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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Droit et crises internationales : les s&#233;ductions de l'utopie</title>
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		<dc:date>2014-08-07T16:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Droit</dc:subject>
		<dc:subject>Droit international</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D'un point de vue moral ou m&#234;me simplement humain, la situation internationale actuelle est consternante. Ukraine, Syrie, Iraq, Gaza, la liste des d&#233;convenues et des horreurs face auxquelles on a un sentiment irr&#233;sistible d'impuissance, est bien longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'am&#233;liorer, un recours plus large au droit est-il la bonne r&#233;ponse, comme beaucoup le pensent, avec les meilleures intentions du monde ? La r&#233;ponse est malheureusement dubitative, ce qu'on appelle droit &#233;tant en la mati&#232;re trop souvent soit incertain, soit manipul&#233; id&#233;ologiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire qu'il faut renoncer &#224; la recherche de la paix ; mais cela veut dire la chercher autrement : non pas en tablant sur les ressources faciles mais contre-productives de l'id&#233;ologie, mais en prenant les situations pragmatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Droit et crises internationales : les s&#233;ductions de l'utopie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue moral ou m&#234;me simplement humain, la situation internationale actuelle est consternante. Ukraine, Syrie, Iraq, Gaza, la liste des d&#233;convenues et des horreurs face auxquelles on a un sentiment irr&#233;sistible d'impuissance, est bien longue. Pour l'am&#233;liorer, un recours plus large au droit est-il la bonne r&#233;ponse, comme beaucoup le pensent, avec les meilleures intentions du monde ? La r&#233;ponse est malheureusement dubitative, ce qu'on appelle droit &#233;tant en la mati&#232;re trop souvent soit incertain, soit manipul&#233; id&#233;ologiquement. Cela ne veut pas dire qu'il faut renoncer &#224; la recherche de la paix ; mais cela veut dire la chercher autrement, pas en tablant sur les ressources faciles mais contre-productives de l'id&#233;ologie mais en prenant les situations pragmatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites du droit ne sont que trop &#233;videntes. En premier lieu le droit ne donne d&#233;j&#224; pas de r&#233;ponse claire et univoque, permettant des choix concrets dans des situations pr&#233;cises. Prenons le cas de l'Ukraine : le droit au sens formel &#233;tait d'abord en faveur du pr&#233;sident l&#233;gitime Yanoukovitch et non de l'&#233;meute ; le gouvernement provisoire qui l'a suivi &#233;tait donc sans base juridique ill&#233;gitime ; ceci dit, l'&#233;lection de Porochenko peut lui donner une l&#233;gitimit&#233;, mais elle reste limit&#233;e : le Parlement n'a pas &#233;t&#233; renouvel&#233;, en outre l'Est n'a pas vot&#233; etc. On dira que c'est ne prendre que l'aspect formel des choses. Mais si on raisonne &#224; partir du fond, par exemple des aspirations l&#233;gitimes, notamment &#224; un &#233;tat de droit, on n'avance pas beaucoup : d'un c&#244;t&#233;, on peut vouloir justifier alors Maidan ; mais de l'autre on n'a plus de motif pour r&#233;cuser l'aspiration incontestable de la partie Est &#224; une autonomie forte, d'autant que le gouvernement de Kiev ne propose rien de concret et ne n&#233;gocie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me constat d'impuissance d&#233;j&#224; conceptuelle du droit pour la Palestine (dont Gaza et Isra&#235;l), sans parler de la Syrie ou de l'Iraq. Prenons ce dernier pays : au-del&#224; du d&#233;lire islamiste d'EEIL-Daech, ce que nous voyons est un partage ethnico-religieux du pays en trois, avec toute la cruaut&#233; de ce genre de partition. Ce que malheureusement nous avons vu r&#233;guli&#232;rement : qu'il suffise de citer la Yougoslavie, ou il y a un si&#232;cle l'&#233;norme mouvement de populations entre Gr&#232;ce et Turquie. Et qu'on ne dise pas que la d&#233;mocratie, parce qu'elle est un &#233;tat de droit, fourni la solution. C'est le contraire : c'est en effet &#224; partir du moment o&#249; il y a des &#233;lections, au moins potentielles, et plus largement un d&#233;but de jeu d&#233;mocratique, que la composition du peuple devient un enjeu, et donc qu'une partie de la population ressent comme mena&#231;ante une autre partie avec qui elle cohabitait sans probl&#232;me auparavant sous des r&#233;gimes autoritaires, empires ou dictatures. Car alors le jeu d&#233;mocratique, qui donne le pouvoir et la l&#233;gitimit&#233; &#224; la majorit&#233;, peut appara&#238;tre intol&#233;rable pour la minorit&#233;. En un sens c'est le cas de l'Ukraine (et seule la retenue relative qu'a montr&#233;e jusqu'ici la Russie n'a pas permis &#224; cette logique d'aller &#224; son terme, mais l'avenir n'est pas assur&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan pratique d'autre part, comme on sait le droit m&#234;me suppos&#233; clair ne comporte pas en lui-m&#234;me de capacit&#233; &#224; l'imposer ; cela d&#233;pend soit de la bonne volont&#233; ou de l'autorit&#233; morale de qui l'invoque, soit de la force et donc d'un pouvoir effectif qui le prend en charge. Dans le premier cas c'est alors pr&#233;cis&#233;ment cette bonne volont&#233;, cette moralit&#233;, ces droites intentions qui deviennent le levier central, et le droit n'est alors qu'un instrument. Dans le second cas, soit on pr&#233;suppose qu'il y a une autorit&#233; r&#233;gulatrice, qui est de fait une souverainet&#233; au moins partielle, et alors on est sorti de la situation internationale comme telle. Soit la force en question est un outil aux mains d'une des parties, ou d'une coalition ; et alors qu'est-ce qui dit qu'elle repr&#233;sente le camp du droit ? Certes on met en avant alors les Nations Unies ; mais outre qu'elles ne sont pas toujours en &#233;tat de prendre une d&#233;cision, loin de l&#224;, elles n'ont les moyens de l'imposer que si des puissances significatives les leur donnent, ce qui se ram&#232;ne largement au probl&#232;me pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion est claire : il n'y a donc pas une l&#233;galit&#233; internationale claire et univoque ; il y a tout au plus des &#233;l&#233;ments occasionnels de l&#233;galit&#233; internationale. Et au-del&#224; du jeu des int&#233;r&#234;ts plus ou moins dissimul&#233;s, il y a de r&#233;elles diff&#233;rences de perception sur ce qu'est le bien ou le droit, sur qui menace qui etc. Faut-il en rester l&#224; ? Sur le plan de l'&#233;tat des forces sans doute oui, car on voit mal comment on progressera sensiblement dans l'avenir pr&#233;visible sur la mise en place d'une vraie autorit&#233; internationale, moins que jamais m&#234;me, dans un monde qui est de plus en plus multipolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche on peut progresser dans la clarification morale, donc dans celle des objectifs et des jugements. C'est possible si on prend conscience du fait que notre base fondamentale de r&#233;f&#233;rence n'est pas &#224; rechercher dans le droit mais dans des principes. Et que le plus important de ceux-ci est le bien qu'il y a &#224; chercher &#224; faire vivre les peuples en paix, tant &#224; l'int&#233;rieur de leurs fronti&#232;res qu'entre les diff&#233;rents pays, et cela aussi harmonieusement que possible. Cela passe avant toutes les id&#233;ologies. Quelles conclusions en tirer ? Tout le monde admet que cette recherche de paix et de cohabitation implique un objectif de limitation au d&#233;ploiement des int&#233;r&#234;ts plus ou moins cyniques des puissances. Ce n'est &#233;videmment pas non plus compatible avec des programmes d'intol&#233;rance du type de l'Etat islamique. Mais cela va au-del&#224;. La paix n'est pas non plus compatible avec l'imp&#233;rialisme id&#233;ologique occidental &#224; l'&#339;uvre en Ukraine, ou dont ont t&#233;moign&#233; les r&#233;actions toujours occidentales aux printemps arabes et &#224; la r&#233;volution ukrainienne. Ce qu'on appelle d&#233;mocratie en Occident peut &#234;tre une solution ; ce peut ne pas l'&#234;tre au moins dans une situation donn&#233;e ; dans ce cas une paix civile acceptable est pr&#233;f&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes l'harmonie et la cohabitation, pragmatiquement recherch&#233;es, sont des objectifs moraux et respectables ; pas la pierre philosophale d'une id&#233;ologie qui loin de fournir une solution, cr&#233;e ou aggrave les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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