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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Interview sur le nouveau catholicisme social</title>
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		<dc:date>2019-03-20T16:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le nouveau catholicisme social, l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233;, la mondialisation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit tour d'horizon &#224; l'occasion d'une interview dans la revue Permanence (nouvelle formule) d'Ichtus.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-politique-et-economie-.html" rel="directory"&gt;Religion et &#233;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Nation-et-mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Nation et mondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nouveau catholicisme social ambitionne de contribuer &#224; retisser les solidarit&#233;s et le lien social. Pensez-vous que ce soit accessible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est concevable, mais il faut avoir conscience des difficult&#233;s. La crise des Gilets jaunes manifeste une formidable d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des &#233;lites et des classes dirigeantes. Nous voyons par ailleurs un refus de l'id&#233;e que naissent au sein de ce mouvement des leaders ou un programme clairement &#233;tabli. Cette m&#233;fiance est cons&#233;cutive &#224; des ann&#233;es de destruction du lien social. C'est une ph&#233;nom&#232;ne in&#233;dit et la r&#233;paration d''un lien n'est pas si facile. La premi&#232;re &#233;tape est l'&#233;coute et le dialogue. Il faut ensuite une r&#233;flexion approfondie sur les moyens de reconstruire ce lien social. Cela suppose un effort pour sortir des sch&#233;mas binaires, de la logique actuelle de confrontation. Les catholiques qui voudront agir pourront jouer un r&#244;le b&#233;n&#233;fique s'ils d&#233;montrent une bonne volont&#233; et une capacit&#233; plus grande &#224; &#339;uvrer sans ambition politicienne. Ils pourront alors gagner leur cr&#233;dibilit&#233;. Mais cela suppose d'y &#234;tre pr&#233;par&#233;, ce qui n'est pas spontan&#233; au vu de la sociologie des catholiques. Il faut &#234;tre capable de jouer un r&#244;le de liant, d'interm&#233;diaire, en quelque sorte de tiers-parti. Il ne s'agit pas ici d'une neutralit&#233;, comme si on restait en haut de la montagne sans participer, mais d'avoir un r&#244;le aupr&#232;s de la partie de notre pays qui se sent la plus rejet&#233;e. Et il s'agit bien s&#251;r de b&#226;tir des propositions concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peuvent apporter les catholiques et la doctrine sociale de l'Eglise concr&#232;tement, sur le terrain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DSE ne donne pas de r&#233;ponses toutes faites. Elle donne des principes, des modes de r&#233;flexion et des priorit&#233;s qui conduisent &#224; se positionner dans un certain sens. On identifie les questions puis on les traite &#224; cette lumi&#232;re, on fait un diagnostic juste avant d'&#233;laborer des r&#233;ponses. La DSE pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t uniquement dans la mesure o&#249; les la&#239;cs s'en saisissent et la traduisent au plan pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par exemple, quel principe de la DSE peut aujourd'hui trouver une traduction concr&#232;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons la destination universelle des biens. Dans la DSE, la propri&#233;t&#233; est reconnue mais trouve son sens dans la mesure o&#249; elle sert le bien commun. Oui, il y a la propri&#233;t&#233;, mais pour le bien de tous, pas seulement celui du propri&#233;taire. Le bien commun, c'est aussi la gestion des biens mat&#233;riels. Nous avons donc besoin d'une r&#233;flexion sur l'usage de l'argent, sur les investissements. Chaque investissement traduit un choix politique fort et donne un sens &#224; l'action collective. Cela vaut pour l'argent que chacun est pr&#234;t &#224; investir, mais aussi pour l'argent public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A cet &#233;gard, on constate aujourd'hui une d&#233;sertification des territoires, avec un besoin de services publics dans la France p&#233;riph&#233;rique, mais cela a un co&#251;t&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;videmment une dimension importante de solidarit&#233; qu'il faut maintenir ou red&#233;ployer. Un livre a eu du succ&#232;s apr&#232;s la guerre : &#171; Paris, le d&#233;sert fran&#231;ais &#187;. Depuis, la tendance s'est malheureusement accentu&#233;e. Il y a Paris et les grandes m&#233;tropoles d'un c&#244;t&#233; ; le reste du territoire de l'autre c&#244;t&#233;. Au plan g&#233;ographique, il y a eu une excroissance des m&#233;tropoles et de la capitale ; et au plan politique un renforcement du pouvoir central. Les pays d&#233;centralis&#233;s comme l'Allemagne ne connaissent pas ce ph&#233;nom&#232;ne. Notre d&#233;centralisation, dans les ann&#233;es 1980, n'a pas &#233;t&#233; une v&#233;ritable d&#233;centralisation. Au contraire, nous sommes culturellement sur la pente inverse : les lieux de pouvoir s'&#233;loignent de l'&#233;chelon le plus local. Cela dit, je ne pense pas que l'on puisse maintenir une vie locale uniquement &#224; coup de subventions par le haut. Nous avons besoin d'une prise en main locale. Et c'est &#224; ce niveau que nous devons trouver de nouveaux moyens d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel lien peut-on faire entre cette crise sociale et les grandes affaires macro-&#233;conomiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons clairement que toute une partie de la population ne se retrouve pas dans le syst&#232;me global, dans ce que l'on appelle la mondialisation. Il y a un rejet tant du discours mondialiste que de ses cons&#233;quences pour la situation r&#233;elle des gens. Pour en sortir, il faut retrouver une vision politique. Mais pour cela, encore faut-il avoir une capacit&#233; politique. Or une expression politique, un pouvoir politique reposent d'abord sur une communaut&#233;. Quelle est la communaut&#233; pertinente ? On dit souvent : le niveau europ&#233;en. Mais le niveau europ&#233;en ne peut &#234;tre politique en lui-m&#234;me, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en, donc pas de communaut&#233; politique europ&#233;enne. L'Europe peut &#234;tre un lieu de coop&#233;ration entre des communaut&#233;s dot&#233;es d'une volont&#233; politique. Cela commence donc par retrouver le politique au niveau des communaut&#233;s nationales. Je ne parle pas d'une communaut&#233; nationale qui se ferme, mais d'une communaut&#233; qui poursuit un objectif collectif et soit capable de coop&#233;rer avec les autres pays europ&#233;ens. R&#233;soudre les grandes questions macro-&#233;conomiques et recr&#233;er du lien social, cela va bien au-del&#224; du politique, mais cela suppose une action politique. Aujourd'hui, nous ne pouvons agir parce que des r&#232;gles nous sont impos&#233;es au niveau europ&#233;en. Or, sur toutes ces grandes questions, nous voyons bien que la capacit&#233; d'action au niveau europ&#233;en est faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un Parlement europ&#233;en&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Parlement europ&#233;en, les d&#233;put&#233;s votent sur des abstractions techniques sans faire le lien entre ce qui est vot&#233; et ce que vit la population. S'ajoutent &#224; cela des dimensions id&#233;ologiques et technocratiques tr&#232;s pesantes. Si nous prenons le cas de la libre-concurrence, nous voyons bien qu'il y a un probl&#232;me. La concurrence n'est pas mauvaise en soi, mais elle peut aboutir &#224; de mauvais r&#233;sultats. Nous avons choisi l'ouverture des fronti&#232;res, au sein de l'Europe, mais aussi dans une large mesure envers l'ext&#233;rieur. Il est positif d'&#233;changer avec les autres pays du monde, mais il est en m&#234;me temps na&#239;f de le faire de fa&#231;on indiscrimin&#233;e, surtout quand on compare avec la politique commerciale suivie par d'autres comme la Chine et les Etats-Unis. Au niveau plan&#233;taire, la cohabitation de pays comme les n&#244;tres, visant &#224; un degr&#233; &#233;lev&#233; de solidarit&#233;, avec d'autres pays construits sur des bases sociales tr&#232;s diff&#233;rentes ne va pas de soi. Cela suppose une volont&#233; politique, qui ne peut s'exprimer d'abord qu'au niveau national, et ensuite dans un cadre europ&#233;en pour agir avec les autres pays du continent. Cette Europe-l&#224; serait tr&#232;s diff&#233;rente de celle qui est actuellement &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que le probl&#232;me de l'UE renforce le sentiment de dissolution du politique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un facteur majeur. Les Fran&#231;ais ne connaissent pas forc&#233;ment tr&#232;s bien les m&#233;canismes europ&#233;ens parce qu'ils sont complexes, mais ils peuvent les sentir. Ils voient bien que la plus grande partie de notre l&#233;gislation, en mati&#232;re &#233;conomique et financi&#232;re, est fabriqu&#233;e au niveau europ&#233;en et que cela leur &#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le poids de la dette participe-t-il au ph&#233;nom&#232;ne de soumission du politique au financier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais il faut pr&#233;ciser que les Etats se sont li&#233;s eux-m&#234;mes les mains en recourant de mani&#232;re d&#233;raisonnable &#224; la dette. Ce qui a conduit au surendettement, c'est l'absence de ma&#238;trise des d&#233;penses publiques. Notre pays compte parmi les plus fiscalis&#233;s et nous nous montrons incapables, malgr&#233; ces fortes recettes fiscales, de contr&#244;ler nos d&#233;penses. Cette dette est la source de futurs probl&#232;mes. Les taux d'int&#233;r&#234;t actuels sont anormalement bas. Le jour o&#249; ils vont remonter, la dette p&#232;sera tr&#232;s lourdement. C'est une situation inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;soudre le probl&#232;me de la dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit violemment, soit progressivement. Progressivement, c'est ce qu'a fait l'Angleterre au XIXe si&#232;cle avec l'&#233;norme dette accumul&#233;e apr&#232;s la guerre napol&#233;onienne. Cela consiste &#224; mieux ma&#238;triser les d&#233;penses publiques pour r&#233;sorber petit &#224; petit la dette. La m&#233;thode violente, c'est l'inflation, la monnaie qui fond. Cette voie nous est ferm&#233;e avec l'euro. Mais m&#234;me si on est en dehors, c'est une voie dangereuse et particuli&#232;rement pr&#233;judiciable pour la partie la plus fragile de la population. Une autre m&#233;thode violente est de faire d&#233;faut vis-&#224;-vis de nos cr&#233;anciers. C'est une voie presque r&#233;volutionnaire, qui nous isolerait du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles seraient les implications d'une sortie de l'Euro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l'euro est difficile, pas tant techniquement que politiquement. En effet, cela concerne l'argent que les gens ont dans leur poche, qui vaudra 20 % ou 30 % de moins. Techniquement, c'est r&#233;alisable d'autant que la quasi-totalit&#233; de la dette publique fran&#231;aise est libell&#233;e en monnaie nationale fran&#231;aise, qui est aujourd'hui l'euro. L&#233;galement, il est possible de transformer cette dette en francs. Mais ensuite contrairement &#224; ce qui est dit ici ou l&#224;, nous serions oblig&#233;s d'avoir des exc&#233;dents budg&#233;taires et commerciaux, parce que cela nous couperait la possibilit&#233; de nous endetter encore en devises. La sortie de l'Euro imposerait une politique beaucoup plus rigoureuse, une politique d'aust&#233;rit&#233; volontariste. Au contraire, l'Euro facilite trop l'endettement parce que les taux d'int&#233;r&#234;ts y sont tr&#232;s bas. Avec ou sans l'Euro, nous avons besoin de nous ressaisir collectivement et de faire des choix forts, notamment sur l'orientation de la d&#233;pense publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous ce que l'on appelle la financiarisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui une pr&#233;dominance du seul crit&#232;re financier dans notre syst&#232;me &#233;conomique. La profitabilit&#233; est importante en &#233;conomie, mais elle ne doit pas &#234;tre le seul horizon. Une partie de la finance est devenue court-termiste, avec le profit imm&#233;diat &#224; l'esprit. La finance est pourtant capable de penser les choses sur le long-terme. Par exemple, Amazon et d'autres ont mis de longues ann&#233;es avant d'&#234;tre rentables mais ont &#233;t&#233; financ&#233;es. Cela signifie que les financiers sont aussi capables de patience. Mais globalement, la finance est aujourd'hui mal orient&#233;e. Il y a besoin d'agir au niveau des financiers et des entreprises, mais aussi des r&#232;gles publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y avait jadis aux Etats-Unis des lois antitrust. Aujourd'hui, le gigantisme semble sans limite&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; anti-trust a d&#233;sormais compl&#232;tement disparu aux Etats-Unis. Les seuls qui s'en pr&#233;occupent encore sont &#224; la Commission de Bruxelles. Nous le voyons avec l'affaire Alstom-Siemens. J'ai de la sympathie pour l'id&#233;e que l'on refuse de laisser se cr&#233;er des entreprises qui seront trop grandes et &#233;craseront tout. Cependant, si nous faisons cela, cela implique une protection de nos march&#233;s vis-&#224;-vis de ceux qui laissent se d&#233;velopper des g&#233;ants, comme les Etats-Unis ou la Chine. Or, nous voulons emp&#234;cher le gigantisme chez nous en Europe, mais sans nous prot&#233;ger. La protection n'est pas la fermeture, c'est un moyen d'&#234;tre ouvert aux &#233;changes sans nous trouver en position de faiblesse vis-&#224;-vis de ceux qui n'ont pas les m&#234;mes r&#232;gles. C'est une question de coh&#233;rence. De ce point de vue, il faudrait un consensus europ&#233;en et une certaine coh&#233;rence fiscale, plut&#244;t que le dogme d'un march&#233; unique totalement ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Permanence n&#176; 576 &lt;i&gt;du 1er trimestre 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Solidarit&#233; nationale et mondialisation</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Solidarite-nationale-et-mondialisation.html</link>
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		<dc:date>2012-05-04T16:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est la nationalit&#233; qui fait le statut &#233;conomique d'un personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de base : la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend d&#233;sormais de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte politiquement que l'appartenance nationale est d&#233;sormais primordiale et que, dans l'ordre logique des facteurs, elle importe autant que l'appartenance sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui d&#233;finit l'horizon politique de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est la nationalit&#233; qui fait le statut &#233;conomique d'une personne.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de base : la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend d&#233;sormais de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous sommes en &#233;conomie mondialis&#233;e, au moins en partie importante. Or si la concurrence &#233;tait pure et parfaite au niveau mondial, sans interf&#233;rence politique ou sociale, c'est-&#224;-dire sans facteur national, toutes les personnes effectuant la m&#234;me t&#226;che sur la plan&#232;te seraient r&#233;mun&#233;r&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. D&#232;s lors, l'huissier ou la femme de m&#233;nage fran&#231;ais, l'artisan, l'&#233;picier ou le coiffeur seraient pay&#233;s de fa&#231;on proche de leur homologue chinois ou indien. Or ils gagnent massivement plus, directement ou apr&#232;s redistribution publique. Certes ils peuvent avoir une formation ou un savoir-faire meilleurs que ceux de leur conf&#232;re &#233;mergent, mais cela n'explique pas la diff&#233;rence. Leur positionnement &#233;conomique r&#233;el, et donc, dans une soci&#233;t&#233; marchande, une bonne part de ce qui fait leur position sociale, d&#233;pend donc principalement de leur nationalit&#233;. Les canaux pour ce faire sont multiples : ce peut-&#234;tre le stock accumul&#233; de capital dans leur pays, la proximit&#233; physique de ces acteurs comp&#233;titifs, la redistribution fiscale ou sociale, des formes subsistantes de protectionnisme etc. Et naturellement cela suppose un noyau d'&#233;conomie comp&#233;titive dans le pays. Mais le r&#233;sultat est clair - et plus ou moins consciemment les gens le savent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on &#233;tait en &#233;conomie ferm&#233;e, en la supposant possible, la question serait diff&#233;rente. Il n'y aurait pas concurrence directe avec l'&#233;tranger ; et les politiques suivies en interne, notamment de redistribution des revenus, &#233;chapperaient en partie &#224; la contrainte ext&#233;rieure. On pourrait alors soutenir comme la gauche que la question de la classe sociale est pr&#233;pond&#233;rante. Comme il se trouve que nous avons v&#233;cu il y a encore une g&#233;n&#233;ration dans une situation proche de celle-l&#224;, l'impression r&#233;tinienne subsiste et conduit &#224; des raisonnements faux. Mais naturellement une telle fermeture herm&#233;tique est aujourd'hui plus que jamais impossible, ne serait-ce que du fait de tout ce qu'il nous faut acheter &#224; l'&#233;tranger, et si on suivait cette voie notre niveau de vie global serait consid&#233;rablement plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte politiquement que l'appartenance nationale est d&#233;sormais primordiale et que, dans l'ordre logique des facteurs, elle passe avant l'appartenance sociale. La vision marxiste (prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous) a moins de sens que jamais ; elle est m&#234;me devenue essentiellement fausse pour la plus grande partie des gens. Cela n'enl&#232;ve pas sa valeur &#224; la redistribution fiscale ou sociale, bien au contraire ; mais justement cette redistribution est nationale ; c'est le m&#233;canisme par lequel la solidarit&#233; nationale s'exprime. Mais elle suppose que la nation ait de quoi partager, et donc qu'elle cr&#233;e collectivement la richesse voulue. D'o&#249; &#224; nouveau une n&#233;cessaire insertion dans l'&#233;conomie mondiale, ce qui ne veut pas dire une foi na&#239;ve dans l'ouverture incontr&#244;l&#233;e des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement la mondialisation exerce une pression en sens inverse. D'une part gr&#226;ce &#224; elle une partie des nationaux (les mieux plac&#233;s ou les mieux dot&#233;s) gagne ou esp&#232;re gagner plus, et peut consid&#233;rer la redistribution nationale comme un co&#251;t. C'est vrai notamment pour les grandes entreprises, une partie du secteur financier, les secteurs de pointe etc. Ce qui peut les pousser &#224; se retirer de la communaut&#233;, par l'exil ou en poussant &#224; la r&#233;duction des charges de solidarit&#233;. Et d'autre part nombreux sont ceux parmi les autres qui sentent le poids de la concurrence, par une d&#233;gradation de leur situation, particuli&#232;rement visible lors des d&#233;localisations - ou si la solidarit&#233; est moins g&#233;n&#233;reuse. Entre les deux enfin, de nombreux autres profitent de facteurs non li&#233;s &#224; la comp&#233;titivit&#233;, par effet de proximit&#233; (du coiffeur ou du plombier &#224; la banque de d&#233;tail) ou par le jeu d'un pouvoir (secteur public). D'o&#249; des tensions permanentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait en conclure de fa&#231;on pessimiste sur la communaut&#233;. En m&#234;me temps pourtant elle subsiste et reste essentielle pour la plus grande partie des gens : l'int&#233;r&#234;t y pousse d'abord, m&#234;me pour les plus performants qui peuvent difficilement vivre sans pays de r&#233;f&#233;rence et de soutien ; le poids de l'Etat aussi ; mais autant, voire surtout, des motifs politiques, affectifs et culturels. Il en r&#233;sulte que de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il est de l'int&#233;r&#234;t de tous que cette communaut&#233; maintienne ou d&#233;veloppe sa place dans le concert mondial, et donc que les comp&#233;titifs et les autres coop&#232;rent au mieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle communaut&#233; nationale ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une question essentielle dans ce contexte porte alors sur ce qui fonde cette solidarit&#233; nationale, ce qui constitue cette communaut&#233;, et ce qui peut la remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord la question de l'immigration. C'est l'aspect le plus visible et le plus significatif dans le d&#233;bat politique actuel : l'enjeu repr&#233;sent&#233; par la composition de la population elle-m&#234;me, nationale ou vivant sur son territoire. L'importance d&#233;cisive de l'appartenance &#224; une communaut&#233; &#8216;riche' encourage fortement les mouvements de population, mais en m&#234;me temps les rend malvenus pour la population d&#233;j&#224; install&#233;e. A cela s'ajoute le fait que ces populations appartiennent d&#233;sormais &#224; des ensembles culturels tr&#232;s diff&#233;rents de ceux du pays d'arriv&#233;e. D'o&#249; la pression pour restreindre ces mouvements ; ce qui explique que les restrictions soient plus grandes en Europe, o&#249; la redistribution est plus forte et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; avec les migrants plus grandes qu'ailleurs. D'o&#249; la mont&#233;e du Front national. D'o&#249; aussi l'incompr&#233;hension que manifeste la gauche &#224; l'&#233;gard de ces r&#233;alit&#233;s, car son logiciel est incapable de l'int&#233;grer. En m&#234;me temps, &#233;tant le parti de la redistribution, cette gauche peut arriver &#224; se maintenir &#233;lectoralement, mais c'est de fa&#231;on incoh&#233;rente avec son id&#233;ologie et sans possibilit&#233; d'action efficace .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique aussi une bonne partie des graves difficult&#233;s de l'Europe, notamment de la zone euro. Dans un tel contexte, elle n'aurait de sens que si elle &#233;tait le lieu d'une redistribution massive. Mais la base politique n'existe pas pour cela, qui est la solidarit&#233; nationale, qui suppose un peuple : or il n'y a pas de peuple europ&#233;en. Et m&#234;me si c'&#233;tait possible en th&#233;orie, la place est d&#233;j&#224; prise, par la nation justement ; et il n'y a pas place pour deux redistributions. Ce que les Allemands ou les Fran&#231;ais acceptent de redistribuer au sein de leur communaut&#233; nationale, ils ne le redistribueront pas au niveau de l'Europe. Ce qui ne retire pas tout r&#244;le &#224; l'Europe, mais le situe &#224; son v&#233;ritable niveau, qui est de coop&#233;ration entre peuples ou nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, r&#233;duire la communaut&#233; nationale et la solidarit&#233; correspondante au simple fait de la nationalit&#233; et &#224; l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel de la redistribution entre les nationaux n'est pas tr&#232;s r&#233;aliste. D'abord on l'a dit parce que la question centrale avant de distribuer est de disposer d'une base &#233;conomique suffisante, ce qui suppose d'&#234;tre comp&#233;titif en &#233;tant ins&#233;r&#233; dans une &#233;conomie au moins en partie mondialis&#233;e, m&#234;me si on red&#233;finit les modalit&#233;s de cette insertion. Ensuite parce qu'en d&#233;finitive ce qui fonde cette solidarit&#233; est le fait de partager des valeurs communes qui soient des r&#233;f&#233;rences porteuses de sens ; elles peuvent alors &#234;tre partag&#233;es &#224; l'occasion avec des immigr&#233;s acceptant de s'int&#233;grer dans une communaut&#233; qui vit ces valeurs et porte ce patrimoine. Mais pour v&#233;ritablement fonder une communaut&#233;, il faut que ces valeurs fassent r&#233;f&#233;rence &#224; un bien commun, reconnu objectivement comme bien, et rep&#233;rable gr&#226;ce &#224; l'&#233;clairage d'un patrimoine de r&#233;f&#233;rences commun, une tradition nationale. Le relativisme ambiant ne permet pas de l'assurer : une v&#233;ritable communaut&#233; ne peut &#234;tre compos&#233;e d'&#233;lecteurs-consommateurs constamment insatisfaits et soucieux exclusivement de mener &#224; leur gr&#233; un genre de vie jouissif et irresponsable - m&#234;me s'il se drape dans une rh&#233;torique d&#233;mocratique, car alors les divergences d'int&#233;r&#234;t &#233;voqu&#233;es ci-dessus l'emportent. Mais aucun des partis en lice n'a v&#233;ritablement r&#233;pondu &#224; ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communaut&#233; nationale et insertion mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La prise en compte de ces r&#233;alit&#233;s dessine l'horizon de la soci&#233;t&#233; : elle ne peut &#234;tre qu'&#224; la fois nationale et &#224; ouverture mondiale, elle doit aussi &#234;tre &#224; la recherche d'un vrai bien commun, moralement fond&#233;. Nationale, car c'est la seule forme de communaut&#233; solidaire viable aujourd'hui. A ouverture mondiale, car outre qu'une vraie civilisation est ouverte et rayonnante, c'est le seul moyen d'assurer de quoi maintenir cette coh&#233;sion, ne serait-ce que dans sa dimension mat&#233;rielle. Mais &#224; condition que cette solidarit&#233; soit orient&#233;e vers un bien commun objectif, sans quoi il n'y a plus de base pour une vie commune. La mesure dans laquelle sera r&#233;alis&#233;e la combinaison de ces trois dimensions est ce qui d&#233;terminera de fa&#231;on d&#233;cisive notre destin n&#233;cessairement commun. C'est donc l&#224; qu'est la t&#226;che prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En liaison avec Libert&#233; Politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mondialisation, nation et d&#233;mocratie </title>
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		<dc:date>2010-05-02T17:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le dilemme politique de notre temps &lt;br class='autobr' /&gt;
La cohabitation entre un syst&#232;me &#233;conomique capitaliste et la souverainet&#233; nationale d&#233;mocratique n'est jamais all&#233;e de soi . Et cela ne sert &#224; rien d'id&#233;aliser la p&#233;riode tr&#232;s particuli&#232;re de l'apr&#232;s-guerre, o&#249; les deux ont converg&#233;. La logique des march&#233;s et des affaires est diff&#233;rente de celle de la vie politique comme des priorit&#233;s d&#233;mocratiques. Et il faut &#234;tre conscient de l'incapacit&#233; des entreprises et des milieux patronaux &#224; comprendre la vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme politique de notre temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cohabitation entre un syst&#232;me &#233;conomique capitaliste et la souverainet&#233; nationale d&#233;mocratique n'est jamais all&#233;e de soi . Et cela ne sert &#224; rien d'id&#233;aliser la p&#233;riode tr&#232;s particuli&#232;re de l'apr&#232;s-guerre, o&#249; les deux ont converg&#233;. La logique des march&#233;s et des affaires est diff&#233;rente de celle de la vie politique comme des priorit&#233;s d&#233;mocratiques. Et il faut &#234;tre conscient de l'incapacit&#233; des entreprises et des milieux patronaux &#224; comprendre la vie politique, ses r&#233;alit&#233;s et ses contraintes : pour fonctionner, elle doit &#234;tre assum&#233;e par d'autres qu'eux, m&#234;me si les entreprises influencent le processus politique et social. Les deux syst&#232;mes peuvent donc diverger, ce qui entra&#238;ne une frustration des citoyens, dont les budgets portent la trace. Ceci dit la d&#233;mocratie peut difficilement fonctionner sans &#233;conomie de march&#233;, alors que l'inverse n'est pas &#233;vident : la Chine nous offre l'exemple d'un capitalisme florissant dans un pays non d&#233;mocratique. Bien qu'incapable par nature d'assumer la fonction politique, l'&#233;conomie capitaliste a une capacit&#233; d'autonomie et d'adaptation sup&#233;rieures &#224; la lourde m&#233;canique d&#233;mocratique. Mais &#224; vrai dire, dans le champ politique moderne, plus que la d&#233;mocratie, relativement fragile, le point fort est la nation, et a fortiori l'&#233;tat-nation lorsqu'il est constitu&#233;. La d&#233;mocratie a besoin d'une communaut&#233; nationale solide et coh&#233;rente car en commun se trouve la notion de peuple : toute vie collective suppose une identification mutuelle, des liens assurant une coh&#233;sion subjectivement v&#233;cue et assum&#233;e. Mais l'inverse est moins &#233;vident : le principe national peut &#234;tre fort sans qu'une d&#233;mocratie formelle existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat-nation d&#233;mocratique (ins&#233;r&#233; dans une &#233;conomie de march&#233;) a r&#233;sult&#233; de la combinaison de ces divers &#233;l&#233;ments, et a &#233;t&#233; le mod&#232;le indiscut&#233; de l'apr&#232;s-guerre. Mais la mondialisation &#233;conomique a remis en cause ce mod&#232;le de gestion de l'&#233;conomie et du social, per&#231;u depuis 1945 comme un facteur de coh&#233;sion majeur. Et l'&#233;conomie semble largement &#233;chapper &#224; l'emprise des Etats, au moment m&#234;me o&#249; ils s'emp&#234;trent dans de lourdes politiques de redistribution. L'ampleur des pr&#233;l&#232;vements finit par &#234;tre jug&#233;e insupportable dans la comp&#233;tition ; et le sentiment m&#234;me de solidarit&#233; est att&#233;nu&#233;. D'o&#249; des tensions &#224; l'int&#233;rieur des pays avanc&#233;s, qui sont d&#233;mocratiques. La probabilit&#233; est que tout ceci finisse par faire voler en &#233;clats le mod&#232;le social-d&#233;mocrate. Mais cela remet-il en cause le r&#244;le central de l'Etat nation ? Nous ne le pensons pas. Il faut &#233;carter d'abord l'id&#233;e que les entreprises puissent mettre en place un niveau de pouvoir quasi-politique qui d&#233;passe les Etats et leur &#233;chappe. Elles ne constituent pas en elles-m&#234;mes des communaut&#233;s v&#233;ritables, capables de se substituer au politique ; et sauf tr&#232;s rares exceptions elles ne s'emparent ni de l'usage de la force, ni de l'aptitude &#224; dire le droit, ni de la gestion d'un peuple ou d'un territoire. M&#234;me si par leur poids financier elles peuvent influencer la voix des m&#233;dia, l'essentiel leur &#233;chappe : en t&#233;moigne l'emprise dominante de la rh&#233;torique de gauche sur les m&#233;dias dans tous les pays, Etats-Unis compris. De leur c&#244;t&#233;, les organisations internationales peuvent &#224; l'occasion relativiser le pouvoir des Etats-nations. Mais elles n'ont pas de pouvoir par elles-m&#234;mes, au-del&#224; des Etats qui les mandatent. Le d&#233;passement de l'Etat national est donc &#224; vue d'&#339;il improbable. La mondialisation doit cohabiter de fa&#231;on durable avec le maintien d'entit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de l'autre c&#244;t&#233;, ces Etats, affaiblis par la mondialisation, voient les demandes de leurs citoyens s'accro&#238;tre, parfois de fa&#231;on impossible &#224; satisfaire, ce qui secoue le consensus national, au moment m&#234;me o&#249; les structures de solidarit&#233; s'affaiblissent, &#224; commencer par la famille ou l'identification culturelle. Ceci dit, si ces facteurs affaiblissent la capacit&#233; des Etats nations &#224; agir ils n'en diminuent pas le r&#244;le. Les Etats-nations sont seuls garants de la stabilit&#233; et de la solidarit&#233; des soci&#233;t&#233;s et plus encore de leur s&#233;curit&#233; (vitale dans une &#233;poque d'instabilit&#233;), de la sant&#233; &#224; la s&#233;curit&#233; physique et &#233;conomique &#224; la comp&#233;titivit&#233;, sans parler du droit (l'ex&#233;cution des contrats). La gestion de la force physique, militaire, polici&#232;re et judiciaire, normative et fiscale, est un monopole d'Etat. On peut m&#234;me dire que la mondialisation serait impossible, sans la s&#233;curit&#233; sous toutes ses formes que les Etats procurent. Partout hors Europe le sentiment national et la souverainet&#233; &#233;tatique restent forts, excluant toute tendance &#224; l'unification. Certes un pays domine le processus de mondialisation, les Etats-Unis. Mais Etat-nation par excellence, ils ne sortent pas de ce cadre. C'est m&#234;me parce qu'ils sont &#8216;d&#233;mocratiques' qu'ils r&#233;sistent &#224; toute construction supranationale d'ordre politique qui voudrait se surimposer &#224; ce processus. Et ce n'est un empire qu'au sens figur&#233; car ils n'assument pas la responsabilit&#233; politique d'autres pays, sauf exception. En outre il faut rappeler les limites de ce pouvoir : la pr&#233;dominance chez eux des facteurs internes, et une tendance &#224; poser les choix ext&#233;rieurs en blanc ou noir. Certes on discerne l'&#233;mergence d'autres formes de domination, largement am&#233;ricaines, qui ne se concentrent pas sur le politique, mais sur d'autres sph&#232;res, &#233;conomiques ou culturelles, non d&#233;mocratiques, et on peut imaginer une densification de ces r&#233;seaux internationaux qui ronge la r&#233;alit&#233; des autres pouvoirs. Les Etats-nations pourraient se maintenir, pr&#233;servant la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, mais troquant une partie de leur r&#244;le souverain contre celui de lobbyiste. On aurait alors un contournement relatif du pouvoir politique, en partie rationalis&#233; par la complexit&#233; des questions pos&#233;es, n&#233;cessitant des opinions d'experts difficiles &#224; &#233;valuer d&#233;mocratiquement. Une telle &#233;volution prolonge des traits constatables d&#232;s aujourd'hui. Mais sa faiblesse principale serait politique. En effet il n'y aurait pas de structure politique l&#233;gitime, au-del&#224; des apparences, et le seul cadre l&#233;gitime resterait &#233;tatique et national, quoique affaibli. Ce ne pourrait donc &#234;tre au plus qu'une situation de transition. En outre un tel syst&#232;me ne pourrait s'&#233;tendre &#224; toute la plan&#232;te, surtout pas en Asie, o&#249; le sentiment national est intense, et fort des r&#233;sultats obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc le r&#244;le du niveau politique reste irrempla&#231;able, et ne se situe &#224; vue humaine qu'au niveau de l'Etat-nation, il garde une capacit&#233; d'action appr&#233;ciable par rapport aux acteurs de la vie &#233;conomique et financi&#232;re mondialis&#233;e. Les entreprises multinationales, quelle que soit leur force, ne peuvent d&#233;finir les conditions de vie collective des hommes, les soci&#233;t&#233;s, qui rel&#232;vent du politique. Quant aux march&#233;s, notamment financiers, cela fait des si&#232;cles qu'ils existent, et sont une donn&#233;e exog&#232;ne pour les d&#233;cideurs politiques. Mais un march&#233; ne fait que refl&#233;ter un &#233;tat des rapports &#233;conomiques du moment ; il ne dicte pas &#224; lui seul une conduite. Il ne faut pas n&#233;gliger les indications qu'il donne, mais ce ne sont que des indications de prix, des param&#232;tres importants pour la faisabilit&#233; de telle ou telle action mais qui ne dictent pas le choix. Certes le poids des uns et des autres est plus important qu'il n'&#233;tait autrefois, du fait de la division du travail au niveau mondial et du jeu de la comp&#233;tition, et il serait vain de vouloir compl&#232;tement &#233;chapper &#224; cette contrainte comme telle. Mais ce n'est pas le diktat d'une conduite : c'est un environnement dont il faut tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la vraie contrainte, la plus dure, pour un r&#233;gime politique, surtout d&#233;mocratique, est du c&#244;t&#233; de sa population : quelles sont les valeurs qui l'habitent, quelle est sa vision du monde et ses priorit&#233;s ? Au niveau plan&#233;taire, ce qu'on constate est que le patriotisme est le meilleur indice de la volont&#233; de d&#233;veloppement et de progr&#232;s d'un pays. Un pays conscient de lui-m&#234;me et d&#233;cid&#233; &#224; assurer sa survie et son d&#233;veloppement avec les meilleures chances, part avec un avantage majeur ; et les pays d'Europe ne font pas ici bonne figure, &#224; l'oppos&#233; de l'Asie ou des Am&#233;riques. Mais cela ne suffit pas. Il faut en outre une claire conscience des enjeux, notamment culturels. Et c'est l&#224; que la d&#233;faillance est g&#233;n&#233;rale : m&#234;me les pays d'Asie orientale qui ont montr&#233; l'efficacit&#233; d'un mod&#232;le culturel sur ce plan relativement traditionnel tendent &#224; adopter les c&#244;t&#233;s douteux de la sous-culture am&#233;ricaine. C'est a fortiori vrai si on se fixe des ambitions plus nobles, dans la tradition catholique, car alors on mesure l'insuffisance spirituelle qui est la n&#244;tre. C'est donc l&#224; que le b&#226;t blesse, et non dans les outils encore disponibles pour permettre de d&#233;velopper un vrai programme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Publi&#233; &#224; l'origine dans Permanence)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en lire plus : voir notre livre Les Nations et leur Destin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les nations et leur destin</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Politique nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Nation et ethnie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence unique domine la soci&#233;t&#233; internationale : l'&#201;tat-nation d&#233;mocratique. Il lie souverainet&#233; &#233;tatique, nation ou peuple, et d&#233;mocratie repr&#233;sentative dans seul mod&#232;le de vie commune. De fait, il n'y a pas aujourd'hui de d&#233;mocratie autre que nationale, pas d'&#201;tat qui ne se veuille une nation, et pas corps souverain autre que l'&#201;tat. Ce mod&#232;le est le seul &#224; conf&#233;rer leur l&#233;gitimit&#233; aux membres de la soci&#233;t&#233; internationale. Seul, il est cens&#233; assurer la coh&#233;sion sociale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/nations_et_destin.webp?1787417301' class='spip_logo spip_logo_right' width='99' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.decitre.fr/livres/les-nations-et-leur-destin-9782868397140.html?srsltid=AfmBOoq-QCPe_k5ZpZ4IcvfIo2fX9k0U5E_LitKXzz4b4jnq3qzQlkvx&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.decitre.fr/livres/les-n...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence unique domine la soci&#233;t&#233; internationale : l'&#201;tat-nation d&#233;mocratique. Il lie souverainet&#233; &#233;tatique, nation ou peuple, et d&#233;mocratie repr&#233;sentative dans seul mod&#232;le de vie commune. De fait, il n'y a pas aujourd'hui de d&#233;mocratie autre que nationale, pas d'&#201;tat qui ne se veuille une nation, et pas corps souverain autre que l'&#201;tat. Ce mod&#232;le est le seul &#224; conf&#233;rer leur l&#233;gitimit&#233; aux membres de la soci&#233;t&#233; internationale. Seul, il est cens&#233; assurer la coh&#233;sion sociale, exprimer une volont&#233; collective et pouvoir exercer une contrainte l&#233;gale. Ce mod&#232;le, dominant est pourtant confront&#233; &#224; de grand menaces. La mondialisation d&#233;fie l'&#201;tat et sa souverainet&#233; ; les mouvements d'hommes et les brassages de cultures remette en cause la nation ; la d&#233;mocratie est rong&#233;e par l'individualisme ou le relativisme. Nul doute d&#232;s lors que l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des situations locales ira croissante, alors m&#234;me que le villas plan&#233;taire se resserre : il faut ainsi qu'y cohabitent des Etat Unis h&#233;g&#233;moniques, une Chine et une Inde en pleine mont&#233; une Europe h&#233;sitante, un monde musulman r&#233;volt&#233; et divin et une Afrique d&#233;sesp&#233;r&#233;e. Le destin des nations est ouvert. O&#249; va-t-il ? Vers l'Empire sous la houlette des Am&#233;ricains ? Vers la confrontation des puissances ? Vers une unification progressive, une d&#233;mocratie mondiale de plus en plus compl&#232;te ? Vers une forme d'anarchie ? Le plus probable est qu'il sera domin&#233; par l'instabilit&#233;. Le respect des nations, quelles que soient les p&#233;rip&#233;ties, sera 1a seule garantie et le seul instrument de la paix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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