<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=38&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Laudate Deum : un cri d'alerte dans la ligne de Laudato si'</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Laudate-Deum-un-cri-d-alerte-dans-la-ligne-de-Laudato-si.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Laudate-Deum-un-cri-d-alerte-dans-la-ligne-de-Laudato-si.html</guid>
		<dc:date>2023-10-04T14:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Laudato si</dc:subject>
		<dc:subject>Laudate Deum</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le pape Fran&#231;ois propose ici un nouveau texte, pr&#233;sent&#233; comme faisant suite &#224; Laudato si'. Mais c'est un texte court, v&#233;h&#233;ment, concentr&#233; sur une question sp&#233;cifique : le r&#233;chauffement climatique. C'est sur ce point pr&#233;cis un cri d'alerte, une piq&#251;re de rappel &#224; Laudato si', dont il reprend plusieurs th&#232;mes majeurs comme le &#8216;paradigme technocratique, mais sans nouveaut&#233; majeure dans l'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; remarquer que l'essentiel du message du texte se r&#233;f&#232;re &#224; des r&#233;alit&#233;s non sp&#233;cifiquement chr&#233;tiennes : analyse du r&#233;chauffement, critique du &#8216;paradigme technocratique' et &#233;valuation politico-diplomatique. La r&#233;f&#233;rence &#224; la foi n'appara&#238;t qu'&#224; la fin, comme une source de motivation suppl&#233;mentaire et comme cadre global, mais qui ne modifie pas l'analyse de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-politique-et-economie-.html" rel="directory"&gt;Religion et &#233;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Laudato-si-+.html" rel="tag"&gt;Laudato si&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Laudate-Deum-60-+.html" rel="tag"&gt;Laudate Deum&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pape Fran&#231;ois propose ici un nouveau texte (&lt;a href=&#034;https://www.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/20231004-laudate-deum.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.vatican.va/content/fran...&lt;/a&gt;), pr&#233;sent&#233; comme faisant suite &#224; &lt;i&gt;Laudato si'.&lt;/i&gt; Mais c'est un texte court, v&#233;h&#233;ment, concentr&#233; sur une question sp&#233;cifique : le r&#233;chauffement climatique. C'est sur ce point pr&#233;cis un cri d'alerte, une piq&#251;re de rappel &#224; &lt;i&gt;Laudato si'&lt;/i&gt;, dont il reprend plusieurs th&#232;mes majeurs comme le &#8216;paradigme technocratique, mais sans nouveaut&#233; majeure dans l'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; remarquer que l'essentiel du message du texte se r&#233;f&#232;re &#224; des r&#233;alit&#233;s non sp&#233;cifiquement chr&#233;tiennes : analyse du r&#233;chauffement, critique du &#8216;paradigme technocratique' et &#233;valuation politico-diplomatique. La r&#233;f&#233;rence &#224; la foi n'appara&#238;t qu'&#224; la fin, comme une source de motivation suppl&#233;mentaire et comme cadre global, mais qui ne modifie pas l'analyse de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les points principaux de diagnostic : le consensus des experts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part est alarmiste : (2) &#171; nos r&#233;actions sont insuffisantes alors que le monde qui nous accueille s'effrite et s'approche peut-&#234;tre d'un point de rupture &#187;. En effet, (15) &#171; certaines manifestations de cette crise climatique sont d&#233;j&#224; irr&#233;versibles pour des centaines d'ann&#233;es au moins, comme l'augmentation de la temp&#233;rature globale des oc&#233;ans, leur acidification et leur appauvrissement en oxyg&#232;ne &#187; ou (16) &#171; la diminution des glaces continentales &#187;. Certes (17) &#171; certains diagnostics apocalyptiques semblent souvent peu rationnels ou insuffisamment fond&#233;s. Cela ne doit pas nous faire ignorer que la possibilit&#233; de parvenir &#224; un point critique est r&#233;elle. Des changements mineurs peuvent provoquer des changements plus grands, impr&#233;vus et peut-&#234;tre d&#233;j&#224; irr&#233;versibles, en raison de facteurs d'inertie &#187;. Suit une analyse de la &#171; crise climatique globale &#187; : (5) &#171; les signes du changement climatique sont l&#224;, toujours plus &#233;vidents &#187; notamment des ph&#233;nom&#232;nes extr&#234;mes ; or &#171; certains changements climatiques provoqu&#233;s par l'humanit&#233; augmentent consid&#233;rablement la probabilit&#233; d'&#233;v&#233;nements extr&#234;mes de plus en plus fr&#233;quents et intenses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, poursuit-il (6) &#171; ces derni&#232;res ann&#233;es, de nombreuses personnes ont tent&#233; de se moquer de ce constat. Elles font appel &#224; des donn&#233;es suppos&#233;es scientifiquement solides, comme le fait que la plan&#232;te a toujours connu et conna&#238;tra toujours des p&#233;riodes de refroidissement et de r&#233;chauffement. Elles oublient de mentionner un autre fait pertinent : ce &#224; quoi nous assistons aujourd'hui est une acc&#233;l&#233;ration inhabituelle du r&#233;chauffement &#187;. Or (11) &#171; on ne peut plus douter de l'origine humaine, - &#8220;anthropique&#8221; - du changement climatique &#187; notamment au vu de sa soudainet&#233;. C'est que (13) &#171; il n'est pas possible de dissimuler la co&#239;ncidence entre ces ph&#233;nom&#232;nes climatiques mondiaux et la croissance acc&#233;l&#233;r&#233;e des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, en particulier depuis le milieu du XX&#232;me si&#232;cle. Cette corr&#233;lation est d&#233;fendue par une &#233;crasante majorit&#233; de sp&#233;cialistes du climat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur tous ces sujets, centraux dans le message du texte, le point essentiel est que le constat rel&#232;ve enti&#232;rement et exclusive d'une analyse d'ordre scientifique ; il n'a en soi rien de religieux ni m&#234;me d'&#233;thique. Or comme je l'ai d&#233;velopp&#233; ailleurs (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Catholicisme-Du-bon-usage-du-magistere.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Catho...&lt;/a&gt;), l'autorit&#233; du magist&#232;re catholique porte sur ce qui concerne la foi et les m&#339;urs (la morale) ; mais en aucune fa&#231;on la science. Le r&#244;le totalement central donn&#233; ici &#224; des constatations d'ordre scientifique est en un sens une faiblesse pour un texte doctrinal, m&#234;me si en l'esp&#232;ce il y a un assez grand consensus des sp&#233;cialistes : que le pape rejoigne leur analyse n'ajoute rien &#224; celle-ci. En revanche bien s&#251;r, si ce consensus est fond&#233;, il rel&#232;ve de la morale de dire : vous devez r&#233;agir, cette situation est vraiment dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des aspects sociaux et &#233;conomiques rappel&#233;s mais peu &#233;labor&#233;s ici&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces aspects sont pr&#233;sents, comme dans &lt;i&gt;Laudato si'&lt;/i&gt;, avec les m&#234;mes termes, mais sans insister ; ainsi la nocivit&#233; des grandes entreprises, que d&#233;cid&#233;ment le pape n'aime pas (non sans quelque motif) mais dont il ne per&#231;oit pas qu'elles peuvent aussi &#224; l'occasion participer de la solution : (13) &#171; malheureusement, la crise climatique n'est pas vraiment un sujet d'int&#233;r&#234;t pour les grandes puissances &#233;conomiques, soucieuses du plus grand profit au moindre co&#251;t et dans les plus brefs d&#233;lais possibles. &#187; Ou, plus incontestable, la dimension sociale (3) : &#171; il s'agit d'un probl&#232;me social global qui est intimement li&#233; &#224; la dignit&#233; de la vie humaine &#187;, notamment du fait que &#171; les effets du changement climatique sont support&#233;s par les personnes les plus vuln&#233;rables, que ce soit chez elles ou dans le monde entier &#187;. Avec un th&#232;me nouveau, l'emploi (10) : &#171; on dit aussi souvent que les efforts visant &#224; att&#233;nuer le changement climatique [&#8230;] entra&#238;neront une r&#233;duction des emplois. En r&#233;alit&#233;, des millions de personnes perdent leur travail en raison des diverses cons&#233;quences du changement climatique [&#8230;] Par ailleurs, la transition vers des formes d'&#233;nergies renouvelables bien g&#233;r&#233;es, ainsi que les efforts d'adaptation aux dommages du changement climatique, sont capables de cr&#233;er d'innombrables emplois dans diff&#233;rents secteurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mographie est &#233;voqu&#233;e aussi, mais de fa&#231;on &#233;trange (9) : &#171; certains attribuent la responsabilit&#233; aux pauvres parce qu'ils ont beaucoup d'enfants, et ils cherchent m&#234;me &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me en mutilant les femmes des pays les moins d&#233;velopp&#233;s &#187;. &#171; Mais la r&#233;alit&#233; est qu'un faible pourcentage des plus riches de la plan&#232;te pollue plus que les 50% plus pauvres de la population mondiale, et que les &#233;missions par habitant des pays les plus riches sont tr&#232;s sup&#233;rieures &#224; celles des pays les plus pauvres. &#187; A vrai dire il n'y a pas beaucoup de monde qui accuse les pauvres du r&#233;chauffement ! Mais en se limitant &#224; cet aspect, le th&#232;me de la d&#233;mographie, trait&#233; superficiellement par Laudato si', l'est encore moins ici. Or c'est un point de divergence majeur entre l'Eglise et une bonne partie du courant &#233;cologique : il est tr&#232;s regrettable qu'en fois de plus cette question ne soit pas trait&#233;e s&#233;rieusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une cause majeure : le &#8216;paradigme technocratique' et la volont&#233; de puissance sous-jacente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre th&#232;me en revanche repris plus en d&#233;tails de &lt;i&gt;Laudato si'&lt;/i&gt; est celui du &#8216;paradigme technocratique', qui &#233;tait d&#233;j&#224; un d&#233;veloppement majeur de cette encyclique, et un de ses apports originaux. Comme dit le pape (20) &#171; j'ai donn&#233; dans &lt;i&gt;Laudato si'&lt;/i&gt; une br&#232;ve explication du paradigme technocratique qui se trouve derri&#232;re le processus actuel de d&#233;gradation de l'environnement. C'est &#8216;une mani&#232;re de comprendre la vie et l'activit&#233; humaine qui a d&#233;vi&#233; et qui contredit la r&#233;alit&#233; jusqu'&#224; lui nuire'. Au fond, il consiste &#224; penser &#8216;comme si la r&#233;alit&#233;, le bien et la v&#233;rit&#233; surgissaient spontan&#233;ment du pouvoir technologique et &#233;conomique lui-m&#234;me'. &#187; (21) &#171; Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, nous avons pu confirmer ce diagnostic tout en assistant &#224; une nouvelle avanc&#233;e du paradigme en question &#187;. C'est que (22) &#171; les ressources naturelles n&#233;cessaires &#224; la technologie, comme le lithium, le silicium et bien d'autres, ne sont certes pas illimit&#233;es, mais le plus grand probl&#232;me est l'id&#233;ologie qui sous-tend une obsession : accro&#238;tre au-del&#224; de l'imaginable le pouvoir de l'homme, face auquel la r&#233;alit&#233; non humaine est une simple ressource &#224; son service. Tout ce qui existe cesse d'&#234;tre un don qu'il faut appr&#233;cier, valoriser et prot&#233;ger, et devient l'esclave, la victime de tous les caprices de l'esprit humain et de ses capacit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pose une question de pouvoir : (23) &#171; il est effrayant de constater que les capacit&#233;s accrues de la technologie donnent &#171; &#224; ceux qui ont la connaissance, et surtout le pouvoir &#233;conomique d'en faire usage, une emprise impressionnante sur l'ensemble de l'humanit&#233; et sur le monde entier. Jamais l'humanit&#233; n'a eu autant de pouvoir sur elle-m&#234;me et rien ne garantit qu'elle s'en servira bien, surtout si l'on consid&#232;re la mani&#232;re dont elle est en train de l'utiliser [&#8230;]. En quelles mains se trouve et pourrait se trouver tant de pouvoir ? Il est terriblement risqu&#233; qu'il r&#233;side en une petite partie de l'humanit&#233; &#187;. La remarque sur ce pouvoir de l'humanit&#233; est bien s&#251;r tout &#224; fait fond&#233;e, mais notons &#224; nouveau, comme pour les &#8216;puissances' &#233;conomiques, cette tendance &#224; mettre toute la responsabilit&#233; sur les seuls puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc, poursuit-il, &#171; repenser notre usage du pouvoir &#187;. (24) &#171; Toute augmentation de pouvoir n'est pas forc&#233;ment un progr&#232;s pour l'humanit&#233; &#187;. Mais c'est un risque toujours pr&#233;sent, car &#171; l'immense progr&#232;s technologique n'a pas &#233;t&#233; accompagn&#233; d'un d&#233;veloppement de l'&#234;tre humain en responsabilit&#233;, en valeurs, en conscience [&#8230;]. L'homme est nu, expos&#233; &#224; son propre pouvoir toujours grandissant, sans avoir les &#233;l&#233;ments pour le contr&#244;ler. Il peut disposer de m&#233;canismes superficiels, mais nous pouvons affirmer qu'il lui manque aujourd'hui une &#233;thique solide, une culture et une spiritualit&#233; qui le limitent r&#233;ellement et le contiennent dans une abn&#233;gation lucide &#187;. Et (25) &#171; contrairement &#224; ce paradigme technocratique, nous affirmons que le monde qui nous entoure n'est pas un objet d'exploitation, d'utilisation d&#233;brid&#233;e, d'ambitions illimit&#233;es. Nous ne pouvons m&#234;me pas dire que la nature serait un simple &#8216;cadre' o&#249; nous d&#233;velopperions nos vies et nos projets, car &#8216;nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchev&#234;tr&#233;s avec elle' &#187;. (28) &#171; Nous avons fait des progr&#232;s technologiques impressionnants et stup&#233;fiants, et nous ne nous rendons pas compte que, dans le m&#234;me temps, nous sommes devenus extr&#234;mement dangereux, capables de mettre en danger la vie de beaucoup d'&#234;tres ainsi que notre propre survie &#187;. Diagnostic peu contestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on retombe alors dans l'unilat&#233;ralit&#233; de l'accusation : (29) &#171; La d&#233;cadence &#233;thique du pouvoir r&#233;el est d&#233;guis&#233;e par le marketing et les fausses informations, qui sont des m&#233;canismes utiles aux mains de ceux qui disposent de plus de ressources afin d'influencer l'opinion publique &#187; (un exemple en est donn&#233; au 30). (31) &#171; La logique du profit maximum au moindre co&#251;t, d&#233;guis&#233;e en rationalit&#233;, en progr&#232;s et en promesses illusoires, rend impossible tout souci sinc&#232;re de la Maison commune et toute pr&#233;occupation pour la promotion des laiss&#233;s-pour-compte de la soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui refl&#232;te &#233;videmment une r&#233;alit&#233; ; mais pas toute la r&#233;alit&#233;. Car le paradigme technocratique en question est aussi populaire : il sert bien souvent &#224; am&#233;liorer r&#233;ellement le niveau de vie des gens ; peut-&#234;tre de fa&#231;on illusoire sur la dur&#233;e, mais n&#233;anmoins r&#233;elle au moins pendant un temps. Ce qui explique que dans la r&#233;sistance aux mesures &#233;cologiques, on trouve tr&#232;s souvent des forces populaires, et ce n'est pas, ou pas seulement, parce qu'elles seraient manipul&#233;es. Il est dommage d'occulter ce fait pour accabler les seuls &#8216;puissants', m&#234;me si ces derniers ont &#233;videmment une responsabilit&#233; majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous un autre angle il est dommage de ne pr&#233;senter la technologie que sous l'angle n&#233;gatif d'une certaine id&#233;ologie, alors qu'elle est un &#233;l&#233;ment essentiel de notre futur : si on veut sortir des gaz &#224; effet de serre, il faut de la technologie car nous avons besoin d'&#233;nergie et les &#233;nergies dites renouvelables ne suffiront pas, dans leur &#233;tat actuel au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La faiblesse de la politique internationale et les Conf&#233;rences sur le climat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pape analyse ensuite ce qui a &#233;t&#233; fait et pourrait &#234;tre fait &#224; ce niveau. Il en appelle &#224; (35) &#171; &#8216;des organisations mondiales plus efficaces, dot&#233;es d'autorit&#233; pour assurer le bien commun mondial, l'&#233;radication de la faim et de la mis&#232;re ainsi qu'une r&#233;elle d&#233;fense des droits humains fondamentaux'. &#187; Suit une analyse des COP successives et de celle &#224; venir, la COP28 de Duba&#239;. L&#224; aussi, dit-il (52) &#171; les accords n'ont &#233;t&#233; que peu mis en &#339;uvre parce qu'aucun m&#233;canisme ad&#233;quat de contr&#244;le, de r&#233;vision p&#233;riodique et de sanction en cas de manquement, n'a &#233;t&#233; &#233;tabli. &#187;. Et donc (59) &#171; si l'on veut sinc&#232;rement que la COP28 soit historique, qu'elle nous honore et nous ennoblisse en tant qu'&#234;tres humains, on ne peut qu'attendre des formes contraignantes de transition &#233;nerg&#233;tique qui pr&#233;sentent trois caract&#233;ristiques : efficaces, contraignantes et facilement contr&#244;lables &#187;. On peut douter que cela soit r&#233;aliste, mais la demande peut se comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, et de fa&#231;on caract&#233;ristique dans la ligne des remarques pr&#233;c&#233;dentes, le pape ajoute (38) que &#171; &#224; moyen terme, la mondialisation favorise les &#233;changes culturels spontan&#233;s, une plus grande connaissance mutuelle et des chemins d'int&#233;gration des populations qui finissent par conduire &#224; un multilat&#233;ralisme &#8216;d'en bas' et pas seulement d&#233;cid&#233; par les &#233;lites du pouvoir &#187;. &#171; On peut esp&#233;rer qu'il en sera ainsi concernant la crise climatique &#187;. (43) &#171; Dans ce cadre, des espaces de conversation, de consultation, d'arbitrage, de r&#233;solution des conflits et de supervision sont n&#233;cessaires, bref, une sorte de plus grande &#8216;d&#233;mocratisation' dans la sph&#232;re mondiale pour exprimer et int&#233;grer les diff&#233;rentes situations &#187;. A nouveau la base, le bon peuple est innocent&#233;, et vu comme source de progr&#232;s, tandis que tout le mal vient d'en-haut. Ce qui, admettons-le, est quelque peu na&#239;f. M&#234;me tendance d'ailleurs au (71) &#171; l'effort des m&#233;nages pour polluer moins, r&#233;duire les d&#233;chets, consommer avec retenue, cr&#233;e une nouvelle culture. Ce seul fait de modifier les habitudes personnelles, familiales et communautaires nourrit l'inqui&#233;tude face aux responsabilit&#233;s non prises des secteurs politiques et l'indignation face au d&#233;sint&#233;r&#234;t des puissants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les motivations spirituelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles n'apparaissent qu'&#224; la fin, en outre sans &#234;tre sp&#233;cifiquement chr&#233;tiennes : (61) &#171; je ne veux pas manquer de rappeler aux fid&#232;les catholiques les motivations qui naissent de leur foi. J'encourage les fr&#232;res et s&#339;urs des autres religions &#224; faire de m&#234;me, car nous savons que la foi authentique donne non seulement des forces au c&#339;ur humain, mais qu'elle transforme toute la vie, transfigure les objectifs personnels, &#233;claire la relation avec les autres et les liens avec toute la cr&#233;ation &#187;. On n'insistera pas sur cette tendance &#224; mettre toutes les religions sur le m&#234;me plan, sur lequel il y aurait beaucoup &#224; dire, mais ce n'est pas le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelant au 62 et 63 les fondements bibliques de notre responsabilit&#233; envers la terre, le pape souligne en revanche de fa&#231;on pertinente (67) que &#171; la vision jud&#233;o-chr&#233;tienne du cosmos d&#233;fend la valeur particuli&#232;re et centrale de l'&#234;tre humain au milieu du concert merveilleux de tous les &#234;tres, mais aujourd'hui nous sommes oblig&#233;s de reconna&#238;tre que seul un &#8216;anthropocentrisme situ&#233;' est possible. Autrement dit, reconna&#238;tre que la vie humaine est incompr&#233;hensible et insoutenable sans les autres cr&#233;atures &#187;. Car (68) &#171; Dieu nous a unis si &#233;troitement au monde qui nous entoure, que la d&#233;sertification du sol est comme une maladie pour chacun ; et nous pouvons nous lamenter sur l'extinction d'une esp&#232;ce comme si elle &#233;tait une mutilation &#187;. &#171; Ainsi, nous mettons fin &#224; l'id&#233;e d'un &#234;tre humain autonome, tout-puissant et illimit&#233;, et nous nous repensons pour nous comprendre d'une mani&#232;re plus humble et plus riche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive (70) &#171; ce qui compte est une chose moins quantitative : rappeler qu'il n'y a pas de changement durable sans changement culturel, sans maturation du mode de vie et des convictions des soci&#233;t&#233;s, et il n'y a pas de changement culturel sans changement chez les personnes &#187;. Et surtout (73) &#171; &#8216;Louez Dieu' est le nom de cette lettre. Parce qu'un &#234;tre humain qui pr&#233;tend prendre la place de Dieu devient le pire danger pour lui-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a dit, le texte est d'abord un cri d'alerte, sans d&#233;veloppement nouveau majeur. Plusieurs des th&#232;mes favoris du pape Francois s'y retrouvent, notamment celui, stimulant, du &#8216;paradigme technocratique'. Mais aussi certaines de ses marottes et limites, comme on a pu le voir. C'est donc l&#224;, au-del&#224; du cri d'alerte, plus un texte de confort et de rappel qu'un vrai d&#233;veloppement de la pens&#233;e, qui e&#251;t &#233;t&#233; pourtant utile sur plusieurs points.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
