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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La communaut&#233; nationale : ce qui la menace, ce qu'il faut reb&#226;tir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Communaut&#233; politique</dc:subject>
		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question du r&#244;le de la nation est la question politique majeure d'aujourd'hui. C'est ce que j'&#233;voque dans ce livre, qui vient de para&#238;tre aux Editions du Bien commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, elle constitue le cadre de r&#233;f&#233;rence de la quasi-totalit&#233; des pays reconnus sur la plan&#232;te, m&#234;me si on peut souvent contester que ce sont bien des nations. Mais par d'autres c&#244;t&#233;s, elle est remise en cause, du moins dans nos pays : contest&#233;e dans sa nature m&#234;me par le discours de d&#233;construction, elle est jug&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/51dgzivm8al__sl1181_.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question du r&#244;le de la nation est la question politique majeure d'aujourd'hui. C'est ce que j'&#233;voque dans ce livre, qui vient de para&#238;tre aux Editions du Bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, elle constitue le cadre de r&#233;f&#233;rence de la quasi-totalit&#233; des pays reconnus sur la plan&#232;te, m&#234;me si on peut souvent contester que ce sont bien des nations. Mais par d'autres c&#244;t&#233;s, elle est remise en cause, du moins dans nos pays : contest&#233;e dans sa nature m&#234;me par le discours de d&#233;construction, elle est jug&#233;e d&#233;pass&#233;e par ceux qui se situent au niveau europ&#233;en, ou se veulent cosmopolites. Ou par ceux qui parient sur la mont&#233;e des empires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation a pourtant toujours de nos jours quatre r&#244;les essentiels, qu'elle est seule &#224; offrir. D'abord, fonder une communaut&#233; politique, c'est-&#224;-dire un niveau &#233;lev&#233; de confiance mutuelle et d'identification, permettant un niveau tout aussi &#233;lev&#233; de coop&#233;ration et d'action commune. Ensuite, fournir ce qui est n&#233;cessaire pour cela et en soi inestimable : un patrimoine commun, et notamment une langue et une culture. Puis, assurer la d&#233;fense en commun de cette population, notamment militairement : cette question est revenue brutalement au c&#339;ur de l'actualit&#233;. Enfin, pourvoir &#224; une forme de solidarit&#233;, qui va bien au-del&#224; de la s&#233;curit&#233; sociale, en offrant autant que possible &#224; chacun une vraie place dans cette communaut&#233;. Pour la grande majorit&#233; des gens, leur qualit&#233; de vie, y compris &#233;conomiquement, d&#233;pend en effet largement de leur appartenance nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela ne se con&#231;oit actuellement hors du cadre national. Et tout cela se relie directement au fait que la nation est une communaut&#233;. Son r&#244;le &#224; ce titre est donc irrempla&#231;able. Dans les soci&#233;t&#233;s modernes, l'horizon r&#233;el des personnes et leur cadre de d&#233;pendance sont bien plus grands que dans les communaut&#233;s locales d'autrefois ; ils supposent un niveau large d'identification, de communication et de solidarit&#233;. C'est la nation qui joue ce r&#244;le. Mais au-del&#224;, il n'y a rien d'organis&#233; et de concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'avenir, la question est de savoir dans quelle mesure l'imbrication croissante de l'humanit&#233;, et notamment la mondialisation, att&#233;nuent ou renforcent cette r&#233;alit&#233;. Il est &#233;videmment improbable (sauf catastrophe majeure) que cela se fasse par retour &#224; des entit&#233;s plus petites, malgr&#233; certaines utopies. Mais l'&#233;volution pourrait conduire au renouveau de formations politiques plus vastes et pluri-nationales. Donc en r&#233;alit&#233; d'empires au sens large, et une Europe f&#233;d&#233;rale serait elle aussi une forme d'empire. Mais cela ferait perdre cet &#233;l&#233;ment essentiel qui caract&#233;rise la nation, qui est d'&#234;tre une communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Il y a bien s&#251;r des politiques &#224; mener, sur la longue dur&#233;e : d&#233;fense, &#233;ducation, recherche scientifique, migrations etc. Elles sont d'une tr&#232;s grande importance en soi. Il y a besoin plus fondamentalement d'un ensemble de r&#233;f&#233;rences collectives permettant la vie politique commune. Mais tout cela suppose au pr&#233;alable une ambition : celle de faire vivre une communaut&#233;. Ces politiques diverses ne parviendront en effet &#224; rien si la nation n'offre pas la base ad&#233;quate, c'est-&#224;-dire une communaut&#233; vivante, solidaire et forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une communaut&#233;, ce sont des personnes qui, sur la base de r&#233;f&#233;rences communes majeures, culturelles, historiques et institutionnelles, se reconnaissent comme on l'a dit un degr&#233; &#233;lev&#233; de solidarit&#233; : financi&#232;re certes, mais aussi humaine voire existentielle, impliquant l'acceptation &#233;ventuelle de sacrifices pour la cause commune. Sur cette base peut alors se construire une volont&#233; commune propre, et sa traduction concr&#232;te dans ce qu'on appelle souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; son tour, une telle volont&#233; ne suffit pas s'il n'y a pas les bases concr&#232;tes permettant &#224; cette communaut&#233; d'exister. Or trois d'entre elles sont essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord que ce peuple existe, ce qui veut dire se prolonge dans de nouvelles g&#233;n&#233;rations, pour l'essentiel au sein de familles faisant r&#233;ellement partie de la communaut&#233; : c'est la question de la d&#233;mographie et de la natalit&#233;. Sans natalit&#233; suffisante, il n'y a pas d'avenir &#224; une communaut&#233; humaine. Question br&#251;lante aujourd'hui, avec l'effondrement de la natalit&#233; dans la plupart des pays hors Afrique, ph&#233;nom&#232;ne largement li&#233; &#224; un individualisme de plus en plus pathologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose ensuite une volont&#233; de se d&#233;fendre, et donc un esprit de combat, qui ne va pas sans un esprit de sacrifice. Il faut donc que la communaut&#233; nationale produise suffisamment de membres anim&#233;s par cet esprit. A d&#233;faut, elle sera incapable de se maintenir sur la dur&#233;e, non seulement face &#224; des menaces ext&#233;rieures, mais aussi sur le plan interne, face &#224; des factions utilisant la violence pour imposer leur loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux questions sont vitales, mais peu &#233;voqu&#233;es dans le d&#233;bat public, et encore moins en liaison avec la souverainet&#233;. Enfin, d'une fa&#231;on qui est, elle, plus souvent &#233;voqu&#233;e, mais rarement sous le bon angle, cela suppose une vue commune des bases &#233;conomiques et sociales de cette souverainet&#233; et de cette solidarit&#233;. Non pas un programme de revendications &#233;galitaires, mais un cadre permettant de donner aux membres de la communaut&#233; une vraie possibilit&#233; d'appartenance et de valorisation, o&#249; en un mot chacun trouve sa place. Et &#224; l'ensemble, les moyens de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer le r&#244;le crucial de ces dimensions par rapport aux autres politiques &#224; mener, il n'y a pas de politique de d&#233;fense possible sans base &#233;conomique et sans des gens qui acceptent de se battre et de se sacrifier ; pas d'&#233;ducation sans enfants, sans p&#233;dagogie et sans moyens ; pas de ma&#238;trise des migrations sans d&#233;mographie ni volont&#233; de se d&#233;fendre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es dominantes, mais aussi les pratiques d&#233;sormais spontan&#233;es de la plupart des gens, n'int&#232;grent plus assez ces r&#233;alit&#233;s, quand elles ne vont pas dans la direction contraire. Or elles sont pourtant au fond assez &#233;videntes. Retrouver ce sens de la communaut&#233; nationale est donc la priorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur &lt;/i&gt; Politique Magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Concurrence fiscale et sociale : quel syst&#232;me international et europ&#233;en veut-on ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Concurrence-fiscale-et-sociale-quel-systeme-international-et-europeen-veut-on.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me international</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La diversit&#233; des syst&#232;mes &#233;conomiques et sociaux au sein de la soci&#233;t&#233; internationale pose un probl&#232;me majeur, qui n'est que rarement &#233;voqu&#233; dans toute son ampleur et sa signification. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'abord &#233;videmment le cas bien connu des paradis fiscaux et juridictions non coop&#233;ratives, fa&#231;on &#238;les antillaises. Mais la question est plus g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; dans le fiscal pur, au sein de l'Europe on a les cas de l'Irlande et du Luxembourg. Le niveau de richesse atteint par ces divers pays est d&#251; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Systeme-international-+.html" rel="tag"&gt;Syst&#232;me international&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/business-man-6640060_1280.webp?1787417294' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La diversit&#233; des syst&#232;mes &#233;conomiques et sociaux au sein de la soci&#233;t&#233; internationale pose un probl&#232;me majeur, qui n'est que rarement &#233;voqu&#233; dans toute son ampleur et sa signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord &#233;videmment le cas bien connu des paradis fiscaux et juridictions non coop&#233;ratives, fa&#231;on &#238;les antillaises. Mais la question est plus g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; dans le fiscal pur, au sein de l'Europe on a les cas de l'Irlande et du Luxembourg. Le niveau de richesse atteint par ces divers pays est d&#251; en partie appr&#233;ciable &#224; une politique fiscale qu'on peut qualifier de pr&#233;datrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de telles pratiques est une aberration. Et &#224; un certain stade, c'est la reconnaissance m&#234;me de ces pays et de leurs pratiques qui doit &#234;tre remise en cause, y compris dans leur validit&#233; juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne doit pas emp&#234;cher inversement les pays &#224; fiscalit&#233; d&#233;lirante, comme la France &#224; revoir aussi leur copie, dans l'autre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paradis fiscaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t peut-il &#234;tre dit juste, d&#232;s lors que le syst&#232;me politique et fiscal &#224; l'&#233;chelle mondiale tol&#232;re des paradis fiscaux, abondamment utilis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s et les tr&#232;s gros revenus ? La question doit &#234;tre pos&#233;e, car on assiste &#224; de vrais scandales. Je l'avais &#233;voqu&#233;e d&#232;s mars 2013 dans un article publi&#233; sous le titre &#171; Paradis fiscaux : une hypocrisie bien commode &#187; (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les paradis fiscaux sont des boucs &#233;missaires bien commodes. D'autant plus commodes qu'on ne prend pas les mesures qui permettraient leur disparition&#8230;. Ce qui frappe c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend-on par paradis fiscaux ? Des pays dont l'activit&#233; principale est d'utiliser une l&#233;gislation extr&#234;mement accommodante, fiscale, juridique et autre, pour qu'on localise chez eux des op&#233;rations qui seraient sinon domicili&#233;es ailleurs. On vise au minimum quelques &#238;les plus ou moins exotiques qui vont d'Antigua, des Bermudes, des Ca&#239;mans ou de Nauru pour ne citer qu'elles, jusqu'&#224; Jersey et Guernesey. Mais le terme peut s'appliquer aussi &#224; quelques Etats moins n&#233;gligeables - dont certains sont au centre de l'Europe quand ils ne sont pas membres de l'Union europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment est-il possible &#224; un pays d'&#234;tre un paradis fiscal ? Bien s&#251;r c'est d'abord par choix. Mais cela n'a d'effet que pour autant que les autres pays reconnaissent la validit&#233; des op&#233;rations qu'il abrite. Aucune entreprise &#233;tablie ailleurs n'effectuerait, directement ou via une filiale, une activit&#233; financi&#232;re ou autre dans un paradis fiscal si la validit&#233; des transactions ainsi domicili&#233;es n'&#233;tait pas reconnue dans son pays d'origine ou les autres pays &#8216;normaux'. On sait fort bien qu'il n'y a en r&#233;alit&#233; aucune activit&#233; bancaire ou financi&#232;re dans ces territoires. Les op&#233;rations qui y sont log&#233;es juridiquement et fiscalement sont enti&#232;rement mont&#233;es et d&#233;cid&#233;es ailleurs : les &#238;les Ca&#239;mans par exemple, o&#249; l'on trouvera tout au plus quelques juristes ou comptables, sont le r&#233;ceptacle d'op&#233;rations initi&#233;es &#224; New York. Si donc les &#201;tats-Unis ne reconnaissaient pas la validit&#233; juridique des op&#233;rations enregistr&#233;es aux &#238;les Ca&#239;mans, elles se videraient du jour au lendemain. L'enjeu est l&#224;... C'est d'abord aux gouvernements des pays industrialis&#233;s de prononcer leur jugement sur la situation de ces pays et cons&#233;quemment d'accepter ou non de reconna&#238;tre la validit&#233; juridique des transactions effectu&#233;es avec ou chez eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans bien des cas, on peut remettre m&#234;me en cause le statut de pays qu'on a lib&#233;ralement reconnu &#224; des confettis insignifiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tol&#233;rance extraordinaire dont b&#233;n&#233;ficient ces entit&#233;s laisse planer un doute s&#233;rieux sur la volont&#233; des autres pays de vraiment lutter contre ces pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus encore quand on connait les facilit&#233;s extraordinaires que cela donne au blanchiment d'argent et aux trafics illicites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question plus g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces cas extr&#234;mes se pose en mati&#232;re &#233;conomique la question de la cohabitation sur la plan&#232;te de pays dont les r&#233;gimes l&#233;gaux, r&#232;glementaires, sociaux et fiscaux sont tr&#232;s diff&#233;rents, et qui cependant posent le principe de la libre circulation des capitaux et des biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand des pays r&#232;glementent des activit&#233;s, autorisant certaines et interdisant d'autres, normalisant beaucoup d'entre elles, c'est pour certaines raisons. Elles peuvent &#234;tre contestables, mais beaucoup d'entre elles sont justifi&#233;es dans leur principe. Il est alors contradictoire d'admettre l'entr&#233;e de produits ou de services qui ne les respectent pas, soit par nature, soit selon les conditions de leur production. De m&#234;me, le syst&#232;me fiscal et le syst&#232;me social pr&#233;voient une certaine contribution des entreprises ou des personnes &#224; des d&#233;penses communes. Si on se place du point de vue des pays o&#249; ces syst&#232;mes sont en place, il y a une grande contradiction &#224; admettre l'entr&#233;e de produits ou de services qui n'ont pas pay&#233; cette contribution dans les lieux de production et sont donc bien moins chers. Ou qui se localisent dans ces pays pour r&#233;duire leur charge fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple parfaitement caricatural de cette situation est l'Union europ&#233;enne, qui a &#233;rig&#233; en dogme absolu la libre circulation des capitaux, mais n'assure que le degr&#233; minimum d'harmonisation fiscale (surtout sur la TVA, et encore). D'o&#249; une aberration comme l'Irlande, qui a des taux d'imposition sur les soci&#233;t&#233;s extr&#234;mement bas, et attire &#233;norm&#233;ment d'activit&#233;s et de si&#232;ges sociaux, notamment d'entreprises non europ&#233;ennes et en particulier am&#233;ricaines. Gr&#226;ce aux prix de transfert, elles concentrent leurs profits sur ce pays. Une telle situation est un scandale. Et le Luxembourg n'en est pas loin. R&#233;sultat : ces pays ont atteint en peu d'ann&#233;es un niveau de richesse par habitant massivement sup&#233;rieur &#224; celui des autres pays de l'Union. Il ne s'agit pas ici de dire que cela ne s'explique que par leur politique fiscale et autre ; mais il est ind&#233;niable qu'elle y a jou&#233; et joue une r&#244;le important, et parfaitement anormal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la pharmacie. Selon les Echos, &#171; L'Irlande est responsable &#224; elle seule de 46 des 82 milliards de dollars de d&#233;ficit commercial des Etats-Unis avec l'Union europ&#233;enne dans le domaine pharmaceutique &#187;. Chaque ann&#233;e au niveau mondial, tous secteurs d'activit&#233; confondus, &#171; les multinationales am&#233;ricaines d&#233;clarent un b&#233;n&#233;fice de 325 milliards de dollars dans sept juridictions &#224; faible fiscalit&#233; (Bermudes, &#238;les Ca&#239;mans, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Singapour et Suisse) et de seulement 50 milliards dans sept des plus grandes &#233;conomies mondiales (Chine, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon et Espagne) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;largir la question au cas de pays adoptant un mode de fonctionnement politique et social anormal, mais qui leur donne un avantage dans la comp&#233;tition internationale. Ainsi en mati&#232;re sociale ou environnementale. Un pays qui maintient sa force de travail dans une situation de mis&#232;re (en regard de son niveau de d&#233;veloppement), ou qui utilise une arm&#233;e de r&#233;serve industrielle, en tout cas une main d'&#339;uvre &#224; sa disposition, n'est pas seulement condamnable du point de vue interne ; c'est aussi un mauvais partenaire pour les autres pays, un sorte de tricheur. Que dire alors d'un Duba&#239; o&#249; l'essentiel de la main d'&#339;uvre est &#233;trang&#232;re et pr&#233;caire ? On peut b&#226;tir l&#224;-dessus une prosp&#233;rit&#233; insolente et attirer des cohortes de milliardaires ; on n'est pas un pays normal. Et il n'y a pas de raison que les autres vous traitent comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous pla&#231;ons ici du point de vue des autres pays, qui subissent ce genre de comportement. Bien entendu dans tous ces cas, il faut s'interroger d'abord sur sa propre r&#233;glementation, et par exemple sur sa pression fiscale. Notamment en France, champion des pr&#233;l&#232;vements dans tout le monde d&#233;velopp&#233; et ailleurs. C'est &#233;videmment une question majeure. Chacun doit commencer par balayer devant sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, qu'on appelle libertariens, hostiles &#224; toute notion d'intervention publique et m&#234;me de solidarit&#233; sous quelque forme que ce soit, font l'apologie de ces pays en rupture de r&#232;gles. Influents aux Etats-Unis et dans certains milieux de la tech, ils voient d'un bon &#339;il une concurrence fiscale et sociale par le bas, pr&#233;alable pour eux d'une atrophie de tout ce qui est public ; et ils r&#234;vent de zones compl&#233;ments franches, sans &#233;tat. Cela tente aussi bien des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait la lourdeur de certains syst&#232;mes publics, leur arbitraire et leur efficacit&#233; douteuse, apporte de l'eau &#224; leur moulin. Mais inversement, sauf &#224; adopter de telles th&#232;ses, cela ne suffit pas pour r&#233;pondre &#224; la question. En effet, dans bien des cas, m&#234;me si on ajuste son propre syst&#232;me, on conclura qu'il faut quand m&#234;me un vrai niveau de solidarit&#233; et d'encadrement, et il est sup&#233;rieur &#224; celui de ces pays aberrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Dans certains cas, on peut avoir un int&#233;r&#234;t &#224; maintenir quand m&#234;me un rapport avec de tels pays, si on y trouve son avantage. Mais sinon la question reste. Or c'est une question de fond, qui touche la nature m&#234;me du syst&#232;me &#233;conomique international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux familles de r&#233;ponses peuvent alors &#234;tre explor&#233;es. C'est d'abord la voie si on peut dire l&#233;gale, internationale : une action commune des pays l&#233;s&#233;s, ou une organisation internationale quelle qu'en soit la nature. C'est ensuite la voie bilat&#233;rale ; notamment douani&#232;re ou r&#233;glementaire. Soit pour remettre juridiquement en question la valeur juridique des op&#233;rations qui se d&#233;roulent dans ces pays. Soit pour les taxer, ou mettre des droits de douane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suppose un pr&#233;alable mental : cesser de consid&#233;rer qu'un pays peut faire ce qui convient &#224; ses int&#233;r&#234;ts sans consid&#233;ration des autres, et qu'il puisse exiger parall&#232;lement d'&#234;tre trait&#233; comme un membre normal et d&#233;cent de la communaut&#233; internationale. Y compris juridiquement. &lt;br class='autobr' /&gt;
*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Note&lt;/i&gt; : On s'est plac&#233; ici au niveau politique et non pas &#224; celui des utilisateurs de ces structures. Pour ces derniers, le jugement &#224; porter varie selon les cas, depuis ceux que la concurrence oblige plus ou moins &#224; recourir &#224; ces m&#233;thodes, jusqu'&#224; ceux qui manifestent par-l&#224; de fa&#231;on coupable leur absence de responsabilit&#233; envers les communaut&#233;s o&#249; elles ont leur activit&#233;. En passant par ceux qui s'abritent devant la reconnaissance juridique de ces structures par leur propre gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le d&#233;bat sur l'avenir de notre pays ne donnera...</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-debat-sur-l-avenir-de-notre-pays-ne-donnera.html</link>
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		<dc:date>2018-01-02T15:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'avenir de notre pays ne donnera de fruit que replac&#233; dans la perspective ce que sera notre monde dans 20 ou 30 ans. Or tout converge pour nous montrer que nous vivrons de plus un plus dans un monde instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne et non r&#233;gul&#233;. C'est ce que j'ai voulu explorer dans un livre paru l'an dernier (&lt;i&gt;Guide de survie dans un monde instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne, non r&#233;gul&lt;/i&gt;&#233;, Terra Mare, 2017.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans La Nef Janvier 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Solidarite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'avenir de notre pays ne donnera de fruit que replac&#233; dans la perspective ce que sera notre monde dans 20 ou 30 ans. Or tout converge pour nous montrer que nous vivrons de plus un plus dans un monde instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne et non r&#233;gul&#233;. C'est ce que j'ai voulu explorer dans un livre paru l'an dernier (&lt;i&gt;Guide de survie dans un monde instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne, non r&#233;gul&#233;, Terra Mare, 2017.)&lt;/i&gt;. Ce monde nouveau, inqui&#233;tant et trouble, a sans doute encore devant lui le r&#233;pit d'une g&#233;n&#233;ration, mais il entrera ensuite en territoire inconnu et la plupart des rep&#232;res que nous avons en t&#234;te seront alors remis en cause : nos chers syst&#232;mes politiques, &#233;conomiques et sociaux, nos hi&#233;rarchies de pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans La Nef Janvier 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lanef.net/2018/01/02/quelle-solidarite-nationale-aujourdhui/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lanef.net/2018/01/02/quelle-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Economie et politique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Economie-et-politique.html</link>
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		<dc:date>2017-07-15T15:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Autonomie nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et bien commun</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les rapports entre le politique et l'&#233;conomique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e le samedi 15 juillet 2017 &#224; l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; de &lt;/i&gt; Renaissance catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre &#233;poque l'&#233;conomie para&#238;t dominer la sc&#232;ne de la vie collective. Pourtant &#224; la r&#233;flexion la r&#233;alit&#233; est inverse : le r&#244;le du politique dans l'&#233;conomie est massif et d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que le politique, responsable ultime du Bien commun d'une communaut&#233; donn&#233;e, est responsable aussi du bon ordre de l'activit&#233; &#233;conomique, m&#234;me de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite....&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les rapports entre le politique et l'&#233;conomique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e le samedi 15 juillet 2017 &#224; l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; de &lt;/i&gt;Renaissance catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A notre &#233;poque l'&#233;conomie para&#238;t dominer la sc&#232;ne de la vie collective. Pourtant &#224; la r&#233;flexion la r&#233;alit&#233; est inverse : le r&#244;le du politique dans l'&#233;conomie est massif et d&#233;cisif, notamment par la l&#233;gislation, la fiscalit&#233;, et les interventions de tout type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le politique, responsable ultime du Bien commun, d'une communaut&#233; donn&#233;e, est responsable aussi du bon ordre de l'activit&#233; &#233;conomique, m&#234;me si celle-ci doit &#234;tre une &#233;conomie de march&#233;, d'initiative d&#233;centralis&#233;e, et largement priv&#233;e. Mais cette responsabilit&#233; n'implique pas pour lui droit au volontarisme : il doit justement respecter les r&#233;alit&#233;s, y compris celles de l'&#233;conomie, en particulier en mati&#232;re budg&#233;taire (pas de dette) et mon&#233;taire (une monnaie stable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce r&#244;le du politique se d&#233;finit par rapport &#224; la communaut&#233; dont il a la charge et qui lui donne sa l&#233;gitimit&#233;, ce qui a notre &#233;poque ne peut concerner que la nation, seul lieu de l&#233;gitimit&#233; politique, notamment en r&#233;gime d&#233;mocratique. A ce sujet, le transfert massif de souverainet&#233; aux institutions europ&#233;ennes en mati&#232;re de l&#233;gislation &#233;conomique (mais pas de fiscalit&#233;) est une d&#233;possession : l'Europe n'est pas une communaut&#233; politique, mais devrait &#234;tre avant tout un lieu de coop&#233;ration entre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voir ci-joint le texte complet de la conf&#233;rence.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Solidarit&#233; nationale et mondialisation</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Solidarite-nationale-et-mondialisation.html</link>
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		<dc:date>2012-05-04T16:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est la nationalit&#233; qui fait le statut &#233;conomique d'un personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de base : la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend d&#233;sormais de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte politiquement que l'appartenance nationale est d&#233;sormais primordiale et que, dans l'ordre logique des facteurs, elle importe autant que l'appartenance sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui d&#233;finit l'horizon politique de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est la nationalit&#233; qui fait le statut &#233;conomique d'une personne.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de base : la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend d&#233;sormais de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous sommes en &#233;conomie mondialis&#233;e, au moins en partie importante. Or si la concurrence &#233;tait pure et parfaite au niveau mondial, sans interf&#233;rence politique ou sociale, c'est-&#224;-dire sans facteur national, toutes les personnes effectuant la m&#234;me t&#226;che sur la plan&#232;te seraient r&#233;mun&#233;r&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. D&#232;s lors, l'huissier ou la femme de m&#233;nage fran&#231;ais, l'artisan, l'&#233;picier ou le coiffeur seraient pay&#233;s de fa&#231;on proche de leur homologue chinois ou indien. Or ils gagnent massivement plus, directement ou apr&#232;s redistribution publique. Certes ils peuvent avoir une formation ou un savoir-faire meilleurs que ceux de leur conf&#232;re &#233;mergent, mais cela n'explique pas la diff&#233;rence. Leur positionnement &#233;conomique r&#233;el, et donc, dans une soci&#233;t&#233; marchande, une bonne part de ce qui fait leur position sociale, d&#233;pend donc principalement de leur nationalit&#233;. Les canaux pour ce faire sont multiples : ce peut-&#234;tre le stock accumul&#233; de capital dans leur pays, la proximit&#233; physique de ces acteurs comp&#233;titifs, la redistribution fiscale ou sociale, des formes subsistantes de protectionnisme etc. Et naturellement cela suppose un noyau d'&#233;conomie comp&#233;titive dans le pays. Mais le r&#233;sultat est clair - et plus ou moins consciemment les gens le savent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on &#233;tait en &#233;conomie ferm&#233;e, en la supposant possible, la question serait diff&#233;rente. Il n'y aurait pas concurrence directe avec l'&#233;tranger ; et les politiques suivies en interne, notamment de redistribution des revenus, &#233;chapperaient en partie &#224; la contrainte ext&#233;rieure. On pourrait alors soutenir comme la gauche que la question de la classe sociale est pr&#233;pond&#233;rante. Comme il se trouve que nous avons v&#233;cu il y a encore une g&#233;n&#233;ration dans une situation proche de celle-l&#224;, l'impression r&#233;tinienne subsiste et conduit &#224; des raisonnements faux. Mais naturellement une telle fermeture herm&#233;tique est aujourd'hui plus que jamais impossible, ne serait-ce que du fait de tout ce qu'il nous faut acheter &#224; l'&#233;tranger, et si on suivait cette voie notre niveau de vie global serait consid&#233;rablement plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte politiquement que l'appartenance nationale est d&#233;sormais primordiale et que, dans l'ordre logique des facteurs, elle passe avant l'appartenance sociale. La vision marxiste (prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous) a moins de sens que jamais ; elle est m&#234;me devenue essentiellement fausse pour la plus grande partie des gens. Cela n'enl&#232;ve pas sa valeur &#224; la redistribution fiscale ou sociale, bien au contraire ; mais justement cette redistribution est nationale ; c'est le m&#233;canisme par lequel la solidarit&#233; nationale s'exprime. Mais elle suppose que la nation ait de quoi partager, et donc qu'elle cr&#233;e collectivement la richesse voulue. D'o&#249; &#224; nouveau une n&#233;cessaire insertion dans l'&#233;conomie mondiale, ce qui ne veut pas dire une foi na&#239;ve dans l'ouverture incontr&#244;l&#233;e des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement la mondialisation exerce une pression en sens inverse. D'une part gr&#226;ce &#224; elle une partie des nationaux (les mieux plac&#233;s ou les mieux dot&#233;s) gagne ou esp&#232;re gagner plus, et peut consid&#233;rer la redistribution nationale comme un co&#251;t. C'est vrai notamment pour les grandes entreprises, une partie du secteur financier, les secteurs de pointe etc. Ce qui peut les pousser &#224; se retirer de la communaut&#233;, par l'exil ou en poussant &#224; la r&#233;duction des charges de solidarit&#233;. Et d'autre part nombreux sont ceux parmi les autres qui sentent le poids de la concurrence, par une d&#233;gradation de leur situation, particuli&#232;rement visible lors des d&#233;localisations - ou si la solidarit&#233; est moins g&#233;n&#233;reuse. Entre les deux enfin, de nombreux autres profitent de facteurs non li&#233;s &#224; la comp&#233;titivit&#233;, par effet de proximit&#233; (du coiffeur ou du plombier &#224; la banque de d&#233;tail) ou par le jeu d'un pouvoir (secteur public). D'o&#249; des tensions permanentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait en conclure de fa&#231;on pessimiste sur la communaut&#233;. En m&#234;me temps pourtant elle subsiste et reste essentielle pour la plus grande partie des gens : l'int&#233;r&#234;t y pousse d'abord, m&#234;me pour les plus performants qui peuvent difficilement vivre sans pays de r&#233;f&#233;rence et de soutien ; le poids de l'Etat aussi ; mais autant, voire surtout, des motifs politiques, affectifs et culturels. Il en r&#233;sulte que de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il est de l'int&#233;r&#234;t de tous que cette communaut&#233; maintienne ou d&#233;veloppe sa place dans le concert mondial, et donc que les comp&#233;titifs et les autres coop&#232;rent au mieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle communaut&#233; nationale ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une question essentielle dans ce contexte porte alors sur ce qui fonde cette solidarit&#233; nationale, ce qui constitue cette communaut&#233;, et ce qui peut la remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord la question de l'immigration. C'est l'aspect le plus visible et le plus significatif dans le d&#233;bat politique actuel : l'enjeu repr&#233;sent&#233; par la composition de la population elle-m&#234;me, nationale ou vivant sur son territoire. L'importance d&#233;cisive de l'appartenance &#224; une communaut&#233; &#8216;riche' encourage fortement les mouvements de population, mais en m&#234;me temps les rend malvenus pour la population d&#233;j&#224; install&#233;e. A cela s'ajoute le fait que ces populations appartiennent d&#233;sormais &#224; des ensembles culturels tr&#232;s diff&#233;rents de ceux du pays d'arriv&#233;e. D'o&#249; la pression pour restreindre ces mouvements ; ce qui explique que les restrictions soient plus grandes en Europe, o&#249; la redistribution est plus forte et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; avec les migrants plus grandes qu'ailleurs. D'o&#249; la mont&#233;e du Front national. D'o&#249; aussi l'incompr&#233;hension que manifeste la gauche &#224; l'&#233;gard de ces r&#233;alit&#233;s, car son logiciel est incapable de l'int&#233;grer. En m&#234;me temps, &#233;tant le parti de la redistribution, cette gauche peut arriver &#224; se maintenir &#233;lectoralement, mais c'est de fa&#231;on incoh&#233;rente avec son id&#233;ologie et sans possibilit&#233; d'action efficace .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique aussi une bonne partie des graves difficult&#233;s de l'Europe, notamment de la zone euro. Dans un tel contexte, elle n'aurait de sens que si elle &#233;tait le lieu d'une redistribution massive. Mais la base politique n'existe pas pour cela, qui est la solidarit&#233; nationale, qui suppose un peuple : or il n'y a pas de peuple europ&#233;en. Et m&#234;me si c'&#233;tait possible en th&#233;orie, la place est d&#233;j&#224; prise, par la nation justement ; et il n'y a pas place pour deux redistributions. Ce que les Allemands ou les Fran&#231;ais acceptent de redistribuer au sein de leur communaut&#233; nationale, ils ne le redistribueront pas au niveau de l'Europe. Ce qui ne retire pas tout r&#244;le &#224; l'Europe, mais le situe &#224; son v&#233;ritable niveau, qui est de coop&#233;ration entre peuples ou nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, r&#233;duire la communaut&#233; nationale et la solidarit&#233; correspondante au simple fait de la nationalit&#233; et &#224; l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel de la redistribution entre les nationaux n'est pas tr&#232;s r&#233;aliste. D'abord on l'a dit parce que la question centrale avant de distribuer est de disposer d'une base &#233;conomique suffisante, ce qui suppose d'&#234;tre comp&#233;titif en &#233;tant ins&#233;r&#233; dans une &#233;conomie au moins en partie mondialis&#233;e, m&#234;me si on red&#233;finit les modalit&#233;s de cette insertion. Ensuite parce qu'en d&#233;finitive ce qui fonde cette solidarit&#233; est le fait de partager des valeurs communes qui soient des r&#233;f&#233;rences porteuses de sens ; elles peuvent alors &#234;tre partag&#233;es &#224; l'occasion avec des immigr&#233;s acceptant de s'int&#233;grer dans une communaut&#233; qui vit ces valeurs et porte ce patrimoine. Mais pour v&#233;ritablement fonder une communaut&#233;, il faut que ces valeurs fassent r&#233;f&#233;rence &#224; un bien commun, reconnu objectivement comme bien, et rep&#233;rable gr&#226;ce &#224; l'&#233;clairage d'un patrimoine de r&#233;f&#233;rences commun, une tradition nationale. Le relativisme ambiant ne permet pas de l'assurer : une v&#233;ritable communaut&#233; ne peut &#234;tre compos&#233;e d'&#233;lecteurs-consommateurs constamment insatisfaits et soucieux exclusivement de mener &#224; leur gr&#233; un genre de vie jouissif et irresponsable - m&#234;me s'il se drape dans une rh&#233;torique d&#233;mocratique, car alors les divergences d'int&#233;r&#234;t &#233;voqu&#233;es ci-dessus l'emportent. Mais aucun des partis en lice n'a v&#233;ritablement r&#233;pondu &#224; ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communaut&#233; nationale et insertion mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La prise en compte de ces r&#233;alit&#233;s dessine l'horizon de la soci&#233;t&#233; : elle ne peut &#234;tre qu'&#224; la fois nationale et &#224; ouverture mondiale, elle doit aussi &#234;tre &#224; la recherche d'un vrai bien commun, moralement fond&#233;. Nationale, car c'est la seule forme de communaut&#233; solidaire viable aujourd'hui. A ouverture mondiale, car outre qu'une vraie civilisation est ouverte et rayonnante, c'est le seul moyen d'assurer de quoi maintenir cette coh&#233;sion, ne serait-ce que dans sa dimension mat&#233;rielle. Mais &#224; condition que cette solidarit&#233; soit orient&#233;e vers un bien commun objectif, sans quoi il n'y a plus de base pour une vie commune. La mesure dans laquelle sera r&#233;alis&#233;e la combinaison de ces trois dimensions est ce qui d&#233;terminera de fa&#231;on d&#233;cisive notre destin n&#233;cessairement commun. C'est donc l&#224; qu'est la t&#226;che prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En liaison avec Libert&#233; Politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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