la question se pose du respect ult&#233;rieur de cette &#171; charte fondatrice &#187;. Outre diverses m&#233;thodes juridiques (majorit&#233; renforc&#233;e pour changer la raison d'&#234;tre, etc.), une proposition int&#233;ressante de Colin Mayer est d'utiliser des fondations : un conseil de mandataires (&#8216;trustees') serait charg&#233; de veiller au respect par les dirigeants (et les actionnaires) de cet objet social, selon des modalit&#233;s librement d&#233;termin&#233;es par les parties int&#233;ress&#233;es. Soit avec des droits sp&#233;cifiques, soit en &#233;tant un actionnaire particulier. Il y en a plusieurs exemples (dont le groupe Tata en Inde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, bien s&#251;r, &#224; un niveau plus simple, rien n'emp&#234;che de diversifier les avis au conseil d'administration : on conna&#238;t par exemple les mod&#232;les de gouvernance qui y int&#232;grent des repr&#233;sentants du personnel, en Allemagne surtout, mais aussi en France. Et rien n'emp&#234;che en outre que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale nomme aussi des administrateurs de sensibilit&#233;s diverses, proches des parties prenantes. Cela n'enl&#232;ve rien &#224; la responsabilit&#233; ultime desdits actionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La raison d'&#234;tre des entreprises </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-raison-d-etre-des-entreprises.html</link>
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		<dc:date>2018-12-07T14:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>L'entreprise et ses propri&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Entreprise</dc:subject>
		<dc:subject>Raison d'&#234;tre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tribune dans le Monde que j'ai co-sign&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les entreprises doivent sortir gagnantes de l'incitation du l&#233;gislateur &#224; retrouver leur raison d'&#234;tre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La financiarisation de l'entreprise, qui assigne comme seul objectif &#224; sa gestion la maximisation du r&#233;sultat pour l'actionnaire, est &#224; l'origine d'une perte globale de sens du travail, rappelle le Comit&#233; Pro Persona dans une tribune au &#171; Monde &#187;. La loi Pacte permettra de remettre l'humain au c&#339;ur du projet entrepreneurial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Economie-generale-a-.html" rel="directory"&gt;Economie g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-L-entreprise-et-ses-proprietaires-203-+.html" rel="tag"&gt;L'entreprise et ses propri&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Entreprise-+.html" rel="tag"&gt;Entreprise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Raison-d-etre-+.html" rel="tag"&gt;Raison d'&#234;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/06/les-entreprises-doivent-sortir-gagnantes-de-l-incitation-du-legislateur-a-retrouver-leur-raison-d-etre_5393754_3232.html?fbclid=IwAR1ErpZhPqIZuAstn98cOrSihS8OKQt8VWMQv7jitjaL1RvAq7tG7nM3mSc&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/idees/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tribune&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, le projet de loi Pacte (projet de loi relatif &#224; la croissance et la transformation des entreprises), qui comprend un volet relatif &#224; l'objet social de l'entreprise, a &#233;t&#233; approuv&#233; en premi&#232;re lecture &#224; l'Assembl&#233;e nationale, avant son passage au S&#233;nat en janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce th&#232;me, venu au grand jour il y a quelques mois &#224; l'occasion de la publication du rapport Notat-S&#233;nard (&#171; L'entreprise, objet d'int&#233;r&#234;t collectif &#187;, voir lien PDF), d&#233;passe largement le seul d&#233;bat l&#233;gislatif. Il s'enracine dans une r&#233;flexion de fond, qui pose la question de la finalit&#233; de l'entreprise, et qui y r&#233;pond autrement que par des consid&#233;rations seulement financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays comme la France, toute modification du code civil est un &#233;v&#233;nement. Le projet de loi Pacte, qui comprend, parmi ses cent quarante articles, la modification des articles 1833 et 1835 du code civil portant sur l'objet social de l'entreprise et sur ses statuts, n'&#233;chappera pas &#224; la r&#232;gle. Mais pour que cet &#233;v&#233;nement fasse vraiment date, deux &#233;cueils doivent &#224; notre sens &#234;tre &#233;vit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;cueil est celui de la judiciarisation. De quoi s'agit-il ? En ajoutant un alin&#233;a &#224; l'article 1833, qui pr&#233;voit dor&#233;navant que la gestion d'une entreprise se fait en prenant en consid&#233;ration &#171; les enjeux sociaux et environnementaux de son activit&#233; &#187;, le risque existe de transformer la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise (RSE) en arme juridique qui pourra &#234;tre brandie contre tous les dirigeants d'entreprise qui seront accus&#233;s de ne pas en faire assez sur ce terrain. Comment d&#233;terminer qui en fait assez ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inqui&#233;tude des chefs d'entreprise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; leur inqui&#233;tude face &#224; cette r&#233;&#233;criture du code civil, d'autant plus l&#233;gitime que la formulation adopt&#233;e est tr&#232;s large compte tenu de la nature m&#234;me de la RSE. D&#232;s lors, l'effet obtenu par cette modification l&#233;gislative sur les dirigeants pourrait simplement &#234;tre de les inciter &#224; se pr&#233;munir contre les risques judiciaires de non-respect de ces exigences. S'ouvrirait alors l'&#232;re de la RSE &#224; coups de menaces de proc&#232;s&#8230; Ce qui, on en conviendra, ne tire personne vers le haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me danger est celui du &#171; vernis communicationnel &#187;, si l'on nous passe l'expression. L'article 1835 du code civil est en effet appel&#233; &#224; &#234;tre modifi&#233; par l'ajout de la possibilit&#233;, pour les statuts de la soci&#233;t&#233;, de pr&#233;ciser &#171; la raison d'&#234;tre dont elle souhaite se doter dans la r&#233;alisation de son activit&#233; &#187;. L'&#233;cueil est ici clairement rep&#233;rable, et d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre : il revient &#224; r&#233;duire la RSE &#224; des &#233;l&#233;ments de langage pour la communication interne et externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, l'effet de la modification l&#233;gislative sera simplement de faire entrer dans les statuts de la soci&#233;t&#233; des phrases jusque-l&#224; r&#233;serv&#233;es aux supports publicitaires. D&#233;buterait alors une autre &#232;re pour la RSE, celle de la phras&#233;ologie communicationnelle, mais d&#233;sormais &#224; valeur juridique&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment conjurer ces deux risques ? La voie &#224; suivre n'est ni l'impasse d'une RSE des proc&#232;s et des juridictions, ni celle d'une RSE de la communication. C'est la voie, plus r&#233;aliste, de la recherche en commun du sens concret de l'entreprise concern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une communaut&#233; de talents et de moyens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises doivent sortir gagnantes de l'incitation du l&#233;gislateur &#224; retrouver leur raison d'&#234;tre, et donc l'intelligence du travail qui s'y d&#233;ploie. Que la financiarisation de l'entreprise, qui assigne comme seul objectif &#224; la gestion de celle-ci la maximisation du r&#233;sultat pour l'actionnaire, soit &#224; l'origine d'une perte globale de sens du travail, ne fait myst&#232;re pour personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'activit&#233; de l'entreprise produit des b&#233;n&#233;fices que ces derniers suffisent &#224; fournir le sens du travail qui s'y r&#233;alise : la finalit&#233; d'une entreprise de services informatiques n'est pas de d&#233;gager du profit, mais d'assurer une offre de services informatiques, contribuant ainsi au bien de la soci&#233;t&#233;. Et donc au bien commun, qui est la finalit&#233; des finalit&#233;s. Ce qui ne veut pas du tout dire qu'il ne soit pas important et m&#234;me indispensable, pour elle, de d&#233;gager du profit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de raison d'&#234;tre est ainsi ce qui permettrait au sens de rena&#238;tre dans un univers entrepreneurial o&#249; il est en voie de disparation. Il n'est pas si courant que nous ayons la possibilit&#233; de r&#233;pondre &#224; ce type de question. Une entreprise, c'est une communaut&#233; humaine rassemblant des talents et des moyens pour offrir un produit ou un service de qualit&#233; &#224; la soci&#233;t&#233;, et contribuer par l&#224; au d&#233;veloppement des personnes humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc essentiel que les parties prenantes ainsi concern&#233;es d&#233;gagent le mieux possible sous la responsabilit&#233; des structures de d&#233;cision de l'entreprise quel est ce service, dans quelles conditions elles auront &#224; c&#339;ur de l'assurer, et quels engagements permanents elles prennent &#224; cet &#233;gard envers elles-m&#234;mes et envers la soci&#233;t&#233;. Entreprises, ne laissez pas passer cette occasion historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Signataire : Comit&#233; Pro Persona, &#171; Pour une finance au service de l'&#233;conomie et une &#233;conomie au service de la personne humaine &#187;&lt;/i&gt; (Cyril Brun, consultant en ressources humaines, Sylvain Chareton, directeur de l'Universit&#233; catholique de l'Ouest de Laval, Don Pascal-Andr&#233; Dumont, &#233;conome g&#233;n&#233;ral de la Communaut&#233; Saint-Martin, Don Jean-R&#233;mi Lanav&#232;re, directeur adjoint de l'Ecole sup&#233;rieur de philosophie et de th&#233;ologie de la Communaut&#233; Saint-Martin, Pierre de Lauzun, ancien d&#233;l&#233;gu&#233; de l'Association fran&#231;aise des march&#233;s financiers).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Collectif&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Responsabilit&#233; sociale du propri&#233;taire</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Responsabilite-sociale-du-proprietaire.html</link>
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		<dc:date>2014-12-07T13:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>L'entreprise et ses propri&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Responsabilit&#233; sociale du propri&#233;taire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une intervention &#224; l'association mondiale du patronat chr&#233;tien (Uniapac) le vendredi 5 d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e, la seule humaine et la seule efficace, la responsabilit&#233; essentielle est celle de ceux qui sont en charge de d&#233;cider de l'usage des biens, ce qui en bon fran&#231;ais s'appelle des propri&#233;taires. C'est &#224; eux qu'il incombe de d&#233;cider quel usage en faire, et notamment &#224; user de leurs biens en vue du Bien commun. A eux et &#224; leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s, les dirigeants d'entreprises. Et ceci reste vrai quelle que soit la structure d'entreprise choisie, soci&#233;t&#233; anonyme, mutualisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste ensuite &#224; d&#233;terminer l'interaction optimale de ces d&#233;cisions, ce qui est ce qu'on appelle le march&#233; financier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention le texte est en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi, en fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur KTO, vid&#233;o avec l'Acad&#233;mie catholique : &lt;i&gt;Ethique chr&#233;tienne et placements financiers&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4aEZbJfQFNM&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4aE...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-politique-et-economie-.html" rel="directory"&gt;Religion et &#233;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-L-entreprise-et-ses-proprietaires-203-+.html" rel="tag"&gt;L'entreprise et ses propri&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Responsabilite-sociale-du-proprietaire-337-+.html" rel="tag"&gt;Responsabilit&#233; sociale du propri&#233;taire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;ETHICS FINANCE, BUSINESS LEADERS AND SOCIETY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preliminary remarks &lt;br class='autobr' /&gt;
A company is a human community with a limited role : to produce goods in a way that consumes fewer resources than it produces and which are useful to people who buy them. Its moral duty is to be profitable, but not only : it also implies a clear responsibility towards its members (providers of capital and people inside the firm), to suppliers and clients, and to society at large. This includes the long term future of those communities, including sustainable development in a broad understanding of the word. Profit is a bottom line, not the exclusive criterion for judging any single business decision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Such accountability is ethical in nature. But to speak of ethics is not sufficient : there are many different conceptions of ethics. I am speaking of ethics as a way of fostering the proper development of people.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In this responsibility, shareholders as owners have the central role as ultimate deciders. This raises serious issues at a time when shareholders are more than often distant players who may buy and sell stocks without relation with the firm nor even a serious knowledge of it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Managers share part of that responsibility. But managers of very large firms tend to build a kind of class of their own. They have highly benefited from the financial evolution of the last 30 years, much more than shareholders. And their own real accountability may in some respect be even lower that the shareholders'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In both cases, a major question is the how to recreate that sense of responsibility&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Capital and ownership&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Owning capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The role of owners and their hierarchy of priorities is a major issue in any economic system. Even in the case of collective ownership, even in the case of a very egalitarian society, there are people responsible for the definition of what to do with the available resources, especially the collective tools : these are what I would call the real owners. Their values are a major social issue. An egalitarian society with materialistic and egocentrical values will be a low quality society, probably not even a solidary society. The people who would then be in charge of managing assets collectively (pension funds or others) would act in a way which would not be substantially different from cold-hearted capitalists. More broadly, it is certainly good in itself that property should be as diffused in society as possible ; but it is in itself no guaranty of the quality of collective priorities and choices. &lt;br class='autobr' /&gt;
A major concern in the Catholic Church Teaching is the priority given to labour over capital. It means capital has to be used with a view to provide work in the best way possible : create jobs for sure, but in a way that fosters human development at work and through work. Besides, human activity is considered to be the only real source of creativity, and then of economic value. In my understanding however work includes here the activity of the entrepreneur himself. It means capital cannot be cut from society and has duties towards it. But this does not mean in itself a right of workers to own that capital (although in other respects it is desirable), it means a right that capital be used properly : not only efficiently, but in the right direction. &lt;br class='autobr' /&gt;
In a decentralised economy, where persons take the responsibility of economic decisions and not a political body, this means you have people who own capital and take their decisions accordingly. And if that economy is a monetary economy, those decisions will take the form of financial decisions. This means finance has to be a major tool in an economy built on autonomous persons. But it also means that finance cannot be isolated from ethics. &lt;br class='autobr' /&gt;
In short, the fact that form an ethical point of view capital must be used in the right way, that is towards the Common Good, implies ethical rules for the people in charge of deciding the use of that capital ; not that this or that part of society should own that capital. This means that the legal existence of capital and its ownership as distinct from labour or government is per se ethical. What is unethical is the wrong use of capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Shareholders&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In our societies, economic action is managed through incorporated entities called companies ; the owners of such entities are called shareholders. This means that shareholders have the ultimate responsibility for a company, for the way it behaves towards its stakeholders : labour, financiers, suppliers, clients and society at large. Nobody else can take that responsibility in their place, even management. Shareholders appoint managers (or should !) ; they also elect the Board, choose the purpose of the company ; they may sell it. Of course on a day to day basis management takes a central part of that responsibility, but as stewards of the owners. It is therefore essential that owners of capital accept the ethical responsibility linked with that role. Even small shareholders, who just own a few shares bought on the market. &lt;br class='autobr' /&gt;
This means there is another responsibility of major importance on the capital markets : I mean another class of stewards, the fund managers. Since they manage the shares, on behalf of the owners, their responsibility is not limited to a merely financial fiduciary duty ; it is part of the global ethical responsibility of these owners. &lt;br class='autobr' /&gt;
This means finally that responsible investment is a major collective ethical issue. That is, it has to be at the same time active and ethically responsible. Transferring the responsibility to a mythical being called the &#8216;market' is meaningless. The market is the collective interaction of decisions taken by persons. If those persons change their priorities and their views, the market will change. Only persons are subject to ethics. &lt;br class='autobr' /&gt;
This implies a significant qualitative investment of those owners : taking time to examine the issues, define priorities, examine the real situation of the firm, and act, that is participate actively in shareholders meetings and so on. This also means that relations have to be created with the firm and its managers, in most cases on a long term basis. But the possibility of exiting the relationship must also exist : companies are not like families or nations. In some cases, selling may be the only way to send a message. There is no reason to decide that an owner has to be wed for ever to a specific company. Nor a worker either. So freedom to go out of the match must be guaranteed. In the cast of owners of capital, this means possibility to sell their stake. This is one of the functions of the stock exchange.&lt;br class='autobr' /&gt;
A consequence of this is that day to day trading must keep a limited and subordinated role. Traders cannot take the responsibility of real owners ; their role is to service those owners when they buy or sell : to facilitate the transaction, provide liquidity, and help the price formation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Another consequence is that shares are not financial instruments like others. They are central not only for the economy, but for society at large. Shares are not claims on the company, but a part of it, solidary with it. Owning a share is taking an extremely useful risk - and in the same time accept a responsibility. There is nothing similar with fixed income or derivatives, which are mere claims on somebody, and so in some respect a burden. Detention of shares should be considered a major collective priority. The legal and tax systems should recognise that fact. As you know reality is most often the exact contrary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Other forms of ownership&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lots of people criticise that organisation. In the best case they may be prepared to accept what has been said of ownership ; but will explain that shareholding as it exists nowadays does not deliver the kind of result you should expect, especially from an ethical point of view. A first answer to this is to say that the status of a corporation does not limit its ethical choices. Nothing implies it should be exclusively short-term, or ethically blind. &lt;br class='autobr' /&gt;
In the same time the exploration of alternative ways of organising ownership and power in economic activities is quite open. The basic question remains however : what is a company, if not some form of social organisation owned by those who put resources at stake ? Of course this can include labour &#8211; with the inconvenient that workers then have a very high stake in the company - much more than in the case of ordinary companies. But even then they will need capital. And capital owners want to control the use of their money. How then organise the cooperation ? My view is that we have to be pragmatic. If some formula, different form the joint stock company and associating both capital and labour, does work, so much the better. If not, one should try and improve the reference on which the present-day company is built. You can also try something else, for example mutual firms. But the experience does not give evidence that mutual organisations are a panacea. Again, mutual ownership does not imply by itself a different set of priorities nor a better form of responsibility.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;About finance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;This does not mean that the way finance works today is satisfactory. But the flight to utopia is not an option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Utopia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Some people in the Church have a romantic view of long term relationships based on a total mutual commitment : no global firm, no financial market. But an economy cannot be built exclusively on family-owned SMEs. And more importantly, to block relationships for ever, in an association where the main shareholder (and manager) has a total control of information and power, can be a very unfortunate solution indeed. In an open society you don't escape the central role of the market.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A much more rewarding path to explore is the way priorities are set. There is no doubt that collective structures, decision-making processes, benchmarking methods and so on can create a collective pressure towards specific solutions, or ways to measure results, that can be not only non-neutral, but ethically debatable. If for example you are supposed to limit yourself to financially measurable results based on short term quotes on the market, what you do is certainly not ethical, nor scientific for that matter. To think that greed is the appropriate way of incentivising people and achieve the best results is an ideological approach to management. Finance should not be self-referential, especially on a short term basis : money is here to provide a way of achieving collectively constructive processes, including the responsibility towards society at large, in its long term perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sin structures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The concept of sin structures has been introduced by pope saint John-Paul II and is particularly fruitful in finance. The short term pressure linked to quarterly results is typically a sin structure ; it is not the mere fruit of somebody's greed, it is a collective constraint. The same is true when you consider benchmarking fund managers based on short term measurement of market data. Such a situation is worsened by the fact that in such an environment, the corresponding behaviour can often be described as good, as the fruit of a fiduciary duty. Another kind of sin structure can be found in theoretical elaboration For example the idea that a company is only there to maximise shareholders' profits ; or that markets are efficient ; or that a 15 % ROE is a reasonable standard etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Socially responsible investment&lt;br class='autobr' /&gt;
In the original meaning of the word, socially responsible investment should be the normal form on investment. But it will be ethically satisfactory only if the ethical reference is satisfactory. It is not the case with the usual understanding of responsible investment. In practice it is concentrated on sustainable development (with a huge weighting in favour of environmental issues), of labour and of governance. This is good in itself (provided the criteria are good). But what about duties towards the other stakeholders : suppliers, clients, society etc.? The fact that the use of a vocabulary using morality or even ethics is often eschewed by ISR people is in itself a negative signal. There is a form of flight to procedures to avoid ethical choices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is therefore essential that end investors insist on their priorities, including ethical ones, and refer to the right ones. Instructions given by clients to fund managers (UCITS or insurance company or pension funds) are extremely important in the shaping of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An objection to this is to stress the very limited influence most of us have on the market. Trying to stick to dissenting views can even be very counterproductive if your references are too different from mainstream views. There are two types of answers to this. One is that you have to do what your have to do ; and be witnesses to the truth. The other is that markets are very sensitive to whatever happens to them : a minority move can influence the behaviour of firms in a disproportionate way. By joining efforts, you can increase the collective weight of a minority. I think Christians should do that in a more ambitious way.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Financial markets&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Short-termism&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Short-termism is not a simple question. It can be a natural attitude in a society where you get constantly new information and where people are constantly betting in one way or another. Incidentally this is also the case in politics, certainly by far the most short-term activity in our society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But in the end the ultimate decider is the investor (or her representative). If she puts her sights on the long term view (in sufficient numbers) the market will be long term oriented. Even in present circumstances, the Stock market has financed for many years companies without profit such as Amazon or biotech because it believed in its long term perspective (rightly or wrongly). Nothing obliges pension funds to be benchmarked on short term figures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the fact is that there is a collective pressure towards short-termism. It is partially linked with the general uncertainty of a time where the collective balance of power is rapidly changing across the globe ; but it is also a result of collective behaviour. Market regulation or supervision can help in this respect ; tax systems can favour long term detention of stocks etc. But regulations cannot stop or freeze all transactions. And so the issue of collective priorities and collective assessments remains central. We are back to the ethical issue. Decisions about finance are decisions about the long term contribution of each project or each company, as it appears at any given moment, but in reference to the long term horizon of the project or the company. Pension funds have a responsibility towards this prospective, as their members. In practice this means to accept that one may have to abandon short term possible gains because of higher preferences, both longer term and more substantial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A case in point is the pressure towards radical changes in companies (especially sale and restructuration) based exclusively on price considerations ; massive redundancies to please the market - as unions say. Per se such a decision may be justified : if an operation is profitable from a market point of view ; it may mean that value is really been created. But it may also mean a short term gain coupled with a destruction of some potential or hidden value that was not expressed in the stock price. This implies that an assessment has to be done by the owners ; it is their responsibility. Again, no market has ever obliged somebody to buy or to sell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monetary value and real value&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speculation is in itself ethically acceptable and even necessary, when it means trying to determine what the real value is. But not when it means : trying to outguess where the market will be in the next hours or days ; or worse : trying to manipulate the market. Of course when you try to outguess the next fluctuation, in the end the market will be your judge. But in the meantime you can foster excesses and bubbles. And the final judgement by the market can happen very lately, sometimes years after. In the meantime you create artificial situations and the basis for dramatic crises. The dramatic fact is that for years and years the market can work on the basis of a wrong paradigm, accumulating imbalances. We've seen that in the 00's. In such a situation operators who disagree may have some difficulty in expressing that dissenting view : it may be difficult to run head-on against a sin structure ! Participants to the market should then keep in mind that their duty is to arrive collectively to the best possible price, and join efforts if necessary. And supervisors should see to it that when excesses appear, they have to be reduced as much as is possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But &#8216;speculators' are not always, not even often, the main cause of crises. In the case of the toxic products before 2007 clever people were selling complicated products to investors that required higher returns - compared to more classical products. And they were professional investors, not na&#239;ve retail clients. No speculation here, just a bet on the sustainability of that activity, plenty of greed and a complete lack of ethical responsibility. And, contrary to other simplistic views, it means that you can be concentrated on the needs of your clients as they express them, do something legal, and however be detrimental to the long term health of the market. In the case of the last crisis, the burden of culpability has not been on speculators, but on people supposedly servicing their clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Excessive indebtedness as a collective sin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, another major collective issue I would like to mention is the role of debt in our societies. Among other things the crisis has been a crisis of over-indebtedness, of overleverage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Debt is very different from equity : if you lend money you have a legal claim on the debtor and you may go to courts to get it back. Repayment has nothing to do with the success or the failure of the debtor, except in the case of insolvency. But in the same time your remuneration as a lender is limited too. This means that the lender tends to limit the risk taken. But if he is wrong, the borrower and the lender are both in trouble. And there is not solidarity between creditor and debtor. The borrower has to pay the interest due, except bankruptcy. By contrast in case of difficulties you can skip the dividends and avoid any unwanted burden. Financing risk should then normally be done through capital. This means that in the financing process morality as well as efficiency demand a central role for capital, not for debt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In addition a large accumulation of debt debts often implies a systemic effect : if your debtor has trouble to repay you, and you have borrowed yourself the money, you too are in trouble. Hence a domino effect, that can bring to a collective disaster. If instead you finance your activity with capital and of course if your investors do too, a failure or insolvency will bring about collective impoverishment. But it does not imply any domino effect. The big stock market crash of 1987 had no significant impact ; the same is true for the end of the &#8220;new economy&#8221; bubble in 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The common answer in front of debt crises is to foster &#8220;confidence&#8221;. But confidence may be even more risky. All big crises have been crises of overconfidence in credit, especially in supposedly safe assets like Government debt or lending to real estate : the sovereign debt crisis of the 80s, the S&amp;L crisis of the end 80s, the real estate crisis of the 90s, etc. A triple AAA rating is a major component of a really large crisis. Investors should beware.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I will just mention here the case of Government debt : it was one of the pillars of financial theory in the last decades, because it is supposed to be the reference borrower, the &#8220;riskless&#8221; one. But except in cases of emergencies like wars, or on a very provisional basis, it is a dangerous and irresponsible behaviour. Public debt is mostly used to finance current expenditures, not investment. It therefore does not finance a way to secure its own repayment. But it can be justified, in a limited way, to finance investments that create new resources making possible the repayment of that debt. That would mean much mower levels of indebtedness.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; In short, debt is all too often a dangerous drug, the ideal way not to face difficult choices, and transfer your responsibilities to your successors or heirs. This is exactly what our society is doing.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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