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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Nations et d&#233;mocratie</title>
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		<dc:date>2010-05-27T17:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Nation et d&#233;mocratie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Principe national, r&#233;alit&#233;s ethniques, et d&#233;mocratie &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec des extraits du livre &lt;br class='autobr' /&gt;
Les ethnies, une menace pour les nations ? Beaucoup tirent la sonnette d'alarme et nous expliquent que la notion d'ethnie, arbitrairement gonfl&#233;e, est utilis&#233;e comme arme pour remettre en cause des nations par ailleurs solides. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;alit&#233; est bien diff&#233;rente. Et l'enjeu plus important qu'il n'y para&#238;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons d'abord que l'ethnie au sens actuel n'a rien &#224; voir avec une race : on entend par l&#224; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Principe national, r&#233;alit&#233;s ethniques, et d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avec des extraits du livre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ethnies, une menace pour les nations ? Beaucoup tirent la sonnette d'alarme et nous expliquent que la notion d'ethnie, arbitrairement gonfl&#233;e, est utilis&#233;e comme arme pour remettre en cause des nations par ailleurs solides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est bien diff&#233;rente. Et l'enjeu plus important qu'il n'y para&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que l'ethnie au sens actuel n'a rien &#224; voir avec une race : on entend par l&#224; une population ayant une culture et une langue commune. Ce qu'on constate est que l'ethnie ainsi comprise est une pi&#232;ce essentielle de toute construction nationale&#8230;du moins en d&#233;mocratie, bien que la doctrine d&#233;mocratique ne l'&#233;voque pas. Je l'ai montr&#233; en d&#233;tail dans mon livre Les nations et leur destin (FX de Guibert 2005) sur la base d&#233;taill&#233;e d'une analyse des faits. Aucun peuple ne fonctionne en d&#233;mocratie s'il n'y a pas une identification collective forte, caract&#233;ris&#233;e par une langue et une culture commune, au moins de la grande majorit&#233; de la population. R&#233;sultat : toutes les nations v&#233;ritables (mais &#233;videmment pas les Etats artificiels, les empires ou leurs h&#233;ritiers postcoloniaux) sont construites autour d'un peuple, d'une ethnie de r&#233;f&#233;rence, et toutes g&#233;n&#233;ralisent le mod&#232;le majoritaire et notamment la langue correspondante &#224; l'ensemble de leur population y compris les personnes relevant d'autres cultures, d'autres ethnies. En revanche bien s&#251;r rien n'emp&#234;che qu'une ethnie au sens large soit divis&#233;e en plusieurs Etats-nations ; ainsi l'Am&#233;rique latine, le monde anglo-saxon etc. Inversement toute construction politique multiethnique qui se d&#233;mocratise &#233;clate selon les ethnies constitutives, ou ce qui s'en rapproche. Exemples r&#233;cents, la Yougoslavie et l'URSS. Le nettoyage ethnique est dans ces configurations un des effets de la d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes ce qui fait le cadre national est bien l'histoire. Mais &#224; partir d'une communaut&#233; qui est de fait ethnique, ou qui vise &#224; l'&#234;tre, consciemment ou pas. En d'autres termes, quand l'ethnie n'est pas au point de d&#233;part elle est au point d'arriv&#233;e. La France en est un exemple spectaculaire : 40% de la population appartenait historiquement &#224; des ensembles linguistiques ou culturels non fran&#231;ais, des ethnies au sens ci-dessus. Potentiellement, l'histoire aidant, certaines auraient pu devenir des nations : Bretons, Catalans, Basques, Occitans surtout, qui sont les plus nombreux. Mais la construction nationale fran&#231;aise s'est caract&#233;ris&#233;e, notamment depuis la R&#233;volution et la IIIe R&#233;publique, par une volont&#233; d&#233;termin&#233;e d'assimilation, tout &#224; fait r&#233;ussie sur ce plan : si par exemple les Catalans de France ne posent pas de probl&#232;me ethnique, c'est que maintenant ils sont pour l'essentiel ethniquement fran&#231;ais. Leurs langue et leur culture v&#233;cues, quotidiennes, sont d&#233;sormais sans le moindre doute fran&#231;aises ; certes le catalanisme peut &#234;tre affectivement important, au moins pour certains, mais ce n'est plus leur culture effective, contrairement au c&#244;t&#233; espagnol. L'Espagne montre en revanche qu'il existe des situations interm&#233;diaires, o&#249; des ethnies minoritaires subsistent tout en participant &#224; l'ethnie majoritaire : elle le fait avec les Basques, Catalans et Galiciens, comme le Royaume Uni avec l'Ecosse et les Pays de Galles. Situations plus complexes, plus difficiles &#224; g&#233;rer, mais apparemment viables, et qui ont l'avantage d'un meilleur respect de la richesse culturelle des peuples que le jacobinisme &#224; la fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Asie n'&#233;chappe en rien &#224; ce mod&#232;le : les seuls Etats fragiles y sont ceux o&#249; l'ethnie dominante n'est pas parvenue &#224; rassembler les minoritaires autour d'elle ; ainsi la Birmanie, et sans doute l'Indon&#233;sie. Quant &#224; l'Inde, si la diversit&#233; linguistique y est assez forte et pose bien des probl&#232;mes, la communaut&#233; culturelle, la civilisation puissamment typ&#233;e et d'ailleurs de plus en plus hindouiste de ce pays fournissent au moins pour le moment une puissant facteur d'identification. Mais de gr&#226;ce ne parlons pas de l'Afrique, dont la fragilit&#233; politique est &#233;vidente. Peut-on s&#233;rieusement soutenir que les Etats y sont des nations ? Un seul Etat est &#224; ce jour politiquement stable, dans la d&#233;mocratie, le S&#233;n&#233;gal. Est-ce un hasard s'il est le seul &#224; disposer de deux langues partout admises, le fran&#231;ais et surtout le wolof ? Bien entendu il ne s'agit pas d'en appeler &#224; la dissolution des Etats africains actuels en une multitude de tribus. Mais s'il ne s'y produit pas un mouvement d'assimilation autour de cultures et de langues communes, les pays d'Afrique resteront de simples constructions politiques, fragiles, et s&#251;rement pas d&#233;mocratiques au bon sens du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exceptions , des d&#233;mocraties multiethniques ? Une seule est un succ&#232;s, la Suisse. Situation tr&#232;s particuli&#232;re. Outre que les Al&#233;maniques y dominent largement, une clef de son succ&#232;s est l'extr&#234;me d&#233;centralisation qu'assure l'organisation cantonale ; une autre, l'existence d'une structure politique ancienne et tr&#232;s ancr&#233;e. La Belgique h&#233;las n'est pas dans ce cas. Elle aurait pu le devenir. A la fran&#231;aise, si la politique de francisation initiale avait triomph&#233;. A l'espagnole, s'il y avait eu une culture de r&#233;f&#233;rence reconnue par tous. Peut-&#234;tre &#224; la suisse, si elle s'&#233;tait cantonalis&#233;e. Mais aucun ne ces mod&#232;les n'y domine. Esp&#233;rons pour nos voisins qu'ils trouveront une solution. Mais ce ne sera pas en niant l'effet puissant, irr&#233;sistible, que constitue le sentiment de communaut&#233; v&#233;cue que cr&#233;e l'appartenance culturelle, c'est-&#224;-dire dans le vocabulaire adopt&#233; ici, ethnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert donc &#224; rien de nier cette r&#233;alit&#233;. D'autant qu'elle est porteuse de le&#231;ons pour l'avenir. Car il faut tirer de tout ceci la conclusion majeure pour nous, qui est l'&#233;chec pr&#233;visible du mythe de la d&#233;mocratie europ&#233;enne. L'Europe unitaire sera imp&#233;riale (sous une technocratie ou autrement) et donc contradictoire avec la l&#233;gitimit&#233; ambiante, qui est d&#233;mocratique. Ou elle restera au plus conf&#233;d&#233;rale. Car il n'y a tout simplement pas de langue, d'ethnie et donc de nation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(publi&#233; intialement dans Libert&#233; politique)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en lire plus : voir notre Les nations et leur Destin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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