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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Petite analyse de la D&#233;claration Dominus Iesus</title>
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		<dc:date>2019-02-11T17:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Pluralit&#233; des religions</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;veloppement doctrinal</dc:subject>
		<dc:subject>Dominus Jesus</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;claration de Duba&#239;</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralisme et v&#233;rit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Syncr&#233;tisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au vu des d&#233;bats suscit&#233;s par la r&#233;cente d&#233;claration de Duba&#239; (4 f&#233;vrier 2019) entre le pape Fran&#231;ois et le grand Imam d'Al Azhar, et plus exactement la question de la pluralit&#233; des religions ainsi que l'emploi du terme &#8216;foi' pour d&#233;signer des croyances religieuses en dehors de la R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne, je vous propose la lecture &#233;clairante d'un texte publi&#233; en 2000, la D&#233;claration Dominus Iesus. Emise comme document doctrinal par la Congr&#233;gation de la Doctrine de la Foi, alors dirig&#233;e par le Cardinal Ratzinger, et approuv&#233;e par saint Jean-Paul II, elle fait une synth&#232;se de l'enseignement de l'Eglise catholique sur ces points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous en trouverez ci-apr&#232;s une courte analyse.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Syncretisme-+.html" rel="tag"&gt;Syncr&#233;tisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite analyse de la D&#233;claration &lt;i&gt;Dominus Iesus&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(Extraits de mon livre publi&#233; en 2000, &lt;i&gt;Le Ciel et la For&#234;t&lt;/i&gt; Dominique Martin Morin, tome II)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Unicit&#233; du christianisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La d&#233;claration Dominus Jesus est le premier texte r&#233;cent du magist&#232;re catholique &#224; aborder la question de pluralit&#233; religieuse. Si elle n'avance volontairement aucun &#233;l&#233;ment nouveau, le fait de r&#233;affirmer solennellement un ensemble d'&#233;l&#233;ments traditionnels est en soi tr&#232;s important, avec une approbation marqu&#233;e du pape Jean-Paul II (tant dans le corps du texte que dans l'audience qui a suivi, o&#249; il a d&#233;fendu avec vivacit&#233; la d&#233;claration contre ses d&#233;tracteurs). Elle vise explicitement la d&#233;rive relativiste qui affecte de nombreux chr&#233;tiens, en particulier dans les milieux se r&#233;clamant du dialogue entre religions. Les tr&#232;s nombreuses citations de ce texte sont presque toutes soit tir&#233;es de l'Ecriture, soit tr&#232;s r&#233;centes (Vatican II et les deux derniers papes), comme pour souligner l'actualit&#233; et la permanence des enseignements correspondants. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le fait central est la r&#233;affirmation de l'unicit&#233; et de l'universalit&#233; du salut apport&#233; par le Christ. Tout homme qui est sauv&#233; l'est par le seul Christ, Fils de Dieu, &#224; la fois Dieu et Homme, qui S'est incarn&#233; et est mort pour nous ; cons&#233;quemment, ce salut passe &#233;galement n&#233;cessairement par l'Eglise, Corps mystique du Christ, qui rassemble le peuple des rachet&#233;s, et prolonge l'action du Christ notamment en r&#233;pandant Son enseignement et en diffusant les gr&#226;ces sacramentelles. Le message de ce salut, et plus g&#233;n&#233;ralement la R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne, apport&#233;s par le Fils de Dieu Lui-m&#234;me, sont complets et d&#233;finitifs, en cela qu'ils contiennent tout ce qui a &#233;t&#233; et doit &#234;tre r&#233;v&#233;l&#233; par Dieu aux hommes. L'action de l'Esprit saint au cours de l'histoire s'inscrit &#233;galement dans ce contexte, puisque l'Esprit est esprit du Verbe incarn&#233;. D'o&#249; le r&#244;le essentiel de l'annonce de ce message de salut, et donc du devoir missionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En sens contraire les relativismes contemporains prennent des formes vari&#233;es, mais qui ont en commun de ne pas reconna&#238;tre cette unicit&#233;, tant du r&#244;le du Christ que du message correspondant : soit qu'on admette d'autres conceptions possibles, parall&#232;les &#224; celle-l&#224; bien que contradictoires, soit qu'on pr&#233;tende que la v&#233;rit&#233; est hors de port&#233;e, soit qu'on ne reconnaisse pas &#224; cet &#233;v&#232;nement de l'Incarnation sa signification radicalement originale et unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;claration rappelle les nombreux textes de l'Ecriture qui affirment de la fa&#231;on la plus claire ce r&#244;le unique. Elle confirme que cette unicit&#233; est comme nous l'avons montr&#233; intrins&#232;que au message chr&#233;tien : si en effet Dieu, en la personne du Fils, S'est incarn&#233; et est mort puis ressuscit&#233; pour le salut des hommes, un tel &#233;v&#232;nement, pour celui qui l'accueille et y croit, devient n&#233;cessairement le fait central de sa foi. Dieu ne S'est incarn&#233; et est mort pour nous qu'une fois, en un endroit et un moment pr&#233;cis ; et le message de salut qu'Il a apport&#233;, comme Dieu et comme homme, est &#233;videmment unique et suffisant. En le disant les Evangiles et &#224; leur suite l'Eglise ne font que souligner ce qui et la logique m&#234;me de cette Bonne nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me remarque vaut pour l'Eglise : si Dieu S'est incarn&#233;, une seule fois en un seul endroit, et a fond&#233; une communaut&#233; d'hommes avec mission d'accueillir leurs fr&#232;res en leur annon&#231;ant ce message de salut, cette communaut&#233; est unique. Et lorsqu'il est rappel&#233; que l'Eglise du Christ &#8216;subsiste' en la seule Eglise catholique, on reste l&#224; encore dans la simple logique : ce qui constitue l'Eglise catholique est pr&#233;cis&#233;ment le fait de remonter &#224; cette fondation sans discontinuit&#233;, et de trouver en elle l'origine de ses institutions (notamment avec la succession &#233;piscopale, et l'ensemble des sacrements). On peut ne pas &#234;tre d'accord, mais on ne peut nier que c'est la raison d'&#234;tre m&#234;me de cette Eglise. Le texte le rappelle (16) : &#8216;Par l'expression subsistit in, le Concile Vatican II (Lumen gentium, n. 8) a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d'une part, que malgr&#233; les divisions entre chr&#233;tiens, l'&#201;glise du Christ continue &#224; exister en pl&#233;nitude dans la seule &#201;glise catholique ; d'autre part, &#171; que des &#233;l&#233;ments nombreux de sanctification et de v&#233;rit&#233; subsistent hors de ses structures &#187;, c'est-&#224;-dire dans les &#201;glises et Communaut&#233;s eccl&#233;siales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'&#201;glise catholique. Mais il faut affirmer de ces derni&#232;res que leur &#171; force d&#233;rive de la pl&#233;nitude de gr&#226;ce et de v&#233;rit&#233; qui a &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; l'&#201;glise catholique &#187; (Vat. II, D&#233;cr. Unitatis redintegratio, n. 3.)' L&#224; encore on reste dans la simple logique : si ces sacrements et institutions sont effectivement d'origine divine, et sont des instruments constitutifs de l'Eglise, une communaut&#233; humaine qui ne les a pas tous n'est pas pleinement &#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte contient de nombreux d&#233;veloppements tr&#232;s riches sur lesquels nous ne pouvons nous &#233;tendre (notamment sur l'articulation de l'Eglise et du Royaume). Nous nous concentrerons sur les deux questions du rapport avec les autres religions, et du salut des non-chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les autres religions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les autres religions, la d&#233;claration rappelle que la reconnaissance par le texte conciliaire Dignitatis Humanae des valeurs et v&#233;rit&#233;s qu'elles contiennent, qui d&#233;bouche sur le dialogue inter religieux, n'exclut en rien la mission, dont le dialogue est &#8216;l'accompagnement'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cons&#233;quence tr&#232;s importante de l'unicit&#233; du christianisme est en effet que la foi chr&#233;tienne est de nature diff&#233;rente des diverses croyances. Comme le dit le document (7) : &#8216;On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi th&#233;ologale [celle du chr&#233;tien] et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil dans la gr&#226;ce de la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, qui &#171; permet de p&#233;n&#233;trer le myst&#232;re, dont elle favorise une compr&#233;hension coh&#233;rente &#187; (Jean-Paul II, Encycl. Fides et ratio, n. 13), la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'exp&#233;riences et de r&#233;flexions, tr&#233;sors humains de sagesse et de religiosit&#233;, que l'homme dans sa recherche de la v&#233;rit&#233; a pens&#233; et v&#233;cu, pour ses relations avec le Divin et l'Absolu'. Et le texte poursuit : &#8216;Cette distinction n'est pas toujours pr&#233;sente dans la r&#233;flexion actuelle, ce qui provoque souvent l'identification entre la foi th&#233;ologale, qui est l'accueil de la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par le Dieu Un et Trine, et la croyance dans les autres religions, qui est une exp&#233;rience religieuse encore &#224; la recherche de la v&#233;rit&#233; absolue, et encore priv&#233;e de l'assentiment &#224; Dieu qui se r&#233;v&#232;le'. Les mots sont pes&#233;s : on a d'un c&#244;t&#233; la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e de Dieu, de l'autre le fruit des recherches de l'homme : au mieux une exp&#233;rience religieuse non aboutie. Encore une fois ceci n'est que la cons&#233;quence imm&#233;diate du message chr&#233;tien : si le Christ est Dieu, ce qu'Il dit est la v&#233;rit&#233; ; et qui ignore cette v&#233;rit&#233; ne peut pr&#233;tendre avoir acc&#232;s &#224; l'autor&#233;v&#233;lation de Dieu ; d&#232;s lors ce qu'il croit n'est pas connaissance r&#233;v&#233;l&#233;e de et par Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quemment, les textes de ces religions, quel que soit le r&#244;le b&#233;n&#233;fique qu'ils puissent jouer ou avoir jou&#233;, ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &#8216;livres inspir&#233;s', c'est-&#224;-dire r&#233;dig&#233;s sous l'inspiration de l'Esprit saint et constituant ensemble le corpus de ce que Dieu a r&#233;v&#233;l&#233; aux hommes. Bien entendu l'Esprit saint agit dans l'histoire, mais c'est comme Esprit du Verbe ; on ne saurait donc opposer un r&#244;le sp&#233;cifique du Verbe limit&#233; au seul christianisme, oppos&#233; &#224; une action de l'Esprit qui se ferait sentir de fa&#231;on comparable dans les diff&#233;rentes religions. C'est toujours le Christ qui agit. Comme dit le texte (12), [&#8230;] [citant] Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris missio, n. 28. &#8216;Tout en reconnaissant le r&#244;le historico-salvifique de l'Esprit dans l'univers entier et dans toute l'histoire (ibidem) le Magist&#232;re pr&#233;cise cependant : &#171; Ce m&#234;me Esprit a agi dans l'incarnation, dans la vie, la mort et la r&#233;surrection de J&#233;sus, et il agit dans l'&#201;glise. Il ne se substitue donc pas au Christ, et il ne remplit pas une sorte de vide, comme, suivant une hypoth&#232;se parfois avanc&#233;e, il en existerait entre le Christ et le Logos. Ce que l'Esprit fait dans le c&#339;ur des hommes et dans l'histoire des peuples, dans les cultures et les religions, remplit une fonction de pr&#233;paration &#233;vang&#233;lique et cela ne peut pas &#234;tre sans relation au Christ, le Verbe fait chair par l'action de l'Esprit, &#8220;afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et r&#233;capitule toutes choses en lui&#8221; &#187; (Ibidem, n. 29).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne veut pas dire que Dieu n'utilise pas ces autres religions. En effet comme dit le texte (8) &#8216;Cependant, parce qu'il veut appeler &#224; lui tous les peuples en J&#233;sus-Christ et leur communiquer la pl&#233;nitude de sa r&#233;v&#233;lation et de son amour, Dieu ne manque pas de se rendre pr&#233;sent de mani&#232;re multiforme &#171; non seulement aux individus mais encore aux peuples, par leurs richesses spirituelles dont les religions sont une expression principale et essentielle, bien qu'elles comportent &#8220;des lacunes, des insuffisances et des erreurs&#8221; &#187; (Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris missio, n. 55). Par cons&#233;quent, les livres sacr&#233;s des autres religions qui de fait nourrissent et dirigent l'existence de leurs adeptes, re&#231;oivent du myst&#232;re du Christ les &#233;l&#233;ments de bont&#233; et de gr&#226;ce qu'ils contiennent.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, ce qu'ils contiennent de bon peut aider les fid&#232;les de ces religions &#224; se tourner vers Dieu, et peuvent &#234;tre par-l&#224; instruments de la gr&#226;ce ; &#233;tant entendu que ces &#233;l&#233;ments b&#233;n&#233;fiques proviennent du Christ. On retrouve les notions caract&#233;ristiques de &#8216;semences du verbe' et de &#8216;pr&#233;paration &#233;vang&#233;lique'. En bref, les autres religions et plus g&#233;n&#233;ralement tout ce qu'ont de bon les diff&#233;rentes cultures humaines est anim&#233; par l'Esprit, qui est Esprit du Christ ; mais ceci est de nature et de signification tr&#232;s diff&#233;rente de la R&#233;v&#233;lation directe et explicite de Dieu par Lui-m&#234;me, notamment dans l'Incarnation et la R&#233;demption [&#8230;] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de ces religions doit donc &#234;tre examin&#233; dans le cadre de cette unique m&#233;diation du Christ. Sur les modalit&#233;s de cette m&#233;diation la recherche th&#233;ologique est ouverte, mais &#224; condition de rester dans ce cadre. Comme le dit le texte (14) : &#8216;Il faut donc croire fermement comme v&#233;rit&#233; de foi catholique que la volont&#233; salvifique universelle du Dieu Un et Trine est manifest&#233;e et accomplie une fois pour toutes dans le myst&#232;re de l'incarnation, mort et r&#233;surrection du Fils de Dieu. Compte tenu de cette donn&#233;e de foi, la th&#233;ologie d'aujourd'hui, lorsqu'elle m&#233;dite sur la pr&#233;sence d'autres exp&#233;riences religieuses et sur leur signification dans le plan salvifique de Dieu, est invit&#233;e &#224; examiner les aspects et les &#233;l&#233;ments positifs de ces religions : entrent-ils dans le plan divin de salut ? Comment ? La recherche th&#233;ologique trouve dans cette r&#233;flexion un vaste champ de travail sous la direction du Magist&#232;re de l'&#201;glise. Le Concile Vatican II a d'ailleurs affirm&#233; que &#171; l'unique m&#233;diation du R&#233;dempteur n'exclut pas, mais suscite au contraire une coop&#233;ration vari&#233;e de la part des cr&#233;atures, en d&#233;pendance de l'unique source &#187; (Vat.II, Lumen gentium, n. 62). Il faut &#233;lucider le contenu de cette m&#233;diation particip&#233;e, qui doit rester guid&#233;e par le principe de l'unique m&#233;diation du Christ : &#171; Le concours de m&#233;diations de types et d'ordres divers n'est pas exclu, mais celles-ci tirent leur sens et leur valeur uniquement de celle du Christ, et elles ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme parall&#232;les ou compl&#233;mentaires &#187; (Jean-Paul II, Encycl. Redemptoris missio, n. 5). Les solutions qui envisageraient une action salvifique de Dieu hors de l'unique m&#233;diation du Christ seraient contraires &#224; la foi chr&#233;tienne et catholique.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On revient donc &#224; l'unicit&#233; intrins&#232;que du message chr&#233;tien. Comme dit le texte (15) : &#8216;On se propose souvent d'&#233;viter en th&#233;ologie des termes comme &#171; unicit&#233; &#187;, &#171; universalit&#233; &#187;, &#171; absolu &#187;, parce qu'ils donneraient l'impression d'une insistance excessive sur le sens et la valeur de l'&#233;v&#233;nement salvifique de J&#233;sus-Christ vis-&#224;-vis des autres religions. Or, ce langage exprime en fin de compte la fid&#233;lit&#233; &#224; la r&#233;v&#233;lation, car il est un d&#233;veloppement : il provient des sources m&#234;mes de la foi. La communaut&#233; des croyants a en effet imm&#233;diatement reconnu la vertu salvifique sp&#233;cifique de J&#233;sus : par cette vertu, lui seul, comme Fils de Dieu fait homme crucifi&#233; et ressuscit&#233;, donne la r&#233;v&#233;lation (cf. Mt 11,27) et la vie divine (cf. Jn 1,12 ; 5,25-26 ; 17,2) &#224; toute l'humanit&#233; et &#224; chaque homme par la mission re&#231;ue du P&#232;re et dans la puissance du Saint-Esprit. Dans cette mesure, on peut et on doit dire que J&#233;sus-Christ a une fonction unique et singuli&#232;re pour le genre humain et pour son histoire : cette fonction lui est propre, elle est exclusive, universelle et absolue.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si l'on souhaite en compl&#233;ment r&#233;fl&#233;chir sur la place des autres religions, on constate donc d'une part que Dieu est &#224; l'&#339;uvre dans ce qu'elles ont de bon, mais que d'autre part elles ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme relevant d'une v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation. Il appara&#238;t donc bien qu'elles rel&#232;vent de l'action normale de Dieu en l'homme, allant &#224; la rencontre des efforts de l'homme lequel utilise ces dons naturels que Dieu a mis en lui, qui est fait par Lui &#224; Son image. On peut donc envisager une action providentielle du Christ, par son Esprit, &#233;veillant ou encourageant telle ou telle disposition ou r&#233;flexion possible. Mais ce n'est pas une R&#233;v&#233;lation. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon un paradoxe apparent, les religions de l'Inde peuvent &#234;tre appr&#233;hend&#233;es comme ensemble certes disparate mais f&#233;cond de &#8216;semences du Verbe', m&#234;l&#233;es &#224; des sp&#233;culations erron&#233;es, et l'on peut esp&#233;rer que comme la philosophie grecque (c'est-&#224;-dire apr&#232;s transformation radicale) les h&#233;ritiers de ces grandes cultures puissent en extraire des &#233;l&#233;ments propres &#224; enrichir non le christianisme, mais notre compr&#233;hension de ses richesses. En revanche, &#224; nouveau le cas de l'Islam fait probl&#232;me : apparu apr&#232;s le christianisme et parfois &#224; ses d&#233;pens, pour l'essentiel construit &#224; partir de la Bible ou de textes chr&#233;tiens non canoniques, ce n'est pas un bon candidat au r&#244;le de &#8216;semina Verbi'. Il semble donc qu'il faille ici faire intervenir une autre configuration, &#233;galement pr&#233;sente dans les h&#233;r&#233;sies, celle dans laquelle un &#233;l&#233;ment de connaissance de Dieu est bien pr&#233;sent, fourni en l'esp&#232;ce non par l'effort de recherche de l'homme mais par une vraie R&#233;v&#233;lation, celle de la Bible ; mais il se trouve que dans sa recherche personnelle un homme (sinc&#232;re sans doute), faute de connaissance appropri&#233;e de ce message, a pu &#224; partir de lui se construire une vision particuli&#232;re, qui est en r&#233;gression par rapport &#224; la pl&#233;nitude de la R&#233;v&#233;lation, et contient des erreurs. Situation qui est d'ailleurs appel&#233;e &#224; un certain avenir avec l'unification relative de la plan&#232;te : le christianisme ou certains de ses &#233;l&#233;ments tend en effet &#224; &#234;tre largement connu, ce qui rend tr&#232;s improbable une nouvelle religion qui n'en tiendrait pas compte ; mais il peut servir de r&#233;servoir au genre d'initiative que l'Islam et les grandes h&#233;r&#233;sies ont illustr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le salut des non-chr&#233;tiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne enfin le salut des non chr&#233;tiens, la d&#233;claration rappelle que selon le Concile (12) : &#8216;l'action salvifique de J&#233;sus-Christ, avec et par son Esprit, s'&#233;tend &#224; toute l'humanit&#233;, au-del&#224; des fronti&#232;res visibles de l'&#201;glise. Traitant du myst&#232;re pascal, o&#249; le Christ associe d&#233;j&#224; maintenant le croyant &#224; sa vie dans l'Esprit et lui donne l'esp&#233;rance de la r&#233;surrection, le Concile affirme : &#171; Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volont&#233;, dans le c&#339;ur desquels, invisiblement, agit la gr&#226;ce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation derni&#232;re de l'homme est r&#233;ellement unique, &#224; savoir divine, nous devons tenir que l'Esprit Saint offre &#224; tous, d'une fa&#231;on que Dieu conna&#238;t, la possibilit&#233; d'&#234;tre associ&#233; au myst&#232;re pascal &#187; (Gaudium et spes, n. 22).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quel est le r&#244;le de l'Eglise dans ce salut ? Le document rappelle les principes de base (20) : &#8216;On doit avant tout croire fermement que l'&#171; &#201;glise en marche sur la terre est n&#233;cessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est m&#233;diateur et voie de salut : or, il nous devient pr&#233;sent en son Corps qui est l'&#201;glise ; et en nous enseignant express&#233;ment la n&#233;cessit&#233; de la foi et du bapt&#234;me (cf. Mc 16,16 ; Jn 3,5), c'est la n&#233;cessit&#233; de l'&#201;glise elle-m&#234;me, dans laquelle les hommes entrent par la porte du bapt&#234;me, qu'il nous a confirm&#233;e en m&#234;me temps &#187; (Lumen gentium, n. 14). Cette doctrine ne doit pas &#234;tre oppos&#233;e &#224; la volont&#233; salvifique universelle de Dieu (cf. 1 Tm 2,4) ; aussi, &#171; il est n&#233;cessaire de tenir ensemble ces deux v&#233;rit&#233;s, &#224; savoir la possibilit&#233; r&#233;elle du salut dans le Christ pour tous les hommes et la n&#233;cessit&#233; de l'&#201;glise pour le salut &#187; (Redemptoris missio, n. 9). L'&#201;glise est &#171; sacrement universel de salut &#187; (Lumen gentium, n. 48), parce que, de mani&#232;re myst&#233;rieuse et subordonn&#233;e, toujours unie &#224; J&#233;sus-Christ sauveur, sa T&#234;te, elle a dans le dessein de Dieu un lien irrempla&#231;able avec le salut de tout homme (S. Cyprien, De catholicae ecclesiae unitate, 6). Pour ceux qui ne sont pas formellement et visiblement membres de l'&#201;glise, &#171; le salut du Christ est accessible en vertu d'une gr&#226;ce qui, tout en ayant une relation myst&#233;rieuse avec l'&#201;glise, ne les y introduit pas formellement mais les &#233;claire d'une mani&#232;re adapt&#233;e &#224; leur &#233;tat d'esprit et &#224; leur cadre de vie. Cette gr&#226;ce vient du Christ, elle est le fruit de son sacrifice et elle est communiqu&#233;e par l'Esprit Saint &#187; (Redemptoris missio, n. 10). Elle est li&#233;e &#224; l'&#201;glise, qui &#171; tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le P&#232;re &#187; (Vat. II, D&#233;cr. Ad gentes, n. 2). Et la note 82 pr&#233;cise : &#8216;C'est dans le sens ici expliqu&#233; qu'il faut interpr&#233;ter la formule c&#233;l&#232;bre Extra Ecclesia nullus omnino salvatur.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 21 : &#8216;Sur la modalit&#233; de transmission aux non-chr&#233;tiens de la gr&#226;ce salvifique de Dieu, toujours donn&#233;e par le Christ en l'Esprit et dans un rapport myst&#233;rieux avec l'&#201;glise, le Concile Vatican II s'est content&#233; d'affirmer que Dieu la donne &#171; par des voies connues de lui &#187; (Vat. II, D&#233;cr. Ad gentes, n. 7). La th&#233;ologie cherche &#224; approfondir cette id&#233;e. Ce travail th&#233;ologique doit &#234;tre encourag&#233;, parce qu'il sert sans aucun doute &#224; une meilleure compr&#233;hension des desseins salvifiques de Dieu et des formes de leur r&#233;alisation. Cependant, d'apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; rappel&#233; jusqu'ici sur la m&#233;diation de J&#233;sus-Christ et sur la &#171; relation singuli&#232;re et unique &#187; (Redemptoris missio, n. 18) entre l'&#201;glise et le Royaume de Dieu parmi les hommes &#8212; qui est en substance le Royaume du Christ sauveur universel &#8212;, il serait clairement contraire &#224; la foi catholique de consid&#233;rer l'&#201;glise comme un chemin de salut parmi d'autres.'&#8230; &#8216;Certes, les diff&#233;rentes traditions religieuses contiennent et proposent des &#233;l&#233;ments de religiosit&#233; qui proc&#232;dent de Dieu, [&#8230;] et font partie de &#171; ce que l'Esprit fait dans le c&#339;ur des hommes et dans l'histoire des peuples, dans les cultures et les religions &#187; (Redemptoris missio, n. 29). De fait, certaines pri&#232;res et certains rites des autres religions peuvent assumer un r&#244;le de pr&#233;paration &#233;vang&#233;lique, en tant qu'occasions ou enseignements encourageant le c&#339;ur des hommes &#224; s'ouvrir &#224; l'action divine (ibidem). On ne peut cependant leur attribuer l'origine divine et l'efficacit&#233; salvifique ex opere operato qui sont propres aux sacrements chr&#233;tiens (Concile de Trente, D&#233;cr. De sacramentis). Par ailleurs, on ne peut ignorer que d'autres rites naissent de superstitions ou d'erreurs semblables (cf. 1 Co 10,20-21) et constituent plut&#244;t un obstacle au salut (Redemptoris missio, n. 55).' Et encore au 22 : &#8216;S'il est vrai que les adeptes d'autres religions peuvent recevoir la gr&#226;ce divine, il n'est pas moins certain qu'objectivement ils se trouvent dans une situation de grave indigence par rapport &#224; ceux qui, dans l'&#201;glise, ont la pl&#233;nitude des moyens de salut (Pie XII, Encycl. Mystici corporis). &#171; Tous les fils de l'&#201;glise doivent [...] se souvenir que la grandeur de leur condition doit &#234;tre rapport&#233;e non &#224; leurs m&#233;rites, mais &#224; une gr&#226;ce sp&#233;ciale du Christ ; s'ils n'y correspondent pas par la pens&#233;e, la parole et l'action, ce n'est pas le salut qu'elle leur vaudra, mais un plus s&#233;v&#232;re jugement &#187; (Lumen gentium, n. 14).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 23 : &#8216;&#192; propos de la vraie religion, les P&#232;res du Concile Vatican II ont affirm&#233; : &#171; Cette unique et vraie religion, nous croyons qu'elle subsiste dans l'&#201;glise catholique et apostolique &#224; qui le Seigneur J&#233;sus a confi&#233; le mandat de la faire conna&#238;tre &#224; tous les hommes, lorsqu'il dit aux ap&#244;tres : &#8220;Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du P&#232;re et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant &#224; observer tout ce que je vous ai prescrit&#8221; (Mt 28,19-20). Tous les hommes, d'autre part, sont tenus de chercher la v&#233;rit&#233;, surtout en ce qui concerne Dieu et son &#201;glise ; et quand ils l'ont connue, de l'embrasser et de lui &#234;tre fid&#232;les &#187; (Vat. II, D&#233;cl. Dignitatis humanae, n. 1).'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous ne nous &#233;tendrons pas sur les modalit&#233;s de connaissance du Christ et de l'Eglise qui sont celles des non-chr&#233;tiens sauv&#233;s : la d&#233;claration ne va pas au-del&#224; du texte conciliaire, lui-m&#234;me tr&#232;s g&#233;n&#233;ral, sinon &#224; pr&#233;ciser qu'il s'agit &#8216;d'une gr&#226;ce qui, tout en ayant une relation myst&#233;rieuse avec l'&#201;glise, ne les y introduit pas formellement mais les &#233;claire d'une mani&#232;re adapt&#233;e &#224; leur &#233;tat d'esprit et &#224; leur cadre de vie..'. En d'autres termes il n'y a pas entr&#233;e formelle dans l'Eglise, mais &#8216;&#233;clairement' de la personne, d'une mani&#232;re qui les relie &#224; l'Eglise. Ce qui implique que celle-ci a un r&#244;le dans le processus. Il est d&#232;s lors essentiel de rappeler ces deux &#233;l&#233;ments de base que sont d'un c&#244;t&#233; le devoir missionnaire des chr&#233;tiens, ainsi que le devoir de recherche et de conversion de la part des non-chr&#233;tiens ; et de l'autre le rappel de la situation objectivement moins favorable de ces derniers. On pourrait peut-&#234;tre ici les comparer (avec prudence !) &#224; des hommes qui vivraient dans des conditions insalubres, et d'une nourriture insuffisante. Qu'ils arrivent &#224; survivre n'emp&#234;che pas que leur situation n'est pas satisfaisante, et que qui a la possibilit&#233; de leur procurer des conditions de vie saines, avec une nourriture ad&#233;quate et une minimum d'instruction, aurait un devoir absolu de le faire. Il est insens&#233; que des chr&#233;tiens, qui ne peuvent &#234;tre tels s'ils ne vivent pas du Christ et ont une immense gratitude pour ce don de la foi qui leur ait fait, n'aient pas le d&#233;sir ardent de communiquer ce don dans la mesure du possible ; comme il est insens&#233; d'imaginer que la connaissance auto-r&#233;v&#233;l&#233;e du Fils de Dieu ne fasse aucune diff&#233;rence ente celui qui en b&#233;n&#233;ficie et un autre. La responsabilit&#233; des chr&#233;tiens est ici massive : comme dit saint Paul, malheur &#224; moi si je n'annonce pas l'Evangile ; en d'autres termes, c'est &#224; nous de participer au salut des non-chr&#233;tiens, soit si nous pouvons en leur faisant conna&#238;tre le Christ, soit en accroissant par nos pri&#232;res et nos efforts la somme de gr&#226;ces que la solidarit&#233; de la Communion des saints diffuse aussi aupr&#232;s de ceux des non-chr&#233;tiens qui ont montr&#233; l'ouverture n&#233;cessaire pour b&#233;n&#233;ficier de la vertu salvifique de l'Eglise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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