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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Tourisme et culture de masse : la limite physique</title>
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		<dc:date>2019-07-28T10:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Tourisme de masse </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le tourisme est devenu une industrie colossale, d&#233;pla&#231;ant chaque ann&#233;e des centaines de millions de personnes. Et dans ce tourisme, il y a l'&#233;norme industrie du tourisme culturel : mus&#233;es, villes d'art, sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral on se r&#233;jouit de cette d&#233;mocratisation de la culture. Puisque tout le monde a le droit de voir la Joconde, le Taj Mahal ou Venise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennui, c'est que cela ne marche pas. Tr&#232;s vite on atteint une limite physique car c'est mat&#233;riellement impossible au niveau de l'humanit&#233;. Sans parler des cohues que cela produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Principes-politiques-.html" rel="directory"&gt;Sociologie et vie commune&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Tourisme-de-masse-+.html" rel="tag"&gt;Tourisme de masse &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le tourisme est devenu une industrie colossale, d&#233;pla&#231;ant chaque ann&#233;e des centaines de millions de personnes. Et dans ce tourisme, &#224; c&#244;t&#233; des vacanciers purs (plage, montagne ou autres) il y a l'&#233;norme industrie du tourisme culturel : mus&#233;es, villes d'art, sites. Le r&#233;flexe est de se r&#233;jouir de cette d&#233;mocratisation de la culture. Apr&#232;s tout, pense-t-on, en soi tout le monde a le droit de voir la Joconde, le Taj Mahal ou Venise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennui c'est que cela ne marche pas. Outre qu'on peut douter de la r&#233;alit&#233; de la jouissance esth&#233;tique ou de l'appr&#233;ciation culturelle de la plupart de ces visiteurs, le point central est qu'on atteint une limite physique. Ou plut&#244;t deux ; la premi&#232;re est le fait que le nombre m&#234;me de visiteurs tue le plaisir culturel lui-m&#234;me. La deuxi&#232;me apr&#232;s est qu'il n'y a pas la place physique de faire d&#233;filer tout ce beau monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un tableau c&#233;l&#232;bre, la Joconde par exemple. Faites d&#233;filer les gens par groupe de 30, chacun restant 5 minutes, une fois dans sa vie. Pas terrible pour la contemplation, encore moins pour l'apprentissage de l'&#339;uvre. Mais en une heure vous aurez fait d&#233;filer 360 personnes. Soir avec des journ&#233;es de 12 h et 250 jours par an, un peu plus d'un million de personnes. Si on raisonne sur une vie adulte qui dure mettons 70 ans (entre 15 et 85 ans) cela aurait fait 70 millions de personnes qui l'auront vu une fois (une seule). Sur plus de 7 milliards. Un pour cent environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut modifier les hypoth&#232;ses, mais la conclusion est claire. Il est mat&#233;riellement impossible que tout le monde voit la Joconde une fois dans sa vie. M&#234;me s'il n'y avait pas de limite &#233;conomique. Ce n'est m&#234;me qu'une faible minorit&#233; qui le peut. Mat&#233;riellement. Et encore, pour une satisfaction assez limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc si on veut que toute la population humaine puisse culturellement jouir de la Joconde (ou de n'importe quelle autre &#339;uvre) si elle le souhaite, il n'y a pas de solution dans le tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule solution, c'est la reproduction. Soir l'image (qui peut &#234;tre excellente), soit carr&#233;ment la copie. L'&#233;crasante majorit&#233; des gens (moi compris) est parfaitement incapable de distinguer une tableau d'origine et une tr&#232;s bonne copie. M&#234;me les experts &#233;taient incapables de distinguer les faux Vermeer vendus aux nazis des vrais ; il a fallu des analyses chimiques pour faire la diff&#233;rence. Supposons donc qu'on fasse des centaines de copies impeccables de la Joconde et qu'on cache l'original en lieu s&#251;r : on multiplierait le nombre de visiteurs, et le temps pass&#233; par chacun. On pourrait m&#234;me l'augmenter suffisamment pour rencontrer la demande r&#233;elle : nombre d'amateurs multipli&#233; par le temps de contemplation d&#233;sir&#233; par chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira : les gens veulent voir l'original. Peut-&#234;tre, mais pourquoi, puisqu'ils ne font pas la diff&#233;rence ? Pourquoi d'ailleurs avoir le culte f&#233;tichique de l'original ? Dans l'ancienne Chine une excellente copie valait autant que l'original : c'est le bon sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui se passe d&#233;j&#224; &#224; la grotte Chauvet, ou &#224; Lascaux : allez-y : le plaisir est m&#234;me encore plus grand, car c'est mieux am&#233;nag&#233; que l'original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment ce qui vaut pour les tableaux, fresques, statues et objets divers ne vaut pas pour les sites ou m&#234;me les b&#226;timents ; on ne va pas dupliquer Venise ni le Taj Mahal. Or le probl&#232;me quantitatif est le m&#234;me. Voire pire, car l'exc&#232;s de visiteurs menace d&#233;j&#224; la nature m&#234;me de ces sites. In&#233;vitablement on devra un jour restreindre s&#233;v&#232;rement la visite de tels lieux. Peu importe ici le crit&#232;re de s&#233;lection : la formation culturelle, le tirage au sort, la nationalit&#233;, l'argent ou un m&#233;lange de tout cela : dans tous les cas la tr&#232;s grande majorit&#233; de l'humanit&#233; doit imp&#233;rativement renoncer &#224; Venise et au Taj Mahal, au nom m&#234;me de ces tr&#233;sors de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre &#233;poque a sa r&#233;ponse : le virtuel. Oui, le virtuel si d&#233;cri&#233;. Bien con&#231;ues, des salles sp&#233;cialis&#233;es (voire peut &#234;tre un jour des &#233;quipements ad hoc chez soi) pourraient permettre de promener dans Venise ou Kyoto. Ou sur le Machu Picchu. Sans les ab&#238;mer, sans pollution, ni &#233;mission de carbone. C'est donc &#233;videmment la solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons plus loin : la condition humaine comporte en elle une limite incontournable : la limite physique. Il est temps de lui redonner toute sa place. La taille de l'espace que nous pouvons parcourir est limit&#233;e, et nous sommes tr&#232;s nombreux. Contentons-nous donc de la proximit&#233;, en l'am&#233;nageant intelligemment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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