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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Un grand retournement se pr&#233;pare, en travaillant les alternatives</title>
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		<dc:date>2019-11-06T10:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Interview par Michel Janva pour le Salon Beige, 6 novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retournement politique en profondeur suppose aussi, &#224; c&#244;t&#233; des mouvements dans la soci&#233;t&#233;, le recours &#224; une pens&#233;e forte et construite, enracin&#233;e dans le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Grand-retournement-+.html" rel="tag"&gt;Grand retournement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Interview par Michel Janva pour le Salon Beige, 6 novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesalonbeige.fr/un-grand-retournement-se-prepare-en-travaillant-les-alternatives/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lesalonbeige.fr/un-gran...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre de Lauzun (X et ENA), ancien directeur g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration bancaire fran&#231;aise et d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Association fran&#231;aise des march&#233;s financiers (AMAFI), vient de publier &#8220;Pour un grand retournement politique. Faces aux impasses du paradigme actuel&#8220;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons interrog&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans votre ouvrage, vous proposez &#8220;un grand retournement politique&#8221; sur les bases de la pens&#233;e classique. Mais pensez-vous que notre soci&#233;t&#233; puisse sortir de ce que vous nommez &#8220;le paradigme actuel&#8221; ? Suffira-t-il de cr&#233;er des m&#233;dias alternatifs, des &#233;coles libres, de manifester massivement&#8230; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un paradigme, c'est ce qui structure la pens&#233;e collective et son expression publique. Le paradigme actuel date de plus de trois si&#232;cles, mais il n'a atteint le plein d&#233;veloppement qui est d&#233;sormais le sien que dans les ann&#233;es 60-70 du si&#232;cle dernier &#8211; notamment dans ce m&#233;lange de relativisme au niveau des id&#233;es, de reniement de la culture collective et de l'attachement national, et de sape en mati&#232;re de m&#339;urs, qui caract&#233;rise d&#233;sormais notre vie publique. Le &#8216;politiquement correct' qui domine nos m&#233;dias (et de plus en plus nos lois) en est une expression. Mais changer de paradigme est une op&#233;ration lourde, un grand retournement, et cela suppose la constatation collective explicite de son &#233;chec. Nous n'en sommes pas encore l&#224;. Mais ce qui est s&#251;r, c'est que ce grand retournement se pr&#233;pare, en travaillant les alternatives. Notamment &#224; deux niveaux. Le culturel d'abord, et l'&#233;ducation et l'&#233;cole sont ici essentiels, car il faut des outils de pens&#233;e et des r&#233;f&#233;rences pour remplacer celles qui dominent. Et le politique, plus exactement les batailles politiques, m&#234;me quand la pr&#233;dominance du paradigme rend la victoire difficile &#8211; comme on le voit avec le mariage pour tous ou la PMA. Car par l&#224; au minimum la prise de conscience se renforce, on mesure la profondeur de ce qui s&#233;pare une soci&#233;t&#233; saine de celle qui s'&#233;tale sous nos yeux, et donc l'ampleur du changement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi je plaide dans ce livre pour le retour &#224; la pens&#233;e politique classique, celle d'Aristote et de Thomas d'Aquin. Non seulement parce que c'est la pens&#233;e la plus &#233;quilibr&#233;e et la plus juste pour comprendre le fonctionnement sain des soci&#233;t&#233;s humaines. Mais surtout parce qu'un retournement de pens&#233;e en profondeur suppose aussi, &#224; c&#244;t&#233; des mouvements dans la soci&#233;t&#233;, le recours &#224; une pens&#233;e forte et construite, enracin&#233;e dans le r&#233;el. D'autant qu'une telle pens&#233;e civilis&#233;e aide &#224; &#233;viter d'autres d&#233;rives, plus ou moins barbares, que l'&#233;chec probable &#224; terme de nos soci&#233;t&#233;s peut tout aussi bien susciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au vu de l'immigration, ne pensez-vous pas que nous risquons de sortir du paradigme actuel pour tomber aux mains de l'islam ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un des points les plus inqui&#233;tants de notre situation actuelle. On peut &#234;tre tent&#233; de trouver long le temps n&#233;cessaire &#224; la reconversion en profondeur des esprits qui est &#224; mon sens n&#233;cessaire, si on le compare avec l'acc&#233;l&#233;ration des mouvements migratoires et de leurs effets. Selon J. Fourquet de l'IFOP, notre pays compte environ 20% de personnes suffisamment peu assimil&#233;es pour donner &#224; leur enfant un pr&#233;nom arabo-islamique. Ce pourcentage &#233;tait n&#233;gligeable il y a 30-40 ans. Une simple extrapolation des donn&#233;es actuelles conduirait &#224; pr&#233;voir une majorit&#233; d'enfants similaires dans un peu plus d'une g&#233;n&#233;ration. D'autant que l'explosion d&#233;mographique africaine combin&#233;e &#224; une bien plus grande familiarisation des candidats avec la situation de nos pays a bien des chances d'acc&#233;l&#233;rer les migrations. Or dans le cas de la France les pays de d&#233;part sont en majorit&#233; musulmans. Ce sont des extrapolations mais elles sont assez suggestives pour montrer l'importance d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais inversement on voit bien que sans changement en profondeur de nos priorit&#233;s collectives, de notre esprit public, nous sommes hors d'&#233;tat de r&#233;agir. Comme d'ailleurs de proposer une v&#233;ritable assimilation &#224; la partie des immigr&#233;s qui voudrait s'orienter en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les migrations bouleverseront de fa&#231;on croissante la probl&#233;matique de nos soci&#233;t&#233;s et la position de notre paradigme relativiste. Les migrants viennent d'une horizon radicalement diff&#233;rent ; l'id&#233;ologie dominante chez nous ne vient &#233;videmment pas d'eux, m&#234;me si elle favorise leur arriv&#233;e tout en inhibant tout r&#233;flexe de d&#233;fense. Mais au fur et &#224; mesure que la proportion s'&#233;l&#232;vera et que les probl&#232;mes se multiplieront, la contradiction &#233;clatera entre l'id&#233;ologie actuellement dominante et cette population nouvelle qui lui est totalement &#233;trang&#232;re. En clair, dans la figure limite d'une France qui s'islamiserait largement, nos progressistes auraient de moins en moins de place. L'Islam leur fera la peau. Leur contradiction est totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, la question de la migration est le cas le plus &#233;vident de l'&#233;chec de ce paradigme &#224; r&#233;soudre un probl&#232;me majeur. Or c'est comme cela que de tels paradigmes sont historiquement d&#233;pass&#233;s : quand on a compris qu'ils m&#232;nent &#224; des impasses, et qu'il faut chercher ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En exposant la diversit&#233; des r&#233;gimes politiques, vous &#233;crivez qu'un peuple peut retirer le pouvoir &#224; quelqu'un qui l'exerce mal. A l'heure des gilets jaunes et des grandes contestations &#8220;populistes&#8221;, pensez-vous que cette situation soit actuelle ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux choses sont vraies en m&#234;me temps, que la pens&#233;e classique a toujours soulign&#233;es. D'un c&#244;t&#233;, la m&#233;thode r&#233;volutionnaire pour changer de r&#233;gime politique s'est av&#233;r&#233;e historiquement contre-productive et souvent catastrophique. D'un autre c&#244;t&#233;, la l&#233;gitimit&#233; ultime, m&#234;me des r&#233;gimes monarchiques, est dans le peuple, non au niveau des votes mais dans la conviction que ce peuple a de la l&#233;gitimit&#233; du r&#233;gime politique, lui reconnaissant pleinement le droit d'exercer son pouvoir. Quand la situation se d&#233;grade au point que le r&#233;gime en place n'a plus les ressources pour assurer les services qu'on attend de lui, il est alors normal et justifi&#233; d'envisager de la changer. Mais dans la pens&#233;e classique cela suppose, comme pour la guerre juste, non seulement d'&#234;tre s&#251;r de sa cause, mais aussi qu'on soit convaincu que le changement apportera une am&#233;lioration r&#233;elle, avec des chances &#233;lev&#233;es de succ&#232;s. Ce qui suppose une alternative cr&#233;dible et construite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement les Gilets jaunes n'&#233;taient pas dans ce cas de figure. Outre leur relative ambigu&#239;t&#233; sur le fond, le point central est leur refus obstin&#233; et structurel, d&#232;s le d&#233;but, de se construire comme mouvement politique. Ce n'&#233;tait donc pas une alternative cr&#233;dible. Quant aux populismes, leur faiblesse dans l'analyse, les programmes et les politiques propos&#233;es ne leur permettent pas, ou pas encore, d'&#234;tre une alternative d'ensemble. Du moins en Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous n'h&#233;sitez pas &#224; effectuer un rapprochement entre nazisme et transhumanisme. Cette analyse ne p&#234;che-t-elle pas par exc&#232;s (le fameux point Godwin) ou faut-il vraiment s'inqui&#233;ter du militantisme en faveur d'une nouvelle race sup&#233;rieure ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement n'est &#233;videmment que partiel : il s'agit notamment de mettre en &#233;vidence ce qu'on refuse commun&#233;ment de voir, &#224; savoir la profonde modernit&#233; du nazisme dans ses c&#244;t&#233;s les plus monstrueux. Certes sa pr&#233;tendue base scientifique &#233;tait inconsistante. Mais il adh&#233;rait &#224; l'id&#233;e d'un usage massif de la science pour cr&#233;er une humanit&#233; nouvelle. Ce faisant il n'&#233;tait pas isol&#233; : par exemple l'eug&#233;nisme, la s&#233;lection orient&#233;e de l'esp&#232;ce humaine, &#233;tait populaire &#224; l'&#233;poque, notamment dans une partie de la gauche qui se voulait &#8216;progressiste'. D'o&#249; aussi l'euthanasie, pi&#232;ce majeure du dispositif nazi, commune &#224; ce r&#233;gime et &#224; cette gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le transhumanisme part &#233;videmment d'un base historique et politique radicalement diff&#233;rente par bien des aspects. Mais lui aussi ambitionne d'agir par des moyens qui se veulent scientifiques afin de transformer l'esp&#232;ce humaine, comprise essentiellement comme un fait biologique. L'affinit&#233; avec le nazisme est sur ce plan r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur le lib&#233;ralisme, vous appelez au discernement en distinguant lib&#233;ralisme philosophique, par nature relativiste, et le lib&#233;ralisme &#233;conomique, avec lequel nous pouvons &#234;tre parfois en accord. Vous vous d&#233;marquez ainsi d'une analyse qui estime que l'on ne peut pas s&#233;parer ces deux aspects du lib&#233;ralisme, lequel doit donc &#234;tre rejet&#233; en bloc. Ou alors y a-t-il plusieurs lib&#233;ralismes &#233;conomiques ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est d'abord ici de vocabulaire. Le lib&#233;ralisme philosophique se fonde sur le refus de la v&#233;rit&#233; et du bien objectifs qui sont au c&#339;ur de la pens&#233;e classique, et il glisse naturellement vers le relativisme : chacun se fabrique ses v&#233;rit&#233;s et ses valeurs comme il l'entend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En politique comme en &#233;conomie la situation est en partie diff&#233;rente. Il y a un lib&#233;ralisme politique qui est la cons&#233;quence dans ce champ du lib&#233;ralisme philosophique dans un sens relativiste. Ainsi dans la PMA et la GPA. Mais il y a aussi un usage du mot lib&#233;ral en politique qui recouvre des r&#233;alit&#233;s positives, comme l'&#233;tat de droit ou le souci des libert&#233;s. Un Tocqueville est tr&#232;s repr&#233;sentatif de ce positionnement interm&#233;diaire, qui se dit lib&#233;ral, mais qui est tr&#232;s proche des classiques par certains traits. De m&#234;me, un certain lib&#233;ralisme &#233;conomique, refusant tout souci &#233;thique ou culturel en &#233;conomie, toute action politique, et pr&#233;tendant n'avoir pour seul guide que le jeu du march&#233;, prolonge &#233;videmment dans ce champ le lib&#233;ralisme &#233;conomique. Mais on peut aussi dans le langage usuel parler d'&#233;conomie lib&#233;rale pour d&#233;signer une &#233;conomie d'entreprise fond&#233;e sur l'initiative des personnes et leur confrontation sur des march&#233;s, admettant une certaine r&#233;gulation publique et surtout la n&#233;cessaire orientation des choix &#233;conomiques en r&#233;f&#233;rence &#224; des valeurs &#233;thiques et culturelles. Comme celle que promeut la Doctrine sociale de l'Eglise : Jean-Paul II avait d'ailleurs tr&#232;s bien fait la distinction. Critiquer &#8216;le' lib&#233;ralisme suppose donc de s'assurer qu'on s'est bien compris : la critique d'un corpus id&#233;ologique d'ensemble se justifie &#224; condition de ne pas &#234;tre entra&#238;n&#233; par le vocabulaire &#224; rejeter des biens essentiel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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