<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=205&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>L'argent et son myst&#232;re</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-argent-et-son-mystere.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-argent-et-son-mystere.html</guid>
		<dc:date>2020-02-06T15:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'argent et les catholiques : on n'a pas fini de gloser. Pour les uns, ces empot&#233;s de catholiques sont incapables de comprendre l'argent. Pour d'autres, l'argent est au c&#339;ur de l'horreur &#233;conomique. D'autres enfin louvoient entre compromissions habiles et bons sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela manque un point essentiel, et en m&#234;me temps r&#233;v&#232;le une r&#233;alit&#233; profonde : l'argent est un sujet majeur pour le chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans La Nef (F&#233;vrier2020)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(Paru dans &lt;i&gt;La Nef&lt;/i&gt; F&#233;vrier 2020)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent et les catholiques : on n'a pas fini de gloser sur ce th&#232;me. Pour les uns, ces empot&#233;s de catholiques sont consubstantiellement incapables de comprendre et d'admettre les r&#233;alit&#233;s &#233;l&#233;mentaires de notre &#233;conomie, &#224; commencer par l'argent. Pour d'autres au contraire, l'argent est au c&#339;ur de l'horreur &#233;conomique ; d&#232;s qu'on parle d'argent il faut se signer et conspuer la corruption ambiante, et le r&#232;gne du Malin qu'il incarne. D'autres enfin louvoient : oui il en faut, mais on doit pouvoir s'en tirer par des compromissions habiles et des bons sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela manque un point essentiel, et en m&#234;me temps r&#233;v&#232;le une r&#233;alit&#233; profonde : l'argent est un sujet majeur pour le chr&#233;tien. Parce que les Evangiles lui consacrent une place importante, nous demandant m&#234;me de choisir entre Mammon (l'argent personnifi&#233;), et Dieu. Parce qu'aussi ils &#233;vitent le manich&#233;isme : oui l'argent est une tentation majeure, et m&#234;me au plan mat&#233;riel la personnification de la tentation (sachant qu'il y a aussi des tentations spirituelles plus radicales, comme l'orgueil : ce qui a perdu Lucifer n'est pas l'argent). En m&#234;me temps, choisir Dieu contre Mammon non seulement n'implique pas de donner &#224; ce dernier un statut m&#233;taphysique qu'il n'a pas, car ce n'est qu'un outil ; mais il nous est enjoint de l'utiliser activement pour &#234;tre sauv&#233;, activement et r&#233;solument (&#171; faites-vous des amis avec le Mammon d'iniquit&#233; &#187;). Et intelligemment en plus : les enfants de lumi&#232;re devraient m&#234;me, nous dit le Christ, s'inspirer sur ce plan de l'habilet&#233; des enfants des t&#233;n&#232;bres. Eh oui : les &#233;vangiles ne sont pas un manuel pour troupier basique, ils demandent une certaine r&#233;flexion. Ou plut&#244;t, un effort de discernement pour ceux, la plupart d'entre nous, qui n'ont pas d'embl&#233;e l'innocence des enfants de Dieu. Oui l'argent est &#224; la fois &#224; utiliser, et dangereux. Il faut donc se d&#233;tacher de l'attraction qui est la sienne, et cependant en faire usage, car il est au c&#339;ur du rapport social - sans &#233;videmment lui donner son sens, mais comme outil in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce r&#244;le &#233;tonnant pour un simple outil ? Il y a ici comme un myst&#232;re de l'argent : simple convention sociale, sans valeur intrins&#232;que, il est pourtant capable de synth&#233;tiser toutes nos tentations de corruption personnelle ou sociale. Myst&#232;re ou leurre, que le chr&#233;tien doit affronter avec d&#233;termination, comme le lui demande son Ma&#238;tre ; dans son principe comme dans son utilisation active. Car dans toute soci&#233;t&#233;, et dans la n&#244;tre plus que dans tout autre, on n'&#233;chappe pas &#224; des interrogations fondamentales sur notre rapport &#224; l'argent. Comment d'abord le gagner sans se perdre ? Entre &#224; un bout le mercenaire qui vend son &#226;me, et &#224; l'autre l'entrepreneur qui (comme Pie XI nous le rappelait) exerce la noble vertu de magnificence en cr&#233;ant des emplois et d&#233;ployant sa richesse ? Comment ensuite le d&#233;penser intelligemment, au travers des signaux que tout acte d'achat envoie &#224; la soci&#233;t&#233; ? Comment enfin investir de fa&#231;on b&#233;n&#233;fique, en canalisant l'argent dans le bon sens ? Comment enfin le donner, l'acte &#233;vang&#233;lique par excellence ? C'est ce que j'ai voulu abord&#233; franchement et syst&#233;matiquement dans ce petit livre r&#233;cemment paru L'argent maitre ou serviteur, chez Mame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il bien s&#251;r sortir de sa zone de confort, et ne pas aborder le sujet &#224; travers des clich&#233;s simplistes. Non, la r&#233;ponse n'est pas simple et imm&#233;diate ; elle ne tient pas dans la formule na&#239;ve et erron&#233;e &#171; l'argent mauvais maitre, bon serviteur &#187;. Mais inversement, on aurait tort de croire que l'argent nous impose in&#233;vitablement sa loi, sinon le Christ ne nous aurait pas demand&#233; de l'utiliser activement et intelligemment. Et le d&#233;tachement &#224; l'&#233;gard de l'argent que toute la tradition chr&#233;tienne nous demande ne suppose pas un h&#233;ro&#239;sme proche de la folie. Les franciscains qui au Moyen Age ont invent&#233; l'&#233;conomie politique ne poss&#233;daient rien en propre : ils ont pourtant &#233;t&#233; jug&#233; par les marchands du temps les plus s&#251;rs guides dans la conduite morale de leurs affaires, commerciales et financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est justement parce que l'argent joue dans les existences contemporaines un r&#244;le encore plus massif et central qu'autrefois, que les chr&#233;tiens, et plus encore les catholiques, doivent s'emparer activement du sujet. Sans inhibition mais sans superficialit&#233;, activement et r&#233;solument. Pour leur salut comme pour notre avenir commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.laprocure.com/argent-maitre-serviteur-pierre-lauzun/9782728926572.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.laprocure.com/argent-ma...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Largent-ma&#238;tre-serviteur-Pierre-Lauzun/dp/2728926573/ref=sr_1_9?qid=1568994977&amp;refinements=p_27%3APierre+de+Lauzun&amp;s=books&amp;sr=1-9&amp;text=Pierre+de+Lauzun&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.amazon.fr/Largent-ma&#238;t...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'argent et sa fascination</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-argent-et-sa-fascination.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-argent-et-sa-fascination.html</guid>
		<dc:date>2019-11-12T16:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>L'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il y a un myst&#232;re de l'argent. Voil&#224; quelque chose qui n'a pas de valeur en soi, qui est m&#234;me une pure convention sociale, et qui non seulement domine nos soci&#233;t&#233;s, mais fascine beaucoup d'entre nous. En m&#234;me temps, on ne peut pas s'en passer. Comment le remettre &#224; sa juste place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tribune parue sur Aleteia.&lt;br class='autobr' /&gt;
Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de mon dernier livre : L'Argent, ma&#238;tre ou serviteur ? Chez Mame.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-L-argent-+.html" rel="tag"&gt;L'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tribune parue sur Aleteia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.aleteia.org/2019/11/11/pourquoi-largent-fascine-t-il-autant/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fr.aleteia.org/2019/11/11/p...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un myst&#232;re de l'argent. Voil&#224; quelque chose qui n'a pas de valeur en soi, qui est m&#234;me une pure convention sociale, et qui non seulement domine nos soci&#233;t&#233;s, mais fascine beaucoup d'entre nous. En m&#234;me temps, on ne peut pas s'en passer. Comment alors le remettre &#224; sa juste place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Evangiles parlent beaucoup de l'argent. Et pas seulement en mal. Dans la parabole des talents (Mt 25, 14-30), le ma&#238;tre s'en prend vertement au serviteur qui n'a pas su faire fructifier l'argent qui lui avait &#233;t&#233; confi&#233;. L'argent ne doit pas dormir ! J&#233;sus va encore plus loin dans la parabole de l'intendant malhonn&#234;te (Lc 16, 1-8) : pour s'assurer une vie apr&#232;s son renvoi, ce dernier vole encore plus son ma&#238;tre, et pourtant celui-ci fait l'&#233;loge de ses ruses : pas de sa malhonn&#234;tet&#233;, mais de son intelligence dans ces affaires d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant c'est le m&#234;me texte qui met face &#224; face Dieu et l'Argent : &#171; nul ne peut servir deux ma&#238;tres, Dieu et l'Argent, car il aimera l'un et pas l'autre, il m&#233;prisera l'un et pas l'autre &#187; (Mt 6, 24). Plus largement, en face de l'argent p&#233;rissable et de toute la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle qu'il r&#233;sume, J&#233;sus en appelle &#224; l'infini de la vie &#233;ternelle, qui est imp&#233;rissable. C'est en vue de cette richesse-l&#224; que tous nos efforts doivent se d&#233;ployer, sans se laisser fasciner par celle de ce monde : &#171; malheur &#224; vous les riches car vous avez votre consolation &#187; (Lc 6, 24). En d&#233;finitive, il faut utiliser l'argent, mais &#224; bon escient. C'est le conseil final de la parabole de l'intendant malhonn&#234;te : &#171; faites-vous des amis avec le malhonn&#234;te argent, afin qu'au jour o&#249; il viendra &#224; manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes &#233;ternelles &#187; (Lc 16, 9). L'argent n'est qu'un moyen. Notamment pour la vie &#233;ternelle, qui commence avec la charit&#233;. Mais si on se laisse prendre par lui, si on se laisse fasciner, on peut perdre l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui donne un tel pouvoir &#224; l'argent ? L'argent est l'instrument commun de mesure des &#233;changes. Il a &#233;t&#233; con&#231;u pour &#234;tre la repr&#233;sentation universelle, neutre, de toute valeur &#233;conomique. Mais rien ne le fonde, surtout depuis qu'il n'a plus de lien avec les m&#233;taux pr&#233;cieux ; il n'a aucune valeur intrins&#232;que. C'est une pure convention sociale, qui pourrait se r&#233;duire &#224; rien en un instant. Mais comment une pure convention peut-elle avoir un tel r&#244;le dans la soci&#233;t&#233; ? Comment quelque chose qui est suppos&#233; tirer sa valeur de sa neutralit&#233; peut-il &#234;tre aussi d&#233;sir&#233;, aussi fascinant ? Parce qu'il para&#238;t donner acc&#232;s &#224; tout ? Par ailleurs, surtout &#224; notre &#233;poque, il permet &#224; certains de se sentir libres parce que d&#233;gag&#233;s du poids des relations humaines : je paye, donc je suis quitte. Mais pour d'autres, au contraire, c'est un facteur majeur de d&#233;shumanisation, r&#233;duisant tout &#224; sa valeur &#233;conomique. Comment le m&#234;me instrument peut-il ainsi produire des effets per&#231;us de fa&#231;on si oppos&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est dans ce choix radical : Dieu ou Mammon. En position centrale, apte &#224; &#233;valuer tout ce qui existe et &#224; y donner acc&#232;s, l'argent peut se dresser face &#224; Dieu. Mais alors que Dieu est pl&#233;nitude d'Etre et d'Amour, c'est par son ind&#233;termination, donc son n&#233;ant, que l'argent occupe une place centrale. Il peut susciter le mirage d'une libert&#233; totale, en figure inverse de l'humilit&#233; de l'homme devant son Cr&#233;ateur. Nous avons donc l&#224; d'une certaine fa&#231;on un choix essentiel entre &#202;tre et n&#233;ant. Le myst&#232;re de l'argent, c'est au fond le paradoxe de voir cet instrument sans valeur intrins&#232;que exercer sur les hommes un pouvoir de fascination qui le met en vis-&#224;-vis de Dieu. D'o&#249; l'avertissement &#233;vang&#233;lique : ne le choisissez pas comme votre ma&#238;tre, mais utilisez-le pour pr&#233;parer la vie en Dieu, la vie &#233;ternelle. Prendre conscience de ce r&#244;le subordonn&#233; et &#233;ph&#233;m&#232;re de l'argent, c'est pr&#233;parer notre lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est particuli&#232;rement aigue aujourd'hui. Dans nos soci&#233;t&#233;s relativistes, sans valeur commune, sans absolu, c'est l'argent qui permet souvent seul d'arbitrer entre les d&#233;sirs des uns et des autres. D'o&#249; son r&#244;le d&#233;sormais central. Car si dans une soci&#233;t&#233; on pense que le seul absolu est la relativit&#233; des choses, le d&#233;bat public ne porte plus sur la valeur r&#233;elle des &#234;tres, mais on a quand m&#234;me besoin d'un instrument commun d'&#233;valuation. C'est l'argent qui le fournit. Pas besoin d'aller au fond des choses, pas besoin de relation humaine, souvent m&#234;me pas de se parler : un chiffre suffit, le prix. A sa fa&#231;on, il se substitue au lien social. Gr&#226;ce &#224; lui, on peut dans les faits proc&#233;der au d&#233;passement des valeurs sociales et morales, au profit de la pr&#233;tendue libert&#233; individuelle devenue un absolu. Mais si comme dit le message &#233;vang&#233;lique le lien entre les hommes est un reflet de l'Amour divin, choisir l'argent ainsi compris, c'est d&#233;truire ce lien, et par l&#224; l'image de Dieu, et la personne elle-m&#234;me. C'est opter pour le n&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, selon la le&#231;on &#233;vang&#233;lique, l'argent n'est pas condamnable en soi, mais il faut le mettre &#224; sa place. Ce qui suppose d'abord de se lib&#233;rer de cette fascination et de restaurer nos justes liens avec ce qui nous entoure. Cet argent, il faut donc l'utiliser, le mobiliser car il est inutile sinon ; il est fait pour circuler. En un sens encore, il n'existe qu'en s'effa&#231;ant aussit&#244;t, parce qu'on le fait servir. Notamment en donnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces questions, et d'autres, sont &#233;voqu&#233;es dans mon dernier livre : L'Argent, ma&#238;tre ou serviteur ? Chez Mame.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Eglise et le monde de la finance : Entretien avec la revue Carmel</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-Eglise-et-le-monde-de-la-finance-Entretien-avec-la-revue-Carmel.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-Eglise-et-le-monde-de-la-finance-Entretien-avec-la-revue-Carmel.html</guid>
		<dc:date>2019-10-02T15:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement responsable et Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Evangile et argent</dc:subject>
		<dc:subject>Usure</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le chr&#233;tien, l'argent et la finance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview parue dans la Revue Carmel N&#176; 172 septembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-et-Eglise-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable et Eglise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Christianisme-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Christianisme et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Evangile-et-argent-+.html" rel="tag"&gt;Evangile et argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Usure-et-taux-d-interet-+.html" rel="tag"&gt;Usure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revue Carmel N&#176; 172 septembre 2019. pp. 73 sqq.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsducarmel.fr/librairie-chretienne,gerer-l-argent-n-172,carmel,revues,1240.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.editionsducarmel.fr/libr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi sur ce sujet Pierre de Lauzun &lt;i&gt;L'argent ma&#238;tre ou serviteur&lt;/i&gt; , qui vient de para&#238;tre chez Mame : &lt;a href=&#034;http://www.pierredelauzun.com/L-Argent-Maitre-ou-Serviteur.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pierredelauzun.com/L-Arg...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Texte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En th&#233;ologie, le terme &#171; &#233;conomie &#187; est utilis&#233; pour parler du dessein de salut, des &#339;uvres de Dieu ad extra. Au sens commun, il d&#233;signe, g&#233;n&#233;ralement, la gestion de l'argent. Comment articuler ces deux sens ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez commencer par l'&#233;tymologie d'&#233;conomie qui signifie : &#171; loi de la maison &#187;. L'&#233;conomie, c'&#233;tait ce qui r&#233;glait la mani&#232;re dont fonctionnait la famille. Dans la notion de famille, vous retrouvez &#224; la fois la notion mat&#233;rielle qui a donn&#233; le sens moderne d'&#233;conomie et la notion de &#171; comment je r&#233;gule une communaut&#233; pour la faire parvenir &#224; sa perfection &#187;. Cependant la diff&#233;rence radicale, c'est que dans la famille, le traitement des biens mat&#233;riels est fond&#233; sur la gratuit&#233;. &#192; partir du moment o&#249; l'on entre dans ce qu'on appelle aujourd'hui &#233;conomie, on sort de la gratuit&#233; et on entre dans un domaine d'&#233;changes et de calculs. Et la question devient : &#171; comment cette &#233;conomie, au sens moderne, peut-elle s'inscrire dans un plan providentiel ? &#187; Ce qui pose d'autres questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, &#171; comment se fait-il que c'est dans le monde culturellement chr&#233;tien que s'est faite la d&#233;couverte de ce que nous appelons l'&#233;conomie ? &#187; Je pense que les qualit&#233;s et la vision du monde que le christianisme, &#233;ventuellement s&#233;cularis&#233;, apporte, donne une r&#233;ponse. C'est-&#224;-dire l'id&#233;e qu'il y a une histoire, l'id&#233;e que demain peut &#234;tre meilleur qu'hier, l'id&#233;e que le travail, y compris manuel, est en soi une bonne chose, l'id&#233;e que la rationalit&#233; n'est pas incompatible avec la foi. Toutes ces id&#233;es-l&#224; ont dot&#233; les pays occidentaux de ce qui a permis le d&#233;collage de l'&#233;conomie. &#201;tant entendu qu'il s'est fait en &#233;tant accompagn&#233; par la s&#233;cularisation, c'est-&#224;-dire, la perte progressive du lien avec cette matrice originelle. Donc d'un point de vue providentiel, il se passe quelque chose de tout &#224; fait &#233;trange, c'est-&#224;-dire, un don de Dieu, prodigieux, mais qui s'est accompagn&#233; d'un recul progressif du lien et de la gratitude envers Dieu. Ce que j'illustre par le fameux cantique de Mo&#239;se dans le Deut&#233;ronome o&#249; Dieu se plaint de son peuple. Nous avons re&#231;u des dons tout &#224; fait prodigieux, que nous d&#233;veloppons comme les isra&#233;lites qui travaillaient leur terre &#224; l'&#233;poque, mais avec plus de lien et de gratitude envers Dieu que nous&#8230; m&#234;me lorsqu'ils se tournaient vers les autres dieux. Nous jouons un jeu dangereux. Nous croyons pouvoir nous attribuer nos succ&#232;s &#233;conomiques et nous croyons pouvoir les r&#233;guler tout seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il est manifeste que l'&#233;conomie a besoin d'une base &#233;thique pour fonctionner. Si celle-ci se corrode, c'est dangereux d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, mais c'est dangereux pour l'&#233;conomie elle-m&#234;me. Une &#233;conomie o&#249; la confiance mutuelle se r&#233;duit fonctionne moins bien, par d&#233;finition. Une &#233;conomie qui a des crises est une &#233;conomie qui, &#224; un moment donn&#233;, dissout le lien social et finit par se d&#233;truire l'&#233;conomie. Nous vivons dangereusement comme les Isra&#233;lites, dans la Bible, vivaient dangereusement en allant sur les montagnes adorer on ne sait qui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelles seraient les pistes pour que le monde &#233;conomique s&#233;cularis&#233; retrouve la source chr&#233;tienne qui l'a rendu possible ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est la r&#233;ponse biblique, c'est-&#224;-dire : &#171; revenez &#224; moi &#187;. C'est la r&#233;ponse la plus naturelle. Elle doit s'accompagner aussi d'une &#233;vang&#233;lisation par intervention dans le domaine &#233;conomique et financier. Ce n'est pas &#224; un hasard si la p&#233;riode que nous vivons est celle du d&#233;veloppement de la Doctrine sociale de l'&#201;glise, depuis 1891. Elle n'est pas radicalement nouvelle dans l'histoire de l'Eglise mais elle est nouvelle dans cette expression particuli&#232;re, en s'appelant ainsi et en se pr&#233;sentant comme une doctrine sp&#233;cifique dont le statut est interm&#233;diaire. Jean-Paul II l'a pr&#233;sent&#233;e comme une branche de la th&#233;ologie morale, ce qui veut dire qu'elle est porteuse d'un message &#233;vang&#233;lique. Simultan&#233;ment elle traite de sujets largement mondains en faisant implicitement ou explicitement r&#233;f&#233;rence &#224; la loi naturelle. D'ailleurs le message est pr&#233;sent&#233; comme ne s'adressant pas sp&#233;cifiquement aux catholiques, mais &#224; tous les hommes de bonne volont&#233;. La Doctrine sociale, donc, clairement est &#224; cheval sur les deux registres. &#192; la fois, elle dit des choses qui peuvent conduire les gens qui les entendent au Christ, et des choses qu'ils peuvent comprendre sans avoir la foi. Avec un &#233;l&#233;ment de base qui est l'importance de l'&#233;thique et de la morale. Ce qu'elle dit, c'est qu'on ne peut pas penser l'&#233;conomie sans la morale. Ce qui est le contraire de ce que disent les manuels d'&#233;conomie qui disent plut&#244;t : &#171; vous avez vos pr&#233;f&#233;rences, je m'en fiche. Mon travail comme &#233;conomiste, c'est de voir ce que signifie le jeu de ces pr&#233;f&#233;rences dans l'activit&#233; &#233;conomique de production et d'&#233;changes. Je consid&#232;re ces pr&#233;f&#233;rences comme des donn&#233;es. &#187; Or dans l'activit&#233; humaine, il n'y a pas cette s&#233;paration. Les pr&#233;f&#233;rences comportent un jugement de valeur, de bien ou de mal. Dans le comportement du producteur, dans la vie collective d'une entreprise, il y a une dimension &#233;thique. Quand la r&#233;flexion &#233;conomique a commenc&#233; &#224; na&#238;tre, c'est-&#224;-dire au Moyen-&#226;ge, les scolastiques l'ins&#233;raient dans la morale. Dans la Somme de th&#233;ologie de saint Thomas, il en est question dans l'&#233;tude des vertus morales, et cela a continu&#233; ainsi jusqu'au XVIIIe si&#232;cle. Adam Smith, consid&#233;r&#233; comme le fondateur de l'&#233;conomie politique moderne, est interm&#233;diaire. Il a encore un souci moral, mais il donne des instruments intellectuels qui conduisent &#224; son d&#233;passement. Dans son fameux apologue, le boulanger fait du bon pain non pour faire du bien mais pour faire de l'argent. Il peut &#234;tre amoral mais en m&#234;me temps rendre service. Mais dans l'id&#233;e de Smith, il y a encore l'id&#233;e d'une Providence qui tire un bien d'un mal. Apr&#232;s lui, on en est venu &#224; se dire : &#171; m&#233;thodologiquement, je me fiche des consid&#233;rations morales ou &#233;thiques du boulanger, je regarde pourquoi il fabrique et comment il vend. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Puisque Dieu tire un bien d'un mal, comme le dit Saint Augustin, n'en est-on pas venu, en &#233;vacuant Dieu du champ de l'&#233;conomie, &#224; l&#233;gitimer le mal par le bien qui pourrait en sortir ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est l&#224; o&#249; Smith a franchi un pas en consid&#233;rant comme normal qu'il y ait un mal si ce mal est canalis&#233;. Dans sa pens&#233;e, il y avait la Providence. Mais dans la mani&#232;re dont il l'a pens&#233;e, elle s'est transform&#233;e en un simple m&#233;canisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le discours du monde de la finance, la notion de Providence ne demeure-t-elle pas pr&#233;sente, comme si le march&#233; se r&#233;gulait lui-m&#234;me d'une mani&#232;re magique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, cette id&#233;e du &#8216;march&#233; efficient' a pr&#233;domin&#233; en finance et dans la science &#233;conomique, avant la crise de 2008. Elle a moins de force maintenant. Mais lorsque vous travaillez sur un march&#233;, vous savez que cela ne tient pas debout, puisque les prix fluctuent en permanence. Le prix sur le march&#233; ne peut pas &#234;tre la somme aussi pr&#233;cise qu'on le dit de l'ensemble des informations disponibles. C'est manifestement faux. Donc celui qui y croit fait un acte de foi, mais dans un m&#233;canisme, et non dans un &#234;tre m&#233;taphysiquement diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet &#233;trange acte de foi n'explique-t-il pas l'alternative que J&#233;sus propose entre le service de Dieu et de l'argent ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par certain c&#244;t&#233;, il y a un ph&#233;nom&#232;ne de miroir d&#233;form&#233; entre Dieu et l'argent. Contrairement &#224; toute autre marchandise ou bien mat&#233;riel, l'argent est neutre, il est omnivalent (on peut l'&#233;changer contre tout), il a une esp&#232;ce d'universalit&#233; qui lui permet de jouer un r&#244;le de r&#233;gulation g&#233;n&#233;rale unique. Et il le fait en &#233;tant extr&#234;mement abstrait, parce que n'importe quel autre bien, m&#234;me l'or, peut avoir une utilisation ; il peut avoir un attrait, on peut aimer sa couleur, son apparence, etc. L'argent monnaie n'est lui rien. Il est une abstraction absolue. Il est compatible avec absolument tout. Du coup, il est en un sens comparable avec Dieu, mais en &#233;tant un n&#233;ant, se pr&#233;tendant jouer un r&#244;le analogue &#224; Dieu - puisque par lui-m&#234;me il n'est rien, c'est une convention sociale totale qui joue de fait, dans l'esprit des gens, un r&#244;le d&#233;miurgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Devant cette puissance fascinante de l'argent, ne peut-on pas penser que les exhortations de la Doctrine sociale de l'&#201;glise rel&#232;vent de l'utopie ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Doctrine sociale remet les choses &#224; leur place. J&#233;sus ne d&#233;nonce pas l'argent comme &#224; &#233;liminer puisqu'il dit : &#171; Faites-vous des amis avec le mammon d'iniquit&#233;. &#187; Il dit donc &#171; utilisez-le &#187;. Il dit m&#234;me : Vous &#234;tes beaucoup moins malins que les m&#233;chants dans l'utilisation de l'argent, donc prenez-en de la graine, soyez intelligents comme eux mais dans le bon sens. Sans &#234;tre, &#233;videmment, les serviteurs de ce moyen mais en faisant de ce moyen un serviteur. D'o&#249; la fameuse phrase : vous ne pouvez pas servir deux ma&#238;tres. J&#233;sus pense &#224; l'argent dans son r&#244;le propre, mais aussi dans son r&#244;le indirect, car comme il est l'acc&#232;s &#224; tout, il r&#233;unit l'ensemble des tentations, en tous cas une grande partie des tentations possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajoute que dans une &#233;poque relativiste, l'argent joue un r&#244;le beaucoup plus important. Quand vous avez des personnes qui interagissent et qui n'ont pas de valeurs communes, de r&#233;f&#233;rences communes ou qui n'arrivent pas &#224; en trouver, et qui ne cherchent pas &#224; y arriver parce qu'ils ne pensent pas qu'il y a la possibilit&#233; d'arriver &#224; un accord sur le bien, le moyen commode de se mettre d'accord, c'est la transaction. Si vous faites un accord au moyen de l'argent, vous n'&#234;tes pas oblig&#233;s d'avoir d'accord sur le fond. Il suffit que vous ayez quelque chose &#224; faire ensemble en y mettant un prix. Et donc l'argent devient un r&#233;gulateur beaucoup plus universel. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel conseil donner &#224; un chr&#233;tien pour g&#233;rer l'argent ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est fondamental, c'est de r&#233;fl&#233;chir &#224; son r&#244;le et de voir comment l'utiliser. Le meilleur exercice qui est recommand&#233; par les &#201;vangiles, c'est le don. Un d&#233;veloppement r&#233;cent de la Doctrine sociale, dans Caritas in veritate de Beno&#238;t XVI, insiste sur le r&#244;le du don non pas simplement dans une sph&#232;re propre et sp&#233;cifique qu'on appelle dans le vocabulaire courant la charit&#233;, mais aussi dans le tiers secteur (social, associatif, etc.) et m&#234;me dans l'&#233;conomie marchande. Ce qui, quand on y r&#233;fl&#233;chit, est &#233;vident. Une entreprise, par exemple, fonctionne parce que des gens travaillent ensemble. Ils ne sont pas l&#224; en permanence &#224; calculer. Ils s'aident. Si on calcule en permanence, on devient fou. Quand quelqu'un invite un client potentiel au restaurant, il lui donne quelque chose. C'est &#224; un niveau m&#233;diocre et calculateur, mais il y a quand m&#234;me un don. L'autre prend un repas, mais il ne s'engage &#224; rien. Le don existe donc &#224; un niveau tr&#232;s &#233;l&#233;mentaire mais il peut exister &#224; un niveau plus noble. On peut faire des dons gratuits, non seulement dans le domaine fondamental o&#249; le don r&#233;git toute la vie collective qui est la famille, mais aussi autour de soi, et mat&#233;riellement en donnant de l'argent. Je rappelle le chiffre biblique de la d&#238;me. Un sp&#233;cialiste du droit canonique m'a dit que ce n'&#233;tait nulle part &#233;crit dans le code de droit canonique, ce qui est parfaitement vrai. Mais je ne le prends pas comme une prescription canonique, mais comme l'id&#233;e f&#233;conde de reprendre ce chiffre et de se dire : &#171; il faut quand m&#234;me que je fasse &#231;a. Au minimum. Si je peux faire plus, c'est tant mieux. &#187; Aujourd'hui la question de la fiscalit&#233; complique la r&#233;flexion, mais au moins, que ce qu'on donne soit &#224; 10% de son revenu net au minimum. C'est, je pense, une r&#233;f&#233;rence utile. Un groupe de dirigeants &#233;conomiques qui s'appelle : &#171; Changer par le don &#187; recommande d'ailleurs hautement ces 10%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, il faut aller au-del&#224; et r&#233;fl&#233;chir sur l'argent dont on dispose et sur ce qu'on doit en faire. Il y a des chapitres tr&#232;s int&#233;ressants de saint Thomas d'Aquin, l&#224;-dessus, notamment sur l'aum&#244;ne. Pour regarder ce qu'on doit donner, il faut regarder, en sens inverse, ce que l'on doit d&#233;penser et pour quoi. Saint Thomas dit ici, en quelque sorte : &#171; cela d&#233;pend de votre &#233;tat de vie, de votre condition sociale, mais une fois que vous avez fait ce que vous avez &#224; faire (famille, r&#244;le social, etc.) et que vous avez donn&#233; la d&#238;me en question, demandez-vous ce que vous allez faire de l'argent qui vous est confi&#233; par Dieu. &#187; &#201;videmment, la question a plus d'urgence chez quelqu'un qui a plus d'argent : il est plus exig&#233; de lui. Dans le cas de la fameuse veuve qui mettait une obole, cela n'&#233;tait pas exig&#233;. D'ailleurs le Christ l'admirait pour ce geste. En revanche, pour le riche d'&#224; c&#244;t&#233;, il lui est demand&#233; plus strictement : &#171; Qu'as-tu fait de ton argent ? &#187; D'o&#249; l'&#233;pisode du riche avec Lazare, le pauvre qui &#233;tait son voisin. Mais au-del&#224; d'aider le pauvre qui est &#224; c&#244;t&#233;, le riche peut se demander &#224; quoi il est appel&#233;. C'est une forme de vocation, au sens le plus noble du terme : &#224; quoi Dieu l'appelle. L'un va &#234;tre appel&#233; &#224; donner sa fortune. Par exemple, le jeune homme riche. &#192; un autre, cela ne serait pas demand&#233; parce qu'il s'appelle Joseph d'Arimathie et qu'on a besoin de sa condition sociale pour qu'il puisse r&#233;cup&#233;rer le corps du Christ aupr&#232;s de Pilate. S'il lui avait &#233;t&#233; tout demand&#233;, il n'aurait pas pu faire cela. Donc il &#233;tait appel&#233; &#224; autre chose qu'&#224; abandonner sa position. Un troisi&#232;me sera appel&#233; &#224; la vertu de magnificence. Pour saint Thomas et &#224; sa suite Pie XI, rel&#232;ve de la vertu de magnificence, non seulement celui qui est tr&#232;s g&#233;n&#233;reux, mais aussi celui qui investit courageusement dans de grandes entreprises industrielles ou commerciales en cr&#233;ant beaucoup d'emplois et en produisant des choses utiles pour la communaut&#233;. Quelqu'un peut &#234;tre appel&#233; &#224; cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc plusieurs utilisations possibles de la fortune ou de l'argent, sur lesquelles on doit r&#233;fl&#233;chir. C'est une question pour chacun, y compris dans sa pri&#232;re : &#171; &#224; quoi suis-je appel&#233;, moi ? &#187;. Il y a des gens qui le savent tr&#232;s vite dans leur vie et des gens qui ne le savent que tard, pas n&#233;cessairement de fa&#231;on coupable, mais parce que le cours de leur vie a &#233;t&#233; inattendu. Elle a pris son sens d'une mani&#232;re qu'ils n'avaient pas n&#233;cessairement vue au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Y a-t-il des mod&#232;les de saintet&#233; &#233;conomique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le du travailleur c'est saint Joseph. Mais si on cherche quelqu'un qui a &#233;t&#233; proactif dans ce domaine sp&#233;cifique de l'&#233;conomie, on d&#233;couvre que le premier la&#239;c canonis&#233; qui n'est ni un martyr, ni un prince, est un marchand et financier, &#224; Cr&#233;mone, au moment o&#249; l'Italie inventait l'&#233;conomie moderne et la finance. Ce personnage qui s'appelait Uomobono (homme bon, tout un programme !) &#233;tait un marchand qui r&#233;ussissait bien, qui savait gagner de l'argent. Mais en m&#234;me temps, c'&#233;tait un homme tr&#232;s g&#233;n&#233;reux (ce qui &#233;nervait sa femme !), et il donnait beaucoup. Il avait une image d'honn&#234;tet&#233; et de correction dans son milieu professionnel. Il est mort pauvre parce qu'il avait donn&#233; le gros de ses biens, et le peuple de Cr&#233;mone a demand&#233; au pape, le grand pape Innocent III, de le canoniser tout de suite. Ce qui &#224; l'&#233;poque n'&#233;tait pas fr&#233;quent. Et Innocent III, le m&#234;me pape qui a su accueillir saint Fran&#231;ois d'Assise et donc la pauvret&#233;, a canonis&#233; le premier marchand, le premier la&#239;c non-prince, non-martyr. Je n'ai pas trouv&#233; d'&#233;quivalent qui soit aussi clairement engag&#233; dans la vie &#233;conomique et dont on voit bien que la saintet&#233; a un lien avec cette vie &#233;conomique. D'autres pouvaient &#234;tre actifs dans la vie &#233;conomique, mais leur vertu n'&#233;tait pas l&#224; sp&#233;cifiquement. Il serait int&#233;ressant de voir s'il y a quelqu'un d'autre. On m'a cit&#233; le nom d'un Argentin dont la cause est examin&#233;e &#224; Rome. C'est une probl&#233;matique importante. Si l'on admet que cet &#233;tat de vie, engag&#233; dans l'&#233;conomie, est licite et collectivement utile, il doit &#234;tre possible de s'y sanctifier. Il doit y avoir non seulement des gens qui le font de fait, mais aussi des gens qui soient propos&#233;s comme mod&#232;le et qui passent le stade de la canonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment expliquez-vous le passage de la condamnation de l'usure par l'&#201;glise, &#224; son acceptation ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot latin m&#233;di&#233;val d'usure d&#233;signait le taux d'int&#233;r&#234;t, quel que soit le niveau. Aujourd'hui l'usure, c'est le taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s excessif. Tout le monde est d'accord, et a toujours &#233;t&#233; d'accord, pour dire que le taux d'int&#233;r&#234;t excessif au sens de l'usure moderne est condamnable. La question, c'est le taux d'int&#233;r&#234;t tout court, m&#234;me quand il est faible ; or il a &#233;t&#233; effectivement condamn&#233;, et de fa&#231;on beaucoup plus &#233;nergique &#224; partir du XIIe si&#232;cle. On consid&#233;rait qu'on ne pouvait pas percevoir un int&#233;r&#234;t d'un pr&#234;t. En revanche on acceptait parfaitement qu'on re&#231;oive ce que nous appelons aujourd'hui des dividendes, mettre de l'argent dans une op&#233;ration en fonds propres, donc en prenant un risque avec un entrepreneur pour parler en langage moderne ; c'&#233;tait totalement licite et cela n'a jamais pos&#233; de probl&#232;me. C'est tout &#224; fait clair d&#232;s les origines et notamment chez saint Thomas. Quand on condamnait l'usure, c'est-&#224;-dire l'int&#233;r&#234;t sur un pr&#234;t, c'est parce qu'on pensait que cela impliquait l'id&#233;e fausse que l'argent &#233;tait f&#233;cond par lui-m&#234;me. En outre, on consid&#233;rait que l'argent &#233;tait consomm&#233; dans l'acte de pr&#234;t. D&#232;s lors, il n'y avait pas de raison de le r&#233;tribuer, l'&#233;quit&#233; voulant qu'on rende ce que l'on avait pr&#234;t&#233; mais pas plus. Il y avait des fondements bibliques &#224; cette position, mais faibles ; ainsi dans la loi mosa&#239;que, qui d'ailleurs ne l'interdisait qu'entre juifs mais pas avec les gentils, et visait le cas de pr&#234;ts &#224; des mis&#233;reux : ce n'&#233;tait pas un acte intrins&#232;quement immoral en dehors de ce contexte. Ajoutons que la loi mosa&#239;que n'est pas retenue comme normative pour nous, du moins telle quelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, c'est plut&#244;t par des raisonnements qu'on condamnait l'int&#233;r&#234;t sur pr&#234;t, et ce sont des raisonnements contestables sur le plan &#233;conomique. Tr&#232;s vite d'ailleurs on s'est aper&#231;u qu'il y avait un probl&#232;me. Et donc on a mis des accommodations en faisant intervenir d'autres consid&#233;rations. La plus importante, pour notre propos, c'est ce qu'on appelle le lucrum cessans, c'est-&#224;-dire le gain qui s'arr&#234;te. On consid&#233;rait qu'un marchand qui soustrait de son capital, n&#233;cessaire &#224; son activit&#233; professionnelle, une certaine somme pour la pr&#234;ter, du coup perd une part du gain que son activit&#233; lui permet d'obtenir. Notons que dans cet exemple ce n'est pas l'argent tout seul qui produit, puisque c'est de l'argent associ&#233; &#224; du travail, et du travail entrepreneurial. Mais ind&#233;niablement s'il avait moins de capital, le marchand ou artisan produisait moins. Il ne pouvait avoir le m&#234;me volume d'activit&#233; que si son capital restait intact. Donc il subissait une perte, et il y avait une justice &#224; le compenser. Mais du coup, sans vouloir le reconna&#238;tre, on acceptait qu'il y ait une certaine f&#233;condit&#233; de l'argent, non pas tout seul, ce qu'on reprochait au pr&#234;t avec int&#233;r&#234;t, mais associ&#233; &#224; du travail humain. D&#232;s lors, on a accept&#233; cette compensation et donc de fait un certain int&#233;r&#234;t dans le cas de quelqu'un qui a une activit&#233; commerciale, bien que certains consid&#233;raient qu'il fallait pour cela que l'on ait prouv&#233; que cet argent fonctionnait d&#233;j&#224; avant. Il y avait aussi le damnum emergens c'est-&#224;-dire un tort qui apparaissait du fait que l'on avait souffert du manque de cet argent, d'o&#249; une compensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, des compensations &#233;taient pr&#233;vues pour le pr&#234;teur commercial, mais cela ne d&#233;bouchait pas sur la prise de conscience du fait que l'argent pouvait &#234;tre repr&#233;sentatif d'un facteur de production qui, associ&#233; au travail, et notamment au travail de l'entrepreneur, avait r&#233;ellement une contribution positive. L'entrepreneur qui a moins d'argent &#224; sa disposition produira moins, avec le m&#234;me talent et la m&#234;me vertu, que s'il a de l'argent, y compris de l'argent pr&#234;t&#233; et pas simplement de l'argent mis en capital. Et donc, il y avait une insuffisance du raisonnement &#233;conomique. Mais je pense qu'il y avait aussi une intuition profond&#233;ment juste dans l'id&#233;e que ce n'est pas l'argent par lui-m&#234;me, tout seul, qui produit, mais que c'est le travail humain, y compris celui de l'entrepreneur, qui est cr&#233;atif, &#233;tant entendu que l'argent y contribue n&#233;anmoins, d'une mani&#232;re qui peut justifier une r&#233;mun&#233;ration, si &#233;videmment elle reste raisonnable. Le dernier texte du magist&#232;re qui a maintenu la doctrine classique avec tous les correctifs qu'on a vus, est une encyclique de 1748, de Beno&#238;t XIV. Dans la pratique, cela ne g&#234;nait pas beaucoup le commerce. Cela avait m&#234;me le gros avantage de r&#233;duire de mani&#232;re non n&#233;gligeable l'usure au sens moderne, c'est-&#224;-dire l'exploitation du besoin des pauvres&#8230; drame que d'autres civilisations ont connu d'une mani&#232;re beaucoup plus grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise a commenc&#233; ensuite &#224; affiner sa doctrine avec des textes du XIXe si&#232;cle, des r&#233;ponses du Saint Office, qui sont moins visibles mais ont autorit&#233;, puis avec les deux codes de droit canonique, qui recommandent aux congr&#233;gations de faire fructifier leurs biens, et acceptent un certain int&#233;r&#234;t l&#233;gal, au moins implicitement. Cela dit, l'&#201;glise n'a pas fait de retour pour expliquer comment elle met en coh&#233;rence la pratique et l'enseignement actuels avec les raisonnements du pass&#233; pour discerner, dans ces derniers, entre ce qui &#233;tait vrai parce que situ&#233; fondamentalement dans le domaine &#233;thique et ce qui &#233;tait conjoncturel, c'est-&#224;-dire reposait sur une analyse &#233;conomique, qui d&#233;pendait de la science &#233;conomique du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le lecteur de la revue Carmel peut donc placer son argent en bourse sans &#234;tre faute ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne l'a jamais &#233;t&#233;, car s'il est en bourse et qu'il ach&#232;te des actions, des parts, cela a toujours &#233;t&#233; licite. En revanche il peut &#234;tre illicite d'agioter, c'est-&#224;-dire de sp&#233;culer d'une mani&#232;re parasitaire. Et la r&#233;flexion m&#233;di&#233;vale sur le juste prix, &#224; mon avis insuffisamment reprise aujourd'hui, garde sa valeur. Dans cette conception, le juste prix est d&#233;sirable en soi, car si le prix est juste je ne vole pas l'autre et il ne me vole pas. Mais quel est ce juste prix ? Quand on regarde les textes, c'est un prix qui se d&#233;duit de l'interaction sociale, donc un prix de march&#233;. Mais cela ne veut pas dire que n'importe quel prix de march&#233; est un juste prix. Il y a des march&#233;s qui fonctionnent mal, des march&#233;s opaques, des march&#233;s manipul&#233;s. Dans les conditions o&#249; il fonctionne de mani&#232;re claire, transparente et ouverte, il d&#233;gage un juste prix. Ce qui veut dire qu'il y a une r&#233;flexion morale &#224; avoir sur le bon fonctionnement du march&#233;. &#192; la lumi&#232;re des r&#233;flexions m&#233;di&#233;vales, c'est un march&#233; o&#249; d'une part des r&#232;gles permettent cette transparence, cette confrontation, cette absence de domination par l'un ou par l'autre, et o&#249; d'autre part, id&#233;alement, les acteurs y participent non pas pour faire le maximum d'argent possible par leurs op&#233;rations, mais pour d&#233;gager socialement le meilleur prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prends un exemple concret. Quand vous &#234;tes un op&#233;rateur sur un march&#233; financier et que vous pensez qu'il y a une bulle, c'est-&#224;-dire que les prix montent trop haut par rapport au prix qui vous para&#238;t correct, si vous allez vite, vous pouvez avoir de fait int&#233;r&#234;t &#224; acheter la valeur en question et &#224; revendre ensuite &#224; un prix plus &#233;lev&#233;. Mais quand vous faites cela, vous envoyez un signal d'achat, et donc vous contribuez &#224; faire encore monter le prix, et donc d'une certaine fa&#231;on votre pr&#233;vision est auto-r&#233;alis&#233;e. Mais du point de vue de l'analyse du juste prix m&#233;di&#233;val, ce que vous faites n'est pas bien. Vous pouvez gagner de l'argent si vous &#234;tes malin et que vous sortez assez vite avant que la bulle n'&#233;clate et que les prix ne baissent, mais vous avez vol&#233; les autres et vous avez envoy&#233; un mauvais signal au march&#233;. En revanche si vous consid&#233;rez que le prix est trop bas et que vous achetez, l&#224; vous contribuez &#224; faire &#233;voluer le prix vers un prix plus juste en envoyant un signal d'achat qui aide &#224; faire monter le prix vers un niveau &#224; votre avis plus juste, ce qui veut dire que ceux qui vendront &#224; ce prix obtiendront une contrepartie &#224; leur bien qui est plus &#233;quitable par rapport &#224; sa valeur r&#233;elle. C'est une consid&#233;ration qui ne domine pas actuellement sur les march&#233;s, mais qui doit exister chez un op&#233;rateur qui se veut chr&#233;tien. Il peut faire ses petites op&#233;rations, mais il doit se dire aussi qu'il contribue &#224; un processus collectif d'&#233;valuation qui a un sens et qu'il y a sa part de responsabilit&#233;. On peut et doit d'ailleurs &#233;tendre cette notion du juste prix au-del&#224; du march&#233; financier, par exemple avec le commerce &#233;quitable : il s'agit de donner sa juste r&#233;mun&#233;ration &#224; un producteur, par exemple de caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sans entrer dans une utopie, un perfectionnement de la conduite financi&#232;re est-il envisageable pour l'avenir ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envisageable, oui, et en principe tout &#224; fait n&#233;cessaire. Le christianisme n'enseigne pas une utopie mais demande d'agir dans le sens du bien, c'est-&#224;-dire, de construire le Royaume, non pas au sens o&#249; il se r&#233;alisera sur terre, mais en cela qu'il se cr&#233;e myst&#233;rieusement et progressivement et qu'&#224; sa fa&#231;on il est d&#233;j&#224; l&#224; du fait m&#234;me du Bien qui irrigue notre monde. Lorsque je fais du bien l&#224; o&#249; je suis, par exemple si je suis industriel et que je fais des produits meilleurs, moins chers, tout en traitant bien mes collaborateurs, je fais &#224; mon niveau advenir le Royaume ; mais je ne suis pas dans une utopie parce que je sais que mon industrie restera imparfaite, et le monde &#233;conomique de m&#234;me. Je contribue alors &#224; cr&#233;er quelque chose qui rel&#232;ve d'une r&#233;alit&#233; d'un tout ordre que l'&#233;conomie, mais qui ne sera r&#233;ellement explicite et exclusif qu'&#224; la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce qu'enseigne la Doctrine sociale est-il suffisamment attractif pour qu'&#224; l'inverse d'Adam Smith les gens puissent avoir int&#233;r&#234;t &#224; la mettre en pratique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant nous avons eu deux handicaps. Le premier, c'est que la Doctrine sociale est comme on dit le secret le mieux gard&#233; de l'&#201;glise. Elle est peu r&#233;pandue ! Jamais un cur&#233; n'en parle en chaire. Il y a l&#224; une d&#233;faillance, mais qui peut &#233;voluer, comme on le voit par exemple avec les Entrepreneurs et dirigeants chr&#233;tiens (EDC). Il y a cinq ou six ans, ils ne s'en pr&#233;occupaient pas. Maintenant, elle est au centre du mouvement. Le deuxi&#232;me d&#233;faut, c'est qu'elle est un acte du magist&#232;re, c'est-&#224;-dire de pr&#233;lats qui ne sont pas &#233;conomistes ou financiers, et qui restent n&#233;cessairement &#224; un niveau de r&#233;flexion relativement abstrait. Donc, elle a besoin d'un compl&#233;ment de pratique et de doctrine, qui soit le fait de la&#239;cs. Elle en a besoin th&#233;oriquement en amont, mais aussi en aval. Car s'il n'y a pas cette &#233;laboration, forc&#233;ment, elle restera dans son langage un peu &#233;tranger &#224; ce monde-l&#224; et pas imm&#233;diatement compr&#233;hensible ni ais&#233;ment utilisable. Il faut un travail interm&#233;diaire pour traduire les principes et les id&#233;es d'une fa&#231;on qui soit en rapport avec ce que les gens vivent dans leur m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quel mod&#232;le, qui existe aujourd'hui, proposeriez-vous comme application f&#233;conde de la doctrine sociale ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des formes d'entreprises qui cherchent &#224; int&#233;grer ces valeurs, dans le tiers secteur, comme les Focolari, les coop&#233;ratives Mondragon, et d'autres gens qui visent &#224; s'inspirer de ce genre de choses. Cela peut &#234;tre vrai de patrons. Prenez les patrons chr&#233;tiens qu'on appelait paternalistes au XIXe si&#232;cle : ils ont apport&#233; beaucoup de bien, l&#224; o&#249; les populations ouvri&#232;res &#233;taient horriblement maltrait&#233;es &#224; l'&#233;poque. En Ard&#232;che, il y une cit&#233; ouvri&#232;re cr&#233;&#233;e par Lafarge au XIXe si&#232;cle, avec une &#233;cole, une &#233;glise au centre du village, et les ouvriers pouvaient y vivre de fa&#231;on d&#233;cente. C'est une action de patrons qui consid&#233;raient qu'ils avaient &#224; prendre en charge plus que la fabrication du ciment. Ils fabriquaient du ciment mais ils se souciaient aussi des gens qui fabriquaient le ciment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre ordre d'id&#233;es, vous avez aujourd'hui, les fonds de partage et les fonds qui visent &#224; &#234;tre g&#233;r&#233;s de fa&#231;on &#233;thique. C'est une question majeure car l'argent investi oriente l'&#233;conomie dans un sens ou un autre. D&#233;j&#224;, le simple souci de l'environnement est b&#233;n&#233;fique dans son principe. Mais si vous regardez la Doctrine sociale, vous allez plus loin parce que, en plus de la dimension environnementale, il y a aussi les dimensions sociales, soci&#233;tales, et en outre la qualit&#233; des produits, le juste prix, le souci des fournisseurs, des clients, des communaut&#233;s, etc. La question s'adresse &#224; la fois aux entreprises, et aux investisseurs qui doivent regarder dans quoi ils investissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travail important est actuellement fait dans le nouveau dicast&#232;re pour le service du le d&#233;veloppement humain int&#233;gral, qui est l'ancien Conseil justice et paix &#233;largi, notamment sur la question financi&#232;re. Il y a eu un texte l'ann&#233;e derni&#232;re &#338;conomicae et pecuniari&#230; qu&#230;stiones, premier texte sur la finance qui d&#233;passe deux pages ; il y en a un, en gestation, sur l'investissement &#233;thique dans la perspective catholique ; et un autre sur l'&#233;thique de l'investisseur. Il y a donc tout un travail qui est fait. Autrement dit, l'&#201;glise qui, sur la finance, avait dit peu de choses sp&#233;cifiques, depuis tr&#232;s peu de temps produit des textes int&#233;ressants et &#233;labor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voyez-vous un lien entre la communion des saints et le march&#233; financier ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons un ph&#233;nom&#232;ne extraordinaire : les &#201;vangiles parlent abondamment de la vie &#233;conomique et financi&#232;re, en utilisant un raisonnement financier ou &#233;conomique pour parler de choses qui d&#233;passent ce niveau, mais afin de les exposer. Aucune autre religion ne le fait, aucun texte religieux, ni l'Ancien Testament, ni les autres textes du Nouveau Testament. Seuls les &#201;vangiles partent de raisonnements &#233;conomiques. C'est extraordinaire. La parabole du tr&#233;sor cach&#233;, c'est un arbitrage financier, puisque le prix du champ n'y incorpore pas l'information sur sa valeur r&#233;elle, information que le march&#233; n'a pas puisque le prix ne serait pas du tout le m&#234;me. Un arbitrage consiste en effet &#224; acheter quelque chose de pas cher parce qu'on pense que cela vaut beaucoup plus cher. Ce qui est int&#233;ressant, c'est que m&#234;me si la parabole est dite par le Christ pour parler de la vie &#233;ternelle, il utilise un tel raisonnement financier pour se faire comprendre, parce que c'est une &#233;vidence pour les gens qui &#233;coutent. En un sens, il valide le raisonnement puisqu'il l'utilise comme base, mais il le d&#233;passe en le g&#233;n&#233;ralisant. Au fond, il nous dit en effet : &#171; vous avez int&#233;r&#234;t &#224; investir, oui, mais investissez en regardant bien la valeur des choses. Or il y a une valeur infinie qui est la vie &#233;ternelle ; donc forc&#233;ment, c'est elle qui l'emporte sur toutes les r&#233;alit&#233;s terrestres. &#187; L'utilisation du vocabulaire de l'investissement est constante, mais pas pour en rester l&#224; : c'est pour nous dire que quand on a tout bien calcul&#233;, on int&#232;gre la valeur infinie de la vie &#233;ternelle, et alors on laisse tomber le calcul, et on donne sans calculer. Non pas en rejetant le calcul, mais parce que dans le calcul, un facteur infini est entr&#233; en ligne de compte. C'est un excellent calcul, mais ce ne doit plus &#234;tre un calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On gagnerait donc en vie spirituelle &#224; mieux comprendre la vie &#233;conomique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, ce mod&#232;le a servi au Christ pour expliquer des choses qui d&#233;passait infiniment ce niveau. Il n'a pas beaucoup utilis&#233; l'imagerie agricole et tr&#232;s peu l'imagerie politique. En revanche l'&#233;conomique oui. C'est un des facteurs qui a fait que l'&#233;conomie s'est d&#233;velopp&#233;e dans le monde chr&#233;tien. Il y avait cette tension entre des pr&#233;dicateurs tonnant contre l'argent ou l'usure&#8230; et ceux qui savaient que cela fait partie de la vie normale de l'homme et que les &#201;vangiles en parlent constamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;N'aurait-on pas int&#233;r&#234;t &#224; davantage orienter l'intercession de l'&#201;glise dans ces domaines-l&#224; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais il faut bien savoir quoi demander dans nos pri&#232;res ; et pour &#234;tre pr&#233;cis, il faut entrer davantage dans la doctrine. Mieux conna&#238;tre la doctrine permet de davantage participer &#224; son d&#233;veloppement par la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce serait une contribution que la pri&#232;re du Carmel pourrait apporter ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, et peut-&#234;tre notamment des carm&#233;lites ! J'ai eu une exp&#233;rience amusante dans les monast&#232;res. La r&#233;action des femmes est souvent plus pointue. Les moines ne se sentent pas autant concern&#233;s qu'elles. Il y a une sensibilit&#233; f&#233;minine particuli&#232;re &#224; ces sujets. Dans les comit&#233;s et commissions de la F&#233;d&#233;ration bancaire fran&#231;aise, les plus f&#233;minis&#233;es sont les commissions comptables. C'est int&#233;ressant. Les femmes ont, de fa&#231;on assez r&#233;pandue, le sens de ces r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et notamment comptables, pour voir o&#249; est la vraie r&#233;alit&#233;. C'est le sens f&#233;minin du r&#233;el. Dans beaucoup de m&#233;nages, c'est la femme qui tient les comptes. Ce n'est pas vrai partout, on ne peut pas g&#233;n&#233;raliser, mais il y a une propension, un talent plus particuli&#232;rement r&#233;pandu. Par ailleurs, le champ de la pri&#232;re est beaucoup plus vaste que celui de l'application pratique et directe. Un industriel pense d'abord aux implications pour son entreprise. Celui qui prie a le souci de tout. En pensant aux questions &#233;conomiques et sociales dans leur pri&#232;re, les religieux, m&#234;me contemplatifs, contribuent beaucoup &#224; am&#233;liorer la soci&#233;t&#233;, m&#234;me d'un point de vue temporel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;conomie est donc bien inscrite dans le dessein de Dieu !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Le fait de base, dans l'&#233;conomie, c'est de faire le contraire de l'id&#233;e dominante actuelle, c'est-&#224;-dire non pas de l'isoler comme un champ autonome, en consid&#233;rant le reste comme donn&#233; sans s'en pr&#233;occuper, et notamment les priorit&#233;s morales ; mais au contraire en consid&#233;rant qu'elle est intrins&#232;quement incompl&#232;te, c'est-&#224;-dire qu'elle n'a de sens qu'ins&#233;r&#233;e dans un ensemble beaucoup plus vaste, qui est moral, social, politique et au-del&#224; encore, religieux. C'est une id&#233;e qui n'est pas famili&#232;re &#224; notre &#233;poque mais qui est en soi &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui encore une g&#234;ne &#224; parler de l'argent chez les catholiques, mais il faut en parler. Il faut l'int&#233;grer dans notre r&#233;flexion morale. Si J&#233;sus nous dit qu'il faut nous faire des amis avec de l'argent malhonn&#234;te, c'est qu'il faut agir en ce sens. Il faut donc sortir de la pure culpabilisation envers l'argent. Au lieu de prendre un whisky pour oublier qu'on a de l'argent, il vaut mieux se demander ce que l'on va en faire de bon ! Dans la culpabilisation, il y un ressort qui est bon, puisque l'on per&#231;oit le devoir de se servir de cet argent pour le bien, mais ce ressort est alors retourn&#233; contre la personne elle-m&#234;me, ce qui ne sert &#224; rien. Il faut d&#233;passer ce stade : il y a l&#224; un champ gigantesque &#224; &#233;vang&#233;liser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Argent Ma&#238;tre ou Serviteur</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-Argent-Maitre-ou-Serviteur.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-Argent-Maitre-ou-Serviteur.html</guid>
		<dc:date>2019-09-20T15:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Saintet&#233; et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement &#233;thique chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et don</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Evangile et argent</dc:subject>
		<dc:subject>L'argent st&#233;rile</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;sentation de l'&#233;diteur : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nul ne peut servir deux ma&#238;tres, Dieu et Mammon, car in&#233;vitablement il aimera l'un et pas l'autre, il m&#233;prisera l'un et pas l'autre.&#034; Cette sentence de J&#233;sus semble &#234;tre d&#233;finitive. Avec quelques autres, elle para&#238;t condamner l'argent et la richesse de fa&#231;on absolue. Pierre de Lauzun allie sa connaissance pointue des r&#233;alit&#233;s financi&#232;res avec celle des textes bibliques et du magist&#232;re de l'Eglise pour d&#233;montrer brillamment que la position du Christ est plus complexe qu'il n'y appara&#238;t : sans nier le r&#233;el danger que l'argent peu constituer pour celui qui veut se rapprocher du royaume de Dieu, il existe une mani&#232;re authentiquement &#233;vang&#233;lique d'user des biens mat&#233;riels. Cet ouvrage aussi clair qu'inform&#233; ne constitue donc pas seulement une r&#233;flexion th&#233;orique sur l'argent : il pourra aider tout un chacun &#224; ajuster son rapport avec lui et &#224; l'utiliser d'une mani&#232;re authentiquement chr&#233;tienne, en vue du tr&#233;sor de la vie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Mes-livres-Biographie-.html" rel="directory"&gt;Mes livres &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Saintete-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Saintet&#233; et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Economie-et-don-+.html" rel="tag"&gt;Economie et don&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Christianisme-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Christianisme et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Evangile-et-argent-+.html" rel="tag"&gt;Evangile et argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-L-argent-sterile-+.html" rel="tag"&gt;L'argent st&#233;rile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/argent_maitre_ou_serviteur.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mameeditions.com/9782728926572-l-argent-maitre-ou-serviteur-group.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.mameeditions.com/978272...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4e de couverture :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;Parce que nous vivons dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'emprise de l'&#233;conomie n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte, tout chr&#233;tien est amen&#233; &#224; se questionner sur la place que l'argent tient dans sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; une analyse &#224; la fois claire et subtile s'appuyant sur l'&#201;vangile et le magist&#232;re de l'&#201;glise, tr&#232;s &#233;loign&#233;e des manich&#233;ismes faciles, Pierre de Lauzun nous aide &#224; comprendre la nature paradoxale de l'argent et les raisons de l'attrait qu'il peut exercer sur nous, tout en nous aidant &#224; ajuster notre rapport &#224; lui, &#224; la lumi&#232;re du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du choix de notre activit&#233; professionnelle &#224; la meilleure fa&#231;on d'investir, en passant par les montants qu'il est souhaitable de r&#233;server pour les dons, cet ouvrage propose de nombreuses r&#233;flexions qui sont autant de balises concr&#232;tes sur le chemin du royaume de Dieu.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est plus facile &#224; un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'&#224; un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si tu veux &#234;tre parfait, vends tes biens et suis-moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Seigneur, tu m'as confi&#233; cinq talents ; voil&#224;, j'en ai gagn&#233; cinq autres. &#187; &#171; Faites-vous des amis avec l'argent malhonn&#234;te, afin que, le jour o&#249; il ne sera plus l&#224;, ces amis vous accueillent dans les demeures &#233;ternelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent est tr&#232;s pr&#233;sent dans les &#201;vangiles, mais les textes n'envoient pas un message simple et unilat&#233;ral &#224; son &#233;gard. Sa puissance de fascination est constamment d&#233;nonc&#233;e. Et pourtant, ce m&#234;me &#201;vangile nous dit qu'il faut l'utiliser, lucidement et activement. Il y a donc d&#232;s les origines une tension entre la foi chr&#233;tienne et cette chose &#233;trange qu'est l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;nigme qui reprend un sens tout particulier &#224; notre &#233;poque, o&#249; l'emprise de l'&#233;conomie est sans pr&#233;c&#233;dent historique. Une &#233;conomie dans laquelle l'argent joue un r&#244;le central, indispensable mais inqui&#233;tant. O&#249; on n'a pas de probl&#232;me &#224; affamer les pensionnaires d'une maison de retraite pour am&#233;liorer la rentabilit&#233;. Ou de payer une femme pour porter un b&#233;b&#233; qu'on a achet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre toute la mesure de ces exigences, dans la vie r&#233;elle qui est la n&#244;tre, sans culpabilisation st&#233;rile, mais sans occulter l'appel que nous avons re&#231;u, est donc pour nous une t&#226;che majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre veut contribuer &#224; cette r&#233;flexion, &#224; laquelle aucun chr&#233;tien ne peut &#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INTRODUCTION &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA FOI CHRETIENNE, LA RICHESSE ET L'ARGENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;LES EVANGILES ET L'ARGENT&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ECONOMIE, PARTOUT DANS LES EVANGILES/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA FOI, LA VIE ETERNELLE, ET LE SENS DE NOTRE VIE EN CE MONDE/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ARGENT AU TEMPS DE LA CHRETIENTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ARGENT ET LA RICHESSE : L'ENSEIGNEMENT DE L'EGLISE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; PAUVRETE ET RICHESSE SELON L'ENSEIGNEMENT DE L'EGLISE/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; BIENS TRANSITOIRES ET BIEN ETERNEL : LA LE&#199;ON DES SPIRITUELS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ARGENT, LA RICHESSE ET NOUS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ARGENT ET SES PARADOXES/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ARGENT DANS LA SOCIETE, L'USAGE DE L'ARGENT/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ARGENT, LA RICHESSE ET LA PAUVRETE EN ESPRIT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ARGENT, CONCRETEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'ARGENT DANS L'ECONOMIE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ECONOMIE, PROPRIETE ET MARCHE DANS LA DOCTRINE SOCIALE DE L'EGLISE/ L'ARGENT COMME MESURE, LE JUSTE PRIX/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA FINANCE/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA DETENTION DE GRANDS BIENS, LA FORTUNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;QUE FAIRE AVEC NOTRE ARGENT ? NOTRE VOCATION, NOS BESOINS, NOS DEPENSES	&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; NOTRE VOCATION/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; NOS DEPENSES ET NOTRE CONSOMMATION/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; MAITRISER ET ORIENTER NOTRE CONSOMMATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;QUE FAIRE AVEC NOTRE ARGENT ? L'INVESTISSEMENT ET LE DON&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'INVESTISSEMENT RESPONSABLE/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; QUELLE ORIENTATION POUR UN INVESTISSEMENT ETHIQUE ?/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LE DON ET LA GENEROSITE : POURQUOI ?/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LE DON ET LA SOLIDARITE, DANS LA PRATIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SYNTHESE PRATIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi et &#224; qui donner de son argent ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Pourquoi-et-a-qui-donner-de-son-argent.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Pourquoi-et-a-qui-donner-de-son-argent.html</guid>
		<dc:date>2017-05-15T08:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Evangile et argent</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>
		<dc:subject>Don</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Donner est un devoir essentiel du chr&#233;tien, car nos biens nous sont confi&#233;s en vue du bien commun. Il est ainsi de notre responsabilit&#233; de d&#233;terminer combien et &#224; qui donner, en fonction de notre position et de notre vocation propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vaut la peine d'y r&#233;fl&#233;chir !...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Evangile-et-argent-+.html" rel="tag"&gt;Evangile et argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Don-+.html" rel="tag"&gt;Don&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi et &#224; qui donner de son argent ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Donner est un devoir essentiel du chr&#233;tien, car nos biens nous sont confi&#233;s en vue du bien commun. Il est ainsi de notre responsabilit&#233; de d&#233;terminer combien et &#224; qui donner, en fonction de notre position et de notre vocation propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vaut la peine d'y r&#233;fl&#233;chir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://questions.aleteia.org/articles/179/pourquoi-et-a-qui-donner-de-son-argent/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://questions.aleteia.org/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Est-il vraiment plus difficile aux riches qu'aux pauvres d'entrer dans le Royaume de Dieu ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Est-il-vraiment-plus-difficile-aux-riches-qu-aux-pauvres-d-entrer-dans-le.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Est-il-vraiment-plus-difficile-aux-riches-qu-aux-pauvres-d-entrer-dans-le.html</guid>
		<dc:date>2016-08-13T08:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Saintet&#233; et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Evangile et argent</dc:subject>
		<dc:subject>L'argent st&#233;rile</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>
		<dc:subject>Vie &#233;ternelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'&#201;vangile souligne le danger que peut constituer la richesse pour notre salut. Et il nous donne l'antidote : suivre la volont&#233; de Dieu dans l'usage de cette richesse, nous en d&#233;tacher int&#233;rieurement pour en faire un usage tourn&#233; vers le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, les biens mat&#233;riels sont des dons de Dieu. D'un autre c&#244;t&#233;, les &#201;critures demandent de relativiser ces richesses. Y a-t-il alors mal&#233;diction des &#171; riches &#187; ? Ou un bon usage des richesses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Aleteia&lt;/i&gt; Questions de fond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-politique-et-economie-.html" rel="directory"&gt;Religion et &#233;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Saintete-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Saintet&#233; et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Evangile-et-argent-+.html" rel="tag"&gt;Evangile et argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-L-argent-sterile-+.html" rel="tag"&gt;L'argent st&#233;rile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Vie-eternelle-+.html" rel="tag"&gt;Vie &#233;ternelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cliquer ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://questions.aleteia.org/articles/157/est-il-vraiment-plus-difficile-aux-riches-quaux-pauvres-dentrer-dans-le-royaume-de-dieu/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://questions.aleteia.org/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que penser de la finance ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Que-penser-de-la-finance.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Que-penser-de-la-finance.html</guid>
		<dc:date>2016-04-06T08:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La finance, qui a un r&#244;le essentiel dans l'&#233;conomie, requiert une r&#233;gulation collective et une orientation morale de ceux qui en sont responsables. Sur la base des &#201;vangiles et de la Doctrine sociale de l'&#201;glise, les chr&#233;tiens devraient jouer un r&#244;le central dans cette r&#233;flexion et cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contribution &#224; Aleteia/ Questions de fond.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Christianisme-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Christianisme et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La finance, qui a un r&#244;le essentiel dans l'&#233;conomie, requiert une r&#233;gulation collective et une orientation morale de ceux qui en sont responsables. Sur la base des &#201;vangiles et de la Doctrine sociale de l'&#201;glise, les chr&#233;tiens devraient jouer un r&#244;le central dans cette r&#233;flexion et cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contribution &#224; Aleteia/ Questions de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://questions.aleteia.org/articles/140/que-penser-de-la-finance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://questions.aleteia.org/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pape Fran&#231;ois et la finance : la r&#233;volution ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-pape-Francois-et-la-finance-la-revolution.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Le-pape-Francois-et-la-finance-la-revolution.html</guid>
		<dc:date>2014-04-07T08:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Evangile et argent</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>
		<dc:subject>Pape Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Evangelii Gaudium</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les d&#233;clarations &#233;nergiques du pape Fran&#231;ois n'ont pas &#233;pargn&#233; l'&#233;conomie mondialis&#233;e, la finance et le r&#232;gne de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il retrouve l&#224;, avec encore plus de vigueur, un th&#232;me constant de la Doctrine sociale, qui, &#224; la suite des Evangiles, a toujours d&#233;nonc&#233; le pouvoir de fascination de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme dans d'autres domaines, certains lui trouvent des accents nouveaux, une forme de tournant &#8216;proph&#233;tique'. Qu'en est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-et-magistere-.html" rel="directory"&gt;Magist&#232;re&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Christianisme-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Christianisme et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Evangile-et-argent-+.html" rel="tag"&gt;Evangile et argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Pape-Francois-211-+.html" rel="tag"&gt;Pape Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Evangelii-Gaudium-+.html" rel="tag"&gt;Evangelii Gaudium&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'idol&#226;trie de l'argent, fait explicatif premier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans Evangelii Gaudium, le pape d&#233;nonce comme on sait une &#171; &#233;conomie de l'exclusion et de la disparit&#233; sociale &#187;, qui rel&#232;gue la personne en dehors, comme un d&#233;chet : &#171; 53. Aujourd'hui, tout entre dans le jeu de la comp&#233;titivit&#233; et de la loi du plus fort, o&#249; le puissant mange le plus faible. [&#8230;] On consid&#232;re l'&#234;tre humain en lui-m&#234;me comme un bien de consommation, qu'on peut utiliser et ensuite jeter. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; cette situation les b&#233;n&#233;ficiaires du syst&#232;me (nous tous en un sens) cultivent dit-il deux attitudes. L'une est id&#233;ologique : l'id&#233;e qu'un m&#233;canisme automatique fasse b&#233;n&#233;ficier les pauvres de la croissance &#233;conomique sans effort ni mesure particuliers. Le pape conteste frontalement l'affirmation : &#171; 54. Certains d&#233;fendent encore les th&#233;ories de la &#8216;retomb&#233;e favorable', qui supposent que chaque croissance &#233;conomique, favoris&#233;e par le libre march&#233;, r&#233;ussit &#224; produire en soi une plus grande &#233;quit&#233; et inclusion sociale dans le monde. Cette opinion, qui n'a jamais &#233;t&#233; confirm&#233;e par les faits, exprime une confiance grossi&#232;re et na&#239;ve dans la bont&#233; de ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir &#233;conomique et dans les m&#233;canismes sacralis&#233;s du syst&#232;me &#233;conomique dominant. En m&#234;me temps, les exclus continuent &#224; attendre. &#187; cela a permis de se blinder int&#233;rieurement contre toute compassion : &#171; pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s'enthousiasmer avec cet id&#233;al &#233;go&#239;ste, on a d&#233;velopp&#233; une mondialisation de l'indiff&#233;rence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Une &#171; nouvelle idol&#226;trie de l'argent &#187; est directement mise en cause. &#171; 55. Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons &#233;tablie avec l'argent, puisque nous acceptons paisiblement sa pr&#233;dominance sur nous et sur nos soci&#233;t&#233;s. [&#8230;] La crise mondiale qui investit la finance et l'&#233;conomie manifeste ses propres d&#233;s&#233;quilibres et, par-dessus tout, l'absence grave d'une orientation anthropologique qui r&#233;duit l'&#234;tre humain &#224; un seul de ses besoins : la consommation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une id&#233;ologie de l'autonomie absolue du march&#233;, refusant tout contr&#244;le, et source d'une in&#233;galit&#233; galopante : &#171; 56. Alors que les gains d'un petit nombre s'accroissent exponentiellement, ceux de la majorit&#233; se situent d'une fa&#231;on toujours plus &#233;loign&#233;e du bien-&#234;tre de cette heureuse minorit&#233;. Ce d&#233;s&#233;quilibre proc&#232;de d'id&#233;ologies qui d&#233;fendent l'autonomie absolue des march&#233;s et la sp&#233;culation financi&#232;re. Par cons&#233;quent, ils nient le droit de contr&#244;le des &#201;tats charg&#233;s de veiller &#224; la pr&#233;servation du bien commun. [&#8230;] S'ajoutent &#224; tout cela une corruption ramifi&#233;e et une &#233;vasion fiscale &#233;go&#239;ste qui ont atteint des dimensions mondiales. L'app&#233;tit du pouvoir et de l'avoir ne conna&#238;t pas de limites. Dans ce syst&#232;me, qui tend &#224; tout phagocyter dans le but d'accro&#238;tre les b&#233;n&#233;fices, tout ce qui est fragile, comme l'environnement, reste sans d&#233;fense par rapport aux int&#233;r&#234;ts du march&#233; divinis&#233;, transform&#233;s en r&#232;gle absolue. &#187; Corr&#233;lativement on r&#233;cuse toute r&#233;f&#233;rence &#233;thique : &#171; 57. Derri&#232;re ce comportement se cachent le refus de l'&#233;thique et le refus de Dieu. Habituellement, on regarde l'&#233;thique avec un certain m&#233;pris narquois. On la consid&#232;re contre-productive, trop humaine, parce qu'elle relativise l'argent et le pouvoir. On la per&#231;oit comme une menace, puisqu'elle condamne la manipulation et la d&#233;gradation de la personne. &#187; Le pape en appelle d&#232;s lors &#224; la fois aux gouvernants et aux responsables &#233;conomiques, pour une r&#233;forme &#233;thique : &#171; 58. Une r&#233;forme financi&#232;re qui n'ignore pas l'&#233;thique demanderait un changement vigoureux d'attitude de la part des dirigeants politiques, que j'exhorte &#224; affronter ce d&#233;fi avec d&#233;termination et avec clairvoyance, sans ignorer, naturellement, la sp&#233;cificit&#233; de chaque contexte. L'argent doit servir et non pas gouverner ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous retrouvons ces th&#232;mes dans les nombreuses occasions dans lesquelles le pape a pris la parole pendant sa premi&#232;re ann&#233;e de pontificat. Outre que &#171; l'avidit&#233; de l'argent est de fait la racine de tous les maux &#187; il peut dit-il faire perdre la foi. Il fait notamment un lien direct entre l'argent, l'orgueil et l'idol&#226;trie car dit-il c'est d'abord d'un p&#233;ch&#233; d'idol&#226;trie qu'il s'agit, plus encore que d'avidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pape consid&#232;re donc que le d&#233;placement idol&#226;trique a pris une proposition syst&#233;mique et constitue une sorte de culture commune, une structure de p&#233;ch&#233;. Mais un &#233;l&#233;ment nouveau est sans doute ici la d&#233;nonciation directe du r&#244;le d'une certaine id&#233;ologie de l'autonomie absolue du march&#233; et de ses effets automatiquement b&#233;n&#233;fiques. Ceci dit il ne souhaite pas d&#233;velopper dans ce texte la dimension &#233;conomique du ph&#233;nom&#232;ne : &#171; 184. Ceci n'est pas un document social, et pour r&#233;fl&#233;chir sur ces th&#233;matiques diff&#233;rentes nous disposons d'un instrument tr&#232;s adapt&#233; dans le Compendium de la Doctrine sociale de l'&#201;glise, dont je recommande vivement l'utilisation et l'&#233;tude. En outre, ni le Pape, ni l'&#201;glise ne poss&#232;dent le monopole de l'interpr&#233;tation de la r&#233;alit&#233; sociale ou de la proposition de solutions aux probl&#232;mes contemporains. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'int&#233;gration sociale des pauvres et le besoin d'une autre politique &lt;br class='autobr' /&gt;
Une des cons&#233;quences de ce qui pr&#233;c&#232;de vise la conversion personnelle. Ceci s'enracine bien entendu dans la Doctrine sociale, qui souligne le r&#244;le des propri&#233;taires. &#171; 189. La solidarit&#233; est une r&#233;action spontan&#233;e de celui qui reconna&#238;t la fonction sociale de la propri&#233;t&#233; et la destination universelle des biens comme r&#233;alit&#233;s ant&#233;rieures &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. La possession priv&#233;e des biens se justifie pour les garder et les accro&#238;tre de mani&#232;re &#224; ce qu'ils servent mieux le bien commun, c'est pourquoi la solidarit&#233; doit &#234;tre v&#233;cue comme la d&#233;cision de rendre au pauvre ce qui lui revient. &#187; Plus encore &#171; un changement des structures qui ne g&#233;n&#232;re pas de nouvelles convictions et attitudes fera que ces m&#234;mes structures t&#244;t ou tard deviendront corrompues, pesantes et inefficaces. &#187; Cela concerne donc chacun de nous : &#171; 201. Personne ne devrait dire qu'il se maintient loin des pauvres parce que ses choix de vie lui font porter davantage d'attention &#224; d'autres t&#226;ches [&#8230;] personne ne peut se sentir exempt&#233; de la pr&#233;occupation pour les pauvres et pour la justice sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention : il ne s'agit pas d'une simple assistance, de &#8216;charit&#233;' personnelle ; et le pape en appelle assez vite &#224; &#224; la dimension collective, pour lui essentielle. &#171; 188 Le mot &#8216;solidarit&#233;' est un peu us&#233; et, parfois, on l'interpr&#232;te mal, mais il d&#233;signe beaucoup plus que quelques actes sporadiques de g&#233;n&#233;rosit&#233;. Il demande de cr&#233;er une nouvelle mentalit&#233; qui pense en termes de communaut&#233;, de priorit&#233; de la vie de tous sur l'appropriation des biens par quelques-uns. &#187; D&#232;s lors&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; 202. [&#8230;] Les plans d'assistance qui font face &#224; certaines urgences devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;s seulement comme des r&#233;ponses provisoires. Tant que ne seront pas r&#233;solus radicalement les probl&#232;mes des pauvres, en renon&#231;ant &#224; l'autonomie absolue des march&#233;s et de la sp&#233;culation financi&#232;re, et en attaquant les causes structurelles de la disparit&#233; sociale, les probl&#232;mes du monde ne seront pas r&#233;solus, ni en d&#233;finitive aucun probl&#232;me. &#187; Le niveau collectif est donc clef. On va voir plus pr&#233;cis&#233;ment comment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une autre politique, visant la paix et le dialogue social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit en d&#233;finitive de revoir toute la logique de la politique &#233;conomique &#171; 203. La dignit&#233; de chaque personne humaine et le bien commun sont des questions qui devraient structurer toute la politique &#233;conomique. &#187; C'est un changement profond d'orientation qu'il faut op&#233;rer : &#171; Beaucoup de paroles d&#233;rangent dans ce syst&#232;me ! C'est g&#234;nant de parler d'&#233;thique, c'est g&#234;nant de parler de solidarit&#233; mondiale, c'est g&#234;nant de parler de distribution des biens, c'est g&#234;nant de parler de d&#233;fendre les emplois, c'est g&#234;nant de parler de la dignit&#233; des faibles, c'est g&#234;nant de parler d'un Dieu qui exige un engagement pour la justice. &#187; Ceci vaut aussi au niveau des entrepreneurs (dont c'est la seule mention dans le texte) : &#171; la vocation d'entrepreneur est un noble travail, il doit se laisser toujours interroger par un sens plus large de la vie ; ceci lui permet de servir vraiment le bien commun, par ses efforts de multiplier et rendre plus accessibles &#224; tous les biens de ce monde. &#187; Mais le fait central est que &#171; 204 nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du march&#233;. La croissance dans l'&#233;quit&#233; exige quelque chose de plus que la croissance &#233;conomique, bien qu'elle la suppose ; elle demande des d&#233;cisions, des programmes, des m&#233;canismes et des processus sp&#233;cifiquement orient&#233;s vers une meilleure distribution des revenus, la cr&#233;ation d'opportunit&#233;s d'emplois, une promotion int&#233;grale des pauvres qui d&#233;passe le simple assistanat. Loin de moi la proposition d'un populisme irresponsable, mais l'&#233;conomie ne peut plus recourir &#224; des rem&#232;des qui sont un nouveau venin, comme lorsqu'on pr&#233;tend augmenter la rentabilit&#233; en r&#233;duisant le march&#233; du travail, mais en cr&#233;ant de cette fa&#231;on de nouveaux exclus. &#187; Cela s'&#233;tend, au-del&#224; des besoins de base, &#224; l'acc&#232;s au travail - et au salaire qu'il permet de recevoir : &#171; 192. Nous ne parlons pas seulement d'assurer &#224; tous la nourriture, ou une &#8216;subsistance d&#233;cente', mais que tous connaissent &#8216;la prosp&#233;rit&#233; dans ses multiples aspects'. Ceci implique &#233;ducation, acc&#232;s &#224; l'assistance sanitaire, et surtout au travail, parce que dans le travail libre, cr&#233;atif, participatif et solidaire, l'&#234;tre humain exprime et accro&#238;t la dignit&#233; de sa vie. Le salaire juste permet l'acc&#232;s ad&#233;quat aux autres biens qui sont destin&#233;s &#224; l'usage commun. &#187; Les m&#234;mes th&#232;mes affleurent dans ses interventions diverses pendant l'ann&#233;e. Il y affirme notamment que &#171; pendant que les revenus d'une minorit&#233; croit de fa&#231;on exponentielle, celui de la majorit&#233; baisse. Ce d&#233;s&#233;quilibre r&#233;sulte d'id&#233;ologies qui promeuvent l'autonomie absolue des march&#233;s et la sp&#233;culation financi&#232;re, niant ainsi le droit de contr&#244;le des Etats en charge de promouvoir le bien commun &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; son appel vibrant au politique : &#171; 205 La politique tant d&#233;nigr&#233;e, est une vocation tr&#232;s noble, elle est une des formes les plus pr&#233;cieuses de la charit&#233;, parce qu'elle cherche le bien commun. Nous devons nous convaincre que la charit&#233; &#8216;est le principe non seulement des micro-relations : rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais &#233;galement des macro-relations : rapports sociaux, &#233;conomiques, politiques'. [&#8230;] Il est indispensable que les gouvernants et le pouvoir financier l&#232;vent les yeux et &#233;largissent leurs perspectives, qu'ils fassent en sorte que tous les citoyens aient un travail digne, une instruction et une assistance sanitaire. &#187; Car en d&#233;finitive &#171; 240 il revient &#224; l'&#201;tat de prendre soin et de promouvoir le bien commun de la soci&#233;t&#233;. Sur la base des principes de subsidiarit&#233; et de solidarit&#233;, et dans un grand effort de dialogue politique et de cr&#233;ation de consensus, il joue un r&#244;le fondamental, qui ne peut &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;, dans la recherche du d&#233;veloppement int&#233;gral de tous. &#187; Cet appel au politique retrouve d'ailleurs un th&#232;me tr&#232;s cher au pape, mais peu visible dans ce texte : celui de la nation, sur laquelle il a des accents tr&#232;s forts dans d'autres documents d'avant son &#233;lection, qui ne sont pas sans rappeler Jean-Paul II - notamment ses recueils d'hom&#233;lies parues en Argentine sur ce th&#232;me. L'opposition entre patriotisme et argent apatride est comme on sait un th&#232;me classique et ancien. Le pape le traite sans aucune x&#233;nophobie ; mais pour lui la nation est &#224; l'&#233;vidence le lieu majeur de l'action collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;El&#233;ments d'analyse : conversion ou social-d&#233;mocratie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'on peut croire, il n'est pas facile de situer la pens&#233;e du pape Fran&#231;ois, et ce texte par ailleurs clair n'y &#233;chappe pas. Le contexte nous aide : il s'agit de la joie de l'Evangile, c'est une exhortation destin&#233;e aux chr&#233;tiens, et &#224; leur conversion, leur transformation int&#233;rieure, se traduisant par des gestes concrets et significatifs, au niveau personnel et collectif, notamment autour du th&#232;me de la pauvret&#233;. Le ton et la profondeur morale et spirituelle de ce document sont remarquables, et ne peuvent laisser ni indiff&#233;rents ni inactifs. Mais comme le pape le pr&#233;cise, ce n'est pas un texte de Doctrine sociale. En fait le nom m&#234;me d'exhortation nous en donne le sens : malgr&#233; les apparences, ce n'est pas une encyclique, texte doctrinal, mais une forme de sermon du &#171; cur&#233; du monde &#187; comme certains l'ont appel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit plusieurs questions &#233;conomiques et sociales sont abord&#233;es avec force et ne sont pas des mentions en passant. Si le style &#233;nergique du pape sur ces sujets (qui rappelle un saint Jean Chrysostome) peut para&#238;tre trancher avec ses pr&#233;d&#233;cesseurs, le fond est pour l'essentiel commun. L'opposition camp&#233;e avec force entre d'un c&#244;t&#233; l'idol&#226;trie de l'argent et de la consommation, et de l'autre la morale et la charit&#233; comme guides de notre action, est traditionnelle. Tout comme le refus d'un march&#233; ou d'une &#233;conomie sans r&#232;gles, la n&#233;cessit&#233; d'un encadrement &#233;thique et juridique, notamment dans un but de solidarit&#233; avec les pauvres, qui doivent &#234;tre int&#233;gr&#233;s dans la communaut&#233; - non seulement eu &#233;gard &#224; leurs besoins mais comme participants &#224; part enti&#232;re, par leur travail. Sur ce plan l'irritation de certains &#233;conomistes am&#233;ricains peut surprendre. Ces critiques ont m&#234;me conduit le pape &#224; pr&#233;ciser cette &#233;vidence qu'il n'&#233;tait pas marxiste&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit on peut noter dans notre texte des accents que certains, notamment dans les medias, voient comme des inflexions. C'est d'abord la radicalit&#233; du ton, marque de fabrique du pape Fran&#231;ois, qui peut surprendre les uns et choquer les autres, sans que ce soit n&#233;cessairement son intention : c'est surtout un moyen pour secouer les bonnes consciences, ou les sourds volontaires. Mais une telle lecture est surtout la r&#233;sultante d'une tendance du pape &#224; ne pas &#233;quilibrer un propos allant avec force dans un sens par un correctif qui l'&#233;quilibre et &#233;vite une mauvaise interpr&#233;tation. Dans tous ces textes, ce qui frappe est l'insistance (fond&#233;e) sur les limites du culte de l'argent, nourrissant une certaine id&#233;ologie dominante et l'apologie d'un march&#233; incontr&#244;l&#233;. Mais en contre-point on ne trouve que peu ou pas des notions traditionnelles dans l'enseignement de l'Eglise comme la subsidiarit&#233;, la libert&#233;, la r&#233;alisation de la personne dans le travail, et plus g&#233;n&#233;ralement les bienfaits de l'&#233;conomie d'initiative, d'entreprise et donc de march&#233;, si elle est bien comprise et surtout responsable. Or ces bienfaits sont r&#233;els m&#234;me s'ils sont en partie g&#226;ch&#233;s par une id&#233;ologie et des pratiques mal orient&#233;es, et ils ont d&#232;s lors &#233;t&#233; soulign&#233;s avec clart&#233; tant par les papes pr&#233;c&#233;dents que par le Compendium - que recommande le pape Fran&#231;ois. Corr&#233;lativement le r&#244;le essentiel de l'Etat est rappel&#233; &#224; juste titre par le pape, mais pas ses limites pourtant &#233;galement manifestes, voire ses graves d&#233;viances. Il est d&#232;s lors peu douteux que du seul c&#244;t&#233; des mesures &#224; prendre on classerait spontan&#233;ment le texte dans la mouvance social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en r&#233;alit&#233;, &#224; nouveau, ce texte ne vise pas &#224; faire une analyse &#233;conomique. La principale affirmation d'ordre proprement &#233;conomique est la n&#233;gation abrupte par le pape de la th&#233;orie des retomb&#233;es automatiques : elle est en un sens unilat&#233;rale parce qu'elle ne reconna&#238;t pas l'existence des retomb&#233;es de l'activit&#233; &#233;conomique concurrentielle ; elle ne voit que l'hypocrisie (bien r&#233;elle elle aussi) de ceux qui s'en drapent pour justifier la loi de la jungle. C'est pourtant un fait que ces retomb&#233;es existent : une grande partie de l'humanit&#233; a r&#233;ellement progress&#233; du moins mat&#233;riellement - mais le pape ne le mentionne pas. De la m&#234;me fa&#231;on, si l'in&#233;galit&#233; cro&#238;t selon certains crit&#232;res, en revanche affirmer que seule une minorit&#233; s'enrichit et que la majorit&#233; s'appauvrit ne correspond pas aux faits pour une grande partie de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas sous cet angle qu'il faut principalement aborder ce texte et les autres interventions du pape. Il s'y concentre sur un message de conversion, sans chercher &#224; donner une vue exhaustive du paysage. C'est la vision d'une soci&#233;t&#233; renouvel&#233;e par le changement en profondeur du regard mutuel de ses membres, et l'action solidaire qui en r&#233;sulte : elle a beaucoup de force, tout en restant g&#233;n&#233;rale. C'est que, &#224; nouveau, ce ne sont pas des textes principalement doctrinaux. Bien entendu le pontificat ne fait que commencer, et les textes ult&#233;rieurs du pape lui permettront de clarifier sa pens&#233;e. Dans l'intervalle, mieux vaut ne pas projeter ses propres d&#233;sirs sur la pens&#233;e du pontife. Et tant mieux si sa fabuleuse &#233;nergie peut toucher le c&#339;ur des puissants&#8230; et des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
