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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Interventionnisme militaire et id&#233;ologie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Interventionnisme-militaire-et-ideologie.html</link>
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		<dc:date>2021-10-18T08:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre des d&#233;mocraties</dc:subject>
		<dc:subject>Interventionnisme</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie occidentale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La d&#233;route occidentale et am&#233;ricaine en Afghanistan aura des cons&#233;quences consid&#233;rables pour les &#233;quilibres de puissances. J'&#233;voquerai ici l'aspect id&#233;ologique. La d&#233;faite des amateurs d'intervention dite humanitaire et de &#8216;nation-building' et du suppos&#233; &#8216;camp du bien' ne va pas le faire disparaitre, tant nos soci&#233;t&#233;s en sont impr&#233;gn&#233;es, au moins dans le discours affich&#233;. Raison de plus pour prendre du recul &#224; l'&#233;gard de ce qu'on appelle le &#8216;bien' dans le monde des relations internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-occidentale-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie occidentale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il va de soi que l'id&#233;ologie est rarement le seul moteur d'une action sur le plan international et notamment d'un action militaire, et qu'elle joue souvent un r&#244;le de pr&#233;texte ; mais ce serait une erreur d'en d&#233;duire qu'elle ne joue qu'une r&#244;le secondaire, ou de simple emballage. C'est notamment le cas dans des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques o&#249; plus encore que dans d'autres il n'est pas possible de mener de telles actions sans leur donner une motivation de ce type. Mais ce peut d'ailleurs &#234;tre vrai aussi de r&#233;gimes non d&#233;mocratiques, comme feu l'URSS nous le rappelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la motivation en question doit avoir un lien avec l'action envisag&#233;e et ses modalit&#233;s ; on ne peut pas mettre en avant n'importe quel motif pour n'importe quelle action. Et s'il y a un lien, l'influence va dans les deux sens : d'un c&#244;t&#233;, &#233;videmment, l'action men&#233;e limite le choix des motifs id&#233;ologiques, mais d'un autre c&#244;t&#233; les motifs id&#233;ologiques influencent le choix des buts et des moyens. L'URSS par exemple est intervenue pour soutenir Cuba apr&#232;s sa r&#233;volution, certes dans le cadre de son opposition globale aux Etats-Unis et pour tenter de les menacer pr&#232;s de leurs c&#244;tes ; mais sans la dimension id&#233;ologique et la logique que cela imposait, l'int&#233;r&#234;t d'agir sur cette &#238;le tr&#232;s loin de ses bases n'aurait pas n&#233;cessairement eu beaucoup de sens, sans parler du co&#251;t exorbitant de ce soutien pour elle. De m&#234;me la France poussait pour une intervention en Syrie pour des motifs essentiellement id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs la sph&#232;re id&#233;ologique a sa logique de d&#233;veloppement propre. Ainsi les mal nomm&#233;s &#8216;n&#233;oconservateurs' am&#233;ricains ont th&#233;oris&#233; t&#244;t un interventionnisme muscl&#233; cens&#233;ment pour d&#233;fendre et r&#233;pandre la d&#233;mocratie et les droits de l'homme, bien avant que cela soit invoqu&#233; pour justifier des exp&#233;riences comme la guerre d'Iraq en 2003. S'y est ajout&#233;, &#224; un niveau international bien plus large, la th&#233;orisation croissante d'un suppos&#233; droit d'intervention, battant en br&#232;che les r&#233;f&#233;rences westphaliennes jusque-l&#224; suppos&#233;es dominantes. C'est dans ce cadre g&#233;n&#233;ral que des concepts et des pratiques nouvelles ont &#233;t&#233; ensuite mises en pratique comme le trop c&#233;l&#232;bre &#8216;nation-building'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des commentateurs l'ont not&#233;, ce dernier a &#233;videmment du plomb dans l'aile maintenant que l'&#233;chec de l'Afghanistan s'ajoute &#224; celui de l'Iraq. Il est maintenant manifeste m&#234;me pour ceux qui ne voulaient pas le voir qu'on ne modifie pas la situation culturelle ou politique d'un peuple &#224; volont&#233;, et que l'action militaire y a ses limites. M&#234;me l'interventionnisme &#8216;chirurgical', limit&#233; &#224; un renversement de r&#233;gime pour laisser ensuite les locaux se d&#233;brouiller, a montr&#233; ses inconv&#233;nients, le d&#233;sastre lybien en &#233;tant l'exemple le plus consternant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que l'interventionnisme en tout ou partie id&#233;ologique est d&#233;sormais discr&#233;dit&#233; ? Ce serait aller bien vite en besogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord le maintien a priori certain d'une intense activit&#233; id&#233;ologique occidentale au niveau international, au service de principes allant de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme &#224; la &#8216;sant&#233; reproductive' ou aux droits des personnes LGBT etc. Il n'y a pas de raison que cela ne continue pas all&#233;grement. Il ne s'agit pas seulement de purs discours, mais par exemple aussi de conditionnalit&#233; id&#233;ologique &#224; des financements. Sans parler du formidable relais des ONG et plus encore des tr&#232;s puissantes fondations d&#233;sormais richissimes, issues des GAFAs et nord-am&#233;ricaines pour l'essentiel, qui sont align&#233;es sur le m&#234;me programme. Ce &#8216;soft power' est donc plus que jamais d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode ant&#233;rieure, c'est de ce genre d'obsession id&#233;ologique que beaucoup de gens ont d&#233;duit le droit d'ing&#233;rence, qui tendait en outre &#224; se transformer en devoir d'ing&#233;rence. Bien entendu, une id&#233;ologie de ce genre, typique de nos pays, ne d&#233;bouche pas automatiquement sur une ing&#233;rence, d'autant que l'id&#233;e est plut&#244;t r&#233;cente sous cette forme. Tout r&#233;cemment pour de multiples raisons Hongkong a &#233;t&#233; mis au pas sans r&#233;action des Occidentaux. On s'accommode bien &#224; l'occasion et depuis longtemps de r&#233;gimes violents et de leurs pratiques, comme le montre depuis 90 ans le cas de l'Arabie saoudite. On n'a donc pas une doctrine d'emploi homog&#232;ne, et m&#234;me &#224; l'&#233;poque o&#249; l'id&#233;e d'ing&#233;rence battait son plein, on intervenait &#224; l'occasion mais pas syst&#233;matiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'enl&#232;ve rien &#224; l'existence des id&#233;es en question et de leur logique. On restera donc toujours tent&#233; d'intervenir &#224; l'occasion sur ces motifs, quoique sans doute avec des pr&#233;tentions et un discours plus modestes. Par ailleurs, inversement, les rapports de pouvoir subsistent et peuvent conduire &#224; des actions militaires ; et il est assez peu probable que la dimension id&#233;ologique en soit alors absente. Si par exemple les Etats-Unis aidaient Taiwan face &#224; une &#233;ventuelle attaque chinoise, on mobiliserait &#233;videmment les ressources du discours d&#233;mocratique ; ce qui serait plus difficile si Taiwan &#233;tait une dictature, &#224; situation strat&#233;gique identique. Pour tous ces motifs, l'interventionniste id&#233;ologique, m&#234;me du genre dit &#8216;n&#233;oconservateur' devrait subsister (en r&#233;duisant sensiblement ses ambitions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc pas comprendre ce qui se passe sans prendre en compte cette dimension, encore moins abandonner le champ id&#233;ologique en laissant un certain discours s'imposer et plus encore d'arroger le monopole de la morale, parce qu'il pr&#233;tend &#234;tre le camp du bien. Cette pr&#233;tention doit donc &#234;tre combattue sur son terrain m&#234;me. La morale, et le bien qu'elle recommande, ne sont en effet pas d&#233;termin&#233;s en parachutant des principes abstraits et &#224; pr&#233;tention universelle sur une situation quelconque, mais en discernant ce qu'il est bon de faire dans cette situation, parce que ce que l'on fait conduit &#224; une situation meilleure. Non seulement donc un comportement authentiquement &#233;thique ne s'oppose pas au pragmatisme et au r&#233;alisme, mais ces derniers en sont la condition n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau international, cela conduit &#224; ne pas consid&#233;rer automatiquement comme un ennemi celui dont vous consid&#233;rez la culture ou le syst&#232;me politique comme divergent du v&#244;tre, car la question centrale est le rapport entre pays et la v&#233;ritable paix : il faut donc moins d'id&#233;ologie, mais plus de vraie recherche du bien pertinent en l'esp&#232;ce ; ce qui conduirait par exemple &#224; une attitude moins syst&#233;matiquement hostile envers la Russie. De fa&#231;on analogue, cela am&#232;ne &#224; ne pas confondre la question de la r&#233;gulation de la violence au niveau national, &#224; travers des institutions ayant en principe le monopole de cette violence pour assurer le bien commun, avec cette r&#233;gulation au niveau international, o&#249; elle est en g&#233;n&#233;ral hors de port&#233;e ou contre-productive, sauf cas particuliers. Car dans ce dernier cas tout ce que vous ferez, m&#234;me subjectivement fond&#233; sur des purs principes (selon votre id&#233;ologie), prendra la plupart du temps la forme d'une agression, et sera per&#231;u par les autres comme tel. Et donc vous ferez en g&#233;n&#233;ral plus de mal que de bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma le 18 octobre 2021.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/interventionnisme-et-ideologie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/interventionni...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>G&#233;opolitique, morale et guerre juste</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Geopolitique-morale-et-guerre-juste.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Interventionnisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;eut-on encore parler de guerre juste ? Ou toute id&#233;e de guerre serait d'embl&#233;e moralement exclue, ce qui conduit &#224; faire compl&#233;tement sortir la guerre de tout examen en termes moraux ? M&#234;me l'Eglise, traditionnellement prudente, est tent&#233;e par l'approche dite id&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au vu de la r&#233;alit&#233; des rapports mondiaux entre pouvoirs, comportant ind&#233;niablement des guerres, est-il vraiment l&#233;gitime d'&#233;carter tout probl&#233;matique de guerre juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma, le 9 novembre 2020.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Interventionnisme-+.html" rel="tag"&gt;Interventionnisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;opragma est un organe de g&#233;opolitique r&#233;aliste. Qui dit r&#233;aliste dit : qui s'en tient &#224; la r&#233;alit&#233; des choses. Mais c'est aussi un site patriotique : attach&#233; &#224; la solidarit&#233; fondamentale de la patrie &#8211; qui est apr&#232;s tout une r&#233;alit&#233; fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on dit r&#233;aliste, beaucoup pensent : cynique. Et croient que ce faisant on s'oppose &#224; la recherche du bien, et donc, en termes anciens, &#224; la morale ou &#233;thique. Que non pas. Toute personne qui recommande un comportement et en critique un autre utilise en fait des termes normatifs : oui &#224; ceci (c'est donc bien), non &#224; cela (c'est donc mal). Et entre ainsi plus ou moins dans le domaine du jugement &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des hypocrites, qui se parent de nobles id&#233;es pour couvrir d'autres objectifs. Mais il y a, &#224; c&#244;t&#233; de ces hypocrites, un autre courant qui pose probl&#232;me : celui des suppos&#233;s id&#233;alistes (ou id&#233;ologues). Ceux qui pensent qu'on peut parachuter des jugements moraux abstraits et g&#233;n&#233;raux sur des situations ou des politiques sans examen de la r&#233;alit&#233;. Le r&#233;aliste pense autrement. Il sait qu'un jugement doit se baser sur les faits. Mais il n'a pas de raison pour autant de laisser aux pr&#233;c&#233;dents le privil&#232;ge de se r&#233;clamer de la morale ou &#233;thique. D'autant que les cyniques, eux, n'h&#233;sitent pas &#224; se draper dans le manteau de la moralit&#233; quand cela les arrange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous trouvons un bon exemple de ceci dans la question de la guerre juste. Y a-t-il des cas o&#249; on peut dire qu'il est juste de mener une guerre ? Moralement juste ? M&#234;me en dehors de la d&#233;fensive pure ? La r&#233;ponse traditionnelle est oui. Mais tout un courant soutient le contraire. Ou le subordonne &#224; une proc&#233;dure purement formelle (approbation de l'ONU etc.).&lt;br class='autobr' /&gt;
La sagesse des si&#232;cles pensait autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prendre un r&#233;ceptacle de cet h&#233;ritage s&#233;culaire, le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique rappelait au n&#176; 2309 &#171; les strictes conditions d'une l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire. La gravit&#233; d'une telle d&#233;cision la soumet &#224; des conditions rigoureuses de l&#233;gitimit&#233; morale. Il faut &#224; la fois que le dommage inflig&#233; par l'agresseur &#224; la nation ou &#224; la communaut&#233; des nations soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces ; que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s ; que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer. La puissance des moyens modernes de destruction p&#232;se tr&#232;s lourdement dans l'appr&#233;ciation de cette condition. &#187; Et il ajoutait &#171; l'appr&#233;ciation de ces conditions de l&#233;gitimit&#233; morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. &#187; Remarquons la logique : on combine des jugements de l&#233;gitimit&#233; avec des jugements de r&#233;alit&#233; ((succ&#232;s possible, estimations qu&#8216;on ne fera pas plus de mal que de bien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que dans la m&#234;me Eglise le pape Fran&#231;ois a paru r&#233;cemment remettre en question cette analyse, estimant (Fratelli tutti, octobre 2020, &#167;&#167; 258 et 259) que &#171; depuis le d&#233;veloppement des armes nucl&#233;aires, chimiques ou biologiques, sans oublier les possibilit&#233;s &#233;normes et croissantes qu'offrent les nouvelles technologies, la guerre a acquis un pouvoir destructif incontr&#244;l&#233; qui affecte beaucoup de victimes civiles innocentes. [&#8230;] Nous ne pouvons donc plus penser &#224; la guerre comme une solution, du fait que les risques seront probablement toujours plus grands que l'utilit&#233; hypoth&#233;tique qu'on lui attribue. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, il est tr&#232;s difficile aujourd'hui de d&#233;fendre les crit&#232;res rationnels, m&#251;ris en d'autres temps, pour parler d'une possible &#8216;guerre juste'. &#187; Et il poursuit en condamnant dans son principe non seulement la dissuasion nucl&#233;aire, mais le principe m&#234;me de la d&#233;tention d'armes nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que la guerre est un mal effrayant, et que nos jours elle peut prendre des proportions monstrueuses. Mais toute guerre, et donc toute op&#233;ration militaire, est-elle automatiquement &#224; condamner ? Certainement tout affrontement nucl&#233;aire op&#233;rant selon l'ascension aux extr&#234;mes ch&#232;re &#224; Clausewitz. Mais d'une part la dissuasion nucl&#233;aire vise &#224; l'&#233;viter, et, justement, l'exp&#233;rience de 70 ans de dissuasion montre l'effet r&#233;el obtenu (et donc les conflits majeurs &#233;vit&#233;s). Cette m&#234;me exp&#233;rience montre en outre l'ampleur et la vari&#233;t&#233; des conflits d'intensit&#233; variable se situant en dessous de ce seuil. Qui paraissent relever pleinement de la probl&#233;matique de la guerre juste. Car il est des cas o&#249; ne pas lutter est plus immoral que combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actions de la France au Sahel, aujourd'hui Barkhane, me paraissent en relever. Plus loin dans le pass&#233;, la guerre du Golfe en 1990 pouvait &#224; mon sens &#234;tre d&#233;fendue &#224; ce titre (elle r&#233;agissait &#224; une invasion caract&#233;ris&#233;e, m&#234;me si une certaine manipulation du r&#233;gime iraquien a pu avoir lieu ant&#233;rieurement). Et inversement l'invasion de l'Iraq en 2003 condamn&#233;e &#8211; notamment au vu de ses effets d&#233;vastateurs. Tout comme la d&#233;sastreuse exp&#233;dition de Libye, exploitant cyniquement des pr&#233;occupations morales &#224; contre-sens, sans se pr&#233;occuper du r&#233;sultat &#224; obtenir, ni pr&#233;voir comment prendre en charge le pays, une fois les autorit&#233;s d&#233;truites. La sottise des positions &#224; pr&#233;tentions moralisantes prises sur la Syrie (par MM. Fabius et autres) de m&#234;me : o&#249; &#233;tait la moralit&#233; de soutenir des djihadistes ? O&#249; &#233;taient &#171; les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s &#187; ? Ou la conviction que &#171; l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale est en d&#233;finitive une chose trop s&#233;rieuse pour &#234;tre abandonn&#233;e aux propagandistes, ou aux discours abstraits et g&#233;n&#233;raux, ou aux n&#233;gociations onusiaques. Elle est en outre trop enracin&#233;e dans la conscience humaine pour ne pas &#234;tre invoqu&#233;e par chaque camp, &#224; tort ou &#224; raison. Elle doit donc &#234;tre prise au s&#233;rieux et examin&#233;e en profondeur, sur la base d'une analyse des faits, pour r&#233;pondre au fond autant qu'on le pourra &#224; deux questions simples : le but poursuivi est-il bon ? Et quel sera l'impact de l'action men&#233;e ? En d'autres termes : quelle situation sera cr&#233;&#233;e par cette action, m&#234;me suppos&#233;e juste dans ses intentions ? On verra alors qu'en mati&#232;re internationale, on sera conduit non pas &#224; intervenir plus dans la situation des autres, mais moins, et mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru sur le site de &lt;i&gt;G&#233;opragma&lt;/i&gt;, le 9 novembre 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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