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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Continuit&#233; doctrinale du magist&#232;re catholique : le cas de la peine de mort</title>
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		<dc:date>2018-08-17T13:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;veloppement doctrinal</dc:subject>
		<dc:subject>Peine de mort</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'Eglise catholique a &#224; son actif 2000 ans de d&#233;veloppement doctrinal, &#224; partir de la R&#233;v&#233;lation biblique, qu'elle a toujours pr&#233;sent&#233; comme un ensemble coh&#233;rent. Ce qui est la moindre des choses quand comme le magist&#232;re catholique on pr&#233;tend &#233;noncer des v&#233;rit&#233;s permanentes. J'ai examin&#233; cette question dans mon livre r&#233;cent &#171; La r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps &#187;, (Art&#232;ge Lethielleux 2018), qui explore cette articulation entre une v&#233;rit&#233; &#233;ternelle mais transmise dans le temps, et son explicitation dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la nouvelle r&#233;daction du cat&#233;chisme condamne la peine de mort, que la doctrine ant&#233;rieure consid&#233;rait licite. D'o&#249; des d&#233;bats nourris. La plupart portent la peine de mort elle-m&#234;me. Mais la question de la continuit&#233; doctrinale est tout aussi importante. Que peut-on en penser ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-et-magistere-.html" rel="directory"&gt;Magist&#232;re&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Developpement-doctrinal-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;veloppement doctrinal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Peine-de-mort-+.html" rel="tag"&gt;Peine de mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cadre de r&#233;flexion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai tout r&#233;cemment abord&#233; dans un livre la question de la continuit&#233; de l'enseignement de l'Eglise, d&#233;veloppement dans le temps et dans l'histoire de la R&#233;v&#233;lation d'un Dieu &#233;ternel (&#171; La r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps &#187;, Art&#232;ge Lethielleux 2018). Le message biblique vient d'un Dieu infini, qui transcende tous nos concepts ; mais ce Dieu s'y est exprim&#233; pour nous &#224; travers le langage humain, et ce message se pr&#233;sente comme langage de v&#233;rit&#233;. Cette v&#233;rit&#233; vise l'objet de la r&#233;v&#233;lation, la foi et les m&#339;urs (morale) ; mais &#233;videmment pas des notions scientifiques ou sociologiques. Cela dit le mot de v&#233;rit&#233; est &#224; prendre au s&#233;rieux : cela veut dire que le langage humain qui est utilis&#233; est capables de porter de v&#233;rit&#233;s durables &#224; son niveau. Les sources en sont les Ecritures et la Tradition (sachant que la Tradition bien comprise est ce qui a &#233;t&#233; transmis avec le d&#233;p&#244;t de la foi, pas comme certains le pensent aujourd'hui un corpus &#233;volutif).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce message, cette parole, ont fait ensuite l'objet de ce qu'on appelle un d&#233;veloppement. En effet, d'une part il y une compr&#233;hension toujours meilleure de son sens ; d'autre part des questions nouvelles sont constamment pos&#233;es par l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; humaine, des questions scientifiques au sens large mais aussi des questions li&#233;es &#224; la vie commune et son d&#233;veloppement culturel et institutionnel (politique et &#233;conomique). Mais comme ces &#233;nonc&#233;s successifs se pr&#233;sentent comme &#233;nonc&#233;s de v&#233;rit&#233;s, il ne s'agit pas comme certains l'expliquent de passer des textes anciens au filtre de philosophies successives et contradictoires, pour en tirer chaque fois des id&#233;es diff&#233;rentes, mais d'un d&#233;veloppement coh&#233;rent dans le temps, produisant des &#233;nonc&#233;s dont la validit&#233; et la compr&#233;hension persistent &#224; travers le temps. Les &#233;nonc&#233;s nouveaux ne r&#233;sultent pas d'une d&#233;cision arbitraire modifiant les id&#233;es et pr&#233;ceptes ant&#233;rieurs ; mais ils se d&#233;gagent comme la mise en &#233;vidence de v&#233;rit&#233;s contenues dans la r&#233;v&#233;lation, authentifi&#233;es par le magist&#232;re, et coh&#233;rentes avec les &#233;nonc&#233;s ant&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique l'affirmation de la capacit&#233; de tous ces &#233;nonc&#233;s &#224; transmettre une v&#233;rit&#233; permanente ; mais cela n'exclut pas qu'il soit bon ou m&#234;me n&#233;cessaire &#224; l'occasion de les formuler en termes plus pr&#233;cis. Il est &#233;vident que la cr&#233;dibilit&#233; du magist&#232;re d&#233;pend de cette continuit&#233;. Sinon il n'&#233;nonce pas une v&#233;rit&#233; permanente autant qu'il puisse le faire, mais ne donne qu'un rep&#232;re transitoire. Mais naturellement, et le point est essentiel, le degr&#233; d'autorit&#233; de ces &#233;nonc&#233;s est tr&#232;s variable selon les circonstances de leur &#233;nonciation. La pr&#233;tention &#224; la v&#233;rit&#233; permanente n'a de sens que pour les &#233;nonc&#233;s manifestement produits &#224; cet effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai par ailleurs analys&#233; dans ce m&#234;me livre les cas o&#249; des &#233;volutions pouvaient appara&#238;tre contradictoires avec cette coh&#233;rence dans le temps. Sur la base du recueil des textes du magist&#232;re qu'est le Denzinger, ils me paraissent principalement au nombre de trois : la condamnation ancienne du pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t ; le passage de la condamnation de la libert&#233; des cultes au XIXe si&#232;cle &#224; un concept de libert&#233; religieuse sous Vatican II ; et enfin l'adage &#8216;pas de salut hors de l'Eglise'. Notons que dans les deux premiers exemples on n'est sans doute pas dans des cas de magist&#232;re infaillible ; mais leur importance historique a &#233;t&#233; et reste consid&#233;rable. Ce qui m'est apparu alors est que l'&#233;volution, quand elle est r&#233;elle, a d&#233;pendu de deux types de prise en consid&#233;ration. C'est en premier lieu parce qu'intervient une dimension qui n'est pas li&#233;e &#224; la foi et aux m&#339;urs : une &#233;volution des connaissances &#233;conomiques pour le pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t, des d&#233;veloppements de la base juridico-politique de la soci&#233;t&#233; dans le cas des droits et libert&#233;s. C'est en second lieu parce qu'est apparu le besoin de mieux expliciter les rapports entre plusieurs v&#233;rit&#233;s r&#233;v&#233;l&#233;es, jusques l&#224; pas compl&#233;tement harmonis&#233;es : dans le cas de la libert&#233; religieuse c'&#233;tait la prise en compte de la libert&#233; de l'acte d'adh&#233;sion &#224; la foi, en regard du devoir de recherche de la v&#233;rit&#233; et de son respect ; dans le cas de l'adage &#8216;hors de l'Eglise pas de salut' entre le salut universel voulu par Dieu et la m&#233;diation unique du Christ &#224; travers l'Eglise. Ce qui a conduit &#224; des &#233;nonc&#233;s nouveaux a donc &#233;t&#233; soit la prise en compte d'&#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; l'objet de la r&#233;v&#233;lation, soit une meilleure articulation entre des &#233;l&#233;ments r&#233;v&#233;l&#233;s dont le lien n'avait pas &#233;t&#233; suffisamment &#233;labor&#233; ; dans les deux cas en g&#233;n&#233;ral face &#224; l'&#233;mergence de probl&#232;mes nouveaux. Il s'en d&#233;duit que la contradiction apparente entre &#233;nonc&#233;s n'est donc pas v&#233;ritablement une rupture dans le d&#233;veloppement de la R&#233;v&#233;lation. Je renvoie &#224; mon livre pour l'analyse de ces exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se situe ce cadre, comment analyser le r&#233;cent changement apport&#233; au cat&#233;chisme &#224; la demande du Pape Fran&#231;ois, portant sur la peine de mort ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cas de la peine de mort : probl&#233;matique ant&#233;rieure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quel &#233;tait l'&#233;tat des lieux ant&#233;rieur ? Aucune source dans les Ecritures ne conduit d'abord &#224; conclure directement qu'elle est illicite, au contraire. Certes le d&#233;calogue nous dit &#171; Tu ne tueras pas &#187; mais ce pr&#233;cepte fait partie de la Loi mosa&#239;que qui pr&#233;voit des peines de mort pour de nombreux cas. Bien s&#251;r ces prescriptions ne sont plus consid&#233;r&#233;es valides en soi, mais le fait est que la Loi, donn&#233;e par Dieu, ne voyait aucune contradiction entre le pr&#233;cepte de ne pas tuer, qui s'adresse aux individus, et l'application de la peine de mort par une autorit&#233; l&#233;gitime en cas de crime grave. Et le Nouveau testament ne contredit en rien l'Ancien sur ces points. M&#234;me le jugement et la mort de J&#233;sus ne conduisent pas &#224; une remise en cause de la peine de mort, tout au contraire (ce pouvoir est reconnu par J&#233;sus &#224; Pilate, alors m&#234;me que ce dernier en fera un usage inique). Ensuite, et comme le notait la pr&#233;c&#233;dente r&#233;daction du Cat&#233;chisme, la Tradition est largement unanime &#224; reconna&#238;tre la lic&#233;it&#233; de la peine de mort, avec comme on l'a vu de solides bases dans la R&#233;v&#233;lation. Il est &#224; noter en outre qu'on ne se fondait pas sur le seul besoin pratique de mettre un criminel hors d'&#233;tat de nuire ou de dissuader les candidats, mais d'abord sur le droit du pouvoir politique, reconnu par la Bible, de punir des coupables, punition qui &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs il n'y a aucun fait nouveau qui ait &#233;merg&#233; depuis (en dehors de l'&#233;volution du sentiment public dominant) et qui remette en cause ces raisonnements anciens, coh&#233;rents et circonstanci&#233;s. Les arguments des abolitionnistes sont pr&#233;sents depuis longtemps. Ni probl&#232;me de conciliation avec une autre v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, qu'on n'aurait pas trait&#233;e. La situation est donc tr&#232;s diff&#233;rente des questions &#233;voqu&#233;es ci-dessus, la libert&#233; religieuse par exemple. Rien de commun non plus avec l'esclavage, qui n'a jamais fait l'objet d'une approbation explicit&#233;e et d&#233;velopp&#233;e, m&#234;me s'il a &#233;t&#233; longtemps tol&#233;r&#233; comme fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche il est exact que les pontifes r&#233;cents ont tr&#232;s clairement pris position contre la peine de mort. Mais ils l'ont fait dans le contexte de la soci&#233;t&#233; actuelle, compte tenu &#224; la fois de sa capacit&#233; &#224; mieux contr&#244;ler les criminels, et du souhait croissant de les r&#233;habiliter quand c'&#233;tait possible. Et ils ont gard&#233; le principe de la lic&#233;it&#233; de cette peine, sans donc invalider les positions ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La modification du Cat&#233;chisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons ce que dit le nouveau texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant longtemps, le recours &#224; la peine de mort de la part de l'autorit&#233; l&#233;gitime, apr&#232;s un proc&#232;s r&#233;gulier, fut consid&#233;r&#233; comme une r&#233;ponse adapt&#233;e &#224; la gravit&#233; de certains d&#233;lits, et un moyen acceptable, bien qu'extr&#234;me, pour la sauvegarde du bien commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignit&#233;, m&#234;me apr&#232;s avoir commis des crimes tr&#232;s graves. En outre, s'est r&#233;pandue une nouvelle compr&#233;hension du sens de sanctions p&#233;nales de la part de l'&#201;tat. On a &#233;galement mis au point des syst&#232;mes de d&#233;tention plus efficaces pour garantir la s&#233;curit&#233; &#224; laquelle les citoyens ont droit, et qui n'enl&#232;vent pas d&#233;finitivement au coupable la possibilit&#233; de se repentir.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi l'&#201;glise enseigne, &#224; la lumi&#232;re de l'&#201;vangile, que ''la peine de mort est inadmissible car elle atteinte &#224; l'inviolabilit&#233; et &#224; la dignit&#233; de la personne'' et elle s'engage de fa&#231;on d&#233;termin&#233;e, en vue de son abolition partout dans le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; comment&#233; en outre dans une lettre aux &#233;v&#234;ques de la Congr&#233;gation pour la Doctrine de la foi. On y notera le souci de montrer une certaine continuit&#233; malgr&#233; l'impression de rupture que donne d'embl&#233;e la modification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point central para&#238;t &#234;tre la consid&#233;ration nouvelle &#224; l'&#233;gard de la dignit&#233; humaine aujourd'hui. S'y ajoute un rappel des progr&#232;s des syst&#232;mes de d&#233;tention ainsi qu'une conception nouvelle du sens des sanctions p&#233;nales (qui ne serait plus consid&#233;r&#233;e qu'en vue de la r&#233;habilitation du criminel). Ce qui peut para&#238;tre ne faire r&#233;f&#233;rence qu'au seul contexte actuel, suppos&#233; acquis d&#233;finitivement. En revanche la phrase suivante affirme que la peine de mort est inadmissible. Ce qui semble &#234;tre une affirmation &#224; valeur permanente. On remarquera qu'aucune allusion n'est faite &#224; un &#233;l&#233;ment essentiel de l'ancienne conception, la notion de punition, et a fortiori l'id&#233;e d'expiation. Dans ce contexte il n'est pas surprenant que le texte ait fait l'objet de d&#233;bats intenses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'&#233;voquerai pas ici la question de son degr&#233; d'autorit&#233; : il serait tr&#232;s surprenant que la simple modification d'un passage du cat&#233;chisme ait valeur de proclamation solennelle infaillible. Mais l'importance de la d&#233;cision, demand&#233;e par le Pape, m&#233;rite consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lectures possible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il semble pour simplifier qu'il puisse faire l'objet de trois interpr&#233;tations possibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Premi&#232;re compr&#233;hension (en continuit&#233;) : &#171; Le contexte moderne est tel que la peine de mort est actuellement inadmissible. Mais ce pourrait &#234;tre diff&#233;rent dans d'autres contextes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avantage : il y alors continuit&#233; potentielle avec la doctrine ant&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inconv&#233;nient : cette lecture n'est pas tout &#224; fait coh&#233;rente avec la formulation du dernier paragraphe. Encore qu'on pourrait soutenir que le terme &#8216;inadmissible' est distinct de &#8216;mauvais' et peut ne se r&#233;f&#233;rer qu'&#224; un contexte pr&#233;cis, actuel sans impliquer de valeur absolue et permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une variante consisterait &#224; dire qu'on n'exclut pas que la peine de mort soit possible dans d'autres contextes diff&#233;rents du n&#244;tre, mais qu'on consid&#232;re qu'il est d&#233;sormais acquis que cette peine est choquante en regard du respect d&#251; &#224; la vie. Cette variante conduit aux m&#234;mes remarques ; elle est plus coh&#233;rente avec le dernier paragraphe du texte, mais elle rend moins bien compte des d&#233;veloppements pass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Deuxi&#232;me compr&#233;hension (&#233;volutive) : &#171; On n'y voyait pas encore clair dans le pass&#233; ; mais outre l'efficacit&#233; nouvelle des m&#233;thodes de d&#233;tention, les progr&#232;s de la conscience humaine sur la dignit&#233; de la personne ou sur le sens des p&#233;nalit&#233;s sont tels qu'on a enfin compris que la peine de mort &#233;tait inadmissible en soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avantage : elle est plus coh&#233;rente avec le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inconv&#233;nients : il y a d'abord rupture manifeste avec la tradition. Ensuite on s'appuie pour cela sur une notion de conscience d'&#233;poque. Mais une telle conscience peut changer &#224; nouveau. On peut par exemple redevenir sensible &#224; l'horreur des crimes commis et &#224; l'auto-d&#233;gradation du criminel. Faudra-t-il alors changer &#224; nouveau le texte ? Mais quel est le sens d'une affirmation magist&#233;rielle soumise au sentiment de l'&#233;poque ? Les affirmations pr&#233;c&#233;dentes &#233;taient aussi intemporelles que la nouvelle : si elles peuvent &#234;tre caduques, l'actuelle peut l'&#234;tre aussi un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, en cons&#233;quence, une telle ligne de raisonnement impactera in&#233;vitablement d'autres affirmations de l'Eglise, qui seront suspect&#233;es de pouvoir &#234;tre modifi&#233;es elles aussi en fonction de l'&#233;volution du sentiment public. Le risque est aggrav&#233; en l'esp&#232;ce par le fait que la notion de dignit&#233; sur laquelle on se base (notion peu utilis&#233;e traditionnellement et donc peu balis&#233;e doctrinalement) reste assez ambigu&#235; &#224; ce stade. Prenons l'exemple de l'euthanasie : certains proclament sous ce nom un &#8216;droit &#224; mourir dans la dignit&#233;' ; pour eux la dignit&#233;, c'est de mourir. Et ils peuvent pr&#233;tendre qu'un jour les &#8216;progr&#232;s de la conscience' reconna&#238;tront une telle libert&#233; de choisir le moment de sa mort. Cette belle conscience moderne ne voit d'ailleurs aucun inconv&#233;nient &#224; l'avortement comme &#224; l'euthanasie. Son utilisation comme guide moral est donc pour le moins risqu&#233;e. Par ailleurs, sur le fond, est-il vraiment moins digne d'&#234;tre ex&#233;cut&#233; parce qu'on a commis un crime abominable, que de passer sa vie enferm&#233; ? Est-ce toujours plus efficace en termes de conversion et de repentance du criminel ? Dans nos prisons telles qu'elles sont ? Et l'id&#233;e ancienne que le criminel avait baiss&#233; en dignit&#233; (sans la perdre totalement, mais assez pour s'exclure lui-m&#234;me de la soci&#233;t&#233;) &#233;tait-elle si absurde ? En tout cas elle est passablement biblique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	Troisi&#232;me compr&#233;hension (relativisante) &#171; les lectures et interpr&#233;tations varient selon les &#233;poques ; la peine de mort a &#233;t&#233; admise dans la philosophie et la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque, dont acte, mais elle ne convient plus &#224; celle de la n&#244;tre &#187;. C'est au fond le mod&#232;le dit herm&#233;neutique de feu le RP Geffr&#233; (que j'&#233;voque dans le livre ci-dessus) et de bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avantage : paradoxalement il y a apparemment moindre reniement du pass&#233; car on admet qu'il avait son sens en son temps. Mais en r&#233;alit&#233;, ce faisant on lui refuse toute pertinence et pour nous, et en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inconv&#233;nient : cette ligne ruine radicalement la notion de v&#233;rit&#233; permanente et l'autorit&#233; du magist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il me para&#238;t en d&#233;finitive que malgr&#233; ses limites, seule la premi&#232;re interpr&#233;tation est coh&#233;rente avec la logique du d&#233;veloppement doctrinal expos&#233;e ci-dessus. Mais compte tenu de ses limites et relatives impr&#233;cisions, m&#234;me alors elle ne repr&#233;sente sans doute qu'une phase ou une &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon sens, il faudrait travailler notamment plusieurs champs de r&#233;flexion. D'abord int&#233;grer plus clairement l'id&#233;e traditionnelle d'expiation et au moins de punition, et tout au moins rendre compte de son contenu de v&#233;rit&#233;, enracin&#233; dans la R&#233;v&#233;lation. Ensuite, aborder ce qui se passerait dans le cas d'environnements culturels et sociaux tr&#232;s diff&#233;rents du n&#244;tre, ou d'&#233;chec moral ou social av&#233;r&#233; de notre soci&#233;t&#233;, dont les d&#233;rives sont mortif&#232;res. Enfin, approfondir et compl&#233;ter par d'autres r&#233;f&#233;rences (devoir, respect, responsabilit&#233;, nature humaine, p&#233;ch&#233; etc.) la notion encore trop floue de dignit&#233;. Le travail continue donc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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