<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=325&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Violence, religions et la&#239;cit&#233;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Violence-religions-et-laicite.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Violence-religions-et-laicite.html</guid>
		<dc:date>2015-11-23T10:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Monoth&#233;isme et violence</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Violence et religion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A la suite des terribles &#233;v&#232;nements qui ont frapp&#233; la France en novembre le th&#232;me de la la&#239;cit&#233; est de nouveau mis en avant. Les religions sont coupables. Toutes. Plus on les refoulera dans l'espace priv&#233;, et plus l'espace public sera neutre, moins on aura de violence. Les intellectuels ne sont pas en reste dans la d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on manquer &#224; ce point de sens historique ? Et m&#234;me d'un regard lucide sur le monde actuel ? D'abord l'essentiel de la violence intol&#233;rante, depuis trois si&#232;cles, est le fait de doctrines politiques, essentiellement la&#239;ques et antireligieuses. Ensuite, de m&#234;me qu'il y a des conceptions politiques bonnes ou mauvaises, les religions ne sont pas semblables &#8211; notamment en regard de la violence et de l'intol&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religions-et-vie-politique-.html" rel="directory"&gt;Religions, la&#239;cit&#233;, violence&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Monotheisme-et-violence-+.html" rel="tag"&gt;Monoth&#233;isme et violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Laicite-+.html" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Violence-+.html" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Violence-et-religion-+.html" rel="tag"&gt;Violence et religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la suite des terribles &#233;v&#232;nements qui ont frapp&#233; la France en novembre le th&#232;me de la la&#239;cit&#233; est de nouveau mis en avant. Les religions sont coupables. Toutes. Plus on les refoulera dans l'espace priv&#233;, et plus l'espace public sera neutre, moins on aura de violence. Les intellectuels ne sont pas en reste dans la d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on manquer &#224; ce point de sens historique ? Et m&#234;me d'un regard un tant soit peu lucide sur le monde actuel ? Ils nous rappelleraient deux faits fondamentaux. D'abord que l'essentiel de la violence, et notamment de la violence intol&#233;rante, depuis trois si&#232;cles, est le fait de doctrines politiques, et plus particuli&#232;rement de doctrines la&#239;ques et antireligieuses. Ensuite que de m&#234;me qu'il y a des conceptions politiques bonnes ou mauvaises, dangereuses ou utiles, les religions ne sont pas semblables &#8211; notamment en regard de la violence et de l'intol&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons donc les faits. Depuis 1789 le monde a connu une consid&#233;rable acc&#233;l&#233;ration et intensification de la violence collective. Sur le plan militaire avec la conscription qui a conduit &#224; la mobilisation pour la guerre de millions puis de dizaines de millions de personnes, pour continuer avec le massacre en masse des civils - qui a culmin&#233; avec les bombardements de la seconde guerre mondiale, notamment par les Alli&#233;s, mais qui continue trop souvent &#224; caract&#233;riser la guerre moderne. D&#233;sormais on pourrait presque dire dans bien des cas que les civils constituent la principale cible de l'action guerri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique ensuite avec les effroyables massacres de la R&#233;volution fran&#231;aise d'abord, que suivront les autres r&#233;volutions, notamment mexicaine, russe et chinoise ; sans parler des g&#233;nocides nazis. Tant par le nombre des victimes que par la syst&#233;maticit&#233; de ces massacres, ils sont sans pr&#233;c&#233;dent, en valeur absolue comme en valeur relative. Le nombre total des victimes d&#233;passe all&#233;grement les centaines de millions. Toutes ces r&#233;volutions et analogues &#233;taient en outre de fa&#231;on caract&#233;ristique violemment antireligieuses et notamment antichr&#233;tiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les violences religieuses comparables sur la p&#233;riode ? En comparaison avec ce qui a &#233;t&#233; cit&#233;, elles sont presque n&#233;gligeables. Les seules un peu significatives sont les g&#233;nocides arm&#233;nien et chald&#233;en, aux mains des Jeunes Turcs pendant la premi&#232;re guerre mondiale. Mais on le reverra, l'Islam est &#224; part - et &#224; c&#244;t&#233; des la&#239;cs, il reste petit bras. Du c&#244;t&#233; des autres religions, rien de significatif. C&#244;t&#233; chr&#233;tien, c'est essentiellement c&#244;t&#233; victime que cette religion appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons maintenant le monde actuel. Le ph&#233;nom&#232;ne de l'islamisme saute aux yeux. Mais hors Islam, o&#249; est cette r&#233;surgence g&#233;n&#233;rale du fanatisme et de la violence religieuse que l'on d&#233;nonce ici ou l&#224; ? Ne parlons pas des cas o&#249; l'appartenance religieuse est un pur vocabulaire, d&#233;signant des appartenances nationales ou r&#233;gionales, comme en Irlande du Nord ou en Yougoslavie. Du c&#244;t&#233; des chr&#233;tiens, depuis fort longtemps, on ne peut citer aucun cas o&#249; ils soient fauteurs de violence religieuse ; et un tr&#232;s grand nombre o&#249; ils sont pers&#233;cut&#233;s comme tels, en g&#233;n&#233;ral par un pouvoir la&#239;que ou musulman. Pers&#233;cut&#233;s souvent, pers&#233;cuteurs jamais ou presque, les chr&#233;tiens sont clairement &#224; part. Pas beaucoup non plus de pers&#233;cutions par des bouddhistes, sauf ponctuellement &#224; l'&#233;gard de musulmans en Birmanie et en Tha&#239;lande, mais ce sont des ethnies allog&#232;nes et le facteur x&#233;nophobe est central. Les juifs religieux extr&#233;mistes sont un ph&#233;nom&#232;ne limit&#233; mais r&#233;el ; ceci dit la question des rapports isra&#233;lo-palestiniens les d&#233;passe massivement. Plus pr&#233;occupant est en Inde l'&#233;mergence d'un hindouisme extr&#233;miste et agressif, dont la violence frappe musulmans et chr&#233;tiens. Mais l&#224; aussi la composante nationaliste est essentielle. Tout ceci est tr&#232;s regrettable mais compar&#233; avec les autres causes de violence ce n'est qu'en facteur relativement mineur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait et de tr&#232;s loin le ph&#233;nom&#232;ne de la violence religieuse &#224; notre &#233;poque se relie directement &#224; l'Islam ou une forme d'islam. C'est &#233;vident avec le terrorisme, Daech, al Qaida et tous leurs avatars. Mais c'est vrai aussi dans une grande partie du monde musulman et sur ses franges, du Mali &#224; l'Indon&#233;sie. Je l'ai rappel&#233; ailleurs avec beaucoup d'autres : il y a une sp&#233;cificit&#233; du rapport historique de l'Islam avec la violence et la guerre. Bien s&#251;r les tenants d'autres religions ont pu &#234;tre coupables de violences significatives &#224; certaines &#233;poques (chr&#233;tiens compris comme on sait). Mais seul l'Islam a dans ses r&#233;f&#233;rences constitutives, Coran, had&#238;ths et vie du Proph&#232;te, une relation avec la guerre et la conqu&#234;te violente qui est unique. Cette g&#233;n&#233;tique ne s'active que chez certains et &#224; certains moment, mais elle est constitutive. Et d'ailleurs la grande majorit&#233; des pays aujourd'hui musulmans le sont par suite d'une conqu&#234;te militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, la majorit&#233; paisible n'y a pas fait l'effort de d&#233;ployer les ressources intellectuelles qui lui permettraient de d&#233;finir un Islam clairement d&#233;gag&#233; de ces r&#233;f&#233;rences conqu&#233;rantes, avec toute la r&#233;vision des postulats fondamentaux que cela suppose (litt&#233;ralit&#233; du Coran, exemplarit&#233; du proph&#232;te, s&#233;lection des hadiths etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces faits patents et connus, le parti-pris occidental dominant, par masochisme, antichristianisme, paresse, ou - surtout - par une conception malsaine de la la&#239;cit&#233;, est de mettre &#224; priori toutes les religions sur le m&#234;me plan. Pourtant le proph&#232;te Muhammad a pass&#233; une bonne partie de sa vie le sabre &#224; la main, tandis que c'est inimaginable pour le Christ, le Bouddha et bien d'autres. Faire une telle distinction n'est pas qu'une question intellectuelle. Le parti m&#234;me de la la&#239;cit&#233;, c'est de traiter de fa&#231;on semblable des situations dissemblables. Ce faisant, on est conduit soit &#224; n&#233;gliger la question sp&#233;cifique de l'isl&#226;m et &#224; ne pas poser aux musulmans bien intentionn&#233;s les questions qu'on doit leur poser ; soit &#224; refouler tout le religieux dans une r&#233;probation g&#233;n&#233;rale, et il ne faut pas s'&#233;tonner qu'on rompe alors le fil du dialogue avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe donc et fa&#231;on vitale de faire les distinctions n&#233;cessaires. Les doctrines ou croyances, qu'elles soient religieuses, philosophiques ou politiques, ne sont pas &#233;gales. Par respect de la personne et de ses droits, ou par tol&#233;rance pratique, il n'y a &#233;videmment pas lieu d'intervenir lorsqu'une de ces conceptions ne trouble pas la vie commune. En revanche quand il s'av&#232;re qu'il y a chez l'une d'elle des points pr&#233;sentant des risques r&#233;els, on ne saurait r&#233;pondre &#224; la question par la neutralit&#233; la&#239;que. Car dans la pratique soit celle-ci va rester tol&#233;rante et elle laissera les tendances nocives prolif&#233;rer ; soit elle frappera de fa&#231;on discrimin&#233;e et injuste d'autres conceptions, inoffensives, ou m&#234;me franchement utiles, ne serait-ce que pour r&#233;pondre &#224; la soif de spiritualit&#233; ou d'exigences, ou au besoin d'identification, qui s'exprime chez beaucoup de personnes, et que la la&#239;cit&#233; ne satisfait pas. La m&#234;me remarque vaut d'ailleurs pour le politique - et pour la la&#239;cit&#233; elle-m&#234;me, qui peut &#234;tre bonne ou mauvaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un traitement sp&#233;cifique de l'Islam. Disons-le clairement, la la&#239;cit&#233; &#224; la fran&#231;aise n'offre pas de r&#233;ponse v&#233;ritable &#224; l'islamisme. Elle est trop hostile &#224; la religion pour le croyant, elle la refoule trop dans l'irrationnel priv&#233; pour permettre un dialogue f&#233;cond. Mais elle est inefficace face &#224; l'islamisme, qui repose de toute fa&#231;on sur un refus global des diverses conceptions non-musulmanes et s'accommode de la sph&#232;re priv&#233;e, qui lui laisse le champ libre. Et surtout une telle la&#239;cit&#233; est incapable de demander &#224; l'Islam ce qui est exig&#233; par la situation, &#224; savoir une r&#233;vision en profondeur de certains de ses fondements et traditions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Monoth&#233;isme et violence : le cas chr&#233;tien</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Monotheisme-et-violence-le-cas-chretien.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Monotheisme-et-violence-le-cas-chretien.html</guid>
		<dc:date>2015-02-10T10:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Monoth&#233;isme et violence</dc:subject>
		<dc:subject>Violence et religion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le monoth&#233;isme est-il par nature source de violence et d'intol&#233;rance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains l'affirment sans complexe, &#233;voquant p&#234;lem&#234;le l'islamisme, les guerres de religion et bien d'autres exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette vue superficielle et facile ne r&#233;siste toutefois pas &#224; l'examen. En un sens, la violence est de toutes les cultures. Mais pas principalement l&#224; o&#249; on le dit. Et qui veut voir de la violence dans les Evangiles ne les a pas lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre les pers&#233;cutions que subit le christianisme depuis ses origines montrent qu'un destin &#233;trange fait de cette religion une cible particuli&#232;re. En fait certains voient comme une agression le fait m&#234;me qu'un autre affirme une v&#233;rit&#233; &#224; laquelle il croit. Et se pensent d&#232;s lors autoris&#233;s &#224; &#234;tre eux-m&#234;mes agressifs envers lui&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela m&#233;rite qu'on regarde la question de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religions-et-vie-politique-.html" rel="directory"&gt;Religions, la&#239;cit&#233;, violence&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Monotheisme-et-violence-+.html" rel="tag"&gt;Monoth&#233;isme et violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Violence-et-religion-+.html" rel="tag"&gt;Violence et religion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On dit que le monoth&#233;isme a fait appara&#238;tre la violence dans le champ religieux, alors que le polyth&#233;isme serait tol&#233;rant et paisible. Comme si l'exclusivit&#233; de la foi et la croyance dans une v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e impliqueraient automatiquement l'usage de la violence. Et de sortir une litanie bien au point : pour le christianisme, les croisades, l'inquisition et les guerres de religion ; pour l'islam l'ensemble de ses conqu&#234;tes, le statut des dhimmi et bien s&#251;r l'islamisme. Certains mettent m&#234;me sur le compte du monoth&#233;isme les effroyables massacres des &#8216;religions' politiques depuis trois si&#232;cles, avec la R&#233;volution fran&#231;aise, le communisme etc. car il y aurait eu une forme d'imitation ou de transposition &#224; partir de la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse superficielle ne r&#233;siste toutefois pas &#224; l'examen. Il est notoire que les grandes soci&#233;t&#233;s polyth&#233;istes ont connu des formes aigu&#235;s de violence collective et de conqu&#234;te brutale, les cas les plus caricaturaux &#233;tant ceux des Assyriens et Babyloniens, ou des Azt&#232;ques ; mais les exploits des Romains ou ceux des Ts'in, unificateurs de la Chine, sont eux aussi marqu&#233;s par une grande violence. En d'autres termes la violence politique est universelle. En outre, d'une certaine fa&#231;on tout exercice de la violence politique suppose un objectif, un dessein plus ou moins imp&#233;rial, une affirmation d'autorit&#233; ou de pouvoir, auquel on subordonne la vie de tout ce qui y r&#233;siste. Donc une volont&#233; d'affirmation essentiellement politique certes, mais qui prend aussi de ce fait une forme id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que les monoth&#233;ismes ont une sp&#233;cificit&#233; : la violence au nom d'une id&#233;e, exclusive des autres, qui pousserait &#224; l'&#233;limination de ces rivales par la force. Mais d&#233;j&#224; la coh&#233;rence logique de l'id&#233;e n'appara&#238;t pas. On ne voit pas pourquoi le fait de croire &#224; une v&#233;rit&#233;, y compris si on la croit r&#233;v&#233;l&#233;e par un Dieu absolu, impliquerait automatiquement la propension &#224; utiliser la violence pour l'imposer. En particulier, au niveau des textes cela ne se d&#233;duit en rien des Evangiles, ni du comportement radicalement diff&#233;rent du Christ (qui est pourtant Dieu fait homme pour les chr&#233;tiens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons alors les faits. La critique vaut pour l'Islam sans doute, au moins une certaine conception de l'Islam enracin&#233;e dans des textes essentiels de cette religion et qui a entra&#238;n&#233; effectivement des conqu&#234;tes immenses et violentes. J'en parle par ailleurs, mais c'est &#224; mon sens une sp&#233;cificit&#233; de cette religion. Pour le juda&#239;sme, cela n'appara&#238;t que dans la conqu&#234;te de l'ancienne Palestine ; mais ce n'est en aucune fa&#231;on un pros&#233;lytisme : il ne s'agissait pas de conqu&#233;rir les personnes &#224; une id&#233;e universelle, mais de s'emparer d'un territoire limit&#233; dont on pensait qu'il avait &#233;t&#233; promis par Dieu : c'est donc assez &#233;loign&#233; du sch&#233;ma mis en avant par nos critiques. Ce pourrait d'ailleurs &#234;tre le fait d'un polyth&#233;isme dans lequel le dieu tribal cautionnerait de tel app&#233;tits de conqu&#234;te au profit du peuple concern&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc le christianisme. Son examen va faire appara&#238;tre des faits int&#233;ressants. Passons sur les Croisades, qui ne visaient pas &#224; conqu&#233;rir la plan&#232;te mais un endroit bien pr&#233;cis, un lieu de p&#232;lerinage chr&#233;tien tomb&#233; sous une domination musulmane peu accueillante. Les guerres de religion sont plus int&#233;ressantes car ind&#233;niablement le motif religieux y &#233;tait mis en avant pour justifier des guerres cruelles, civiles ou &#233;trang&#232;res. Le motif politique &#233;tait toujours sous-jacent mais il est ind&#233;niable que le facteur religieux a sensiblement aggrav&#233; le rythme de ces guerres. Mais la raison en est simple : dans des soci&#233;t&#233;s o&#249; la religion a un r&#244;le fondateur essentiel pour la vie collective, le changement possible de celle-ci au niveau des dirigeants a un impact collectif consid&#233;rable. Ce qui peut en faire un enjeu de violence. Il en sera de m&#234;me lorsque, apr&#232;s les suppos&#233;es Lumi&#232;res, des id&#233;ologies politiques voudront r&#233;organiser la vie collective sur de nouvelles bases : la pers&#233;cution va alors s'exercer contre les religions en place, notamment le catholicisme, avec des moments de violence extr&#234;me (r&#233;volutions fran&#231;aise et mexicaine, r&#233;publique espagnole), ou larv&#233;e (Troisi&#232;me r&#233;publique) ; sans parler &#233;videmment du communisme, russe, chinois ou autre. En d'autres termes, on est l&#224; devant des enjeux vitaux ; leur remise en cause peut devenir vite objet de violence ; et les id&#233;ologies la&#239;ques montrent ici elles aussi une violence sans pr&#233;c&#233;dent. En d'autres termes la violence politique est un enjeu permanent, et les id&#233;ologies progressistes ou d&#233;mocratiques se sont av&#233;r&#233;es, l'occasion venue, d'une violence jusque-l&#224; inou&#239;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va dire que du temps du polyth&#233;isme cela ne faisait pas. Chiche. Car &#224; nouveau ici l'examen historique s'av&#232;re riche d'int&#233;r&#234;t. Prenons le cas des chr&#233;tiens sous l'empire romain pendant les premiers si&#232;cles. Leur exclusivisme monoth&#233;iste se traduisait dans le seul fait de refuser de participer aux sacrifices aux idoles, alors culte public. Cela s'est traduit comme on sait par d'atroces pers&#233;cutions, r&#233;p&#233;t&#233;es, sous des formes vari&#233;es mais constantes. Or ces chr&#233;tiens ne menaient aucune lutte d'aucune sorte contre le syst&#232;me politique romain ou la soci&#233;t&#233; du temps, en dehors de ce refus de participer aux cultes publics. On n'&#233;tait donc pas dans la situation des guerres de religion : aucune menace directe ne s'exer&#231;ait sur le mode de vie ou les croyances de qui que ce soit. Pourtant la pers&#233;cution s'est d&#233;clench&#233;e, a dur&#233;e tr&#232;s longtemps et sous des dirigeants assez diff&#233;rents les uns des autres. Et elle a &#233;t&#233; le fait de polyth&#233;istes, au nom de leurs cultes. Non certes par pros&#233;lytisme : ils tol&#233;raient des religions assez vari&#233;es et ne demandaient pas d'adh&#233;sion aux leurs. Mais ils exigeaient le culte public de leurs idoles, et devenaient f&#233;roces quand on le leur refusait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que cet exemple historique romain n'est pas unique : on retrouve le m&#234;me sch&#233;ma, toujours contre le christianisme d'ailleurs, dans de nombreux autres cas. Particuli&#232;rement spectaculaires ont &#233;t&#233; les pers&#233;cutions des convertis au christianisme au Japon au XVIIe si&#232;cle ou en Cor&#233;e au XIXe si&#232;cle. Dans ces cas aussi des syst&#232;mes religieusement assez composites sont devenus d'une violence extr&#234;me face &#224; un christianisme se r&#233;pandant alors tr&#232;s vite pour leur go&#251;t - mais sans aucune remise en cause de l'ordre social ni du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que d&#233;duire de cette observation ? D'abord cette &#233;vidence que le polyth&#233;isme ou des syst&#232;mes analogues, non-monoth&#233;istes, peuvent &#234;tre violemment pers&#233;cuteurs, m&#234;me de personnes qui ne pr&#233;sentaient aucun programme d'ordre politique ou social et restaient parfaitement paisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve ensuite sans doute un &#233;l&#233;ment analogue &#224; nos guerres de religion : le fait est qu'un changement de conception puisse &#234;tre consid&#233;r&#233; enjeu politique majeur, m&#234;me lorsque la nouveaut&#233; doctrinale ne porte pas sur un sujet politique. Ceci dit la situation &#233;voqu&#233;e ici est assez diff&#233;rente, car l'enjeu des guerres de religion &#233;tait quand m&#234;me une lutte pour le pouvoir politique, ce qui n'est pas le cas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment, et &#224; la r&#233;flexion il est &#233;tonnant : c'est le fait que cette intol&#233;rance et cette violence de la r&#233;action s'av&#232;rent incomparablement plus marqu&#233;s &#224; l'&#233;gard du christianisme, alors m&#234;me qu'il ne manifeste pas d'ambition politique et ne vise normalement &#224; convertir que par la conviction (m&#234;me s'il y a eu des d&#233;rapages sur ce point &#224; d'autres &#233;poques, c'est en tout cas ind&#233;niable dans ces exemples pr&#233;cis). C'est d'ailleurs de fait, depuis son apparition et de loin, la religion la plus pers&#233;cut&#233;e - quel que soit son comportement. C'est vrai aussi des Juifs bien s&#251;r mais c'est alors sous une forme assez diff&#233;rente puisqu'ils ne cherchent pas &#224; convertir ; dans une certaine mesure les musulmans aussi sont pers&#233;cut&#233;s ici ou l&#224; - mais il y a l&#224; le fait historique de la conqu&#234;te militaire, presque partout pr&#233;sent, et l'absence de distinction du religieux et du politique, ce qui rend plus compr&#233;hensible la r&#233;sistance des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe donc comme si des r&#233;gimes politiques et des populations non-monoth&#233;istes concevaient une hostilit&#233; tout &#224; fait particuli&#232;re face &#224; l'affirmation par des personnes d'un monoth&#233;isme, essentiellement chr&#233;tien, par le simple fait qu'elles affichaient cette conviction, celle des premiers chr&#233;tiens et de leurs successeurs, qu'ils ne pouvaient pas participer &#224; des cultes publics ou &#224; d'autres pratiques sociales de signification semblable, simplement parce que leur religion l'excluait et que sa validit&#233; &#233;tait universelle et sup&#233;rieure aux lois civiles. On dira que ces polyth&#233;istes ont soup&#231;onn&#233; une forme d'intol&#233;rance potentielle dans une telle attitude. Mais les premiers chr&#233;tiens n'emp&#234;chaient personne de pratiquer le culte des idoles, ni ne manifestaient la moindre ambition de mettre en place un empire chr&#233;tien. Qu'en conclure, sinon que, &lt;i&gt;d&#232;s qu'un pouvoir ou une soci&#233;t&#233; consid&#232;re des convictions ou au moins des rituels comme fondateurs de son ordre collectif, ce qui est d'une certaine fa&#231;on le fait de tous les r&#233;gimes, il regarde avec une profonde hostilit&#233; des gens m&#234;me tout &#224; fait inoffensifs, qui lui disent que leur foi les conduit &#224; refuser de partager ces convictions ou ces rituels, m&#234;me si tant par leurs d&#233;clarations que par leurs actes ils montrent qu'ils n'ont aucune intention hostile contre l'ordre social en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intol&#233;rance se r&#233;v&#232;le alors &#234;tre au c&#339;ur de tout polyth&#233;isme, parce que c'est une religion civique.&lt;/i&gt; Et la r&#233;publique n'y &#233;chappe pas, avec sa propre &#8216;religion' de la la&#239;cit&#233; dure. Seul le christianisme, fondateur en cela de la saine la&#239;cit&#233; (malgr&#233; des d&#233;rapages historiques bien r&#233;els) affirme clairement la distinction du royaume de Dieu et du royaume de C&#233;sar, d&#232;s ses textes fondamentaux ; d&#232;s les &#233;vangiles. On s'aper&#231;oit alors que les fauteurs r&#233;els de violence ne sont pas principalement ceux qu'on croit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits se retrouvent &#224; notre &#233;poque. La d&#233;mocratie lib&#233;rale a en g&#233;n&#233;ral us&#233; de moyens relativement doux (pas toujours on l'a vu) ; mais elle a constamment lutt&#233; pour refouler le christianisme, notamment le catholicisme, en dehors de l'espace public. Car elle a beaucoup de mal &#224; admettre que des citoyens lui disent que sur certains points la loi religieuse est plus importante que la loi civile, m&#234;me lorsque cela ne remet pas en cause l'ordre social. On le voit aujourd'hui en mati&#232;re de mariage ou de m&#339;urs. On supporte tr&#232;s mal la dissidence int&#233;rieure que les chr&#233;tiens d'aujourd'hui ne peuvent qu'afficher sur ces points, au nom de leur foi, mais sans aucune intention de subversion sociale ou politique. Le cas fran&#231;ais, avec sa tradition de la&#239;cit&#233; agressive, est ici particuli&#232;rement significatif. Bien s&#251;r une forme d'&#233;quilibre a &#233;t&#233; trouv&#233;e bon an mal an, imparfaite mais pr&#233;f&#233;rable &#224; l'affrontement. Et on supporte cette dissidence chr&#233;tienne lorsqu'elle reste modeste. Mais on ne saurait consid&#233;rer cela comme un acquis d&#233;finitif. Le catholicisme a beau tout faire pour se faire tout petit, il reste suspect.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
