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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Entre &#8216;complotisme' et propagande, que faire ? </title>
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		<dc:date>2021-09-23T08:53:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Complotisme</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Propagande</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il n'y a sans doute pas de soci&#233;t&#233; o&#249; l'information est dans l'ensemble fiable et objective, m&#234;me si on la limite &#224; la r&#233;alit&#233; des faits, autant qu'elle est possible. La crise de la covid et les difficult&#233;s du d&#233;bat &#224; son sujet ont mis &#224; nouveau en lumi&#232;re ce fait bien connu de nos soci&#233;t&#233;s : on d&#233;bat intens&#233;ment m&#234;me sur ce qui apparemment n'est pas le fruit d'une id&#233;ologie, mais une simple appr&#233;ciation de faits. La situation est d'autant plus paradoxale qu'il s'agit au d&#233;part d'une question m&#233;dicale, apparemment au moins non id&#233;ologique et m&#234;me scientifique. Mais l'observation vaut &#233;videmment pour bien d'autres domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon propos n'est pas ici de r&#233;pondre aux interrogations de fond dans ces divers cas, mais de proposer quelques r&#233;flexions sur le probl&#232;me que tout cela nous pose : concr&#232;tement, comment s'orienter dans de tels contextes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Information-+.html" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Propagande-+.html" rel="tag"&gt;Propagande&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'y a sans doute pas de soci&#233;t&#233; o&#249; l'information est dans l'ensemble fiable et objective, m&#234;me si on la limite &#224; la r&#233;alit&#233; des faits, autant qu'elle est possible. Et contrairement &#224; ce qu'on croit souvent, pas particuli&#232;rement dans les soci&#233;t&#233;s dites d&#233;mocratiques, ne serait-ce que parce que l'information y est un enjeu de pouvoir important et souvent d&#233;cisif. La crise de la covid et les difficult&#233;s du d&#233;bat &#224; son sujet ont mis &#224; nouveau en lumi&#232;re ce fait bien connu de nos soci&#233;t&#233;s : on d&#233;bat intens&#233;ment m&#234;me sur ce qui apparemment n'est pas le fruit d'une id&#233;ologie, mais une simple appr&#233;ciation de faits. La situation est d'autant plus paradoxale qu'il s'agit au d&#233;part d'une question m&#233;dicale, apparemment au moins non id&#233;ologique et m&#234;me scientifique. Mais l'observation vaut &#233;videmment pour bien d'autres domaines, o&#249; la r&#233;alit&#233; des faits est importante mais controvers&#233;e &#8211; &#233;cologie par exemple. On l'a vu m&#234;me dans le cas de r&#233;sultats &#233;lectoraux comme aux derni&#232;res pr&#233;sidentielles am&#233;ricaines, qu'une majorit&#233; d'&#233;lecteurs r&#233;publicains consid&#232;re adult&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon propos n'est pas ici de r&#233;pondre aux interrogations de fond dans ces divers cas, mais de proposer quelques r&#233;flexions sur le probl&#232;me que tout cela nous pose : concr&#232;tement, comment s'orienter dans de tels contextes ? Quelle information pour quel d&#233;bat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour analyser les causes possibles de d&#233;formation de l'information, on peut proposer de partir d'une distinction, entre d'un c&#244;t&#233; ce qui est l'influence d'un biais politique ou id&#233;ologique (y compris par un paradigme structurant toute la pens&#233;e collective), et d'un autre c&#244;t&#233; une action consciente de d&#233;sinformation ou de propagande, publique ou priv&#233;. Ce n'est pas seulement pour mieux comprendre l'intention de celui qui conditionne ainsi l'information ; c'est aussi parce que cela colore la nature de notre relation et plus profond&#233;ment, selon l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne, notre rapport &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas en effet, on sait que telle ou telle position r&#233;sulte d'un biais rep&#233;rable, d'un parti pris au sens litt&#233;ral du terme (soit par formatage ou adh&#233;sion id&#233;ologique, soit par choix d'un camp dans un combat politique), et on en tiendra compte dans l'appr&#233;ciation de ce que l'autre vous dit. Mais il restera au moins en principe une certaine possibilit&#233; de communication, malgr&#233; le filtre ou la d&#233;formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le deuxi&#232;me cas en revanche, il n'y a plus &#224; proprement parler d'information, plus de rapport avec des faits, mais un pur essai de manipulation, qui n'est donc plus de la communication au sens propre. Si c'est g&#233;n&#233;ralis&#233;, c'est ce qui caract&#233;rise les r&#233;gimes totalitaires. Dans la pratique, cela conduit alors &#224; une m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, et m&#234;me &#224; voir la possibilit&#233; m&#234;me d'une v&#233;rit&#233; nous &#233;chapper comme l'avait not&#233; Hannah Arendt, car on ne peut alors plus raisonnablement tenter de restituer une image de la r&#233;alit&#233; concern&#233;e. Une situation de ce type a pu appara&#238;tre aussi en cas de guerre, lorsque les besoins du combat ont &#233;t&#233; invoqu&#233;s pour interrompre de fait une partie du d&#233;bat ; mais dans ce cas c'&#233;tait en principe provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu les deux situations peuvent se m&#234;ler, mais la distinction me para&#238;t n&#233;anmoins importante. Elle est particuli&#232;rement utile pour d&#233;terminer sa position concr&#232;tement par rapport &#224; l'information disponible et au d&#233;bat public - selon l'appr&#233;ciation qu'on porte de la situation o&#249; on se trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re attitude, extr&#234;me, est ce qu'on peut appeler la dissidence. Si on se situe en dissidence, c'est qu'on pense que le second effet (la manipulation) domine, soit en g&#233;n&#233;ral, soit sur telle ou telle question particuli&#232;re. Alors on n'a plus confiance en ce qui se dit, et on per&#231;oit le syst&#232;me comme totalitaire ; logiquement alors d'une certaine mani&#232;re on sort du d&#233;bat public, dans une forme ou une autre de contre-soci&#233;t&#233; (ou en dialogue de sourds avec la soci&#233;t&#233;). Surgit alors un difficult&#233; majeure, qui est qu'il faut red&#233;finir ses bases d'information et de connaissance, puisqu'on ne croit plus dans le d&#233;bat g&#233;n&#233;ral. Or les bases alternatives qui sont alors disponibles ne sont a priori pas plus s&#251;res, et dans le plus mauvais cas on risque de se rabattre sur n'importe quoi. En outre, dans une telle contre-soci&#233;t&#233;, le danger est qu'il n'y ait plus de contr&#244;le mutuel et de d&#233;bat, ou beaucoup moins, car la priorit&#233; est &#224; se prot&#233;ger contre le discours dominant ou officiel. On court alors un double risque : comme dans les r&#233;gimes totalitaires, celui de ne plus pouvoir faire confiance (sauf &#224; ceux de m&#234;me sensibilit&#233;) ; et au contraire celui d'avaler ce qui circule dans les sph&#232;res alternatives. Naturellement si on consid&#232;re se trouver dans une telle situation, on n'a pas le choix : on doit faire ce qu'on peut avec ce qu'on a. Mais il faut alors &#234;tre conscient des risques et limites de cette position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel cas, c'est &#233;videmment sur la base de ce genre de probl&#232;me que l'autre camp d&#233;ploie l'accusation de complotisme. En soi elle est d'ailleurs inadapt&#233;e, car le complotisme au sens propre suppose l'id&#233;e d'un complot, lequel serait l'explication v&#233;ritable d'un ph&#233;nom&#232;ne constat&#233;. Or on peut &#234;tre en dissidence sans croire &#224; un tel complot organis&#233; &#224; l'avance. On le voit avec l'immigration : le &#8216;grand retournement' est consid&#233;r&#233; complotiste et ceux qui en parlent stigmatis&#233;s, sans qu'ils croitent n&#233;cessairement &#224; ce qu'un complot organise l'immigration en cause. Cela dit, que ce mot soit utilis&#233; dans la dialectique dominante pour d&#233;consid&#233;rer l'adversaire n'emp&#234;che pas qu'il puisse aussi d&#233;signer le cas &#233;ch&#233;ant un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;el : il y a bien des gens qui croient qu'un petit groupe d'homme manipule toute la soci&#233;t&#233; intentionnellement, en la trompant syst&#233;matiquement. Mais le mot a &#233;t&#233; &#233;tendu dans la dialectique ambiante pour stigmatiser tous ceux qui consid&#232;rent que de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale ou sur un point donn&#233;, l'information est syst&#233;matiquement fauss&#233;e et se sont mis en dissidence. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'attitude alternative &#224; la dissidence consiste &#224; juger que dans la situation o&#249; l'on est, il y a certes de nombreux biais dans le d&#233;bat public, id&#233;ologiques et politiques, et bien des cas de mauvaise foi ou de manipulation, mais &#224; estimer qu'il y a suffisamment de d&#233;bat public pour pouvoir y participer et y puiser des &#233;l&#233;ments utilisables en proportion appr&#233;ciable. Comme on l'a dit, cela peut rester possible m&#234;me si la pens&#233;e collective est domin&#233;e par un ou des paradigmes qui la structurent dans le mauvais sens (comme le relativisme moral dominant nos soci&#233;t&#233;s, et le mat&#233;rialisme qui lui est li&#233;), car on peut s'efforcer de rep&#233;rer leurs effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace devient plus grave si se multiplient les effets de censure, ce qui est d&#233;j&#224; une forme de manipulation, car cela risque de d&#233;boucher sur une rupture du d&#233;bat public, comme c'est le cas avec le politiquement correct actuellement dominant dans certains domaines, et a fortiori lorsque cela passe au stade de la r&#233;pression, comme par exemple avec la sacralisation de l'avortement, les limitations au d&#233;bat sur l'immigration, ou le terrorisme intellectuel d'un certain antiracisme. Sans parler de la censure exerc&#233;e de fa&#231;on arbitraire et sans rendre de comptes par des monopoles priv&#233;s de supports d'information comme Facebook ou Twitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#233;videmment dans cette situation interm&#233;diaire. Il reste un d&#233;bat public, et il est important d'y participer ; il reste une possibilit&#233; large d'acc&#232;s &#224; de l'information ; mais la tendance au r&#233;tr&#233;cissement des possibilit&#233;s d'expression dans nos soci&#233;t&#233;s est manifeste. Cela contribue &#233;videmment puissamment &#224; ce que se diffuse la dissidence &#233;voqu&#233;e ci-dessus, puisque dans bien des cas on constate une manipulation par la pens&#233;e dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle situation, floue et encore interm&#233;diaire, il est clair qu'on risque de perdre un bien pr&#233;cieux : celui du d&#233;bat et de la confrontation des id&#233;es ou m&#234;me des affirmations factuelles ; avec le risque que, m&#234;me si on s'inspire de principes ou d'id&#233;es en soi saines, on se trouve soit dans l'incertitude, soit comme on l'a vu, dans la tentation de se contenter d'alternatives factuellement pas plus fiables que le discours dominant. L'opposition, et, quand elle est justifi&#233;e, la dissidence, impliquent donc une exigence particuli&#232;rement forte de v&#233;rit&#233; : pas seulement une exigence sur les principes, les id&#233;es g&#233;n&#233;rales, mais aussi une exigence sur les faits. Une v&#233;ritable asc&#232;se intellectuelle &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans Politique magazine octobre 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/entre-complotisme-et-propagande-que-faire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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