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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>P&#233;dophilie : quelques r&#233;flexions &#224; partir du rapport Sauv&#233;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Pedophilie-quelques-reflexions-a-partir-du-rapport-Sauve.html</link>
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		<dc:date>2021-10-06T14:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;forme de l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dophilie et Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Rapport Sauv&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On a parl&#233; pour le rapport Sauv&#233; de choc brutal, et &#224; raison. Personnellement, j'ai &#233;t&#233; secou&#233; par plusieurs des &#233;l&#233;ments qu'il met en lumi&#232;re : l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne, et sa gravit&#233; en milieu catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a conduit aussi &#224; une explosion de commentaires, souvent pertinents, mais &#224; mon sens parfois contestables voire erron&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; ces quelques r&#233;flexions &#224; chaud, &#224; enrichir ult&#233;rieurement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-.html" rel="directory"&gt;Eglise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Reforme-de-l-Eglise-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;forme de l'Eglise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Pedophilie-et-Eglise-+.html" rel="tag"&gt;P&#233;dophilie et Eglise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Rapport-Sauve-+.html" rel="tag"&gt;Rapport Sauv&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On a parl&#233; pour le rapport Sauv&#233; de choc brutal, et &#224; raison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Personnellement, je pensais ne pas &#234;tre saisi &#224; ce point, car les faits sont &#233;tal&#233;s publiquement depuis longtemps ; mais j'ai &#233;t&#233; secou&#233; par plusieurs des &#233;l&#233;ments qu'il met en lumi&#232;re. Ainsi l'ampleur, et surtout la sp&#233;cificit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne en milieu catholique. D'o&#249; ces quelques r&#233;flexions, en plus de ce qui a &#233;t&#233; dit ici ou l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le choc des donn&#233;es nouvelles, s'ajoutant &#224; ce qu'on savait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le point nouveau le plus choquant est le calcul fait sur la base d'un sondage tr&#232;s large, qui met en &#233;vidence la surrepr&#233;sentation catholique sur cette p&#233;riode (sauf &#224; la fin), c'est-&#224;-dire le fait qu'il y a en proportion plus de victimes de p&#233;dophilie dans ce contexte que dans d'autres (&#233;cole, sports etc. - sauf en famille mais alors on a &#224; faire &#224; des personnes moyennes, ce qu'un &#233;ducateur ou un pr&#234;tre ne peut pas &#234;tre). Un autre point choquant qui est apparu est la surrepr&#233;sentation des gar&#231;ons parmi les victimes ; comme la commission le note, elle s'explique en grande partie par l'acc&#232;s alors bien plus facile des clercs aux gar&#231;ons, mais pas enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il faut relativiser certains termes utilis&#233;s comme &#8216;massif' ou &#8216;syst&#233;mique', du moins dans la mesure o&#249; ils laissent entendre que ces pratiques p&#233;dophiles &#233;taient g&#233;n&#233;ralis&#233;es ; or elles ne touchaient au pire moment &#8216;que' 1% des gens et 3 % des clercs ; ce qui est choquant certes mais pas &#8216;massif'. L'&#233;crasante majorit&#233; des fid&#232;les n'a eu aucun contact avec ce ph&#233;nom&#232;ne, et l'&#233;crasante majorit&#233; des clercs &#233;taient s&#251;rs, m&#234;me au pire moment. Cela dit, les faits restent, et ils sont r&#233;voltants. On peut contester aussi certaines estimations ou extrapolation, mais sauf preuve du contraire, cela ne fait pas dispara&#238;tre le choc. Ce &#224; quoi s'ajoute ce qu'on savait d&#233;j&#224;, mais qui est totalement anormal en milieu chr&#233;tien : l'absence ahurissante d'&#233;coute des victimes, l'attitude largement irresponsable de la hi&#233;rarchie, et l'horreur que suscite le d&#233;tournement d'une relation qui devrait &#234;tre spirituelle pour faciliter des pratiques immorales et destructrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point nouveau, historiquement important pour la recherche des causes, est l'examen des dates : on a une concentration des faits sur 1950-1970 ; une baisse ensuite et enfin une stabilisation depuis 1995. Cela prouve semble-t-il que l'influence du Concile Vatican II (et de ce qui a suivi) ainsi que de la r&#233;volution sexuelle de 1968 ne sont pas des explications pertinentes en l'esp&#232;ce, contrairement &#224; ce qu'on pouvait penser. Certes il y a eu alors d&#233;bandade de l'autorit&#233;, et explosion de m&#339;urs sexuelles nouvelles, mais apparemment cela n'a pas jou&#233; dans le cas de la p&#233;dophilie dans le clerg&#233;. Il y a m&#234;me eu une baisse appr&#233;ciable de celle-ci apr&#232;s 1970. Selon la commission, elle s'explique largement par l'effondrement de l'encadrement catholique de la jeunesse &#224; cette m&#234;me &#233;poque, en particulier la suppression des internats. De fait on ne voit pas d'autre facteur explicatif : il n'y a eu &#224; l'&#233;poque aucune forme de prise de conscience du ph&#233;nom&#232;ne ; on nous signale m&#234;me la disparition des quelques institutions curatives (des clercs concern&#233;s) mises en place dans la p&#233;riode ant&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment expliquer ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les principaux facteurs mis en avant pour expliquer ces d&#233;rives : une priorit&#233; absolue &#224; l'institution et &#224; sa protection, d'o&#249; l'&#233;touffement des affaires ; l'indiff&#233;rence aux victimes ; la survalorisation ou une v&#233;n&#233;ration excessive du pr&#234;tre ; un flou doctrinal sur la sexualit&#233; ; enfin le c&#233;libat et la masculinit&#233; du clerg&#233;. Prenons-les tour &#224; tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La priorit&#233; absolue &#224; l'institution et l'&#233;touffement des affaires paraissent av&#233;r&#233;s ; mais comme facteur explicatif ce n'est pas enti&#232;rement convaincant. En effet la protection de l'institution est parfaitement compatible avec des punitions (canoniques) et au minimum avec des mesures de limitation des d&#233;g&#226;ts (par mise hors d'&#233;tat de nuire des pr&#233;dateurs). Elle para&#238;t m&#234;me exiger ce genre d'intervention active, m&#234;me si c'est dans le secret. D'ailleurs la crainte m&#234;me du scandale suppose par d&#233;finition qu'on reconnaisse la possibilit&#233; de ce scandale, ce qui implique qu'il y a bien un probl&#232;me, au minimum source de risques pour l'institution. L'attitude rationnelle et responsable est alors d'agir sur la cause, et non pas de balader le pr&#234;tre coupable. Or il n'y a eu rien de tel, au moins dans la grande majorit&#233; des cas. En outre bien s&#251;r de tels actes constituent un p&#233;ch&#233; grave ; ajoutons que la soci&#233;t&#233; civile reconnaissait elle aussi &#224; l'occasion que c'&#233;tait bien d'ordre criminel, au moins dans la p&#233;riode ant&#233;rieure o&#249; cela a pu &#234;tre r&#233;prim&#233; par les tribunaux (par exemple dans le cas de ces fr&#232;res des &#233;coles envoy&#233;s au bagne &#224; la fin du XIXe, qui s'&#233;taient livr&#233;s &#224; ce genre de pratique en internat). Ce qui est mis en &#233;vidence ici est donc un grave probl&#232;me de commandement, m&#234;lant mollesse, solidarit&#233; corporative et compr&#233;hension erron&#233;e de la mis&#233;ricorde. Je suis en revanche plus sceptique sur l'explication avanc&#233;e par certains, selon laquelle le caract&#232;re sacr&#233; du pr&#234;tre impliquerait qu'on l'exempte plus ou moins de sanction : c'est nulle part dans la doctrine morale ; si certains ont pu le penser, c'&#233;tait sans doute pour couvrir un copinage coupable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me facteur est l'indiff&#233;rence aux victimes, entre l'&#233;coute faible ou plut&#244;t inexistante et la sous-estimation de l'impact de tels actes sur les enfants : l&#224; aussi cela para&#238;t av&#233;r&#233; ; c'est m&#234;me un trait majeur, qui nous choque particuli&#232;rement et &#224; raison. Certes, dans certains cas des victimes d&#233;clar&#233;es peuvent &#234;tre des affabulateurs, mais cela ne saurait en aucun cas excuser la tr&#232;s faible prise en compte, surtout en contexte chr&#233;tien : on est ici aux antipodes de la charit&#233;. Certes aussi, &#224; l'&#233;poque on ne donnait pas &#224; ces faits la m&#234;me importance qu'aujourd'hui, o&#249; le victimisme triomphe ; mais l&#224; encore cela n'excuse pas. Voil&#224; donc un second gros probl&#232;me, qui touche cette fois en m&#234;me temps la charit&#233; et la justice, et qui implique une modification profonde du regard et des pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ces deux questions majeures, les autres points sont plus contestables, d'autant que s'y m&#234;le la pr&#233;occupation de certains de pousser leur agenda eccl&#233;sial. La plus s&#233;rieuse est l'id&#233;e d'une survalorisation ou v&#233;n&#233;ration excessive du pr&#234;tre : bien s&#251;r cela existe, mais si cela a pu pousser les familles &#224; ne pas d&#233;noncer un clerc, ou des enfants &#224; ne pas oser se r&#233;volter, cela n'explique pas non plus compl&#233;tement ces attitudes ; car si quelqu'un est vu comme un homme de Dieu, qu'il ait ce genre de pratique est encore plus choquant, et cela devrait pousser le fid&#232;le &#224; reconna&#238;tre le scandale et &#224; r&#233;agir. Le fait est cependant qu'il y a chez certains une difficult&#233; &#224; consid&#233;rer en m&#234;me temps le pr&#234;tre comme homme de Dieu et comme un homme p&#233;cheur. J'y reviendrai car cela suppose l&#224; aussi un changement du regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe en revanche plus rapidement sur le c&#233;libat et la masculinit&#233;, &#233;cart&#233;s comme facteurs explicatifs majeurs par la commission ou son pr&#233;sident. Le fait que les chiffres de cas de p&#233;dophilies dans l'Eglise sont, selon la commission, depuis 30 ans dans la moyenne de ce qu'on constate dans d'autres organismes para&#238;t confirmer cette analyse. Par ailleurs, un certain flou sur la vision de la sexualit&#233; se rencontre effectivement (on mettrait notamment sur le m&#234;me plan des faits de gravit&#233; tr&#232;s diff&#233;rente), mais outre qu'il n'a aucun fondement doctrinal r&#233;el, il ne rend pas compte des facteurs pr&#233;c&#233;dents, car les actes dont on parle ici restent &#233;videmment choquants.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire alors ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je n'&#233;voquerai pas ici les r&#233;formes sp&#233;cifiques (droit canon, organisation de la justice eccl&#233;siastique, m&#233;canismes d'&#233;coute des victimes, recrutement du clerg&#233;, rapport avec les autorit&#233;s la&#239;ques, etc., sans parler des questions d'indemnisation) pour lesquelles ma comp&#233;tence est plus limit&#233;e. Reste l'analyse de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord un point. Il ne faut pas faire l'erreur commise r&#233;guli&#232;rement dans toute la p&#233;riode r&#233;cente : r&#233;duire la r&#233;forme n&#233;cessaire &#224; celles qu'on vient d'&#233;voquer, ou, pire, aller jusqu'&#224; la remise en cause des principes de base de la foi catholique. Celle-ci comporte de fa&#231;on essentielle un sacerdoce sacramentel, un r&#244;le particulier de pasteur jou&#233; par des &#233;v&#234;ques et des pr&#234;tres, par-l&#224; pourvus d'une autorit&#233; &#8211; et respect&#233;s comme tels. Si on n'y croit plus, on n'est plus dans l'Eglise catholique. Elle ne peut &#234;tre une masse &#233;galitaire en d&#233;bat permanent, fond&#233;e sur la sacralit&#233; suppos&#233;e de l'individu et de son ressenti ; c'est une communaut&#233; fond&#233;e sur le message &#233;vang&#233;lique et sur la compr&#233;hension qu'en transmet l'Eglise (&#171; tu es Pierre etc. &#187;) ; ce qui implique une forme d'institution. Cela ne veut pas dire qu'elle n'a pas besoin de r&#233;formes, tout au contraire. Mais ce ne peut &#234;tre seulement des r&#233;formes comme on les con&#231;oit dans la soci&#233;t&#233; civile (r&#244;le des la&#239;cs, des femmes etc.), des r&#233;formes en d&#233;finitive de structure et d'organisation. D'autant que cela doit rester coh&#233;rent avec les principes essentiels d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ces r&#233;formes, l'action &#224; mener rel&#232;ve d'une tout autre niveau, celui de la r&#233;forme spirituelle, de la conversion, car ce qui fait l'Eglise est la foi, l'esp&#233;rance et la charit&#233;. Sur la base de ce qui a &#233;t&#233; relev&#233; dans l'examen des causes, cela concerne notamment deux domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord la conversion de la hi&#233;rarchie, dans le sens non de son affaiblissement mais de la r&#233;forme de sa culture et de ses priorit&#233;s, en un mot de son autorit&#233; v&#233;ritablement exerc&#233;e et de sa responsabilit&#233; assum&#233;e, pour les sujets qui le m&#233;ritent comme c'est le cas ici. C'est ce que j'ai appel&#233; une nouvelle r&#233;forme gr&#233;gorienne (voir mon article de 2018 &#171; P&#233;dophile dans l'Eglise : la vraie r&#233;forme &#187; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Pedophilie-dans-l-Eglise-la-vraie-reforme.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Pedop...&lt;/a&gt;. Cela peut conduire &#224; remettre en question bien des pratiques &#233;piscopales, ou des titulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite la conversion personnelle, la r&#233;forme du regard et de l'attitude de chacun de nous, et cela notamment envers deux populations. Les victimes bien s&#251;r, pour lesquelles la compassion et l'&#233;coute sont vitales, ce qui suppose de nous beaucoup d'humilit&#233; et de c&#339;ur - mais sans na&#239;vet&#233;, et bien s&#251;r sans livrer les accus&#233;s &#224; la vindicte publique. Le clerg&#233; ensuite ; car il faut int&#233;grer dans le regard port&#233; sur ses membres &#224; la fois le respect filial envers celui qui reste l'homme de Dieu (n'en d&#233;plaise &#224; certains), et la lucidit&#233; sur le fait qu'il s'agit aussi de p&#233;cheurs, &#233;ventuellement de p&#233;cheurs graves, qu'il faut savoir remettre en question lorsque cela s'av&#232;re indispensable, quoiqu'avec les pr&#233;cautions n&#233;cessaires. Notons d'ailleurs que cette remarque vaut d&#233;sormais aussi dans le domaines des id&#233;es et enseignements. On entend de nos jours trop d'opinions multiples, contestables voire h&#233;t&#233;rodoxes, venant du clerg&#233; y compris &#224; assez haut niveau, pour que l&#224; aussi la prudence ne soit de mise. L'appel &#224; l'ob&#233;issance, qu'on a vu se r&#233;p&#233;ter r&#233;cemment, trouve l&#224; dans les deux cas sa limite l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus profond&#233;ment, se pose en sous-jacent la question du rapport au p&#233;ch&#233; et &#224; la mis&#233;ricorde. Depuis longtemps, avant le Concile mais plus encore apr&#232;s, le sens de la gravit&#233; du p&#233;ch&#233;, et notamment du mal fait &#224; autrui et du besoin de r&#233;parer, s'est bien trop estomp&#233;, dans une atmosph&#232;re de ti&#233;deur molle o&#249; tout le monde est gentil et sera sauv&#233;. Le monde r&#233;el est plus dur, et la mort sur la Croix nous rappelle la gravit&#233; des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corr&#233;lativement, au niveau de l'organisation humaine, la m&#234;me prise de conscience implique un devoir d'intervenir au besoin et disons-le clairement, le cas &#233;ch&#233;ant de punir. La mis&#233;ricorde suppose la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ***&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques compl&#233;mentaires (11 octobre)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chiffres&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres sont contest&#233;s par certains. De fait, ce n'est pas un domaine o&#249; ils sont tr&#232;s fiables &#8211; sauf les chiffres des affaires trait&#233;es effectivement et des condamnations, mais ils sont bien plus bas que les autres. D'un c&#244;t&#233;, les simples d&#233;nonciations ne doivent pas &#234;tre confondues avec des certitudes ; en outre, ce qu'on qualifie d'atteinte peut varier, entre une caresse mal venue et un vrai viol. D'un autre c&#244;t&#233;, les chiffres les plus &#233;lev&#233;s du rapport, et les plus troublants, sont bas&#233;s sur un sondage qui a &#233;t&#233; ensuite extrapol&#233;, avec les limites de cette m&#233;thode. Cela dit, cela ne fait pas dispara&#238;tre le motif &#224; indignation, ni les observations ci-dessus. En effet les chiffres m&#234;me minima, m&#234;me relativis&#233;s, restent choquants. Et subsistent de m&#234;me les observations de fait sur le comportement de la hi&#233;rarchie : indiff&#233;rence aux victimes, pr&#234;tres coupables non sanctionn&#233;s et souvent laiss&#233;s en contact avec des enfants etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;v&#234;ques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de mes conclusions principales porte sur la d&#233;faillance de la hi&#233;rarchie et sur ce que j'appelle une r&#233;forme gr&#233;gorienne. J'entends par l&#224; une r&#233;forme de structure et de discipline certes, mais aussi et surtout une r&#233;forme de la culture et des m&#233;thodes, voire de la vraie pi&#233;t&#233;. Contrairement &#224; une id&#233;e r&#233;pandue, il y a eu de la part des &#233;v&#234;ques non pas un exc&#232;s mais une insuffisante de l'autorit&#233;, et notamment une manque d'&#233;nergie, de d&#233;termination, et de responsabilit&#233;. Il est &#233;tonnant &#224; ce sujet, que les tr&#232;s nombreuses recommandations du rapport n'abordent pas ce sujet de la s&#233;lection des &#233;v&#234;ques, ni de leur culture collective (avec le syst&#232;me utile mais souvent paralysant des conf&#233;rences &#233;piscopales). Ne faudrait-il pas ajouter des recommandations sur leur recrutement d'une part, leur formation d'autre part (au commandement et &#224; la communication en particulier) ? Chasser les p&#233;dophiles et autres d&#233;rapages, plut&#244;t que de r&#233;server ses foudres aux seul tradis qui n'emb&#234;tent personne, comme c'est souvent le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parti-pris ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a soulign&#233; ici ou l&#224; la tendance du rapport &#224; s'aventurer dans des domaines o&#249; il n'&#233;tait pas comp&#233;tent, et notamment purement religieux (confession, sens de la hi&#233;rarchie religieuse, morale sexuelle etc.), d'autant qu'il y manifeste un biais &#233;vident dans un sens orient&#233; par les id&#233;es profanes ou par la gauche catholique dissidente. Cela me para&#238;t r&#233;el. Mais &#224; nouveau, cela ne met pas en cause l'aspect factuel. En outre, la plupart des recommandations portent sur l'organisation et ne sont pas contestables dans leur nature (m&#234;me si on peut discuter cas par cas leur pertinence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapport au pr&#234;tre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souligne dans ce texte le besoin d'un regard combinant le maintien d'un regard d&#233;f&#233;rent et respectueux envers l'homme de Dieu, et la conscience qu'il reste un homme p&#233;cheur, qui peut avoir &#224; &#234;tre remis en cause en cas de d&#233;rive. Le regard r&#233;trospectif peut ici tromper. La tendance actuelle n'est plus &#224; un respect excessif mais trop souvent &#224; l'inverse, &#224; la banalisation. Mais si le pr&#234;tre est banalis&#233;, on n'a plus de r&#244;le pour lui, et plus de vocations. Notons qu'en sens inverse la d&#233;f&#233;rence ancienne envers le pape s'est encore renforc&#233;e, de fa&#231;on parfois excessive (quel que soit celui-ci).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Datation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;coupage en p&#233;riode (1950-1970, 1970-1990, 1990-2020) n'est pas optimal pour l'analyse, car il ne se relie pas &#224; l'histoire de l'Eglise. Il e&#251;t &#233;t&#233; plus logique de d&#233;couper en 4 : 1950-1965 (fin du Concile) ; 1965-1989 (&#233;lection de Jean-Paul II), 1989-2000 ou 2005 (tournant de la prise de conscience ou &#233;lection de Beno&#238;t XVI), et jusqu'&#224; nos jours. Plus encore, il serait tr&#232;s utile qu'on dispose d'un d&#233;coupage plus fin des chiffres, class&#233;s ann&#233;e par ann&#233;e. Reste que sauf surprise cela n'enl&#232;ve rien &#224; la relativisation de l'impact de 1968 ou m&#234;me du Concile, et au fait que la p&#233;dophilie faisait rage les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes : il est en effet tr&#232;s peu probable qu'il y ait eu une explosion telle de la p&#233;dophile &#224; la fin des ann&#233;es 60 que cela explique les chiffres &#233;lev&#233;s de 1950-1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Opportunit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On souligne r&#233;guli&#232;rement les bienfaits de la transparence, notamment du point de vue des victimes, mais aussi pour conduire &#224; une vrai r&#233;forme. Ces bienfaits sont &#233;videmment r&#233;els et importants. Mais inversement cela ne doit pas conduire &#224; une exc&#232;s de na&#239;vet&#233; suicidaire ou masochiste. Beaucoup de commentaires soulignent que l'Eglise est la seule &#224; effectuer cet exercice, en l'occurrence gratin&#233;. Et donc m&#234;me si le rapport &#233;tait parfaitement indiscutable, et m&#234;me s'il a fait un effort pour situer le cas de l'Eglise dans le contexte du ph&#233;nom&#232;ne bien plus large de la p&#233;dophilie, il attire l'attention sur elle seule, conduisant le public &#224; identifier clerg&#233; catholique et p&#233;dophilie. De la m&#234;me mani&#232;re il souligne cette d&#233;faillance indiscutable de l'Eglise ; mais aucun rapport en regard ne souligne ses bienfaits (action caritative etc.). Le r&#233;sultat est indiscutablement une image gauchie et par l&#224; in&#233;quitable. Ce n'est pas un reproche qui s'adresse au rapport ; mais une question sur l'opportunit&#233; de la d&#233;marche sous cette forme. De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, si la transparence est plut&#244;t un bien, ce n'est pas toujours le cas ; la volont&#233; ancienne de discr&#233;tion n'est pas en soi mauvaise, m&#234;me si dans cette affaire elle a jou&#233; un r&#244;le tr&#232;s n&#233;gatif &#224; l'&#233;poque. Ceci dit, au point o&#249; nous en sommes, il faut faire avec et en tirer un bien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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