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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title> La violence politique dans la France d'aujourd'hui</title>
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		<dc:date>2026-05-10T15:56:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Violence politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude sur la mont&#233;e de la violence politique dans la France d'aujourd'hui a pris un tour nouveau avec la mort de Quentin Deranque. L'adversaire est alors consid&#233;r&#233; comme indigne de vivre du seul fait de son positionnement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il y a une violence end&#233;mique &#224; l'extr&#234;me droite, elle y reste sporadique et le fait de groupuscules rejet&#233;s par les dirigeants politiques class&#233;s de ce c&#244;t&#233;. En revanche un climat de violence potentielle est entretenu &#224; gauche par l'id&#233;ologie dominante et sa dialectique : on divise le monde en bons et m&#233;chants, et cela permet de d&#233;valoriser un adversaire en le mettant dans la colonne du mal, o&#249; on le regroupe avec des personnages infr&#233;quentables, cens&#233;ment fascistes ou nazis. La conclusion est qu'ils ne m&#233;ritent aucune forme de respect. Les Insoumis y excellent, comme toue la mouvance woke et l'&#233;cologisme radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combin&#233; avec la baisse g&#233;n&#233;rale du respect envers les institutions et avec l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante de la population, cela laisse mal augurer de la paix civile &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Violence-politique-+.html" rel="tag"&gt;Violence politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mont&#233;e pr&#233;occupante mais encore contenue &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude sur la mont&#233;e de la violence politique dans la France d'aujourd'hui a pris un tour nouveau avec la mort de Quentin Deranque le 14 f&#233;vrier dernier. Il ne s'agissait en effet plus d'une bagarre ayant mal tourn&#233;, mais de l'acharnement d'une meute contre un homme tomb&#233; &#224; terre. L'adversaire est alors consid&#233;r&#233; comme indigne de vivre du seul fait de son positionnement politique. Qu'on ait d&#233;couvert ensuite des textes choquants de la victime n'y change rien. Plus largement, les enqu&#234;tes paraissent confirmer une r&#233;elle croissance de la violence politique dans la p&#233;riode r&#233;cente, encore en &#233;vidence avec les municipales. La longue suite de manifestations des Gilets jaunes avait &#233;t&#233; elle aussi &#233;maill&#233;e de violences prenant un tour in&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition en varie selon les cas, allant de la violence physique (ou de la mort) &#224; une pression plus ou moins marqu&#233;e. Certes, les cas de brutalit&#233; extr&#234;me restent encore limit&#233;es, morts notamment. Si on en croit les &#233;tudes disponibles ici ou l&#224;, elles paraissent mettre plus fr&#233;quemment en cause les extr&#233;mismes de droite, mais de fa&#231;on sporadique du fait de petits groupes diss&#233;min&#233;s sur le territoire : un risque r&#233;el mais bien d&#233;limit&#233;. En revanche, l'extr&#234;me gauche se signale par la fr&#233;quence de la violence dans la vie politique elle-m&#234;me. Depuis des ann&#233;es, on a vu r&#233;guli&#232;rement des manifestations d&#233;g&#233;n&#233;rer du fait de black-blocks ou d'antifas, d&#233;truisant ou pillant magasins ou mobilier urbain. S'y est ajout&#233;e une vague additionnelle &#224; motivation ou pr&#233;texte &#233;cologique. Longtemps end&#233;mique &#224; Notre Dame des Landes, elle a pass&#233; un palier nouveau avec les bassines de Sainte-Soline ou l'autoroute Toulouse-Castres. Plus les menaces de troubles, visant &#224; emp&#234;cher une personnalit&#233;, m&#234;me de gauche, de parler, notamment &#224; l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on la compare avec bien des &#233;pisodes de notre histoire, cette mont&#233;e incontestable de la violence ne frappe cependant pas par son ampleur et sa radicalit&#233;. Mais elle pr&#233;sente plusieurs traits originaux et pr&#233;occupants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dissym&#233;trie significative entre droite et gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les politiques, m&#233;dias ou plus g&#233;n&#233;ralement tous ceux qui prennent la parole, condamnent la violence politique dans son principe, et n'en font pas le moyen d'une action politique l&#233;gitime. Toutefois, une dissym&#233;trie appara&#238;t ici : alors que le RN affiche une condamnation sans appel de tels actes et de tout propos paraissant l'approuver, le discours des Insoumis est consid&#233;rablement plus agressif, et de plus en plus, en commen&#231;ant par Jean-Luc M&#233;lanchon. Le soutien apport&#233; &#224; l'antifa Rapha&#235;l Arnaud, fondateur de la Jeune garde impliqu&#233;e &#224; Lyon, t&#233;moigne de cette attitude. Et certains intellectuels proches du courant vont loin dans la mise en cause de leurs adversaires. Pour ne prendre qu'un exemple, un Geoffroy de Lagasnerie remet en cause le principe de la d&#233;mocratie, justifiant le pouvoir exerc&#233; par des minorit&#233;s &#171; avanc&#233;es &#187; sur des majorit&#233;s suppos&#233;es conservatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la diff&#233;rence de strat&#233;gie verbale, d&#233;diabolisation d'un c&#244;t&#233; et provocation de l'autre, cette dissym&#233;trie est r&#233;v&#233;latrice d'une dissym&#233;trie plus large, depuis longtemps manifeste dans le discours politique, selon laquelle aucun accord politique n'est possible avec ce qu'on qualifie d'extr&#234;me-droite, alors que cela reste licite avec l'extr&#234;me-gauche, m&#234;me apr&#232;s les &#233;v&#233;nements r&#233;cents. Cette dissym&#233;trie refl&#232;te le maintien de l'h&#233;g&#233;monie du discours de gauche, qu'on peut dater pour simplifier de 1945. Mais la th&#233;matique est largement reprise au centre ou m&#234;me &#224; droite. Cela permet d'utiliser un vieux ressort dialectique, selon la strat&#233;gie ancienne de l'antifascisme : on divise le monde en bons et m&#233;chants, et cela permet de d&#233;valoriser un adversaire en le mettant dans la colonne du mal, o&#249; on le regroupe avec des personnages infr&#233;quentables, cens&#233;ment fascistes ou nazis. La conclusion est qu'ils ne m&#233;ritent aucune forme de respect ni droit &#224; la parole ; cela peut conduire &#224; justifier l'exercice de la violence &#224; leur &#233;gard. Y compris d&#233;sormais la r&#233;pression judiciaire, notamment au nom de l'antiracisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu on peut aussi rep&#233;rer une d&#233;shumanisation de l'adversaire dans certaines sous-cultures de ce qu'on appelle extr&#234;me-droite, d&#233;bouchant sur des violences. Mais c'est sporadique et reste le fait de groupuscules marginalis&#233;s, et ils sont reni&#233;s par ceux qui sont suppos&#233;s &#234;tre repr&#233;sentatifs de ce bord politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signification nouvelle de cette violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une telle situation, une telle dissym&#233;trie, remonte &#224; longtemps, les modalit&#233;s qu'elle prend sont nouvelles. A gauche, le r&#244;le central &#233;tait autrefois celui du Parti communiste, li&#233; certes &#224; une tradition d'une grande violence, mais en m&#234;me temps disciplin&#233;. Aujourd'hui dominent d'un c&#244;t&#233; la n&#233;buleuse des Insoumis, qui rel&#232;ve d'un tradition anarcho-gauchiste, et de l'autre un &#233;cologisme contestataire, anarchisant et &#224; pr&#233;tention moralisante. On peut ajouter &#224; cela la th&#233;matique soci&#233;tale, notamment la th&#233;orie du genre, avec son potentiel disruptif. Plus largement, &#224; la base du wokisme ou de ce qu'on appelle l'intersectionnalit&#233; se trouve une perception de la soci&#233;t&#233; comme divis&#233;e en groupes irr&#233;ductibles, dont certains sont des victimes de ladite soci&#233;t&#233;, ce qui leur donne un droit &#224; la revanche, et disqualifie a priori la parole des autres. La pr&#233;tention moralisante et la suppos&#233;e urgence sont alors mis en avant pour justifier une action directe, &#233;ventuellement brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre pays, selon un sondage YouGov pour The Economist de septembre 2025, 20 % des Am&#233;ricains politiquement &#224; gauche pensent que la violence politique peut &#234;tre justifi&#233;e, contre 7 % des Am&#233;ricains politiquement &#224; droite ou au centre. Ce chiffre monte &#224; pr&#232;s de 30% pour les Am&#233;ricains de gauche &#226;g&#233;s entre 18 et 39 ans (source Wikip&#233;dia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoutent deux faits nouveaux majeurs. L'un est la croissance d'une forme de dissidence d'une partie du pays &#224; l'&#233;gard des institutions, et donc de l'id&#233;e m&#234;me d'ordre. M&#234;me, comme on l'a vu avec les municipales, s'il s'agit d'&#233;lus locaux : les exigences et le m&#233;pris &#224; leur &#233;gard croissent simultan&#233;ment. L'autre fait nouveau est l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante du pays du fait des migrations. Certes, le terrorisme islamiste reste marginal, m&#234;me si le sens de la solidarit&#233; musulmane est fort chez bien des musulmans. Mais les &#233;meutes de banlieues sont r&#233;v&#233;latrices d'une violence latente ; et le fait est qu'au moins un parti, les Insoumis, joue agressivement la carte ethnique, remettant en cause les r&#233;f&#233;rences communes de la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; droit, le renouveau des id&#233;es conservatrices reste limit&#233;. Une partie croissante de la population adh&#232;re &#224; l'id&#233;e qu'il y a un exc&#232;s de migrants, mais cela n'implique pas en soi d&#233;shumanisation de ces migrants. Les groupes violents restent &#224; ce stade minoritaires, contrairement au discours de bien des m&#233;dias. Sur le plan politique, l'absence de reprise du discours violent, et la domination du RN, parti centralis&#233;, rendent improbable un d&#233;bordement significatif. Reste que la vigilance &#224; l'&#233;gard des activistes est, de ce c&#244;t&#233; aussi, plus que jamais un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question : sommes-nous sur le point de basculer dans un r&#233;gime g&#233;n&#233;ral d'affrontements politiques violents ? Une r&#233;ponse claire ne peut &#234;tre donn&#233;e ; historiquement, il n'a jamais &#233;t&#233; ais&#233; de pr&#233;voir des troubles, &#224; commencer par 1789. Ce qui peut &#234;tre reconnu de fa&#231;on peu contestable est d'une part la mont&#233;e d'antagonismes de plus en plus irr&#233;ductibles, conduisant &#224; d&#233;moniser l'adversaire. Et d'autre part, le fait que le degr&#233; d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de la population va encore s'accentuer avec l'immigration, s'ajoutant &#224; la d&#233;composition des r&#233;f&#233;rences communes. Ce sont les ingr&#233;dients d'une mont&#233;e sensible de la violence. Cela dit, l'histoire montre que la pr&#233;sence d'ingr&#233;dients ne suffit pas pour d&#233;clencher un processus r&#233;el d'affrontements. D'autres facteurs jouent un r&#244;le important, comme la situation socio-&#233;conomique, notamment une &#233;ventuelle crise, ou une pouss&#233;e terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui importera alors est dans quelle mesure un certain sens de la communaut&#233; aura pu &#234;tre restaur&#233;, malgr&#233; les d&#233;rives disruptives. Mais &#224; terme, dans une soci&#233;t&#233; multiculturelle et multiethnique, en outre travaill&#233;e par des syst&#232;me de valeurs incompatibles, le risque de violences peut devenir incontr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur La Nef, mai 2026&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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