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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Relations transatlantiques : le tournant majeur n'est pas celui qu'on croit</title>
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		<dc:date>2026-02-21T17:00:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie occidentale</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me international</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avec la pr&#233;sidence Trump, la divergence entre Europe et Etats-Unis occupe la sc&#232;ne avec fracas : Groenland, Ukraine. C&#244;t&#233; Europ&#233;en, de graves accusations sont port&#233;es, de rupture du lien transatlantique, de remise en cause de l'alliance Parall&#232;lement on constate un effet de pouss&#233;e f&#233;d&#233;raliste en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer la signification de ces &#233;v&#233;nements, il faut prendre du recul et d&#233;passer les aspects conjoncturels ; parmi ceux-ci, la personnalit&#233; m&#234;me de Donald Trump &#8211; or il n'est pas &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de base est que les relations transatlantiques sont &#224; un vrai tournant. Pas la divergence id&#233;ologique, m&#234;me si elle n'est pas n&#233;gligeable. Mais l'&#233;volution g&#233;opolitique, avec la marginalisation relative de l'Europe. Pour la France, elle n'est pas la r&#233;ponse principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Europe-379-+.html" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/wikiimages-earth-11048_1280.jpg?1787417305' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la pr&#233;sidence Trump, la divergence entre Europe et Etats-Unis occupe la sc&#232;ne avec fracas ; les questions du Groenland et dans une moindre mesure de l'Ukraine en t&#233;moignent actuellement. C&#244;t&#233; Europ&#233;en, de graves accusations sont port&#233;es, de rupture du lien transatlantique, de remise en cause de l'alliance et potentiellement de la r&#233;alit&#233; de l'OTAN. Parall&#232;lement on constate un effet de pouss&#233;e f&#233;d&#233;raliste en Europe. Qu'en est-il r&#233;ellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;ologie et g&#233;opolitique : la grande divergence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer la signification de ces &#233;v&#233;nements, il faut prendre du recul et d&#233;passer les aspects conjoncturels ; parmi ceux-ci, le plus important est la personnalit&#233; m&#234;me de Donald Trump. Elle est &#233;videmment tr&#232;s importante pour d&#233;terminer le flux des &#233;v&#233;nements pendant les 4 ann&#233;es de son mandat ; mais ce qui est d'embl&#233;e certain est qu'il ne sera plus l&#224; dans 3 ans ; il pourrait m&#234;me &#234;tre significativement affaibli dans moins d'un an, si les mid-terms lui sont d&#233;favorables. Or son successeur, m&#234;me proche politiquement, a peu de chance d'avoir le m&#234;me temp&#233;rament et mode de comportement, et peut-&#234;tre pas le m&#234;me ascendant sur la coalition h&#233;t&#233;roclite qu'il dirige. Voyons donc plut&#244;t les &#233;l&#233;ments structurels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier fait de base, celui qui frappe le plus l'Europe officielle, est la dualit&#233; id&#233;ologique, entre lib&#233;raux ou sociaux-d&#233;mocrates d'un c&#244;t&#233;, et populistes, conservateurs ou nationalistes de l'autre. Actuellement, dans leur perception, cela co&#239;ncide pour l'essentiel avec l'opposition entre eux et l'Am&#233;rique de Trump. Mais en r&#233;alit&#233;, ces deux courants sont pr&#233;sents des deux c&#244;t&#233;s ; c'est un &#233;l&#233;ment commun sp&#233;cifique &#224; ce qu'on appellera pour simplifier le monde occidental. Toute r&#233;flexion sur l'avenir conduit d&#232;s lors &#224; se poser deux questions : quelle peut &#234;tre l'&#233;volution de cette opposition et de ces deux camps, des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique ? Qu'est-ce que cela entra&#238;ne pour l'Europe d'un c&#244;t&#233;, ses relations avec les Etats-Unis de l'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment essentiel, d'arri&#232;re-plan, est bien s&#251;r la configuration g&#233;opolitique et son &#233;volution possible. L&#224;, la divergence entre les Am&#233;ricains et les Europ&#233;ens est beaucoup plus significative, et intrins&#232;que. Le fait de base est &#233;videmment la mont&#233;e de la Chine, et par l&#224; la priorit&#233; am&#233;ricaine de plus en plus affirm&#233;e &#224; la confrontation avec elle et plus g&#233;n&#233;ralement aux questions asiatiques et indopacifiques, dans lesquelles le r&#244;le possible des Europ&#233;ens est faible et p&#233;riph&#233;rique &#8211; m&#234;me s'ils peuvent en &#234;tre affect&#233;s. Cela vise aussi la recomposition des relations mondiales, notamment l'&#233;volution de la mondialisation, d&#233;sormais muscl&#233;e et quelque peu mercantiliste, avec le r&#244;le d&#233;sormais reconnu strat&#233;gique des mati&#232;res premi&#232;res, et celui du transport maritime. Ce &#224; quoi s'ajoute le d&#233;calage de puissance, d'avance technologique (IA et autres), et de richesse mat&#233;rielle de plus en plus marqu&#233; entre Am&#233;ricains et Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte que m&#234;me une Am&#233;rique qui serait id&#233;ologiquement proche des Europ&#233;ens ne pourrait pas ne pas &#234;tre fondamentalement concentr&#233;e d'abord sur ces questions vitales, ne voyant alors potentiellement dans l'Europe, malgr&#233; les souvenirs ou l'origine commune, et ce qui y reste de richesse et de puissance, qu'un suppl&#233;tif utile mais faible, strat&#233;giquement limit&#233; &#224; un r&#244;le finalement local sur un bout de l'Eurasie. On dira que c'est caricatur&#233;, et il est vrai que ce stade n'est pas encore atteint ; mais c'est vers cela que l'on va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;narios possibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de la confrontation de ces deux s&#233;ries de donn&#233;es que le retour pur et simple aux relations transatlantiques du pass&#233; est improbable. La divergence est latente depuis plusieurs ann&#233;es, comme le &#171; pivot &#187; d'Obama vers l'Asie en t&#233;moigne. Mais cette r&#233;alit&#233; &#233;tait encore d&#233;guis&#233;e sous Biden : la brutalit&#233; de Trump a d&#233;chir&#233; le voile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette divergence ira de soi si on prend un sc&#233;nario, cr&#233;dible, o&#249; Trump subsiste trois ans, mais surtout est remplac&#233; par un proche, J. D. Vance ou un autre, et que c&#244;t&#233; europ&#233;en les dominantes actuelles se maintiennent. Ce dont on r&#234;ve c&#244;t&#233; Europe est une acc&#233;l&#233;ration de la construction europ&#233;enne dans un sens f&#233;d&#233;ral, avec priorit&#233; &#224; la d&#233;fense. Mais en r&#233;alit&#233;, il est improbable que cela d&#233;bouche sur quoi que ce soit de concret dans un horizon pr&#233;visible. Sans m&#234;me rappeler qu'il n'y a pas de peuple europ&#233;en ou de nation europ&#233;enne, sans quoi on ne voit pas comment une arm&#233;e europ&#233;enne v&#233;ritable serait possible, il n'est pas faisable dans un d&#233;lai de 10 &#224; 20 ans de construire une arm&#233;e europ&#233;enne cr&#233;dible capable, sans appui am&#233;ricain, de se mesurer &#224; la Russie. Or d'ici l&#224;, les besoins sont l&#224; ; et la menace russe est en outre d&#233;crite par le syst&#232;me comme terrifiante et imminente. Il en r&#233;sulte que pour nombre de pays europ&#233;ens, &#224; commencer &#233;videmment par les Baltes et les Polonais, la protection vient d'abord et essentiellement des Etats-Unis. D'o&#249; aussi les achats massifs de F-35 des uns et des autres. Mais bien entendu, cette priorit&#233; &#224; la survie imm&#233;diate rend encore plus difficile la construction d'une d&#233;fense europ&#233;enne autonome et cr&#233;dible. L'irritation caus&#233;e par les agissements de Trump (Groenland, droits de douane) ne saurait renverser ces faits de base, d'autant qu'il n'est pas &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela resterait encore plus vrai dans un sc&#233;nario o&#249; on suppose en revanche qu'aux Etats-Unis les d&#233;mocrates reviennent aux affaires en 2028. Comme on peut le penser, cela rendrait le besoin d'autonomisation des Europ&#233;ens moins pressant, et la tentation sera forte de chercher &#224; faire revivre la fraternit&#233; id&#233;ologique transatlantique, dont l'Europe officielle garde la nostalgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre sc&#233;nario encore, actuellement peu plausible mais concevable, la minorit&#233; qu'on appellera pour simplifier populiste ou de droite dure devient majoritaire en Europe. Mais il n'est pas s&#251;r que cela changerait massivement ces conclusions. En bonne logique, il serait en effet surprenant de voir les politiques de ces tendances se battre pour une int&#233;gration f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A fortiori, si l'Europe &#233;tait divis&#233;e, et sans majorit&#233; politique, on voit mal une grande ambition se mettre en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas donc, la probabilit&#233; n'est pas &#224; l'&#233;dification d'un d&#233;fense europ&#233;enne cr&#233;dible, mais &#224; un compromis plus ou moins boiteux entre des vell&#233;it&#233;s au mieux partielles, et le maintien d'une importante d&#233;pendance de l'Europe par rapport aux Etats-Unis, qui eux, au contraire, auront de plus en plus l'&#339;il tourn&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire alors&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, les impr&#233;cations cens&#233;ment moralisantes de go&#251;t europ&#233;en ne servent pas &#224; grand-chose. Et le risque majeur pour un pays comme la France est de voir les moyens subsistants de son autonomie inutilement g&#226;ch&#233;s dans une tentative de f&#233;d&#233;ralisme militaire sans espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les relations transatlantiques sont &#224; un vrai tournant, mais ce n'est pas celui qu'y voit l'Europe officielle. Au-del&#224; m&#234;me de l'idiosyncrasie de M. Trump, le fait de base n'est pas la divergence id&#233;ologique, m&#234;me si elle n'est pas n&#233;gligeable, car depuis maintenant un certain temps, et de plus en plus, l'id&#233;ologie occidentale de ces derni&#232;res ann&#233;es n'est pas la r&#233;ponse aux questions du jour, notamment g&#233;opolitiques ; et elle passe mal dans le reste du monde. C'est l'&#233;volution g&#233;opolitique, et le fait que face &#224; ces questions nouvelles, l'Europe elle-m&#234;me, comme construction, n'est pas une r&#233;ponse &#8211; m&#234;me si en soi la coop&#233;ration europ&#233;enne est une bonne chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule puissance nucl&#233;aire en Europe, seule puissance ayant gard&#233; une certaine cr&#233;dibilit&#233; et une certaine exp&#233;rience malgr&#233; son format militaire miniaturis&#233;, poss&#233;dant un domaine maritime immense, c'est la France elle-m&#234;me qui est la r&#233;ponse essentielle &#224; la question de sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise financi&#232;re et g&#233;opolitique : l'Europe engourdie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-financiere-et-geopolitique-l-Europe-engourdie.html</link>
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		<dc:date>2010-10-10T17:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A une &#233;poque comme la n&#244;tre, o&#249; on vit manifestement un tournant majeur l'inscription dans le temps long est &#233;videmment une priorit&#233; essentielle. Quelques remarques pour alimenter cette discussion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la hi&#233;rarchie des facteurs : les valeurs collectives au premier rang &lt;br class='autobr' /&gt;
En premier lieu et surtout le r&#244;le des facteurs culturels, des valeurs fondamentales, et notamment spirituelles, est crucial ; il d&#233;termine l'orientation principale des gens, et notamment leur r&#233;action aux crises. Le m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Europe-379-+.html" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A une &#233;poque comme la n&#244;tre, o&#249; on vit manifestement un tournant majeur l'inscription dans le temps long est &#233;videmment une priorit&#233; essentielle. Quelques remarques pour alimenter cette discussion.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la hi&#233;rarchie des facteurs : les valeurs collectives au premier rang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu et surtout le r&#244;le des facteurs culturels, des valeurs fondamentales, et notamment spirituelles, est crucial ; il d&#233;termine l'orientation principale des gens, et notamment leur r&#233;action aux crises. Le m&#234;me &#233;v&#232;nement comme la crise de 1929 a donn&#233; des r&#233;sultats tr&#232;s diff&#233;rents en Allemagne et aux Etats-Unis. C'est de ce fait l'enjeu essentiel de la vie collective : il partage ce r&#244;le avec le fonctionnement de la sph&#232;re politique et le r&#244;le des autorit&#233;s, qui participent d'ailleurs en un sens de la m&#234;me sph&#232;re. De ce point de vue, escompter la d&#233;cadence ou la relativisation de l'Etat, suppos&#233; trop hi&#233;rarchique et d&#233;pass&#233;, n'est pas r&#233;aliste : comme formule de rassemblement de la force collective d'une communaut&#233; humaine, on ne sait pas faire mieux &#8211; m&#234;me si les formes peuvent changer &#224; l'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; cette double lumi&#232;re qu'il faut appr&#233;cier, et en fait relativiser, le r&#244;le politique des crises &#233;conomiques ou financi&#232;res. Elles n'ont pas par elles-m&#234;mes d'impact majeur, sauf &#224; percoler au niveau social et politique (comme en Allemagne apr&#232;s 1929). Certes il faut absorber les pertes dues &#224; la crise. Mais c'est possible sans drame politique majeur ; la plupart des crises du pass&#233; se sont r&#233;sorb&#233;es sans impact &#233;norme sur l'histoire g&#233;n&#233;rale. La situation politique et surtout l'esprit public jouent un r&#244;le essentiel sur l'ampleur et l'orientation des effets. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ne croyons pas que les milieux financiers ou &#233;conomiques produisent des strat&#233;gies de sortie de crise originales et innovatrices, et surtout pas en mati&#232;re sociale ou politique, telles qu'elles jouent un r&#244;le dans les sc&#233;narios de sorite de crie ou de fa&#231;onnement de la soci&#233;t&#233;. Parmi les op&#233;rateurs &#233;conomiques ou financiers, les uns disparaissent avec une crise, les autres repartent ; mais tous n'ont en vue que les profits r&#233;alisables sur leurs op&#233;rations et non l'action politique. Le sens politique des milieux &#233;conomiques est g&#233;n&#233;ralement grandement surestim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'engourdissement de l'Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'Europe soit d&#233;sormais de fa&#231;on croissante &#224; la p&#233;riph&#233;rie du d&#233;bat principal est peu douteux. Et l&#224; encore c'est un probl&#232;me de valeurs collectives. Militairement naine, politiquement peu f&#233;conde, sans grand d&#233;bat ni convictions, ce continent s'englue progressivement dans un engourdissement dont t&#233;moignent la faiblesse du patriotisme, l'incroyance, une natalit&#233; consternante hors argent public, et une absence r&#233;solue d'ambition de civilisation autre que l'approfondissement du relativisme. Ce relativisme, qui constitue le stade ultime et radical de l'id&#233;ologie que nous h&#233;ritons des Lumi&#232;res, a un pouvoir dissolvant fort sur l'autorit&#233; politique et la facult&#233; de vivre ensemble ; c'est donc un facteur majeur de faiblesse de la volont&#233; commune, et notamment en d&#233;mocratie. Mais si cela dissout les bases du r&#233;gime d&#233;mocratique, cela n'emp&#234;chera pas des formes &#233;tatiques de survivre un temps assez long, quitte &#224; se parer des oripeaux d&#233;mocratiques. Car m&#234;me l&#224; on ne voit pas de forme politique alternative &#224; l'Etat, ni un grand avenir aux milices et autres forces priv&#233;es, sauf effondrement ult&#233;rieur &#224; ce stade improbable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela donne d'autant plus d'int&#233;r&#234;t &#224; examiner l'enjeu g&#233;opolitique central de demain, la situation en Asie : quatre puissances de premier plan (USA, Chine, Inde, Russie) plus le Japon, &#224; des degr&#233;s divers d'&#233;mergence, culturellement h&#233;t&#233;rog&#232;nes, sans traditions d'&#233;quilibre diplomatique entre elles, ambitieuses, militairement muscl&#233;es, entretiennent un jeu complexe de relations appel&#233;es &#224; structurer ce qui sera sans doute demain le centre de gravit&#233; du monde. Pas de doute, aucune n'a actuellement la puissance des Etats-Unis. Mais elles montent en force de fa&#231;on rapide. Et leur capacit&#233; h&#233;g&#233;monique est r&#233;elle. Certes la Chine imp&#233;riale &#233;tait inhib&#233;e par son conservatisme, mais la Chine nouvelle est hybrid&#233;e et apte &#224; &#233;voluer vite. Pour son r&#244;le futur, la limite est plut&#244;t dans sa d&#233;mographie (d&#233;sastreuse et culturellement malsaine) voire dans le risque de division (menace traditionnelle). Mais ne n&#233;gligeons pas non plus la Russie, nullement consol&#233;e de sa glissade relative, et l'Inde, dont la tradition de violence interne n'a d'&#233;gal que le talent scientifique, et qui peut se r&#233;veiller demain Etat nationaliste, h&#233;g&#233;monique dans sa sph&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la marginalisation relative et probable de l'Europe n'implique pas n&#233;cessairement pour elle descente dans le chaos. La crise de l'euro a r&#233;v&#233;l&#233; une nouvelle fois sa faille fondamentale : l'absence de l&#233;gitimit&#233; politique au niveau europ&#233;en, qui dans nos soci&#233;t&#233;s est d&#233;mocratique et nationale et le restera &#224; vue humaine. Tout cela ne facilite pas la mobilisation collective. L'euro notamment est de la responsabilit&#233; d'un organisme non &#233;lu, ext&#233;rieur &#224; chacun des pays concern&#233; qui de ce fait ne s'endette pas dans sa monnaie (cas de l'Allemagne mis &#224; part) ; c'est unique parmi les grands pays d&#233;velopp&#233;s. Mais de telles crises financi&#232;res, si elles minent la cr&#233;dibilit&#233; des Etats concern&#233;s, ne conduisent pas &#224; elles seules &#224; une crise violente, comme l'ont montr&#233; les crises de la dette des 30 derni&#232;res ann&#233;es. Pour l'Europe, la configuration spontan&#233;e et plus probable est celle d'une d&#233;rive analogue &#224; celle de l'Italie des XVIIe et XVIIIe si&#232;cles, plus ou moins sous domination externe, avec lent engourdissement mais peu de guerres, celles-ci &#233;tant r&#233;serv&#233;es aux enjeux centraux - quitte aujourd'hui &#224; pimenter cet assoupissement de crises terroristes ou d'&#233;meutes ethniques, ponctu&#233;es par des &#233;pisodes sanglants &#224; l'argentine. Cette Italie relativement paisible a dur&#233; deux si&#232;cles (pensons &#224; la Venise pittoresque de Tiepolo, sans ambition, &#233;gar&#233;e en plein XVIIIe si&#232;cle) ; elle a &#233;t&#233; r&#233;veill&#233;e par la R&#233;volution, c'est-&#224;-dire des &#233;v&#232;nements tout &#224; fait ext&#233;rieurs. Il sera plus difficile &#224; l'Europe d'attendre autant, car le reste du monde, secou&#233;, h&#233;t&#233;rog&#232;ne et rapidement mouvant, ne lui laissera pas de longs loisirs. Mais cela peut durer tout un temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas ceci exclut un retour en force de cette Europe sur la sc&#232;ne mondiale, sauf r&#233;forme intellectuelle et morale de grande ampleur. Son pass&#233;, dans lequel la comp&#233;tition et la diversit&#233; ont effectivement jou&#233; un r&#244;le essentiel, &#233;tait surtout celui de pays porteurs d'une foi, et d'une foi unique en son genre. Cette foi explique entre autres son d&#233;collage et son r&#244;le dans l'histoire. L'Europe d'aujourd'hui en est bien loin, du moins pour l'instant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte revu sur la base d'un commentaire sur un texte de Bernard Wicht paru dans Catholica N&#176; 109 Automne 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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