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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Indig&#233;nisme, pens&#233;e d&#233;coloniale, intersectionnalit&#233; : les nouveaux dilemmes du progressisme</title>
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		<dc:date>2021-04-05T09:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Relativisme</dc:subject>
		<dc:subject>Intersectionnalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;colonisation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un fait trouble beaucoup le d&#233;bat public : l'&#233;mergence r&#233;cente de ce qu'on appelle indig&#233;nisme, d&#233;colonialisme, Black Lives Matter, sans parler des diverses th&#233;ories du genre ou d'un certain f&#233;minisme, et des &#233;lucubrations de ce qu'on appelle intersectionnalit&#233;. C'est l'id&#233;e d'abord que des populations cens&#233;ment opprim&#233;es peuvent seules parler de ce qui est cens&#233; les opprimer ; et ensuite que l'ensemble de la culture et civilisation occidentale est coupable de ces oppressions, ce qui implique critique et &#233;puration. Et on censure les auteurs, on abat les statues, on colonise m&#233;dias et universit&#233;s pour imposer le discours unique etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le d&#233;sarroi de l'opinion progressiste face &#224; cette nouvelle gauche, par rapport &#224; la vision universaliste (ou plut&#244;t se voulant telle) qu'elle avait du progr&#232;s et de la soci&#233;t&#233;. Apparemment l'opposition est frontale. Mais en r&#233;alit&#233; tous deux sont issus d'une source commune, ou plut&#244;t d'un paradigme fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relativisme-+.html" rel="tag"&gt;Relativisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Intersectionnalite-+.html" rel="tag"&gt;Intersectionnalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Decolonial-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;colonisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un fait trouble beaucoup le d&#233;bat : l'&#233;mergence r&#233;cente dans l'espace public de ce qu'on appelle indig&#233;nisme, d&#233;colonialisme, Black Lives Matter, sans parler des diverses th&#233;ories du genre ou d'un certain f&#233;minisme, et des &#233;lucubrations de ce qu'on appelle intersectionnalit&#233;. C'est l'id&#233;e d'abord que des populations cens&#233;ment opprim&#233;es peuvent seules parler de ce qui est cens&#233; les opprimer ; et ensuite que l'ensemble de la culture et civilisation occidentale est coupable de ces oppressions, ce qui implique critique et &#233;puration. Et on censure les auteurs, on abat les statues, on colonise m&#233;dias et universit&#233;s pour imposer le discours unique etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le d&#233;sarroi de l'opinion progressiste face &#224; cette nouvelle gauche, par rapport &#224; la vision universaliste (ou plut&#244;t se voulant telle) qu'elle avait du progr&#232;s et de la soci&#233;t&#233;. Apparemment l'opposition est frontale. Mais en r&#233;alit&#233; tous deux sont issus d'une source commune, ou plut&#244;t d'un paradigme fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le montre dans un livre paru r&#233;cemment, Pour un grand retournement politique &#187; (Editions du Bien commun), ce paradigme domine notre culture depuis trois si&#232;cles. Un paradigme est ce qui structure la pens&#233;e ou son expression publique. C'est ici l'id&#233;e qu'il n'y a pas de v&#233;rit&#233; objective en mati&#232;re morale, politique et sociale, et que chacun se d&#233;termine comme il l'entend, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin &#8211; ce qu'on trouve dans la D&#233;claration des Droits de l'homme de 1789. Emerg&#233; au XVIIe si&#232;cle, il a fait progressivement sentir ses effets jusqu'&#224; culminer dans le relativisme actuel, pour qui la seule notion du bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit absolu de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ses valeurs et r&#233;f&#233;rences, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. D'o&#249; une lente d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s, qui ronge petit &#224; petit ces biens communs essentiels qu'&#224; des degr&#233;s divers l'humanit&#233; avait rep&#233;r&#233;s ou construits au cours du temps. A chaque phase de l'histoire des pays d'Europe, les cons&#233;quences tir&#233;es de ce cadre de pens&#233;e ont &#233;volu&#233; dans le sens d'une radicalit&#233; croissante, selon un programme qui se veut d'&#233;mancipation. Le politiquement correct d'aujourd'hui e&#251;t &#233;t&#233; impensable il y a cinquante ans ; mais une fois-l&#224;, il s'impose : tol&#233;rant au d&#233;part, il conduit ensuite &#224; la condamnation de tout ce qui le contredit. Avec une constante : la remise en cause successive des &#233;l&#233;ments communs de la cit&#233;, des valeurs de bien ou de vrai, de toute id&#233;e de tradition ou de devoir objectif, ou m&#234;me de la communaut&#233; elle-m&#234;me. D'o&#249; la pratique forcen&#233;e de la d&#233;construction, et le relativisme postmoderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, on manque de rep&#232;res communs, et de plus en plus. Seul subsiste ce droit absolu &#224; d&#233;finir ses valeurs, ou &#224; se d&#233;finir soi-m&#234;me, ce qu'on organise dans un syst&#232;me de r&#232;gles du jeu, notamment autour de l'id&#233;e de d&#233;mocratie et de droits de l'homme. Et comme cela ne suffit &#233;videmment pas pour vivre ensemble, on compte d'une part sur des &#233;l&#233;ments plus traditionnels - mais que la d&#233;construction ronge toujours plus (comme on l'a vu pour la famille). Et d'autre part on recourt aux seuls &#233;l&#233;ments mat&#233;riels, car ils sont jug&#233;s indiscutables. D'o&#249; un mat&#233;rialisme foncier, un essai d'enr&#244;lement de la science, et l'obsession de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point important ici que si un paradigme structure la pens&#233;e, il n'en d&#233;termine pas le contenu ; il ne conduit pas &#224; une s&#233;rie de th&#233;or&#232;mes. Notamment en fonction des sujets et des approches de chacun : le paradigme les oriente et les conditionne, mais le contenu peut varier consid&#233;rablement. C'est encore plus vrai du paradigme actuel, fond&#233; sur l'id&#233;e que chacun se fabrique &#224; volont&#233; ses normes morales et sa v&#233;rit&#233; : in&#233;vitablement on va donc diverger selon les choix de chacun. Mais dans tous les cas on garde la matrice commune, et notamment le relativisme et la pratique de la d&#233;construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait qu'&#224; partir de cette m&#234;me matrice on ait pu avoir, &#224; gauche, successivement d'un c&#244;t&#233; des &#8216;r&#233;publicains' (ou &#8216;socialistes') attach&#233;s &#224; une loi abstraite appliqu&#233;e &#224; tous, &#224; un patriotisme constitutionnel, aux droits de l'homme etc. Et de l'autre ces revendications communautaristes ou particularistes, intersectionnelles, d&#233;coloniales et autres. Les secondes n'exaltent en rien les communaut&#233;s naturelles, l'enracinement, encore moins la loi morale objective, &#224; la fa&#231;on des classiques ou des conservateurs. Elles se situent bien dans le cadre dominant. Mais elles reprochent aux premiers d'ignorer ce qu'implique la situation de chacun, s'il est affect&#233; d'une sp&#233;cificit&#233; qui nous dit-on d&#233;bouche sur une oppression sociale, comme la couleur de peau, des m&#339;urs diff&#233;rentes, une religion mal vue, s'il est une femme etc. Au fond c'est la m&#234;me critique que faisaient les marxistes aux lib&#233;raux : superposer un homme abstrait et des droits th&#233;oriques &#224; la situation r&#233;elle du prol&#233;tariat. Mais ces nouvelles revendications s'inscrivent encore mieux dans le cadre du paradigme, puisqu'elles font appel au ressenti et &#224; la subjectivit&#233; de chacun. Dans un contexte relativiste, il n'est pas &#233;tonnant en outre qu'on en vienne &#224; refuser tout langage commun. Les &#8216;r&#233;publicains' s'en offusquent, mais na&#239;vement : ils ont raison d'&#234;tre r&#233;volt&#233;s par cette disparition de tout &#233;l&#233;ment de vie commune ; mais ils ont tort de ne pas voir la matrice qui est commune &#224; leurs principes et &#224; ces d&#233;veloppements nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sortira pas de ces dilemmes sans remettre en question cette matrice commune, qui est notre paradigme. Non, il n'y a pas de droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ce qui est vrai et ce qui est bien. Il y a une libre recherche en commun dans la soci&#233;t&#233;, dont les r&#233;sultats sont transmis aux g&#233;n&#233;rations suivantes. La culture h&#233;rit&#233;e peut donc &#234;tre enrichie et &#233;ventuellement relativis&#233;e au fil du temps, mais pas remise en cause comme telle, et au contraire transmise avec soin. Et le souci de la communaut&#233;, de sa vie commune aussi harmonieuse que possible, tourn&#233;e vers le bien commun, est un imp&#233;ratif essentiel. Tout ceci est compatible avec une pluralit&#233; d'options et de traditions, mais si elles s'inscrivent dans ce cadre commun, qui ne se limite en rien &#224; des r&#232;gles du jeu ou des principes abstraits. Dans un tel cadre on peut int&#233;grer le respect de la famille v&#233;ritable et une conception saine des droits de l'homme ; on peut se pencher sur la l&#233;gitimit&#233; des communaut&#233;s et cultures particuli&#232;res, int&#233;gr&#233;es dans la culture commune ; et on peut examiner les accusations de comportement oppressif, pour les redresser en faisant appel &#224; une morale commune. Bref, on peut aider chacun &#224; s'&#233;panouir et &#224; trouver sa place, dans une vraie maison elle aussi commune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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