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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Trump et sa Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale : changeons notre logiciel</title>
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		<dc:date>2026-01-12T08:05:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Ordre international</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre des d&#233;mocraties</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; c'est dans l'emballage id&#233;ologique que r&#233;side la principale nouveaut&#233;, et cela laisse les Europ&#233;ens bien isol&#233;s, entre pr&#233;tentions moralisantes et incapacit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ordre-international-+.html" rel="tag"&gt;Ordre international&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-des-democraties-+.html" rel="tag"&gt;Guerre des d&#233;mocraties&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Securite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/geopolitics-9502437_1280.jpg?1787417298' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vision d'ensemble nationale mais pragmatique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau du positionnement global, le fait majeur est bien s&#251;r l'abandon de tout pr&#233;tention id&#233;ologique d'ensemble, de la grande croisade des d&#233;mocraties, et du r&#244;le des Etats-Unis &#224; sa t&#234;te. L'id&#233;e est au contraire la priorit&#233; que chaque Etat doit &#224; ses int&#233;r&#234;ts nationaux, pr&#233;sent&#233;e m&#234;me comme la meilleure solution pour tous au niveau global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains en ont d&#233;duit que cela aboutirait &#224; une hausse de la conflictualit&#233; ainsi qu'au partage du monde en sph&#232;res d'influences. Or si on peut d&#233;battre des cons&#233;quences possibles, ce n'est pas ce que dit viser le texte. D'une part, cette conception nouvelle n'est pas n&#233;cessairement bellig&#232;ne par principe puisqu'elle proclame en m&#234;me temps l'importance de la paix. On sait l'attachement de Trump &#224; se pr&#233;senter comme faiseur de paix, ce que le document rappelle &#8211; m&#234;me si dans son optique cela n'exclut pas des op&#233;rations militaires ponctuelles mais muscl&#233;es (Iran, Venezuela). D'autre part, le comportement de ce m&#234;me Trump est fondamentalement transactionnel, et domin&#233; par les consid&#233;rations &#233;conomiques &#8211; vues sous un angle brutal. D'o&#249; l'importance centrale dans tout le document de la s&#233;curit&#233; des approvisionnements (hydrocarbures notamment), et de la libert&#233; des mers. C'est en partie cet accent mis sur ces divers aspects qui explique l'absence de d&#233;signation explicite de la Russie ou de la Chine comme adversaires strat&#233;giques ou comme menace radicale, qu'on attendait naturellement dans un tel document. C'est n'est qu'en creux qu'une telle menace appara&#238;t, ainsi en mer de Chine, et trait&#233;e sous l'angle de la libert&#233; des mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas non plus se dessiner une id&#233;e de partage du monde en v&#233;ritables zones d'influence h&#233;g&#233;moniques. Certes, en Am&#233;rique latine, le texte propose une version durcie de la doctrine Monroe et exclut toute pr&#233;sence jug&#233;e dangereuse d'une puissance autre. Mais ce n'est pas parce qu'un partage global du monde en sph&#232;res serait explicitement promu ; c'est la cons&#233;quence logique du primat national, visant &#224; assurer une d&#233;fense renforc&#233;e des int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, tant en termes d'approvisionnement, de s&#233;curit&#233; que de lutte contre des menaces diverses (drogues, migrants). On ne voit d&#232;s lors pas dans le texte que les Etats-Unis s'interdisent d'intervenir o&#249; que ce soit, m&#234;me si ce n'est plus par id&#233;ologie : aucune zone d'influence n'est reconnue &#224; qui que ce soit d'autre. D'ailleurs, quant aux autres zones, la relativisation du Moyen Orient n'est qu'apparente, et l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique reste fort ; et l'importance de l'Asie, notamment c&#244;ti&#232;re, est maintenue. Il ne s'agit pas non plus d'assumer une h&#233;g&#233;monie globale, d'autant que cette derni&#232;re impliquerait une certaine responsabilit&#233; de l'h&#233;g&#233;mon envers ses vassaux : or ce n'est pas l'id&#233;e du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aspects g&#233;ographiques et id&#233;ologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Europe, le traitement tr&#232;s particulier qui lui est fait est justifi&#233; par la proximit&#233; culturelle et politique, plus que comme l'appartenance de celle-ci &#224; une zone d'influence. Il n'y a pas non plus dans le texte le d&#233;sengagement pur et simple que beaucoup y ont vu &#8211; m&#234;me si le soutien devient plus conditionnel. Ni de vassalisation au sens propre, du moins pas plus qu'auparavant m&#234;me si l&#224; aussi le rapport est plus brutal ; encore moins l'id&#233;e que l'Europe serait un ennemi. Bien entendu, on retrouve le couplet d&#233;sormais central sur le partage des frais et de l'effort de d&#233;fense ; mais il n'est pas nouveau, m&#234;me s'il est mani&#233; plus agressivement. Plus nouveau est le fait que la mention de l'affinit&#233; culturelle et politique reconnue entre elle et les Etats-Unis tende &#224; d&#233;placer la motivation g&#233;opolitique : si on suit le texte, l'Europe est toujours une cousine, mais moins un enjeu strat&#233;gique. Corr&#233;lativement, le texte insiste comme on sait avec force sur ce qui est per&#231;u comme sa d&#233;cadence sur bien des points : &#233;conomie, migrants, wokisme, patriotisme etc. Il y a l&#224; un clair m&#233;pris, mais aussi &#224; sa fa&#231;on, une demande de redressement. Cela explique d&#233;j&#224; en partie le d&#233;couplage relatif sur des dossiers comme l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le d&#233;couplage le plus marqu&#233; avec l'Europe est id&#233;ologique ; il y a rupture du consensus relatif auparavant affich&#233; des deux c&#244;t&#233;s. Le message est : 1. Nous nous redressons, faites de m&#234;me. 2. Vous &#234;tes plus atteints que nous, avec votre machin bruxellois, votre go&#251;t pour les grandes phrases, et votre irresponsabilit&#233;. 3. Nous aiderons ceux chez vous qui vont dans le bon sens, les vrais patriotes (ce qu'on comprend comme d&#233;bouchant sur un soutien aux populistes ou &#224; &#171; l'extr&#234;me-droite &#187; - m&#234;me si les modalit&#233;s n'en sont pas claires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant encore qu'en r&#233;alit&#233;, cette opposition id&#233;ologique traverse les Etats-Unis autant que l'Europe. Apr&#232;s tout, le wokisme et l'id&#233;ologie DEI ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es l&#224;-bas (quelles qu'en soient les sources intellectuelles europ&#233;ennes) avant d'&#234;tre r&#233;export&#233;s en Europe. De ce point de vue, la rupture id&#233;ologique entre les partenaires ne serait confirm&#233;e par la suite que si chacun d'eux persistait dans sa voie actuelle sur la dur&#233;e, ce qui ne va de soi ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre. Mais ceci &#233;tant not&#233;, la divergence en cours ne peut &#234;tre sous-estim&#233;e, car elle n'a pas de pr&#233;c&#233;dent. Et les r&#233;actions europ&#233;ennes, plut&#244;t r&#233;serv&#233;es c&#244;t&#233; officiel, effarouch&#233;es c&#244;t&#233; commentateurs, sont symptomatiques de la sid&#233;ration qu'elles r&#233;v&#232;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un sens, ce discours nouveau, quelque peu agressif, met &#224; sa fa&#231;on en &#233;vidence les pr&#233;suppos&#233;s progressistes en Europe, politiquement corrects et pr&#233;tendument unanimes. Pourtant l'&#233;vidence &#233;lectorale de la mont&#233;e de ce qu'on y appelle populisme montre que cette unanimit&#233; vaut surtout pour l'Europe officielle. Inversement la sc&#232;ne am&#233;ricaine est de son c&#244;t&#233; loin d'&#234;tre acquise au trumpisme, et peut donc encore changer d'orientation. Mais dans ce cas, il est peu probable que l'avenir d&#233;bouchera sur un retour aux relations euro-am&#233;ricaines ant&#233;rieures : l'id&#233;e que l'Europe est d&#233;sormais hors du coup est r&#233;pandue l&#224;-bas, non sans motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques remarques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'insistera pas ici sur les d&#233;fauts du trumpisme, que ce texte met aussi en &#233;vidence : la brutalit&#233; et le ton peu diplomatique voire cynique, peu propre &#224; pr&#233;parer un monde apais&#233; ; l'obsession de la transaction et du commerce ; l'assurance pr&#233;matur&#233;e qu'on entrerait dans une nouvelle phase d'Am&#233;rique &#171; great again &#187; ; et peut-&#234;tre surtout l'absence de strat&#233;gie structurelle (de politique industrielle notamment, mais aussi de suivi dans les op&#233;rations) etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux points sont en revanche &#224; souligner plus particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la question d&#233;sormais centrale des nouveaux principes sur lesquels se construira l'&#233;quilibre international de demain. L'insistance trumpienne sur l'int&#233;r&#234;t national, m&#234;me temp&#233;r&#233;e par le souci affich&#233; de la paix, exprime au fond une r&#233;alit&#233; permanente qui n'avait jamais disparu. Ce qui est plus nouveau est de le mettre en avant de fa&#231;on aussi nue et froide ; m&#234;me si c'est entre autres pour &#233;liminer l'emballage id&#233;ologique ou juridique qui &#233;tait de mise auparavant. Or un tel changement n'est pas neutre, s'il devient permanent. D'un c&#244;t&#233;, comme beaucoup l'ont not&#233;, il peut justifier chez d'autres puissances un degr&#233; plus &#233;lev&#233; d'agressivit&#233; et de cynisme &#8211; m&#234;me si en r&#233;alit&#233; agressivit&#233; et cynisme sont d&#233;j&#224; bien r&#233;pandus : la Russie n'a pas attendu cela pour intervenir sur sa p&#233;riph&#233;rie, sans parler des comportements am&#233;ricains. D'autre part, il s'accompagne en l'esp&#232;ce d'un usage excessif du pur rapport de forces pour obtenir des avantages dissym&#233;triques et pour certains manifestement iniques, ainsi en mati&#232;re douani&#232;re entre Am&#233;rique et Europe. M&#234;me l'accent mis sur le commerce est vu sur le mode agressif et confrontationnel. De ce point de vue, autant le fait de balayer la vision ant&#233;rieure, pseudo-bienveillante et en r&#233;alit&#233; agressive voire hypocrite, de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme, est en soi plut&#244;t bienvenu, autant on ne peut que d&#233;plorer que ce n'est pas remplac&#233; par une perspective satisfaisante, offrant une vraie perspective de paix : en un mot, le r&#233;alisme n'implique pas de renoncer &#224; toute id&#233;e de bien commun. Je publierai d'ailleurs dans les mois qui viennent un petit livre sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second point vise justement l'id&#233;ologie, et ici la balle est dans le camp europ&#233;en : va-t-il se raidir dans son attachement &#224; la suppos&#233;e grande croisade du bien contre le mal &#8211; dont il n'a d'ailleurs les moyens ni militaires, ni technologiques, ni industriels ? Ce qui va dans ce sens est le discours r&#233;pandu en Europe selon lequel l'Am&#233;rique de Trump rejoindrait le camp des m&#233;chants, autoritaires et agressifs, avec en leur centre la Russie et la Chine. D'o&#249; la tentation, face &#224; cette &#171; coalition &#187; mena&#231;ante, de la mutation de l'Europe en un &#233;trange &#171; Camp des Saints &#187;. Mais en r&#233;alit&#233;, les id&#233;ologues sont les Europ&#233;ens. Russes et Chinois peuvent &#234;tre de r&#233;elles menaces, &#233;videmment, surtout les seconds - notamment en &#233;conomie ; mais c'est par une politique de puissance &#224; l'ancienne, pas &#224; la fa&#231;on id&#233;ologique de l'URSS. De ce point de vue, le trumpisme est plus r&#233;aliste, m&#234;me si on peut douter de son succ&#232;s &#224; terme, qui demanderait un tout autre effort sur la dur&#233;e, notamment en &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;duit de ces deux points que la t&#226;che d'un pays comme la France est de se red&#233;finir, sur la base d'une mutation mentale majeure, en sortant du cadre de pens&#233;e actuel, lequel n'a jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement justifi&#233;, mais qui est d&#233;sormais compl&#233;tement d&#233;cal&#233; de la r&#233;alit&#233;. C'est la voie d'un patriotisme renouvel&#233;, lucide et exigeant, qui s'attache &#224; retrouver une place digne sur la sc&#232;ne actuelle, sans que cela sacrifie aucun id&#233;al v&#233;ritable - car l'id&#233;al n'a de sens que fond&#233; sur le r&#233;el. Et le r&#233;el commence par la capacit&#233; &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma : &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-et-sa-strategie-de-securite-nationale-changeons-notre-logiciel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-et-sa-st...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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