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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Les crises financi&#232;res ont-elles un impact g&#233;opolitique ? </title>
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		<dc:date>2020-01-20T10:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les crises financi&#232;res frappent les imaginations. D'un seul coup, des r&#233;alit&#233;s de base de la vie quotidienne se trouvent remises en cause. Intuitivement, on tend &#224; en d&#233;duire qu'elles doivent avoir aussi un effet majeur sur les &#233;quilibres politiques et sur les relations entre puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'examen toutefois, c'est loin d'&#234;tre si &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-financiere-+.html" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 20 janvier 2020 sur G&#233;opragma :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/les-crises-financieres-ont-elles-un-impact-geopolitique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://geopragma.fr/les-crises-fina...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises financi&#232;res frappent les imaginations. D'un seul coup, des r&#233;alit&#233;s de base de la vie quotidienne, &#224; commencer par les emplois, la monnaie et les prix se trouvent remise en cause. D'o&#249; bien s&#251;r beaucoup de souffrances et de troubles. Intuitivement, on tend &#224; en d&#233;duire qu'elles doivent avoir aussi un effet majeur sur les &#233;quilibres politiques et sur les relations entre puissances. Et comme de nos jours la possibilit&#233; d'une nouvelle grande crise est un th&#232;me r&#233;current, non sans motifs, on s'interroge volontiers sur ce que sera l'&#233;tat de la plan&#232;te apr&#232;s, surtout si les autorit&#233;s ne parviennent pas &#224; la canaliser comme ils l'ont fait en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'examen toutefois, c'est loin d'&#234;tre si &#233;vident. Il y a &#233;videmment un exemple illustre : la terrifiante crise de 1929. Sans parler du ch&#244;mage de masse, elle est li&#233;e dans l'esprit public avec la mont&#233;e au pouvoir d'Hitler, et donc &#224; des faits g&#233;opolitiques majeurs. Mais avant d'en parler plus en d&#233;tail, remarquons un fait simple : il n'y a pas d'autre exemple vraiment convainquant de crise financi&#232;re majeur ayant eu un impact politique ou g&#233;opolitique r&#233;ellement significatif. On peut remonter aux 16 faillites successives de la monarchie espagnole entre XVIe et XVIIe si&#232;cle, &#224; la bulle des tulipes hollandaise, &#224; la banqueroute de Law, &#224; la bulle des Mers du Sud anglaise, &#224; la banqueroute fran&#231;aise sous la R&#233;volution, partout la m&#234;me conclusion : un grand feu d'artifice, bien des gens ruin&#233;s, mais pas d'effet majeur sur le jeu politique, national ou international. Poursuivons au XIXe si&#232;cle : pas de crise syst&#233;mique, de nombreuses crises violentes dans la sph&#232;re financi&#232;re - notamment li&#233;es &#224; des faillites bancaires, mais l&#224; encore les effets de bord hors du champ &#233;conomique sont mineurs. Rien de plus d'ailleurs entre 1929 et nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que le financier (et l'&#233;conomique derri&#232;re) est sans importance ? Que non pas ! Mais ce qui va compter et peser, c'est l'&#233;volution sur la dur&#233;e, la lente d&#233;rive ou au contraire la mont&#233;e en puissance. Ainsi de l'invention de la finance en Italie du XIIIe au XVIe si&#232;cles, du relais pris ensuite par les Flandres puis les Pays-Bas, et surtout ensuite par l'Angleterre, dont la domination progressive de la finance mondiale a &#233;t&#233; une composante essentielle de la puissance, sch&#233;ma relay&#233; &#224; sa fa&#231;on par les Etats-Unis aujourd'hui. En sens inverse, une finance fragile ou malsaine a montr&#233;e sur le long terme ses effets d&#233;l&#233;t&#232;res, ainsi dans l'Espagne de l'&#226;ge d'or, confondant la mar&#233;e de l'or et de l'argent des Am&#233;riques avec une vraie richesse, ou la gestion fantaisiste des finances fran&#231;aises fin XVIIIe, qui n'est pas pour rien dans la R&#233;volution. Mais on parle ici de ph&#233;nom&#232;nes lents, pas de crises. Les crises seraient donc finalement plus spectaculaires que significatives, au moins dans le cas g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais 1929 ? De fait cette crise a &#233;t&#233; dans son domaine exceptionnelle, en outre aggrav&#233;e par les erreurs commises &#224; l'&#233;poque par les dirigeants. G&#233;opolitiquement, son effet le plus rep&#233;rable est la d&#233;gradation massive de la situation sociale allemande, qui n'est &#233;videmment pas pour rien dans la venue au pouvoir d'Hitler. On peut d&#233;battre l'importance relative des causes enchev&#234;tr&#233;es de celle-ci, pas nier l'impact. Mais regardons de plus pr&#232;s : d'une part, malgr&#233; l'ampleur de la d&#233;tresse &#233;conomique, tr&#232;s peu de pays ont connu du fait de cette crise des bouleversements politiques d'une ampleur comparable. Il y a donc une sp&#233;cificit&#233; allemande (et dans une bien moindre mesure japonaise). Sp&#233;cificit&#233; qui ne se comprend pas si on ne rappelle pas l'effondrement de l'Empire en 1918, le choc violent du trait&#233; de Versailles, l'affaire des r&#233;parations, et la faible l&#233;gitimit&#233; de Weimar. En d'autres termes, 1929 n'a eu dans ce pays d'impact politique majeur que du fait de sa situation politique et g&#233;opolitique alors exceptionnelle. Autrement dit, ce n'est pas la crise qui a cr&#233;&#233; l'effet : elle a, selon les points de vue, fortement acc&#233;l&#233;r&#233; ou d&#233;clench&#233; un processus dont les d&#233;terminants premiers lui pr&#233;existaient et &#233;taient d'ordre essentiellement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aujourd'hui ? Malgr&#233; les mesures significatives prises apr&#232;s 2008, une grande crise financi&#232;re reste possible, en fait tr&#232;s probable un jour ou l'autre. Notre syst&#232;me ne vit pas sans crises, et on a bien des raisons de craindre que l'une d'elles sera syst&#233;mique. La mont&#233;e spectaculaire et quasi universelle de l'endettement en t&#233;moigne : toutes les crises syst&#233;miques sont en effet dans une large mesure des crises de l'endettement, qui nourrit les effets en domino et les rend syst&#233;miques ; en outre, la cr&#233;ation mon&#233;taire d&#233;brid&#233;e a engendr&#233; une bulle des actifs, &#224; l'&#233;vidence mena&#231;ante. Le tout sur arri&#232;re-fond de poursuite du r&#233;&#233;quilibrage des rapports de force &#233;conomiques, avec la mont&#233;e de plus en plus assur&#233;e des pays dits &#233;mergents, qui sont d&#233;sormais de plus en plus de vraies puissances. Bien s&#251;r, la prochaine crise sera peut-&#234;tre elle aussi ma&#238;tris&#233;e et noy&#233;e dans la cr&#233;ation mon&#233;taire et les d&#233;ficits - aggravant d'ailleurs &#224; nouveau la crise suivante. Mais prenons l'hypoth&#232;se, probable, d'une crise qui finalement un jour ne sera plus ma&#238;tris&#233;e. Quel pourra en &#234;tre l'effet g&#233;opolitique ? Si l'on en croit les le&#231;ons historiques, ce qu'il faudra alors guetter, c'est la situation &#224; l'allemande : une impasse politique et g&#233;opolitique majeure, que la crise pr&#233;cipiterait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; donc ? Au risque de d&#233;cevoir le lecteur, je n'en vois pas dans l'imm&#233;diat. Mais j'admets qu'il y a tellement de barils de poudre qu'il est facile de se tromper. A terme en revanche (20 ans, ou plus), c'est une autre paire de manches. Le risque sera autrement s&#233;rieux. Nos &#233;mergents seront alors des vraies puissances, m&#234;me inachev&#233;es, mais de r&#233;ussite variable, pas toujours stabilis&#233;es ; et leurs ambitions auront eu l'occasion de se mesurer et &#233;ventuellement de se heurter, entre elles et avec les actuels nantis. La conjonction d'une d&#233;rive interne, nourrie &#233;ventuellement par des frustrations &#233;conomiques mais plus encore politiques, avec une impasse g&#233;opolitique, pourra alors conduire l'un ou l'autre de ces pays (ex-&#233;mergent ou nanti) &#224; l'option allemande : la fuite en avant dans une politique de puissance, si une grande crise pousse d'un coup ces passions &#224; leur paroxysme. Je vous laisse mettre des noms&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La prochaine crise financi&#232;re ? Pas d'impatience : &#231;a se pr&#233;pare !</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-prochaine-crise-financiere-Pas-d-impatience-ca-se-prepare.html</link>
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		<dc:date>2018-03-18T14:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La derni&#232;re crise, dix ans d&#233;j&#224; ! A quand la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous avait-on dit, la crise de 2008 &#233;tait la derni&#232;re : des mesures drastiques devaient &#234;tre prises pour &#233;viter ce genre d'aventure &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lais la question est suffisamment pr&#233;sente pour nous convaincre que la pleine confiance n'est pas r&#233;tablie. Notamment du fait du poids de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans l'Homme Nouveau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La derni&#232;re crise, dix ans d&#233;j&#224; ! A quand la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est suffisamment pr&#233;sente pour nous convaincre que la pleine confiance n'est pas r&#233;tablie. Et notamment du fait du poids de la dette. Toute la plan&#232;te croule sous le poids de la dette : partout le ratio de la dette rapport&#233;e au PNB d&#233;passe nettement le niveau de 2007 ; tout pays, tous emprunteurs (particuliers, entreprises, Etats).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous avait-on dit, la crise de 2008 &#233;tait la derni&#232;re : des mesures drastiques devaient &#234;tre prises pour &#233;viter ce genre d'aventure &#224; l'avenir. En un sens c'est vrai. En particulier l'appareil des r&#232;gles s'appliquant aux banques et &#224; un moindre degr&#233; aux march&#233;s a &#233;t&#233; r&#233;ellement durci, et pas de peu : &#224; activit&#233; &#233;quivalente, les banques ont plus que doubl&#233; leurs fonds propres (qui fonctionnent comme un matelas de s&#233;curit&#233;). Ce qui veut dire que l&#224; o&#249; pour pr&#234;ter 100 (encours pond&#233;r&#233;s) elles avaient souvent 4 de capital, elles sont maintenant au-del&#224; de 10. Dit autrement, elles sont toutes choses &#233;gales par ailleurs un peu moins endett&#233;es qu'avant - contrairement aux autres acteurs de l'&#233;conomie. S'y ajoutent des mesures multiples et complexes renfor&#231;ant leur capacit&#233; et celle des march&#233;s &#224; r&#233;sister aux chocs. L'ensemble de ces mesures est en train d'&#234;tre finalis&#233;. De ce point de vue, un travail r&#233;el a &#233;t&#233; fait. Alors pourquoi l'inqui&#233;tude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier signal inqui&#233;tant nous vient de l'autre grand jeu de mesures mises en place apr&#232;s la crise : les interventions massives des banques centrales. L'id&#233;e de d&#233;part &#233;tait bonne : soutenir le plus possible l'activit&#233; au moment de la crise. Mais cela fait dix ans que cela dure. C'est qu'un autre facteur est intervenu : la peur panique de la d&#233;flation ou baisse des prix. C'est l'id&#233;e qu'une fois qu'on est install&#233; en d&#233;flation on n'en sort plus, car les gens d&#233;pensent beaucoup moins puisque leur argent s'appr&#233;cie avec le temps. Au nom de cela les banques centrales d&#233;versent depuis dix ans des quantit&#233;s massives de liquidit&#233; pour faire baisser les taux d'int&#233;r&#234;t et r&#233;animer l'inflation. Sans &#233;norme succ&#232;s, car l'inflation est frein&#233;e par la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi est-ce inqui&#233;tant ? Parce que l'argent d&#233;vers&#233; va &#224; quelque part. S'il ne nourrit pas l'inflation sur les marchandises, il va sur les march&#233;s financiers et immobiliers et fait artificiellement monter les prix au-del&#224; du raisonnable, et on investit dans n'importe quoi pour avoir du rendement (qu'on n'a plus sur les produits s&#251;rs puisque les taux sont d&#233;prim&#233;s). C'est ce qu'on appelle une bulle. Quand une bulle &#233;clate, on a une crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre l'essentiel de cet argent finance la croissance de la dette. Tout le monde s'endette, vu que les taux sont si bas. M&#234;me la Chine, qui a r&#233;agi &#224; la crise comme les Occidentaux : par un endettement int&#233;rieur colossal et tr&#232;s dangereux (avec une petite diff&#233;rence quand m&#234;me : l'Etat chinois lui n'est pas endett&#233; envers l'&#233;tranger). Or la dette est l'instrument principal de propagation des grandes crises. Pour une raison simple : si j'investis mon propre argent, que les march&#233;s baissent ou que je fais des pertes, je suis simplement moins riche. Si j'investis de l'argent que j'ai emprunt&#233;, je ne peux plus rembourser ; je fais faillite, et je r&#233;percute la crise sur mon cr&#233;ancier. Si tout le monde pr&#234;te &#224; tout le monde de fa&#231;on excessive, les crises se r&#233;pandent &#224; toute vitesse et deviennent comme on dit syst&#233;miques. En outre si comme on l'a vu on a renforc&#233; les banques, elles restent quand m&#234;me expos&#233;es : environ 90% de leur bilan est fait de fonds emprunt&#233;s. De plus, on a constat&#233; le d&#233;veloppement &#233;norme de ce qu'on appelle banque de l'ombre : des soci&#233;t&#233;s qui ont une fonction proche de celles des banques mais qui ne sont pas soumises &#224; leur r&#233;glementation et &#224; leur supervision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc le risque d'une grande crise est bien r&#233;el. O&#249; d&#233;marrerait-elle ? Par construction on ne le sait pas, car les gens &#233;viteraient les op&#233;rations correspondantes. Presque toujours d'ailleurs une grande crise part d'un secteur jug&#233; &#224; tort s&#251;r, comme les produits toxiques de 2007 qui avaient une si bonne notation financi&#232;re. Que pourraient faire les pouvoir publics ? Essentiellement comme en 2008, faire marcher la planche &#224; billet et inonder le march&#233; de liquidit&#233;s. Cela marchera-t-il ? Peut-&#234;tre, mais &#224; un niveau de risque bien plus &#233;lev&#233;. Car cela fait dix ans maintenant qu'on d&#233;verse ces liquidit&#233;s. Cela ne peut &#233;videmment pas durer ind&#233;finiment. Avec deux grands dangers : l'un, que l'inflation d&#233;marre pour de bon, les liquidit&#233;s emportant tout sur leur passage ; l'autre, que la confiance dans nos monnaies finisse par s'&#233;roder &#8211; car elles ne reposent sur aucune r&#233;alit&#233; autre que la confiance qu'on leur porte Sans compter les risques internationaux (mesures unilat&#233;rales, r&#233;torsions etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc il faudrait faire un effort pour &#234;tre plus vertueux. Ne plus s'endetter. Surveiller la banque de l'ombre. Et surtout, compartimenter les march&#233;s : ne pas laisser l'argent circuler librement partout, contr&#244;ler un minimum son espace. Etc. Mais pas de d&#233;magogie (populiste), qui ne ferait qu'acc&#233;l&#233;rer la d&#233;rive : ceux qui selon une vision fausse du pass&#233; recommandent la planche &#224; billet nous poussent sur la planche savonn&#233;e. On pourrait aussi sortir de l'euro, m&#234;me si c'est difficile, mais pas pour &#234;tre plus laxiste encore, tout au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que nous sommes habitu&#233;s &#224; toutes ces drogues. En sortir suppose donc un r&#233;el effort. Ce qui veut dire que nos &#233;quilibres socio-politiques en d&#233;pendent. Dit autrement, que la sortie de cette situation se fasse par retour &#224; la vertu politique, ou qu'elle r&#233;sulte d'une nouvelle crise &#224; la suite de quoi on pourrait repartir sur de nouvelles bases, elle implique des mutations politiques profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans L'Homme Nouveau n&#176;1659 du 17 mars 2018)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#232;re des bulles financi&#232;res</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-ere-des-bulles-financieres.html</link>
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		<dc:date>2015-09-14T12:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Bulle financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Panique sur les march&#233;s, h&#233;catombe boursi&#232;re,&#8230;. Le krach boursier chinois semble avoir pris tout le monde de court. En r&#233;alit&#233;, rien d'&#233;tonnant dans cet &#233;v&#233;nement. L'envol&#233;e boursi&#232;re chinoise &#233;tait une &#233;norme bulle. Et comme toutes les bulles, elle a fini par &#233;clater. On s'en &#233;meut toujours mais on n'en tire aucune le&#231;on. Et m&#234;me avec le cr&#233;dit on vit sur une &#233;norme bulle&#8230; bien plus inqui&#233;tante que la chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi cette addiction de nos soci&#233;t&#233;s aux bulles financi&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La bulle boursi&#232;re qui s'est form&#233;e en Chine ces derniers mois a fini par &#233;clater faisant souffler un vent de panique sur les march&#233;s et &#233;clipsant en une journ&#233;e la crise grecque. Beaucoup d'investisseurs avaient mis&#233; sur la croissance continue et spectaculaire de l'&#233;conomie chinoise - de l'ordre de 10% par an en moyenne depuis 2003 avec un pic de pr&#232;s de 15% en 2007 &#8211; sans voir qu'une telle croissance avait quelque chose de n&#233;cessairement temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mani&#232;re dont la Bourse avait traduit cette croissance &#233;tait plus irrationnelle encore. Avant de s'effondrer, la Bourse de Shanghai s'&#233;tait ainsi envol&#233;e de 150 % en moins d'un an !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant clair que quand la croissance d'actifs est aussi forte et rapide, il y a toutes les chances qu'elle ne corresponde pas &#224; leur valeur r&#233;elle. C'est qu'une bulle, d&#233;connect&#233;e de l'&#233;conomie r&#233;elle, est en train de se former et de gonfler. Et comme toute bulle qui ne cesse d'enfler, elle finit par &#233;clater. C'est ce qui s'est produit en cette fin ao&#251;t. La croissance chinoise s'est ralentie, plus que pr&#233;vu, passant sous les 7%, le gouvernement a d&#233;valu&#233; le yuan, et les inqui&#233;tudes sur le niveau du cr&#233;dit se sont amplifi&#233;es. Rien que de tr&#232;s pr&#233;visible, m&#234;me si on ne sait pas &#224; l'avance quand la prise de conscience interviendra. Mais la chute a affol&#233; les investisseurs, doutant tout &#224; coup de la r&#233;alit&#233; et de la solidit&#233; du boom &#233;conomique chinois, sur fond de soup&#231;ons de manipulation des statistiques par les autorit&#233;s. R&#233;sultat : en moins de deux mois la Bourse de Shanghai a perdu pr&#232;s de 40% de sa valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On revient &#224; une triste le&#231;on : on ne tire jamais d'enseignements des bulles pr&#233;c&#233;dentes et de leur in&#233;vitable &#233;clatement. Car ce n'est &#233;videmment pas la premi&#232;re bulle qui fait la Une des journaux. On a bien s&#251;r en m&#233;moire le krach de 1929. Et dans la p&#233;riode r&#233;cente, citons notamment la bulle de la nouvelle &#233;conomie Internet en 1999-2000 et la bulle des subprimes de 2007-2008. Et demain il y en aura encore d'autres, n'en doutons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre, arr&#234;tons-nous un instant sur ce ph&#233;nom&#232;ne des bulles, anxiog&#232;ne mais somme toute assez classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bulle se forme lorsque le march&#233; est inond&#233; par l'argent qui y est investi, que les cours s'envolent et qu'ils atteignent des niveaux tr&#232;s excessifs par rapport &#224; la valeur r&#233;elle des actifs. A la base, il y a la conviction que la valeur des actifs est beaucoup plus &#233;lev&#233;e que celle qu'en donne le march&#233;, et donc que le prix auquel ils pourront &#234;tre revendus sera beaucoup plus &#233;lev&#233;. Et m&#234;me ceux qui estiment que le prix est devenu tr&#232;s excessif par rapport &#224; la valeur fondamentale ne veulent pas prendre le risque de sortir trop t&#244;t et de perdre le gain suppl&#233;mentaire qu'ils pourraient r&#233;aliser. Ainsi le mouvement s'auto-v&#233;rifie et s'entretient avant d'&#233;clater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par certains c&#244;t&#233;s un tel mouvement est in&#233;vitable sur des march&#233;s, qui sont des interactions collectives. Mais ce n'est pas forc&#233;ment dramatique. Normalement le march&#233; finit par se corriger lui-m&#234;me. Cela n'a pas d'effet collectif majeur dans les cas de bulles classiques, o&#249; les actifs sont financ&#233;s en fonds propres et sont n&#233;goci&#233;s sur des march&#233;s raisonnablement liquides, ce qui fait qu'il n'y a pas d'effet syst&#233;mique. On l'a vu encore en 2000 : la bulle a &#233;clat&#233;, la baisse rapide des cours a corrig&#233; les exc&#232;s et r&#233;&#233;quilibr&#233; le march&#233;. Naturellement au prix d'un ralentissement de l'&#233;conomie, de la baisse des portefeuilles et du d&#233;couragement de nombre d'investisseurs ; mais sans disruption majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel n'est pas le cas des bulles o&#249; les achats d'actifs sont financ&#233;s &#224; cr&#233;dit, ce dont la crise de 1929 est l'arch&#233;type inoubliable. Non seulement la facilit&#233; du cr&#233;dit donne &#224; la bulle une tout autre ampleur, mais son &#233;clatement met les investisseurs dans une position intenable : devant rembourser leur cr&#233;dit, ils cherchent &#224; limiter leur perte en vendant en masse au plus mauvais moment, cr&#233;ant des effets en cha&#238;ne d&#233;vastateurs. Il semble que la bulle boursi&#232;re chinoise soit, en partie notable, de ce type. Mais dans son cas il se pourrait que l'effet soit dans une certaine mesure att&#233;nu&#233; par la pr&#233;dominance d'investisseurs priv&#233;s, non institutionnels, moins impliqu&#233;s dans le tissu des d&#233;pendances r&#233;ciproques qui caract&#233;rise les institutions financi&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement pr&#233;occupante est la g&#233;n&#233;ralisation du mod&#232;le de la bulle financ&#233;e &#224; cr&#233;dit, surtout quand il s'agit de march&#233;s de beaucoup plus grande ampleur. Deux sont classiquement la source des plus grandes d&#233;rives collectives : l'immobilier et les march&#233;s de taux. Tous deux sont dans une mesure importante financ&#233;s &#224; cr&#233;dit ; tous deux peuvent donner l'illusion d'une s&#233;curit&#233; relative (la pierre et le b&#233;ton d'un c&#244;t&#233;, les garanties publiques ou les ratings de l'autre) ; tous deux sont de taille gigantesque et dans leur majorit&#233; de faible liquidit&#233; naturelle. La crise des subprimes mariait les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons en fait aujourd'hui sur ces deux march&#233;s &#224; la formation de bulles exceptionnelles par leur ampleur et aggrav&#233;es par deux ph&#233;nom&#232;nes tr&#232;s regrettables. C'est d'abord et surtout l'exc&#232;s d&#233;mesur&#233; et anormal d'argent, l'intervention sans frein des banques centrales : quand la planche &#224; billets fonctionne &#224; plein r&#233;gime il faut bien placer cet argent, ce qui nourrit artificiellement la demande, &#233;loignant d'autant la correction du march&#233;. Et, fait pathologique, la demande se fait alors tr&#232;s forte pour une intervention publique, donc encore &#224; cr&#233;dit ou par cr&#233;ation de liquidit&#233;s. On l'a vu avec la crise boursi&#232;re chinoise, mais ce n'est pas all&#233; tr&#232;s loin. Mais on le voit surtout &#224; haute dose, sur toute la plan&#232;te, dans l'endettement public et les bulles immobili&#232;res. Comme si nos soci&#233;t&#233;s ne tol&#233;raient pas les p&#233;riodes n&#233;cessairement difficiles r&#233;sultant de la correction des exc&#232;s ant&#233;rieurs et pr&#233;f&#233;raient &#224; chaque soup&#231;on de crise intensifier les doses de leur drogue favorite : le cr&#233;dit. Comme si plus on souffrait des effets de l'alcool, plus on devrait boire. Dans les d&#233;mocraties comme dans le r&#233;gime autoritaire chinois. La culture de la bulle si on peut dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela peut s'ajouter la mauvaise r&#233;gulation. Notamment, lorsque des ratios prudentiels sont inadapt&#233;s ils accroissent l'impact des crises voire les suscitent car ils rendent anormalement peu co&#251;teux en fonds propres des sp&#233;culations &#224; risque, s&#233;curisant en outre artificiellement les op&#233;rateurs. Aujourd'hui encore la dette publique est par exemple consid&#233;r&#233;e risque nul : pas de fonds propres ! Qui peut le croire ? Dans un autre ordre d'id&#233;e la baisse de liquidit&#233; qui r&#233;sulte de mesures par ailleurs compr&#233;hensibles rend les chocs plus brutaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on l'a vu, l'&#233;clatement de ces bulles a des cons&#233;quences spectaculaires et tr&#232;s graves. Ce fut le cas en 1929, ou avec les subprimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question alors : pourquoi ne tire-t-on aucune le&#231;on de ces bulles qui se succ&#232;dent ? Bien s&#251;r on a pris des mesures consid&#233;rables depuis 2008. Mais elles ont plus consist&#233; en un renforcement de la r&#233;silience des institutions bancaires, ou la r&#233;duction des effets de contagions, qu'en de la pr&#233;vention directe : plus que jamais on a inond&#233; le march&#233; de liquidit&#233;s, depuis 7 ans d&#233;j&#224;. Sans doute parce que ce serait une remise en question trop douloureuse et que nous pr&#233;f&#233;rons faire le choix de la facilit&#233;. On a pris l'habitude des &#171; drogues douces &#187; : de l'argent facile et pas cher, et on ne tol&#232;re plus les corrections normales du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bulles sont en quelque sorte &#8230; dans l'air du temps. Mais contrairement &#224; leur cousines de savon, leur &#233;clatement fait tr&#232;s mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur Le Cercle des Echos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise financi&#232;re : ce qu'il reste &#224; faire </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-financiere-ce-qu-il-reste-a-faire.html</link>
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		<dc:date>2013-09-28T13:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Question majeure : au-del&#224; de la technique, o&#249; en est-on ? D'un point de vue chr&#233;tien, si beaucoup a &#233;t&#233; fait, plusieurs questions essentielles restent ouvertes. Notamment une r&#233;flexion en profondeur sur ce que sont et doivent &#234;tre les march&#233;s et le financement de l'&#233;conomie, sur le r&#244;le de la dette et ses dangers, et sur la n&#233;cessit&#233; d'un financement nettement plus assur&#233; en fonds propres par des investisseurs int&#233;grant une vision large de leurs responsabilit&#233;s et de leurs objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention ci-apr&#232;s est une communication au colloque organis&#233; &#224; Rome par la Fondation Centesimus annus les 27 et 28 septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention elle est en anglais.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;The Debt Crisis and Plans for Financial Reform :
&lt;p&gt;What are the Unanswered Key Questions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Some views from a private sector background&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;What has been done ?&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Many measures have been taken at G 20 and FSB level, and, mostly in that framework, by the Basel Committee and Iosco. The main areas involved were prudential : a major solvency ratio, two liquidity ratios (partly under development), a leverage ratio, and measures on global systemic institutions (G-SIFIs). And secondly, on markets : mandatory clearing, rules on compensation ; plus various issues such as credit rating agencies etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Other significant measures have been taken (or are being taken) at national/ European level, the most significant one bearing on resolution procedures (including bail-in), but also resolution and contingency planning ; in some cases on the structure of banks (Vickers and Volcker). Some jurisdictions have also taken measures on market structures (mainly in the US, in favour of trading on platforms).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assessment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1.	The measures&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It seems there were not many wrong decisions : most of what has been done goes in the right direction. But even when considered in themselves some significant limits appear. First, there has not been any real global impact assessment of the combined impact of the decisions, and of their consequences for the economy. This is particularly the case in Europe where that impact will be probably more significant than in the US (because of the much more significant role of bank lending). In addition there are very significant problems of coordination of implementation : differences between jurisdictions, extra-territorial impacts of some of them. There are also cases of clear failures (such as the harmonisation of accounting rules). In addition, a lot of work has still to be done technically (beyond remedying the above-mentioned deficiencies) : assess the impact, especially of prudential ratios, devise and implement corrective measures if deleveraging threatens the economy and even society (as in Europe), check the actual capacity of ratios to measure the real risk etc.. Finally the jury is still out on shadow banking, which is a major issue. But work is in process here.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2.	The philosophy&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is perhaps an even more important area of concern, which is the insufficient effort to think in depth the issues at stake and the magnitude of the problem. The work done has been dominated by prudential issues and by systemic issues (with the limits mentioned).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It means that very little thought has been given for example to the question of markets themselves. What do we expect from them ? What is a good market ? How to reduce their opacity and/or collectively erratic moves ? It is in particular the case for emblematic market structures like stock markets, and even more for specific wild markets like CDSs or commodities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Similarly, little attention has been given to the role of banking ; or more precisely it has been limited to the question of the structure of banks (commercial vs. investment banking). This is in spite of the evidence of the importance of lending rules (especially for real estate), as the crisis has shown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And more broadly little attention has been paid to the basic issue : how best finance the economy ? In particular the reality of global excessive leveraging has not been examined as such ; some measures will contribute to reduce it (solvency ratios for example), but other decisions do go in the other direction (quantitative easing for example) ; and anyway the reflexion on the excessive role of debt compared with own funds (stocks) in our economies is still very limited.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A third area where reflexion has been limited is what Caritas in veritate has emphasised : the question of global authority, or more technically, of the lack of a global framework for monitoring finance with an actual decision making power . Technically it begins to exist partially (especially with the Basel Committee, Iosco etc.) But it is not quite representative, and does not have any binding power. Which means this is mainly a political issue, and a difficult one at that.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;The broader picture from a Christian point of view&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From a Christian point of view, the task is huge, involving two major features : first, the development of Christian thinking itself, second, the question of sending messages to society and governments at the appropriate level. I do not think that the appropriate level is the technical level (such as : transaction tax or the structure of banks) but a deeper and more fundamental level ; which makes the elaboration of a Christian thinking even more urgent . I would put a particular emphasis on the following.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;We should go much deeper into the philosophy of markets.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We should not consider a market as something given, which has just to be monitored. Caritas in veritate has been much more aware of what is at stake : a market is a meeting of human persons, and its result will depend not only from the rules that govern that meeting of will ; but even more from the values of the participants, their actual priorities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As regards the rule governing the meeting of orders on a market, we must have a clear idea of the rationale of that meeting of intentions. The objective is to organise the best confrontation of the opinions of investors that is achievable, if we understand by opinion what they perceive as the right price for the product dealt with, and not the guess of smart players about possible collective frenzies. This is something that needs to be organised.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;My perception of an ideal market is a place where first the information is clearly available to all, and where all are put on the same footing as regards their participation to the transactions. This means that markets should be as open and organised as possible. The scope of this remark includes commodities markets, now closer to jungles than to collective tools of price discovery. Second, an ethical vision of the behaviour of a participant should be elaborated : they participate in the elaboration of the price, but they are not here to take advantage of irrational moves of the market (bubbles). Third, financial institutions, their dealers and their managers should be responsible for their acts, including on their personal wealth, well after each transaction is concluded. This has moral as well as legal consequences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A particular Christian contribution should be done on ethical investment (SRI).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As Caritas in veritate expressed with great lucidity, the priorities of the participants to a market are one of the main factors determining the end result of that market and therefore the whole impact of finance on society. We therefore need reflexion and action on the behaviour of investors and their priorities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This means first reflecting on Christian SRI versus plain SRI. Caritas in veritate again has been clear on the ambiguity of the word &#8216;ethical', especially in our contemporary environment. There should be schools of thought elaborating Christian views and practices on SRI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Additionally, in the end ethical investment should become not a kind of luxury, but the normal behaviour of investors. This starts with very simple gestures. For example if the manager of a pension fund is benchmarked by stock market indices, he will manage the funds on a very short term basis. It means that other benchmarks must be devised and used to remedy this. The decision on benchmarks is in the end taken by the pensioners themselves (or of clients more broadly). This means that the role of clients and their priorities is central in the financial system.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This brings us to the more global issue of the alternative use of money : the necessary Christian reflexion on how best use our financial capacity, each of us, towards the common good. Including of course what can be done on international imbalances, reducing poverty etc. since the issue is not merely a government issue. But this will not have consequences if it is not linked with actual behaviour ; which means analysing the decisions that each of us has to take.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;We should reflect on the respective role of debt and equity.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traditionally in the past the Church was reluctant towards interest lending (then called usury). That doctrine was not technically justified ; but philosophically there was a profound and valid intuition : debt should be a subordinated and limited form of financing. Not only because of its risks (its binding power on the debtor, the domino effect it creates in case of crises etc., as is evident in the present one). But also because it does not create and in fact is not based on a real association with a real solidarity between the person providing the funds and the borrower, as equity financing is (or more precisely, could and should be). If well understood and managed, equity is the moral from of financing. Christians should be all in for equity or more precisely ethical equity investment - which again has consequences on the structure of firms, in particular on their governance. Equity investors have a special responsibility towards the community that a company actually is.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What about government borrowing then ? Generally it finances short term spending (in general mere consumption) on a promise of repayment by future taxpayers. My view is that it is therefore fundamentally immoral, except of course self-financing projects, or emergency cases, or short term measures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise de la zone euro : dix ans d'efforts camarades </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-de-la-zone-euro-dix-ans-d-efforts-camarades.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Crise-de-la-zone-euro-dix-ans-d-efforts-camarades.html</guid>
		<dc:date>2012-06-30T13:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise de la zone euro ne cesse de s'aggraver et sauf &#224; tr&#232;s court terme le r&#233;cent sommet ne modifiera pas ce triste constat. Ce qui est indiscutable, c'est le besoin d'un programme qui soit clair, tant aux peuples qu'aux march&#233;s. Mais ce programme doit &#234;tre cr&#233;dible sur la dur&#233;e et donc se baser sur la r&#233;alit&#233; de la zone euro. Celle-ci est rarement reconnue lucidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte comme celui-l&#224; un pays qui a besoin de s'ajuster ne peut ni d&#233;valuer, ni noyer ses dettes dans l'inflation. M&#234;me si le reste de la zone l'aide ou si on tente ici ou l&#224; de soutenir l'activit&#233;, ce qu'il conna&#238;t in&#233;vitablement, ce sont les joies am&#232;res de la contraction, d'une forme d'aust&#233;rit&#233;, au mieux de la stagnation &#8211; le temps n&#233;cessaire au r&#233;&#233;quilibrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans d'efforts assez durs sans doute. Autant alors l'assumer franchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise de la zone euro ne cesse de s'aggraver et sauf &#224; tr&#232;s court terme le r&#233;cent sommet ne modifiera pas ce triste constat. Ce qui est indiscutable, c'est le besoin d'un programme qui soit clair, tant aux peuples qu'aux march&#233;s. Mais ce programme doit &#234;tre cr&#233;dible sur la dur&#233;e et donc se baser sur la r&#233;alit&#233; de la zone euro. Celle-ci est rarement reconnue lucidement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'in&#233;vitable d&#233;flation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me central est qu'il n'est pas facile de vivre avec ce que j'appellerai l'&#233;talon-euro. Il ressemble sur un point avec l'&#233;talon-or du XIXe si&#232;cle : c'est pour chaque pays membre la discipline d'une monnaie stable, ext&#233;rieure &#224; soi, et qu'on ne peut cr&#233;er &#224; volont&#233;. Un pays membre de la zone peut avoir des d&#233;s&#233;quilibres importants, notamment de comp&#233;titivit&#233; (ce qui fait qu'il vend moins qu'il ach&#232;te et doit donc emprunter pour maintenir son niveau de vie, ce qui ne peut durer ind&#233;finiment), et s'&#234;tre trop endett&#233; pour maintenir artificiellement son niveau de vie. Il a alors besoin de s'ajuster. Mais dans avec l'&#233;talon-euro il ne peut le faire que par r&#233;duction des prestations, des prix et des salaires : il ne peut ni d&#233;valuer, ni noyer ses dettes dans l'inflation. La seule chose qu'il peut tenter, dans le cas limite, c'est d'&#233;taler ou d'annuler une partie de ses dettes, en droit ou en fait : dans la zone euro ce sera indispensable pour certains. Mais comme cela le coupera des march&#233;s, cela ne le dispensera pas de l'ajustement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; dans un tel cas un tel pays doit beaucoup moins d&#233;penser, ne plus vivre &#224; cr&#233;dit, et ajuster ses prix pour vendre ses produits - quitte &#224; compenser certains effets sur les plus modestes. Ce qu'il conna&#238;t donc, in&#233;vitablement, ce sont les joies am&#232;res de la contraction, au mieux de la stagnation &#8211; le temps n&#233;cessaire au r&#233;&#233;quilibrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en outre une grande diff&#233;rence avec l'&#233;talon-or : c'est que celui-ci exer&#231;ait son r&#244;le mod&#233;rateur en permanence, limitant consid&#233;rablement l'ampleur des d&#233;s&#233;quilibres. Alors que la plus grande partie de la zone euro s'est permis dix ans d'euphorie irresponsable, &#224; grands coups d'endettement public et priv&#233;. Elle doit donc &#224; la fois ajuster sa comp&#233;titivit&#233; et r&#233;gler son exc&#233;dent de dettes. Outre l'ajustement, les seules mesures possibles, et absolument indispensables, sont les r&#233;formes de structure. Mais elles ne permettent pas d'&#233;viter la contraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, rien de tout cela n'emp&#234;che la solidarit&#233;, l'aide entre pays, des mesures coordonn&#233;es de soutien &#224; l'activit&#233; (Banque europ&#233;enne d'investissements, grands travaux financ&#233;s par le march&#233; etc.), bien au contraire. Mais cela ne dispense pas de l'ajustement. Et donc d'un effort socialement et politiquement tr&#232;s dur, sur une dur&#233;e longue : dix ans peut-&#234;tre. Il y a donc un risque majeur de disruption sociale et politique dans les pays expos&#233;s &#8211; m&#234;me avec un effort de solidarit&#233; envers les plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas d'&#233;chappatoire f&#233;d&#233;rale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Consternant, dira-t-on. Que faire d'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e alternative la plus r&#233;pandue est un bond en avant f&#233;d&#233;raliste. Cela a le m&#233;rite d'une certaine coh&#233;rence. Mais c'est malheureusement irr&#233;aliste. D'une part la base politique pour une union europ&#233;enne f&#233;d&#233;rale, un Etat europ&#233;en, n'existe pas. Ni dans les opinions ; ni dans la r&#233;alit&#233; de la vie commune, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en. Ni de vie politique au niveau europ&#233;en : la vie politique fran&#231;aise n'a pas plus d'interaction avec l'allemande qu'avec l'am&#233;ricaine. Qui conna&#238;t un nom de politicien allemand en dehors de Mme Merkel ? Les &#233;lections au parlement europ&#233;en ne se font pas sur la base de programmes ou d'enjeux europ&#233;ens ; elles ne sauraient cr&#233;er de responsabilit&#233; d&#233;mocratique, donc de l&#233;gitimit&#233;. Personne d'ailleurs ne mettrait en avant ce f&#233;d&#233;ralisme aujourd'hui, sans les d&#233;boires de la zone euro ; et c'est l&#224; qu'on veut t&#226;ter du f&#233;d&#233;ralisme. Mais si on se limite &#224; cette zone la base politique est encore plus mince : quelles sont les points de ralliement et d'identification entre des pays dont la seule sp&#233;cificit&#233; en Europe est de se trouver dans cette nasse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, pour &#234;tre efficace et &#233;viter toute contraction, cela demanderait d'&#233;normes transferts de la moiti&#233; nord de l'Europe (France comprise) vers la moiti&#233; sud. Or non seulement personne n'en veut parmi les payeurs possibles, surtout au vu des habitudes d&#233;pensi&#232;res des b&#233;n&#233;ficiaires, mais il n'y a pas la place dans les budgets des pays du Nord, compte tenu de leurs &#233;normes d&#233;penses publiques, sauf &#224; augmenter massivement les pr&#233;l&#232;vements. En outre l'exp&#233;rience de l'Allemagne de l'Est et du Mezzogiorno montre que ces transferts durent ind&#233;finiment - sans jamais cr&#233;er une &#233;conomie comp&#233;titive et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en commun des dettes (eurobonds), en tout ou en partie, n'est pas non plus une voie. Comme on sait, elle aussi suppose une base f&#233;d&#233;rale. Et elle ne r&#233;sout pas la question de la comp&#233;titivit&#233;. Donc de la contraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste l'union bancaire dont on nous parle maintenant. Mais sans un tel f&#233;d&#233;ralisme, elle n'a pas beaucoup de sens et d'ailleurs elle ne changera pas grand chose &#224; la crise. J'ai &#233;voqu&#233; le point par ailleurs : cela reste vrai apr&#232;s les d&#233;cisions du 29 juin 2012. On dit qu'il faut d&#233;gager les banques d'un pays de leur lien avec l'Etat correspondant. Mais on ne voit pas que pour vraiment faire cela il faudrait simultan&#233;ment prendre trois d&#233;cisions tr&#232;s lourdes : les soulager de leur exposition aux obligations de leur Etat (dont elles sont le plus gros acheteur &#8211; mais si elles le font la crise devient incontr&#244;lable), les obliger si c'est possible &#224; diversifier leur activit&#233; par rapport &#224; ce pays qui est pourtant leur base essentielle, et surtout cr&#233;er un &#233;norme tr&#233;sor de guerre pour les soutenir en cas de besoin. Lequel ne peut &#234;tre financ&#233; que partiellement par les autres banques europ&#233;ennes, car les sommes n&#233;cessaires pour &#234;tre cr&#233;dibles sont &#233;normes &#8211; et que la ponction sur les banques aboutit &#224; une contraction du cr&#233;dit. Donc cela retomberait &#224; nouveau sur les contribuables. Et cela suppose &#224; nouveau le f&#233;d&#233;ralisme &#8211; en outre de toute fa&#231;on n&#233;cessaire pour avoir l'autorit&#233; politique de prendre les d&#233;cisions qui s'imposent sur les banques. Sans &#233;videmment que tout cela r&#232;gle le probl&#232;me des Etats, de leurs d&#233;s&#233;quilibres et de leur ajustement n&#233;cessaire, ni celui de leur comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'inflation non plus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de monnaie &#224; vau-l'eau ne r&#233;pond pas non plus &#224; la question. Elle est d'abord intol&#233;rable pour les Allemands et bien d'autres : cela suffit &#224; &#233;liminer l'hypoth&#232;se. Mais m&#234;me en mettant cela de c&#244;t&#233;, il faudrait une inflation &#233;norme pour att&#233;nuer le poids de la dette existante, alors m&#234;me que les taux d'int&#233;r&#234;t de la dette se relevant fortement, le refinancement des pays serait alors beaucoup plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le seul moyen serait un financement massif des Etats par la Banque centrale europ&#233;enne, organisant volontairement un d&#233;rapage d'ensemble. Bien entendu cela d&#233;truirait toute perspective pour l'euro d'&#234;tre une monnaie mondiale cr&#233;dible ; en outre, cela ruinerait toute une partie de la population, principalement de revenus modestes. Mais outre que c'est politiquement inimaginable, cela ne ferait m&#234;me pas dispara&#238;tre la question de la comp&#233;titivit&#233; des pays non comp&#233;titifs. Et donc le besoin de r&#233;formes profondes et d'aust&#233;rit&#233;. En fait cela aurait bien plus d'inconv&#233;nients qu'une r&#233;duction de dettes. Mieux vaut donc celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une sortie de l'euro hasardeuse et difficile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au bout du constat, on peut alors &#234;tre tent&#233; de se dire que la sortie de l'euro ne serait finalement pas absurde. Mais, comme je l'ai montr&#233; par ailleurs, il n'est pas impossible mais r&#233;ellement difficile de sortir de la zone sans casse, seuls ou ensemble. Pas tellement sur le plan technique (&#233;change des esp&#232;ces, changement de d&#233;nomination de la dette) : il me para&#238;t de plus en plus que c'est en soi faisable - m&#234;me si c'est compliqu&#233;. Mais du fait des mouvements massifs de capitaux, y compris au niveau de la population, que la simple annonce du projet d&#233;clencherait. Il faudrait donc contr&#244;ler tous ces mouvements pendant une p&#233;riode, ce qui est difficile et al&#233;atoire, et repr&#233;sente un choc brutal. En outre changer de monnaie n'est pas simple juridiquement et m&#234;me en principe exclu par les trait&#233;s europ&#233;ens, toujours eux - sauf &#224; sortir de l'Union au moins un instant de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin et surtout, pour notre propos, tout cela ne changerait pas le besoin d'un effort en profondeur, m&#234;me si cela permettrait une acc&#233;l&#233;ration du processus et un red&#233;marrage ensuite sur des bases plus saines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : dix ans de malheur ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dix ans d'efforts assez durs en tout cas. Autant alors l'assumer franchement. C'est le discours global clair dont a besoin l'opinion comme les march&#233;s : &#171; il n'y a pas de rem&#232;de miracle ; malgr&#233; l'aide de nos partenaires nous allons traverser dix ans difficiles avec d'importantes r&#233;formes structurelles pour ajuster la comp&#233;titivit&#233; et les comptes publics ; nous l'assumons - avec la solidarit&#233; voulue envers les plus fragiles &#187;. Et nous r&#233;duirons les endettements trop lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours peut se d&#233;cliner de fa&#231;on en partie diff&#233;rente selon les sensibilit&#233;s politiques, droite ou gauche notamment ; on peut l'ins&#233;rer dans une r&#233;flexion de d&#233;veloppement durable etc.. Mais le message central est incontournable. Vouloir l'&#233;viter en ressassant des utopies &#233;cul&#233;es, ou en bricolant, c'est reculer pour mieux sauter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tout ce qui pr&#233;c&#232;de est plus que jamais une opinion personnelle parmi d'autres et n'engage naturellement que moi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; &#233;galement sur le site de Libert&#233; politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les causes de la crise : quelques id&#233;es re&#231;ues</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Les-causes-de-la-crise-quelques-idees-recues.html</link>
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		<dc:date>2012-03-20T14:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tirer les le&#231;ons de la crise suppose de bien analyser les causes. Trois id&#233;es re&#231;ues sont &#224; d&#233;noncer : la paup&#233;risation salariale comme cause de l'endettement ; la sp&#233;culation ; et le droit r&#233;galien&lt;br class='autobr' /&gt;
de battre monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur plus grave inconv&#233;nient est de dissimuler les graves erreurs d'irresponsabilit&#233; qui ont commises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite...&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir : courte vid&#233;o sur la dette publique&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Finance-12-.html" rel="directory"&gt;Finance et monnaie &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-financiere-+.html" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les causes de la crise : quelques id&#233;es re&#231;ues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois th&#232;ses r&#233;pandues sont cit&#233;es, qui me paraissent donner une id&#233;e erron&#233;e des causes de la crise et cons&#233;quemment des voies de rem&#232;de. Je les r&#233;sume un peu brutalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Th&#232;se 1.&lt;/i&gt; &#034;La lib&#233;ralisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, combinant le libre-&#233;change mondial et la pression des march&#233;s, a d&#233;bouch&#233; dans les pays d&#233;velopp&#233;s sur une baisse des salaires. Pour r&#233;soudre l'insatisfaction qui en r&#233;sulte, on a favoris&#233; un endettement massif et/ou priv&#233;. D'o&#249; la crise. En retour une r&#233;cession s'ensuit qui d'abouche sur l'aust&#233;rit&#233; et encore plus de pressions &#224; la baisse&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, outre qu'il n'y a pas eu baisse des salaires mais selon les pays progression ralentie ou stagnation, cela n'explique pas en soi l'endettement actuel, qui r&#233;sulte de deux m&#233;canismes. D'une part l'incapacit&#233; de nos d&#233;mocraties &#224; arbitrer entre leurs d&#233;penses, et leur manque de courage &#224; les financer par des imp&#244;ts. D'autre part la d&#233;r&#233;gulation irresponsable du secteur financier ainsi que le manque de volont&#233; des r&#233;gulateurs de r&#233;duire les bulles sp&#233;culatives quand il en est temps, et notamment les bulles immobili&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Th&#232;se 2.&lt;/i&gt; &#034;Les tr&#232;s gros revenus sp&#233;culent et agitent les march&#233;s de fa&#231;on parasitaire, ce qui explique leurs dysfonctionnements et d&#233;bouche sur des revenus parasitaires encore plus gros&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si la sp&#233;culation au mauvais sens du terme est un dysfonctionnement r&#233;el des march&#233;s, elle n'est pas &#224; l'origine des crises r&#233;centes, ni celle de 2007 qui portait sur des produits qui ne faisaient pas l'objet d'un march&#233; secondaire ; or la sp&#233;culation suppose un march&#233; secondaire. Ni de celle de 2011 qui porte sur l'endettement aberrant des Etats europ&#233;ens en outre enferm&#233;s dans les graves erreurs de conception de la zone euro. On confond sp&#233;culation et crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Th&#232;se 3.&lt;/i&gt; &#034;On a d&#233;poss&#233;d&#233; anormalement les Etats de leur droit &#224; battre monnaie librement, c'est-&#224;-dire &#224; cr&#233;er de la monnaie comme ils l'entendent pour financer leurs d&#233;ficits. Le droit de battre monnaie &#224; volont&#233; est r&#233;galien. La BCE en est priv&#233;e ce qui remet la cr&#233;ation de monnaie en des mains priv&#233;es&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; il est &#224; la fois inefficace et moralement injuste de financer des d&#233;ficits publics par de la cr&#233;ation de monnaie. Toute la tradition chr&#233;tienne depuis Nicols Oresme d&#233;nonce cette pratique. M&#234;me si en l'esp&#232;ce on pourrait peut-&#234;tre tol&#233;rer un tel recours vu l'ampleur des dettes accumul&#233;es, ce n'est pas une solution normale. En fait ce qui est aberrant c'est le d&#233;ficit public, car pour l'essentiel il finance des d&#233;penses courantes ; celle-ci doivent &#234;tre financ&#233;es par l'imp&#244;t ou supprim&#233;es. La cr&#233;ation de monnaie ne se justifie que par le d&#233;veloppement du cr&#233;dit, qui n'est justifi&#233; que s'il finance des activit&#233;s cr&#233;atrices de richesses mesurables pour permettre de les rembourser ; c'est de fait tr&#232;s rarement le cas des Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au total,&lt;/i&gt; le r&#233;sultat de telles th&#232;ses est de mettre en cause des m&#233;canismes consid&#233;rables mais difficilement &#233;vitables dans leur principe, comme la mondialisation ou le r&#244;le des march&#233;s, qu'on peut et doit r&#233;guler beaucoup plus qu'on en le fait, mais pas faire disparaitre et de loin. Et parall&#232;lement de ne pas d&#233;noncer les v&#233;ritables responsabilit&#233;s ou plut&#244;t irresponsabilit&#233;s dans les d&#233;rives, notamment celles des politiques et des r&#233;gulateurs. Y compris leurs graves d&#233;faillances dans la r&#233;gulation des march&#233;s, au nom d'id&#233;ologies fallacieuses ; et aussi leur gaspillage croissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lettre &#224; La Nef sur son num&#233;ro 235 de mars 2012.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ofc_vkY91GU&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.youtube.com/watch?v=ofc_vkY91GU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise de la zone euro : le coupable, c'est la dette </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-de-la-zone-euro-le-coupable-c-est-la-dette.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour un Etat, hors grand projet productif, la bonne dette, c'est pas de dette du tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en outre une des clefs de la libert&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Etats europ&#233;ens se concertent pour trouver des moyens de parer &#224; la crise qui affecte gravement des pays membres de la zone euro. C'est tr&#232;s bien. La solidarit&#233; est une bonne chose, la convergence sur des politiques raisonnables aussi. Cela peut m&#234;me marcher un temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si on en reste l&#224; on ne va pas au bout du probl&#232;me. Car le vrai probl&#232;me c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-financiere-+.html" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour un Etat, hors grand projet productif, la bonne dette, c'est pas de dette du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en outre une des clefs de la libert&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats europ&#233;ens se concertent pour trouver des moyens de parer &#224; la crise qui affecte gravement des pays membres de la zone euro. C'est tr&#232;s bien. La solidarit&#233; est une bonne chose, la convergence sur des politiques raisonnables aussi. Cela peut m&#234;me marcher un temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on en reste l&#224; on ne va pas au bout du probl&#232;me. Car le vrai probl&#232;me c'est l'endettement public. En soi. Car fondamentalement, hors projets &#233;conomiques individualis&#233;s et rentables, un Etat ne devrait s'endetter que dans des cas exceptionnels et pour un temps limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en effet un Etat d&#233;cide, comme l'ont fait la plupart des pays d'Europe depuis 40 ans, de laisser filer son d&#233;ficit budg&#233;taire et de le financer par l'endettement, il rencontrera assez vite un plafond car on ne peut pas s'endetter ind&#233;finiment. A partir de ce moment-l&#224;, il sera d'autant plus contraint &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire, qu'il devra assumer une gestion rigide de la charge de sa dette sous l'&#339;il attentif des march&#233;s. L'Etat aura alors perdu toute marge de man&#339;uvre. En d'autres termes, la facilit&#233; de la dette ne marche qu'un temps : c'est le feu de paille d'une g&#233;n&#233;ration. Mais ensuite elle p&#232;se lourdement sur celles qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, si on pense que par exemple le plafond est &#224; 60 % du PNB comme le pr&#233;voient les trait&#233;s europ&#233;ens, un pays qui arrive &#224; ce niveau doit ensuite, pour stabiliser ce ratio, ne pas faire cro&#238;tre sa dette plus vite que le PNB. Mais comme ce qu'il doit s'accro&#238;t d&#233;j&#224; m&#233;caniquement des int&#233;r&#234;ts, dont l'ordre de grandeur est au mieux celui de la croissance du PNB, il ne peut plus lever de fonds d'emprunt pour quelque d&#233;pense suppl&#233;mentaire que ce soit. Et cela en supposant que les march&#233;s le laissent tranquille et acceptent &#224; la fois de renouveler les &#233;ch&#233;ances, de financer les int&#233;r&#234;ts dus, et de ne pas accro&#238;tre les spreadsau vu du risque. En d'autres termes, la g&#233;n&#233;ration qui s'est endett&#233;e en a profit&#233;, mais la facilit&#233; ne vaut que pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que s'endetter peut &#234;tre justifi&#233; si cela correspond &#224; un investissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut se comprendre parfois : en temps de guerre par exemple, parce qu'alors la n&#233;cessit&#233; de survie ne laisse pas d'autre choix. Par extension cela pourrait se d&#233;fendre en cas de crise exceptionnelle pour passer le cap, comme en 2008, ou peut-&#234;tre avec le choc p&#233;trolier de 1973. Mais s&#251;rement pas pour financer des d&#233;ficits courants et &#233;viter par l&#224;, comme ce fut le cas pour l'essentiel, presque partout, depuis 40 ans, des choix politiques un tant soit peu courageux et responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que s'endetter peut &#234;tre justifi&#233; si cela correspond &#224; un investissement. Comme le font les entreprises. Mais ce n'est vrai que si cet investissement permet de g&#233;n&#233;rer un surcro&#238;t de produit financier, directement mesurable, permettant au moins de rembourser l'emprunt. Les entreprises bien g&#233;r&#233;es ne le font qu'avec grand soin. Ce n'est &#233;videmment pas le cas, m&#234;me de loin, d'aucun Etat : il faudrait pour cela nettement isoler les financements que la dette permet, les affecter &#224; des projets r&#233;ellement rentables, et mesurer leur impact r&#233;el, y compris &#224; la fin sous forme de rentr&#233;e fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement une autre voie de sortie existe, emprunt&#233;e depuis longtemps, et qu'on a appel&#233;e &#034;l'euthanasie des rentiers&#034; : la r&#233;duction de fait de la dette soit par une inflation galopante soit par une forme de r&#233;pudiation au moins partielle. Ce n'est bien s&#251;r ni tr&#232;s moral ni tr&#232;s responsable. Mais en outre ce n'est pas ouvert &#224; tout le monde. En g&#233;n&#233;ral en effet, le march&#233; r&#233;agit et fait payer cher ce type de strat&#233;gie, sauf positionnement particulier comme maintenant les Etats-Unis. Et de toute fa&#231;on ce n'est pas possible dans une zone mon&#233;taire comme l'euro, qui ne peut pas laisser &#224; chaque membre la libert&#233; de tirage sur la banque centrale commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; donc, apr&#232;s une phase initiale de d&#233;penses, g&#233;n&#233;ralement de consommation et sans produit visible, un Etat qui s'endette ne fait que l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations futures un fardeau inutile et dangereux, en ali&#233;nant du m&#234;me coup non seulement sa capacit&#233; de d&#233;cision politique &#8230; mais aussi sa capacit&#233; d'endettement, pourtant vitale en cas de vrai coup dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux conclusions. La premi&#232;re est que la mise en place des techniques sophistiqu&#233;es d'emprunt au fil de l'eau qui date des ann&#233;es 1980 a&#233;t&#233; d&#233;sastreuse &#224; proportion de son efficacit&#233; : c'est comme laisser &#224; un alcoolique un acc&#232;s libre et imm&#233;diat au whisky. La technique ant&#233;rieure des grands emprunts nationaux hautement visibles &#233;tait politiquement autrement honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me conclusion est que sur le long terme la seule solution v&#233;ritable &#224; la crise de la zone euro est d'organiser de concert la disparition quasi-totale de la dette publique. Mais alors plus besoin de se concerter : la plaie aura disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans la rubrique Le Cercle sur Les Echos.fr le 10 janvier 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise financi&#232;re et r&#233;forme du syst&#232;me international </title>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Quelques id&#233;es de base sur les enseignements de la crise &lt;br class='autobr' /&gt;
Une bulle du cr&#233;dit, pas une crise des march&#233;s ou de la sp&#233;culation &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise que nous vivons est exceptionnelle, comme 1929. Mais de quelle crise s'agit-il ? A l'origine, on trouve des cr&#233;dits hypoth&#233;caires &#224; risque &#233;lev&#233;, octroy&#233;s sur le march&#233; am&#233;ricain et reconditionn&#233;s par des titrisations complexes, souvent dot&#233;es de notations excellentes. Des cr&#233;dits : ce n'est donc pas une crise boursi&#232;re. Et ce n'est pas non plus une crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-financiere-+.html" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques id&#233;es de base sur les enseignements de la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bulle du cr&#233;dit, pas une crise des march&#233;s ou de la sp&#233;culation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise que nous vivons est exceptionnelle, comme 1929. Mais de quelle crise s'agit-il ? A l'origine, on trouve des cr&#233;dits hypoth&#233;caires &#224; risque &#233;lev&#233;, octroy&#233;s sur le march&#233; am&#233;ricain et reconditionn&#233;s par des titrisations complexes, souvent dot&#233;es de notations excellentes. Des cr&#233;dits : ce n'est donc pas une crise boursi&#232;re. Et ce n'est pas non plus une crise sp&#233;culative : certes les op&#233;rateurs cherchaient des r&#233;mun&#233;rations rapides, mais issues de commissions, pas de positions sur les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce une crise de march&#233; ? Mais s'agit-il de march&#233;s ? Sans doute au niveau du placement. Mais pas du march&#233; secondaire, pratiquement inexistant. En fait c'&#233;tait des cr&#233;dits bancaires, empaquet&#233;s de fa&#231;on compliqu&#233;e et peu lisible sous l'&#233;tiquette de valeur mobili&#232;re, et achet&#233;s parce qu'&#224; notation identique, le rendement &#233;tait meilleur qu'avec les produits classiques. La crise en a r&#233;v&#233;l&#233; les failles : des pr&#234;ts trop souvent octroy&#233;s n'importe comment par n'importe qui, des instruments illisibles ou trop compliqu&#233;s, des notations peu fiables ou pas faites pour l'usage qu'on en faisait, un filtre insuffisant des professionnels qui mesuraient mal leurs risques. En outre la liquidit&#233; sur le march&#233; secondaire s'est av&#233;r&#233;e nulle et les valorisations fond&#233;es sur le &#171; mark to market &#187; se sont effondr&#233;es. En bref, nous avons affaire &#224; un pseudo-march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'est d&#233;velopp&#233;, ce n'est pas seulement du fait de pratiques aberrantes, activ&#233;es par des r&#233;mun&#233;rations d&#233;tach&#233;es de toute consid&#233;ration de risque. Cela suppose aussi ce qu'il faut bien appeler une id&#233;ologie. Les crises du cr&#233;dit, classiques en cas d'expansion mon&#233;taire, sont de loin les plus meurtri&#232;res. Mais celle-ci a &#233;t&#233; consid&#233;rablement aggrav&#233;e par une foi aveugle dans ce qu'on appelait en bloc le &#8216;march&#233;'. Foi aveugle qui se traduit dans l'id&#233;e que le &#8216;march&#233;' trouve spontan&#233;ment son organisation - alors que l'histoire prouve largement le contraire : il lui faut des r&#232;gles du jeu et des arbitres. Mais foi aveugle qui a aussi conduit &#224; des r&#232;gles comptables affirmant imperturbablement que la meilleure valeur est celle du &#8216;march&#233;', m&#234;me s'il est sporadique, mal inform&#233; et peu fiable. Le tout aggrav&#233; par des erreurs de r&#233;gulation : outre un d&#233;faut de surveillance, il faut rappeler le r&#244;le jou&#233; par des r&#232;gles prudentielles (B&#226;le I &#233;tait alors en vigueur) encourageant l'arbitrage r&#233;glementaire en faveur de l'opacit&#233; : d&#232;s qu'on sortait un actif du bilan, on &#233;conomisait du capital et on &#233;chappait largement &#224; la supervision. On laissait ainsi un no man's land &#233;norme prolif&#233;rer, et on pinaillait sur les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? D'abord, tirer les le&#231;ons de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re le&#231;on : il y a march&#233; et march&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence du march&#233; financier, pas parfait, mais tendu vers sa fonction : la d&#233;couverte des prix et l'offre de liquidit&#233;. C'est celui du march&#233; organis&#233;. Une confrontation active et permanente des ordres d'achat et de vente, portant sur des produits dot&#233;s d'une information calibr&#233;e et r&#233;guli&#232;re et d'analyses financi&#232;res nombreuses et concurrentes, produit une valeur repr&#233;sentative des appr&#233;ciations port&#233;es par des professionnels, et une liquidit&#233; minimum. C'est sur de tels march&#233;s que se fait la confrontation des diff&#233;rents projets d'investissement destin&#233;s &#224; b&#226;tir le futur de l'&#233;conomie et en comp&#233;tition pour l'&#233;pargne disponible. Malgr&#233; leurs limites, au cours de la crise ils n'ont jamais perdu leur fonction essentielle, ni leur liquidit&#233;. Il n'en est pas de m&#234;me des &#8216;march&#233;s' ci-dessus, qui s'en &#233;loignent consid&#233;rablement et paraissent devoir rester ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me le&#231;on : il faut organiser et r&#233;guler diff&#233;remment et sans a priori ces march&#233;s diff&#233;rents&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Il faut &#339;uvrer quand cela a un sens pour faire b&#233;n&#233;ficier un march&#233; donn&#233; des avantages de ce mod&#232;le, au moins au niveau de la compensation (qui r&#233;duit massivement les risques). Mais dans beaucoup de cas cela n'est pas possible : par exemple, si les produits sont trop h&#233;t&#233;rog&#232;nes, ou si leur mode r&#233;el de d&#233;tention consiste &#224; les garder au bilan, ou si cela conduit &#224; d&#233;voiler les positions des op&#233;rateurs. Dans ces cas, oubliant l'id&#233;e fausse selon laquelle tous les march&#233;s se valent, un traitement diff&#233;renci&#233; doit leur &#234;tre appliqu&#233;, notamment prudentiel et comptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me le&#231;on : la responsabilit&#233; ultime de la s&#233;curit&#233; est nationale, le march&#233; international ; il faut donc coordonner et harmoniser ces deux niveaux incontournables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de crise les solutions doivent &#234;tre trouv&#233;es vite et bien. Par qui ? On l'a vu exp&#233;rimentalement : au niveau des liquidit&#233;s, par les banques centrales ; au niveau solvabilit&#233; et march&#233;, par les autorit&#233;s nationales. Premi&#232;re cons&#233;quence : r&#233;gulateurs prudentiels et banques centrales doivent &#234;tre proches ; le mod&#232;le FSA s&#233;par&#233; de la banque centrale n'est pas bon. Deuxi&#232;me cons&#233;quence : si le march&#233; est international il faut le plus possible des r&#232;gles internationales harmonis&#233;es ou &#233;quivalentes ; mais on ne peut supprimer le niveau national, lieu de la d&#233;cision ultime. Il faut donc les articuler : on verra comment. Troisi&#232;me cons&#233;quence : il faut que les r&#233;gulateurs des march&#233;s et ceux des &#233;tablissements soient &#233;troitement coordonn&#233;s entre eux au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me le&#231;on : la priorit&#233; des r&#233;gulateurs est syst&#233;mique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu'il est clair que le march&#233; ne s'auto-organise pas magiquement, la priorit&#233; premi&#232;re est le risque syst&#233;mique, soit sur le march&#233;, soit au niveau des grands acteurs. La r&#233;gulation et surtout les r&#233;gulateurs doivent donc se concentrer avant toute chose sur ces risques d'ensemble. Et au niveau mondial. Les r&#232;gles et les actions qui ne concourent pas &#224; cet effet n'ont qu'une priorit&#233; seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travaux pratiques : quelques pistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AMAFI a fait de claires propositions de r&#233;forme, que nous ne reprendrons pas ici. Quelques points cependant. D'abord il faut du discernement dans la r&#233;gulation. Elle est indispensable, comme les r&#232;gles du jeu pour le foot, mais toute r&#232;gle n'est pas bienvenue. Pour fonctionner efficacement, elles doivent &#234;tre souples, proches du terrain, maniables par les professionnels et concert&#233;es. Mais il faut ne n&#233;gliger aucun march&#233;, aucune famille de produit, aucun risque significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, un march&#233;, ce sont des informations et des r&#232;gles de transaction. L'information doit donc &#234;tre syst&#233;matique, sur tous les produits et transactions : la seule limite est de ne pas d&#233;voiler les positions des participants. Quant aux r&#232;gles, il faut les d&#233;cider consciemment, les changer quand cela am&#233;liore le fonctionnement du march&#233; ou diminue les risques, ou m&#234;me cr&#233;er des outils de place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les acteurs, m&#234;me principe. La supervision ne peut en laisser aucun &#224; l'ext&#233;rieur, m&#234;me les hedge funds (Madoff !). Mais naturellement en fonction de leur r&#244;le, et de leurs risques. Elle ne peut laisser non plus de c&#244;t&#233; ce qui peut affecter leur solvabilit&#233; ou liquidit&#233; : le hors bilan. Pas plus qu'elle ne peut accepter des territoires opaques aux r&#232;gles aberrantes : centres off-shore de tout genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'architecture comptable et prudentielle : elle doit &#234;tre r&#233;aliste et pragmatique, sans a priori. Il s'agit de donner une image des faits aussi pr&#233;cise et compl&#232;te que possible. Donc refl&#233;ter ces faits dans leur diversit&#233;, en fonction de la strat&#233;gie des acteurs et de la nature des march&#233;s, loin de la fair value et son id&#233;ologie. Il s'agit ensuite d'assurer la s&#233;curit&#233; long terme du syst&#232;me : donc des provisions ex ante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la concurrence : elle doit &#234;tre au bon endroit, sur le march&#233; et pas entre les march&#233;s. On en est arriv&#233; &#224; l'aberration de chercher &#224; cr&#233;er le maximum de concurrence entre Bourses et chambres de compensation, au risque de la fragmentation et de l'opacit&#233;. Un bilan s'impose en vue de rechercher activement de nouvelles solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chantier majeur : le niveau international&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu le r&#244;le irr&#233;ductible des autorit&#233;s nationales, et le besoin de coordination internationale. Or &#224; des degr&#233;s divers, le Comit&#233; de B&#226;le, le Gafi et l'OICV, compos&#233;s de r&#233;gulateurs en charge, montrent qu'on peut faire &#224; ce niveau des recommandations utiles, normalement imp&#233;ratives pour leurs destinataires. Et le FSF qui les coiffe (Forum de Stabilit&#233; Financi&#232;re) a bien r&#233;agi &#224; la crise. On peut imaginer que sous la supervision politique d'un G20, instance majeure de pilotage du syst&#232;me mondial, le FMI assumant la surveillance syst&#233;mique, un FSF reconnu comme institution assumerait deux responsabilit&#233;s : faire &#233;laborer par les institutions sp&#233;cialis&#233;es (OICV, B&#226;le, Gafi etc.) des normes syst&#233;matiques, sur un programme pr&#233;cis ; et mettre en place des coll&#232;ges de r&#233;gulateurs supervisant chaque institution d'importance mondiale sous l'&#233;gide du r&#233;gulateur le plus concern&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'Europe ? Elle est prise entre le niveau national et le niveau international, mais son r&#244;le est essentiel : prendre en charge des fonctions qui dans d'autres zones sont nationales mais qu'ici il faut assurer &#224; ce niveau. A savoir le gros de la r&#233;glementation ; mais aussi l'harmonisation et la coordination des r&#233;gulateurs. Ce qui implique de doter CESR, CEBS et CEIOPS de statuts et de pouvoirs r&#233;els. Mais aussi de sortir de l'id&#233;ologie bruxelloise du march&#233;-capable-de-s'organiser-seul-par-le-jeu-de-la-concurrence, et prendre l'initiative, y compris pour cr&#233;er des outils communs. Sans leadership, le march&#233; ne les cr&#233;e pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(publi&#233; initialement dans la Revue Banque)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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