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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le temps du march&#233; et le regard de l'&#233;ternit&#233; </title>
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		<dc:date>2022-08-04T15:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je propose ici une r&#233;flexion de nature quasi philosophique sur le r&#244;le du march&#233; et notamment du march&#233; financier comme tentative de chiffrage de l'avenir et donc de saisie de cet avenir dans le pr&#233;sent. Ceci &#224; la lumi&#232;re d'une analyse philosophique du temps, qui &#224; mon sens ne peut se comprendre que dans la perspective de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra que cela met en &#233;vidence, sous un angle nouveau, la rivalit&#233; entre Dieu et l'argent devenu idole, au c&#339;ur des questions que pose notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Temps-et-eternite-+.html" rel="tag"&gt;Temps et &#233;ternit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je propose ici une r&#233;flexion de nature quasi philosophique sur le r&#244;le du march&#233; et notamment du march&#233; financier comme tentative de chiffrage de l'avenir et donc de saisie de cet avenir dans le pr&#233;sent. Ceci &#224; la lumi&#232;re d'une analyse philosophique du temps, qui &#224; mon sens ne peut se comprendre que dans la perspective de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra que cela met en &#233;vidence, sous un angle nouveau, la rivalit&#233; entre Dieu et l'Argent devenu idole, au c&#339;ur des questions que pose notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arri&#232;re-plan philosophique : le Temps et l'Eternit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord les notions philosophiques de base dont nous aurons besoin par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me situe dans une conception du temps pour qui il ne prend son sens que par rapport &#224; l'&#233;ternit&#233;. Le philosophe McTaggart avait pos&#233; comme suit le dilemme qui s'offre &#224; la pens&#233;e rationnelle entre deux conceptions irr&#233;ductibles du temps : le temps A, le v&#233;cu du moment, seul r&#233;el pour nous, mais isol&#233; entre un pass&#233; r&#233;volu et un avenir non pr&#233;sent ; et le temps B, celui lin&#233;aire de la datation sur une &#233;chelle de temps, objectif mais impersonnel. A un extr&#234;me, on a le temps subjectif, l'imm&#233;diatet&#233; du pr&#233;sent, seule r&#233;alit&#233; v&#233;cue directement, mais fuyant &#224; chaque instant, entre un pass&#233; d&#233;sormais insaisissable et un futur encore irr&#233;el. A l'autre bout, on a le temps objectif : une &#233;chelle de mesure, o&#249; pass&#233;, pr&#233;sent et futur sont sur une m&#234;me ligne. Les penseurs anglo-saxons d&#233;battent de savoir laquelle est la plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans Temps Histoire Eternit&#233;, ces dilemmes ne peuvent &#234;tre lev&#233;s qu'en acceptant un autre regard, hors du temps : celui o&#249; se situe l'&#233;ternit&#233; de Dieu. L'&#233;ternit&#233;, comme on sait, est hors du temps en cela qu'elle ne lui est pas soumise ; mais elle n'est pas &#233;trang&#232;re au temps. En effet, hors du temps, elle saisit l'ensemble du temps : elle saisit toute l'&#233;chelle du temps B, ordonn&#233;e selon sa place dans la succession, pass&#233; et futur compris ; mais elle le saisit avec la r&#233;alit&#233; du pr&#233;sent, du temps A. A qui reconna&#238;t l'existence de Dieu, la question du temps est donc tr&#232;s diff&#233;rente de ce qu'elle est pour le non-croyant. Le croyant dispose d'un regard, m&#234;me lointain et th&#233;orique, sur cet arri&#232;re-plan immense qui donne sa profondeur au temps. Un tel parti choque l'esprit moderne. Mais pour celui qui, de fa&#231;on rationnelle, reconna&#238;t l'&#233;ternit&#233; de Dieu, il en est diff&#233;remment. Sa r&#233;flexion int&#232;gre ce qu'il sait &#234;tre une r&#233;alit&#233; essentielle : l'existence, &#224; la source de notre monde, d'un Esprit infini, &#233;chappant au temps, qui a un dessein sur nous dont la premi&#232;re expression est notre existence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le montre encore dans ce m&#234;me livre, sur cette base s'&#233;claire mieux l'&#233;nigme de notre destin&#233;e, de notre histoire : elle est impr&#233;visible pour nous, qui vivons dans notre pr&#233;sent fugitif, mais munis de notre libert&#233;, ce qui notamment invalide toute pr&#233;tention des sciences humaines &#224; la pr&#233;vision certaine. Mais elle est connue de Dieu dans sa totalit&#233;, lequel l'ordonne &#224; l'offre d'un Bien supr&#234;me qui lui donne son sens. Cette temporalit&#233; est donc pour nous un espace de d&#233;ploiement pour notre personnalit&#233; en devenir, o&#249; en un sens nous ignorons qui nous sommes, car nous ignorons qui nous serons demain &#8211; mais o&#249; en m&#234;me temps nous sommes plac&#233;s sous le regard aimant de l'&#233;ternit&#233; divine qui seule nous conna&#238;t dans notre visage &#233;ternel et nous accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour brutal au r&#233;el : la d&#233;cision financi&#232;re, rappel des faits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ins&#233;r&#233; dans le flux du temps, l'homme se trouve en permanence confront&#233; &#224; l'&#233;nigme de l'incertitude sur l'avenir, et &#224; la n&#233;cessit&#233; cependant de prendre des d&#233;cisions. Nous allons prendre un cas particulier de ces d&#233;cisions, la d&#233;cision &#233;conomique en &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e, et m&#234;me sous un angle encore plus sp&#233;cifique, celui de la finance. La particularit&#233; de l'&#233;conomie est de se tourner vers les biens mat&#233;riels et de chercher au mieux comment les produire, les faire circuler (les &#233;changer) et les proposer &#224; la consommation. Quand des biens ou des services sont dans le champ de d&#233;cision de quelqu'un, hors cas d'autarcie il se tourne vers l'ext&#233;rieur, ce qui veut dire qu'il va proposer des biens dont il dispose &#224; des personnes ou entit&#233;s qu'il ne contr&#244;le pas. Soit sans attente d'un retour stipul&#233; &#224; l'avance (c'est le don) ; soit dans l'attente d'un retour pr&#233;cis&#233; et convenu : c'est ce qu'on appelle une transaction. Dans ce dernier cas, notre agent, s'il le peut, se tournera vers l'ensemble des opportunit&#233;s mat&#233;riellement &#224; sa port&#233;e, pour d&#233;cider cas par cas avec chaque contrepartie quelle pourrait &#234;tre la nature de la transaction : qu'est-ce qui est &#233;chang&#233; contre quoi. Si on se limite &#224; l'aspect &#233;troitement &#233;conomique, il aura int&#233;r&#234;t &#224; &#233;largir le plus possible le champ consid&#233;r&#233;, et &#224; &#234;tre libre des modalit&#233;s de la transaction. On reconna&#238;t ainsi ce qu'on appelle le march&#233;. Et ce dernier fonctionnera d'autant mieux que la confrontation sera large et transparente. D'o&#249; la notion de march&#233; organis&#233; (ce qu'on appelle Bourse) ; sachant que dans de nombreux cas le march&#233; reste imparfait, voire purement bilat&#233;ral. Une institution, la monnaie, permet en outre de disposer d'un instrument universel &#224; la fois d'&#233;change et de calcul, puisqu'on peut ainsi comparer toutes les opportunit&#233;s possibles. Naturellement ceci vaut aussi pour les biens de production et en particulier pour le capital ; dans ce cas, le calcul porte sur le flux de biens futurs qu'on esp&#232;re tirer du fait qu'on a mis &#224; la disposition d'un autre une somme d'argent qu'on n'utilise pas soi-m&#234;me directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi sert alors la finance ? Elle affecte de l'argent disponible qui n'est pas consomm&#233; et qui est donc &#233;pargn&#233; (ou mobilis&#233; d'office, comme l'imp&#244;t) &#224; des usages possibles, notamment des investissements, occasionnellement &#224; une consommation anticip&#233;e. Du point de vue de l'investisseur, elle arbitre alors entre les investissements possibles, les diff&#233;rents projets en lice. Face &#224; cette diversit&#233;, il s'agit de choisir et de financer ceux qui pr&#233;sentent le meilleur r&#233;sultat (au sens large, multicrit&#232;res, et notamment au sens financier : un retour sous forme mon&#233;taire) pour un certain risque qu'on accepte d'assumer. Il n'est en effet pas question de n'assumer aucun risque, car le retour de l'argent (remboursement avec int&#233;r&#234;ts, profits, revente etc.) se situe dans l'avenir et la capacit&#233; de la contrepartie ou du projet &#224; tenir son engagement ou ses promesses n'est pas garantie. Les projets les plus profitables sont d'ailleurs normalement plus risqu&#233;s ; sinon ils auraient &#233;t&#233; arbitr&#233;s : l'afflux d'argent aurait fait monter le prix d'entr&#233;e et d&#232;s lors r&#233;duit leur rentabilit&#233;. Refuser l'id&#233;e du risque, c'est on l'a dit la certitude de l'immobilisme et donc en d&#233;finitive un risque plus important encore, puisqu'on cesse alors de pr&#233;parer l'avenir. Mais il ne s'agit pas non plus de jouer &#224; la roulette : l'investissement responsable est d'abord un inversement soigneusement &#233;tudi&#233; et soupes&#233;. Les choix varient ensuite selon la mission qu'a chacun, c'est-&#224;-dire le type d'argent qu'il est charg&#233; de g&#233;rer et les engagements qu'il a pris, ou ses devoirs : celui qui devra utiliser tr&#232;s vite l'argent prendra &#233;videmment moins de risques et n'immobilisera pas cet argent. Le march&#233; financier est un outil aidant ou souvent permettant seul ce choix, par la possibilit&#233; qu'il offre de confrontation syst&#233;matique des projets en concurrence, et d'arbitrage entre les diff&#233;rentes options. Mais ce n'est ni un passage oblig&#233;, ni une r&#233;f&#233;rence obligatoire, ni bien s&#251;r une panac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Analyse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;tendrai pas ici sur les limites bien connues ou non de ce syst&#232;me ou de ces m&#233;canismes, mais sur leur signification pour notre propos. Ce qui caract&#233;rise cette pratique collective en regard de la question du temps, c'est d'abord le chiffrage ; on ne saisit les biens &#233;chang&#233;s que sous un angle, qui est leur chiffrage mon&#233;taire. En outre, dans le cas de la finance, comme il s'agit de biens de production (actions) ou de cr&#233;ances sur l'avenir (dette) il s'agit toujours d'&#233;v&#233;nements futurs, au moins en partie al&#233;atoires. Le prix d'une action est en fait un essai d'&#233;valuation chiffr&#233;e synth&#233;tique de la valeur qu'a pour nous maintenant d'un flux al&#233;atoire d'argent futur. En outre, ce prix est d&#233;fini par comp&#233;tition entre les &#233;valuations en pr&#233;sence ; si la demande des autres est forte (s'ils sont optimistes sur la valeur actuelle de ce flux futur) ils payeront plus cher le titre et donc cela me contraindra moi dans mes d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons donc ici de fa&#231;on tr&#232;s sch&#233;matis&#233; (du fait de la r&#233;duction qu'implique la limitation &#224; la perspective mon&#233;taire) les deux temps A et B de McTaggart. D'un c&#244;t&#233;, mon &#233;valuation prend comme r&#233;f&#233;rence le temps B lin&#233;aire : elle tente d'&#233;valuer un flux futur de ressources &#233;tal&#233; selon cette &#233;chelle de temps. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, elle le ram&#232;ne au pr&#233;sent (temps A) en synth&#233;tisant cet ensemble futur dans un seul chiffre qui seul sera imm&#233;diatement op&#233;rationnel : c'est le prix que j'aurai &#224; payer (si je suis acheteur) ou que je recevrai (si je suis vendeur). En m&#234;me temps, cela comporte &#224; la fois un coefficient d'incertitude (lui-m&#234;me fluctuant), et ce qu'on appelle un coefficient d'actualisation, c'est-&#224;-dire une &#233;valuation de la valeur actuelle d'un argent futur corrig&#233;e par le seul fait qu'il est futur ; comme on suppose chez les acteurs une pr&#233;f&#233;rence pour le pr&#233;sent, cet argent futur vaut moins aujourd'hui qu'il ne vaudra alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on attendre d'un tel march&#233; ? Une attitude prudente est celle du pragmatisme : on y voit simplement la confrontation &#224; un moment donn&#233; d'un ensemble d'ordres d'achats et de ventes, offrant le plus large choix aux uns et aux autres. Mais la th&#233;orie financi&#232;re a vu cela de fa&#231;on beaucoup plus ambitieuse, &#224; travers sa th&#233;orie des march&#233;s efficients. Selon cette conception, dominante en finance au moins jusqu'&#224; la crise de 2009, le march&#233; permet de la fa&#231;on la plus efficace qui soit la confrontation de l'ensemble des informations disponibles &#224; un moment donn&#233; et donne donc de fa&#231;on synth&#233;tique la meilleure image possible de l'avenir. Cela implique que ce r&#233;sultat puisse avoir valeur de guidage pour l'action : toute d&#233;cision en mati&#232;re &#233;conomique doit alors en bonne logique prendre comme &#233;talonnage cet ensemble de valorisations. Et en particulier il n'est plus besoin de r&#233;fl&#233;chir en termes de responsabilit&#233;, encore moins envers le long terme : tout est synth&#233;tis&#233; dans le prix. Lequel fait en revanche l'impasse sur les valeurs et priorit&#233;s non mon&#233;taires, suppos&#233;es relever du seul choix priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit donc, le march&#233;, bien au-del&#224; de son r&#244;le pratique et l&#233;gitime, prend alors une fonction d&#233;miurgique : non seulement il est suppos&#233; produire un crit&#232;re universel, mais c'est un crit&#232;re chiffr&#233;, op&#233;rationnel, afin d'int&#233;grer l'avenir dans notre pr&#233;sent. Nous soup&#231;onnons alors que la fonction d'int&#233;gration des deux facettes du temps, qui n'est en soi possible que dans l'Eternit&#233; de Dieu, est dans une certaine mesure revendiqu&#233;e ainsi par une autre r&#233;alit&#233; : l'argent. Rappelons ici les tr&#232;s dures paroles de l'Evangile sur le fait qu'on ne peut pas servir deux ma&#238;tres : Dieu et l'argent. Ces deux termes sont donc de ce fait pos&#233;s en alternative. Or l'argent rappelons-le est comme Simmel l'a bien montr&#233; le moyen synth&#233;tique d'&#233;valuer et de se procurer de fa&#231;on humainement neutre l'ensemble des biens mat&#233;riels possibles (ou des services trait&#233;s comme des biens mat&#233;riels). Dans la conception &#233;conomique ambiante, l'utilisation de l'argent d&#233;pend des seules pr&#233;f&#233;rences de chacun, dont on n'examine pas le bien-fond&#233; ou la moralit&#233;. L'argent est donc en un sens le signe synth&#233;tique, pratiquement utilisable, de tout ce que nous pouvons nous procurer sur le march&#233; sans faire appel &#224; quoi que ce soit d'autre, valeur morale, amiti&#233;, liens humains etc. On le voit : en un sens, le march&#233; ainsi &#233;lev&#233; au r&#244;le de d&#233;miurge &#233;tend le r&#244;le synth&#233;tique de l'argent &#224; la synth&#232;se du temps, et en fait le miroir inverse de l'Eternit&#233;. On comprend alors la v&#233;h&#233;mence de ceux qui d&#233;noncent la financiarisation de la soci&#233;t&#233; : cela revient &#224; d&#233;noncer une r&#233;duction dramatique de l'humain au nom d'un parti d&#233;miurgique prom&#233;th&#233;en qui ne vise rien de moins que la ma&#238;trise du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, comme on peut sen douter par mes autres &#233;crits, je ne pense pas que cela soit la finance comme telle qui soit &#224; condamner : on ne reproche pas &#224; un outil ce qu'en fait un artisan mal intentionn&#233;. Mais cela &#233;claire le positionnement r&#233;el de la prise de d&#233;cision. Si, contrairement &#224; la vision d&#233;miurgique et r&#233;ductrice que nous avons &#233;voqu&#233;e, on cherche &#224; situer le processus de d&#233;cision &#233;conomique, y compris financier, dans le contexte de la r&#233;alit&#233; avec toutes ses dimensions, on est conduit &#224; prendre en compte plusieurs choses. D'abord, le fait que le seul temps r&#233;el pour nous est le pr&#233;sent, mais qu'il va dispara&#238;tre l'instant d'apr&#232;s. Ensuite, que nous projetons notre d&#233;cision sur un futur qui n'existe pas &#224; ce stade mais qui existera et envers lequel notre responsabilit&#233; est engag&#233;e, mais que nous ne pouvons pas conna&#238;tre d'un vrai savoir, car nous faisons seulement des hypoth&#232;ses. Enfin, que ces d&#233;cisions que nous prenons au fond sans bien savoir, malgr&#233; le soin que nous y mettons, sont tout sauf anecdotiques ou fugitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, bien s&#251;r, parce que leur cumul constitue notre avenir collectif, ce qui est d&#233;j&#224; une responsabilit&#233; majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ensuite aussi pour une raison plus profonde. Car si l'ensemble prend son sens dans l'Eternit&#233; de Dieu, chacune de ces d&#233;cisions est en un sens &#233;ternellement pr&#233;sente ; elle a donc sa valeur en elle-m&#234;me comme acte pos&#233; un jour par un &#234;tre humain ; et elle s'inscrit dans une tapisserie que nous verrons un jour, mais que Dieu voit &#8216;d&#233;j&#224;' si on peut dire (hors du temps), et &#224; laquelle Lui-m&#234;me travaille activement par ce qu'on appelle la Providence. Appara&#238;t alors ce qui fait la valeur essentielle de cet acte, de cette d&#233;cision quelle qu'elle soit : ins&#233;r&#233;e certes dans le temps du pr&#233;sent et orient&#233;e vers l'avenir, elle n'a vraiment tout son sens que sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; notre d&#233;cision financi&#232;re. Elle va prendre dans ce contexte un relief tout &#224; fait diff&#233;rent. Je serai toujours (de tout temps) cette personne qui ayant de l'argent &#224; placer, pos&#233;e dans son pr&#233;sent et apportant sa pierre &#224; une histoire qu'elle devine en construction, se pose des questions sur l'utilisation optimale de cet argent. Mais ma d&#233;cision se prendra autrement. Non seulement je ne m'illusionnerai pas sur le pouvoir pr&#233;dictif des march&#233;s, ou ma connaissance de l'avenir, mais je prendrai ma d&#233;cision en tentant d'ins&#233;rer mon acte dans l'ensemble de ce que Dieu attend de moi dans sa Providence ; et cela commence par le souci de la soci&#233;t&#233; humaine, de ce qu'elle est aujourd'hui et de ce qu'elle sera demain, y compris en termes &#233;cologiques ou de g&#233;n&#233;rations futures. Non que j'ai &#224; prendre tout seul en charge, puisque je ne suis qu'un point mouvant du temps, mais l&#224; o&#249; je suis, je poserai mes actes, y compris financiers, &#224; cette lumi&#232;re ; j'int&#233;grerai ces actes dans l'ensemble de mes responsabilit&#233;s envers Dieu et envers les hommes. Sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Limites du magist&#232;re catholique : l'exemple de l'&#233;conomie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Limites-du-magistere-catholique-l-exemple-de-l-economie.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Magist&#232;re catholique</dc:subject>
		<dc:subject>Autorit&#233; dans l'Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Condamnation de l'usure</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;veloppement doctrinal</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le magist&#232;re joue un r&#244;le central dans la foi catholique. Mais quelle est la vraie port&#233;e et quelles sont les limites du magist&#232;re ? C'est une question essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe le champ du magist&#232;re est la &#8216;foi' et les &#8216;m&#339;urs' (c'est-&#224;-dire la morale). Et les questions scientifiques et techniques en sont exclues. Mais o&#249; passe la limite entre les deux ? C'est ce que j'examine ici dans le cas de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans la revue 'Sedes Sapientiae' N&#176; 147 mars 2019, un peu abr&#233;g&#233; ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question des limites du magist&#232;re : exemples tir&#233;s du champ &#233;conomique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le magist&#232;re joue un r&#244;le central dans la foi catholique. Comme on sait, il est demand&#233; au fid&#232;le soit une adh&#233;sion pleine (magist&#232;re extraordinaire ou ordinaire universel), soit une soumission du c&#339;ur et de l'esprit (magist&#232;re authentique), ce qui est une exigence tr&#232;s forte m&#234;me dans le deuxi&#232;me cas. Ce qui fait de la question de la port&#233;e et des limites du magist&#232;re une question essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes, et notamment le Code de droit canonique pr&#233;cisent tous que le champ du magist&#232;re est la &#8216;foi et les m&#339;urs' (la morale). En revanche les questions scientifiques et techniques en sont en principe exclues. L'application de ce dernier crit&#232;re peut soulever des probl&#232;mes dont les enjeux sont importants et doivent &#234;tre abord&#233;s. C'est ce que je vais &#233;voquer ici, en prenant pour exemple non pas le domaine des sciences dites dures, mais celui des &#8216;sciences humaines' car la d&#233;limitation entre la dimension factuelle ou scientifique, et la dimension normative ou &#233;thique y est particuli&#232;rement d&#233;licate. Je me concentrerai en outre sur l'&#233;conomie, relativement plus technique et plus facile &#224; cerner que le politique par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le besoin de clarifier cette question appara&#238;t d'autant plus en la mati&#232;re que tout jugement moral comporte entre autres une appr&#233;ciation de la situation examin&#233;e ; or dans le champ des affaires humaines, cet examen inclut de fa&#231;on parfois essentielle une dimension technique ou scientifique. Il est donc non seulement possible mais presque in&#233;vitable que toute expression du magist&#232;re dans ces domaines comporte, &#224; c&#244;t&#233; de la dimension &#233;thique, pour laquelle il est comp&#233;tent, une dimension d'analyse factuelle pour laquelle il n'est a priori pas comp&#233;tent, du moins par nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la question examin&#233;e ici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bref rappel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas inutile de commencer cet examen par un bref rappel de textes concernant le magist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons d'abord que les questions ici &#233;voqu&#233;es rel&#232;vent de la Doctrine sociale de l'Eglise (DSE). Or le Compendium de la DSE rappelait au N&#176; 80 que &#171; en tant que partie int&#233;grante de l'enseignement moral de l'&#201;glise, la doctrine sociale rev&#234;t la m&#234;me dignit&#233; et poss&#232;de la m&#234;me autorit&#233; que cet enseignement. Elle est un Magist&#232;re authentique, qui exige l'acceptation et l'adh&#233;sion des fid&#232;les. Le poids doctrinal des diff&#233;rents enseignements et l'assentiment qu'ils requi&#232;rent doivent &#234;tre &#233;valu&#233;s en fonction de leur nature, de leur degr&#233; d'ind&#233;pendance par rapport &#224; des &#233;l&#233;ments contingents et variables et de la fr&#233;quence avec laquelle ils sont rappel&#233;s. &#187; Notons le terme &#171; &#233;l&#233;ments contingents et variables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le magist&#232;re &#8216;authentique' ici vis&#233;, distinct du magist&#232;re extraordinaire comme du magist&#232;re ordinaire universel, qui demandent un assentiment de foi parce que ce qu'ils enseignent est consid&#233;r&#233; &#8216;d&#233;finitif', fait n&#233;anmoins l'objet d'exigences fortes &#224; l'&#233;gard des fid&#232;les. Comme le pr&#233;cise le Code de Droit Canonique (Can. 752) &#171; ce n'est pas vraiment un assentiment de foi, mais n&#233;anmoins une soumission religieuse de l'intelligence et de la volont&#233; qu'il faut accorder &#224; une doctrine que le Pontife Supr&#234;me ou le Coll&#232;ge des &#201;v&#234;ques &#233;nonce en mati&#232;re de foi ou de m&#339;urs, m&#234;me s'ils n'ont pas l'intention de la proclamer par un acte d&#233;cisif ; les fid&#232;les veilleront donc &#224; &#233;viter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine. &#187; Une note doctrinale de la Congr&#233;gation pour la Doctrine de la Foi du 29 juin 1998 pr&#233;cisait au N&#176; 10 que &#171; &#224; cet alin&#233;a appartiennent tous ces enseignements &#8211; en mati&#232;re de foi ou de morale &#8211; pr&#233;sent&#233;s comme vrais ou au moins comme s&#251;rs, m&#234;me s'ils n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;finis dans un jugement solennel ou propos&#233;s comme d&#233;finitifs par le Magist&#232;re ordinaire et universel. Ces enseignements sont en tout cas expression authentique du Magist&#232;re ordinaire du Pontife romain ou du Coll&#232;ge &#233;piscopal et requi&#232;rent donc la soumission religieuse de la volont&#233; et de l'intelligence. Ils sont propos&#233;s pour nous conduire &#224; une intelligence plus profonde de la r&#233;v&#233;lation, ou bien pour rappeler la conformit&#233; d'un enseignement avec les v&#233;rit&#233;s de la foi, ou enfin pour mettre en garde contre les conceptions incompatibles avec ces v&#233;rit&#233;s ou contre des opinions dangereuses susceptibles d'induire en erreur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, une telle doctrine n'&#233;tant pas d&#233;finitive peut en principe &#233;voluer. Mais en m&#234;me temps si une soumission du c&#339;ur et de l'esprit est demand&#233;e, cela implique qu'un tel changement &#233;ventuel respectera une raisonnable coh&#233;rence dans le temps ; sinon il serait difficile de parler de magist&#232;re et d'exiger des soumissions successives &#224; des demandes qui seraient contradictoires, du moins dans leur logique morale. Mais si la continuit&#233; de la doctrine morale est vitale, en revanche son encastrement dans un contexte humain mouvant, comportant des notions ne relevant pas de la morale mais de l'analyse factuelle, scientifique ou technique, comporte une part de contingence, qui ne rel&#232;ve semble-t-il pas du magist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Exemples historiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re &#233;conomique je propose quatre exemples de cas o&#249; on peut soutenir qu'une &#233;volution de la perception d'un probl&#232;me a pu conduire &#224; ce qui a pu &#234;tre per&#231;u comme une &#233;volution doctrinale ou une relativisation de l'attitude ant&#233;rieure. Reste cependant &#224; distinguer alors la continuit&#233; dans le jugement moral. Le premier exemple, le plus ancien, et de loin le plus important est l'usure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La condamnation du pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la condamnation de toute forme de pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t , totale dans son principe &#224; partir du XIIIe si&#232;cle, s'est prolong&#233;e pour l'essentiel jusqu'en 1745 avec la bulle Vix pervenit de Beno&#238;t XIV, qui cl&#244;t la s&#233;rie. Ce dernier texte contient un vrai d&#233;veloppement th&#233;orique et une vraie analyse ; on ne peut donc consid&#233;rer que ce soit une mention en passant. C'&#233;tait l'int&#233;r&#234;t sur un pr&#234;t qui &#233;tait vis&#233; et condamn&#233; sous le nom d'usure (et non pas la seule usure au sens actuel du terme). Certes de multiples exceptions &#233;taient pr&#233;vues, rendant en pratique le pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t possible, notamment dans l'activit&#233; commerciale, mais la condamnation de principe subsistait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'Eglise a ensuite assoupli sa position, jusqu'&#224; aboutir dans les Codes de Droit canonique de 1917 et plus encore de 1983 &#224; une acceptation de fait de l'int&#233;r&#234;t, sans parler de sa propre pratique, ni des nombreux textes de la Doctrine sociale qui depuis &lt;i&gt;Rerum Novarum&lt;/i&gt; en 1891 ne la condamnent pas non plus. Cela dit, aucun texte magist&#233;riel formel sur le sujet n'a &#233;t&#233; publi&#233; sur le sujet depuis 1745, ce qui est d'ailleurs &#233;tonnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se pose alors la question sur le plan doctrinal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condamnation ancienne utilisait assez peu la base r&#233;v&#233;l&#233;e, car elle est mince. Il y a d'abord &#233;videmment les passages des Ecritures (Exode et L&#233;vitique), interdisant de pr&#234;ter avec int&#233;r&#234;t. Mais outre que pour le chr&#233;tien la loi mosa&#239;que est abrog&#233;e dans sa lettre sur de nombreux points, ces passages visent principalement un cas pr&#233;cis : celui d'un pauvre qui a besoin de cet argent pour survivre. Il est &#233;videmment contraire &#224; la morale de demander des int&#233;r&#234;ts &#224; quelqu'un qui meurt de faim. Mais cela ne dit rien de certain sur l'int&#233;r&#234;t en g&#233;n&#233;ral. L'Evangile, lui, est muet sur ce point normatif pr&#233;cis. Une seule phrase a &#233;t&#233; all&#233;gu&#233;e r&#233;guli&#232;rement ; c'est Luc 6, 34-35 : &#171; date mutuum, nihil inde sperantes &#187; (pr&#234;tez sans rien en attendre). Certains &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale ont voulu la lire comme une prescription juridique pr&#233;cise, interdisant la perception d'int&#233;r&#234;ts. Mais cette lecture est isol&#233;e du contexte et contestable. Le passage d'o&#249; il vient nous encourage &#224; ne rien attendre en &#8216;&#233;change' de nos bienfaits, et &#224; aimer nos ennemis. En outre et surtout l'Evangile parle ailleurs explicitement d'int&#233;r&#234;ts en banque et, pris litt&#233;ralement, on pourrait comprendre qu'il les recommande, ainsi dans la c&#233;l&#232;bre parabole des talents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; la condamnation de l'int&#233;r&#234;t comme tel se basait &#224; l'&#233;poque principalement sur des raisonnements. Ces derniers m&#234;laient deux types de consid&#233;rations. D'un c&#244;t&#233;, une position de principe, condamnant un usage absolu de l'argent, s'il est recherch&#233; pour lui-m&#234;me sans responsabilit&#233; ni lien social ; plus pr&#233;cis&#233;ment on rejetait l'id&#233;e que l'argent est jug&#233; cr&#233;atif en lui-m&#234;me, sans association avec du travail. Cette condamnation est d'ordre principalement moral et me para&#238;t garder toujours sa valeur. L'argent par lui-m&#234;me est effectivement st&#233;rile, on ne peut en tirer un usage cr&#233;atif qu'en l'utilisant socialement, en liaison avec du travail (y compris celui de l'entrepreneur), et moyennant d&#232;s lors responsabilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, on a une analyse plus proprement &#233;conomique. Elle reposait notamment sur l'id&#233;e que dans un pr&#234;t d'argent ce qu'on pr&#234;te &#233;tant fongible est consomm&#233;. On en d&#233;duisait qu'on ne pouvait pas l&#233;gitimement en facturer l'usage, car disait-on l'usage de l'argent se confond avec sa consommation - contrairement &#224; la location d'une maison par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de l'analyse &#233;conomique ces id&#233;es me paraissent fausses ; en effet l'argent est repr&#233;sentatif d'un acc&#232;s &#224; des biens, notamment des biens de production (du capital) ; et ces biens, ces outils potentiels, combin&#233;s avec une activit&#233; humaine, produisent effectivement un surplus de richesse. On n'avait donc pas vu qu'il peut y avoir contribution productive de l'argent, lorsqu'il est le moyen de fournir &#224; un entrepreneur ou un travailleur des instruments qui lui permettent de cr&#233;er consid&#233;rablement plus qu'il ne le ferait sans cela. Dans la logique &#233;conomique, cette contribution justifie une r&#233;tribution, le paiement d'un prix, comme tout service ; c'est le r&#244;le de l'int&#233;r&#234;t. Il est en outre contestable de soutenir que l'utilisation de l'argent s'assimile &#224; une consommation, car si un pain pr&#234;t&#233; &#224; un pauvre est bien consomm&#233; et donc dispara&#238;t, l'argent lui subsiste, il change simplement de mains et son r&#244;le reste intact, qui est le pouvoir d'acqu&#233;rir n'importe quel bien marchand, y compris un facteur de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, historiquement la condamnation de l'int&#233;r&#234;t a &#233;t&#233; sans doute utile pour limiter la tentation des soci&#233;t&#233;s anciennes &#224; pratiquer des taux d'int&#233;r&#234;ts aberrants, que nous appelons maintenant usure. Mais sa base th&#233;orique &#233;tait contestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aller un peu plus loin : l'&#233;volution des perceptions en mati&#232;re &#233;conomique n'a pas simplement multipli&#233; les exceptions &#224; la r&#232;gle ancienne au point de la vider de son sens dans la quasi-totalit&#233; des cas ; elle a mis en &#233;vidence une insuffisance de l'analyse technique ancienne. Cela dit, comme on le voit, l'erreur n'&#233;tait pas dans les principes moraux, mais dans l'analyse &#233;conomique, qui ne rel&#232;ve pas de la morale ni de la r&#233;v&#233;lation. La v&#233;rit&#233; morale, naturelle ou r&#233;v&#233;l&#233;e, y &#233;tait donc m&#234;l&#233;e avec des conclusions contingentes, non r&#233;v&#233;l&#233;es. Or on l'a dit il n'est pas choquant qu'un fait relevant du domaine technique ne soit clarifi&#233; qu'au cours du temps &#8211; si ce faisant le principe moral subsiste. Car seul ce dernier fait l'objet d'un enseignement chr&#233;tien. Il reste cependant curieux que le point n'ait pas &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; et &#233;lucid&#233; de fa&#231;on explicite dans l'enseignement magist&#233;riel r&#233;cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corporatisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corporatisme est un deuxi&#232;me exemple. On sait que pendant toute une p&#233;riode la DSE a propos&#233; comme &#233;l&#233;ments de solution &#224; la question sociale ce qu'on appelait le corporatisme, et notamment la grande encyclique Quadragesimo anno (1931). Pie XI y relevait avec force les limites de la libre concurrence (au n&#176; 52) selon un th&#232;me constant de la DSE : &#171; De m&#234;me qu'on ne saurait fonder l'unit&#233; du corps social sur l'opposition des classes, ainsi on ne peut attendre du libre jeu de la concurrence l'av&#232;nement d'un r&#233;gime &#233;conomique bien ordonn&#233;. [&#8230;] C'est donc &#224; des principes sup&#233;rieurs et plus nobles qu'il faut demander de gouverner avec une s&#233;v&#232;re int&#233;grit&#233; ces puissances &#233;conomiques, c'est-&#224;-dire &#224; la justice et &#224; la charit&#233; sociales. &#187;. Cette analyse est une des constantes de la DSE. Puis il ajoutait : &#171; r&#233;cemment [&#8230;] a &#233;t&#233; inaugur&#233;e une organisation syndicale et coop&#233;rative d'un genre particulier [&#8230;] Les corporations sont constitu&#233;es par les repr&#233;sentants des syndicats ouvriers et patronaux d'une m&#234;me profession [&#8230;] qui, ainsi que de vrais et propres organes ou institutions d'&#201;tat, dirigent et coordonnent l'activit&#233; des syndicats dans toutes les mati&#232;res d'int&#233;r&#234;t commun [&#8230;] si les parties ne peuvent se mettre d'accord, c'est l'autorit&#233; qui intervient. Point n'est besoin de beaucoup de r&#233;flexion pour d&#233;couvrir les avantages de l'institution [&#8230;] : collaboration pacifique des classes, &#233;viction de l'action et des organisations socialistes, influence mod&#233;ratrice d'une magistrature sp&#233;ciale. &#187; Toutefois cette appr&#233;ciation positive n'excluait pas une certaine r&#233;serve : &#171; il ne manque pas de personnes qui redoutent que l'&#201;tat ne se substitue &#224; l'initiative priv&#233;e, au lieu de se limiter &#224; une aide ou &#224; une assistance n&#233;cessaire et suffisante. On craint que la nouvelle organisation syndicale et corporative ne rev&#234;te un caract&#232;re exag&#233;r&#233;ment bureaucratique et politique. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il y ait des organisations professionnelles r&#233;gulatrices est bienvenu dans une &#233;conomie de march&#233; bien comprise : c'est ce qu'on appelle en anglais les &lt;i&gt;self-regulating authorities&lt;/i&gt;. Bien des secteurs fonctionnent plus ou moins sur un mod&#232;le de ce type. Du moins tant qu'on en reste aux questions d'int&#233;r&#234;t commun de la profession, comme la d&#233;finition de normes, ou la gestion de questions sociales ; c'est plus contestable si on tente de limiter la concurrence, de fixer les prix ou de restreindre l'offre. Car alors on passe vite &#224; la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts &#233;tablis, ou &#224; des blocages. C'est ce deuxi&#232;me sens qui a donn&#233; une connotation p&#233;jorative au mot corporatisme. Il y a donc une place possible et recommandable pour lla r&#233;gulation professionnelle. Mais cela reste en de&#231;&#224; du corporatisme tel que d&#233;fini ci-dessus. En fait on n'a pas d'exemple de corporatisme moderne convainquant : celui que connaissait l'Italie fasciste &#233;tait de fait &#233;tatis&#233;. Et donc, dans l'&#233;tat de nos connaissances, rien ne prouve que ce soit une solution viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recommandation que faisait l'Eglise &#224; l'&#233;poque du r&#233;gime corporatiste au sens &#233;tendu du terme ne peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un imp&#233;ratif du magist&#232;re, dans son domaine de comp&#233;tence. Le rappel doctrinal du besoin que l'Etat prenne en charge le bien commun, ou celui des bienfaits de la coop&#233;ration entre les diff&#233;rentes composantes de la soci&#233;t&#233;, notamment au sein des professions, sont des exigences morales, comme telles permanentes. En revanche, le choix pr&#233;cis du corporatisme &#233;tait un choix concret, relevant semble-t-il du prudentiel et de l'appr&#233;ciation politique ou technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Populorum progressio&lt;/i&gt; et les march&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une remarque analogue vaut pour des textes plus r&#233;cents, comme le passage de &lt;i&gt;Populorum progressio&lt;/i&gt; (Paul VI) visant les march&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res. Le N&#176; 61 commen&#231;ait par rappel des principes g&#233;n&#233;raux d'ordre &#233;thique : &#171; Ce qui vaut en &#233;conomie nationale, ce qu'on admet entre pays d&#233;velopp&#233;s, vaut aussi dans les relations commerciales entre pays riches et pays pauvres. Sans abolir le march&#233; de concurrence, il faut le maintenir dans des limites qui le rendent juste et moral, et donc humain &#187;. Puis il proc&#232;de &#224; une analyse : &#171; Dans le commerce entre &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es et sous-d&#233;velopp&#233;es, les situations sont trop disparates et les libert&#233;s r&#233;elles trop in&#233;gales. &#187; Il en d&#233;duisait que &#171; la justice sociale exige que le commerce international, pour &#234;tre humain et moral, r&#233;tablisse entre partenaires au moins une certaine &#233;galit&#233; de chances. Cette derni&#232;re est un but &#224; long terme. Mais pour y parvenir il faut d&#232;s maintenant cr&#233;er une r&#233;elle &#233;galit&#233; dans les discussions et n&#233;gociations. &#187; Il proposait alors : &#171; ici encore des conventions internationales &#224; rayon suffisamment vaste seraient utiles : elles poseraient des normes g&#233;n&#233;rales en vue de r&#233;gulariser certains prix, de garantir certaines productions, de soutenir certaines industries naissantes. Qui ne voit qu'un tel effort commun vers plus de justice dans les relations commerciales entre les peuples apporterait aux pays en voie de d&#233;veloppement une aide positive, dont les effets ne seraient pas seulement imm&#233;diats, mais durables ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe moral &#233;tait donc clair : il est d&#233;sirable que soit encadr&#233; le march&#233; pour le rendre plus juste, moral et humain. Une appr&#233;ciation de la situation conduisait ensuite &#224; recommander un certain type de d&#233;marche dont on estimait que le r&#233;sultat serait positif : un dispositif international, avec r&#233;gularisation de prix et garantie pour certaines productions. L'id&#233;e est bien s&#251;r d&#233;fendable, mais ne s'est pas r&#233;alis&#233;e. On peut d'ailleurs s&#233;rieusement douter qu'elle doit praticable au niveau international, si tant est qu'elle le soit m&#234;me dans une &#233;conomie nationale contr&#244;l&#233;e. Garantir des productions conduit en effet souvent &#224; de la surproduction plus ou moins co&#251;teuse ; et r&#233;gulariser les prix suppose souvent des moyens consid&#233;rables, sans &#234;tre efficace si les mouvements de march&#233; sont trop forts. L&#224; encore le principe moral est peu contestable, en revanche il ne para&#238;t pas que la &#8216;soumission du c&#339;ur et de l'esprit' qu'il requiert s'applique ensuite &#224; l'analyse de fait et aux recommandations subs&#233;quentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laudato Si et le march&#233; des droits &#224; polluer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier exemple sera donn&#233; par Laudato Si, qui r&#233;cuse avec v&#233;h&#233;mence certaines solutions bas&#233;es sur le march&#233;. On est donc dans l'exemple inverse : il ne s'agit plus de recommander une solution, mais de la r&#233;cuser. Le N&#176; 171 &#233;voque pour le rejeter ce qu'on appelle march&#233; du carbone, qui est la n&#233;gociation sur un march&#233; de droits &#224; &#233;mission de CO2, octroy&#233;s et d&#233;finis par les pouvoir publics. Le ton du texte est vif ; il estime que cela &#171; peut donner lieu &#224; une nouvelle forme de sp&#233;culation, et cela ne servirait pas &#224; r&#233;duire l'&#233;mission globale des gaz polluants. Ce syst&#232;me semble &#234;tre une solution rapide et facile [&#8230;] mais [&#8230;] n'implique, en aucune mani&#232;re, de changement radical &#224; la hauteur des circonstances. Au contraire, il peut devenir un exp&#233;dient qui permet de soutenir la surconsommation de certains pays et secteurs. &#187; Il para&#238;t toutefois que ce texte manifeste une certaine incompr&#233;hension de ce m&#233;canisme et de ce qu'est un march&#233; en g&#233;n&#233;ral. On peut en effet soutenir que si un tel syst&#232;me est bien construit, il permet de fixer avec plus de pr&#233;cision le niveau d'&#233;mission globalement acceptable, qu'on divise ensuite en quotas et donc en droits, qui sont alors vendus par la puissance publique, tout en laissant au march&#233; le soin d'allouer les quotas ainsi d&#233;finis et leur prix. La principale m&#233;thode alternative, qui est la taxation, fixe a priori un prix ; elle court donc le risque d'&#234;tre trop haute ou trop basse. De m&#234;me une r&#233;glementation. Naturellement on peut aussi soutenir que cette technique est difficile &#224; mettre en &#339;uvre. Mais il est clair que l&#224; aussi si la pr&#233;occupation morale est fond&#233;e, &#224; savoir limiter les &#233;missions &#224; une niveau acceptable sans surconsommation, le jugement n&#233;gatif port&#233; sur cette technique ne para&#238;t pas devoir faire partie du champ du magist&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents exemples me paraissent montrer qu'il y a une limite claire au magist&#232;re, et donc &#224; la soumission exig&#233;e du fid&#232;le, qui est lorsqu'on n'est plus dans le champ de l'exigence morale, mais de la constatation de situation d'abord, de l'analyse technique ensuite, et du choix de solution qui s'en d&#233;duit enfin, on ne peut exiger du fid&#232;le la soumission de la volont&#233; et de l'intelligence qu'implique le magist&#232;re m&#234;me simplement authentique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait d&#232;s lors utile d'examiner comment cette distinction, relativement plus facile en &#233;conomie, peut s'appliquer au champ politique. Y compris sur des sujets aussi d&#233;licats que la question de la d&#233;mocratie, ou des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article paru dans la revue&lt;/i&gt; 'Sedes Sapientiae' &lt;i&gt;N&#176; 147 mars 2019&lt;/i&gt;, un peu abr&#233;g&#233; ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;OEconomicae et pecuniariae quaestiones&#034; : &#233;dition pr&#233;fac&#233;e</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/OEconomicae-et-pecuniariae-quaestiones-edition-prefacee.html</link>
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		<dc:date>2018-06-10T13:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Morale et finance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le texte majeur du Vatican sur la finance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edition du texte par Art&#232;ge avec ma pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Morale-et-finance-+.html" rel="tag"&gt;Morale et finance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte est &#233;dit&#233; par Art&#232;ge, avec ma pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine sociale de l'&#201;glise est une boussole pour le chr&#233;tien engag&#233; dans la vie du monde. March&#233;s boursiers, flux financiers, endettement, mondialisation ... autant de probl&#233;matiques qui semblent bouleverser le monde du travail et de l'entreprise et soulever des questions &#233;thiques nouvelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte de la Congr&#233;gation pour la Doctrine de la Foi, sans d&#233;tours, avec &#233;quilibre, analyse ces r&#233;alit&#233;s et propose des solutions &#233;thiques afin que la dignit&#233; et le bien commun restent au coeur des pr&#233;occupations des acteurs de ce vaste domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant-propos de Pierre de Lauzun, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Association fran&#231;aise des march&#233;s financiers et essayiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/sur-les-questions-economiques-et-financieres-9791033607755&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.editionsartege.fr/livre...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'enseignement de l'Eglise et l'investissement &#233;thique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-enseignement-de-l-Eglise-et-l-investissement-ethique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-enseignement-de-l-Eglise-et-l-investissement-ethique.html</guid>
		<dc:date>2017-06-14T08:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement &#233;thique chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable et Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Comment la Doctrine Sociale de L'Eglise est-elle une opportunit&#233; pour faire &#233;voluer la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise et mettre en lumi&#232;re de nouveaux crit&#232;res pour une &#233;valuation &#233;thique de l'entreprise ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence Pro Clero du 13 juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte et enregistrement video ci-joint.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-et-Eglise-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable et Eglise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Comment la Doctrine Sociale de L'Eglise est-elle une opportunit&#233; pour faire &#233;voluer la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise et mettre en lumi&#232;re de nouveaux crit&#232;res pour une &#233;valuation &#233;thique de l'entreprise ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence Pro Clero du 13 juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vid&#233;o &lt;a href=&#034;http://proclero.com/revivez-la-conference-proclero-du-13-juin-2017/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://proclero.com/revivez-la-conf...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte ci-joint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ENSEIGNEMENT CHRETIEN, L'INVESTISSEMENT ET L'ENTREPRISE	&lt;br class='autobr' /&gt; LE FONDEMENT EVANGELIQUE : LA RECONNAISSANCE DE L'ECONOMIE	&lt;br class='autobr' /&gt; LE FONDEMENT EVANGELIQUE : LA MISE EN PERSPECTIVE.	&lt;br class='autobr' /&gt; DEVELOPPEMENTS MEDIEVAUX	&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DOCTRINE SOCIALE ET SON ENSEIGNEMENT ECONOMIQUE	&lt;br class='autobr' /&gt; FONDEMENTS	&lt;br class='autobr' /&gt; LE TRAVAIL	&lt;br class='autobr' /&gt; L'ENTREPRISE	&lt;br class='autobr' /&gt; AUTRES DIMENSIONS	&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DSE ET L'INVESTISSEUR&lt;br class='autobr' /&gt; LES TEXTES DE LA DSE SUR LA FINANCE	&lt;br class='autobr' /&gt; QUE FAIRE ?	&lt;br class='autobr' /&gt;
RSE ET ISR VUS PAR LA DSE	&lt;br class='autobr' /&gt; QU'EST-CE QU'UN INVESTISSEMENT ETHIQUE AU SENS DE LA DSE ?	&lt;br class='autobr' /&gt; L'ENRICHISSEMENT DES CRITERES	&lt;br class='autobr' /&gt; CONSEQUENCES PRATIQUES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'envisage ici, c'est l'&#233;valuation &#233;thique de l'entreprise, et notamment le point de vue de l'investisseur qui cherche comment faire le meilleur usage possible de son argent, ce qui le conduit non seulement &#224; privil&#233;gier l'investissement en actions, solidaire avec l'entreprise, mais aussi un investissement choisi et r&#233;fl&#233;chi, choisissant ses partenaires et contribuant &#224; les faire &#233;voluer dans le bon sens. Ce qui implique de disposer d'une capacit&#233; &#224; analyser ce que doit &#234;tre la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise ainsi que de crit&#232;res permettant sur cette base de faire des choix. Le christianisme a contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue beaucoup &#224; dire sur ce sujet, d'une fa&#231;on propre &#224; parler &#233;galement au non-chr&#233;tien de bonne volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite texte joint...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Catholiques et march&#233; financier</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Catholiques-et-marche-financier.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Catholiques-et-marche-financier.html</guid>
		<dc:date>2016-11-06T09:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Les catholiques ne r&#233;fl&#233;chissent pas assez au d&#233;veloppement de cette masse critique qui peut peser sur les march&#233;s financiers &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview Le Rouge et le Noir&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les catholiques ne r&#233;fl&#233;chissent pas assez au d&#233;veloppement de cette masse critique qui peut peser sur les march&#233;s financiers &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview Le Rouge et le Noir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lerougeetlenoir.org/opinions/les-inquisitoriales/pierre-de-lauzun-les-catholiques-ne-reflechissent-pas-assez-au-developpement-de-cette-masse-critique-qui-peut-peser-sur-les-marches-financiers&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lerougeetlenoir.org/opin...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que penser de la finance ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Que-penser-de-la-finance.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Que-penser-de-la-finance.html</guid>
		<dc:date>2016-04-06T08:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La finance, qui a un r&#244;le essentiel dans l'&#233;conomie, requiert une r&#233;gulation collective et une orientation morale de ceux qui en sont responsables. Sur la base des &#201;vangiles et de la Doctrine sociale de l'&#201;glise, les chr&#233;tiens devraient jouer un r&#244;le central dans cette r&#233;flexion et cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contribution &#224; Aleteia/ Questions de fond.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Christianisme-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Christianisme et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-la-richesse-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et la richesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La finance, qui a un r&#244;le essentiel dans l'&#233;conomie, requiert une r&#233;gulation collective et une orientation morale de ceux qui en sont responsables. Sur la base des &#201;vangiles et de la Doctrine sociale de l'&#201;glise, les chr&#233;tiens devraient jouer un r&#244;le central dans cette r&#233;flexion et cette pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contribution &#224; Aleteia/ Questions de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://questions.aleteia.org/articles/140/que-penser-de-la-finance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://questions.aleteia.org/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entreprises, march&#233; et finance dans 'Laudato si' : une appr&#233;ciation bien n&#233;gative</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Entreprises-marche-et-finance-dans-Laudato-si-une-appreciation-bien-negative.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Entreprises-marche-et-finance-dans-Laudato-si-une-appreciation-bien-negative.html</guid>
		<dc:date>2015-07-28T08:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Pape Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Laudato Si</dc:subject>
		<dc:subject>Eglise et entreprise</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'encyclique Laudato si du pape Fran&#231;ois est un texte remarquable, porteur de messages essentiels. Notamment le rappel de la responsabilit&#233; majeure que nous avons par rapport &#224; la vie qui nous entoure et aux &#233;quilibres menac&#233;s de notre plan&#232;te, et donc la n&#233;cessaire conversion personnelle et collective. L'urgence de la situation des pauvres. Le besoin d'une vision unifi&#233;e de l'homme et de sa place. En bref l'id&#233;e de maison commune. Les critiques que certains ont pu lui faire sur ce plan et l'id&#233;e qu'il y aurait l&#224; une rupture doctrinale au sein de l'Eglise se trompent donc de cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste cependant dans ces r&#233;actions un aspect indiscutable, qui est l'appr&#233;ciation que fait l'encyclique de tout ce qui est entreprise, finance et march&#233;. Nous avons relev&#233; les passages de Laudato si qui &#233;voquent ces sujets : ses appr&#233;ciations sont toutes n&#233;gatives et souvent abruptes. Les maux qui sont d&#233;nonc&#233;s sont bien s&#251;r r&#233;els ; mais le texte n'ouvre pas de perspective positive pour ces r&#233;alit&#233;s pourtant essentielles. Voyons cela de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voir aussi :&lt;/i&gt; Intervention au colloque du 17 octobre 2015 de l'Association des &#233;conomistes catholiques sur l'encyclique Laudato si et l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=3w_n29A4_iE&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=3w_...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-et-magistere-.html" rel="directory"&gt;Magist&#232;re&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Christianisme-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Christianisme et &#233;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Pape-Francois-211-+.html" rel="tag"&gt;Pape Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Laudato-Si-310-+.html" rel="tag"&gt;Laudato Si&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Eglise-et-entreprise-+.html" rel="tag"&gt;Eglise et entreprise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entreprises, march&#233; et finance dans &lt;i&gt;Laudato si&lt;/i&gt; : une appr&#233;ciation bien n&#233;gative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'encyclique &lt;i&gt;Laudato si&lt;/i&gt; du pape Fran&#231;ois est un texte remarquable, porteur de messages essentiels. Notamment le rappel de la responsabilit&#233; majeure que nous avons par rapport &#224; la vie qui nous entoure et aux &#233;quilibres menac&#233;s de notre plan&#232;te, et donc la n&#233;cessaire conversion personnelle et collective. L'urgence de la situation des pauvres. Le besoin d'une vision unifi&#233;e de l'homme et de sa place. En bref l'id&#233;e de maison commune. Les critiques que certains ont pu lui faire sur ces plans, notamment aux Etats-Unis, ainsi que l'id&#233;e qu'il y aurait l&#224; une rupture doctrinale au sein de l'Eglise se trompent donc de cible et devraient plut&#244;t entendre l'appel &#224; ce qui est un v&#233;ritable examen de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste cependant dans ces r&#233;actions un aspect indiscutable, qui est l'appr&#233;ciation n&#233;gative que fait l'encyclique de tout ce qui est entreprise, finance et march&#233;. Le pape Fran&#231;ois ne semble pas beaucoup appr&#233;cier ces r&#233;alit&#233;s, qu'il n'&#233;voque que n&#233;gativement. Nous nous sommes livr&#233;s &#224; un relev&#233; exhaustif des passages de &lt;i&gt;Laudato si&lt;/i&gt; qui &#233;voquent les entreprises, la finance, le march&#233; ou toute forme de calcul financier : comme on le verra, les appr&#233;ciations qu'elle porte sur leur r&#244;le sont toutes n&#233;gatives et souvent abruptes. Les maux qui sont d&#233;nonc&#233;s &#224; leur sujet sont bien s&#251;r r&#233;els ; mais le texte n'ouvre pas de perspective d'utilisation positive possible de ces r&#233;alit&#233;s pourtant essentielles. Voyons cela de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intervention toujours malfaisante des entreprises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons d&#233;j&#224; l'intervention &#224; un titre quelconque des entreprises (et surtout des grandes). Au 38 : sur &#171; ces poumons de la plan&#232;te pleins de biodiversit&#233; que sont l'Amazonie et le bassin du fleuve Congo &#187;, il est dit qu'&#171; on ne peut pas non plus ignorer les &#233;normes int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques internationaux qui, sous pr&#233;texte de les sauvegarder, peuvent porter atteinte aux souverainet&#233;s nationales. De fait, il existe &#8216;des propositions d'internationalisation de l'Amazonie, qui servent uniquement des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des corporations transnationales'&#034;. De m&#234;me au 54 &#171; la soumission de la politique &#224; la technologie et aux finances se r&#233;v&#232;le dans l'&#233;chec des Sommets mondiaux sur l'environnement. Il y a trop d'int&#233;r&#234;ts particuliers, et tr&#232;s facilement l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique arrive &#224; pr&#233;valoir sur le bien commun et &#224; manipuler l'information pour ne pas voir affect&#233;s ses projets. En ce sens, le Document d'Aparecida r&#233;clame que &#8216;dans les interventions sur les ressources naturelles ne pr&#233;dominent pas les int&#233;r&#234;ts des groupes &#233;conomiques qui ravagent d&#233;raisonnablement les sources de la vie' &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Document d'Aparecida (29 juin 2007).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De m&#234;me encore sur le probl&#232;me de l'eau au 30 : &#171; tandis que la qualit&#233; de l'eau disponible se d&#233;t&#233;riore constamment, il y a une tendance croissante, &#224; certains endroits, &#224; privatiser cette ressource limit&#233;e, transform&#233;e en marchandise sujette aux lois du march&#233;. En r&#233;alit&#233;, l'acc&#232;s &#224; l'eau potable et s&#251;re est un droit humain primordial, fondamental et universel etc. &#187;. Et au 31 : &#171; il est pr&#233;visible que le contr&#244;le de l'eau par de grandes entreprises mondiales deviendra l'une des principales sources de conflits de ce si&#232;cle &#187;. Et le seul moyen d'action &#233;voqu&#233; sur les entreprises est la pression - comme dit le 206 dont nous reparlerons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur action &#233;crase les petits producteurs : au 129, &#171; les &#233;conomies d'&#233;chelle, sp&#233;cialement dans le secteur agricole, finissent par forcer les petits agriculteurs &#224; vendre leurs terres ou &#224; abandonner leurs cultures traditionnelles. Les tentatives de certains pour d&#233;velopper d'autres formes de production plus diversifi&#233;es finissent par &#234;tre vaines en raison des difficult&#233;s pour entrer sur les march&#233;s r&#233;gionaux et globaux, ou parce que l'infrastructure de vente et de transport est au service des grandes entreprises. &#187; Et cela peut m&#234;me devenir mafieux. Ainsi au 197 &#171; si l'&#201;tat ne joue pas son r&#244;le dans une r&#233;gion, certains groupes &#233;conomiques peuvent appara&#238;tre comme des bienfaiteurs et s'approprier le pouvoir r&#233;el, se sentant autoris&#233;s &#224; ne pas respecter certaines normes, jusqu'&#224; donner lieu &#224; diverses formes de criminalit&#233; organis&#233;e, de traite de personnes, de narcotrafic, et de violence, tr&#232;s difficiles &#224; &#233;radiquer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question ne peut que fuser : tout cela existe bien s&#251;r, et comment ! Mais l'entreprise se r&#233;duit-elle vraiment &#224; cela ? Si elle existe c'est qu'elle a d'abord une fonction positive, &#224; laquelle il faut absolument faire appel pour corriger ces d&#233;viations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'emprise pernicieuse de la finance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me de la finance. D&#232;s que le mot appara&#238;t c'est pour d&#233;noncer son influence nocive. Au 34, portant sur les efforts des scientifiques et des techniciens, &#171; louables et parfois admirables &#187; on note que &#171; ce niveau d'intervention humaine, fr&#233;quemment au service des finances et du consum&#233;risme, fait que la terre o&#249; nous vivons devient en r&#233;alit&#233; moins riche et moins belle etc. &#187; Ou au 57 : &#171; une plus grande attention est requise de la part de la politique pour pr&#233;venir et pour s'attaquer aux causes qui peuvent provoquer de nouveaux conflits. Mais c'est le pouvoir li&#233; aux secteurs financiers qui r&#233;siste le plus &#224; cet effort. &#187; Et d'ailleurs (au 109) &#171; les finances &#233;touffent l'&#233;conomie r&#233;elle. Les le&#231;ons de la crise financi&#232;re mondiale n'ont pas &#233;t&#233; retenues, et on prend en compte les le&#231;ons de la d&#233;t&#233;rioration de l'environnement avec beaucoup de lenteur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, au 189 une analyse &#224; l'emporte-pi&#232;ce en blanc et noir : &#171; sauver les banques &#224; tout prix, en en faisant payer le prix &#224; la population, sans la ferme d&#233;cision de revoir et de r&#233;former le syst&#232;me dans son ensemble, r&#233;affirme une emprise absolue des finances qui n'a pas d'avenir et qui pourra seulement g&#233;n&#233;rer de nouvelles crises apr&#232;s une longue, co&#251;teuse et apparente gu&#233;rison. La crise financi&#232;re de 2007-2008 &#233;tait une occasion pour le d&#233;veloppement d'une nouvelle &#233;conomie plus attentive aux principes &#233;thiques, et pour une nouvelle r&#233;gulation de l'activit&#233; financi&#232;re sp&#233;culative et de la richesse fictive. Mais il n'y a pas eu de r&#233;action qui aurait conduit &#224; repenser les crit&#232;res obsol&#232;tes qui continuent &#224; r&#233;gir le monde. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le texte poursuit, d'une fa&#231;on elliptique qui aurait m&#233;rit&#233; un peu plus de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'analyse de la crise est pour le moins simplifi&#233;e. Oui pour l'&#233;thique, mais peut-on dire qu'il n'y a pas eu de nouvelle r&#233;gulation ? Et peut-on tout ramener &#224; une entit&#233; unique, la finance, sans plus de proc&#232;s ? Y a-t-il une bonne finance ? Laquelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Haro sur le march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci a une influence majeure sur le d&#233;bat collectif. Cela vise d'abord le march&#233;. Le pape d&#233;nonce &#224; raison l'exaltation du march&#233;, mais il tend &#224; le concevoir comme une entit&#233; en soi, sans en analyser la nature. Au 56 : &#171; pendant ce temps, les pouvoirs &#233;conomiques continuent de justifier le syst&#232;me mondial actuel, o&#249; priment une sp&#233;culation et une recherche du revenu financier qui tendent &#224; ignorer tout contexte, de m&#234;me que les effets sur la dignit&#233; humaine et sur l'environnement. &#8230; Voil&#224; pourquoi aujourd'hui &#8216;tout ce qui est fragile, comme l'environnement, reste sans d&#233;fense par rapport aux int&#233;r&#234;ts du march&#233; divinis&#233;, transform&#233;s en r&#232;gle absolue' &#187; [Evangelii gaudium]. Sachant que, au 203, &#171; &#233;tant donn&#233; que le march&#233; tend &#224; cr&#233;er un m&#233;canisme consum&#233;riste compulsif pour placer ses produits, les personnes finissent par &#234;tre submerg&#233;es, dans une spirale d'achats et de d&#233;penses inutiles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions bas&#233;es sur le march&#233; sont d&#232;s lors r&#233;cus&#233;es radicalement et sans vraie explication ; au 171 le pape juge que &#171; la strat&#233;gie d'achat et de vente de &#8220;cr&#233;dits de carbone&#8221; peut donner lieu &#224; une nouvelle forme de sp&#233;culation, et cela ne servirait pas &#224; r&#233;duire l'&#233;mission globale des gaz polluants. Ce syst&#232;me semble &#234;tre une solution rapide et facile, sous l'apparence d'un certain engagement pour l'environnement, mais qui n'implique, en aucune mani&#232;re, de changement radical &#224; la hauteur des circonstances. Au contraire, il peut devenir un exp&#233;dient qui permet de soutenir la surconsommation de certains pays et secteurs. &#187; C'est pourtant un dispositif recommand&#233; par bien des artisans r&#233;solus d'une action sur le climat. Il aurait donc m&#233;rit&#233; un peu plus d'attention. Et pourquoi favoriserait-il la surconsommation ? Cela d&#233;pend &#233;videmment du r&#233;glage, or il est &#224; la main des Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; commence par la mani&#232;re m&#234;me dont l'encyclique voit implicitement l'&#233;conomie fonctionner, et notamment le r&#244;le r&#233;el du march&#233;. Un passage est int&#233;ressant &#224; ce point de vue, le 206 (je mets en italiques les mots caract&#233;ristiques) : &#171; un changement dans les styles de vie pourrait r&#233;ussir &#224; exercer une &lt;i&gt;pression&lt;/i&gt; saine sur ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir politique, &#233;conomique et social. C'est ce qui arrive quand les mouvements de consommateurs obtiennent qu'on n'ach&#232;te plus certains produits, et deviennent ainsi efficaces pour modifier le comportement des entreprises, en les &lt;i&gt;for&#231;ant&lt;/i&gt; &#224; consid&#233;rer l'impact environnemental et les mod&#232;les de production. C'est un fait, quand les habitudes de la soci&#233;t&#233; affectent le gain des entreprises, celles-ci se trouvent &lt;i&gt;contraintes&lt;/i&gt; &#224; produire autrement. &#187; On fait pression, on force, on contraint. La r&#233;alit&#233; est qu'un changement de ce genre a simplement fait jouer le march&#233;, dont c'est pr&#233;cis&#233;ment le r&#244;le de transmettre les &#233;volutions des pr&#233;f&#233;rences des consommateurs, sans qu'il faille n&#233;cessairement voir cela comme une violence exerc&#233;e sur des entreprises naturellement mal orient&#233;es moralement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et sur le calcul financier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, c'est le calcul financier qui est mis en cause. Au 190 le texte rappelle qu' &#171; il faut toujours se rappeler que &#8216;la protection de l'environnement ne peut pas &#234;tre assur&#233;e uniquement en fonction du calcul financier des co&#251;ts et des b&#233;n&#233;fices. &#187; Puis il affirme que &#171; l'environnement fait partie de ces biens que les m&#233;canismes du march&#233; ne sont pas en mesure de d&#233;fendre ou de promouvoir de fa&#231;on ad&#233;quate' &#187;. A eux seuls certes, mais peuvent-ils concourir ? Non, dit l'encyclique parce que &#171; une fois de plus, il faut &#233;viter une conception magique du march&#233; qui fait penser que les probl&#232;mes se r&#233;soudront tous seuls par l'accroissement des b&#233;n&#233;fices des entreprises ou des individus. Est-il r&#233;aliste d'esp&#233;rer que celui qui a l'obsession du b&#233;n&#233;fice maximum s'attarde &#224; penser aux effets environnementaux qu'il laissera aux prochaines g&#233;n&#233;rations ? Dans le sch&#233;ma du gain il n'y a pas de place pour penser aux rythmes de la nature, &#224; ses p&#233;riodes de d&#233;gradation et de r&#233;g&#233;n&#233;ration, ni &#224; la complexit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes qui peuvent &#234;tre gravement alt&#233;r&#233;s par l'intervention humaine. &#187;. Pas de place : la chose est entendue, en une phrase. Il est impossible au march&#233; et au calcul financier d'int&#233;grer quoi que ce soit sur ces donn&#233;es. On remarquera notamment l'identification totale faite ainsi entre le calcul financier en soi et la recherche du profit imm&#233;diat maximal. Et pourtant dit le 191, &#171; si nous ne souffrons pas d'&#233;troitesse de vue, nous pouvons d&#233;couvrir que la diversification d'une production plus innovante, et ce avec un moindre impact sur l'environnement, peut &#234;tre tr&#232;s rentable. &#187; Mais si c'est rentable cela doit pouvoir &#234;tre int&#233;gr&#233; dans le calcul. Fort heureusement, car on con&#231;oit mal un syst&#232;me &#233;conomique sans calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant, dit le 194, que &#171; dans ce cadre, le discours de la croissance durable devient souvent un moyen de distraction et de justification qui enferme les valeurs du discours &#233;cologique dans la logique des finances et de la technocratie ; la responsabilit&#233; sociale et environnementale des entreprises se r&#233;duit d'ordinaire &#224; une s&#233;rie d'actions de marketing et d'image. &#187; &#8216;Se r&#233;duit' : cela laisserait penser qu'il pourrait en &#234;tre autrement. Non nous dit le texte car, &#224; nouveau, au 195, &#171; le principe de la maximalisation du gain, qui tend &#224; s'isoler de toute autre consid&#233;ration, est une distorsion conceptuelle de l'&#233;conomie : si la production augmente, il importe peu que cela se fasse au prix des ressources futures ou de la sant&#233; de l'environnement ; si l'exploitation d'une for&#234;t fait augmenter la production, personne ne mesure dans ce calcul la perte qu'impliquent la d&#233;sertification du territoire, le dommage caus&#233; &#224; la biodiversit&#233; ou l'augmentation de la pollution. Cela veut dire que les entreprises obtiennent des profits en calculant et en payant une part infime des co&#251;ts. Seul pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#233;thique un comportement dans lequel &#8216;les co&#251;ts &#233;conomiques et sociaux d&#233;rivant de l'usage des ressources naturelles communes soient &#233;tablis de fa&#231;on transparente et soient enti&#232;rement support&#233;s par ceux qui en jouissent et non par les autres populations ou par les g&#233;n&#233;rations futures' &#187; [&lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;]. C'est donc que ce calcul est possible. Ce n'est donc pas le calcul (financier) qui est ici en cause, mais ses modalit&#233;s. Ce qui d&#233;pend largement des r&#232;gles en vigueur, et des priorit&#233;s des agents concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les perspectives ouvertes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur notre sujet, la seule phrase positive du texte m&#234;me se trouve au 109. Elle est tr&#232;s g&#233;n&#233;rale : &#171; l'activit&#233; d'entreprise, qui est une vocation noble orient&#233;e &#224; produire de la richesse et &#224; am&#233;liorer le monde pour tous, peut &#234;tre une mani&#232;re tr&#232;s f&#233;conde de promouvoir la r&#233;gion o&#249; elle installe ses projets ; surtout si on comprend que la cr&#233;ation de postes de travail est une partie incontournable de son service du bien commun. &#187; Mais en fait elle vise surtout les petits producteurs, comme le montre la phrase qui pr&#233;c&#232;de : &#171; Pour qu'il y ait une libert&#233; &#233;conomique dont tous puissent effectivement b&#233;n&#233;ficier, il peut parfois &#234;tre n&#233;cessaire de mettre des limites &#224; ceux qui ont plus de moyens et de pouvoir financier. Une libert&#233; &#233;conomique seulement d&#233;clam&#233;e, tandis que les conditions r&#233;elles emp&#234;chent beaucoup de pouvoir y acc&#233;der concr&#232;tement et que l'acc&#232;s au travail se d&#233;t&#233;riore, devient un discours contradictoire qui d&#233;shonore la politique. L'activit&#233; d'entreprise etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en fait, in extremis, dans la pri&#232;re, que se trouve le seul &#233;l&#233;ment constructif pour notre propos, sous la forme d'un appel. Au 244, dans la Pri&#232;re chr&#233;tienne avec la cr&#233;ation, le pape nous invite &#224; demander au Seigneur qu'Il &#171; illumine les d&#233;tenteurs du pouvoir et de l'argent pour qu'ils se gardent du p&#233;ch&#233; de l'indiff&#233;rence, aiment le bien commun, promeuvent les faibles, et prennent soin de ce monde que nous habitons. &#187; Ce qui est tr&#232;s important. Cela suppose que ces d&#233;tenteurs pourraient faire du bien&#8230; mais ce n'est pas dit dans le texte, ni comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit mieux le probl&#232;me en examinant ce que propose concr&#232;tement l'encyclique. Elle &#233;voque bien entendu des actions &#233;cologiques multiples (r&#233;duction des &#233;missions, politique de l'eau, protection des esp&#232;ces, lutte contre la pollution, recyclage etc.), sans entrer d'ailleurs dans le d&#233;tail ce qui est logique. Au niveau des moyens, elle insiste justement sur la recherche et surtout sur l'analyse minutieuse de chaque projet comme des questions d'ensemble, de fa&#231;on interdisciplinaire, avec consultation extensive des populations et communaut&#233;s concern&#233;es. Mais on l'a vu il est r&#233;guli&#232;rement r&#233;p&#233;t&#233; que l'analyse financi&#232;re ou technique classique est insuffisante et par l&#224; trompeuse car ses crit&#232;res sont trop &#233;troits et biais&#233;s puisque des dimensions essentielles ne sont pas prises en compte. Et si cette insuffisance vaut aussi bien pour les pouvoirs publics que pour les entreprises ou le march&#233;, sauf que dans le deuxi&#232;me cas elle est jug&#233;e incorrigible &#8211; si ce n'est par pression ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De grands espoirs sont en revanche mis par le pape dans une &#233;volution culturelle en profondeur affectant l'ensemble des comportements, et se traduisant d'abord et surtout au niveau des bases, des individus et surtout des petites communaut&#233;s, notamment marginales. Il y a dans l'encyclique une confiance ardente dans l'action de ces communaut&#233;s et initiatives, notamment venant des marges. Le tout doit &#234;tre au service d'une conception radicalement renouvel&#233;e, aboutissant au fond &#224; &#8216;red&#233;finir le progr&#232;s' &#8211; ce qui est pr&#233;sent&#233; comme allant au-del&#224; du d&#233;veloppement durable. Ce qui est bien s&#251;r juste en soi et constitue l'appel le plus important de l'encyclique. Comme tel il nous touche tous. Cela doit se traduire ensuite, dit notre texte, au niveau des politiques publiques, car elles ont malgr&#233; leurs limites et d&#233;faillances un r&#244;le indispensable, notamment en termes de coordination d'ensemble, de r&#233;glementation et d'interdiction, et surtout pour toute l'action internationale, jug&#233;e essentielle tant en termes de solidarit&#233; que de r&#232;gles communes. Ce qui est peu douteux. S'agissant en revanche des entreprises et du march&#233;, la pression doit s'exercer comme on l'a vu - mais sur la base d'un pur rapport de forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe donc comme si tout &#233;tait attendu exclusivement de la transformation de la vision et de l'action au niveau de l'homme ordinaire, notamment des plus pauvres, se traduisant d'abord par des initiatives directes, et ensuite au niveau politique. Mais les m&#233;canismes de l'&#233;conomie eux sont consid&#233;r&#233;s dangereux, parcellaires, mal orient&#233;s et &#233;chappant &#224; toute utilisation alternative. Pourtant rien ne prouve que les pauvres, ou plus g&#233;n&#233;ralement l'homme ordinaire, soient toujours bien orient&#233;s par rapport aux exigences &#233;cologiques, tant s'en faut, encore moins que le salut ne viendra que d'eux. Inversement rien ne prouve que les entreprises, le march&#233; et la finance, et leurs responsables soient &#224; ce point irr&#233;cup&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner une place &#224; l'entreprise et au march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici la pri&#232;re que nous avons cit&#233;e qui donne une clef essentielle : comme elle le dit, beaucoup d&#233;pend effectivement des &#171; d&#233;tenteurs du pouvoir et de l'argent &#187; (ce qui d'ailleurs ne se limite &#224; mon sens pas aux puissants de ce monde, mais nous concerne presque tous, au moins dans les pays avanc&#233;s) ; les valeurs et priorit&#233;s qui les animent sont donc un enjeu essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet nous sommes dans une &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e, pour l'essentiel anim&#233;e par des entreprises, elles-m&#234;mes op&#233;rant dans un cadre r&#233;gul&#233;. En soi rappelons-le c'est un bien essentiel. Cela r&#233;sulte directement de l'autonomie de la personne humaine et de sa capacit&#233; cr&#233;atrice. Cela a d'ailleurs permis une am&#233;lioration sensible de la vie au moins mat&#233;rielle de la majorit&#233; de l'humanit&#233;. Que de fait, soit sous l'influence d'id&#233;ologies erron&#233;es, soit par app&#226;t du gain ou volont&#233; de puissance, soit pas mauvaise r&#233;gulation, cela d&#233;bouche tr&#232;s souvent et de ce fait massivement sur les maux d&#233;nonc&#233;s par le pape est incontestable. Mais l'entreprise, le march&#233; ou la finance, fruits de l'initiative cr&#233;ative des personnes puis de leur confrontation active, ne se r&#233;duisent pas &#224; ces maux, et certainement pas par nature. En outre, si on ne rend pas compte de la contribution d&#233;j&#224; existante, qui est r&#233;elle et consid&#233;rable, et surtout de la contribution possible de ces r&#233;alit&#233;s essentielles et incontournables, et si on le leur donne pas un horizon d'am&#233;lioration et de transformation, on ne peut esp&#233;rer une v&#233;ritable am&#233;lioration de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me pour la finance ou le calcul : s'il fallait r&#233;cuser toute possibilit&#233; pour les entreprises et pour la finance d'int&#233;grer d'autres &#233;l&#233;ments que le calcul brutal de l'int&#233;r&#234;t mon&#233;taire maximal recherch&#233; par tous les moyens et &#224; tr&#232;s court terme, ce serait au fond d&#233;sesp&#233;rant. Car cela voudrait dire que l'essentiel de ce qui sur la plan&#232;te compte &#233;conomiquement est &lt;i&gt;intrins&#232;quement&lt;/i&gt; mal orient&#233;. Comment alors les remplacer, et par quoi ? Des communaut&#233;s de voisinage autog&#233;r&#233;es et pratiquant le troc ? Mais en fait cela repose sur un postulat exag&#233;r&#233;ment pessimiste : il n'est pas &#233;voqu&#233; l'id&#233;e que ces r&#233;alit&#233;s ne se limitent pas &#224; l'app&#226;t imm&#233;diat du gain, encore moins qu'elles puissent avoir des objectifs renouvel&#233;s et plus &#233;labor&#233;s. Ni qu'un march&#233; soit la confrontation d'&#234;tres humains, ayant leurs priorit&#233;s, selon des r&#232;gles l'organisant, et que son r&#233;sultat variera selon ces priorit&#233;s et ces r&#232;gles, comme le notait justement &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;. Or les dirigeants de ces entreprises et leurs propri&#233;taires (notamment sur le march&#233; financier, c'est-&#224;-dire en derni&#232;re analyse, &#224; travers la gestion collective, la plupart des gens) sont des &#234;tres humains et ne sont pas par nature ferm&#233;s &#224; toute consid&#233;ration autre que de pur gain imm&#233;diat. La conversion demand&#233;e &#224; tous n'est certes pas facile, mais elle vaut pour eux aussi, et cela nous vise tous en tant qu'&#233;pargnants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, tant par modification des priorit&#233;s personnelles et soci&#233;tales que par une organisation et une r&#233;glementation collective diff&#233;rentes, les entreprises et les march&#233;s peuvent int&#233;grer d'autres perspectives et d'autres donn&#233;es, d'o&#249; peut et doit d&#233;couler une utilisation diff&#233;rente de m&#233;canismes &#233;conomiques essentiels et incontournables comme la libert&#233; d'entreprendre, la formation des prix, l'expression des pr&#233;f&#233;rences sur le march&#233;, le calcul m&#234;me&#8230; Voire les modalit&#233;s de recherche d'un juste profit, qui apr&#232;s tout ne fait que traduire le fait qu'on a consomm&#233; moins qu'on n'a produit : il faut int&#233;grer dans cette consid&#233;ration le long terme et les ressources rares, oui bien s&#251;r, mais sans renoncer &#224; des outils aussi utiles, et &#224; des r&#233;alit&#233;s sociales aussi fondamentales. C'est ce qu'il nous incombe de d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voir aussi :&lt;/i&gt; Intervention au colloque du 17 octobre 2015 de l'Association des &#233;conomistes catholiques sur l'encyclique Laudato si et l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=3w_n29A4_iE&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=3w_...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Document d'Aparecida (29 juin 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le texte poursuit, d'une fa&#231;on elliptique qui aurait m&#233;rit&#233; un peu plus de pr&#233;cisions pour &#234;tre vraiment clair : &#171; La production n'est pas toujours rationnelle, et souvent elle est li&#233;e &#224; des variables &#233;conomiques qui fixent pour les produits une valeur qui ne correspond pas &#224; leur valeur r&#233;elle. Cela conduit souvent &#224; la surproduction de certaines marchandises, avec un impact inutile sur l'environnement qui, en m&#234;me temps, porte pr&#233;judice &#224; de nombreuses &#233;conomies r&#233;gionales [citation d'un texte de l'&#233;piscopat mexicain]. La bulle financi&#232;re est aussi, en g&#233;n&#233;ral, une bulle productive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prix international de la Fondation Centesimus Annus </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Prix-international-de-la-Fondation-Centesimus-Annus.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Prix-international-de-la-Fondation-Centesimus-Annus.html</guid>
		<dc:date>2015-05-26T08:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Vatican</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Fondation &lt;i&gt;Centesimus Annus Pro Pontifice&lt;/i&gt; &#224; Rome (Vatican) a d&#233;cern&#233; son prix international &#224; mon livre &#034;Finance : regard chr&#233;tien&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;International Prize to &#034;Finance : regard chr&#233;tien&#034; from the Centesimus Annus Foundation in the Vatican, Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de d&#233;tails, photos...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;More d&#233;tails, pictures...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Biographies-.html" rel="directory"&gt;Biographies M&#233;dias Communication &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Vatican-+.html" rel="tag"&gt;Vatican&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Fondation &lt;i&gt;Centesimus Annus Pro Pontifice&lt;/i&gt; &#224; Rome (Vatican) a d&#233;cern&#233; son prix international &#224; mon livre &#034;Finance : regard chr&#233;tien&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
International Prize to &#034;Finance : regard chr&#233;tien&#034; from the Centesimus Annus Foundation in the Vatican, Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre est &#233;voqu&#233; ici : &lt;br class='autobr' /&gt;
A description of the book (in French) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Finance-un-regard-chretien-232.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Finan...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier de la conf&#233;rence de presse est ici :&lt;br class='autobr' /&gt;
The press conference (English and Italian) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2015/02/26/0148/00316.html#Dichiarazione 2015: &#034;Un'economia di mercato finanziaria: un'imprenditorialit&#224; per lo sviluppo umano&#034;&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://press.vatican.va/content/sal...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le site de la Fondation : &lt;br class='autobr' /&gt;
The Foundation site :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.centesimusannus.org/attivita/premio-internazionale-economia-e-societa/seconda-edizione/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.centesimusannus.org/att...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise par le cardinal Parolin, Secr&#233;taire d'Etat, apr&#232;s pr&#233;sentation du cardinal Marx, archev&#234;que de Munich et Freising, s'est d&#233;roul&#233;e le mardi 26 mai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pape Fran&#231;ois et la finance : la r&#233;volution ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-pape-Francois-et-la-finance-la-revolution.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Le-pape-Francois-et-la-finance-la-revolution.html</guid>
		<dc:date>2014-04-07T08:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Evangile et argent</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et la richesse</dc:subject>
		<dc:subject>Pape Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Evangelii Gaudium</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les d&#233;clarations &#233;nergiques du pape Fran&#231;ois n'ont pas &#233;pargn&#233; l'&#233;conomie mondialis&#233;e, la finance et le r&#232;gne de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il retrouve l&#224;, avec encore plus de vigueur, un th&#232;me constant de la Doctrine sociale, qui, &#224; la suite des Evangiles, a toujours d&#233;nonc&#233; le pouvoir de fascination de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme dans d'autres domaines, certains lui trouvent des accents nouveaux, une forme de tournant &#8216;proph&#233;tique'. Qu'en est-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-et-magistere-.html" rel="directory"&gt;Magist&#232;re&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Evangelii-Gaudium-+.html" rel="tag"&gt;Evangelii Gaudium&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'idol&#226;trie de l'argent, fait explicatif premier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans Evangelii Gaudium, le pape d&#233;nonce comme on sait une &#171; &#233;conomie de l'exclusion et de la disparit&#233; sociale &#187;, qui rel&#232;gue la personne en dehors, comme un d&#233;chet : &#171; 53. Aujourd'hui, tout entre dans le jeu de la comp&#233;titivit&#233; et de la loi du plus fort, o&#249; le puissant mange le plus faible. [&#8230;] On consid&#232;re l'&#234;tre humain en lui-m&#234;me comme un bien de consommation, qu'on peut utiliser et ensuite jeter. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; cette situation les b&#233;n&#233;ficiaires du syst&#232;me (nous tous en un sens) cultivent dit-il deux attitudes. L'une est id&#233;ologique : l'id&#233;e qu'un m&#233;canisme automatique fasse b&#233;n&#233;ficier les pauvres de la croissance &#233;conomique sans effort ni mesure particuliers. Le pape conteste frontalement l'affirmation : &#171; 54. Certains d&#233;fendent encore les th&#233;ories de la &#8216;retomb&#233;e favorable', qui supposent que chaque croissance &#233;conomique, favoris&#233;e par le libre march&#233;, r&#233;ussit &#224; produire en soi une plus grande &#233;quit&#233; et inclusion sociale dans le monde. Cette opinion, qui n'a jamais &#233;t&#233; confirm&#233;e par les faits, exprime une confiance grossi&#232;re et na&#239;ve dans la bont&#233; de ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir &#233;conomique et dans les m&#233;canismes sacralis&#233;s du syst&#232;me &#233;conomique dominant. En m&#234;me temps, les exclus continuent &#224; attendre. &#187; cela a permis de se blinder int&#233;rieurement contre toute compassion : &#171; pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s'enthousiasmer avec cet id&#233;al &#233;go&#239;ste, on a d&#233;velopp&#233; une mondialisation de l'indiff&#233;rence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Une &#171; nouvelle idol&#226;trie de l'argent &#187; est directement mise en cause. &#171; 55. Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons &#233;tablie avec l'argent, puisque nous acceptons paisiblement sa pr&#233;dominance sur nous et sur nos soci&#233;t&#233;s. [&#8230;] La crise mondiale qui investit la finance et l'&#233;conomie manifeste ses propres d&#233;s&#233;quilibres et, par-dessus tout, l'absence grave d'une orientation anthropologique qui r&#233;duit l'&#234;tre humain &#224; un seul de ses besoins : la consommation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une id&#233;ologie de l'autonomie absolue du march&#233;, refusant tout contr&#244;le, et source d'une in&#233;galit&#233; galopante : &#171; 56. Alors que les gains d'un petit nombre s'accroissent exponentiellement, ceux de la majorit&#233; se situent d'une fa&#231;on toujours plus &#233;loign&#233;e du bien-&#234;tre de cette heureuse minorit&#233;. Ce d&#233;s&#233;quilibre proc&#232;de d'id&#233;ologies qui d&#233;fendent l'autonomie absolue des march&#233;s et la sp&#233;culation financi&#232;re. Par cons&#233;quent, ils nient le droit de contr&#244;le des &#201;tats charg&#233;s de veiller &#224; la pr&#233;servation du bien commun. [&#8230;] S'ajoutent &#224; tout cela une corruption ramifi&#233;e et une &#233;vasion fiscale &#233;go&#239;ste qui ont atteint des dimensions mondiales. L'app&#233;tit du pouvoir et de l'avoir ne conna&#238;t pas de limites. Dans ce syst&#232;me, qui tend &#224; tout phagocyter dans le but d'accro&#238;tre les b&#233;n&#233;fices, tout ce qui est fragile, comme l'environnement, reste sans d&#233;fense par rapport aux int&#233;r&#234;ts du march&#233; divinis&#233;, transform&#233;s en r&#232;gle absolue. &#187; Corr&#233;lativement on r&#233;cuse toute r&#233;f&#233;rence &#233;thique : &#171; 57. Derri&#232;re ce comportement se cachent le refus de l'&#233;thique et le refus de Dieu. Habituellement, on regarde l'&#233;thique avec un certain m&#233;pris narquois. On la consid&#232;re contre-productive, trop humaine, parce qu'elle relativise l'argent et le pouvoir. On la per&#231;oit comme une menace, puisqu'elle condamne la manipulation et la d&#233;gradation de la personne. &#187; Le pape en appelle d&#232;s lors &#224; la fois aux gouvernants et aux responsables &#233;conomiques, pour une r&#233;forme &#233;thique : &#171; 58. Une r&#233;forme financi&#232;re qui n'ignore pas l'&#233;thique demanderait un changement vigoureux d'attitude de la part des dirigeants politiques, que j'exhorte &#224; affronter ce d&#233;fi avec d&#233;termination et avec clairvoyance, sans ignorer, naturellement, la sp&#233;cificit&#233; de chaque contexte. L'argent doit servir et non pas gouverner ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous retrouvons ces th&#232;mes dans les nombreuses occasions dans lesquelles le pape a pris la parole pendant sa premi&#232;re ann&#233;e de pontificat. Outre que &#171; l'avidit&#233; de l'argent est de fait la racine de tous les maux &#187; il peut dit-il faire perdre la foi. Il fait notamment un lien direct entre l'argent, l'orgueil et l'idol&#226;trie car dit-il c'est d'abord d'un p&#233;ch&#233; d'idol&#226;trie qu'il s'agit, plus encore que d'avidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pape consid&#232;re donc que le d&#233;placement idol&#226;trique a pris une proposition syst&#233;mique et constitue une sorte de culture commune, une structure de p&#233;ch&#233;. Mais un &#233;l&#233;ment nouveau est sans doute ici la d&#233;nonciation directe du r&#244;le d'une certaine id&#233;ologie de l'autonomie absolue du march&#233; et de ses effets automatiquement b&#233;n&#233;fiques. Ceci dit il ne souhaite pas d&#233;velopper dans ce texte la dimension &#233;conomique du ph&#233;nom&#232;ne : &#171; 184. Ceci n'est pas un document social, et pour r&#233;fl&#233;chir sur ces th&#233;matiques diff&#233;rentes nous disposons d'un instrument tr&#232;s adapt&#233; dans le Compendium de la Doctrine sociale de l'&#201;glise, dont je recommande vivement l'utilisation et l'&#233;tude. En outre, ni le Pape, ni l'&#201;glise ne poss&#232;dent le monopole de l'interpr&#233;tation de la r&#233;alit&#233; sociale ou de la proposition de solutions aux probl&#232;mes contemporains. &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'int&#233;gration sociale des pauvres et le besoin d'une autre politique &lt;br class='autobr' /&gt;
Une des cons&#233;quences de ce qui pr&#233;c&#232;de vise la conversion personnelle. Ceci s'enracine bien entendu dans la Doctrine sociale, qui souligne le r&#244;le des propri&#233;taires. &#171; 189. La solidarit&#233; est une r&#233;action spontan&#233;e de celui qui reconna&#238;t la fonction sociale de la propri&#233;t&#233; et la destination universelle des biens comme r&#233;alit&#233;s ant&#233;rieures &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. La possession priv&#233;e des biens se justifie pour les garder et les accro&#238;tre de mani&#232;re &#224; ce qu'ils servent mieux le bien commun, c'est pourquoi la solidarit&#233; doit &#234;tre v&#233;cue comme la d&#233;cision de rendre au pauvre ce qui lui revient. &#187; Plus encore &#171; un changement des structures qui ne g&#233;n&#232;re pas de nouvelles convictions et attitudes fera que ces m&#234;mes structures t&#244;t ou tard deviendront corrompues, pesantes et inefficaces. &#187; Cela concerne donc chacun de nous : &#171; 201. Personne ne devrait dire qu'il se maintient loin des pauvres parce que ses choix de vie lui font porter davantage d'attention &#224; d'autres t&#226;ches [&#8230;] personne ne peut se sentir exempt&#233; de la pr&#233;occupation pour les pauvres et pour la justice sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention : il ne s'agit pas d'une simple assistance, de &#8216;charit&#233;' personnelle ; et le pape en appelle assez vite &#224; &#224; la dimension collective, pour lui essentielle. &#171; 188 Le mot &#8216;solidarit&#233;' est un peu us&#233; et, parfois, on l'interpr&#232;te mal, mais il d&#233;signe beaucoup plus que quelques actes sporadiques de g&#233;n&#233;rosit&#233;. Il demande de cr&#233;er une nouvelle mentalit&#233; qui pense en termes de communaut&#233;, de priorit&#233; de la vie de tous sur l'appropriation des biens par quelques-uns. &#187; D&#232;s lors&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; 202. [&#8230;] Les plans d'assistance qui font face &#224; certaines urgences devraient &#234;tre consid&#233;r&#233;s seulement comme des r&#233;ponses provisoires. Tant que ne seront pas r&#233;solus radicalement les probl&#232;mes des pauvres, en renon&#231;ant &#224; l'autonomie absolue des march&#233;s et de la sp&#233;culation financi&#232;re, et en attaquant les causes structurelles de la disparit&#233; sociale, les probl&#232;mes du monde ne seront pas r&#233;solus, ni en d&#233;finitive aucun probl&#232;me. &#187; Le niveau collectif est donc clef. On va voir plus pr&#233;cis&#233;ment comment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une autre politique, visant la paix et le dialogue social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit en d&#233;finitive de revoir toute la logique de la politique &#233;conomique &#171; 203. La dignit&#233; de chaque personne humaine et le bien commun sont des questions qui devraient structurer toute la politique &#233;conomique. &#187; C'est un changement profond d'orientation qu'il faut op&#233;rer : &#171; Beaucoup de paroles d&#233;rangent dans ce syst&#232;me ! C'est g&#234;nant de parler d'&#233;thique, c'est g&#234;nant de parler de solidarit&#233; mondiale, c'est g&#234;nant de parler de distribution des biens, c'est g&#234;nant de parler de d&#233;fendre les emplois, c'est g&#234;nant de parler de la dignit&#233; des faibles, c'est g&#234;nant de parler d'un Dieu qui exige un engagement pour la justice. &#187; Ceci vaut aussi au niveau des entrepreneurs (dont c'est la seule mention dans le texte) : &#171; la vocation d'entrepreneur est un noble travail, il doit se laisser toujours interroger par un sens plus large de la vie ; ceci lui permet de servir vraiment le bien commun, par ses efforts de multiplier et rendre plus accessibles &#224; tous les biens de ce monde. &#187; Mais le fait central est que &#171; 204 nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du march&#233;. La croissance dans l'&#233;quit&#233; exige quelque chose de plus que la croissance &#233;conomique, bien qu'elle la suppose ; elle demande des d&#233;cisions, des programmes, des m&#233;canismes et des processus sp&#233;cifiquement orient&#233;s vers une meilleure distribution des revenus, la cr&#233;ation d'opportunit&#233;s d'emplois, une promotion int&#233;grale des pauvres qui d&#233;passe le simple assistanat. Loin de moi la proposition d'un populisme irresponsable, mais l'&#233;conomie ne peut plus recourir &#224; des rem&#232;des qui sont un nouveau venin, comme lorsqu'on pr&#233;tend augmenter la rentabilit&#233; en r&#233;duisant le march&#233; du travail, mais en cr&#233;ant de cette fa&#231;on de nouveaux exclus. &#187; Cela s'&#233;tend, au-del&#224; des besoins de base, &#224; l'acc&#232;s au travail - et au salaire qu'il permet de recevoir : &#171; 192. Nous ne parlons pas seulement d'assurer &#224; tous la nourriture, ou une &#8216;subsistance d&#233;cente', mais que tous connaissent &#8216;la prosp&#233;rit&#233; dans ses multiples aspects'. Ceci implique &#233;ducation, acc&#232;s &#224; l'assistance sanitaire, et surtout au travail, parce que dans le travail libre, cr&#233;atif, participatif et solidaire, l'&#234;tre humain exprime et accro&#238;t la dignit&#233; de sa vie. Le salaire juste permet l'acc&#232;s ad&#233;quat aux autres biens qui sont destin&#233;s &#224; l'usage commun. &#187; Les m&#234;mes th&#232;mes affleurent dans ses interventions diverses pendant l'ann&#233;e. Il y affirme notamment que &#171; pendant que les revenus d'une minorit&#233; croit de fa&#231;on exponentielle, celui de la majorit&#233; baisse. Ce d&#233;s&#233;quilibre r&#233;sulte d'id&#233;ologies qui promeuvent l'autonomie absolue des march&#233;s et la sp&#233;culation financi&#232;re, niant ainsi le droit de contr&#244;le des Etats en charge de promouvoir le bien commun &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; son appel vibrant au politique : &#171; 205 La politique tant d&#233;nigr&#233;e, est une vocation tr&#232;s noble, elle est une des formes les plus pr&#233;cieuses de la charit&#233;, parce qu'elle cherche le bien commun. Nous devons nous convaincre que la charit&#233; &#8216;est le principe non seulement des micro-relations : rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais &#233;galement des macro-relations : rapports sociaux, &#233;conomiques, politiques'. [&#8230;] Il est indispensable que les gouvernants et le pouvoir financier l&#232;vent les yeux et &#233;largissent leurs perspectives, qu'ils fassent en sorte que tous les citoyens aient un travail digne, une instruction et une assistance sanitaire. &#187; Car en d&#233;finitive &#171; 240 il revient &#224; l'&#201;tat de prendre soin et de promouvoir le bien commun de la soci&#233;t&#233;. Sur la base des principes de subsidiarit&#233; et de solidarit&#233;, et dans un grand effort de dialogue politique et de cr&#233;ation de consensus, il joue un r&#244;le fondamental, qui ne peut &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;, dans la recherche du d&#233;veloppement int&#233;gral de tous. &#187; Cet appel au politique retrouve d'ailleurs un th&#232;me tr&#232;s cher au pape, mais peu visible dans ce texte : celui de la nation, sur laquelle il a des accents tr&#232;s forts dans d'autres documents d'avant son &#233;lection, qui ne sont pas sans rappeler Jean-Paul II - notamment ses recueils d'hom&#233;lies parues en Argentine sur ce th&#232;me. L'opposition entre patriotisme et argent apatride est comme on sait un th&#232;me classique et ancien. Le pape le traite sans aucune x&#233;nophobie ; mais pour lui la nation est &#224; l'&#233;vidence le lieu majeur de l'action collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;El&#233;ments d'analyse : conversion ou social-d&#233;mocratie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'on peut croire, il n'est pas facile de situer la pens&#233;e du pape Fran&#231;ois, et ce texte par ailleurs clair n'y &#233;chappe pas. Le contexte nous aide : il s'agit de la joie de l'Evangile, c'est une exhortation destin&#233;e aux chr&#233;tiens, et &#224; leur conversion, leur transformation int&#233;rieure, se traduisant par des gestes concrets et significatifs, au niveau personnel et collectif, notamment autour du th&#232;me de la pauvret&#233;. Le ton et la profondeur morale et spirituelle de ce document sont remarquables, et ne peuvent laisser ni indiff&#233;rents ni inactifs. Mais comme le pape le pr&#233;cise, ce n'est pas un texte de Doctrine sociale. En fait le nom m&#234;me d'exhortation nous en donne le sens : malgr&#233; les apparences, ce n'est pas une encyclique, texte doctrinal, mais une forme de sermon du &#171; cur&#233; du monde &#187; comme certains l'ont appel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit plusieurs questions &#233;conomiques et sociales sont abord&#233;es avec force et ne sont pas des mentions en passant. Si le style &#233;nergique du pape sur ces sujets (qui rappelle un saint Jean Chrysostome) peut para&#238;tre trancher avec ses pr&#233;d&#233;cesseurs, le fond est pour l'essentiel commun. L'opposition camp&#233;e avec force entre d'un c&#244;t&#233; l'idol&#226;trie de l'argent et de la consommation, et de l'autre la morale et la charit&#233; comme guides de notre action, est traditionnelle. Tout comme le refus d'un march&#233; ou d'une &#233;conomie sans r&#232;gles, la n&#233;cessit&#233; d'un encadrement &#233;thique et juridique, notamment dans un but de solidarit&#233; avec les pauvres, qui doivent &#234;tre int&#233;gr&#233;s dans la communaut&#233; - non seulement eu &#233;gard &#224; leurs besoins mais comme participants &#224; part enti&#232;re, par leur travail. Sur ce plan l'irritation de certains &#233;conomistes am&#233;ricains peut surprendre. Ces critiques ont m&#234;me conduit le pape &#224; pr&#233;ciser cette &#233;vidence qu'il n'&#233;tait pas marxiste&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit on peut noter dans notre texte des accents que certains, notamment dans les medias, voient comme des inflexions. C'est d'abord la radicalit&#233; du ton, marque de fabrique du pape Fran&#231;ois, qui peut surprendre les uns et choquer les autres, sans que ce soit n&#233;cessairement son intention : c'est surtout un moyen pour secouer les bonnes consciences, ou les sourds volontaires. Mais une telle lecture est surtout la r&#233;sultante d'une tendance du pape &#224; ne pas &#233;quilibrer un propos allant avec force dans un sens par un correctif qui l'&#233;quilibre et &#233;vite une mauvaise interpr&#233;tation. Dans tous ces textes, ce qui frappe est l'insistance (fond&#233;e) sur les limites du culte de l'argent, nourrissant une certaine id&#233;ologie dominante et l'apologie d'un march&#233; incontr&#244;l&#233;. Mais en contre-point on ne trouve que peu ou pas des notions traditionnelles dans l'enseignement de l'Eglise comme la subsidiarit&#233;, la libert&#233;, la r&#233;alisation de la personne dans le travail, et plus g&#233;n&#233;ralement les bienfaits de l'&#233;conomie d'initiative, d'entreprise et donc de march&#233;, si elle est bien comprise et surtout responsable. Or ces bienfaits sont r&#233;els m&#234;me s'ils sont en partie g&#226;ch&#233;s par une id&#233;ologie et des pratiques mal orient&#233;es, et ils ont d&#232;s lors &#233;t&#233; soulign&#233;s avec clart&#233; tant par les papes pr&#233;c&#233;dents que par le Compendium - que recommande le pape Fran&#231;ois. Corr&#233;lativement le r&#244;le essentiel de l'Etat est rappel&#233; &#224; juste titre par le pape, mais pas ses limites pourtant &#233;galement manifestes, voire ses graves d&#233;viances. Il est d&#232;s lors peu douteux que du seul c&#244;t&#233; des mesures &#224; prendre on classerait spontan&#233;ment le texte dans la mouvance social-d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en r&#233;alit&#233;, &#224; nouveau, ce texte ne vise pas &#224; faire une analyse &#233;conomique. La principale affirmation d'ordre proprement &#233;conomique est la n&#233;gation abrupte par le pape de la th&#233;orie des retomb&#233;es automatiques : elle est en un sens unilat&#233;rale parce qu'elle ne reconna&#238;t pas l'existence des retomb&#233;es de l'activit&#233; &#233;conomique concurrentielle ; elle ne voit que l'hypocrisie (bien r&#233;elle elle aussi) de ceux qui s'en drapent pour justifier la loi de la jungle. C'est pourtant un fait que ces retomb&#233;es existent : une grande partie de l'humanit&#233; a r&#233;ellement progress&#233; du moins mat&#233;riellement - mais le pape ne le mentionne pas. De la m&#234;me fa&#231;on, si l'in&#233;galit&#233; cro&#238;t selon certains crit&#232;res, en revanche affirmer que seule une minorit&#233; s'enrichit et que la majorit&#233; s'appauvrit ne correspond pas aux faits pour une grande partie de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas sous cet angle qu'il faut principalement aborder ce texte et les autres interventions du pape. Il s'y concentre sur un message de conversion, sans chercher &#224; donner une vue exhaustive du paysage. C'est la vision d'une soci&#233;t&#233; renouvel&#233;e par le changement en profondeur du regard mutuel de ses membres, et l'action solidaire qui en r&#233;sulte : elle a beaucoup de force, tout en restant g&#233;n&#233;rale. C'est que, &#224; nouveau, ce ne sont pas des textes principalement doctrinaux. Bien entendu le pontificat ne fait que commencer, et les textes ult&#233;rieurs du pape lui permettront de clarifier sa pens&#233;e. Dans l'intervalle, mieux vaut ne pas projeter ses propres d&#233;sirs sur la pens&#233;e du pontife. Et tant mieux si sa fabuleuse &#233;nergie peut toucher le c&#339;ur des puissants&#8230; et des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Finance : un regard chr&#233;tien</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Finance-un-regard-chretien-232.html</link>
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		<dc:date>2013-05-13T09:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Finance et christianisme : tout para&#238;t opposer ces deux univers. L'un nous oriente par la charit&#233; et le don vers la vie &#233;ternelle ; l'autre voit le monde &#224; travers des calculs, orient&#233;s vers un profit plus ou moins imm&#233;diat. Les Evangiles ont des passages s&#233;v&#232;res et m&#234;me radicaux sur l'argent et sa fascination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant. D&#233;j&#224; le texte &#233;vang&#233;lique relie les deux sujets, de fa&#231;on parfois conflictuelle mais subtile. Ce que confirme l'invention de la finance et de la banque du Moyen Age par l'Italie catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la finance est un organe central de la soci&#233;t&#233; mais elle est source de graves d&#233;sordres, et objet d'une hostilit&#233; sourde. Elle a donc besoin de se recentrer, et sur autre chose qu'elle-m&#234;me. L'&#233;clairage chr&#233;tien s'av&#232;re ici pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre Finance : un regard chr&#233;tien est paru en 2013. Il a eu le prix international Fondation Centesimus annus (Vatican) en 2015 (voir article). Vous trouverez ci-apr&#232;s introduction, table des mati&#232;res et conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une recension tr&#232;s int&#233;ressante (en anglais) sur &lt;a href=&#034;http://blogs.reuters.com/breakingviews/2015/07/17/review-a-virtuous-defence-of-finance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://blogs.reuters.com/breakingvi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi, en fran&#231;ais :&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur KTO, vid&#233;o avec l'Acad&#233;mie catholique : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Finance, un regard chr&#233;tien&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Dt7iH0YtucA&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Dt7...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ethique chr&#233;tienne et placements financiers&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4aEZbJfQFNM&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4aE...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finance : un regard chr&#233;tien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;De la banque m&#233;di&#233;vale &#224; la mondialisation financi&#232;re&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction du livre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lecteur croyant ou incroyant, ne vous arr&#234;tez pas au titre. Le sujet vous concerne. Oui, je sais : finance et christianisme : tout para&#238;t opposer ces deux univers. L'un dit nous orienter par la charit&#233; et le don vers la vie &#233;ternelle ; l'autre voit le monde &#224; travers des calculs orient&#233;s vers un profit plus ou moins imm&#233;diat. Les Evangiles ont d'ailleurs des passages s&#233;v&#232;res et m&#234;me radicaux sur l'argent et sa fascination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant. D&#233;j&#224; le texte &#233;vang&#233;lique fait clairement une relation entre les deux sujets, parfois conflictuelle mais subtile et en un sens intime. D'abord par l'int&#233;r&#234;t m&#234;me qu'il manifeste pour la question de l'argent. Ensuite par son usage r&#233;gulier et inattendu de paraboles mettant en jeu la vie &#233;conomique et financi&#232;re. On sait aussi que c'est dans le contexte, catholique, de l'Italie m&#233;di&#233;vale que la finance est n&#233;e - &#224; commencer par les mots m&#234;mes de banque et de finance. Et que la pens&#233;e chr&#233;tienne a servi de creuset &#224; la r&#233;flexion &#233;conomique moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surprise ? Moins si on examine ce qui relie ces deux termes. Qui dit finance dit cr&#233;dit, confiance, placement, pari sur l'avenir&#8230;tous termes dont l'affinit&#233; avec la croyance, donc la foi et l'esp&#233;rance sont &#233;vidents. Certes la troisi&#232;me vertu th&#233;ologale, la charit&#233;, para&#238;t plus rebelle au rapprochement, le don &#233;tant semble-t-il &#224; l'oppos&#233; du calcul, qui est au centre de la finance. Et pourtant m&#234;me l&#224; il y a un &#233;l&#233;ment commun essentiel : il n'est pas de finance sans une forme de partenariat, et donc sans une certaine communaut&#233; humaine dans laquelle des moyens sont mis par l'un entre les mains d'un autre, en un mot confi&#233;s, pour obtenir le r&#233;sultat voulu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la mati&#232;re de la finance c'est l'argent. L'argent synth&#233;tise &#224; sa fa&#231;on la probl&#233;matique de nos d&#233;sirs, dans leur r&#233;alisation mat&#233;rielle. On croit un peu vite que c'est &#224; l'oppos&#233; de toute spiritualit&#233;. Mais ce n'est pas si simple &#8211; surtout pour une religion incarn&#233;e comme le christianisme, pour qui la mati&#232;re non seulement n'est pas mauvaise, mais entre dans le plan du salut. Au minimum, il ne pouvait ignorer une activit&#233; comme la finance qui est au centre de la r&#233;gulation &#233;conomique et donc de la production et de la circulation des biens mat&#233;riels, qui arbitre l'orientation des ressources dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, et donc les priorit&#233;s mat&#233;rielles de la soci&#233;t&#233; des hommes&#8230; soci&#233;t&#233; dans laquelle se pr&#233;pare le Royaume des Cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explorer l'articulation de ces deux r&#233;alit&#233;s apparemment aussi &#233;loign&#233;es et cependant &#233;trangement reli&#233;es est une t&#226;che essentielle. Ne serait-ce que pour mieux comprendre et orienter cette r&#233;alit&#233; prot&#233;iforme qu'est devenue la finance, &#224; la fois syst&#232;me nerveux de nos &#233;conomies, possible source de d&#233;sastre &#224; travers les crises qui l'affectent, et objet de fascination parfois morbide. Sauf incidemment, notre but ne sera toutefois pas ici de traiter des mesures techniques, mais d'aborder les questions ayant, pour faire simple, une dimension morale, du point de vue de la logique du syst&#232;me financier . D'autant qu'elles nous paraissent &#234;tre les plus fondamentales. En ces temps de perte de certitude, notamment sur le ph&#233;nom&#232;ne d&#233;routant de la finance, risqu&#233;e mais dans son champ indispensable, comment mieux orienter vers le bien commun son action et celle de ses hommes ? Comment par l&#224; renouveler notre regard sur cette quintessence souvent insaisissable de la mati&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi, pour le lecteur croyant, comment la situer sous le regard de Dieu, en vue de l'infini de la vie &#233;ternelle ? Et, pour le lecteur non-croyant, comment tirer avantage de la principale grande r&#233;flexion sur l'&#233;conomie qui ne soit ni utilitaire ni mat&#233;rialiste ? Nous invitons l'un et l'autre &#224; tirer les le&#231;ons de ce regard chr&#233;tien original, au premier abord tout diff&#233;rent de celui re&#231;u dans notre soci&#233;t&#233;, mais qui est propre &#224; parler &#224; tout homme de bonne volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une recension tr&#232;s int&#233;ressante (en anglais) sur &lt;a href=&#034;http://blogs.reuters.com/breakingviews/2015/07/17/review-a-virtuous-defence-of-finance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://blogs.reuters.com/breakingvi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi (en fran&#231;ais), avec l'Acad&#233;mie catholique, sur KTO :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Finance, un regard chr&#233;tien&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Dt7iH0YtucA&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Dt7...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ethique chr&#233;tienne et placements financiers&lt;/i&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4aEZbJfQFNM&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4aE...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences libraires en ligne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://livre.fnac.com/a4622655/Pierre-de-Lauzun-Finance-un-regard-chretien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://livre.fnac.com/a4622655/Pierre-de-Lauzun-Finance-un-regard-chretien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.decitre.fr/livres/finance-un-regard-chretien-de-la-banque-medievale-a-la-mondialisation-financiere-9782940515035.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.decitre.fr/livres/finance-un-regard-chretien-de-la-banque-medievale-a-la-mondialisation-financiere-9782940515035.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.laprocure.com/finance-regard-chretien-banque-medievale-mondialisation-financiere-pierre-lauzun/9782940515035.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.laprocure.com/finance-regard-chretien-banque-medievale-mondialisation-financiere-pierre-lauzun/9782940515035.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.librairie-sciencespo.fr/manuels-d-economie/histoire-et-theories-economiques/livre/finance--un-regard-chretien---de-la-banque-medievale-a-la-mondialisation-financiere/pierre-de-lauzun/9782940515035.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.librairie-sciencespo.fr/manuels-d-economie/histoire-et-theories-economiques/livre/finance--un-regard-chretien---de-la-banque-medievale-a-la-mondialisation-financiere/pierre-de-lauzun/9782940515035.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cultura.com/livre/litt&#233;rature/pierre-de-lauzun,finance,-un-regard-chr&#233;tien-de-la-banque-m&#233;di&#233;vale-&#224;-la-mondialisation-financi,4654518.prd&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cultura.com/livre/litt&#233;rature/pierre-de-lauzun,finance,-un-regard-chr&#233;tien-de-la-banque-m&#233;di&#233;vale-&#224;-la-mondialisation-financi,4654518.prd&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mollat.com/livres/pierre-lauzun-finance-regard-chretien-9782940515035.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mollat.com/livres/pierre-lauzun-finance-regard-chretien-9782940515035.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.rueducommerce.fr/m/ps/mpid:MP-7B710M8214825&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rueducommerce.fr/m/ps/mpid:MP-7B710M8214825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/lauzun-pierre-de/finance-un-regard-chretien-de-la-banque-medievale-a-la-mondialisation-financiere,50155439.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/lauzun-pierre-de/finance-un-regard-chretien-de-la-banque-medievale-a-la-mondialisation-financiere,50155439.aspx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.placedeslibraires.fr/detaillivre.php?gencod=9782940515035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.placedeslibraires.fr/detaillivre.php?gencod=9782940515035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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