<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=330&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Concurrence fiscale et sociale : quel syst&#232;me international et europ&#233;en veut-on ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Concurrence-fiscale-et-sociale-quel-systeme-international-et-europeen-veut-on.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Concurrence-fiscale-et-sociale-quel-systeme-international-et-europeen-veut-on.html</guid>
		<dc:date>2025-08-27T14:47:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me international</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La diversit&#233; des syst&#232;mes &#233;conomiques et sociaux au sein de la soci&#233;t&#233; internationale pose un probl&#232;me majeur, qui n'est que rarement &#233;voqu&#233; dans toute son ampleur et sa signification. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'abord &#233;videmment le cas bien connu des paradis fiscaux et juridictions non coop&#233;ratives, fa&#231;on &#238;les antillaises. Mais la question est plus g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; dans le fiscal pur, au sein de l'Europe on a les cas de l'Irlande et du Luxembourg. Le niveau de richesse atteint par ces divers pays est d&#251; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Solidarite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Systeme-international-+.html" rel="tag"&gt;Syst&#232;me international&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/business-man-6640060_1280.webp?1787417294' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La diversit&#233; des syst&#232;mes &#233;conomiques et sociaux au sein de la soci&#233;t&#233; internationale pose un probl&#232;me majeur, qui n'est que rarement &#233;voqu&#233; dans toute son ampleur et sa signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord &#233;videmment le cas bien connu des paradis fiscaux et juridictions non coop&#233;ratives, fa&#231;on &#238;les antillaises. Mais la question est plus g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; dans le fiscal pur, au sein de l'Europe on a les cas de l'Irlande et du Luxembourg. Le niveau de richesse atteint par ces divers pays est d&#251; en partie appr&#233;ciable &#224; une politique fiscale qu'on peut qualifier de pr&#233;datrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de telles pratiques est une aberration. Et &#224; un certain stade, c'est la reconnaissance m&#234;me de ces pays et de leurs pratiques qui doit &#234;tre remise en cause, y compris dans leur validit&#233; juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne doit pas emp&#234;cher inversement les pays &#224; fiscalit&#233; d&#233;lirante, comme la France &#224; revoir aussi leur copie, dans l'autre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paradis fiscaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t peut-il &#234;tre dit juste, d&#232;s lors que le syst&#232;me politique et fiscal &#224; l'&#233;chelle mondiale tol&#232;re des paradis fiscaux, abondamment utilis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s et les tr&#232;s gros revenus ? La question doit &#234;tre pos&#233;e, car on assiste &#224; de vrais scandales. Je l'avais &#233;voqu&#233;e d&#232;s mars 2013 dans un article publi&#233; sous le titre &#171; Paradis fiscaux : une hypocrisie bien commode &#187; (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les paradis fiscaux sont des boucs &#233;missaires bien commodes. D'autant plus commodes qu'on ne prend pas les mesures qui permettraient leur disparition&#8230;. Ce qui frappe c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend-on par paradis fiscaux ? Des pays dont l'activit&#233; principale est d'utiliser une l&#233;gislation extr&#234;mement accommodante, fiscale, juridique et autre, pour qu'on localise chez eux des op&#233;rations qui seraient sinon domicili&#233;es ailleurs. On vise au minimum quelques &#238;les plus ou moins exotiques qui vont d'Antigua, des Bermudes, des Ca&#239;mans ou de Nauru pour ne citer qu'elles, jusqu'&#224; Jersey et Guernesey. Mais le terme peut s'appliquer aussi &#224; quelques Etats moins n&#233;gligeables - dont certains sont au centre de l'Europe quand ils ne sont pas membres de l'Union europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment est-il possible &#224; un pays d'&#234;tre un paradis fiscal ? Bien s&#251;r c'est d'abord par choix. Mais cela n'a d'effet que pour autant que les autres pays reconnaissent la validit&#233; des op&#233;rations qu'il abrite. Aucune entreprise &#233;tablie ailleurs n'effectuerait, directement ou via une filiale, une activit&#233; financi&#232;re ou autre dans un paradis fiscal si la validit&#233; des transactions ainsi domicili&#233;es n'&#233;tait pas reconnue dans son pays d'origine ou les autres pays &#8216;normaux'. On sait fort bien qu'il n'y a en r&#233;alit&#233; aucune activit&#233; bancaire ou financi&#232;re dans ces territoires. Les op&#233;rations qui y sont log&#233;es juridiquement et fiscalement sont enti&#232;rement mont&#233;es et d&#233;cid&#233;es ailleurs : les &#238;les Ca&#239;mans par exemple, o&#249; l'on trouvera tout au plus quelques juristes ou comptables, sont le r&#233;ceptacle d'op&#233;rations initi&#233;es &#224; New York. Si donc les &#201;tats-Unis ne reconnaissaient pas la validit&#233; juridique des op&#233;rations enregistr&#233;es aux &#238;les Ca&#239;mans, elles se videraient du jour au lendemain. L'enjeu est l&#224;... C'est d'abord aux gouvernements des pays industrialis&#233;s de prononcer leur jugement sur la situation de ces pays et cons&#233;quemment d'accepter ou non de reconna&#238;tre la validit&#233; juridique des transactions effectu&#233;es avec ou chez eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans bien des cas, on peut remettre m&#234;me en cause le statut de pays qu'on a lib&#233;ralement reconnu &#224; des confettis insignifiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tol&#233;rance extraordinaire dont b&#233;n&#233;ficient ces entit&#233;s laisse planer un doute s&#233;rieux sur la volont&#233; des autres pays de vraiment lutter contre ces pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus encore quand on connait les facilit&#233;s extraordinaires que cela donne au blanchiment d'argent et aux trafics illicites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question plus g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces cas extr&#234;mes se pose en mati&#232;re &#233;conomique la question de la cohabitation sur la plan&#232;te de pays dont les r&#233;gimes l&#233;gaux, r&#232;glementaires, sociaux et fiscaux sont tr&#232;s diff&#233;rents, et qui cependant posent le principe de la libre circulation des capitaux et des biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand des pays r&#232;glementent des activit&#233;s, autorisant certaines et interdisant d'autres, normalisant beaucoup d'entre elles, c'est pour certaines raisons. Elles peuvent &#234;tre contestables, mais beaucoup d'entre elles sont justifi&#233;es dans leur principe. Il est alors contradictoire d'admettre l'entr&#233;e de produits ou de services qui ne les respectent pas, soit par nature, soit selon les conditions de leur production. De m&#234;me, le syst&#232;me fiscal et le syst&#232;me social pr&#233;voient une certaine contribution des entreprises ou des personnes &#224; des d&#233;penses communes. Si on se place du point de vue des pays o&#249; ces syst&#232;mes sont en place, il y a une grande contradiction &#224; admettre l'entr&#233;e de produits ou de services qui n'ont pas pay&#233; cette contribution dans les lieux de production et sont donc bien moins chers. Ou qui se localisent dans ces pays pour r&#233;duire leur charge fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple parfaitement caricatural de cette situation est l'Union europ&#233;enne, qui a &#233;rig&#233; en dogme absolu la libre circulation des capitaux, mais n'assure que le degr&#233; minimum d'harmonisation fiscale (surtout sur la TVA, et encore). D'o&#249; une aberration comme l'Irlande, qui a des taux d'imposition sur les soci&#233;t&#233;s extr&#234;mement bas, et attire &#233;norm&#233;ment d'activit&#233;s et de si&#232;ges sociaux, notamment d'entreprises non europ&#233;ennes et en particulier am&#233;ricaines. Gr&#226;ce aux prix de transfert, elles concentrent leurs profits sur ce pays. Une telle situation est un scandale. Et le Luxembourg n'en est pas loin. R&#233;sultat : ces pays ont atteint en peu d'ann&#233;es un niveau de richesse par habitant massivement sup&#233;rieur &#224; celui des autres pays de l'Union. Il ne s'agit pas ici de dire que cela ne s'explique que par leur politique fiscale et autre ; mais il est ind&#233;niable qu'elle y a jou&#233; et joue une r&#244;le important, et parfaitement anormal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la pharmacie. Selon les Echos, &#171; L'Irlande est responsable &#224; elle seule de 46 des 82 milliards de dollars de d&#233;ficit commercial des Etats-Unis avec l'Union europ&#233;enne dans le domaine pharmaceutique &#187;. Chaque ann&#233;e au niveau mondial, tous secteurs d'activit&#233; confondus, &#171; les multinationales am&#233;ricaines d&#233;clarent un b&#233;n&#233;fice de 325 milliards de dollars dans sept juridictions &#224; faible fiscalit&#233; (Bermudes, &#238;les Ca&#239;mans, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Singapour et Suisse) et de seulement 50 milliards dans sept des plus grandes &#233;conomies mondiales (Chine, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon et Espagne) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;largir la question au cas de pays adoptant un mode de fonctionnement politique et social anormal, mais qui leur donne un avantage dans la comp&#233;tition internationale. Ainsi en mati&#232;re sociale ou environnementale. Un pays qui maintient sa force de travail dans une situation de mis&#232;re (en regard de son niveau de d&#233;veloppement), ou qui utilise une arm&#233;e de r&#233;serve industrielle, en tout cas une main d'&#339;uvre &#224; sa disposition, n'est pas seulement condamnable du point de vue interne ; c'est aussi un mauvais partenaire pour les autres pays, un sorte de tricheur. Que dire alors d'un Duba&#239; o&#249; l'essentiel de la main d'&#339;uvre est &#233;trang&#232;re et pr&#233;caire ? On peut b&#226;tir l&#224;-dessus une prosp&#233;rit&#233; insolente et attirer des cohortes de milliardaires ; on n'est pas un pays normal. Et il n'y a pas de raison que les autres vous traitent comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous pla&#231;ons ici du point de vue des autres pays, qui subissent ce genre de comportement. Bien entendu dans tous ces cas, il faut s'interroger d'abord sur sa propre r&#233;glementation, et par exemple sur sa pression fiscale. Notamment en France, champion des pr&#233;l&#232;vements dans tout le monde d&#233;velopp&#233; et ailleurs. C'est &#233;videmment une question majeure. Chacun doit commencer par balayer devant sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, qu'on appelle libertariens, hostiles &#224; toute notion d'intervention publique et m&#234;me de solidarit&#233; sous quelque forme que ce soit, font l'apologie de ces pays en rupture de r&#232;gles. Influents aux Etats-Unis et dans certains milieux de la tech, ils voient d'un bon &#339;il une concurrence fiscale et sociale par le bas, pr&#233;alable pour eux d'une atrophie de tout ce qui est public ; et ils r&#234;vent de zones compl&#233;ments franches, sans &#233;tat. Cela tente aussi bien des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait la lourdeur de certains syst&#232;mes publics, leur arbitraire et leur efficacit&#233; douteuse, apporte de l'eau &#224; leur moulin. Mais inversement, sauf &#224; adopter de telles th&#232;ses, cela ne suffit pas pour r&#233;pondre &#224; la question. En effet, dans bien des cas, m&#234;me si on ajuste son propre syst&#232;me, on conclura qu'il faut quand m&#234;me un vrai niveau de solidarit&#233; et d'encadrement, et il est sup&#233;rieur &#224; celui de ces pays aberrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Dans certains cas, on peut avoir un int&#233;r&#234;t &#224; maintenir quand m&#234;me un rapport avec de tels pays, si on y trouve son avantage. Mais sinon la question reste. Or c'est une question de fond, qui touche la nature m&#234;me du syst&#232;me &#233;conomique international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux familles de r&#233;ponses peuvent alors &#234;tre explor&#233;es. C'est d'abord la voie si on peut dire l&#233;gale, internationale : une action commune des pays l&#233;s&#233;s, ou une organisation internationale quelle qu'en soit la nature. C'est ensuite la voie bilat&#233;rale ; notamment douani&#232;re ou r&#233;glementaire. Soit pour remettre juridiquement en question la valeur juridique des op&#233;rations qui se d&#233;roulent dans ces pays. Soit pour les taxer, ou mettre des droits de douane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suppose un pr&#233;alable mental : cesser de consid&#233;rer qu'un pays peut faire ce qui convient &#224; ses int&#233;r&#234;ts sans consid&#233;ration des autres, et qu'il puisse exiger parall&#232;lement d'&#234;tre trait&#233; comme un membre normal et d&#233;cent de la communaut&#233; internationale. Y compris juridiquement. &lt;br class='autobr' /&gt;
*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Note&lt;/i&gt; : On s'est plac&#233; ici au niveau politique et non pas &#224; celui des utilisateurs de ces structures. Pour ces derniers, le jugement &#224; porter varie selon les cas, depuis ceux que la concurrence oblige plus ou moins &#224; recourir &#224; ces m&#233;thodes, jusqu'&#224; ceux qui manifestent par-l&#224; de fa&#231;on coupable leur absence de responsabilit&#233; envers les communaut&#233;s o&#249; elles ont leur activit&#233;. En passant par ceux qui s'abritent devant la reconnaissance juridique de ces structures par leur propre gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paradis fiscaux : le triomphe de l'hypocrisie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-le-triomphe-de-l-hypocrisie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-le-triomphe-de-l-hypocrisie.html</guid>
		<dc:date>2016-04-14T12:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Article dans Famille chr&#233;tienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHRONIQUE | Parlons clair | 13/04/2016 | Num&#233;ro 1996&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradis fiscaux : le triomphe de l'hypocrisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article dans &lt;i&gt;Famille chr&#233;tienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHRONIQUE | Parlons clair | 13/04/2016 | Num&#233;ro 1996&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.famillechretienne.fr/politique-societe/economie/paradis-fiscaux-le-triomphe-de-l-hypocrisie-191758&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.famillechretienne.fr/pol...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paradis fiscaux et justice fiscale</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-et-justice-fiscale.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-et-justice-fiscale.html</guid>
		<dc:date>2015-03-29T12:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'imp&#244;t peut-il &#234;tre dit juste, d&#232;s lors que le syst&#232;me politique et fiscal &#224; l'&#233;chelle mondiale tol&#232;re des paradis fiscaux, abondamment utilis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s et les tr&#232;s gros revenus ? La question doit &#234;tre pos&#233;e, car on assiste &#224; de vrais scandales. En m&#234;me temps la r&#233;ponse n'est pas toujours simple. Retour sur une question toujours d'actualit&#233;. Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Paradis fiscaux et justice fiscale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t peut-il &#234;tre dit juste, d&#232;s lors que le syst&#232;me politique et fiscal &#224; l'&#233;chelle mondiale tol&#232;re des paradis fiscaux, abondamment utilis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s et les tr&#232;s gros revenus ? La question doit &#234;tre pos&#233;e, car on assiste &#224; de vrais scandales. En m&#234;me temps la r&#233;ponse n'est pas toujours simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend-on par paradis fiscaux ? Des pays dont l'activit&#233; principale est d'utiliser une l&#233;gislation extr&#234;mement accommodante, fiscale et r&#233;glementaire, pour qu'on localise chez eux des op&#233;rations qui n'y ont pas de base &#233;conomique. On vise au minimum quelques &#238;les plus ou moins exotiques genre &#238;les Ca&#239;mans ou Nauru. Mais aussi quelques Etats moins symboliques, y compris en Europe. Ils permettent de deux fa&#231;ons &#224; &#233;chapper &#224; l'imp&#244;t : en dissimulant une fraude ; ou en rendant possible ce qu'on appelle une optimisation fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la fraude est le plus simple. Le contribuable est alors en claire infraction et le paradis fiscal emp&#234;che l'autorit&#233; l&#233;gitime de le voir. Dans ce cas c'est l'opacit&#233; r&#233;glementaire qui est en cause, le fait que le pays refuse de donner les informations n&#233;cessaires au pays d'origine. La parade est d'exiger des &#233;changes d'informations. Jusqu'&#224; r&#233;cemment il n'y avait rien de bien efficace. Pourquoi ? D'abord &#224; cause de la difficult&#233; &#224; &#233;tablir une liste de pays identifi&#233;s comme paradis fiscaux (on dit : &#171; non-coop&#233;ratifs &#187;) : ces listes se sont r&#233;duites au fil des ans comme peau de chagrin, sans que la communication d'information entre pays soit plus efficace. Ceci dit, des d&#233;cisions ont &#233;t&#233; prises r&#233;cemment pour rendre syst&#233;matique cette communication, sans que le secret dit bancaire soit opposable. C'est un progr&#232;s relatif, quoique cela oblige &#224; des contr&#244;les continuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essentiel n'est pas l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas le plus fr&#233;quent celui o&#249; le contribuable est en r&#232;gle, mais b&#233;n&#233;ficie d'un r&#233;gime fiscal anormalement avantageux. Comment ? Soit en logeant juridiquement une op&#233;ration dans un pays &#224; fiscalit&#233; plus basse. Soit en jouant sur les facturations internes au sein du groupe, qui se font &#224; des prix, dits prix de transfert, difficiles &#224; contr&#244;ler ou sans r&#233;f&#233;rence objective : on fait alors en sorte que le profit apparaisse dans le pays &#224; fiscalit&#233; basse. Ces pays, en g&#233;n&#233;ral petits voire minuscules, attirent &#233;norm&#233;ment d'op&#233;rations pr&#233;cis&#233;ment par cette imposition tr&#232;s faible, dont le produit suffit &#224; leurs besoins. La riposte pr&#233;c&#233;dente est alors peu efficace : la transparence aide certes &#224; rep&#233;rer les montages et &#224; tenter d'y parer, mais les op&#233;rations peuvent &#234;tre tout &#224; fait l&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui ici frappe alors c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer. Car comment est-il possible &#224; un pays d'&#234;tre un paradis fiscal ? Cela n'a d'effet que pour autant que les autres pays reconnaissent la validit&#233; des op&#233;rations qu'il abrite. Aucune soci&#233;t&#233; n'effectuerait une activit&#233; financi&#232;re ou autre dans un paradis fiscal si la validit&#233; des transactions ainsi domicili&#233;es n'&#233;tait pas reconnue dans son pays d'origine ou dans les autres pays &#8216;normaux'. On sait fort bien qu'il n'y a en r&#233;alit&#233; aucune activit&#233; financi&#232;re ou commerciale dans ces territoires. Les op&#233;rations qui y sont log&#233;es sont enti&#232;rement mont&#233;es et d&#233;cid&#233;es ailleurs : les &#238;les Ca&#239;mans par exemple sont le r&#233;ceptacle d'op&#233;rations initi&#233;es &#224; New York. Si les &#201;tats-Unis ne reconnaissaient pas la validit&#233; juridique des op&#233;rations enregistr&#233;es dans ces &#238;les, elles se videraient du jour au lendemain. Il d&#233;pend donc pour l'essentiel des autres pays &#8216;normaux' qu'elles jouent un r&#244;le de paradis fiscal ou non. En ne tol&#233;rant pas que des pseudo-Etats sans consistance (ou des Etats qui ne jouent pas le jeu) utilisent un statut d'Etat reconnu pour parasiter les autres en mettant en place des l&#233;gislations aberrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les Gouvernements prennent donc leurs responsabilit&#233;s, directement ou en mettant en place des institutions internationales capables de prendre de vraies d&#233;cisions (c'est un des domaines o&#249; l'Autorit&#233; internationale recommand&#233;e par le pape dans Caritas in veritate aurait son sens), et de proclamer nulles les transactions faites dans des pays qui ne respectent pas des r&#232;gles minimales et une fiscalit&#233; raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste l'aspect moral, &#224; &#233;tat du droit donn&#233;, qui concerne les entreprises ou les personnes qui utilisent ces m&#233;thodes. Sont-ils moralement innocents ? S&#251;rement pas dans le cas de la fraude. Mais l'optimisation ? Ce n'est pas simple. D'un c&#244;t&#233; on peut avoir &#224; s'abstenir d'un acte l&#233;gal, s'il est r&#233;ellement immoral. On a le devoir de participer aux charges des pays o&#249; on op&#232;re, du moins en temps normal (si on a un gouvernement l&#233;gitime, une pression fiscale raisonnable ou m&#234;me &#233;lev&#233;e mais non confiscatoire). Et donc on pratique des prix de transfert &#233;quitables et on loge ses op&#233;rations en fonction de leur destination r&#233;elle. Sous deux r&#233;serves : d'abord le cas d'une fiscalit&#233; r&#233;ellement aberrante en regard des pays normaux comparables, qui aboutit &#224; confisquer une propri&#233;t&#233; ou un revenu l&#233;gitimes. Dans ce cas on n'est pas tenu de payer un imp&#244;t d&#233;voy&#233;. Ensuite la pression concurrentielle : elle conduit une entreprise &#224; pr&#233;f&#233;rer une transaction avantageuse si elle est juridiquement valide. Il peut &#234;tre difficile d'y &#233;chapper, si la pratique est g&#233;n&#233;ralis&#233;e et qu'on ne peut plus rendre le service voulu sans en passer par l&#224;. Un tel cas met en &#233;vidence une d&#233;faillance du syst&#232;me collectif. On peut alors avoir &#224; la signaler. Pas &#224; se sacrifier pour couvrir l'hypocrisie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans l'Homme nouveau dat&#233; du 11 avril 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paradis fiscaux : une hypocrisie bien commode </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html</guid>
		<dc:date>2013-03-05T14:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les paradis fiscaux sont des boucs &#233;missaires bien commodes. D'autant plus commodes qu'on ne prend pas les mesures qui permettraient leur disparition. Au-del&#224; de l'image m&#233;diatique d'&#238;les tropicales pour exil&#233;s fiscaux et entreprises non citoyennes, ce qui frappe c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re mesure du Parlement fran&#231;ais puis de l'europ&#233;en en t&#233;moigne. On demande une transparence g&#233;n&#233;ralis&#233;e des banques sur leur activit&#233; dans tous les pays, en esp&#233;rant que la pression m&#233;diatique les r&#233;gulera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on recourt &#224; la pression m&#233;diatique c'est qu'on est incapable de faire la liste de ces juridictions de complaisance et d'en tirer les cons&#233;quences. Or elles n'existent et ne prosp&#232;rent que parce que nos Etats et organisations internationales veulent bien les reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paradis fiscaux sont des boucs &#233;missaires bien commodes. D'autant plus commodes qu'on ne prend pas les mesures qui permettraient leur disparition. Au-del&#224; de l'image m&#233;diatique d'&#238;les tropicales pour exil&#233;s fiscaux et entreprises non citoyennes, ce qui frappe c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jug&#233;s responsables d'une partie des errements et des abus du syst&#232;me financier mondial, les paradis fiscaux sont plus encore dans le collimateur des l&#233;gislateurs depuis la crise. Du moins si on en reste aux paroles. Derni&#232;rement, l'Assembl&#233;e Nationale a amend&#233; le projet de loi de r&#233;forme bancaire pour lancer ce qu'elle appelle une op&#233;ration de transparence ; et l'id&#233;e a &#233;t&#233; reprise aussit&#244;t au niveau europ&#233;en. Il s'agit d'obliger les banques &#224; publier chaque ann&#233;e pour chaque pays de la plan&#232;te, le nom de leurs filiales qui y sont &#233;tablies, avec leur nature d'activit&#233;, chiffre d'affaires, imp&#244;ts et effectifs. L'objectif est nous dit-on d'accro&#238;tre la lutte contre l'optimisation fiscale et la non-coop&#233;ration au sujet de l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi tous les pays de la plan&#232;te ? Parce que nos chers parlementaires ne croient pas &#224; la fixation par les Etats ou organisations internationales de listes de pays, noires ou grises, qui se ratatinent comme peau de chagrin &#224; chaque pression diplomatique et n'ont pas beaucoup d'effet. R&#233;sultat : on demande les chiffres pour tous les pays, paradis fiscal ou pas. La distorsion entre l'objectif, par nature cibl&#233;, et la g&#233;n&#233;ralit&#233; du moyen utilis&#233; saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend-on en effet par paradis fiscaux ? Des pays dont l'activit&#233; principale est d'utiliser une l&#233;gislation extr&#234;mement accommodante, fiscale, juridique et autre, pour qu'on localise chez eux des op&#233;rations qui seraient sinon domicili&#233;es ailleurs. On vise au minimum quelques &#238;les plus ou moins exotiques qui vont d'Antigua, des Bermudes, des Ca&#239;mans ou de Nauru pour ne citer qu'elles, jusqu'&#224; Jersey et Guernesey. Mais assez naturellement le terme peut s'appliquer aussi &#224; quelques Etats moins n&#233;gligeables - dont certains sont au centre de l'Europe quand ils ne sont pas membres de l'Union europ&#233;enne. Mais face &#224; ce petit nombre de pays qui sont au c&#339;ur de la pr&#233;occupation affich&#233;e, c'est une transparence tous azimuts qui est exig&#233;e, puisque les m&#234;mes informations devront &#234;tre publi&#233;es en ce qui concerne l'Allemagne, la Su&#232;de, le Japon, l'Australie ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cela ? On l'a vu, c'est d'abord &#224; cause de la difficult&#233; &#224; &#233;tablir une liste de pays identifi&#233;s comme paradis fiscaux. La liste du GAFI, la plus &#233;tendue, ne cite aucun pays occidental - contrairement &#224; ce que beaucoup estimeraient souhaitable. Et surtout parce que l'effet de ces listes est tr&#232;s mince. L'id&#233;e d'une liste d'informations &#233;tendue &#224; tous les pays est donc une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e de voir les informations ainsi rendues disponibles &#234;tre utilis&#233;es par des ONG afin d'exercer une pression &#224; travers l'opinion publique et de contraindre les banques (et &#224; terme les autres grandes entreprises) &#224; limiter, voire arr&#234;ter leurs activit&#233;s dans tel ou tel pays &#8211; que ces ONG d&#233;signeront alors comme paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; beaucoup de nos compatriotes r&#234;vent d'une plus grande ma&#238;trise de l'Etat (ou de l'Europe !) sur l'&#233;conomie, quel aveu d'impuissance ! Car voici une puissance publique qui se d&#233;clare incapable d'&#233;tablir une liste de pays, et choisit de se d&#233;charger de sa responsabilit&#233; souveraine sur des acteurs purement priv&#233;s comme les ONG. En bref on s'en remet au m&#233;diatique faute de prendre ses responsabilit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or comment est-il possible &#224; un pays d'&#234;tre un paradis fiscal ? Bien s&#251;r c'est d'abord par choix. Mais cela n'a d'effet que pour autant que les autres pays reconnaissent la validit&#233; des op&#233;rations qu'il abrite. Aucune entreprise &#233;tablie ailleurs n'effectuerait, directement ou via une filiale, une activit&#233; financi&#232;re ou autre dans un paradis fiscal si la validit&#233; des transactions ainsi domicili&#233;es n'est pas reconnue dans son pays d'origine ou les autres pays &#8216;normaux'. On sait fort bien qu'il n'y a en r&#233;alit&#233; aucune activit&#233; bancaire ou financi&#232;re dans ces territoires. Les op&#233;rations qui y sont log&#233;es juridiquement et fiscalement sont enti&#232;rement mont&#233;es et d&#233;cid&#233;es ailleurs : les &#238;les Ca&#239;mans par exemple, o&#249; l'on trouvera tout au plus quelques juristes ou comptables, sont le r&#233;ceptacle d'op&#233;rations initi&#233;es &#224; New York. Si donc les &#201;tats-Unis ne reconnaissaient pas la validit&#233; juridique des op&#233;rations enregistr&#233;es aux &#238;les Ca&#239;mans, elles se videraient du jour au lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est l&#224;. Il d&#233;pend enti&#232;rement des Etats-Unis que les &#238;les Ca&#239;mans jouent un r&#244;le de paradis fiscal ou non. Et pour des raisons morales, politiques et techniques c'est d'abord aux gouvernements des pays industrialis&#233;s de prononcer leur jugement sur la situation de ces pays et cons&#233;quemment d'accepter ou non de reconna&#238;tre la validit&#233; juridique des transactions effectu&#233;es avec ou chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire alors des entreprises concern&#233;es ? Sont-elles innocentes ? Ce n'est pas si simple. D'un c&#244;t&#233;, si une transaction aux &#238;les Ca&#239;mans est juridiquement autoris&#233;e et ne va pas contre les lois du pays d'origine, par exemple sur le blanchiment ou la fraude fiscale, et si la r&#233;aliser l&#224;-bas pr&#233;sente un avantage, la pression concurrentielle poussera l'entreprise &#224; le faire. Le l&#233;gislateur le sait parfaitement. Mais d'un autre c&#244;t&#233; il y a des cas o&#249; on doit s'abstenir d'un acte m&#234;me l&#233;gal, si on le juge r&#233;ellement immoral, comme &#233;videmment le travail forc&#233;, notamment des enfants. Mais ceci ne vaut que d'actes intrins&#232;quement immoraux. La r&#233;ponse est moins simple s'agissant de fiscalit&#233;. Au nom de quoi le pays d'origine critique-t-il la possibilit&#233; donn&#233;e de profiter d'un syst&#232;me fiscal avantageux, s'il reconna&#238;t la validit&#233; juridique de ce syst&#232;me et la l&#233;gitimit&#233; du pays qui le met en &#339;uvre ? Cela ne veut pas dire qu'on a le droit de pratiquer n'importe quelle optimisation fiscale : on a le devoir de participer aux charges du pays dont on fait partie. Mais d'un point de vue pragmatique, il est na&#239;f d'attendre de l'auto-restriction de firmes soumises &#224; la concurrence ce que les Etats, dont c'est pourtant la responsabilit&#233; premi&#232;re, se refusent &#224; faire en jouant leur r&#244;le normal. J'ai beaucoup insist&#233; dans d'autres domaines sur la n&#233;cessaire responsabilit&#233; morale des acteurs et sur son r&#244;le central pour la moralisation de la vie commune. Mais dans ce domaine-ci cette responsabilit&#233; n'est pas le moyen d'action principal. Les responsabilit&#233;s principales sont politiques, car elles portent sur la d&#233;finition des r&#232;gles m&#234;me de la vie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il faut cesser l'hypocrisie : les paradis fiscaux n'existent que parce que les autres Etats reconnaissent la validit&#233; de leur syst&#232;me juridique et fiscal et donc des transactions qui y sont faites. Sinon, ils n'h&#233;bergeraient plus aucune transaction et n'attireraient que des touristes en mal de soleil et d'exotisme. Que les Gouvernements et les Parlements prennent donc leurs responsabilit&#233;s. Ou qu'on mette en place des institutions internationales capables de prendre de vraies d&#233;cisions (c'est un des domaines o&#249; l'Autorit&#233; internationale recommand&#233;e par le pape dans Caritas in veritate aurait son sens). C'est-&#224;-dire de proclamer nulles les transactions faites dans des pays qui ne respectent pas des r&#232;gles minimales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 22 avril 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;daction de cet article et gr&#226;ce notamment (si on peut dire) &#224; l'affaire Cahuzac, des d&#233;cisions ont &#233;t&#233; prises pour rendre plus syst&#233;matique la communication d'informations entre pays, sans que le secret dit bancaire soit opposable. C'est sans doute un progr&#232;s relatif. Mais cela ne remet pas en cause l'analyse pr&#233;c&#233;dente : seule une volont&#233; commune, ferme et r&#233;solue de mise en place effective de normes communes minimales exigeantes peut permettre de limiter le r&#244;le paradoxal jou&#233; par les pays qui ne vivent que de leurs statuts juridiques et fiscaux accommodants. A condition qu'on fasse enfin ce qu'on n'a jamais fait &#224; ce jour : faire une vraie liste, comprenant tous ceux qui n'ont pas de normes suffisantes, et les obliger effectivement &#224; changer de syst&#232;me, sous peine de couper les relations avec eux. On peut en douter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons qu'il faudrait aussi s'interroger sur la pertinence de syst&#232;mes fiscaux dont la lourdeur aberrante finit par &#234;tre une v&#233;ritable provocation : le fran&#231;ais est un cas particuli&#232;rement agressif. La solidarit&#233; est n&#233;cessaire ; la fiscalit&#233; est l&#233;gitime. La confiscation, non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 11 mai 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Britanniques m&#232;nent actuellement une grande offensive pour rep&#233;rer des op&#233;rations d&#233;localis&#233;es abusivement dans ces juridictions complaisantes. C'est bien. Mais pourquoi ne touchent-ils pas au statut de Jersey et de Guernesey, qui font partie du Royaume-Uni et sont des paradis fiscaux bien connus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 16 f&#233;vrier 2014&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me remarque. Les Etats occidentaux sont en train de mettre en place un m&#233;canisme (par ailleurs tr&#232;s lourd) d'information mutuelle syst&#233;matique. Au pire, cela contr&#244;le encore plus les pauvres terriens. Au mieux, cela permet de lutter contre la fraude fiscale. Mais ce qui est s&#251;r, c'est que cela ne touche pas le n&#339;ud du probl&#232;me : la possibilit&#233; pour des pseudo-&#233;tats de mettre en place des r&#233;gimes exorbitants (fiscalement, juridiquement etc.) sortant de tout logique de responsabilit&#233; collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Texte initial adapt&#233; d'une tribune analogue parue sur les Echos.fr)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
