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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La protestation populaire face &#224; la l&#233;gitimit&#233; formelle</title>
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		<dc:date>2013-07-05T16:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;gitimit&#233; formelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La simultan&#233;it&#233; des crises politiques &#233;gyptienne, turque et br&#233;silienne a frapp&#233; les observateurs. Dans les trois cas des gouvernements d&#233;mocratiquement &#233;lus sont contest&#233;s activement, parfois violemment, par des foules nombreuses, d&#233;bouchant sur une mise en cause de leur l&#233;gitimit&#233; - au moins de leur action politique. Pourtant il n'est pas &#233;vident que ces gouvernements &#233;lus n'aient pas l'appui de la majorit&#233; de la population, notamment en Turquie. Mais les m&#233;dias occidentaux ont imm&#233;diatement pris parti pour les opposants. Sans r&#233;flexion sur cette entorse &#224; la logique d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche personne n'a fait le rapprochement avec la Manif pour tous fran&#231;aise. Or l&#224; aussi on a eu des foules nombreuses, repr&#233;sentant une part importante de l'opinion, sans doute majoritaire &#224; l'&#233;poque &#8211; au moins sur l'adoption. Mais ici le petit monde m&#233;diatique trouve tout &#224; fait normal que la majorit&#233; parlementaire passe en force. Que se passe-t-il donc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Manifestation-+.html" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Legitimite-formelle-+.html" rel="tag"&gt;L&#233;gitimit&#233; formelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La simultan&#233;it&#233; des crises politiques &#233;gyptienne, turque et br&#233;silienne a frapp&#233; les observateurs. Dans les trois cas des gouvernements d&#233;mocratiquement &#233;lus sont contest&#233;s activement, parfois violemment, par des foules nombreuses, d&#233;bouchant sur une mise en cause de leur l&#233;gitimit&#233; - au moins de leur action politique. Pourtant il n'est pas &#233;vident que ces gouvernements &#233;lus n'aient pas l'appui de la majorit&#233; de la population, notamment en Turquie. Mais les m&#233;dias occidentaux ont imm&#233;diatement pris parti pour les opposants. Sans r&#233;flexion sur cette entorse &#224; la logique d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche personne n'a fait le rapprochement avec la Manif pour tous fran&#231;aise. Or l&#224; aussi on a eu des foules nombreuses, repr&#233;sentant une part importante de l'opinion, sans doute majoritaire &#224; l'&#233;poque &#8211; au moins sur l'adoption. Mais ici le petit monde m&#233;diatique trouve tout &#224; fait normal que la majorit&#233; parlementaire passe en force. Ques se apsset-til donc ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie : les conditions du fonctionnement du syst&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on constate donc est au minimum un grave manque de r&#233;flexion sur ce qu'est une d&#233;mocratie. C'est vrai en premier lieu de la mise en place du r&#233;gime : il faudra qu'on finisse par comprendre que la d&#233;mocratie n'est pas un r&#233;gime qu'on installe comme on veut, o&#249; on veut. Il suppose non seulement une base culturelle dans la population, mais une organisation, un &#233;quilibre des forces politiques et une articulation entre elles qui en g&#233;n&#233;ral ne s'improvisent pas et supposent un long processus historique. En outre une r&#233;volution n'est contrairement &#224; l'id&#233;e re&#231;ue certainement pas le bon moyen pour arriver &#224; ce r&#233;sultat : non seulement parce que sa violence cr&#233;e des tensions difficiles &#224; canaliser et apaiser ensuite, mais parce qu'elle ne cr&#233;e par elle-m&#234;me aucune des institutions au sens large, partis compris, qui concourent au fonctionnement du syst&#232;me en r&#233;gime de croisi&#232;re. Applaudir &#224; n'importe quoi parce que cela se proclame r&#233;volution, comme on l'a vu avec les printemps arabes, est na&#239;f et irresponsable. Non que les r&#233;gimes pr&#233;c&#233;dents &#233;taient satisfaisants, &#233;videmment. Mais leur renversement ne dit rien sur ce qui suivra : ce peut &#234;tre mieux, pire ou carr&#233;ment invivable. On l'a vu et le voit en Libye et en Egypte. On le voit plus encore avec la Syrie : on y a nourri des espoirs qui ne peuvent en aucun cas &#234;tre satisfaits ; la victoire de l'opposition donnerait un r&#233;gime peut-&#234;tre majoritaire mais pas d&#233;mocratique, et d&#233;sastreux pour toutes les minorit&#233;s du pays. Et on y alimente une guerre civile d&#233;vastatrice, peut-&#234;tre longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu et corr&#233;lativement il ne va pas de soi que le r&#232;gne de la majorit&#233; soit la panac&#233;e pour avoir une bonne d&#233;mocratie, l&#233;gitime. Les politologues r&#233;fl&#233;chissent depuis longtemps sur ce difficile probl&#232;me ; et les anciens lib&#233;raux &#233;taient tr&#232;s soucieux du risque d'&#233;crasement de la minorit&#233; par la majorit&#233;. Il est en r&#233;alit&#233; vital que les institutions et les m&#339;urs organisent le respect de la minorit&#233; par la majorit&#233;, ce qui ne saurait se limiter au droit &#224; concourir dans la course aux prochaines &#233;lections. Au fond ce qu'on reproche &#224; M. Erdogan, qui jouit tr&#232;s certainement d'une majorit&#233; tant au parlement que dans l'opinion turcs, c'est de ne pas tenir compte de ces autres sensibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'antidote de la protestation non-violente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais ce que fait M. Erdogan, c'est exactement ce que fait le gouvernement fran&#231;ais actuel avec la loi sur le &#171; mariage pour tous &#187;. Il est pass&#233; en force sans vrai d&#233;bat, sans &#233;couter la minorit&#233; (qui est une majorit&#233; sur certains points) et sans lui donner une porte de sortie : ne serait-ce que l'objection de conscience pour les maires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le recours des opposants &#224; la protestation, en l'occurrence non-violente. D'abord par des manifestations au sens classique, sans pr&#233;c&#233;dent par leur r&#233;p&#233;tition et leur taille combin&#233;e, mais dont le r&#233;gime n'a tenu aucun compte. Car dans la &#8216;d&#233;mocratie' &#224; la fran&#231;aise, les manifs, on conna&#238;t ; et on est vaccin&#233; contre. Ensuite on est donc pass&#233; &#224; d'autres formes de pr&#233;sence, en l'esp&#232;ce obsessionnelle &#224; l'occasion des visites des ministres. Enfin on a eu ce remarquable mouvement des veilleurs, qui se limitent &#224; une pr&#233;sence silencieuse, irr&#233;prochable. Tout ceci est admirable de d&#233;vouement. Et ce qu'il est tr&#232;s int&#233;ressant d'observer, c'est que ces deux formes de protestation crispent les politiques, &#224; commencer par les ministres. D'o&#249; une r&#233;action polici&#232;re disproportionn&#233;e, sans rapport avec les faits, et qui fait bon march&#233; des libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;action qui a de quoi intriguer. Pourquoi les princes qui nous gouvernent sont-ils donc tellement &#233;mus par de tels signes visibles mais inoffensifs de protestation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y vois pour ma part pour deux raisons. Cela veut dire d'abord que payer de sa personne, manifester son opinion par sa pr&#233;sence physique visible, a une force particuli&#232;re, bien plus grande et frappante que la seule expression d'un point de vue &#233;crit ou oral. Ensuite parce que l'id&#233;ologie, ou si on veut la r&#232;gle du jeu, actuellement dominantes veulent qu'apr&#232;s le d&#233;bat tout s'arr&#234;te. Mais cela suppose que ce qui l&#233;gitime la d&#233;cision, c'est la proc&#233;dure, le vote, et rien d'autre. Or dans la r&#233;alit&#233; ce qui importe pour les gens c'est la substance de la d&#233;cision, et ils ont raison. C'est elle qui fonde la vraie l&#233;gitimit&#233;. Il y a donc conflit entre les deux r&#233;f&#233;rences. Et lorsque des gens disent : &#171; vous avez vot&#233;, la d&#233;cision est l&#233;gale, mais elle n'est pas moralement l&#233;gitime ; et je manifeste ma protestation en payant de ma personne &#187;, on consid&#232;re du dedans qu'ils blasph&#232;ment contre le syst&#232;me et son credo relativiste et proc&#233;dural. Ce qui est jug&#233; intol&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sous-jacent d'ailleurs il y a bien s&#251;r un autre facteur majeur : le biais progressiste de nos d&#233;mocraties, qui ne sont pas neutres, mais tendanciellement orient&#233;es vers toujours plus de relativisme. On y voit avec joie des islamistes &#233;lus attaqu&#233;s par la foule ou renvers&#233;s par l'arm&#233;e, parce que l'islamisme n'est pas conforme &#224; cette id&#233;ologie et d&#233;pla&#238;t. Mais si les gouvernements en question avaient &#233;t&#233; la&#239;cs, on aurait hurl&#233; &#224; la menace fasciste. Bien s&#251;r l'islamisme est une mauvaise r&#233;ponse. Mais si on est coh&#233;rent on doit distinguer la critique de l'islamisme et l'appel &#224; l'&#233;meute. Et inversement on doit au minimum reconna&#238;tre le droit des opposants au &#171; mariage pour tous &#187; &#224; &#234;tre respect&#233;s dans ses convictions : non seulement le droit &#224; s'exprimer, mais aussi celui de ne pas &#234;tre enr&#244;l&#233; de force dans une l&#233;gislation qui heurte des convictions fondamentales. A commencer par les maires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; on n'obtient pas la paix civile par les seules proc&#233;dures, fussent-elles d&#233;mocratiques. Id&#233;alement, dans un vrai syst&#232;me politique, sain, on l'obtient par des d&#233;cisions bonnes en elles-m&#234;mes et reconnues comme telles. Et donc morales ou au moins respectables. Mais &#224; d&#233;faut, ou au minimum, on en obtient une forme plus grossi&#232;re en composant avec les minorit&#233;s, et en les respectant. Sinon on perd sa l&#233;gitimit&#233;. C'est ce qui pourrait bien se passer chez nous aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Version un peu &#233;largie d'une intervention sur le site de Libert&#233; Politique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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