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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Les ambig&#252;it&#233;s du vote antisyst&#232;me</title>
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		<dc:date>2017-04-11T15:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Vote anti-syst&#232;me</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les pr&#233;sidentielles en cours ont mis au centre du d&#233;bat le vote antisyst&#232;me. Pratiquement tous les candidats s'en r&#233;clament d'une fa&#231;on ou d'une autre, &#224; vrai dire de fa&#231;on plus ou moins cr&#233;dible. Ceci dit l'appellation a son sens pour plusieurs d'entre eux (Le Pen, M&#233;lenchon, etc.), et mises en semble leurs parts de march&#233; &#233;lectoral, au vu des sondages, approchent ou d&#233;passent les 50%. Ce qui est d&#233;j&#224; un signal majeur du m&#233;content populaire et de la d&#233;sillusion &#224; l'&#233;gard de la classe politique et au-del&#224;. Et donc d'un besoin de changement profond. En m&#234;me temps &#233;videmment ces positions antisyst&#232;mes sont loin de co&#239;ncider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci conduit &#224; augurer, quel que soit l'&#233;lu en mai, et la composition de l'Assembl&#233;e ensuite, une France assez peu gouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; n'est pas mon propos ici. Je pose plut&#244;t la question de fond : qu'est-ce qu'&#234;tre antisyst&#232;me ? Voter pour des candidats qui se pr&#233;sentent comme tels est-il efficace et fiable pour obtenir le r&#233;sultat attendu ? Que faut-il faire pour vraiment changer les choses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Vote-anti-systeme-+.html" rel="tag"&gt;Vote anti-syst&#232;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ambig&#252;it&#233;s du vote antisyst&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sidentielles en cours ont mis au centre du d&#233;bat le vote antisyst&#232;me. Pratiquement tous les candidats s'en r&#233;clament d'une fa&#231;on ou d'une autre, &#224; vrai dire de fa&#231;on plus ou moins cr&#233;dible. Mais l'appellation est tout &#224; fait d&#233;fendable pour plusieurs d'entre eux (Le Pen, M&#233;lenchon, etc.), et mises en semble leurs parts de march&#233; &#233;lectoral, au vu des sondages, approchent ou d&#233;passent les 50%. Ce qui est d&#233;j&#224; un signal majeur du m&#233;content populaire et de la d&#233;sillusion &#224; l'&#233;gard de la classe politique et au-del&#224;. Et donc d'un besoin de changement profond. En m&#234;me temps &#233;videmment ces positions antisyst&#232;mes sont loin de co&#239;ncider. Tout ceci conduit &#224; augurer, quel que soit l'&#233;lu en mai, et la composition de l'Assembl&#233;e ensuite, une France assez peu gouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; n'est pas mon propos ici. Je pose plut&#244;t la question de fond : qu'est-ce qu'&#234;tre antisyst&#232;me ? Et voter pour de tels candidats, contre ce qu'on appelle le syst&#232;me est-il un moyen efficace pour obtenir le r&#233;sultat attendu ? Et que faut-il faire pour vraiment changer les choses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'&#234;tre antisyst&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question de qui est antisyst&#232;me, encore faut-il d&#233;finir de quel syst&#232;me on parle. Pour les uns, c'est le syst&#232;me &#233;conomique dominant, suppos&#233; lib&#233;ral, le capitalisme, les multinationales etc. Pour d'autres, la mondialisation, le libre-&#233;change ; ou l'Europe dans sa version f&#233;d&#233;raliste. Pour d'autre encore, l'id&#233;ologie dominante, le politiquement correct (m&#339;urs suppos&#233;es lib&#233;r&#233;es, immigration etc.), la doxa des m&#233;dia etc. Et ainsi de suite. Tout ceci a une part de v&#233;rit&#233; importante : ce sont des r&#233;alit&#233;s majeures de notre monde, qu'elles tendent &#224; dominer chacune dans son champ. Mais en m&#234;me temps elles sont loin de se confondre, malgr&#233; des recouvrements importants. Et surtout, que quelqu'un se d&#233;clare contre telle ou telle de ces r&#233;alit&#233;s, ou toute, ne dit pas pour quoi il combat. Par exemple dans le champ &#233;conomique l'antisyst&#232;me tendance FN mettra l'accent sur la mondialisation et l'immigration, et en regard militera pour une protection nationale. En revanche l'antisyst&#232;me de gauche luttera en priorit&#233; contre ce qu'il appelle le capitalisme, notamment par la fiscalit&#233; et un contr&#244;le &#233;troit de l'Etat. Etc. C'est encore plus vrai au niveau international : pour se limiter &#224; la droite, l'antisyst&#232;me am&#233;ricain (Tea party) veut r&#233;duire au minimum le r&#244;le de l'Etat ; en France (FN), il tend &#224; l'accro&#238;tre &#8211; alors m&#234;me que l'Etat fran&#231;ais est d&#233;j&#224; bien plus interventionniste que l'am&#233;ricain. En bref, dire qu'on est contre le syst&#232;me ne dit en soi rien de ce que l'on veut vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle aussi de populisme mais c'est encore autre chose. Le populisme est un mot de science politique, dont l'usage est maintenant p&#233;joratif. Cela recouvre des r&#233;alit&#233;s vari&#233;es mais avec comme traits communs un appel au &#8216;peuple' contre des &#8216;&#233;lites', accompagn&#233; de promesses de solutions rapides, et une certaine d&#233;magogie. Cela peut &#233;videmment viser des d&#233;marches antisyst&#232;mes, mais les deux ne se confondent pas : on peut &#234;tre contre ce qu'on appelle le syst&#232;me sans faire du populisme au sens indiqu&#233; ; et on peut &#224; l'occasion &#234;tre populiste, tout en &#233;tant en fait dans le syst&#232;me, qu'on ne remet pas en cause dans ses traits principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les difficult&#233;s d'une position antisyst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi comprise, une position antisyst&#232;me est en soi parfaitement l&#233;gitime. Quand un syst&#232;me dominant ne fonctionne pas, ou plus, ou mal, ou heurte des soucis fondamentaux, il est bon et m&#234;me n&#233;cessaire de s'y opposer, et au moins de vouloir le changer. Mais m&#234;me dans ce cas, il n'est pas &#233;vident que le vote pour un candidat antisyst&#232;me, m&#234;me plut&#244;t proche des vues qu'on soutient soi-m&#234;me, soit forc&#233;ment la bonne r&#233;ponse. Car plusieurs autres consid&#233;rations sont &#224; prendre en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re tient &#224; la personnalit&#233; et aux objectifs des personnes qui sollicitent ce vote. Se positionner en candidat antisyst&#232;me suppose en g&#233;n&#233;ral un certain courage ; mais ce n'est en rien une garantie ni de plus grande honn&#234;tet&#233;, ni de comp&#233;tence, ni de capacit&#233; &#224; diriger. Le talent demand&#233; est celui de tribun, il n'a rien &#224; voir avec les talents demand&#233;s &#224; un dirigeant politique. Et d&#233;noncer des gens en place comme &#8216;tous pourris' ne garantit en rien qu'on se comportera diff&#233;remment une fois arriv&#233; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus substantiellement, celui qui n'est pas dans le syst&#232;me souffre d'un handicap majeur : il n'a pas eu acc&#232;s au savoir et &#224; l'exp&#233;rience dont disposent ceux qui sont dedans. Non seulement en termes de savoir-faire dans l'art de gouverner, mais m&#234;me d&#233;j&#224; pour affiner ses conceptions et son programme au contact des r&#233;alit&#233;s : savoir ce qu'on peut r&#233;ellement faire ou non, ce que cela peut demander ou co&#251;ter, y compris politiquement. L'exemple de Donald Trump, exp&#233;riment&#233; dans ses affaires mais sans exp&#233;rience politique, montre ici non seulement qu'il y a beaucoup &#224; apprendre dans l'exercice effectif du pouvoir, mais que cela conduit &#224; des changements radicaux, voire m&#234;me &#224; trahir ce pourquoi on a &#233;t&#233; &#233;lu. Dit autrement, &#233;lire un candidat antisyst&#232;me qui ne conna&#238;t pas le syst&#232;me, c'est donner une forme de blanc-seing : on ne sait au fond pas ce qu'il fera ; et notamment il peut tout aussi bien faire des choses d&#233;lirantes en suivant son programme, que le renier l&#224; m&#234;me o&#249; il ne devrait pas le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus profond&#233;ment encore, lorsqu'un syst&#232;me entier doit &#234;tre remis en cause, ce qui &#233;merge pour le contester et &#224; terme le remplacer provient par d&#233;finition d'une position domin&#233;e et au d&#233;part marginale. Et donc presque in&#233;vitablement cette &#233;mergence prend une forme au d&#233;part assez peu &#233;labor&#233;e, voire brute, qui a donc un besoin vital de s'affiner. Ce qui permet &#233;videmment aux tenants du syst&#232;me de l'attaquer en soulignant ce qui en elle para&#238;t non sans motifs extr&#233;miste, intol&#233;rant, irrationnel etc. De m&#234;me une partie de la population peut se sentir agress&#233;e par des propos et des objectifs nouveaux pour elle, qu'elle ressent alors comme une menace. En soi cela ne condamne pas ce qui est la motivation profonde de cette &#233;mergence. Mais cela peut souligner les dangers qu'elle rec&#232;le dans ces phases primitives d'affirmation. Dit autrement, une contestation nouvelle doit prendre le temps de s'&#233;laborer au contact des r&#233;alit&#233;s et de l'exp&#233;rience, et laisser &#224; la population le temps de se familiariser avec ce qu'elle a de bon. On risque sinon de grosses d&#233;convenues ; soit parce qu'on fera des b&#234;tises, soit parce qu'on rencontrera des obstacles qu'on n'avait pas pr&#233;vus, ou m&#234;me une opposition d&#233;cisive qui la tue dans l'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand et comment &#234;tre contre le syst&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit donc pas d'&#234;tre oppos&#233; &#224; un syst&#232;me ou d'en contester telle ou telle de ses dimensions, pour qu'il y ait un sens &#224; se pr&#233;cipiter sur un vote pour le premier candidat qui en promet le renversement ainsi que des mutations rapides et profondes. La politique est l'art du possible : le choix &#224; tout moment de ce qui est adapt&#233; aux circonstances. M&#234;me celui qui a conclu &#224; la n&#233;cessit&#233; de changements tr&#232;s profonds doit &#224; tout moment, dans ses choix politiques imm&#233;diats, r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qui dans les circonstances pr&#233;sentes, a des chances raisonnables de donner un bon r&#233;sultat. Et donc voter pour qui a la personnalit&#233;, le savoir-faire, l'exp&#233;rience, et le programme qui le permettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autre est la question du temps long, de l'&#233;mergence progressive de logiques alternatives. Elles supposent &#224; tout moment une double action : sur le plan des id&#233;es et de la r&#233;flexion, pour affiner la vision alternative qu'on veut d&#233;fendre. Et sur le plan concret, en cherchant l'exercice du pouvoir &#224; des niveaux engageant moins radicalement l'avenir, notamment au niveau local et r&#233;gional. Ce qui est d'une logique tr&#232;s diff&#233;rente de celle pr&#233;sidant aux grandes &#233;ch&#233;ances collectives, au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en fais l'application pratique &#224; ces &#233;lections, en l'esp&#232;ce du c&#244;t&#233; droit de l'&#233;chiquier politique (ne parlons pas du c&#244;t&#233; gauche). Ce qui caract&#233;rise aujourd'hui la vision des candidats antisyst&#232;me &#224; droite est que tant sur le plan personnel que dans leurs programmes ils ne sont pas pr&#234;ts &#224; l'exercice r&#233;el et r&#233;aliste du pouvoir. Notamment en mati&#232;re &#233;conomique, et europ&#233;enne. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ont tort de demander une r&#233;affirmation du r&#244;le central de la solidarit&#233; nationale, et du niveau politique correspondant. Bien au contraire. Mais ils seraient hors d'&#233;tat de mettre en &#339;uvre la politique de retrait radical qu'ils proposent dans ces domaines, en tout cas pas sans d&#233;chirure majeure. Et ils n'ont apparemment aucune id&#233;e des contraintes financi&#232;res et budg&#233;taires &#233;normes qui sont les n&#244;tres. Sans parler d'un jacobinisme ind&#233;crottable. En bref il n'y a qu'un candidat r&#233;aliste &#224; droite, qui appara&#238;t d&#233;sormais comme le moins int&#233;gr&#233; dans le syst&#232;me de tous ceux que sa famille politique a pr&#233;sent&#233;s aux pr&#233;sidentielles depuis tr&#232;s longtemps. Est-ce un hasard si les m&#233;dia (du syst&#232;me !) l'ont justement pris comme cible privil&#233;gi&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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