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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Ce n'est pas aux contribuables de payer les faillites de banques. Les le&#231;ons de Chypre</title>
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		<dc:date>2013-03-29T14:05:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Banque</dc:subject>
		<dc:subject>Faillite de banque</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise chypriote est un v&#233;ritable cas d'&#233;cole. D'abord de ce qu'il ne fallait pas faire avec la d&#233;lirante taxation des d&#233;p&#244;ts de moins de 100.000 &#8364;. Ou comment susciter rancunes et inqui&#233;tudes sans apporter la moindre solution viable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis apr&#232;s une semaine de psychodrame, le coming-out de l'Europe. Eh oui, les cr&#233;anciers doivent payer pour les banques en faillite, et pas seulement les contribuables. Et toute la m&#233;diasph&#232;re de s'indigner. A tort cette fois, et sans en tirer les le&#231;ons.&lt;/p&gt;
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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Faillite-de-banque-+.html" rel="tag"&gt;Faillite de banque&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise chypriote est un v&#233;ritable cas d'&#233;cole. D'abord de ce qu'il ne fallait pas faire avec la d&#233;lirante taxation des d&#233;p&#244;ts de moins de 100.000 &#8364;. Ou comment susciter rancunes et inqui&#233;tudes sans apporter la moindre solution viable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis apr&#232;s une semaine de psychodrame, le coming-out de l'Europe. Eh oui, les cr&#233;anciers doivent payer pour les banques en faillite, et pas seulement les contribuables. Et toute la m&#233;diasph&#232;re de s'indigner. A tort cette fois, et sans en tirer les le&#231;ons.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;tendrai pas sur la premi&#232;re &#233;tape : cette id&#233;e aberrante de taxe de 6,75 % sur les d&#233;p&#244;ts bancaires en de&#231;&#224; de 100.000 euros. Le toll&#233; a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ral et l'erreur reconnue. D&#233;sormais on proclame sacr&#233;s les d&#233;p&#244;ts bancaires inf&#233;rieurs &#224; 100.000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important est le second plan qui pour simplifier, liquide la seconde banque du pays et redimensionne la premi&#232;re, en frappant dans les deux cas actionnaires, cr&#233;anciers et d&#233;posants au-del&#224; des fameux 100.000 &#8364;. Et le concert des critiques de s'affoler de voir tout ce beau monde mis &#224; contribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un nouveau psychodrame europ&#233;en direz-vous. Oui, mais riche de le&#231;ons pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, un fait qui n'a &#233;t&#233; relev&#233; par personne : les march&#233;s ne sont pour rien dans cette crise. Vous savez, ces dangereux march&#233;s financiers responsables de tous nos maux. Or voici bien la quatri&#232;me crise financi&#232;re europ&#233;enne, apr&#232;s l'Irlande, l'Espagne et la Gr&#232;ce, sans parler de l'Islande, qui est une crise de l'activit&#233; bancaire classique. En l'esp&#232;ce presque pure : ce qui a tu&#233; les banques chypriotes ce n'est m&#234;me pas leur liquidit&#233; (leurs d&#233;p&#244;ts effectivement un peu suspects, &#233;taient rest&#233;s sagement sur place) mais l'effondrement de l'immobilier et surtout de la dette d'Etat grecque. Soit des op&#233;rations tout &#224; fait recommand&#233;es avant la crise. A l'aune de Volcker, Vickers ou Liikanen ce que faisaient ces banques &#233;tait m&#234;me impeccable. Une nouvelle d&#233;monstration du fait que je rappelle r&#233;guli&#232;rement : les crises bancaires proviennent bien plus souvent des activit&#233;s bancaires classiques que des activit&#233;s de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde le&#231;on concerne la zone euro et sa gouvernance face &#224; un probl&#232;me somme toute assez simple. Et l&#224; soyons clair : oui la bonne solution des crises bancaires n'est pas de faire payer les contribuables, ni d'ailleurs les autres banques, mais d'abord les partenaires de cette banque. Et parmi ceux-ci les d&#233;posants dont les d&#233;p&#244;ts exc&#232;dent 100.000 &#8364; quand, comme &#224; Chypre, ils constituent une part appr&#233;ciable du passif. Bien s&#251;r cela signifie pour l'&#238;le d'admettre la fin de son statut de place financi&#232;re offshore, et les b&#233;n&#233;fices qui en d&#233;coulaient. Mais on voit mal l'Europe et ses contribuables financer le maintien de cette sp&#233;cialisation &#233;trange et quelque peu disproportionn&#233;e. Quitte bien s&#251;r &#224; aider par ailleurs la population chypriote par solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc le Pr&#233;sident de l'Eurogroupe, M. Dijsselbloem, qui a raison : ceux qui prennent les risques doivent les assumer. Il a eu raison aussi de dire que ce serait autant que possible la m&#233;thode &#224; utiliser ailleurs, en fonction bien s&#251;r de la situation, cas par cas. C'est d'ailleurs exactement ce que vise la directive europ&#233;enne en cours de discussion sur la r&#233;solution des &#233;tablissements financiers et elle a elle aussi raison (pour une fois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste en outre &#224; tirer les le&#231;ons pour la zone euro. Passons sur le pass&#233; : l'&#233;trange faute originelle d'avoir accept&#233; Chypre dans la zone, sans prendre en compte la situation exceptionnelle de son syst&#232;me bancaire. Ceci dit cela s'explique aussi : si on suppose r&#233;alistes les illusions sur lesquelles la zone euro s'est b&#226;tie, &#224; commencer par la solidit&#233; de la dette souveraine de ses membres, jug&#233;e in&#233;branlable jusqu'&#224; il y a encore deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais prenons surtout conscience des limites r&#233;v&#233;l&#233;es par cette faillite. Il y a certes une certaine solidarit&#233; au sein de la zone euro. Mais elle ne permet pas de sauver un pays en crise profonde. On commen&#231;ait &#224; le comprendre. Mais on d&#233;couvre encore plus clairement que quand le couple pays-banque est mis en cause dans ses deux maillons, le reste de l'Europe ne sauve ni l'un et l'autre d'un ajustement en profondeur, avec des cons&#233;quences lourdes pour les parties prenantes, et en premier lieu le pays concern&#233; et sa population. Il faut alors en tirer les le&#231;ons pour les cr&#233;anciers. Je l'ai soulign&#233; d&#232;s 2011 : un tel ajustement en monnaie forte est tr&#232;s dur politiquement et socialement. Et pour att&#233;nuer la perspective d&#233;sesp&#233;rante de stagnation ou de r&#233;gression &#224; laquelle sa population fait face, cet Etat doit &#233;viter d'&#234;tre &#233;cras&#233; &#224; l'avenir par des dettes ing&#233;rables. Dans ce cas il faut r&#233;duire la dette, et donc mettre en place en Europe ce qu'on appelle des proc&#233;dures collectives (comme pour les entreprises), tant pour les Etats que pour les banques. M&#234;me si c'est dur pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce constat morose, ce qu'on entend partout c'est que l'Union bancaire aurait pu &#233;viter tout cela. On croit encore &#224; Zorro. Mais en quoi l'Union bancaire aurait-elle att&#233;nu&#233; la note ou chang&#233; radicalement le mode de r&#233;solution de cette crise - et des autres qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e ? Il faut bine que quelqu'un paye. On croit ici et l&#224; que les banques du reste de la zone euro payeront pour les banques p&#233;riph&#233;riques ; mais c'est une illusion : outre qu'il est injuste et paradoxal que les banques bien g&#233;r&#233;es payent pour les autres, leurs ratios prudentiels, B&#226;le et autres, limitent massivement leur capacit&#233; &#224; contribuer r&#233;ellement &#224; un sauvetage. De leur c&#244;t&#233;, les contribuables europ&#233;ens veulent bien aider, mais dans des limites vite atteintes. Reste donc le renflouement interne, mod&#232;le chypriote ; c'est le seul moyen d'&#233;viter que les contribuables prennent le reste de la note. Relisons alors le projet de directive : c'est ce qui est pr&#233;vu. Cela coh&#233;rent et disons-le &#233;quitable. C'est d'ailleurs ce principe qui a &#233;t&#233; adopt&#233; de leur c&#244;t&#233; par les Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement dans le cas de tr&#232;s grandes banques le risque est de voir l'effet de taille rendre difficilement &#233;vitable une intervention publique, du moins si rien n'a &#233;t&#233; fait pour l'&#233;viter autant que possible. Il faut donc pr&#233;voir &#224; l'avance le bon d&#233;roulement de telles mesures m&#234;me pour une grande banque. C'est ce que sont suppos&#233;s faire les plans de r&#233;solution pr&#233;vus &#224; cet effet et &#233;labor&#233;s par chaque banque, ce qui peut impliquer de changer leurs structures pour rendre moins risqu&#233;e et plus maniable leur &#233;ventuelle faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une dure r&#233;alit&#233;, mais qui seule est coh&#233;rente avec la nature des banques, entreprises responsables de leurs actes, comme doivent l'&#234;tre leurs partenaires (en dehors clients au d&#233;tail, qui ne sont pas en &#233;tat de mesurer la situation de leur banque et doivent &#234;tre s&#233;curis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il ne faut pas se bercer de l'illusion que l'union bancaire permettra d'&#233;viter ce genre de crises &#224; l'avenir. Certains croient ou affectent de croire que la supervision lointaine et technocratique qu'on installe &#224; Francfort dans le cadre de l'union bancaire disposera d'un savoir magique lui permettant d'&#233;viter les crises. On explique notamment qu'elle sera plus &#233;loign&#233;e des contingences politiques locales. Mais outre qu'on a rarement vu un pouvoir multilat&#233;ral d&#233;ployer cette efficacit&#233;, il est quelque peu optimiste de supposer qu'il lui aurait &#233;t&#233; possible en plein boom, vers 2008, d'obliger les Chypriotes &#224; redimensionner massivement un secteur bancaire qui faisait vivre tout le pays. Et puis, investissant dans l'immobilier et le papier d'Etat, n'&#233;tait-il pas &#224; faible risque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; est une chose bonne et n&#233;cessaire, mais elle ne peut ni ne doit tout r&#233;gler. Chaque banque et chaque partenaire des banques doivent &#234;tre responsables de leurs actes. Et chaque pays doit compter d'abord sur ses propres forces. La le&#231;on de Chypre est dure mais claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Version enrichie d'une tribune parue sur le site des Echos&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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