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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le magist&#232;re et l'&#233;laboration doctrinale : ce qu'en dit Newman</title>
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		<dc:date>2025-08-01T16:09:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;veloppement doctrinal</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne</dc:subject>
		<dc:subject>Cardinal Newman</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Saint John Henry, cardinal Newman est un des plus grands penseurs catholiques du XIXe si&#232;cle et m&#234;me de l'histoire. Le pape L&#233;on XIV le met maintenant au rang de Docteur de l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de ses contributions majeures est sa r&#233;flexion sur le d&#233;veloppement de la Doctrine chr&#233;tienne : il monter la possibilit&#233; et la n&#233;cessit&#233; d'un tel d&#233;veloppement, mais dans une optique de continuit&#233; profonde, et non de rupture ou de remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera ci-apr&#232;s une analyse de sa pens&#233;e, extraite de mon livre &#171; La R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps &#187; (Art&#232;ge Lethielleux 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-et-foi-religion-et-politique-.html" rel="directory"&gt;Foi et th&#233;ologie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Developpement-doctrinal-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;veloppement doctrinal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Revelation-chretienne-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Cardinal-Newman-+.html" rel="tag"&gt;Cardinal Newman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/cardinal-63163_640.jpg?1787417295' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Saint John Henry, cardinal Newman est un des plus grands penseurs catholiques du XIXe si&#232;cle et m&#234;me de l'histoire. Le pape L&#233;on XIV le met maintenant au rang de Docteur de l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de ses contributions majeures est sa r&#233;flexion sur le d&#233;veloppement de la Doctrine chr&#233;tienne : il montre la possibilit&#233; et la n&#233;cessit&#233; d'un tel d&#233;veloppement, mais dans une optique de continuit&#233; profonde, et non de rupture ou de remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera ci-apr&#232;s une analyse de sa pens&#233;e, extraite de mon livre &#171; &lt;i&gt;La R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps&lt;/i&gt; &#187; (Art&#232;ge Lethielleux 2018) pr&#233;sent&#233; ici : &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-Revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-Re...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centralit&#233; de l'Eglise &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Distinguer la v&#233;rit&#233; de l'erreur &#224; partir du donn&#233; r&#233;v&#233;l&#233; ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que signifie une pr&#233;tention aussi extraordinaire de la part de l'Eglise catholique ? Le grand penseur qu'&#233;tait le cardinal Newman&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Henry Cardinal Newman An Essay on the Development of Christian Doctrine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est peut-&#234;tre celui qui a &#233;labor&#233; les vues les plus f&#233;condes sur ce sujet, d&#232;s le XIXe si&#232;cle : rappelons-les. Il pose d'abord le probl&#232;me du choix entre l'Eglise catholique et les autres voies chr&#233;tiennes, le point central &#233;tant de savoir si oui ou non la promesse de l'Esprit, la promesse d'infaillibilit&#233; pour prononcer le mot fatidique, a &#233;t&#233; faite &#224; l'Eglise catholique. Or dit-il si l'Esprit a r&#233;v&#233;l&#233; &#224; l'humanit&#233; les donn&#233;es de base lui permettant de trouver la voie de son salut, il a d&#251; en m&#234;me temps lui donner le moyen de comprendre, sans risque d'erreur, o&#249; &#233;tait cette v&#233;rit&#233; et comment elle pouvait se comprendre. L'Eglise pr&#233;tend pr&#233;cis&#233;ment avoir cette mission. Le point ensuite est de savoir si cette pr&#233;tention est justifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient d'abord dit-il de regarder si, dans la Tradition elle-m&#234;me, dans l'enseignement que les chr&#233;tiens ont tir&#233; de la R&#233;v&#233;lation, le r&#244;le de l'Eglise appara&#238;t assez t&#244;t. Newman rappelle &#224; ce sujet que les nombreux t&#233;moignages qui plaident en faveur de cette Eglise sont plus anciens que de nombreux &#233;l&#233;ments de foi qui sont pourtant indiscut&#233;s par les autres chr&#233;tiens : c'est le cas de l'imp&#233;ratif d'unit&#233;, du primat de Pierre, du d&#233;veloppement doctrinal des premiers si&#232;cles etc. En d'autres termes, celui qui remonte dans l'histoire de l'Eglise trouve que &lt;i&gt;les &#233;l&#233;ments qui accr&#233;ditent la th&#232;se catholique d'un r&#244;le central du magist&#232;re, apparaissent &lt;/i&gt; avant &lt;i&gt;de nombreux autres d&#233;veloppements doctrinaux que les autres chr&#233;tiens admettent pourtant&lt;/i&gt;. Il appara&#238;t donc dit-il que l'Eglise du Christ, d&#232;s qu'elle a commenc&#233; &#224; penser sur elle-m&#234;me, &#224; s'exprimer dans un langage r&#233;flexif, a mis en avant des &#233;l&#233;ments typiquement catholiques sur le magist&#232;re, bien avant qu'elle n'&#233;labore des positions de fond admises par tous les chr&#233;tiens aujourd'hui. En sens inverse, si on r&#233;cuse l'Eglise catholique, il faut remonter tr&#232;s t&#244;t dans cette n&#233;gation, pratiquement aux origines, et alors abandonner des &#233;l&#233;ments de d&#233;finition doctrinale aussi essentiels que la Trinit&#233;, l'Incarnation, la nature du Christ etc. &lt;i&gt;C'est en effet une Eglise qui est substantiellement l'Eglise catholique qui a d&#233;fini tous ces &#233;l&#233;ments essentiels du christianisme, m&#234;me protestant.&lt;/i&gt; D&#232;s lors, celui qui r&#233;cuse le catholicisme doit revenir &#224; un niveau extr&#234;mement primitif de formulation, en fait &#233;vanescent, car ant&#233;rieur aux premiers textes doctrinaux disponibles puisque ceux-ci sont d&#233;j&#224; catholiques. En revanche, qui admet cette r&#233;flexion collective et sa justesse doit reconna&#238;tre que d&#232;s les origines l'Eglise s'est comprise comme fond&#233;e en v&#233;rit&#233;, garantie par l'Esprit, et que c'est sur cette base qu'elle a proclam&#233; ces principes essentiels ; on ne peut fonder cela que sur un principe d'infaillibilit&#233; qui trouve alors sa pleine logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute l'argument plus th&#233;ologique esquiss&#233; ci-dessus. Il para&#238;t naturel de penser que le Cr&#233;ateur a voulu intervenir dans les affaires humaines (l'Eternit&#233; dans le temps), en pr&#233;voyant de transmettre une connaissance de Lui claire et distincte, afin de r&#233;sister &#224; la formidable &#233;nergie du scepticisme. Non seulement une r&#233;v&#233;lation est indispensable, mais elle ne suffit pas : il faut en outre &lt;i&gt;un guidage, car tout discours m&#234;me r&#233;v&#233;l&#233; restera toujours susceptible d'interpr&#233;tations multiples, surtout un discours &#233;labor&#233; au cours du temps et qui est r&#233;cit d'une histoire&lt;/i&gt;. Ce qui d&#233;bouche sur un pouvoir fiable (donc infaillible). Non en faisant mat&#233;riellement dispara&#238;tre la libert&#233; de pens&#233;e, mais &lt;i&gt;en offrant un guidage pour ceux qui ont compris le v&#233;ritable sens de la confiance dans l'autorit&#233; du magist&#232;re, et qui l'acceptent&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le d&#233;veloppement doctrinal&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on comprend ainsi le r&#244;le du magist&#232;re, on constate &#224; quel point il est li&#233; &#224; la question du d&#233;veloppement doctrinal. Car s'il s'agissait d'en rester au seul texte r&#233;v&#233;l&#233;, suppos&#233; transparent, point ne serait besoin d'un magist&#232;re : on l'a dit, l'Islam en offre un exemple, le Coran &#233;tant suppos&#233; atemporel et &#8216;&#233;vident'. Dans le christianisme, le principe de d&#233;veloppement est pr&#233;sent d&#232;s les origines, et il donne son unit&#233; &#224; toute l'histoire catholique. D&#233;veloppement veut dire que la communaut&#233; des croyants a re&#231;u avec la R&#233;v&#233;lation un d&#233;p&#244;t, qu'elle est tenue non seulement de transmettre mais de d&#233;velopper, pas pour y ajouter des &#233;l&#233;ments nouveaux, mais pour le comprendre et l'expliciter dans sa pl&#233;nitude. Et que pour cela l'assistance de l'Esprit lui est donn&#233;e, dans le cadre de l'Eglise instaur&#233;e par le Christ. &lt;i&gt;C'est &#224; nouveau un ph&#233;nom&#232;ne philosophiquement remarquable, en fait unique dans l'histoire humaine, que ce d&#233;veloppement avec approfondissement, &#233;tal&#233; avec coh&#233;rence sur plusieurs si&#232;cles ou mill&#233;naires, et en outre sur plusieurs civilisations. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En langage moderne, il comporte &#224; la fois un &#233;l&#233;ment de tradition et de transmission, qui est &#233;vident, mais aussi une forme de &#8216;progr&#232;s', si on peut d&#233;tourner ce mot de l'usage actuel. On devrait en effet ne parler v&#233;ritablement de progr&#232;s que lorsque l'&#233;l&#233;ment qui suit n'annihile pas l'&#233;l&#233;ment pr&#233;c&#233;dent, mais en rend compte et le d&#233;veloppe. Si au contraire chaque nouveaut&#233; vide de sens l'&#233;poque pr&#233;c&#233;dente, d'une part on ne voit pas sur quoi elle base ses propres pr&#233;tentions au respect ; et d'autre part il est s&#251;r d'avance qu'elle sera balay&#233;e &#224; son tour. Son seul m&#233;rite est alors d'&#234;tre ce qui domine &#224; une &#233;poque donn&#233;e ; mais ce n'est pas un argument convaincant ou contraignant pour les consciences : rien n'emp&#234;che alors chacun de penser &#224; sa guise. Et bien entendu c'est exclusif d'un propos de v&#233;rit&#233;. C'est comme on le reverra plus en d&#233;tails le d&#233;faut principal de ce qu'on peut appeler l'historicisme, cette forme de relativisme appliqu&#233;e aux &#8216;v&#233;rit&#233;s' historiques successives. D&#232;s lors, pour qu'il y ait v&#233;ritablement progr&#232;s, au sens d'une situation qui est &#224; chaque &#233;tape &#8216;sup&#233;rieure' au moins dans son explicitation &#224; celles qui la pr&#233;c&#233;dent, il faut qu'il y ait communication avec le pass&#233;, c'est-&#224;-dire prise en charge de ses r&#233;sultats par ce qui suit, avec un tri justifi&#233; objectivement entre ce qui m&#233;rite de poursuivre, et le reste. Il faut donc &#224; nouveau ce qu'on appelle une tradition, pour qu'il y ait prise en charge, et une autorit&#233;, pour qu'on puisse authentifier la s&#233;lection entre les d&#233;veloppements fid&#232;les et les autres. Et la plus naturelle est celle qui non seulement a fonctionn&#233; pendant quinze ou vingt si&#232;cles ; et qui en outre nous a transmis la r&#233;f&#233;rence de base elle-m&#234;me, les Ecritures - car c'est historiquement l'autorit&#233; de l'Eglise qui nous a donn&#233; les Ecritures. Dit autrement, &#224; nouveau, &lt;i&gt;le m&#234;me mouvement qui conduit &#224; reconna&#238;tre une autorit&#233; dans les Ecritures elles-m&#234;mes, conduit &#224; en chercher une pour leur interpr&#233;tation, et &#224; reconna&#238;tre pour cela l'entit&#233; qui nous a enseign&#233; et transmis les Ecritures et les interpr&#232;te depuis les origines.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Autorit&#233; et discipline&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, nous dit Newman, il est normal et n&#233;cessaire que l'Eglise demande aux fid&#232;les une adh&#233;sion &#224; son magist&#232;re. Cela n'implique pas de servitude pour notre esprit, car ce qui lui est propos&#233; est l'adh&#233;sion libre &#224; l'Esprit, coh&#233;rente avec la foi. Cela ne se traduit en pratique pas non plus par une st&#233;rilisation ; ce qu'on constate au contraire est une remarquable productivit&#233; intellectuelle, qui est caract&#233;ristique dit-il des p&#233;riodes de force de l'autorit&#233; eccl&#233;siastique. Il est &#224; noter aussi que l'autorit&#233; est en d&#233;finitive limit&#233;e &#224; un assez petit nombre de d&#233;finitions fondamentales, et toujours li&#233;e par l'Ecriture et la Tradition. En fait, les jugements priv&#233;s et la prolif&#233;ration des opinions diverses sont une caract&#233;ristique constante de la vie de l'Eglise, normale et en soi bonne ; il y a comme un jeu altern&#233; entre ces opinions et l'autorit&#233;. &lt;i&gt;L'infaillibilit&#233; correspond donc &#224; un besoin pr&#233;cis, et &#224; ce besoin seulement : limiter l'extravagance de la pens&#233;e, pas supprimer sa libert&#233;&lt;/i&gt;, et pour cela en rester &#224; un axe qui n'est que le prolongement de l'autorit&#233; d&#233;j&#224; reconnue par d&#233;finition, si on est chr&#233;tien, celle de la R&#233;v&#233;lation. Quel est le poids qu'exerce par exemple sur l'esprit ou la conscience l'obligation actuelle de croire &#224; l'Immacul&#233;e conception ? On sait que saint Bernard ou saint Thomas n'&#233;taient pas convaincus de cette id&#233;e, alors non d&#233;finie comme dogme. Mais dit Newman s'ils vivaient aujourd'hui, ils l'accepteraient ; car cette acceptation est le fruit de la lente construction de l'Eglise, et de si&#232;cles de d&#233;bats. En l'esp&#232;ce, huit si&#232;cles pour une d&#233;finition nouvelle. Mais qui d&#233;sormais appara&#238;t pleinement naturelle, du moins aux esprits ouverts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut en revanche para&#238;tre plus difficile &#224; comprendre, du moins &#224; notre &#233;poque, que l'autorit&#233; eccl&#233;siale puisse intervenir dans la discipline ordinaire de l'Eglise, en particulier en mati&#232;re de livres, de morale personnelle etc. En effet l'Eglise elle-m&#234;me reconna&#238;t ne pas &#234;tre infaillible en la mati&#232;re : de quel droit alors imposer ses vues ? Mais comme dit Newman, on peut en dire autant des communaut&#233;s protestantes, qui ne se privent pas d'exercer un contr&#244;le mutuel. A notre &#233;poque, on pourrait ajouter, a fortiori, que l'opinion publique, ou les m&#233;dias, exercent une surveillance comparable, de fa&#231;on parfois sourcilleuse (le politiquement correct). Mais au-del&#224; de ces consid&#233;rations, l'important est de voir le r&#244;le de cette autorit&#233;, qui est de guidage collectif. Il s'agit en d&#233;finitive du devoir du pasteur d'orienter les choses au mieux, et notamment de prot&#233;ger ce qui dans la vie collective peut &#234;tre menac&#233; par des initiatives anarchiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce peut &#234;tre notamment pour des raisons de maturation : il existe des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour l'individu, il s'agit de tenir compte de la remarque qui lui est faite par son pasteur, qu'il ne peut pas ignorer. Personne ne lui demande une discipline int&#233;rieure hypocrite ; mais il doit tenir compte de la l&#233;gitime r&#233;gulation collective, m&#234;me s'il n'est pas d'accord avec une d&#233;cision particuli&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Newman ajoute que les s&#233;v&#233;rit&#233;s pass&#233;es &#233;taient en g&#233;n&#233;ral justifi&#233;es, avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La question des non-catholiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment alors traiter le cas de ceux qui se trouvent dans un contexte tel que l'acc&#232;s &#224; cette tradition, et plus encore l'acceptation de cette autorit&#233;, ne vont pas pour eux de soi, ce qui est le cas notamment des non-chr&#233;tiens ou des non-catholiques, notamment s'ils sont n&#233;s tels ? Car les m&#234;mes motifs de fid&#233;lit&#233; &#224; sa tradition peuvent les pousser &#224; rester non-chr&#233;tiens ou non-catholiques. Selon Newman, on arrive &#224; la v&#233;rit&#233; par une accumulation de probabilit&#233;s. Mais pour passer de ces probabilit&#233;s &#224; la foi, la force motrice est J&#233;sus-Christ ; elle n'op&#232;re que si notre volont&#233; coop&#232;re avec Lui. En d'autres termes, les arguments intellectuels ne suffisent pas pour deux raisons : d'une part parce qu'ils ne s'imposent pas avec l'&#233;vidence implacable d'une d&#233;monstration math&#233;matique ; et d'autre part parce que m&#234;me si une d&#233;monstration tr&#232;s solide &#233;tait apport&#233;e, et que bien s&#251;r la gr&#226;ce &#233;tait pr&#233;sente, il serait toujours possible de la refuser, du fait du libre-arbitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de son exp&#233;rience personnelle (il vient de l'anglicanisme), Newman nous dit que quelqu'un qui part d'une conception erron&#233;e, mais reposant sur une tradition respectable, doit la poursuivre avec une fid&#233;lit&#233; ob&#233;issante. La voie juste consiste donc d'abord &#224; embrasser la religion qui est devant nous - m&#234;me s'il se trouve qu'elle est par ailleurs objectivement fausse. En effet, les semences de v&#233;rit&#233; qu'elle contient ont un pouvoir d'autocorrection et de germination, de sorte que si Dieu le veut, on sera conduit &#224; approfondir sa foi et de ce fait, par ob&#233;issance encore, &#224; l'abandonner si elle est erron&#233;e. On est ici tr&#232;s loin des conceptions modernes (d'ailleurs incoh&#233;rentes) qui admettent l'&#233;quivalence des voies : il y a une voie juste, qui est dans cette optique la foi catholique ; mais en m&#234;me temps des situations culturelles, sociales ou historiques diverses conduisent de nombreux hommes &#224; ne pas la conna&#238;tre. Qu'ils embrassent alors avec loyaut&#233; et fid&#233;lit&#233; leur religion, et l'approfondissent avec honn&#234;tet&#233; ; et ils pourront d&#233;couvrir la voie v&#233;ritable, si cela correspond &#224; ce que la Providence souhaite et au vu de leur situation. A condition, ajouterai-je, de rester attentifs &#224; la voix qui leur parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La th&#232;se oppos&#233;e : le &#171; lib&#233;ralisme &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception oppos&#233;e &#224; celle-ci est ce que Newman appelle &#8216;lib&#233;ralisme', qu'on peut r&#233;sumer comme suit : fonder les doctrines religieuses sur la raison, la compr&#233;hension qu'on en a, ou l'opinion ; ne pas accepter d'autorit&#233; ext&#233;rieure ; mettre la science au-dessus de la R&#233;v&#233;lation ; soumettre le christianisme &#224; l'Histoire (c'est-&#224;-dire le relativiser historiquement) ; donner un caract&#232;re absolu aux jugements priv&#233;s ou &#224; la conscience - m&#234;me immoraux ; consid&#233;rer que le pouvoir la&#239;c n'a pas le devoir de maintenir la v&#233;rit&#233; religieuse ou inversement qu'il peut r&#233;guler les mati&#232;res religieuses ; dire que le peuple est la seule source l&#233;gitime du pouvoir ; estimer que la connaissance est en soi source de vertu. Cette simple &#233;num&#233;ration montre l'importance de la r&#233;volution copernicienne qu'a op&#233;r&#233;e le XIXe si&#232;cle ; elle reste, comme on le voit, de nos jours plus que jamais d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Newman consid&#232;re que ce &#8216;lib&#233;ralisme' est une fausse libert&#233; de pens&#233;e, notamment lorsqu'elle s'applique &#224; des domaines que l'esprit humain est incapable de ma&#238;triser et m&#234;me de saisir. Ce point est &#224; mon sens essentiel : il nous rappelle que, au vu des &#233;l&#233;ments pr&#233;c&#233;dents, dans un cadre de foi, &lt;i&gt;l'utilisation d'une d&#233;marche de jugement purement individuel appliqu&#233;e &#224; la R&#233;v&#233;lation est irrationnelle&lt;/i&gt;. Ce qui fonde le primat de la pens&#233;e individuelle &#8216;lib&#233;rale' est en r&#233;alit&#233; une sorte de nouvelle foi, non plus en Dieu, mais &#171; en l'homme &#187; ainsi con&#231;u. Mais, et le point est essentiel, &lt;i&gt;qui &#233;rige la pens&#233;e individuelle en juge absolu se ferme alors&lt;/i&gt; ipso facto &lt;i&gt;&#224; la R&#233;v&#233;lation&lt;/i&gt;. La capacit&#233; de pens&#233;e individuelle est incommensurable &#224; Dieu. Elle doit donc, dit-il, &#234;tre remplac&#233;e par la question : o&#249;, quand et comment Dieu s'est-il r&#233;v&#233;l&#233; ? L'exp&#233;rience montre en outre la st&#233;rilit&#233; anarchique de l'exploration individuelle en la mati&#232;re, faute de crit&#232;re objectif. Plus profond&#233;ment, dit-il, ce sont tous les principes premiers qui &#233;chappent &#224; la capacit&#233; cr&#233;atrice individuelle. Tout individu qui pense ou ressent quoi que ce soit consciemment le fait &#224; partir de donn&#233;es et de r&#233;f&#233;rences qui &#224; 99% sont issues de la soci&#233;t&#233; qui l'entoure et donc de ce qu'on peut appeler au sens large la tradition. Affirmer le primat cr&#233;ateur exclusif de la conscience individuelle est donc inepte en g&#233;n&#233;ral, et totalement dans un domaine comme la foi, qui d&#233;passe infiniment par nature ces capacit&#233;s individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une cons&#233;quence particuli&#232;re, inattendue pour l'esprit moderne, qui est ce que Newman traite sous le terme d'&#171; &#233;conomie &#187;, et qui consiste &#224; ne pas expliquer, par principe, une doctrine sacr&#233;e &#224; quelqu'un qui n'est pas pr&#233;par&#233; pour cela. Ce qu'il rapproche du pr&#233;cepte &#233;vang&#233;lique : ne pas jeter de perles aux pourceaux. Dans la Bible, la Providence n'a r&#233;v&#233;l&#233; que progressivement les v&#233;rit&#233;s qu'elle enseignait. Par exemple Dieu a longtemps accept&#233; que soit faite de Lui une pr&#233;sentation en partie anthropomorphique, car les esprits n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; comprendre ce que pouvait &#234;tre un Esprit infini, incommensurable &#224; l'homme. En d'autres termes, &lt;i&gt;si la foi rel&#232;ve d'un domaine qui transcende la capacit&#233; spontan&#233;e de la raison individuelle, on ne doit tenter de la transmettre qu'&#224; celui qui est pr&#234;t pour cela&lt;/i&gt; - non pas &#224; quelqu'un qui aurait la formation intellectuelle appropri&#233;e, mais &#224; qui est m&#251;r. Nous retrouvons le r&#244;le essentiel du temps, cette fois du temps du d&#233;veloppement personnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici mon Temps Histoire Eternit&#233;, Parole et Silence 2005. ; pr&#233;sent&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car au fond, la foi est affaire de relations entre personnes, qui se d&#233;roulent toujours dans le temps. Ce qui nous &#233;claire aussi &lt;i&gt;un paradoxe apparent d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; : le domaine de la Foi, qui nous rapporte &#224; une Eternit&#233; plus radicalement hors du temps que toutes les v&#233;rit&#233;s scientifiques ou philosophiques, voit son apprentissage et sa compr&#233;hension, individuelle comme collective, s'inscrire bien plus que celles-ci dans un d&#233;roulement temporel. Car cet apprentissage de l'Eternit&#233; est transformation, et nous ne devenons autres (et nous-m&#234;mes) qu'au fil du temps.&lt;/i&gt; C'est bien par le temps que nous nous ouvrons &#224; l'Eternit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;veloppement de la doctrine chr&#233;tienne selon Newman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le d&#233;veloppement d'une id&#233;e en g&#233;n&#233;ral, selon Newman&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#171; la question du d&#233;veloppement dans le temps de l'explicitation de la R&#233;v&#233;lation, notamment dans le travail de formulation et d'authentification du magist&#232;re. Newman est &#224; nouveau celui qui a propos&#233; sur ce point la conception la plus &#233;labor&#233;e. Il fournit un heureux antidote aux th&#232;ses que nous venons d'&#233;voquer. Comme comprend-il la possibilit&#233; d'un d&#233;veloppement fid&#232;le, dans le temps, d'une v&#233;rit&#233; en soi immuable, qui appartient au d&#233;p&#244;t de la foi et &#233;tait donc pr&#233;sente dans la R&#233;v&#233;lation d&#232;s le d&#233;but ? Son id&#233;e de base est la distinction fondamentale &#224; faire entre raison explicite et raison implicite : &lt;i&gt;on peut avoir une id&#233;e claire d'une doctrine, la &#8216;poss&#233;der', sans pour autant &#234;tre &#224; m&#234;me d'en exprimer toute la logique et toutes les cons&#233;quences.&lt;/i&gt; Dans la vie courante elle-m&#234;me, on peut avoir une vision sans pouvoir l'expliciter, voire m&#234;me sans en &#234;tre conscient. En mati&#232;re religieuse, cette constatation implique que l'absence de formulation dogmatique pendant une p&#233;riode ne l'emp&#234;che pas d'&#234;tre pr&#233;sente de fa&#231;on latente, plus ou moins ressentie mais non exprimable, dans les p&#233;riodes ant&#233;rieures. &lt;i&gt;Une v&#233;rit&#233; peut rester inexprim&#233;e pendant des si&#232;cles, alors m&#234;me qu'elle a &#233;t&#233; &#8216;la vie secr&#232;te de millions d'&#226;mes fid&#232;les'. &lt;/i&gt; Le point central est la coexistence de ces deux termes : d'un c&#244;t&#233;, l'id&#233;e n'a pas &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e explicitement, voire pas m&#234;me consciemment ; mais de l'autre, elle a pu et peut effectivement habiter et mouvoir des &#234;tres, dans sa v&#233;rit&#233;. Cela veut dire aussi que le d&#233;veloppement ult&#233;rieur ne peut &#234;tre une addition au sens propre : &#171; &lt;i&gt;l'Eglise n'en sait pas plus que ne le savaient les Ap&#244;tres&lt;/i&gt; &#187; (Essay op. cit. p. xxiii), &lt;i&gt;qui avaient la pl&#233;nitude de la r&#233;v&#233;lation&lt;/i&gt;. Ils pouvaient donc avoir les id&#233;es sans en &#234;tre explicitement conscients. &#171; &lt;i&gt;They would without words know all the truths concerning the high doctrines of theology, which controversialists after them have [&#8230;] reduced to formulae, and developed through arguments&lt;/i&gt;. &#187; Jusqu'&#224; leur d&#233;veloppement explicite, de telles id&#233;es sont tenues par l'Eglise implicitement, donc sans les soumettre &#224; ses pouvoirs de r&#233;flexion et de raisonnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8220;implicitly and without subjecting them to its reflecting and reasoning (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais un ap&#244;tre qui aurait &#233;t&#233; plac&#233; devant une interrogation formelle comme le fera ult&#233;rieurement l'Eglise, aurait r&#233;pondu la m&#234;me chose qu'elle, parce que sa doctrine implicite est la m&#234;me que la sienne, et aussi compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, il faut aller au-del&#224; de la mat&#233;rialit&#233; du langage : dans le d&#233;veloppement de la foi, il n'y a pas eu adjonction r&#233;guli&#232;re d'id&#233;es ou de th&#232;mes nouveaux, non attest&#233;s par la foi initiale, mais au contraire d&#232;s le d&#233;but une intuition g&#233;n&#233;rale, renfermant tous les aspects peu &#224; peu explicit&#233;s P&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Grelot La foi en J&#233;sus-Christ &#224; l'aube du christianisme. Revue thomiste T. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du christianisme, cette analyse prend un sens et une dimension particuli&#232;re, puisque la Providence est l&#224; pour garantir cette fid&#233;lit&#233;. Mais le point de d&#233;part est pr&#233;sent&#233; par Newman comme g&#233;n&#233;ral et potentiellement valable pour toutes les id&#233;es ou doctrines (il nous cite ainsi le droit divin des rois, les droits de l'homme, le libre-&#233;change, l'utilitarisme, l'&#233;picurisme etc.&#8230;). Au d&#233;but nous dit-il (p. 37), ceux qui s'en sont convaincus ne les connaissent pas de fa&#231;on claire et explicite, d'o&#249; une agitation g&#233;n&#233;rale, et des conflits entre interpr&#233;tations possibles. Puis petit &#224; petit les diff&#233;rents aspects en sont mis en lumi&#232;re, et un enseignement bien d&#233;fini &#233;merge, combinant les aspects vari&#233;s que chacun avait vu s&#233;par&#233;ment, de sorte qu'elle est, de fa&#231;on alors visible, &#171; pour chaque esprit s&#233;par&#233;ment ce qu'au d&#233;but elle n'&#233;tait qu'&#224; eux tous pris ensemble &#187;. Elle sera &#233;galement confront&#233;e et aux autres doctrines, plus ou moins rivales, et aux circonstances concr&#232;tes, g&#233;ographiques, sociales etc., dans un vaste travail individuel et collectif. Elle pourra alors devenir, selon le cas, base ou r&#233;f&#233;rence de tel ou tel aspect de la vie collective, sans cesser d'&#234;tre la m&#234;me id&#233;e de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel d&#233;veloppement est dit-il n&#233;cessaire, et m&#234;me vital. Comme il le note, on dit parfois que le ruisseau est plus clair pr&#232;s de sa source ; mais ce n'est pas vrai d'une id&#233;e (p. 40), car elle d&#233;marre au contraire trouble et m&#233;lang&#233;e, et doit s'&#233;purer de ce qui lui est &#233;tranger ou temporaire. Au d&#233;part, on ne sait pas ce qu'elle va donner ; et elle peut rester pendant longtemps inactive. Elle est expos&#233;e &#224; des d&#233;fis, dangers et mutations. &#171; Elle change pour rester la m&#234;me &#187; (&lt;i&gt;it changes with them in order to remain the same&lt;/i&gt;) ; et c'est in&#233;vitable : &#171; ici-bas vivre c'est changer, et &#234;tre parfait c'est avoir chang&#233; souvent &#187; (&lt;i&gt;here below to live is to change, and to be perfect is to have changed often&lt;/i&gt;). Notons ce point important : d'un c&#244;t&#233; ce changement formel est n&#233;cessaire et b&#233;n&#233;fique ; mais d'une autre c&#244;t&#233; l'id&#233;e reste au fond la m&#234;me. Remarquons incidemment ici que nous retrouvons en un sens la dualit&#233; entre le temps et l'&#233;ternit&#233;. Comprenons en outre que ce d&#233;veloppement n'a rien &#224; voir avec la d&#233;duction d'un th&#233;or&#232;me &#224; partir d'un autre : ce n'est pas une pure d&#233;duction logique, accessible d&#232;s le d&#233;part &#224; tout esprit rationnel et comp&#233;tent. C'est un d&#233;veloppement qui n'est possible que dans le cours de l'histoire, par confrontation avec d'autres doctrines et avec des r&#233;alit&#233;s sociales, politiques et culturelles diverses ; et c'est un travail collectif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On retrouve ici certaines des intuitions fortes du pape Fran&#231;ois (laisser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sa fid&#233;lit&#233; essentielle &#224; l'id&#233;e de d&#233;part n'est en rien incompatible avec des d&#233;veloppements futurs. En d'autres termes c'est un &lt;i&gt;m&#251;rissement&lt;/i&gt;. En outre (pp. 56 sqq.), &#171; plus une id&#233;e doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e vivante, plus vari&#233;s seront ses aspects &#187;, et &#171; plus sa nature sera sociale et politique, plus les questions qu'elle soul&#232;ve seront compliqu&#233;es et subtiles, et plus son cours sera long et riche en &#233;v&#233;nements &#187;. &lt;i&gt;C'est donc sur ce domaine social et politique que l'attention doit se porter plus particuli&#232;rement. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le d&#233;veloppement du christianisme &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait objecter que dans le cas du christianisme la base de la doctrine est donn&#233;e dans les Ecritures. Mais ces id&#233;es que la lettre du texte transmet, qui vont de l'&#233;crivain sacr&#233; &#224; son lecteur, la question est nous dit-il de savoir si &#171; elles atteignent le lecteur aussit&#244;t, compl&#232;tes et pr&#233;cises d&#232;s la premi&#232;re perception, ou si elles s'ouvrent dans son intellect et croissent jusqu'&#224; leur perfection avec le cours du temps &#187;. Or en pratique dit-il il est &#171; extravagant &#187; de penser que le Nouveau testament &#171; comprend les lin&#233;aments de toutes les formes possibles qu'un message divin assumera une fois soumis &#224; une multitude d'esprits &#187;. Ceci est particuli&#232;rement vrai de la part d'une religion enseign&#233;e par un Dieu incarn&#233;. Rien n'implique donc qu'il doive &#233;chapper sur ce point au sort commun aux autres r&#233;alit&#233;s humaines A cela s'ajoute le fait qu'il s'agit d'une religion &#224; vocation universelle, adapt&#233;e &#224; toutes les &#233;poques et les lieux ; il ne peut donc que &#171; varier en relation [&#8230;] avec le monde environnant, et donc se d&#233;velopper &#187;. Nous retrouvons ici la limite issue du fait m&#234;me que les textes r&#233;v&#233;l&#233;s ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s &#224; des &#233;poques pr&#233;cises, dans des langages donn&#233;s, et qu'ils sont donc en soi incapables de tout dire dans le d&#233;tail pour toujours. Ce d&#233;veloppement est en outre pr&#233;vu par les Ecritures (p. 73), comme en t&#233;moignent les paraboles sur le Royaume des Cieux et sa croissance (comparaison avec la graine de moutarde). On remarque ici, nous dit-il, le double caract&#232;re spontan&#233; et progressif de ce d&#233;veloppement. Comme tout d&#233;veloppement v&#233;ritable, ce n'est pas le fruit d'une volont&#233;, d'un enthousiasme ou d'un raisonnement ; cela r&#233;sulte de son &#171; pouvoir inn&#233; d'expansion dans l'esprit &#187;, li&#233; avec l'effort de r&#233;flexion et avec le d&#233;veloppement moral de l'esprit consid&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une sp&#233;cificit&#233; de la R&#233;v&#233;lation, par rapport &#224; la religion naturelle, est en outre comme on sait l'introduction d'un facteur d'autorit&#233; (pp. 86 sqq.). La R&#233;v&#233;lation &#171; consiste dans la manifestation de l'invisible Puissance divine, ou dans la substitution de la voix d'un L&#233;gislateur &#224; la voix de la conscience &#187;. La conscience en revanche caract&#233;rise la religion naturelle. Or dit-il il faut ob&#233;ir &#224; l'une et &#224; l'autre, &#224; la conscience tout comme &#224; l'autorit&#233; de l'Eglise, m&#234;me si elles peuvent se tromper (sauf dans certains cas pour la seconde). A nouveau, la lecture de la Bible &#224; elle seule ne suffit pas ; nous avons besoin d'un guide. C'est la fameuse r&#233;plique de l'Ethiopien &#224; l'ap&#244;tre Philippe : comment puis-je comprendre les Ecritures, si je n'ai pas de guide ? D'o&#249; le r&#244;le de l'Eglise, d'autant plus convaincant qu'elle est la seule &#224; avoir cette pr&#233;tention &#224; l'infaillibilit&#233; : &#224; nouveau, s'il y a R&#233;v&#233;lation, il doit y avoir une autorit&#233; pour nous guider, et c'est la seule disponible. Il nous montre par ailleurs (notamment p. 95) avec force que le corps de doctrine d&#233;velopp&#233; par l'Eglise catholique est le seul coh&#233;rent et indiscut&#233; dans sa sph&#232;re, et qu'il n'a pas de rival comparable. En bref, le fait de base est l'existence m&#234;me de ces d&#233;veloppements et leur unicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoute que, dans une r&#233;alit&#233; comme celle du christianisme, d'abord &#171; il ne peut pas ne pas y avoir de d&#233;veloppements ; et ils sont n&#233;cessairement divins puisque le christianisme est divin &#187; ; ensuite &#171; ce sont ceux qui existent, puisqu'il n'y en a pas d'autres &#187; ; et enfin &#171; on les trouve justement l&#224; o&#249; des d&#233;veloppements vrais devaient &#234;tre trouv&#233;s, c'est-&#224;-dire dans les si&#232;ges historiques de l'enseignement apostolique et dans les maisons pleines d'autorit&#233; de tradition imm&#233;moriale &#187;. En outre (p. 155) de tels d&#233;veloppements sont in&#233;vitables, avec le temps et le besoin (&lt;i&gt;doctrine cannot but develop as time proceeds and need arises&lt;/i&gt;) et ils &#171; font partie du syst&#232;me divin, et [&#8230;] donc il est l&#233;gal, ou plut&#244;t n&#233;cessaire, d'interpr&#233;ter les mots et les actions de l'Eglise des d&#233;buts au moyen de l'enseignement plus d&#233;termin&#233; de l'Eglise ult&#233;rieure &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;That its developments are parts of the Divine system, and that therefore it (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Ce point est significatif : &lt;i&gt;il l&#233;gitime l'usage des outils d&#233;velopp&#233;s ult&#233;rieurement pour comprendre les premi&#232;res &#233;tapes, loin de toute survalorisation f&#233;tichiste des seules pratiques de la primitive Eglise&lt;/i&gt;. Un bon exemple de tels d&#233;veloppements est selon lui celui de l'institution du pape et des &#233;v&#234;ques. L'&#233;mergence des &#233;v&#234;ques s'est faite nous dit-il &#224; la suite de troubles locaux ; puis celle de la papaut&#233;, &#224; la suite de troubles au niveau &#339;cum&#233;nique. Mais cela ne vaut pas dire qu'elles n'&#233;taient pas latentes - y compris dans la doctrine. Simplement cela n'a &#233;merg&#233; explicitement qu'avec le besoin. Les phrases de l'Evangile fondant la papaut&#233; n'ont pris leur sens plein que lorsque le besoin d'affirmation de celle-ci est devenu manifeste (et que les pers&#233;cutions sont pass&#233;es) ; et alors ce r&#244;le a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement accept&#233;, ce qui montre qu'il &#233;tait latent d&#232;s la p&#233;riode ant&#233;rieure (p. 151). L'autorit&#233; notamment doctrinale de Pierre et de ses successeurs, appuy&#233;e par les textes &#233;vang&#233;liques, pouvait op&#233;rer bien avant qu'on la traduise dans des dogmes ; de fait celui de l'infaillibilit&#233; a attendu le XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Crit&#232;res d'un d&#233;veloppement fid&#232;le : les notes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement un tel d&#233;veloppement doit, pour que ce terme soit justifi&#233;, &#234;tre fid&#232;le &#224; l'id&#233;e de d&#233;part. En effet il est non seulement concevable, mais r&#233;guli&#232;rement observ&#233;, que l'&#233;volution d'une id&#233;e ou d'une doctrine aboutisse &#224; sa corruption (pp. 170 sqq.), comprise comme la destruction d'un organisme qui ne fonctionne plus conform&#233;ment &#224; son &#234;tre. Dans le cas du message r&#233;v&#233;l&#233; une telle hypoth&#232;se serait d&#233;vastatrice. Encore faut-il pouvoir v&#233;rifier si c'est le cas. Pour cela Newman propose des crit&#232;res, qu'il appelle &#171; notes &#187;, qui sont surtout des crit&#232;res de coh&#233;rence. Passons-les en revue. On commencera par trois notes de coh&#233;rence et de permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re note est &lt;i&gt;la pr&#233;servation du &#8216;type', ce qu'on peut appeler la permanence dans l'&#234;tre&lt;/i&gt; de ce que l'on consid&#232;re, comme c'est le cas pour un animal dans son processus de croissance, qui reste fid&#232;le au type. Cela peut comporter des modifications substantielles, comme entre l'&#339;uf et l'oiseau. Pour cela, ce qui compte n'est pas la forme ext&#233;rieure : elle s'est maintenue entre la r&#233;publique romaine et le pouvoir imp&#233;rial d'Auguste, alors que la r&#233;alit&#233; &#233;tait radicalement modifi&#233;e ; tandis que, inversement, l'abandon trois si&#232;cles plus tard de ces formes par Diocl&#233;tien n'a pas chang&#233; la substance du pouvoir imp&#233;rial. Le maintien des formes ext&#233;rieures est m&#234;me souvent un mauvais signe, un signe de trahison par insuffisante adaptation, comme le montre l'histoire des Juifs dans l'Ancien testament. L'Evangile a accompli la Loi, alors m&#234;me qu'il pr&#233;sentait apparemment de notables diff&#233;rences par rapport &#224; elle (p. 177).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me note est &lt;i&gt;le respect des principes constitutifs&lt;/i&gt;. Les principes sont ce qu'il y a de permanent dans le d&#233;veloppement, ce qui ne se modifie pas, et qui est abstrait et g&#233;n&#233;ral. Ils se distinguent donc fondamentalement des doctrines, qui peuvent varier au cours de l'&#233;volution. Par l&#224; m&#234;me, ils peuvent n'appara&#238;tre que plus tard qu'elles dans l'&#233;volution, &#224; proportion m&#234;me de leur r&#244;le plus fondamental. En cas d'h&#233;r&#233;sie, ils sont un meilleur test que la doctrine, car si celle-ci change, les principes restent ; la doctrine peut passer d'un extr&#234;me &#224; l'autre, sans que l'orientation de base change ; par exemple, dans le cas du protestantisme, le principe de libre examen est un facteur commun permanent, au-del&#224; des fluctuations des' &#8216;sectes' dans tous les sens possibles. De sorte dit-il que le protestantisme (dont il vient lui-m&#234;me), d&#232;s qu'il affirme quelque chose, soit proclame des principes catholiques sans pouvoir les fonder, soit erre sur la base de son principe (de libre examen), mais sans pouvoir construire (p. 182).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me note est &lt;i&gt;la coh&#233;rence logique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Essay op. cit. pp. 189 sqq. Je garde les noms des notes de Newman, mais dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela ne signifie pas que le d&#233;veloppement se fasse par raisonnement logique &#224; partir de points de d&#233;part, comme on l'a vu. Mais cela implique que les &#233;tapes ult&#233;rieures restent logiquement coh&#233;rentes avec les standards des &#233;tapes ant&#233;rieures. La logique est un facteur de v&#233;rification de coh&#233;rence ex post, suivant le d&#233;veloppement naturel de la doctrine ; ce peut &#234;tre &#224; l'occasion aussi un facteur de d&#233;couverte et d'exploration. Ceci n'a cependant rien &#224; voir avec le rationalisme, qui voit dans la logique le seul facteur de d&#233;veloppement possible, voire le seul fondement, au d&#233;triment de la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces trois notes, on trouve un ensemble de crit&#232;res qui sont de coh&#233;rence dans la temporalit&#233;. La troisi&#232;me note est ainsi le pouvoir d'assimilation. L'id&#233;e est que ce qui est vivant cro&#238;t, et qu'il le fait en s'emparant et en assimilant des &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs (pp. 185 sqq.). Une conception vivante est capable de prendre des &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs &#224; elle et de se les assimiler. Une doctrine s&#251;re de soi et vivante a plus de libert&#233; pour assimiler, au-del&#224; des formes, qu'une doctrine fragile, qui s'en remet aux formes &#233;prouv&#233;es. Ceci se voit dit-il dans la libert&#233; d'allure de l'Eglise romaine. La cinqui&#232;me note est l'anticipation du futur. Cela veut dire que si une th&#232;se se d&#233;veloppe organiquement, on doit trouver dans ses d&#233;buts une anticipation de ce qui se d&#233;veloppera par la suite, m&#234;me si c'est de fa&#231;on primitive et partielle (pp. 195 sqq.). La sixi&#232;me note est une action conservatrice &#224; l'&#233;gard du pass&#233;, c'est-&#224;-dire le respect des acquis des &#233;tapes ant&#233;rieures du d&#233;veloppement (pp. 199 sqq.), tel que, en r&#233;action contre certaines caract&#233;ristiques d'une &#233;tape ant&#233;rieure, on ne va pas au-del&#224; du raisonnable, en remettant en cause ce qui en fait la valeur profonde. &#171; A true development then may be described as one which is conservative of the course of antecedent developments being really those developments and something besides them : it is an addition which illustrates, not obscures, corroborates, not corrects, the body of thought from which it proceeds ; and this is it characteristic as contrasted with a corruption&#8221;. On retrouve cette caract&#233;ristique de la doctrine orthodoxe, qui int&#232;gre toutes les r&#233;alit&#233;s et v&#233;rit&#233;s partielles des doctrines qu'elle rencontre. La septi&#232;me note est enfin la permanence de la vigueur ou vitalit&#233; (pp. 185 sqq.). La dur&#233;e est le signe d'un d&#233;veloppement fid&#232;le, maintenu sur dur&#233;e longue. Les h&#233;r&#233;sies sont normalement de dur&#233;e courte, et les aberrations ne durent pas. La t&#233;nacit&#233; est un signe de permanence de l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, la force d'une id&#233;e va au-del&#224; de son expression, tout en &#233;tant lisible &#224; travers celle-ci : c'est ce qui est capable, &#224; del&#224; des fluctuations de l'expression ou de points d'application nouveaux, de demeurer dans sa figure, fid&#232;le &#224; ses principes, coh&#233;rent logiquement, ne r&#233;cusant pas ses expressions ant&#233;rieures, annon&#231;ant ses d&#233;veloppement futurs, capable d'int&#233;grer des &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs et de d&#233;fendre ses principes de base et de durer. Ce qui traduit bien entendu la permanence dans le temps de sa fid&#233;lit&#233; &#224; son principe, qui est en l'esp&#232;ce &#233;ternel. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Henry Cardinal Newman &lt;i&gt;An Essay on the Development of Christian Doctrine&lt;/i&gt; University of Notre Dame Press, Notre Dame IN, USA ; 1989 (edition of 1888).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce peut &#234;tre notamment pour des raisons de maturation : il existe des explorations mentales en soi justifi&#233;es, mais qui peuvent &#234;tre pr&#233;matur&#233;es dans un contexte donn&#233;, c'est-&#224;-dire dont l'&#233;lucidation doit &#234;tre renvoy&#233;e aux g&#233;n&#233;rations futures. Le bien collectif peut alors justifier une certaine prudence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Newman ajoute que les s&#233;v&#233;rit&#233;s pass&#233;es &#233;taient en g&#233;n&#233;ral justifi&#233;es, avec le recul dont nous disposons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir ici mon &lt;i&gt;Temps Histoire Eternit&#233;&lt;/i&gt;, Parole et Silence 2005. ; pr&#233;sent&#233; dans &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Temps-Histoire-Eternite.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Temps...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#8220;&lt;i&gt;implicitly and without subjecting them to its reflecting and reasoning powers&lt;/i&gt;&#8221;. pp. 191-192.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Grelot La foi en J&#233;sus-Christ &#224; l'aube du christianisme. Revue thomiste T. XCIX N&#176; 3 juillet-septembre 1999 pp. 539 sqq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On retrouve ici certaines des intuitions fortes du pape Fran&#231;ois (laisser m&#251;rir les choses avec le temps, ne pas aiguiser les conflits, prendre du recul par rapport aux id&#233;es insuffisamment &#233;labor&#233;es, viser une conception d'ensemble sans exclure une dimension etc.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;That its developments are parts of the Divine system, and that therefore it is lawful, or rather necessary, to interpret the words and deeds of the earlier Church by the determinate teaching of the later.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Essay&lt;/i&gt; op. cit. pp. 189 sqq. Je garde les noms des notes de Newman, mais dans un ordre diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-Revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps.html</link>
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		<dc:date>2018-01-15T14:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Magist&#232;re catholique</dc:subject>
		<dc:subject>Autorit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;veloppement doctrinal</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pierre de Lauzun&lt;br class='autobr' /&gt;
La R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps &lt;br class='autobr' /&gt;
Lethielleux-Art&#232;ge 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi peut-elle changer ? Plus exactement, l'enseignement de l'Eglise, expression d'un Dieu Eternel, qui n'est pas soumis &#224; l'histoire, peut-il vraiment changer avec le temps ? Son origine, c'est la R&#233;v&#233;lation, la Bible : elle s'est &#233;tal&#233;e dans le temps, selon une longue histoire, mais pour culminer de fa&#231;on d&#233;finitive dans J&#233;sus, la v&#233;rit&#233; et la vie. V&#233;rit&#233; &#233;ternelle, donc immuable, cette r&#233;v&#233;lation fait cependant depuis l'objet d'un d&#233;veloppement dans le temps, authentifi&#233; par un magist&#232;re, comme le montre notamment la succession des conciles. Fait notable, il n'y a aucun &#233;quivalent &#224; un tel d&#233;veloppement dans toute l'histoire de l'humanit&#233;. Car il faut r&#233;unir deux id&#233;es : la permanence d'une v&#233;rit&#233; essentielle, mais dont le sens et les effets sont progressivement explicit&#233;s, au rythme d'une longue histoire. Et montrer que la promesse est honor&#233;e. Cela suppose que ce qui a &#233;t&#233; dit et authentifi&#233; garde sa valeur au cours des si&#232;cles ; mais peut avoir &#224; &#234;tre resitu&#233; ou d&#233;velopp&#233;. Comment est-ce possible, en &#233;vitant tout relativisme, mais en rendant compte de ce qui appara&#238;t au premier regard comme des changements ? C'est ce que ce livre explore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence lundi 28 mai &#224; 20 h au centre Berg&#232;re 9 rue Berg&#232;re 75009 Paris. Paroisse saint-Eug&#232;ne Sainte C&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.famillechretienne.fr/livres/foi/theologie/la-revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps-247857&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.famillechretienne.fr/li...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Mes-livres-Biographie-.html" rel="directory"&gt;Mes livres &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Temps-et-eternite-+.html" rel="tag"&gt;Temps et &#233;ternit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Magistere-catholique-+.html" rel="tag"&gt;Magist&#232;re catholique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Autorite-+.html" rel="tag"&gt;Autorit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Developpement-doctrinal-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;veloppement doctrinal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Revelation-chretienne-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/revelation.jpg?1787417303' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editionsartege.fr/product/116019/la-revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.editionsartege.fr/produ...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction du livre (extraits)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qui dit foi au sens chr&#233;tien du terme dit R&#233;v&#233;lation divine, donc irruption divine dans le temps, donc des &#233;v&#233;nements dat&#233;s avec un avant et un apr&#232;s, en un mot une Histoire. Mais Dieu est &#233;ternel, hors du temps. L'id&#233;e de r&#233;v&#233;lation peut donc para&#238;tre paradoxale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs cette r&#233;v&#233;lation est &#224; la fois un message, pourvu d'un contenu qu'on peut analyser conceptuellement, et un appel &#224; relation avec un Etre qui nous d&#233;passe infiniment, bouleversant notre vie. Message qui est a priori conditionn&#233; par son lieu et son &#233;poque d'&#233;mergence, donc situ&#233; dans le temps - et cependant porteur d'une v&#233;rit&#233; absolue et intemporelle, laquelle doit nous parler l&#224; o&#249; nous sommes, et nous conduire hors du temps. Autre paradoxe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce double niveau &#233;ternel et historique op&#232;re &#224; tous les niveaux de la vie religieuse. Personnel d'abord, puisque la foi est l'irruption d'une rencontre, et la poursuite pendant toute sa vie des effets de cette rencontre, faisant de cette histoire personnelle une r&#233;alit&#233; chaque fois unique. Collectif ensuite, et &#224; plusieurs stades. D'abord au moment de cette R&#233;v&#233;lation. En effet, contrairement &#224; une philosophie ou une science, qui se cr&#233;ent par des ajouts et remises en cause successives qui sont sans importance en tant qu'&#233;v&#233;nements, la R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne donne une valeur toute particuli&#232;re &#224; un ou des moments bien pr&#233;cis, ceux o&#249; Dieu S'est manifest&#233; &#224; un ou des hommes donn&#233;s. Cela cr&#233;e une diff&#233;rence de nature entre l'avant et l'apr&#232;s de ces &#233;v&#233;nements. Effet encore renforc&#233; par le fait que ces R&#233;v&#233;lations se sont &#233;tal&#233;es le long d'une histoire qui se trouve par-l&#224; rythm&#233;e et orient&#233;e. En outre la p&#233;riode qui suit la R&#233;v&#233;lation n'est pas inerte ou passive : c'est le moment d'un intense travail d'interpr&#233;tation, qui dans le catholicisme prend une forme cumulative. Enfin cette R&#233;v&#233;lation annonce &#224; l'Histoire quel sera son horizon, lui donnant son sens ultime et v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle perspective religieuse sur l'histoire est unique et, si elle est vraie, essentielle. Mais elle suppose la foi. Peut-on alors en rendre compte rationnellement ? Oui, et tel est mon objet ici. Je me situerai d'un point de vue philosophique, pour questionner avec les moyens de la raison ce que l'Eglise pense et dit sur la R&#233;v&#233;lation, prise comme message, et sur l'histoire du d&#233;veloppement de cette pens&#233;e et de ce discours. Il s'agit donc d'un angle particulier de r&#233;flexion sur la R&#233;v&#233;lation, nullement exclusif d'un autre. C'est notamment une d&#233;marche distincte de la th&#233;ologie, qui m&#232;ne ses interrogations &#224; partir de la R&#233;v&#233;lation elle-m&#234;me. Ici on utilisera la raison pour examiner le sens des affirmations ainsi pos&#233;es, m&#234;me si leur source ne d&#233;pend pas de la raison. Bien entendu, cette d&#233;marche est plus limit&#233;e que celle du croyant, qui se nourrit de cette R&#233;v&#233;lation comme Parole de Dieu, dans la perspective de sa vie de foi, avec Dieu et dans la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder la R&#233;v&#233;lation dans cette optique, c'est tenter de penser ce que peut signifier une irruption de l'&#233;ternit&#233; dans le temps, qui prend la forme d'un message articul&#233; dans un langage humain, ensuite pens&#233; et d&#233;velopp&#233;. Sachant en outre que non seulement ce processus vit dans l'Histoire et l'anime, mais que c'est &#224; lui que nous devons la notion m&#234;me d'Histoire... En d'autres termes, le d&#233;veloppement historique du message fait partie du plan de Dieu et r&#233;sulte de Sa volont&#233; de faire parvenir chaque homme et l'humanit&#233; &#224; un stade de maturit&#233; particuli&#232;re, par un processus libre et p&#233;dagogique, donc progressif. J'examinerai le sens rationnel de cette probl&#233;matique en premi&#232;re partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle R&#233;v&#233;lation est entre autre une forme de connaissance sp&#233;cifique, qui ne saurait &#234;tre examin&#233;e efficacement sans r&#233;f&#233;rence au cadre dans lequel elle a &#233;t&#233; donn&#233;e aux hommes et est depuis v&#233;cue par eux, c'est-&#224;-dire dans cette communaut&#233; vivant dans l'Histoire qu'on appelle Eglise. Laquelle a d&#233;velopp&#233; et continue &#224; d&#233;velopper le message de cette R&#233;v&#233;lation au cours des si&#232;cles, par une r&#233;flexion collective, cumulative et autoris&#233;e, qu'elle place sous les auspices de l'Esprit de Dieu et consid&#232;re anim&#233;e par Lui, dans un cadre appel&#233; Tradition. L'articulation entre R&#233;v&#233;lation et rationalit&#233; a d&#232;s lors fait l'objet d'un enseignement constamment enrichi, sur lequel les deux derniers conciles ont particuli&#232;rement r&#233;fl&#233;chi. J'en examinerai les traits principaux et la logique de l'affirmation sous-jacente, selon laquelle un tel travail historique est possible. On &#233;voquera notamment l'&#233;laboration progressive de ce qu'on appelle dogme. Ce mot est mal vu aujourd'hui, mais rappelons que c'est simplement la mise en forme rationnelle et autoris&#233;e de l'enseignement de la R&#233;v&#233;lation. Il conduit &#224; la question de l'autorit&#233;, elle aussi malmen&#233;e aujourd'hui, et pourtant naturelle dans la logique de ce message, puisque c'est le prolongement de l'id&#233;e de R&#233;v&#233;lation, qui suppose une Parole ins&#233;r&#233;e dans l'histoire mais qui fait autorit&#233; ensuite. C'est ce que nous verrons dans la deuxi&#232;me partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emergence dans notre monde et notre histoire d'une r&#233;alit&#233; autre, cette R&#233;v&#233;lation a pris la forme d'un texte, r&#233;cit d'une histoire sainte. D'o&#249; la question de la transmission de ce message et donc de la bonne lecture de ces textes, ce qu'on appelle l'ex&#233;g&#232;se. Or une ex&#233;g&#232;se rationaliste, aujourd'hui dominante, se pr&#233;sentant comme seule scientifique, conduit souvent &#224; remettre en cause l'historicit&#233; et la r&#233;alit&#233; de cette R&#233;v&#233;lation. Par l&#224; m&#234;me elle sape la rationalit&#233; que la R&#233;v&#233;lation pr&#233;tend garder. Nous verrons cependant les limites de cette suppos&#233;e scientificit&#233; ; et notamment l'incoh&#233;rence logique de la m&#233;thode, qui trop souvent examine en termes probabilistes, en refusant au d&#233;part de se placer dans la perspective de la foi, des textes qui ont au contraire pour seul r&#244;le de rapporter des faits exceptionnels, et de se pr&#233;senter comme une R&#233;v&#233;lation divine. Ce sera notre troisi&#232;me partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les textes compris dans leur lettre, et leur v&#233;rit&#233; factuelle cern&#233;e, il reste une &#233;tape importante, qui est leur interpr&#233;tation et le travail de d&#233;veloppement historique de ces dogmes et plus g&#233;n&#233;ralement de l'enseignement magist&#233;riel. Nous passerons en revue les diff&#233;rentes conceptions propos&#233;es de ce d&#233;veloppement, notamment les plus critiques. Il nous faudra notamment confronter la d&#233;marche chr&#233;tienne traditionnelle, fond&#233;e sur l'&#233;coute du texte comme texte de v&#233;rit&#233;, avec ce que j'appelle le d&#233;fi herm&#233;neutiste : cette interpr&#233;tation actuelle qui pr&#233;tend aborder le texte comme document soumis &#224; des relectures, variables selon les &#233;poques et lieux de vie, et d&#233;pendant de visions philosophiques successives. Ces points seront abord&#233;s dans la quatri&#232;me partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'examinerai ensuite dans une cinqui&#232;me partie d'abord quelle semble &#234;tre la conception la plus fid&#232;le du d&#233;veloppement du dogme ; et ensuite, avec plusieurs exemples concrets, les cas o&#249; il peut para&#238;tre &#224; l'&#339;il ext&#233;rieur remettre en cause des conceptions ant&#233;rieures, pour mieux &#233;valuer sa signification et ses enjeux. Ce qui se d&#233;gagera alors est le sens plus pr&#233;cis de l'insertion de ce message dans le seul contexte d'interpr&#233;tation qui lui rend r&#233;ellement justice, et qui est fond&#233; sur la notion de v&#233;rit&#233; incarn&#233;e : une v&#233;rit&#233; &#233;ternelle se d&#233;voilant dans le temps et dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/05/r&#233;v&#233;lation-et-tradition.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lesalonbeige.blogs.com/my_we...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.famillechretienne.fr/livres/foi/theologie/la-revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps-247857&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.famillechretienne.fr/li...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une analyse mi-&#233;logieuse, mi-critique de S. Taussig dans Archives des sciences sociales des religions oct-d&#233;c 2019 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/assr/49153&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/as...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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