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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le virus, la science et la d&#233;cision </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-virus-la-science-et-la-decision.html</link>
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		<dc:date>2020-07-03T09:31:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Science</dc:subject>
		<dc:subject>Risques</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise du coronavirus a mis la science sur la sellette. On a vu des scientifiques &#233;mettre des opinions parfaitement contradictoires ; des d&#233;cisions publiques prises sur la base d'&#233;tudes pas s&#233;rieuses ; des d&#233;clarations successives de comit&#233;s scientifiques se contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a science et science. Entre les sciences dures, les sciences hypoth&#233;tiques, et ce qu'on appelle les sciences humaines, le degr&#233; de fiabilit&#233; varie &#233;norm&#233;ment. Ce qui laisse au d&#233;cideur politique toute sa responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine,&lt;i&gt; N&#176; 193 &#8226; Juillet - ao&#251;t 2020.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Principes-politiques-.html" rel="directory"&gt;Sociologie et vie commune&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Science-+.html" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Prevention-des-risques-+.html" rel="tag"&gt;Risques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise du coronavirus a mis la science sur la sellette. On a vu des scientifiques &#233;mettre des opinions parfaitement contradictoires ; des d&#233;cisions publiques prises sur la base d'&#233;tudes pas s&#233;rieuses ; des d&#233;clarations successives de comit&#233;s scientifiques se contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a science et science. Entre les sciences dures, les sciences hypoth&#233;tiques, et ce qu'on appelle les sciences humaines, le degr&#233; de fiabilit&#233; varie &#233;norm&#233;ment. Ce qui laisse au d&#233;cideur politique toute sa responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La science mise en cause ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du coronavirus a mis la science sur la sellette. On a vu des scientifiques a priori comp&#233;tents et respectables &#233;mettre des opinions parfaitement contradictoires ; des d&#233;cisions publiques majeures prises sur la base de publications pas s&#233;rieuses mais issues de revues renomm&#233;es ; des d&#233;clarations successives de comit&#233;s scientifiques se contredire apr&#232;s quelques semaines, comme sur l'utilit&#233; des masques. Le politique &#233;tant &#224; la remorque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le citoyen c'est tr&#232;s troublant. D'autant plus que ce domaine de la sant&#233; est particuli&#232;rement sensible, car des vies sont en jeu. Et que les d&#233;cisions &#224; prendre mettaient en cause radicalement tant des libert&#233;s publiques majeures que l'activit&#233; &#233;conomique ; rappelons qu' &#224; la suite de ces mesures, nous allons conna&#238;tre notre pire r&#233;cession en temps de paix, comparable &#224; la crise de 1929. Or la motivation du confinement, purement sanitaire, se fondait sur les arguments de ces scientifiques que sont les m&#233;decins. Le pauvre citoyen, assomm&#233; par ces nouvelles, s'est donc trouv&#233; bon gr&#233; mal gr&#233; devoir suivre le troupeau, sans &#234;tre toujours convaincu du bien-fond&#233; de ce qui se passait. Suspicion d'autant plus l&#233;gitime que les r&#233;sultats obtenus par les diverses politiques suivies varient &#233;norm&#233;ment selon les pays, sans aucune corr&#233;lation avec les budgets sant&#233;. On va de l'efficacit&#233; impressionnante des pays d'Asie libre (Cor&#233;e, Taiwan etc.), &#224; celle relative mais r&#233;elle de l'Allemagne, pour finir aux lamentables r&#233;sultats tant sanitaires qu'&#233;conomiques des Fran&#231;ais, Britanniques, Italiens et autres Espagnols. Pourquoi les uns ont bien vu les choses et pas les autres, puisque c'est la m&#234;me &#233;pid&#233;mie, et a priori la m&#234;me science ? Ajoutons que cet &#233;pisode dramatique intervient dans un contexte o&#249; la confiance dans les effets b&#233;n&#233;fiques de la science et de la technique est &#233;rod&#233;e, notamment avec l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, que ce soit pour la crise sanitaire ou pour l'&#233;cologie, la solution passe elle aussi par la science et la technique. Nous avons donc besoin de la science, mais nous d&#233;couvrons avec consternation qu'elle n'envoie souvent pas un message clair et s'av&#232;re m&#234;me bien ambigu&#235;. Parall&#232;lement, pour la plupart d'entre nous, nous ne nous sentons pas en &#233;tat d'en juger par nous-m&#234;mes. Moralit&#233;, nous devons nous habituer &#224; vivre dans cette situation, qui se reproduira. Cela dit, quelques distinctions pratiques peuvent nous &#233;clairer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il y a science et science. Il y a d'abord des domaines o&#249; des lois peuvent &#234;tre &#233;nonc&#233;es et v&#233;rifi&#233;es exp&#233;rimentalement sur grande &#233;chelle. Ainsi d'une tr&#232;s grande partie des sciences physiques. Dans ces cas, ce que dit la science est raisonnablement fiable &#8211; m&#234;me si cela ne nous dispense pas de notre responsabilit&#233; dans l'usage qui en est fait. Mais malheureusement, ce n'est qu'une partie de ce qu'on appelle science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sciences hypoth&#233;tiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite des domaines o&#249; la science n'est pas en &#233;tat de formuler ce genre de lois v&#233;rifiables et v&#233;rifi&#233;es. Dans ce cas, sur la base des donn&#233;es qu'il a, le scientifique fait des hypoth&#232;ses, monte des mod&#232;les, et tente de v&#233;rifier les cons&#233;quences qu'il en tire. Son avis reste pr&#233;cieux et indispensable, parce qu'il a un r&#233;el savoir, a priori bien plus &#233;toff&#233; que celui du profane. Mais il peut aussi se tromper, les avis peuvent diverger, et les jeux d'int&#233;r&#234;ts ou de pouvoirs sont importants. Une partie appr&#233;ciable de ces avis est en outre bas&#233;e sur des mod&#232;les, dont la fiabilit&#233; n'est pas &#233;vidente surtout si les donn&#233;es manquent. C'est &#233;videmment le cas avec notre virus : il ressemble certes &#224; d'autres virus connus, et ce n'est pas la premi&#232;re &#233;pid&#233;mie qui survient ; on ne part donc pas de rien. Mais il a aussi des sp&#233;cificit&#233;s fortes, et elles sont mal connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire une chose simple : dans une telle situation, on ne peut pas d&#233;cider purement et simplement sur la base d'avis scientifiques, comme l'a sottement proclam&#233; notre gouvernement &#224; l'&#233;poque. Il faut &#233;videmment les &#233;couter, mais le r&#244;le du d&#233;cideur subsiste dans son int&#233;gralit&#233;, apr&#232;s d&#233;bat. Comment doit-il op&#233;rer ? Il n'y a &#233;videmment pas de m&#233;thode g&#233;n&#233;rale. Mais il y en a au moins une minimale : regarder ce qu'on a fait dans le pass&#233;, et ce que font ceux qui r&#233;ussissent ailleurs. En l'esp&#232;ce cela aurait &#233;t&#233; tr&#232;s utile. A nouveau, en s'instruisant de l'exp&#233;rience des pays d'Asie, pass&#233;e et pr&#233;sente, et en prenant des d&#233;cisions tr&#232;s rapidement, on pouvait r&#233;duire massivement l'impact de cette &#233;pid&#233;mie : masques g&#233;n&#233;ralis&#233;s, fermeture des fronti&#232;res, interdiction des rassemblement, tests syst&#233;matiques... Naturellement cela suppose aussi d'y avoir r&#233;fl&#233;chi &#224; l'avance et d'avoir pris un minimum de pr&#233;cautions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'incertitude sur le champ scientifique ne se limite pas &#224; ces cas. Un domaine analogue est celui de l'histoire, ou dans un autre genre, de l'ex&#233;g&#232;se religieuse : aucune exp&#233;rimentation n'est alors possible, et on en est r&#233;duit &#224; faire des raisonnements &#224; partir des donn&#233;es disponibles, par construction fragmentaires. Une telle activit&#233; est respectable, et peut donner certaines certitudes, mais elles sont partielles. Il est donc ridicule de se draper dans ce qui est un tissu d'hypoth&#232;ses pour en tirer des conclusions d'autorit&#233;. Croire par exemple avec la foi du charbonnier que l'ex&#233;g&#232;se scientifique est fiable comme peut l'&#234;tre la chimie est une lourde erreur, dont de nombreux th&#233;ologiens abusent de nos jours. Si vous regardez de pr&#232;s cette ex&#233;g&#232;se dite scientifique, vous verrez qu'elle fonctionne pour l'essentiel sur la base de raisonnements probabilistes, dont la base est souvent faible. Ce qui est d'autant plus paradoxal que son objet est une histoire sainte, suppos&#233;e fruit d'une action divine, dont il est logique d'attendre qu'elle narre des faits exceptionnels, qui sont donc statistiquement improbables&#8230; Encore une fois l'exercice est l&#233;gitime ; mais il ne saurait que rarement conduire &#224; des conclusions scientifiques au sens v&#233;ritable du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sciences humaines et le jeu des interactions sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a maintenant un troisi&#232;me domaine, qui recouvre toutes les affaires humaines, objet de ce qu'on appelle les sciences humaines, dans lequel la certitude est beaucoup plus faible encore. Sociologie, science politique, &#233;conomie m&#234;me (malgr&#233; ses chiffres) rel&#232;vent de cette cat&#233;gorie. En fait c'est le mot m&#234;me de science qui est alors &#233;quivoque. Cet emploi est justifi&#233; s'il souligne qu'on peut dans ces domaines aussi mener une vraie exploration &#224; la recherche de la v&#233;rit&#233;, en s'inspirant des sciences dures ou autrement, et par l&#224; parvenir &#224; des &#233;l&#233;ments qu'on peut appeler des savoirs. Mais il est abusif si, en employant le m&#234;me mot que pour les sciences dures, on se pare ind&#251;ment de la certitude relative mais objective que ces derni&#232;res peuvent donner, qui est hors de port&#233;e dans les &#8216;sciences' humaines. Car si dans ces domaines on ne parvient pas aux m&#234;me certitudes, c'est pour des raisons fondamentales et durables. Non seulement parce que la mati&#232;re est tr&#232;s compliqu&#233;e, r&#233;sultant de l'action de millions de volont&#233;s distinctes et relativement autonomes ; que les &#233;motions et appr&#233;ciations subjectives y jouent un r&#244;le majeur ; ou que le savant n'est pas neutre par rapport &#224; la mati&#232;re qu'il &#233;tudie. Mais aussi pour une raison essentielle, rarement soulign&#233;e, qui est le caract&#232;re r&#233;flexif de ces sciences, &#224; savoir le fait que dans ces mati&#232;res proclamer une loi ou une v&#233;rit&#233;, ou agir sur leur objet, change par l&#224; m&#234;me cet objet. Cela peut selon les cas invalider la loi, m&#234;me si elle &#233;tait vraie avant, ou l'autov&#233;rifier, m&#234;me si elle &#233;tait contestable. On voit cela d&#233;j&#224; avec les pr&#233;visions de trafic. Ou avec les &#233;pid&#233;mies, car si le comportement du virus ne d&#233;pend pas de nous, en revanche l'annonce d'une conclusion dite scientifique, ou la prise de mesures sanitaires change le comportement des gens. D&#232;s lors, dans tous ces domaines le r&#244;le du d&#233;cideur ou du dirigeant est essentiel, mais c'est un r&#244;le politique, car il s'agit d'influencer au mieux le comportement de millions de gens dans le bon sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion pratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se pr&#233;sente comme science ressemble au fond &#224; l'information. On disserte beaucoup aujourd'hui sur les m&#233;faits de l'information bidon sur les r&#233;seaux sociaux ou les m&#233;dias, les fameuses fake news. Sauf cas extr&#234;mes, la solution n'est pas de les interdire, mais de pr&#233;venir le public que cela existe, et l'encourager &#224; exercer un esprit critique sur l'origine des informations, leur vraisemblance etc. Il faut manifestement op&#233;rer de la m&#234;me mani&#232;re avec ce qui se pare du nom de science. Et cela vaut encore plus pour les d&#233;cideurs, qui ne peuvent pas se dissimuler derri&#232;re une suppos&#233;e science transform&#233;e en oracle, m&#234;me s'ils doivent &#233;videmment &#233;couter les savants. Leur m&#233;tier, c'est la communaut&#233; et leur responsabilit&#233; envers elle. Ce que fera cette communaut&#233; sera en bonne partie le r&#233;sultat de leur action, rarement un effet calculable &#224; l'avance par la science. Il est donc l&#233;gitime que leur responsabilit&#233; soit totalement engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine,&lt;i&gt; N&#176; 193 &#8226; Juillet - ao&#251;t 2020.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le virus et nous, ou comment se pr&#233;parer &#224; la prochaine crise </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-virus-et-nous-ou-comment-se-preparer-a-la-prochaine-crise.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Risques</dc:subject>
		<dc:subject>Crise sanitaire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8216;Nous sommes en guerre', disait notre cher pr&#233;sident. Ce n'est clairement &lt;br class='autobr' /&gt;
pas une guerre, mais il y a une dimension vraie dans le propos. Et donc, mobilisons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on faire pour aider &#224; pr&#233;venir ce genre de d&#233;sastre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma le 18 mai 2020&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Prevention-des-risques-+.html" rel="tag"&gt;Risques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-sanitaire-+.html" rel="tag"&gt;Crise sanitaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8216;Nous sommes en guerre', disait notre cher pr&#233;sident. Ce n'est clairement &lt;br class='autobr' /&gt;
pas une guerre, mais il y a une dimension vraie dans le propos. Et donc, mobilisons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe le plus dans cette affaire est la disproportion entre la cause et le danger, ou l'effet attendu. Un virus contagieux certes, mais de mortalit&#233; plut&#244;t r&#233;duite et concentr&#233;e sur une population bien d&#233;termin&#233;e, a immobilis&#233; nos &#233;conomies sur des semaines, avec des effets ravageurs. Si une cause aussi limit&#233;e a pu produire un tel effet, cela veut dire que cela peut se reproduire ais&#233;ment, pour de multiples raisons. Nous avons donc pour l'avenir un gros probl&#232;me de risque, sanitaire, &#233;videmment. Mais aussi &#233;videmment d'un autre ordre, aux effets eux aussi massifs &#8211; par exemple, un risque politique (ainsi une r&#233;volution en Arabie saoudite&#8230;). Or cette exp&#233;rience montre que comme communaut&#233;s politiques nous sommes ridiculement mal pr&#233;par&#233;s. Comme &#224; des degr&#233;s divers la plupart des d&#233;mocraties occidentales. Et nous r&#233;agissons lentement, et tr&#232;s mal. Compar&#233;s &#224; la Cor&#233;e ou Taiwan, c'est m&#234;me effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que c'est la t&#226;che du politique, le privil&#232;ge r&#233;galien par excellence. Bien s&#251;r, en un sens c'est vrai. Mais d'une part la mani&#232;re dont notre politique assume cette t&#226;che est pour le moins peu convaincante, notamment dans les pays latins et anglosaxons. D'autre part, il ne suffit pas de faire de beaux plans au niveau supr&#234;me, ou &#224; celui des Etats-Majors. Il faut aussi qu'ils soient suivis d'effet. Et que la population soit convaincue. Or si on a r&#233;agi si peu, si tard et si mal &#224; cette crise, ce n'est pas seulement du fait de l'impr&#233;paration, ni de l'inconscience ou de la pusillanimit&#233; des dirigeants (pas seulement fran&#231;ais) &#8211; tous deux pourtant manifestes. C'est aussi et sans doute surtout du fait de leur peur bleue des r&#233;actions de l'opinion. Avec le recul, il aurait par exemple fallu au minimum interdire les rassemblements de plus de 50 personnes d&#232;s fin janvier, g&#233;n&#233;raliser masques et tests. Imaginons le toll&#233; si cela avait &#233;t&#233; fait. La pr&#233;paration de l'opinion est donc centrale. Non pas la pr&#233;paration en termes de communication, mais la conscience collective, ce qui est tout autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement il n'y a pas de recette magique. Mais on peut tenter de se baser sur les exemples v&#233;cus. Par exemple, on fait des stress tests avec les banques, ce qui veut dire que des &#233;quipes nombreuses et suppos&#233;es comp&#233;tentes venant du superviseur bancaire testent &#224; intervalles r&#233;guliers la capacit&#233; des banques &#224; r&#233;sister &#224; des chocs. Bien des entreprises font de m&#234;me dans leur domaine. Dans le domaine public, on a fait mieux : on a m&#234;me un organisme, le SGSDN, en charge de la pr&#233;vention des grands risques nationaux, dont l'anc&#234;tre, le SGDN, existait d&#232;s avant la derni&#232;re guerre (eh oui). Entre autres t&#226;ches, il est suppos&#233; faire des plans sur les risques majeurs possibles, et sur la mani&#232;re d'y r&#233;agir. Nous le connaissons bien &#224; G&#233;opragma : trois d'entre nous au moins y ont travaill&#233;, &#224; des &#233;poques diverses. Ce m&#234;me SGDSN s'&#233;tait m&#234;me en l'esp&#232;ce fendu de rapports, qui pr&#233;voyaient les mesures &#224; prendre dans le cas pr&#233;cis d'un nouvelle &#233;pid&#233;mie du type actuel. Il recommandait notamment d'agir pr&#233;ventivement et tr&#232;s vite &#8211; avec usage massifs de masques. Mais il n'a pas &#233;t&#233; suivi d'effet&#8230; et comme on sait, on a au contraire liquid&#233; lesdits masques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit donc, le premier probl&#232;me n'est pas l'absence de r&#233;flexion ; mais l'absence de mise en &#339;uvre de mesures de pr&#233;caution (au bon sens du terme). Et de sensibilisation populaire. Trop souvent, dans nos soci&#233;t&#233;s faibles et peureuses, parler de pr&#233;caution veut dire : ne pas agir, par peur des cons&#233;quences. Alors que ce qu'on leur demande, c'est ce qu'on appelle prendre ses pr&#233;cautions, et donc au contraire agir, pour parer aux risques possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment alors faire monter d'un cran ou de deux l'attention g&#233;n&#233;rale, et pr&#233;parer le public &#224; ce genre de probl&#232;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je propose une m&#233;thode, parmi d'autres : celle d'un rapport annuel, public comme celui de la Cour des Comptes, peut-&#234;tre avec d&#233;bat parlementaire, provenant d'un organisme d&#233;di&#233; qui soit tenu de faire des recommandations publiques, s'il voit un risque majeur et qu'il pense qu'il faut agir. Avec si n&#233;cessaire, un statut prot&#233;g&#233; comme celui de la Cour. Et qu'il puisse mobiliser des moyens - y compris pour faire des tests. On pourrait appeler cela Conseil national de s&#233;curit&#233;, mais dans un sens diff&#233;rent de ce qui se passe aux Etats-Unis, qui serait notamment moins sous la coupe du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le champ de ce qui peut &#234;tre couvert ainsi va loin. Car outre les &#233;pid&#233;mies, les crises politico-militaires, ou les crises financi&#232;res, cela inclut n&#233;cessairement tout un pan de politique industrielle, d&#233;cisive pour la s&#233;curit&#233; collective comme on le voit maintenant avec les masques ou les m&#233;dicaments ; et cela s'&#233;tend aussi &#224; bien d'autres sujets. Cela ne fait pas double emploi avec les organismes comp&#233;tents : s'agissant d'une crise financi&#232;re par exemple, ou g&#233;opolitique, il ne s'agit pas de traiter la cause elle-m&#234;me, mais de mesurer l'impact possible de la crise sur la vie du pays, d'avertir, de susciter le d&#233;bat, et de r&#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il enfin besoin de dire qu'un tel organe se situerait n&#233;cessairement au niveau national, le seul &#224; m&#234;me de traiter ce genre de question ? Cela n'exclut pas une mise en commun europ&#233;enne d'id&#233;es ou de moyens, quand c'est appropri&#233;, cas par cas. Mais le ressort premier de la responsabilit&#233; n'est pas &#224; ce niveau-l&#224;. On l'a vu &#224; nouveau dans cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permettrait aussi de r&#233;pondre, devant le public, aux probl&#232;mes et inqui&#233;tudes qui s'y r&#233;pandent, notamment de ceux qui naissent de la mondialisation. Non pas par en haut, selon des sch&#233;mas id&#233;ologiques, mais concr&#232;tement, &#224; partir de nos vrais besoins, en tentant de mesurer ce qu'on peut et doit faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;i&gt;le 18 mai 2020&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/le-virus-et-nous-ou-comment-se-preparer-a-la-prochaine-crise/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://geopragma.fr/le-virus-et-nou...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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