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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Parler de volont&#233; du peuple a-t-il un sens ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-peuple-a-t-il-une-volonte.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; du peuple</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2024 les Fran&#231;ais ont &#233;lu l'Assembl&#233;e nationale actuelle. Chacun a vot&#233; au moins au premier tour pour celui qu'il pr&#233;f&#233;rait, au moins relativement. Mais aucun n'a vot&#233; pour l'Assembl&#233;e telle que nous la connaissons ; aucun ne l'a voulue. Peut-on alors dire qu'elle refl&#232;te la volont&#233; du peuple ? Evidemment non. La m&#234;me remarque vaut pour pratiquement tout r&#233;sultat d'&#233;lection. A la rigueur, si une majorit&#233; absolue vote pour un candidat ou un parti, on pourra dire qu'une majorit&#233; de gens les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/ai-generated-9073523_640.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2024 les Fran&#231;ais ont &#233;lu l'Assembl&#233;e nationale actuelle. Chacun a vot&#233; au moins au premier tour pour celui qu'il pr&#233;f&#233;rait, au moins relativement. Mais aucun n'a vot&#233; pour l'Assembl&#233;e telle que nous la connaissons ; aucun ne l'a voulue. Peut-on alors dire qu'elle refl&#232;te la volont&#233; du peuple ? Evidemment non. La m&#234;me remarque vaut pour pratiquement tout r&#233;sultat d'&#233;lection. A la rigueur, si une majorit&#233; absolue vote pour un candidat ou un parti, on pourra dire qu'une majorit&#233; de gens les a choisis. Mais m&#234;me l&#224;, ce ne sera pas &#171; le peuple &#187; pris dans son ensemble qui aura choisi, juste un grand nombre de participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a un ph&#233;nom&#232;ne apparemment analogue sur le march&#233;. Le processus d'agr&#233;gation des d&#233;cisions individuelles peut y conduire &#224; un r&#233;sultat que personne ne veut. Prenons un chanteur ou d'un footballeur qui gagne &#233;norm&#233;ment d'argent. Un libertarien dit : si des milliers de personnes acceptent de payer cher une place de concert, pourquoi les en emp&#234;cher ? Et pourquoi critiquer le fait que le chanteur gagne des sommes &#233;normes ? L'&#233;conomiste S. Zamagni r&#233;pond que l'achat individuel de places ne signifie pas approbation de la r&#233;sultante, &#224; savoir le niveau de revenu du chanteur. La m&#234;me libert&#233; de choix que les participants manifestent au niveau individuel pourrait les conduire &#224; pr&#233;f&#233;rer un autre r&#233;sultat collectif, si on leur avait pos&#233; sp&#233;cifiquement la question. Cela dit, sur un march&#233;, on peut expliquer que les clients ont eu ce qu'ils voulaient &#224; titre principal : la place au spectacle ; la richesse du chanteur ou du footballeur n'est qu'un effet collat&#233;ral. Par ailleurs, si les gens sont m&#233;contents de cet effet, on peut imaginer des dispositifs correctifs. Mais pour les &#233;lections, ce n'est pas possible, car la difficult&#233; ne r&#233;sulte pas d'un effet collat&#233;ral : c'est bien sur la composition de l'assembl&#233;e qu'on les interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre configuration &#233;conomique, si beaucoup de gens demandent un bien rare, son prix augmente ; et ce n'est pas n&#233;cessairement ce qu'ils voulaient. Mais la hausse du prix traduit de fa&#231;on indiscutable le fait que le bien est recherch&#233;, et notamment par les int&#233;ress&#233;s. Leur message n'est donc pas trahi ; le r&#233;sultat est coh&#233;rent avec leur action. Et ils ach&#232;tent s'ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une certaine analogie entre les &#233;lections et les ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques &#233;voqu&#233;s, mais une diff&#233;rence majeure : avec ses limites, le march&#233; refl&#232;te assez directement un certain choix des gens ; en revanche, dans les &#233;lections, le r&#233;sultat peut surprendre tous les participants et les laisser insatisfaits, comme en 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons plus loin. D&#233;j&#224;, les processus &#233;lectoraux sont discutables en tant que mesure de la suppos&#233;e volont&#233; populaire. Si ces m&#234;mes &#233;lections de 2024 avaient eu lieu au Royaume Uni (scrutin majoritaire &#224; un tour), il y aurait eu un raz de mar&#233;e de d&#233;put&#233;s RN. A la proportionnelle, une assembl&#233;e sans majorit&#233;, mais o&#249; le RN aurait eu beaucoup plus d'&#233;lus. O&#249; est alors la volont&#233; populaire ? M&#234;me &#224; la proportionnelle, o&#249; on peut expliquer que cela refl&#232;te mieux l'opinion populaire, le r&#233;sultat n'aurait &#233;t&#233; voulu par personne. Certes, dans les pays &#224; proportionnelle, il y a une pratique de compromis qui permet &#224; un gouvernement de se d&#233;gager. Mais on ne peut pas dire que c'est la volont&#233; du peuple. Et quand il d&#233;bouche sur un syst&#232;me difficilement gouvernable, comme en France, cela a encore moins de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les votants ont exprim&#233; chacun une opinion : on peut parler d'une forme de volont&#233; (on ne regardera pas ici sur quoi elle est fond&#233;e). Mais on peut d&#233;j&#224; s'interroger sur les questions pos&#233;es (en cas de r&#233;f&#233;rendum), ou sur le choix des candidats et des partis, qui ne conviennent pas n&#233;cessairement aux &#233;lecteurs. Et surtout, ces millions de volont&#233;s sont ensuite agr&#233;g&#233;es selon certains proc&#233;d&#233;s. Ce qui se passe alors, en d&#233;finitive, c'est l'&#233;quivalent d'un filtrage &#224; partir des sentiments, opinions et pr&#233;f&#233;rences plus ou moins conscients des citoyens ; ce processus de filtrage permet d'obtenir des voix, qu'on compte ensuite, en fonction du syst&#232;me &#233;lectoral. Et on donne la victoire &#224; celui qui a le plus de voix. Certes, cela permet une certaine relation entre le r&#233;sultat et les sentiments ou opinions des citoyens. Par exemple, le r&#233;sultat du RN au premier tour de 2024 montre une pouss&#233;e en sa faveur, compar&#233; &#224; 2022 et a fortiori &#224; 2017. Mais d'autres ont vot&#233; autrement et il y a eu divergence ; le RN n'&#233;tait pas majoritaire, ni personne d'autre. Et donc on a une assembl&#233;e divis&#233;e et en l'esp&#232;ce ingouvernable Comment peut-on parler &#224; ce propos d'une volont&#233; populaire ? Qu'est-ce que le peuple est suppos&#233; avoir voulu ? En fait rien : aucune d&#233;cision n'en ressort et &#224; nouveau, personne n'avait voulu le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre genre, le peuple am&#233;ricain a-t-il voulu M. Trump ? Les d&#233;mocrates s&#251;rement pas ; les autres ont tout au plus fait une pari sur cet homme, sans savoir au fond ce qui allait se passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que le syst&#232;me est arbitraire ou trompeur ? Pas tout &#224; fait : c'est un moyen conventionnel pour permettre aux gens de s'exprimer par leur vote, et &#224; partir de l&#224; de b&#226;tir des organes de gouvernement et de l&#233;gislation, b&#233;n&#233;ficiant d'une part d'une certaine relation avec les opinions des gens, et d'autre part et surtout de l'aura de l&#233;gitimit&#233; que donne le respect de proc&#233;dures constitutionnelles accept&#233;es par tous et suppos&#233;es &#171; d&#233;mocratiques &#187;. Ce syst&#232;me a ses avantages et ses inconv&#233;nients, &#224; comparer avec ceux d'autres syst&#232;mes, si ceux -ci sont l&#233;gitimes. Mais ce qui est s&#251;r, c'est que les termes de &#171; volont&#233; du peuple &#187; ou de &#171; peuple souverain &#187; ne d&#233;crivent pas une r&#233;alit&#233;. Il est d'ailleurs symptomatique qu'on peut &#224; l'occasion s'asseoir tranquillement sur cette &#171; volont&#233; &#187; du &#171; peuple souverain &#187;, comme on l'a vu avec le r&#233;f&#233;rendum de 2005, en adoptant les dispositions refus&#233;es par une autre proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui donne la vraie force op&#233;ratoire d'une d&#233;cision dans un pays d&#233;mocratique, c'est la l&#233;galit&#233; de la proc&#233;dure, pas une suppos&#233;e volont&#233; du peuple. Et comme la proc&#233;dure incorpore au d&#233;part un m&#233;canisme refl&#233;tant quelque chose de la volont&#233; des citoyens pris individuellement, lesdits citoyens ont le sentiment qu'ils sont pour quelque chose dans le r&#233;sultat, et qu'il est par l&#224; l&#233;gitime. Avec un autre avantage, qui est la flexibilit&#233; ; les gens en place peuvent avoir &#224; partir s'ils perdent les &#233;lections qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, contrairement aux illusions des r&#233;volutionnaires de tout bord, dans le champ d&#233;mocratique il n'y a pas d'alternative cr&#233;dible &#224; ce m&#233;canisme de d&#233;gagement d'un r&#233;sultat qu'on pourra appeler d&#233;cision du peuple. La d&#233;mocratie directe est impraticable avec des millions de personnes, sauf par r&#233;f&#233;rendum, ce qui n'est possible que sur des questions pr&#233;cises, et ne donne pas une politique d'ensemble ou une &#233;quipe dirigeante. Quant aux comit&#233;s de citoyens, la pratique macronienne a montr&#233; qu'ils sont manipulables et n'ont pas beaucoup d'autorit&#233;. Reste la rue : l'&#233;meute, la r&#233;volution, mais chacun sait qu'elles sont le fait de minorit&#233;s nullement repr&#233;sentatives du peuple. M&#234;me quand apr&#232;s coup il ratifie les &#233;v&#232;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consid&#233;rations &#233;clairent tristement la situation politique d&#233;sastreuse de la France &#224; ce jour. En fait, le peuple n'est certainement pas content, et dans leur majorit&#233; les gens rejettent le macronisme. On parle alors de d&#233;ni de d&#233;mocratie. Mais cela ne veut pas dire que ce peuple veut pr&#233;cis&#233;ment quelque chose d'autre. Au sens propre, il ne veut rien, en cela qu'il n'a pas une volont&#233; pr&#233;cise. Et concr&#232;tement, il r&#233;agira aux &#233;v&#233;nements, en fonction de ces &#233;v&#233;nements. La question est donc : qui proposera, &#224; un moment donn&#233;, ou plut&#244;t fera advenir, quelque chose qui se stabilisera et permettra de gouverner ; ce qui veut dire, en contexte d&#233;mocratique, qui recevra &#224; un moment ou un autre, une onction &#233;lectorale suffisante, souvent d'ailleurs a posteriori. Mais d'ici l&#224;, le m&#233;canisme est &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Face &#224; la d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s, revenons &#224; Aristote et Saint Thomas &#187;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-Aristote-et-Saint-Thomas.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-Aristote-et-Saint-Thomas.html</guid>
		<dc:date>2019-09-23T10:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien Figaro Vox sur &#034;Pour un grand retournement politique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face aux probl&#232;mes de notre temps et pour &#233;viter les apories de la confrontation entre &#171; conservateurs &#187; et &#171; lib&#233;raux &#187;, l'essayiste et ancien haut fonctionnaire Pierre de Lauzun entend revenir &#224; la pens&#233;e classique d'Aristote &#224; Thomas d'Aquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Pour faire face aux probl&#232;mes de notre temps et pour &#233;viter les apories de la confrontation entre &#171; conservateurs &#187; et &#171; lib&#233;raux &#187;, l'essayiste et ancien haut fonctionnaire Pierre de Lauzun entend revenir &#224; la pens&#233;e classique d'Aristote &#224; Thomas d'Aquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/vox/politique/face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-aristote-et-saint-thomas-20190920&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/vox/politiqu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou lire le texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1)	Vous vous proposez, dans votre dernier livre, d'effectuer un &#171; grand retournement politique &#187; qui consisterait &#224; r&#233;habiliter la &#171; pens&#233;e classique &#187;. Pouvez-vous pr&#233;ciser ce que vous entendez par l&#224; ? Qu'est-ce que la pens&#233;e classique, et &#224; quoi l'opposez-vous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars d'un constat, celui d'une profonde d&#233;rive dans nos soci&#233;t&#233;s. La perte d'&#233;l&#233;ments essentiels de notre culture et de nos raisons de vivre ensemble. J'en vois la cause dans le relativisme qui domine l'esprit public, relativisme issu d'un paradigme &#224; l'&#339;uvre de fa&#231;on croissante depuis trois si&#232;cles. C'est cette id&#233;e que le seul bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ce qu'il appelle vrai ou bien, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. D'o&#249; un individualisme ravageur, qui mine potentiellement les biens communs b&#226;tis patiemment au cours des si&#232;cles, qui en outre se contredit en condamnant aujourd'hui ceux qui s'y opposent, au nom du politiquement correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative, c'est la pens&#233;e classique, n&#233;e avec Aristote, Cic&#233;ron et Thomas d'Aquin et toujours vivante. Contrairement &#224; l'image qu'on en donne, elle est avant tout pragmatique : elle sait que les soci&#233;t&#233;s humaines r&#233;sultent de l'interaction complexe et &#233;motionnelle de personnes libres au cours du temps, et qu'on ne peut les manipuler &#224; volont&#233; &#224; partir de th&#233;ories abstraites, contradictoires et changeantes. La pens&#233;e classique est une immense r&#233;flexion sur notre exp&#233;rience de si&#232;cles de vie en commun. Elle est attach&#233;e &#224; des principes essentiels comme la recherche du bien et du vrai objectifs, le r&#244;le central de la personne, le besoin pour elle de communaut&#233;s solidaires et d'une &#233;ducation humaniste. C'est cela qui en fait une pens&#233;e incarn&#233;e, proche de la r&#233;alit&#233; v&#233;cue des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2)	Vous insistez sur la n&#233;cessit&#233; de rechercher la v&#233;rit&#233;, &#224; rebours du relativisme moderne. Mais est-il encore possible aujourd'hui de parler de v&#233;rit&#233; ? La d&#233;construction op&#233;r&#233;e dans de nombreux champs des sciences humaines n'a-t-elle pas montr&#233; qu'en fait de v&#233;rit&#233;s objectives, les v&#233;rit&#233;s qui structurent l'ordre social sont le plus souvent le fruit d'un rapport de forces ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un pr&#233;jug&#233; typique du paradigme de neutralit&#233;. Comme on a pos&#233; qu'on ne pouvait pas atteindre le vrai ou le bien, on se rabat sur ce qui est imm&#233;diatement accessible : le mat&#233;rialisme pour les uns, les rapports de force pour les autres. La d&#233;construction, grand sport des intellectuels depuis deux si&#232;cles, est devenue pathologique avec la postmodernit&#233; depuis les ann&#233;es 60. Curieusement le d&#233;constructeur ne se demande jamais d'o&#249; vient sa propre pens&#233;e, quel est le processus inconscient, &#233;conomique, physicochimique ou autre qui a g&#233;n&#233;r&#233; son soup&#231;on et sa d&#233;construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment une communaut&#233; d'hommes peut-elle vivre et cr&#233;er ensemble si elle n'a pas en commun des r&#233;f&#233;rences essentielles, sans lesquelles la confiance n'est pas possible ? Et si des forces cherchent &#224; manipuler cette recherche du bien et du vrai, il a fallu d'abord que chacun croie possible, y compris les chantres du soup&#231;on, de discerner un certain vrai ou un certain bien qui ne soit pas le seul fruit de l'oppression, mais une croyance qui s'impose &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3)	En l'absence de communaut&#233;s et de r&#233;f&#233;rences communes, c'est l'argent, dites-vous, qui devient &#171; le seul &#233;l&#233;ment d'arbitrage &#187;. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent a une propri&#233;t&#233; essentielle, il est m&#234;me fait pour cela : il est en soi neutre. Pour faire une op&#233;ration avec, il faut un acheteur et un vendeur d'accord sur la chose et le prix. Point. Nul besoin de vrai ou de bien, de communaut&#233;, de relation humaine. Dans une soci&#233;t&#233; relativiste, c'est l'outil id&#233;al. Nous ne sommes d'accord sur rien ? Tant pis : si nous avons confiance dans la monnaie, nous pouvons toujours faire une transaction. Ou r&#233;clamer une subvention...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4)	L'&#233;conomie semble &#234;tre une science dans laquelle les enseignements de la pens&#233;e classique se font plus rares&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'&#233;conomie est &#233;tonnante. Elle est n&#233;e du souci moral de confesseurs m&#233;di&#233;vaux, qui ont &#233;tudi&#233; l'activit&#233; des marchands pour voir ce qui y &#233;tait bon ou mauvais. Depuis, l'obsession de l'&#233;conomie est d'appara&#238;tre comme une science et de se d&#233;gager de tout jugement de valeur, surtout moral. A vrai dire, cette belle assurance bat un peu de l'aile : outre sa difficult&#233; &#224; faire des pr&#233;visions, il appara&#238;t de plus en plus que l'&#233;conomie &#233;tant un fait humain, l'analyse des valeurs qui animent les hommes en est une composante essentielle. Et que si on ne se pose pas la question des finalit&#233;s &#233;thiques, le r&#233;sultat a toutes chances de ne pas &#234;tre bon. Ce que l'homme de la rue comprend, malgr&#233; son peu de connaissance technique, peut-&#234;tre parce que sans le savoir il est plus en phase avec la pens&#233;e classique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5)	Comment un classique peut-il lutter contre la place de plus en plus d&#233;mesur&#233;e que prend l'Etat dans nos vies quotidiennes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire simple, il y a deux grands moyens de tourner l'action des hommes vers un bien. Le premier est la coercition : la puissance publique. Le second est la conduite int&#233;rieure : les m&#339;urs, &#233;thique ou morale. La vraie libert&#233; repose sur celle-ci, car c'est une pl&#233;nitude int&#233;rieure, qui suppose d'&#234;tre orient&#233;e vers le bien. Mais dans un contexte relativiste, elle est rong&#233;e par l'ambiance dominante. On recourt donc encore plus au premier. Quand l'ins&#233;curit&#233; r&#232;gne parce que certains se croient tout permis, on met plus de police et de cam&#233;ras de surveillance ; d&#232;s qu'un incident se produit, on fait de nouvelles lois ; d&#232;s qu'un besoin &#233;merge, on augmente les imp&#244;ts etc. D'autant que les exigences &#224; l'&#233;gard de l'Etat, h&#233;t&#233;roclites, augmentent sans cesse, puisqu'on est tous victimes et responsables de rien. C'est le contraire de la pens&#233;e classique qui propose &#224; chacun de faire siennes la morale, les normes, la pens&#233;e de si&#232;cles d'exp&#233;rience humaine pour devenir une personne pleinement responsable et autonome, capable de soutenir et accomplir la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire qu'on n'en sortira pas principalement par des changements politiques, par la puissance publique, m&#234;me s'ils doivent y contribuer : c'est &#224; une r&#233;forme en profondeur de nos valeurs et priorit&#233;s personnelles qu'il faut s'atteler, en commen&#231;ant par soi et autour de soi, par une action &#224; la base, par l'&#233;ducation et par l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;6)	Que voulez-vous dire lorsque vous reprochez au conservatisme ses &#171; ambigu&#239;t&#233;s &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot est ambigu par son &#233;tymologie : conserver ce qui existe ne vaut que si c'est bon. Bien s&#251;r, la pens&#233;e classique est pragmatique, et pr&#233;f&#232;re dans le doute ne pas intervenir pour bouleverser la soci&#233;t&#233; au risque de faire pire. Elle conservera alors ce qui existe : c'est son c&#244;t&#233; &#171; conservateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, ce qu'on appelle &#171; conservatisme &#187; en politique, au sens que lui donnent les Anglo-saxons, pr&#233;sente bien des traits de la pens&#233;e classique dont il est souvent l'expression. Mais avec une limite majeure : ce conservatisme donne moins d'importance &#224; la recherche du vrai ou du bien objectifs, et il tend &#224; composer avec les id&#233;es dominantes. Aux Etats-Unis, de nos jours, un conservateur sera suppos&#233; ultralib&#233;ral en &#233;conomie, ce qui est contraire &#224; la tradition conservatrice, m&#234;me am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;7)	Dans un entretien r&#233;cent au Figaro, Mark Lilla oppose la figure du conservateur &#224; celle du lib&#233;ral, qui ne se situe pas dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e mais consid&#232;re l'individu d&#233;tach&#233; de toute communaut&#233;. Cette vision du lib&#233;ralisme est-elle r&#233;ductrice ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot lib&#233;ral est encore plus pi&#233;g&#233;. Cela peut viser un lib&#233;ralisme philosophique qui est un relativisme ; mais cela peut aussi se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tat de droit et aux libert&#233;s, ou &#224; l'&#233;conomie de march&#233;. A notre &#233;poque o&#249; on adore mettre des &#233;tiquettes sur les gens pour ne pas les &#233;couter, cette h&#233;sitation dans la d&#233;finition permet toutes les manipulations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mark Lilla parle du lib&#233;ralisme philosophique : il vise &#171; l'individu porteur de droits d&#233;tach&#233; de la soci&#233;t&#233; &#187;. Et il l'oppose au conservatisme, attach&#233; &#224; la transmission de la culture et des traditions tout en &#233;tant pragmatique, face &#224; un monde compliqu&#233; et impr&#233;visible. M&#234;me si Lilla lui-m&#234;me se r&#233;clame ensuite d'un &#171; lib&#233;ralisme mod&#233;r&#233; &#187;, celui de Tocqueville par exemple, qui pr&#233;sente bien des traits conservateurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r pour le classique est que &#171; l'individu porteur de droits d&#233;tach&#233; de la soci&#233;t&#233; &#187; est une chim&#232;re. C'est dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e, avec ses lois et surtout ses m&#339;urs, sa culture, sa recherche collective du vrai et du bien au cours des si&#232;cles, que la personne humaine et ses droits peuvent s'&#233;panouir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;8)	Au fond, un classique est quelqu'un qui consid&#232;re que l'&#233;mancipation n'est pas l'accomplissement ultime de la personne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, pas n&#233;cessairement. Le mot accomplissement contient l'id&#233;e de compl&#233;tude : cela veut dire qu'on a atteint la pleine r&#233;alisation de ce que l'on pouvait &#234;tre de mieux. Par d&#233;finition, l'accomplissement suppose la recherche du bien. Et au d&#233;part, l'&#233;mancipation veut dire qu'on n'est plus sous tutelle. C'est le cas de l'homme adulte qui a atteint son plein &#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand de nos jours on comprend l'&#233;mancipation dans un sens relativiste, celui de notre paradigme actuel, on cherche &#224; se d&#233;gager de toute id&#233;e de bien ou de vrai objectifs, de toute communaut&#233;, et on croit que l'id&#233;al est que chacun se fabrique ses valeurs comme il l'entend, l&#224; o&#249; il veut, comme il veut. Non seulement c'est illusoire, mais cela n'a rien &#224; voir avec un accomplissement. C'est m&#234;me la recette de l'&#233;chec, ou de l'infantilisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie &#233;mancipation, c'est de devenir un adulte accompli, dans la communaut&#233;. Exactement ce que nous propose la pens&#233;e classique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il ne faut pas abandonner l'action politique &#187;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html</guid>
		<dc:date>2019-09-13T10:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans son dernier livre intitul&#233; &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, l'essayiste Pierre de Lauzun s'interroge sur les notions de valeurs communes, de progr&#232;s et de conservatisme. Avec en ligne de mire cette question : quelle est la place d'un chr&#233;tien en politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Aymeric Pourbaix pour &lt;i&gt;France catholique&lt;/i&gt; Mercredi 11 septembre 2019.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier livre intitul&#233; &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, l'essayiste Pierre de Lauzun s'interroge sur les notions de valeurs communes, de progr&#232;s et de conservatisme. Avec en ligne de mire cette question : quelle est la place d'un chr&#233;tien en politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Aymeric Pourbaix pour &lt;i&gt;France catholique&lt;/i&gt; Mercredi 11 septembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A la suite de diff&#233;rents penseurs (notamment Pierre Manent, Marcel Gauchet), vous diagnostiquez l'impasse du fonctionnement politique actuel. Pour quelle raison ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me un regard superficiel confirme l'impasse actuelle : le d&#233;calage croissant entre les opinions et les &#233;lites politiques, le d&#233;litement et l'&#233;clatement des partis et la mont&#233;e de ce qu'on appelle populisme, en sont des sympt&#244;mes imm&#233;diats. Derri&#232;re on peut lire la sourde angoisse naissant de la d&#233;gradation du lien social et de la perte de rep&#232;res, sans parler de la mondialisation, des migrations ou de l'&#233;cologie. Tout se passe comme si face &#224; une mont&#233;e des interrogations, on ne se sentait pas les ressources collectives pour les affronter ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des p&#233;rip&#233;ties politiques, fran&#231;aises ou autres, j'y vois le signe d'un ph&#233;nom&#232;ne plus profond et de longue dur&#233;e : l'aggravation des effets destructeurs du paradigme qui domine notre pens&#233;e collective depuis trois si&#232;cles et qui culmine dans le relativisme et l'individualisme actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce que l'on appelle le &#171; populisme &#187; en est-il un sympt&#244;me ? Plus qu'une solution ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le populisme en est manifestement un sympt&#244;me, et un sympt&#244;me important : c'est en effet une remise en question parfois brutale des &#233;lites dominantes, en qui un partie appr&#233;ciable de la population n'a plus confiance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut avoir une influence appr&#233;ciable dans l'imm&#233;diat sur nos syst&#232;mes politiques, comme le montrent les exemples de Trump, Johnson, Salvini ou Orban, et peut-&#234;tre de fa&#231;on plus durable. Mais ces noms montrent d&#233;j&#224; que le populisme recouvre des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s variables. Surtout, pour &#234;tre une solution sur la dur&#233;e, un mouvement politique doit montrer qu'il peut d&#233;boucher sur une vie commune profond&#233;ment renouvel&#233;e, y compris au niveau de la vie politique. Cela suppose que la vision sur laquelle vit la soci&#233;t&#233; soit elle-m&#234;me renouvel&#233;e en profondeur et traduite dans les faits ; ce qui implique une &#233;laboration intellectuelle appr&#233;ciable, combin&#233;e avec l'&#233;mergence d'&#233;lites nouvelles et de mani&#232;res nouvelles de vivre en commun. Mais &#224; ce stade non seulement les divers populismes ne proposent rien de tel, mais leur positionnement m&#234;me les conduit &#224; refuser la plupart de ces t&#226;ches. D'o&#249; &#224; terme le risque soit de l'&#233;chec, soit d'une d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette politique neutre que vous observez a des racines profondes (XVIIe). Lesquelles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme de neutralit&#233;, ou relativiste, dont je parlais est ce principe qui s'oppose &#224; ce qu'ambitionnait la pens&#233;e classique : la recherche collective du bien de la personne et de la communaut&#233; &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience des si&#232;cles, l'&#233;ducation au vrai et au bien, et le pragmatisme dans les constructions politiques. Il la rejette au profit du refus de l'id&#233;e de bien objectif et de l'affirmation fondatrice du droit de chacun de se fabriquer ses valeurs comme il l'entend, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin &#8211; comme le proclame la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789. Dans cette optique le d&#233;bat est suppos&#233; r&#233;gner, mais dans les faits les r&#233;f&#233;rences communes se r&#233;duisent au minimum : le mat&#233;rialisme, l'argent et le politiquement correct. Il trouve ses origines au XVIIe si&#232;cle, mais n'a fait sentir que progressivement tous ses effets ; une &#233;tape majeure en a &#233;t&#233; la r&#233;volution des m&#339;urs des ann&#233;es 60, et ses effets encore en cours, notamment sur la famille. Un paradigme est ce qui conditionne toute la pens&#233;e collective, il est donc tr&#232;s structurant et ne peut &#234;tre remise en cause facilement, car penser autrement est socialement tr&#232;s difficile tant que son emprise subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Y a-t-il eu des apports positifs de la pens&#233;e moderne (id&#233;e de personne humaine ?)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r ; le fait qu'un paradigme colore et oriente la pens&#233;e collective ne la st&#233;rilise pas ; mais il la gauchit s&#233;rieusement. La notion de personne humaine, par exemple, vient du christianisme, et ne me para&#238;t pas avoir sensiblement progress&#233;. En revanche l'id&#233;e de formaliser des droits, m&#234;me si elle a des racines m&#233;di&#233;vales chr&#233;tiennes, est caract&#233;ristique de la modernit&#233;. Cette id&#233;e moderne est en soi un outil utile ; mais encore faudrait-il que ces droits soient bien &#233;nonc&#233;s et fond&#233;s sur une id&#233;e de bien objectif. L'Eglise a fini par reconna&#238;tre leur utilit&#233;, mais notons-le, c'est sur la base de la d&#233;claration universelle de 1948, qui &#233;tait un compromis raisonnable, pas de celle de 1789 qui est beaucoup plus typique de notre paradigme. Mais l'influence de ce dernier se poursuit, de sorte que la conception commune actuelle de ces droits s'&#233;loigne consid&#233;rablement de 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui la pens&#233;e politique chr&#233;tienne se cherche (Sens commun, Poissons roses, etc). O&#249; puiser les ressources intellectuelles pour sortir des oppositions purement partisanes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; premi&#232;re est de reconna&#238;tre ce biais structurellement mal orient&#233; de notre pens&#233;e collective, qui la met en porte &#224; faux par rapport aux exigences chr&#233;tiennes, quelle que soit l'orientation politique que le chr&#233;tien retient ensuite. Si on ne reconna&#238;t pas ce fait, on oscille entre trois &#233;cueils : l'acceptation de fait des dominantes de l'&#233;poque, des combats souvent perdus, ou un refus sans espoir. Un outil commun majeur est ici la Doctrine sociale de l'Eglise, sachant que c'est un champ d'&#233;tude en constant enrichissement et non un corpus d&#233;finitivement arr&#234;t&#233;, m&#234;me si les principes sont stables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On ne consent pas toujours &#224; la mort, disait Thibon&#8230; Comment les chr&#233;tiens doivent-ils se positionner dans cette p&#233;riode (longue) de transition ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant que le syst&#232;me &#233;lectoral oblige &#224; des choix politiques tr&#232;s fr&#233;quents&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif de bien garder &#224; l'esprit la distinction des deux horizons : l'horizon long, structurel, mais indispensable &#224; terme, du remplacement du paradigme dominant par un autre ; et l'horizon court de la vie imm&#233;diate. L&#224; o&#249; l'action est de toute fa&#231;on indispensable, et aussi plus &#224; notre port&#233;e, c'est au niveau de la base, dans notre action autour de nous : famille, travail, associations, entreprise, commune etc., ainsi que dans la r&#233;flexion et l'&#233;laboration intellectuelle, indispensable comme je l'ai rappel&#233;. Et c'est aussi cette action-l&#224; qui est la plus f&#233;conde &#224; long terme, car si elle est suffisamment suivie par assez de gens elle finit par permettre une vraie transformation. Mais il ne faut pas abandonner l'action politique, m&#234;me si elle est plus frustrante par nature, et qu'elle l'est plus encore si vous vous inspirez de principes ou valeurs qui sont en porte &#224; faux par rapport au syst&#232;me de pens&#233;e dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le conservatisme se doit d'&#234;tre cr&#233;atif, dites-vous&#8230; Comment concilier avec l'id&#233;e de progr&#232;s (apport&#233; par le christianisme) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'un temps lin&#233;aire, o&#249; le pass&#233; et l'avenir ne se r&#233;p&#232;tent pas, avec un d&#233;but et une fin, est effectivement chr&#233;tienne. Elle implique un effort personnel et collectif pour que demain soit meilleur qu'aujourd'hui. Mais elle se distingue du progressisme au sens na&#239;f, qui croit in&#233;luctable ce progr&#232;s. Le chr&#233;tien qui est cons&#233;quent avec sa foi sait que le mal et le p&#233;ch&#233; existent, et donc que tout progr&#232;s peut &#234;tre remis en cause, et est d'ailleurs souvent ambigu. Il faut donc &#224; la fois agir dans le sens de ce qu'on pense en conscience &#234;tre celui du bien ; mais savoir les limites de l'action en la mati&#232;re, le politique n'&#233;tant pas un domaine o&#249; on refa&#231;onne &#224; son gr&#233; la soci&#233;t&#233; sans risque majeur, et ne pas s'imaginer que l'on va &#233;tablir le Royaume de Dieu sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle place pour la religion catholique &#224; c&#244;t&#233; du politique en France ? Les catholiques doivent-ils renoncer au r&#234;ve de (re)construire la cit&#233; chr&#233;tienne, si jamais elle a exist&#233;&#8230; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cit&#233; chr&#233;tienne, quel que soit le sens de ce terme, suppose un peuple chr&#233;tien. Ce n'est plus le cas de la France actuelle, loin de l&#224;, et cela ne para&#238;t pas devoir &#234;tre &#224; port&#233;e rapidement, encore que cela soit entre les mains de Dieu. En outre, seule l'&#233;vang&#233;lisation pourra y conduire. On pourra alors d&#233;battre de ce qu'est une &#8216;cit&#233; chr&#233;tienne', ce concept &#224; la fois d&#233;sirable et ambigu, car en soi une cit&#233; est de ce monde et ne peut &#234;tre dite pleinement chr&#233;tienne, m&#234;me si, comme les papes l'enseignaient autrefois, une cit&#233; o&#249; le peuple et les dirigeants cherchent &#224; &#234;tre chr&#233;tiens est en soi un objectif d&#233;sirable. Mais nous n'en sommes pas l&#224;, notamment avec notre paradigme dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici l&#224;, les catholiques n'ont aucune raison de renoncer au champ politique, ni de cacher leurs convictions ; ils doivent donc s'engager ; mais il est peu probable que cela conduise &#224; des formations politiques sp&#233;cifiques significatives. Les chr&#233;tiens sous l'Empire romain, minoritaires, n'ont pas emprunt&#233; cette voie ; ce n'est qu'apr&#232;s une &#233;volution de plusieurs si&#232;cles qu'elle s'est ouverte, et de fa&#231;on bien ambigu&#235;, avec Constantin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation Facebook :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france-catholique.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html?fbclid=IwAR1baDYnONVuFhPfkv09boAljL-alMt1emJbEfN29WpMW_TlA6ncisBI4HA#.XXjPzPfrbAU.facebook&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.france-catholique.fr/Il...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le feuilleton du Brexit : quelques le&#231;ons politiques</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-feuilleton-du-Brexit-quelques-lecons-politiques.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Le-feuilleton-du-Brexit-quelques-lecons-politiques.html</guid>
		<dc:date>2019-06-21T12:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'invraisemblable feuilleton du Brexit a stup&#233;fi&#233; l'Europe : comment ces Anglais peuvent-ils d&#233;raper &#224; ce point ? Voil&#224; un Parlement, le plus ancien du monde, compos&#233; de gens plut&#244;t intelligents et pragmatiques, qui a tourn&#233; en rond comme une machine vide pendant des mois sans d&#233;gager une solution quelle qu'elle soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle le&#231;on en tirer ? Tout simplement un fait connu depuis longtemps : le vote ne donne pas par lui-m&#234;me de solution rationnelle, d&#232;s qu'il y a plus de deux possibilit&#233;s en pr&#233;sence. Sauf &#224; se mettre d'accord sur un bien commun, la d&#233;mocratie ne marche que quand elle est simpliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Avenir-de-la-democratie-+.html" rel="tag"&gt;Avenir de la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Democratie-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Brexit-+.html" rel="tag"&gt;Brexit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'invraisemblable feuilleton du Brexit a stup&#233;fi&#233; l'Europe : comment ces Anglais peuvent-ils d&#233;raper &#224; ce point ? Et on vous explique doctement pourquoi : c'est que sortir de l'Europe est d&#233;j&#224; en soi une folie en soi ; pas &#233;tonnant alors que ceux qui s'y essayent se plantent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voire. Revenons aux faits : pourquoi le Brexit a d&#233;rap&#233; ? D'abord, &#224; cause de l'affaire irlandaise, que ni Bruxelles ni Londres n'avaient vu venir. Affaire compliqu&#233;e en effet, mal trait&#233;e en l'esp&#232;ce, par les Europ&#233;ens trop align&#233;s sur Dublin, et &#233;videmment par les Britanniques qui ne l'ont pas vu venir. Mais on oublie que sans l'Irlande il y aurait eu un accord sur tout le reste, qui aurait sans doute &#233;t&#233; accept&#233; par le parlement britannique. Et m&#234;me avec l'Irlande : si Theresa May n'avait pas fait la sottise de dissoudre les Communes il y a deux ans, l'accord pass&#233; avec l'Europe aurait &#233;t&#233; vot&#233;. Donc si on met &#224; part ces donn&#233;es contingentes, le Brexit aurait pu parfaitement se faire. Moralit&#233; : pour un pays qui n'est pas dans la zone euro comme le Royaume-Uni,&lt;i&gt; sortir de l'Union est techniquement tout &#224; fait faisable&lt;/i&gt;. On peut dire que ce n'est pas souhaitable, mais pas que c'est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus int&#233;ressant dans cette histoire n'est pas l&#224; : c'est le spectacle &#233;tonnant qu'a donn&#233; ensuite ce Parlement, le plus ancien du monde, compos&#233; de gens plut&#244;t intelligents et pragmatiques, mais qui a tourn&#233; en rond comme une machine vide pendant des mois sans d&#233;gager une solution quelle qu'elle soit. On les a en effet vus voter successivement sur une s&#233;rie de propositions diff&#233;rentes, mais pour les rejeter toutes : la sortie sans accord, l'accord de Mme May, un autre accord, pas de sortie etc. Comment est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rencontrons ici un probl&#232;me de fond sur la rationalit&#233; m&#234;me de ce qu'est un vote, lorsque les gens ne sont pas d'accord sur un choix comportant plusieurs options. Pas de probl&#232;me s'il n'y en a que deux ; la majorit&#233; l'emporte ; ce peut &#234;tre idiot, mais &#231;a marche. Mais s'il y a plus de deux options possibles, la science montre qu'il n'y a pas de solution rationnelle. Condorcet l'avait vu &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle. Prenons pour simplifier trois personnes qui ont &#224; choisir entre a, b et c. Si l'ordre des pr&#233;f&#233;rences est a b c pour l'une, b c a pour la seconde et c a b pour la troisi&#232;me, il n'y a pas de r&#233;ponse rationnelle. Si par exemple, comme aux Communes, on fait voter sur &#8216;a', deux votent contre et un pour, et donc &#8216;a' est rejet&#233; ; de m&#234;me pour les autres. Bien s&#251;r, dans la r&#233;alit&#233; on &#233;vite en g&#233;n&#233;ral le blocage, soit parce que les votants se regroupent en deux camps, soit parce que la proc&#233;dure ou le hasard du d&#233;roulement permet arbitrairement de privil&#233;gier un des choix. Et bien s&#251;r si on ne choisit pas, il y a toujours une sortie, impos&#233;e par les faits. En l'esp&#232;ce, c'est ce qui pourra se passer fin octobre, si aucune autre solution n'&#233;merge : il y aura Brexit puisqu'il est notifi&#233;, mais sans accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la le&#231;on est claire : &lt;i&gt;le vote ne donne pas par lui-m&#234;me de solution rationnelle, d&#232;s qu'il y a plus de deux possibilit&#233;s divergentes en pr&#233;sence&lt;/i&gt;. Le pluralisme absolu ne marche pas. D&#232;s lors soit on polarise les opinions en deux camps ; &#231;a marche, mais au prix d'une grande simplification, &#233;ventuellement manipulatrice, et souvent de compromis qui trahissent les &#233;lecteurs. C'est ce qu'on fait en g&#233;n&#233;ral dans les d&#233;mocraties. Soit on est vertueux, et on cherche ensemble la v&#233;rit&#233; et le bien commun, mais cela suppose un certain accord sur cette recherche. Mais dans une soci&#233;t&#233; relativiste comme la n&#244;tre, tr&#232;s &#233;motionnelle, cela ne marche normalement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend donc les attraits de la dialectique des deux camps : Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont d'ailleurs d'accord l&#224;-dessus. Mais cela ne dure que si on arrive &#224; canaliser sur la dur&#233;e les lecteurs sur ces deux camps, ou &#224; d&#233;gager en permanence des compromis. Pas &#233;tonnant d&#232;s lors que la base ne soit pas tr&#232;s satisfaite, et qu'elle remette en cause le syst&#232;me &#224; l'occasion, ou reste sceptique. Sauf &#224; se mettre d'accord sur un bien commun, la d&#233;mocratie ne marche que quand elle est simpliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Avenir de la D&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-Avenir-de-la-Democratie.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir</dc:subject>

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&lt;p&gt;La d&#233;mocratie para&#238;t triompher aujourd'hui, parce qu'elle n'a plus de rival : il n'y a pas de source alternative de l&#233;gitimit&#233; politique. Cela ne lui garantit pour autant pas la p&#233;rennit&#233;. R&#233;gime politique fragile et complexe, ne fonctionnant que depuis peu de temps et sur une partie seulement de l'humanit&#233;, elle y a prosp&#233;r&#233; en s'appuyant sur la cr&#233;ativit&#233; &#233;conomique du capitalisme et sur la solidarit&#233; &#233;motivement forte de la nation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cet environnement &#233;volue &#224; grande vitesse. Et plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/l-avenir-de-la-democratie.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fnac.com/a3117200/Pierre-de-Lauzun-L-avenir-de-la-democratie&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.fnac.com/a3117200/Pierr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie para&#238;t triompher aujourd'hui, parce qu'elle n'a plus de rival : il n'y a pas de source alternative de l&#233;gitimit&#233; politique. Cela ne lui garantit pour autant pas la p&#233;rennit&#233;. R&#233;gime politique fragile et complexe, ne fonctionnant que depuis peu de temps et sur une partie seulement de l'humanit&#233;, elle y a prosp&#233;r&#233; en s'appuyant sur la cr&#233;ativit&#233; &#233;conomique du capitalisme et sur la solidarit&#233; &#233;motivement forte de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet environnement &#233;volue &#224; grande vitesse. Et plus encore que la mondialisation, ce qui mine la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique actuelle de l'int&#233;rieur, au moins dans les pays avanc&#233;s, est le &lt;i&gt;relativisme&lt;/i&gt;, cet ultime avatar d'un paradigme de neutralit&#233; pr&#233;sent d&#232;s les origines de la soci&#233;t&#233; moderne et dont elle se fait une gloire. C'est cette id&#233;e &#233;trange que la soci&#233;t&#233; doit &#234;tre neutre entre toutes les valeurs, chacun pouvant d&#233;cider ce qui est bien ou mal, d&#233;sirable ou condamnable, comme il l'entend sous la seule r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. Ce relativisme, d&#233;sormais pouss&#233; &#224; son terme individualiste, d&#233;truit les bases personnelles et sociales de la citoyennet&#233; comme de la communaut&#233; ; il ne s'accommode finalement que de l'arbitrage par l'argent, lui aussi par nature neutre entre les valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui menace &#224; terme l'avenir de la d&#233;mocratie, sinon cette conception d&#233;l&#233;t&#232;re ? Qu'est ce qui peut sauver la vie en commun, dans chaque petite patrie comme sur la plan&#232;te, sinon le recours, tol&#233;rant mais r&#233;solu, &#224; la recherche du Bien commun comme fondement objectif du lien social ? (Paru en janvier 2011 chez F.X. de Guibert)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Avenir de la d&#233;mocratie et r&#233;voltes arabes </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Avenir-de-la-democratie-et-revoltes-arabes.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Printemps arabes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous venons de publier ce livre sur l'Avenir de la d&#233;mocratie. Or voici qu'une partie appr&#233;ciable du monde arabe s'insurge et para&#238;t se r&#233;clamer largement de la d&#233;mocratie. Ces r&#233;voltes arabes sont intervenues apr&#232;s la r&#233;daction du livre, qui ne traitait pas principalement de leur cas. Mais la comparaison entre le th&#232;me du livre et la situation en cours d'&#233;volution est &#233;clairante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons les grandes id&#233;es de L'Avenir de la D&#233;mocratie. D'abord, la relative fragilit&#233; des d&#233;mocraties : ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous venons de publier ce livre sur l'Avenir de la d&#233;mocratie. Or voici qu'une partie appr&#233;ciable du monde arabe s'insurge et para&#238;t se r&#233;clamer largement de la d&#233;mocratie. Ces r&#233;voltes arabes sont intervenues apr&#232;s la r&#233;daction du livre, qui ne traitait pas principalement de leur cas. Mais la comparaison entre le th&#232;me du livre et la situation en cours d'&#233;volution est &#233;clairante.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les grandes id&#233;es de &lt;i&gt;L'Avenir de la D&#233;mocratie&lt;/i&gt;. D'abord, la relative fragilit&#233; des d&#233;mocraties : ce sont des r&#233;gimes bien particuliers et historiquement r&#233;cents, mais ils ont institutionnellement une force, qui est d'&#234;tre les seuls r&#233;gimes politiques l&#233;gitimes aujourd'hui. Ensuite l'ambig&#252;it&#233; de leur r&#233;f&#233;rence id&#233;ologique : elle comporte un progr&#232;s r&#233;el sur des points comme les droits de l'homme s'ils sont bien compris, mais elle est g&#226;ch&#233;e par ce que nous appelons le paradigme d&#233;mocratique et sa d&#233;rive relativiste, dangereux pour la d&#233;mocratie elle-m&#234;me. Enfin l'importance essentielle pour le succ&#232;s du r&#233;gime de sa base nationale, et de sa base &#233;conomique (un capitalisme efficace).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des pays arabes en r&#233;volution est bien sp&#233;cifique. Notons d'abord qu'au moins &#224; ce stade il touche essentiellement des pays &#8216;r&#233;volutionnaires', c'est-&#224;-dire des pays dont le r&#233;gime &#233;tait issu de ce qui s'appelait r&#233;volution et utilisait une phras&#233;ologie r&#233;volutionnaire et d&#233;mocratique. Bien s&#251;r la r&#233;alit&#233; &#233;tait diff&#233;rente. Mais ce n'est pas minorer l'importance et la nouveaut&#233; de ces r&#233;voltes que relever qu'elles ne marquent pas un changement dans le registre de r&#233;f&#233;rence. La l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de principe &#233;tait en th&#233;orie pr&#233;sente ; mais &#233;videmment pas la pratique parlementaire et &#233;lectorale. Ces r&#233;gimes &#233;taient donc b&#226;tis sur des porte-&#224;-faux. Qu'ils aient saut&#233; lorsqu'une partie suffisante de la population ne pouvait plus supporter leur d&#233;fauts est moins surprenant qu'on ne le dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'avenir, la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique est sans doute pr&#233;sente mais s&#251;rement pas la pratique institutionnelle. Elle peut peut-&#234;tre s'instaurer. Mais cela d&#233;pend notamment des autres composantes de la vie commune. Id&#233;ologiquement le paradigme d&#233;mocratique n'y est pas dominant comme en Occident, ce qui serait plut&#244;t bon ; mais la culture collective est impr&#233;gn&#233;e d'Islam, une religion tr&#232;s pr&#233;gnante en droit et politique et peu propice &#224; leur autonomie. Par ailleurs si le sentiment national est fort et a &#233;t&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans la crise, la base &#233;conomique est elle tr&#232;s faible, et bien diff&#233;rente de ce qu'a connu l'Occident lorsque la d&#233;mocratie s'est mise en place ; une large partie de la population reste sur ses marges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc inf&#233;rer de l'histoire de nos soci&#233;t&#233;s &#224; celles-l&#224;., ni dans un sens ni dans un autre. Une d&#233;mocratie &#224; l'occidentale adapt&#233;e au contexte local (qu'on peut situer par exemple entre la Turquie et l'Inde) est concevable, m&#234;me si l'histoire ne l'a pas pr&#233;par&#233;e. Mais ce n'est pas l'issue la plus probable : outre une rechute autoritaire, ou une d&#233;rive islamiste, on peut imaginer un syst&#232;me &#224; pouvoir dominant, jouant sur le sentiment spontan&#233; de communaut&#233; de la population et le ciment religieux. M&#234;me la Turquie peut y venir : a fortiori le monde arabe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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