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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Nouvelle moisson de scandales financiers : tirer les vraies le&#231;ons.</title>
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		<dc:date>2012-07-17T13:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Morale et finance</dc:subject>
		<dc:subject>Scandale financier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Deux nouvelles affaires (le Libor et JP Morgan) viennent de jeter un jour cru sur l'irresponsabilit&#233; ordinaire d'une partie du monde de la finance. Des affaires r&#233;ellement &#233;normes, choquantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il en tirer les bonnes le&#231;ons. Loin de mettre en question le principe m&#234;me du march&#233;, elles nous rappellent ce qu'est un vrai march&#233; : les r&#232;gles &#224; respecter pour qu'un march&#233; soit un vrai march&#233;, honn&#234;te et utile, moralement et techniquement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire la suite...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Voir l&#224;-dessus ma participation au d&#233;bat &#034;Bankster : banquier ou gangster ?&#034; &#224; C dans l'air jeudi 19 juillet 2012 sur la 5 - &#224; 17 h 45 ou 22h 25 - Lien ci-apr&#232;s pour visionner&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux nouvelles affaires viennent de jeter un jour cru sur l'irresponsabilit&#233; ordinaire d'une partie du monde de la finance. Des affaires r&#233;ellement &#233;normes, choquantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il en tirer les bonnes le&#231;ons. Loin de mettre en question le principe m&#234;me du march&#233;, elles nous rappellent ce qu'est un vrai march&#233; : les r&#232;gles &#224; respecter pour qu'un march&#233; soit un vrai march&#233;, honn&#234;te et utile, moralement et techniquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re affaire est la tricherie sur le Libor, au centre de laquelle est la banque britannique Barclays. Le Libor est suppos&#233; &#234;tre le taux auquel les banques se pr&#234;tent au jour le jour en dollars &#8211;plus exactement, le taux moyen offert. Ce taux sert de r&#233;f&#233;rence &#224; des millions de transactions ; ce qui veut dire que des millions d'institutions ou de personnes payent ou encaissent sur cette base. Si le taux est truqu&#233; parce que bas&#233; sur des informations fausses, cela veut dire que des millions de personnes physiques ou morales re&#231;oivent ou payent trop ou trop peu. C'est apparemment le cas ; c'est donc gravissime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre est l'&#233;norme perte enregistr&#233;e dans le placement de sa tr&#233;sorerie par la banque am&#233;ricaine g&#233;ante JP Morgan : pas loin de 6 milliards &#224; ce jour. Cet argent avait &#233;t&#233; mis dans des instruments de march&#233;s (d&#233;riv&#233;s) complexes, tellement complexes que le prix r&#233;el de ces instruments &#233;tait effectu&#233; par des mod&#232;les math&#233;matiques - eux-m&#234;mes tr&#232;s compliqu&#233;s. Il semble que la direction ne savait pas exactement o&#249; elle en &#233;tait et mesurait mal le risque r&#233;el couru par la banque. Or il s'agit d'une des banques suppos&#233;es les plus comp&#233;tentes en la mati&#232;re. Si elle peut faire des erreurs pareilles dans le placement de son argent, cela signifie que le syst&#232;me n'est pas fiable. La aussi c'est gravissime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne connaissons pas &#224; ce stade toutes les donn&#233;es techniques ou juridiques de ces deux affaires. Mais ce qu'on en sait met en &#233;vidence de graves d&#233;fauts de fonctionnement, qui comme c'est fr&#233;quent en finance, sont en m&#234;me temps techniques et moraux. Mais pas toujours l&#224; o&#249; on le dit commun&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on voit d'embl&#233;e ce sont les agissements des op&#233;rateurs concern&#233;s. Les uns ont menti ou trich&#233; dans des d&#233;clarations aux cons&#233;quences consid&#233;rables. Les autres ont soit manipul&#233; les mod&#232;les, soit pr&#233;sum&#233; de leurs forces dans la capacit&#233; de ces mod&#232;les, et sans doute mal estim&#233; le comportement de certains march&#233;s &#233;sot&#233;riques. Dans les deux cas ces op&#233;rateurs ont &#233;t&#233; irresponsables ; &#224; ce titre leur moralit&#233; est directement engag&#233;e. Car le premier fondement de la morale, c'est la responsabilit&#233; de ses actes. Si donc ces faits sont av&#233;r&#233;s, ils m&#233;ritent une punition s&#233;v&#232;re : des ann&#233;es en prison - comme tout escroc. La m&#234;me remarque vaut pour leurs chefs - s'ils savaient. Et s'ils ne savaient pas, une sanction s&#233;v&#232;re pour le fait de ne pas avoir mis en place les dispositifs voulus, justement pour savoir. Et bien s&#251;r, d'un point de vue moral cela met &#224; nouveau en &#233;vidence les risques d'une culture collective mat&#233;rialiste, o&#249; le succ&#232;s mat&#233;riel est la mesure universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consid&#233;rations sont indiscutables. Mais il faut aller plus loin. Car contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue, ceci ne met pas en lumi&#232;re les d&#233;fauts du march&#233;, mais tout au contraire l'utilit&#233; du march&#233;, &#224; la condition expresse que cela soit un vrai march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vrai march&#233; est un lieu o&#249; une offre et une demande se rencontrent selon une confrontation optimale, permettant de d&#233;gager un prix clair et commun &#224; tous. Donc o&#249; tous participent, et le plus transparent possible. Objectif et difficile &#224; truquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or que se passait-il dans les cas d'esp&#232;ce ? Dans un cas, le Libor, on ne se basait pas sur des transactions r&#233;elles, mettant aux prises un grand nombre de participants : on se contentait des d&#233;clarations d'un petit nombre d'acteurs, que l'on ne confrontait pas aux transactions effectives. Non seulement cela ouvrait la porte aux manipulations, comme on le voit, mais le principe m&#234;me &#233;tait bizarre : un march&#233; n'est pas une &#233;change de vues sur un prix, c'est un lieu o&#249; on s'engage en payant ce prix, r&#233;ellement : quand donc on annonce un prix &#224; l'achat ou &#224; la vente, c'est qu'on est dispos&#233; &#224; payer effectivement ce prix ou &#224; le recevoir. Un march&#233; d&#233;claratif est une aberration. Pourquoi a-t-on tol&#233;r&#233; cela ? Parce que la conception du march&#233; a compl&#232;tement d&#233;rap&#233; depuis vingt &#224; trente ans. N'importe quelle proc&#233;dure suppos&#233;e de confrontation, r&#233;elle ou pas, entre une poign&#233;e d'institutions oligarchiques et opaques est r&#233;put&#233;e &#234;tre un march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'autre cas, celui de JP Morgan, il n'y a pas, sur les produits concern&#233;s, un grand march&#233; transparent avec de nombreux intervenants. Le &#171; march&#233; &#187; est opaque et domin&#233; par un petit nombre d'institutions. Il y a des transactions certes, mais pas de fa&#231;on continue et lisible. R&#233;sultat : d'un c&#244;t&#233;, le march&#233; est peu fiable et souvent sporadique. D'un autre c&#244;t&#233;, les prix des instruments sont d&#233;termin&#233;s par des mod&#232;les math&#233;matiques suppos&#233;s mimer ce march&#233; inexistant ou insuffisant. R&#233;sultat : quand on se trompe, on a des stocks d'instruments &#233;normes qu'on ne sait plus vendre ou acheter &#224; un prix correct et qu'on ne sait pas &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire il n'y a rien l&#224; de bien nouveau. Ce que nous venons de d&#233;crire, c'est exactement ce qu'on avait vu en grand avec les fameux produits toxiques &#224; l'origine de la crise de 2007-2008 : toutes ces titrisations ultra-complexes, bourr&#233;es de subprimes, &#233;taient consid&#233;r&#233;es constituer un vrai march&#233;, avec un vrai prix de march&#233;. Or en r&#233;alit&#233; il n'y avait pas de march&#233; secondaire sur ces produits (des achats et des ventes r&#233;guliers). Ce qu'on appelait march&#233; &#233;tait le simple fait qu'on arrivait &#224; les placer chez des investisseurs ou des banques &#224; la faveur des notations d'agences int&#233;ress&#233;es pour ce faire. Et pour les &#233;valuer, comme on n'avait pas vraiment de prix, on se basait l&#224; aussi sur des mod&#232;les math&#233;matiques. Les m&#234;mes d&#233;fauts structurels, qui signalent un vice conceptuel sur ce qu'est un march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc sortir de cette conception laxiste du march&#233;. Un march&#233;, encore une fois, ce sont de vraies transactions, dans une confrontation ouverte et transparente. Cela suppose des r&#232;gles et une organisation, ainsi qu'une surveillance. C'est ce qu'on aurait d&#251; avoir pour le Libor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il n'est pas toujours possible d'organiser un tel march&#233;. Dans ce cas, on doit admettre qu'on n'a pas un vrai march&#233;, et en tirer les conclusions. D'abord ne pas indexer des prix ou des valorisations r&#233;elles sur la base des indications qu'ils donnent de fa&#231;on sporadique et donc non fiable. Ensuite reconna&#238;tre que d&#232;s lors ces transactions qui sont en fait bilat&#233;rales pr&#233;sentent des risques importants : il n'y a pas de liquidit&#233; et pas de vrais prix, en tout cas pas fiables. Ce qui implique des r&#232;gles de pr&#233;caution fortes : pour certains cela peut impliquer de ne pas s'y engager, pour d'autres, de fa&#231;on limit&#233;e et avec plus de fonds propres et des financements plus longs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela ne dispense de l'effort n&#233;cessaire de moralisation au niveau des op&#233;rateurs, loin de l&#224;. Mais la moralit&#233; est aussi dans les institutions communes. Et la bonne sant&#233; morale des march&#233;s est aussi une affaire d'organisation commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moralit&#233; : la r&#233;forme des march&#233;s reste en grande partie &#224; faire. Non pas pour limiter les march&#233;s en tant que tels. Mais au contraire pour se rapprocher de vrais march&#233;s. Et &#233;liminer les contrefa&#231;ons, trompeuses et dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;f&#233;rence
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france5.fr/c-dans-l-air/economie/bankster-banquier-ou-gangster-36604&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.france5.fr/c-dans-l-air/economi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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