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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le temps du march&#233; et le regard de l'&#233;ternit&#233; </title>
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		<dc:date>2022-08-04T15:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je propose ici une r&#233;flexion de nature quasi philosophique sur le r&#244;le du march&#233; et notamment du march&#233; financier comme tentative de chiffrage de l'avenir et donc de saisie de cet avenir dans le pr&#233;sent. Ceci &#224; la lumi&#232;re d'une analyse philosophique du temps, qui &#224; mon sens ne peut se comprendre que dans la perspective de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra que cela met en &#233;vidence, sous un angle nouveau, la rivalit&#233; entre Dieu et l'argent devenu idole, au c&#339;ur des questions que pose notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Temps-et-eternite-+.html" rel="tag"&gt;Temps et &#233;ternit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je propose ici une r&#233;flexion de nature quasi philosophique sur le r&#244;le du march&#233; et notamment du march&#233; financier comme tentative de chiffrage de l'avenir et donc de saisie de cet avenir dans le pr&#233;sent. Ceci &#224; la lumi&#232;re d'une analyse philosophique du temps, qui &#224; mon sens ne peut se comprendre que dans la perspective de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra que cela met en &#233;vidence, sous un angle nouveau, la rivalit&#233; entre Dieu et l'Argent devenu idole, au c&#339;ur des questions que pose notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arri&#232;re-plan philosophique : le Temps et l'Eternit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord les notions philosophiques de base dont nous aurons besoin par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me situe dans une conception du temps pour qui il ne prend son sens que par rapport &#224; l'&#233;ternit&#233;. Le philosophe McTaggart avait pos&#233; comme suit le dilemme qui s'offre &#224; la pens&#233;e rationnelle entre deux conceptions irr&#233;ductibles du temps : le temps A, le v&#233;cu du moment, seul r&#233;el pour nous, mais isol&#233; entre un pass&#233; r&#233;volu et un avenir non pr&#233;sent ; et le temps B, celui lin&#233;aire de la datation sur une &#233;chelle de temps, objectif mais impersonnel. A un extr&#234;me, on a le temps subjectif, l'imm&#233;diatet&#233; du pr&#233;sent, seule r&#233;alit&#233; v&#233;cue directement, mais fuyant &#224; chaque instant, entre un pass&#233; d&#233;sormais insaisissable et un futur encore irr&#233;el. A l'autre bout, on a le temps objectif : une &#233;chelle de mesure, o&#249; pass&#233;, pr&#233;sent et futur sont sur une m&#234;me ligne. Les penseurs anglo-saxons d&#233;battent de savoir laquelle est la plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans Temps Histoire Eternit&#233;, ces dilemmes ne peuvent &#234;tre lev&#233;s qu'en acceptant un autre regard, hors du temps : celui o&#249; se situe l'&#233;ternit&#233; de Dieu. L'&#233;ternit&#233;, comme on sait, est hors du temps en cela qu'elle ne lui est pas soumise ; mais elle n'est pas &#233;trang&#232;re au temps. En effet, hors du temps, elle saisit l'ensemble du temps : elle saisit toute l'&#233;chelle du temps B, ordonn&#233;e selon sa place dans la succession, pass&#233; et futur compris ; mais elle le saisit avec la r&#233;alit&#233; du pr&#233;sent, du temps A. A qui reconna&#238;t l'existence de Dieu, la question du temps est donc tr&#232;s diff&#233;rente de ce qu'elle est pour le non-croyant. Le croyant dispose d'un regard, m&#234;me lointain et th&#233;orique, sur cet arri&#232;re-plan immense qui donne sa profondeur au temps. Un tel parti choque l'esprit moderne. Mais pour celui qui, de fa&#231;on rationnelle, reconna&#238;t l'&#233;ternit&#233; de Dieu, il en est diff&#233;remment. Sa r&#233;flexion int&#232;gre ce qu'il sait &#234;tre une r&#233;alit&#233; essentielle : l'existence, &#224; la source de notre monde, d'un Esprit infini, &#233;chappant au temps, qui a un dessein sur nous dont la premi&#232;re expression est notre existence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le montre encore dans ce m&#234;me livre, sur cette base s'&#233;claire mieux l'&#233;nigme de notre destin&#233;e, de notre histoire : elle est impr&#233;visible pour nous, qui vivons dans notre pr&#233;sent fugitif, mais munis de notre libert&#233;, ce qui notamment invalide toute pr&#233;tention des sciences humaines &#224; la pr&#233;vision certaine. Mais elle est connue de Dieu dans sa totalit&#233;, lequel l'ordonne &#224; l'offre d'un Bien supr&#234;me qui lui donne son sens. Cette temporalit&#233; est donc pour nous un espace de d&#233;ploiement pour notre personnalit&#233; en devenir, o&#249; en un sens nous ignorons qui nous sommes, car nous ignorons qui nous serons demain &#8211; mais o&#249; en m&#234;me temps nous sommes plac&#233;s sous le regard aimant de l'&#233;ternit&#233; divine qui seule nous conna&#238;t dans notre visage &#233;ternel et nous accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour brutal au r&#233;el : la d&#233;cision financi&#232;re, rappel des faits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ins&#233;r&#233; dans le flux du temps, l'homme se trouve en permanence confront&#233; &#224; l'&#233;nigme de l'incertitude sur l'avenir, et &#224; la n&#233;cessit&#233; cependant de prendre des d&#233;cisions. Nous allons prendre un cas particulier de ces d&#233;cisions, la d&#233;cision &#233;conomique en &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e, et m&#234;me sous un angle encore plus sp&#233;cifique, celui de la finance. La particularit&#233; de l'&#233;conomie est de se tourner vers les biens mat&#233;riels et de chercher au mieux comment les produire, les faire circuler (les &#233;changer) et les proposer &#224; la consommation. Quand des biens ou des services sont dans le champ de d&#233;cision de quelqu'un, hors cas d'autarcie il se tourne vers l'ext&#233;rieur, ce qui veut dire qu'il va proposer des biens dont il dispose &#224; des personnes ou entit&#233;s qu'il ne contr&#244;le pas. Soit sans attente d'un retour stipul&#233; &#224; l'avance (c'est le don) ; soit dans l'attente d'un retour pr&#233;cis&#233; et convenu : c'est ce qu'on appelle une transaction. Dans ce dernier cas, notre agent, s'il le peut, se tournera vers l'ensemble des opportunit&#233;s mat&#233;riellement &#224; sa port&#233;e, pour d&#233;cider cas par cas avec chaque contrepartie quelle pourrait &#234;tre la nature de la transaction : qu'est-ce qui est &#233;chang&#233; contre quoi. Si on se limite &#224; l'aspect &#233;troitement &#233;conomique, il aura int&#233;r&#234;t &#224; &#233;largir le plus possible le champ consid&#233;r&#233;, et &#224; &#234;tre libre des modalit&#233;s de la transaction. On reconna&#238;t ainsi ce qu'on appelle le march&#233;. Et ce dernier fonctionnera d'autant mieux que la confrontation sera large et transparente. D'o&#249; la notion de march&#233; organis&#233; (ce qu'on appelle Bourse) ; sachant que dans de nombreux cas le march&#233; reste imparfait, voire purement bilat&#233;ral. Une institution, la monnaie, permet en outre de disposer d'un instrument universel &#224; la fois d'&#233;change et de calcul, puisqu'on peut ainsi comparer toutes les opportunit&#233;s possibles. Naturellement ceci vaut aussi pour les biens de production et en particulier pour le capital ; dans ce cas, le calcul porte sur le flux de biens futurs qu'on esp&#232;re tirer du fait qu'on a mis &#224; la disposition d'un autre une somme d'argent qu'on n'utilise pas soi-m&#234;me directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi sert alors la finance ? Elle affecte de l'argent disponible qui n'est pas consomm&#233; et qui est donc &#233;pargn&#233; (ou mobilis&#233; d'office, comme l'imp&#244;t) &#224; des usages possibles, notamment des investissements, occasionnellement &#224; une consommation anticip&#233;e. Du point de vue de l'investisseur, elle arbitre alors entre les investissements possibles, les diff&#233;rents projets en lice. Face &#224; cette diversit&#233;, il s'agit de choisir et de financer ceux qui pr&#233;sentent le meilleur r&#233;sultat (au sens large, multicrit&#232;res, et notamment au sens financier : un retour sous forme mon&#233;taire) pour un certain risque qu'on accepte d'assumer. Il n'est en effet pas question de n'assumer aucun risque, car le retour de l'argent (remboursement avec int&#233;r&#234;ts, profits, revente etc.) se situe dans l'avenir et la capacit&#233; de la contrepartie ou du projet &#224; tenir son engagement ou ses promesses n'est pas garantie. Les projets les plus profitables sont d'ailleurs normalement plus risqu&#233;s ; sinon ils auraient &#233;t&#233; arbitr&#233;s : l'afflux d'argent aurait fait monter le prix d'entr&#233;e et d&#232;s lors r&#233;duit leur rentabilit&#233;. Refuser l'id&#233;e du risque, c'est on l'a dit la certitude de l'immobilisme et donc en d&#233;finitive un risque plus important encore, puisqu'on cesse alors de pr&#233;parer l'avenir. Mais il ne s'agit pas non plus de jouer &#224; la roulette : l'investissement responsable est d'abord un inversement soigneusement &#233;tudi&#233; et soupes&#233;. Les choix varient ensuite selon la mission qu'a chacun, c'est-&#224;-dire le type d'argent qu'il est charg&#233; de g&#233;rer et les engagements qu'il a pris, ou ses devoirs : celui qui devra utiliser tr&#232;s vite l'argent prendra &#233;videmment moins de risques et n'immobilisera pas cet argent. Le march&#233; financier est un outil aidant ou souvent permettant seul ce choix, par la possibilit&#233; qu'il offre de confrontation syst&#233;matique des projets en concurrence, et d'arbitrage entre les diff&#233;rentes options. Mais ce n'est ni un passage oblig&#233;, ni une r&#233;f&#233;rence obligatoire, ni bien s&#251;r une panac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Analyse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;tendrai pas ici sur les limites bien connues ou non de ce syst&#232;me ou de ces m&#233;canismes, mais sur leur signification pour notre propos. Ce qui caract&#233;rise cette pratique collective en regard de la question du temps, c'est d'abord le chiffrage ; on ne saisit les biens &#233;chang&#233;s que sous un angle, qui est leur chiffrage mon&#233;taire. En outre, dans le cas de la finance, comme il s'agit de biens de production (actions) ou de cr&#233;ances sur l'avenir (dette) il s'agit toujours d'&#233;v&#233;nements futurs, au moins en partie al&#233;atoires. Le prix d'une action est en fait un essai d'&#233;valuation chiffr&#233;e synth&#233;tique de la valeur qu'a pour nous maintenant d'un flux al&#233;atoire d'argent futur. En outre, ce prix est d&#233;fini par comp&#233;tition entre les &#233;valuations en pr&#233;sence ; si la demande des autres est forte (s'ils sont optimistes sur la valeur actuelle de ce flux futur) ils payeront plus cher le titre et donc cela me contraindra moi dans mes d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons donc ici de fa&#231;on tr&#232;s sch&#233;matis&#233; (du fait de la r&#233;duction qu'implique la limitation &#224; la perspective mon&#233;taire) les deux temps A et B de McTaggart. D'un c&#244;t&#233;, mon &#233;valuation prend comme r&#233;f&#233;rence le temps B lin&#233;aire : elle tente d'&#233;valuer un flux futur de ressources &#233;tal&#233; selon cette &#233;chelle de temps. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, elle le ram&#232;ne au pr&#233;sent (temps A) en synth&#233;tisant cet ensemble futur dans un seul chiffre qui seul sera imm&#233;diatement op&#233;rationnel : c'est le prix que j'aurai &#224; payer (si je suis acheteur) ou que je recevrai (si je suis vendeur). En m&#234;me temps, cela comporte &#224; la fois un coefficient d'incertitude (lui-m&#234;me fluctuant), et ce qu'on appelle un coefficient d'actualisation, c'est-&#224;-dire une &#233;valuation de la valeur actuelle d'un argent futur corrig&#233;e par le seul fait qu'il est futur ; comme on suppose chez les acteurs une pr&#233;f&#233;rence pour le pr&#233;sent, cet argent futur vaut moins aujourd'hui qu'il ne vaudra alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on attendre d'un tel march&#233; ? Une attitude prudente est celle du pragmatisme : on y voit simplement la confrontation &#224; un moment donn&#233; d'un ensemble d'ordres d'achats et de ventes, offrant le plus large choix aux uns et aux autres. Mais la th&#233;orie financi&#232;re a vu cela de fa&#231;on beaucoup plus ambitieuse, &#224; travers sa th&#233;orie des march&#233;s efficients. Selon cette conception, dominante en finance au moins jusqu'&#224; la crise de 2009, le march&#233; permet de la fa&#231;on la plus efficace qui soit la confrontation de l'ensemble des informations disponibles &#224; un moment donn&#233; et donne donc de fa&#231;on synth&#233;tique la meilleure image possible de l'avenir. Cela implique que ce r&#233;sultat puisse avoir valeur de guidage pour l'action : toute d&#233;cision en mati&#232;re &#233;conomique doit alors en bonne logique prendre comme &#233;talonnage cet ensemble de valorisations. Et en particulier il n'est plus besoin de r&#233;fl&#233;chir en termes de responsabilit&#233;, encore moins envers le long terme : tout est synth&#233;tis&#233; dans le prix. Lequel fait en revanche l'impasse sur les valeurs et priorit&#233;s non mon&#233;taires, suppos&#233;es relever du seul choix priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit donc, le march&#233;, bien au-del&#224; de son r&#244;le pratique et l&#233;gitime, prend alors une fonction d&#233;miurgique : non seulement il est suppos&#233; produire un crit&#232;re universel, mais c'est un crit&#232;re chiffr&#233;, op&#233;rationnel, afin d'int&#233;grer l'avenir dans notre pr&#233;sent. Nous soup&#231;onnons alors que la fonction d'int&#233;gration des deux facettes du temps, qui n'est en soi possible que dans l'Eternit&#233; de Dieu, est dans une certaine mesure revendiqu&#233;e ainsi par une autre r&#233;alit&#233; : l'argent. Rappelons ici les tr&#232;s dures paroles de l'Evangile sur le fait qu'on ne peut pas servir deux ma&#238;tres : Dieu et l'argent. Ces deux termes sont donc de ce fait pos&#233;s en alternative. Or l'argent rappelons-le est comme Simmel l'a bien montr&#233; le moyen synth&#233;tique d'&#233;valuer et de se procurer de fa&#231;on humainement neutre l'ensemble des biens mat&#233;riels possibles (ou des services trait&#233;s comme des biens mat&#233;riels). Dans la conception &#233;conomique ambiante, l'utilisation de l'argent d&#233;pend des seules pr&#233;f&#233;rences de chacun, dont on n'examine pas le bien-fond&#233; ou la moralit&#233;. L'argent est donc en un sens le signe synth&#233;tique, pratiquement utilisable, de tout ce que nous pouvons nous procurer sur le march&#233; sans faire appel &#224; quoi que ce soit d'autre, valeur morale, amiti&#233;, liens humains etc. On le voit : en un sens, le march&#233; ainsi &#233;lev&#233; au r&#244;le de d&#233;miurge &#233;tend le r&#244;le synth&#233;tique de l'argent &#224; la synth&#232;se du temps, et en fait le miroir inverse de l'Eternit&#233;. On comprend alors la v&#233;h&#233;mence de ceux qui d&#233;noncent la financiarisation de la soci&#233;t&#233; : cela revient &#224; d&#233;noncer une r&#233;duction dramatique de l'humain au nom d'un parti d&#233;miurgique prom&#233;th&#233;en qui ne vise rien de moins que la ma&#238;trise du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, comme on peut sen douter par mes autres &#233;crits, je ne pense pas que cela soit la finance comme telle qui soit &#224; condamner : on ne reproche pas &#224; un outil ce qu'en fait un artisan mal intentionn&#233;. Mais cela &#233;claire le positionnement r&#233;el de la prise de d&#233;cision. Si, contrairement &#224; la vision d&#233;miurgique et r&#233;ductrice que nous avons &#233;voqu&#233;e, on cherche &#224; situer le processus de d&#233;cision &#233;conomique, y compris financier, dans le contexte de la r&#233;alit&#233; avec toutes ses dimensions, on est conduit &#224; prendre en compte plusieurs choses. D'abord, le fait que le seul temps r&#233;el pour nous est le pr&#233;sent, mais qu'il va dispara&#238;tre l'instant d'apr&#232;s. Ensuite, que nous projetons notre d&#233;cision sur un futur qui n'existe pas &#224; ce stade mais qui existera et envers lequel notre responsabilit&#233; est engag&#233;e, mais que nous ne pouvons pas conna&#238;tre d'un vrai savoir, car nous faisons seulement des hypoth&#232;ses. Enfin, que ces d&#233;cisions que nous prenons au fond sans bien savoir, malgr&#233; le soin que nous y mettons, sont tout sauf anecdotiques ou fugitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, bien s&#251;r, parce que leur cumul constitue notre avenir collectif, ce qui est d&#233;j&#224; une responsabilit&#233; majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ensuite aussi pour une raison plus profonde. Car si l'ensemble prend son sens dans l'Eternit&#233; de Dieu, chacune de ces d&#233;cisions est en un sens &#233;ternellement pr&#233;sente ; elle a donc sa valeur en elle-m&#234;me comme acte pos&#233; un jour par un &#234;tre humain ; et elle s'inscrit dans une tapisserie que nous verrons un jour, mais que Dieu voit &#8216;d&#233;j&#224;' si on peut dire (hors du temps), et &#224; laquelle Lui-m&#234;me travaille activement par ce qu'on appelle la Providence. Appara&#238;t alors ce qui fait la valeur essentielle de cet acte, de cette d&#233;cision quelle qu'elle soit : ins&#233;r&#233;e certes dans le temps du pr&#233;sent et orient&#233;e vers l'avenir, elle n'a vraiment tout son sens que sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; notre d&#233;cision financi&#232;re. Elle va prendre dans ce contexte un relief tout &#224; fait diff&#233;rent. Je serai toujours (de tout temps) cette personne qui ayant de l'argent &#224; placer, pos&#233;e dans son pr&#233;sent et apportant sa pierre &#224; une histoire qu'elle devine en construction, se pose des questions sur l'utilisation optimale de cet argent. Mais ma d&#233;cision se prendra autrement. Non seulement je ne m'illusionnerai pas sur le pouvoir pr&#233;dictif des march&#233;s, ou ma connaissance de l'avenir, mais je prendrai ma d&#233;cision en tentant d'ins&#233;rer mon acte dans l'ensemble de ce que Dieu attend de moi dans sa Providence ; et cela commence par le souci de la soci&#233;t&#233; humaine, de ce qu'elle est aujourd'hui et de ce qu'elle sera demain, y compris en termes &#233;cologiques ou de g&#233;n&#233;rations futures. Non que j'ai &#224; prendre tout seul en charge, puisque je ne suis qu'un point mouvant du temps, mais l&#224; o&#249; je suis, je poserai mes actes, y compris financiers, &#224; cette lumi&#232;re ; j'int&#233;grerai ces actes dans l'ensemble de mes responsabilit&#233;s envers Dieu et envers les hommes. Sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#034;OEconomicae et pecuniariae quaestiones&#034; : &#233;dition pr&#233;fac&#233;e</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/OEconomicae-et-pecuniariae-quaestiones-edition-prefacee.html</link>
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		<dc:date>2018-06-10T13:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Morale et finance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le texte majeur du Vatican sur la finance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edition du texte par Art&#232;ge avec ma pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Morale-et-finance-+.html" rel="tag"&gt;Morale et finance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte est &#233;dit&#233; par Art&#232;ge, avec ma pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine sociale de l'&#201;glise est une boussole pour le chr&#233;tien engag&#233; dans la vie du monde. March&#233;s boursiers, flux financiers, endettement, mondialisation ... autant de probl&#233;matiques qui semblent bouleverser le monde du travail et de l'entreprise et soulever des questions &#233;thiques nouvelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte de la Congr&#233;gation pour la Doctrine de la Foi, sans d&#233;tours, avec &#233;quilibre, analyse ces r&#233;alit&#233;s et propose des solutions &#233;thiques afin que la dignit&#233; et le bien commun restent au coeur des pr&#233;occupations des acteurs de ce vaste domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant-propos de Pierre de Lauzun, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Association fran&#231;aise des march&#233;s financiers et essayiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editionsartege.fr/livre/fiche/sur-les-questions-economiques-et-financieres-9791033607755&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.editionsartege.fr/livre...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Catholiques et march&#233; financier</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Catholiques-et-marche-financier.html</link>
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		<dc:date>2016-11-06T09:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Les catholiques ne r&#233;fl&#233;chissent pas assez au d&#233;veloppement de cette masse critique qui peut peser sur les march&#233;s financiers &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview Le Rouge et le Noir&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Questions-financieres-.html" rel="directory"&gt;Religion , finance, argent&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les catholiques ne r&#233;fl&#233;chissent pas assez au d&#233;veloppement de cette masse critique qui peut peser sur les march&#233;s financiers &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview Le Rouge et le Noir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lerougeetlenoir.org/opinions/les-inquisitoriales/pierre-de-lauzun-les-catholiques-ne-reflechissent-pas-assez-au-developpement-de-cette-masse-critique-qui-peut-peser-sur-les-marches-financiers&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lerougeetlenoir.org/opin...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le temps, la finance et l'&#233;ternit&#233;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-temps-la-finance-et-l-eternite.html</link>
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		<dc:date>2015-06-10T13:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Relativisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ins&#233;r&#233; dans le flux du temps, l'homme se trouve en permanence confront&#233; &#224; l'&#233;nigme de l'incertitude sur l'avenir, et &#224; la n&#233;cessit&#233; cependant de prendre des d&#233;cisions. Ce qui l'inscrit dans le temps et son &#233;nigme. Le futur est pour nous inconnu, en fait n'existe pas encore, et c'est cependant en fonction de lui que nous d&#233;cidons aujourd'hui. Nous avons donc un besoin vital d'une r&#233;flexion philosophique, et m&#234;me spirituelle, sur le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;clairage vaut aussi pour la d&#233;cision financi&#232;re &#8211; c'en est m&#234;me un point d'application privil&#233;gi&#233;. Ce n'est bien s&#251;r pas pour suivre la th&#233;orie financi&#232;re dominante, convaincue de l'efficience absolue des march&#233;s, dans son illusion &#233;trange de maitriser le futur et d'incarner la rationalit&#233;. Mais c'est bien plut&#244;t par l'inscription de tout instant de notre vie, de toute d&#233;cision, y compris financi&#232;re, dans la perspective de cette construction &#224; valeur &#233;ternelle qu'est notre destin&#233;e, et notre histoire au fil du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Philosophie-.html" rel="directory"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relativisme-+.html" rel="tag"&gt;Relativisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps, la finance et l'&#233;ternit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ins&#233;r&#233; dans le flux du temps, l'homme se trouve en permanence confront&#233; &#224; l'&#233;nigme de l'incertitude sur l'avenir, et &#224; la n&#233;cessit&#233; cependant de prendre des d&#233;cisions. Parler de d&#233;cision implique l'avenir, qui n'existe pas encore, et nous inscrit donc imm&#233;diatement dans le temps. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;clairage donn&#233; par une r&#233;flexion philosophique et m&#234;me spirituelle sur le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arri&#232;re-plan philosophique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose pour moi de fa&#231;on abrupte : le temps ne prend son sens que par rapport &#224; l'&#233;ternit&#233;. Le philosophe anglais McTaggart avait pos&#233; comme suit le dilemme qui s'offre &#224; la pens&#233;e rationnelle, entre deux conceptions irr&#233;ductibles du temps : le temps v&#233;cu du moment, seul r&#233;el pour nous, mais isol&#233; entre un pass&#233; r&#233;volu et un avenir non pr&#233;sent ; et le temps lin&#233;aire de la datation, objectif mais impersonnel. A un extr&#234;me, on a le temps subjectif, l'imm&#233;diatet&#233; du pr&#233;sent, ind&#233;niablement seule r&#233;alit&#233; v&#233;cue directement par nous, donc en un sens la seule r&#233;elle - mais fuyant &#224; chaque instant, entre un pass&#233; d&#233;sormais insaisissable et un futur encore irr&#233;el (&#8216;temps A'). A l'autre bout, on a le temps objectif : une &#233;chelle de mesure, o&#249; pass&#233;, pr&#233;sent et futur sont sur un m&#234;me plan : la seule scientifique, mais dont les donn&#233;es de base, pass&#233; et futur, n'existent pas aujourd'hui (&#8216;temps B'). Les penseurs anglo-saxons d&#233;battent de savoir laquelle est la bonne, celle qui d&#233;crit vraiment la r&#233;alit&#233;. Or ces deux conceptions sont incompatibles et irr&#233;conciliables si on les prend telles quelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon sens ce dilemme ne peut &#234;tre lev&#233; qu'en acceptant un autre regard, hors du temps, celui de l'&#233;ternit&#233; : Dieu. Dans la conception classique, thomiste, l'&#233;ternit&#233; est hors du temps en cela qu'elle ne lui est pas soumise : elle le transcende et l'englobe tout entier. Hors du temps, elle voit et saisit l'ensemble du temps : donc toute l'&#233;chelle du temps B, ordonn&#233;e selon sa place dans la succession, pass&#233; et futur compris. Mais elle le voit et saisit avec la r&#233;alit&#233; de notre pr&#233;sent, du temps A. Et donc les deux dimensions sont saisies ensemble et int&#233;gr&#233;es dans une vision globale. Pour qui reconna&#238;t l'existence de Dieu, la question du temps est donc tr&#232;s diff&#233;rente de ce qu'elle est pour qui la refuse. Il dispose d'un regard, m&#234;me lointain et imparfait, sur cet arri&#232;re-plan immense qui donne sa profondeur au temps. Un tel parti choque bien des esprits modernes, qui refusent a priori l'id&#233;e d'&#233;ternit&#233;, et celle de Dieu. Mais pour celui qui, de fa&#231;on rationnelle, reconna&#238;t l'&#233;ternit&#233; de Dieu, il en est diff&#233;remment. Sa r&#233;flexion int&#232;gre ce qu'il sait &#234;tre une r&#233;alit&#233; essentielle : l'existence, &#224; la source de notre monde, d'un Esprit infini, &#233;chappant au temps dont Il est le cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre cet Esprit &#233;ternel a un dessein sur nous ; sa premi&#232;re expression est notre existence m&#234;me et son d&#233;roulement dans le temps, dont il voit et le d&#233;but et la fin et l'instant pr&#233;sent. Ce qui est pour moi l'imm&#233;diat du pr&#233;sent l'est aussi pour Lui. Mais mon futur (et mon pass&#233;) est tout aussi imm&#233;diat pour lui. Il sait donc ce que je vais devenir, les cons&#233;quences de mes actes ; mieux : Il les voit. Sur cette base s'&#233;claire l'&#233;nigme de notre destin&#233;e, de notre histoire. Certes elle est impr&#233;visible pour nous, qui vivons dans notre pr&#233;sent fugitif, munis de notre libert&#233;, d'autant que la libert&#233; des autres la rend encore plus radicalement impr&#233;visible. Ce qui d'ailleurs invalide toute pr&#233;tention de toute forme de sciences humaines &#224; la pr&#233;vision (certaine). Mais cette destin&#233;e est connue de Dieu dans sa totalit&#233; ; en outre, Il l'ordonne &#224; un but : l'offre qu'Il nous fait d'un Bien supr&#234;me, qui lui donne son sens, et qui se construit dans le temps par nos actes. Notre temporalit&#233; est donc (pour nous) l'espace de d&#233;ploiement de notre personnalit&#233; en devenir, o&#249; en un sens nous ignorons qui nous sommes, car nous ignorons qui nous serons demain &#8211; mais o&#249; en m&#234;me temps nous sommes plac&#233;s sous le regard aimant de l'&#233;ternit&#233; divine, qui seule nous conna&#238;t dans notre visage &#233;ternel, nous accompagne, nous oriente, et nous redonne sans cesse nos chances jusqu'au terme de notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas de la d&#233;cision financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision d'ensemble (que j'ai d&#233;velopp&#233;e dans Temps Histoire Eternit&#233;) peut nous donner un &#233;clairage concret, y compris dans des champs apparemment tr&#232;s &#233;loign&#233;es des perspectives philosophiques ou religieuses : les questions d'argent, la finance. Voyons comment. Quand des biens ou des services sont dans le champ de d&#233;cision de quelqu'un, qu'il n'utilise pas lui-m&#234;me, il les propose &#224; des personnes ou entit&#233;s qu'il ne contr&#244;le pas. Soit sans attente d'un retour stipul&#233; &#224; l'avance : c'est le don ; soit dans l'attente d'un retour pr&#233;cis : c'est ce qu'on appelle une transaction. Dans ce dernier cas, notre agent cherchera les opportunit&#233;s &#224; sa port&#233;e, pour d&#233;cider cas par cas avec chaque contrepartie qu'est-ce qui est &#233;chang&#233; contre quoi. Economiquement, il aura int&#233;r&#234;t &#224; &#233;largir le plus possible le champ consid&#233;r&#233;, et &#224; &#234;tre libre des modalit&#233;s de la transaction. On reconna&#238;t l&#224; ce qu'on appelle le march&#233;, qui fonctionnera d'autant mieux que la confrontation sera large et transparente. D'o&#249; la notion de march&#233; organis&#233; (qu'on appelle Bourse) ; sachant que dans de nombreux cas le march&#233; reste imparfait. Une institution, la monnaie, permet en outre de disposer d'un instrument universel d'&#233;change et de calcul, puisqu'on peut ainsi comparer toutes les opportunit&#233;s possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci vaut aussi pour les biens de production, et en particulier pour le capital ; dans ce cas, le calcul porte sur le flux de biens futurs qu'on esp&#232;re tirer du fait qu'on a mis &#224; la disposition d'un autre une somme d'argent qu'on n'utilise pas soi-m&#234;me. Ce qu'on appelle finance affecte alors cet argent &#233;pargn&#233; &#224; des usages possibles, des investissements, ou une consommation anticip&#233;e. Du point de vue de l'investisseur, elle arbitre donc entre les investissements possibles, les diff&#233;rents projets en lice. Elle choisit de financer ceux qui pr&#233;sentent le meilleur r&#233;sultat (au sens large) pour un certain risque qu'on accepte d'assumer. Il n'est en effet pas question de n'assumer aucun risque, car le retour de l'argent (remboursement avec int&#233;r&#234;ts, profits, revente etc.) se situe dans l'avenir et la capacit&#233; de la contrepartie ou du projet &#224; tenir son engagement ou ses promesses n'est pas garantie. Les projets les plus profitables sont d'ailleurs normalement plus risqu&#233;s ; sinon ils auraient &#233;t&#233; arbitr&#233;s : l'afflux d'argent aurait fait monter le prix d'entr&#233;e et d&#232;s lors r&#233;duit leur rentabilit&#233;. Mais refuser l'id&#233;e du risque, c'est on l'a dit la certitude de l'immobilisme et donc en d&#233;finitive un risque plus important encore, puisqu'on cesse alors de pr&#233;parer l'avenir. Il ne s'agit pas non plus de jouer &#224; la roulette : l'investissement responsable est d'abord un inversement soigneusement &#233;tudi&#233; et soupes&#233;. La finance a donc essentiellement &#224; voir avec l'avenir, et avec un avenir &#224; risque. Mais la d&#233;cision se prend au pr&#233;sent. Le march&#233; financier est un outil aidant ou souvent permettant seul ce choix, par la possibilit&#233; qu'il offre de confrontation syst&#233;matique des projets en concurrence. M&#234;me si ce n'est ni un passage oblig&#233;, ni bien s&#251;r une panac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;tendrai pas ici sur les limites bien connues ou non de ce syst&#232;me ou de ces m&#233;canismes, mais sur leur signification pour notre propos. Ce qui caract&#233;rise cette pratique collective en regard de la question du temps, c'est d'abord le chiffrage ; on ne saisit les biens &#233;chang&#233;s que sous un angle, qui est leur chiffrage mon&#233;taire. En outre, dans le cas de la finance, comme il s'agit de biens de production (actions) ou de cr&#233;ances sur l'avenir (dette) il s'agit toujours d'&#233;v&#233;nements futurs, au moins en partie al&#233;atoires. Le prix d'une action est au fond un essai d'&#233;valuation chiffr&#233;e synth&#233;tique de la valeur pour nous maintenant d'un flux futur al&#233;atoire d'argent futur. En outre ce prix est d&#233;fini par comp&#233;tition entre les &#233;valuations en pr&#233;sence ; si la demande des autres est forte (s'ils sont optimistes sur la valeur actuelle de ce flux futur) ils payeront plus cher le titre et donc cela me contraindra moi dans mes d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons donc ici de fa&#231;on tr&#232;s sch&#233;matis&#233;e, et r&#233;duite &#224; une seule dimension du fait de la limitation &#224; la perspective mon&#233;taire, les deux temps A et B de McTaggart. D'un c&#244;t&#233;, mon &#233;valuation prend comme r&#233;f&#233;rence le temps B lin&#233;aire : elle tente d'&#233;valuer un flux futur de ressources &#233;tal&#233;e selon cette &#233;chelle de temps (un temps qui n'existe pas encore). Mais d'un autre c&#244;t&#233; elle le ram&#232;ne au pr&#233;sent (temps A) en synth&#233;tisant cet ensemble futur dans un chiffre qui seul sera imm&#233;diatement op&#233;rationnel : c'est le prix que j'aurai &#224; payer (si je suis acheteur) ou que je recevrai (si je suis vendeur). Et cette synth&#232;se se fait par confrontation de toutes les opinions disponibles (et pr&#233;f&#233;rences) &#224; l'&#233;gard de ce futur. En m&#234;me temps cela comporte ce qu'on appelle un coefficient d'actualisation, c'est-&#224;-dire une &#233;valuation de la valeur actuelle d'un argent futur par le seul fait qu'il est futur ; comme on suppose chez les acteurs une pr&#233;f&#233;rence pour le pr&#233;sent, cet argent futur vaut en g&#233;n&#233;ral moins aujourd'hui qu'il ne vaudra alors.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tentation du d&#233;miurge : Mammon dieu de l'argent&lt;br class='autobr' /&gt;
Que peut-on attendre d'un tel march&#233; ? On peut rester pragmatiste et n'y voir que la confrontation &#224; un moment donn&#233; d'un ensemble d'ordres d'achats et de ventes, offrant le plus large choix aux uns et aux autres. C'est l'attitude la plus raisonnable. Mais la th&#233;orie financi&#232;re a &#233;t&#233; beaucoup plus ambitieuse, &#224; travers sa th&#233;orie des march&#233;s efficients. Selon cette conception, dominante en finance jusqu'&#224; la crise et encore largement depuis, le march&#233; confronte de la fa&#231;on la plus efficace l'ensemble des informations disponibles &#224; un moment donn&#233; et donne donc de fa&#231;on synth&#233;tique la meilleure image possible de l'avenir. D&#232;s lors ce r&#233;sultat peut et doit avoir valeur de guidage pour l'action et toute d&#233;cision en mati&#232;re &#233;conomique doit en bonne logique prendre comme &#233;talon ces valorisations. Toute la comptabilit&#233; en r&#233;sulte alors, tout le calcul financier et toute prise de d&#233;cision. Et en particulier il n'est plus besoin de r&#233;fl&#233;chir en termes de responsabilit&#233;, encore moins de long terme : tout est synth&#233;tis&#233; dans le prix. Lequel fait en revanche l'impasse sur les valeurs et priorit&#233;s non mon&#233;taires, suppos&#233;es relever du seul choix priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, le march&#233; ainsi con&#231;u, bien au-del&#224; de son r&#244;le pratique, prend alors une fonction d&#233;miurgique : non seulement c'est un crit&#232;re universel, mais c'est un crit&#232;re chiffr&#233;, op&#233;rationnel pour int&#233;grer l'avenir dans notre pr&#233;sent. Nous soup&#231;onnons alors que la fonction d'int&#233;gration des deux facettes A et B du temps, qui n'est en soi possible que dans l'Eternit&#233; de Dieu, est dans une certaine mesure revendiqu&#233;e ainsi par une autre r&#233;alit&#233; : l'argent. Rappelons ici les tr&#232;s dures paroles de l'Evangile sur le fait qu'on ne peut pas servir deux ma&#238;tres : Dieu et l'argent : cela implique de poser ces deux termes en alternative. De fait, rappelons-le, et comme son grand th&#233;oricien Georg Simmel l'a bien montr&#233;, l'argent est le moyen synth&#233;tique d'&#233;valuer et de se procurer, de fa&#231;on humainement suppos&#233;e neutre, l'ensemble des biens mat&#233;riels possibles (ou des services trait&#233;s comme des biens mat&#233;riels). Dans la conception &#233;conomique ambiante, l'utilisation de l'argent d&#233;pend des seules pr&#233;f&#233;rences de chacun, dont on n'examine pas le bien-fond&#233; ou la moralit&#233;. L'argent est donc le signe synth&#233;tique, pratiquement utilisable, de tout ce que nous pouvons nous procurer sur le march&#233; sans faire appel &#224; quoi que ce soit d'autre, valeur morale, amiti&#233;, liens humains etc. On le voit alors : en un sens, le march&#233; ainsi &#233;lev&#233; au r&#244;le de d&#233;miurge &#233;tend le r&#244;le synth&#233;tique de l'argent &#224; la synth&#232;se du temps, et en fait le miroir inverse de l'Eternit&#233;. On comprend alors la v&#233;h&#233;mence de ceux qui d&#233;noncent la financiarisation de la soci&#233;t&#233; : cela revient &#224; d&#233;noncer une r&#233;duction dramatique de l'humain au nom d'un parti d&#233;miurgique prom&#233;th&#233;en, qui ne vise rien de moins que la ma&#238;trise du temps. Ambition d&#233;mentielle s'il en est, mais logique dans la perspective de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en m&#234;me temps manifeste de ce qui pr&#233;c&#232;de que ce n'est pas la finance comme telle qui p&#232;che : on ne reproche pas &#224; un outil ce qu'en fait un artisan mal intentionn&#233;. Le march&#233; financier, ramen&#233; &#224; de justes proportions, a un r&#244;le pratique : il permet &#224; l'argent &#233;pargn&#233; de s'investir ou de se red&#233;ployer, et d'op&#233;rer une confrontation indispensable. L&#224; n'est pas la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous int&#233;resse est d'&#233;clairer le positionnement r&#233;el de la prise de d&#233;cision, si, contrairement &#224; la vision d&#233;miurgique et r&#233;ductrice que nous avons &#233;voqu&#233;e, on cherche &#224; situer le processus de d&#233;cision &#233;conomique et financier dans le contexte de la r&#233;alit&#233;, avec toutes ces dimensions. On rappellera d'abord le fait que le seul temps r&#233;el pour nous est le pr&#233;sent, mais qu'il va dispara&#238;tre l'instant d'apr&#232;s. Ensuite que nous projetons notre d&#233;cision sur un futur qui n'existe pas &#224; ce stade, mais qui existera, envers lequel notre responsabilit&#233; est engag&#233;e, mais que nous ne pouvons conna&#238;tre d'un vrai savoir, car nous faisons seulement des hypoth&#232;ses. Enfin que ces d&#233;cisions que nous prenons au fond sans bien savoir, malgr&#233; le soin que nous y mettons, sont tout sauf anecdotiques ou fugitives. D'abord parce que leur cumul constitue notre avenir collectif : &#224; soi seul cela justifierait que nous y mettions le plus grand soin. Y compris si nous ne sommes pas croyants. Ensuite, pour celui qui reconna&#238;t l'existence de Dieu, et de l'Eternit&#233;, pour une raison plus profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si l'ensemble de ce qui a &#233;t&#233;, est et sera, comme de ce qui est v&#233;cu &#224; chaque instant, prend son sens dans l'Eternit&#233; de Dieu, chacune de ces d&#233;cisions est en un sens &#233;ternellement pr&#233;sente. Elle a donc sa valeur en elle-m&#234;me, absolue &#224; sa fa&#231;on, comme acte pos&#233; un jour par un &#234;tre humain, mais vu &#233;ternellement par Dieu. Et donc elle s'inscrit dans une tapisserie que nous verrons un jour, mais que Dieu voit &#8216;d&#233;j&#224;' si on peut dire, et &#224; laquelle Lui-m&#234;me travaille activement par ce qu'on appelle la Providence. Appara&#238;t alors ce qui fait la valeur essentielle de tout acte, de toute d&#233;cision quelle qu'elle soit : ins&#233;r&#233;e certes dans le temps du pr&#233;sent et orient&#233;e vers l'avenir, elle n'a vraiment tout son sens que sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons alors &#224; notre d&#233;cision financi&#232;re. Elle prend dans ce contexte un relief tout &#224; fait diff&#233;rent. Je serai pour toujours cette personne qui ayant aujourd'hui de l'argent &#224; placer, pos&#233;e dans son pr&#233;sent et apportant sa pierre &#224; une histoire qu'elle devine en construction, se pose des questions sur l'utilisation optimale de cet argent. Mais d&#232;s lors ma d&#233;cision se prendra autrement que ne le serait la d&#233;cision de l'incroyant. Non seulement je ne m'illusionnerai pas sur le pouvoir pr&#233;dictif des march&#233;s, ou sur ma connaissance de l'avenir, mais je prendrai ma d&#233;cision en tentant d'ins&#233;rer mon acte dans la perspective de ce que Dieu attend de moi dans sa Providence ; cela commence par le souci de la soci&#233;t&#233; humaine, de ce qu'elle est aujourd'hui et de ce qu'elle sera demain - y compris en termes &#233;cologiques ou de g&#233;n&#233;rations futures. Non que j'ai &#224; les prendre tout seul en charge, &#233;videmment, puisque je ne suis qu'un point mouvant du temps parmi des millions d'autres. Mais l&#224; o&#249; je suis, je poserai mes actes, y compris financiers, &#224; cette lumi&#232;re et j'int&#233;grerai ces actes dans l'ensemble de mes responsabilit&#233;s envers Dieu et envers les hommes, avec vocation &#224; l'&#233;ternit&#233;. Ce qui leur donne une toute autre signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur la base d'une conf&#233;rence donn&#233;e &#224; l'Ecole des Mines le 2 juin 2015.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La finance peut-elle &#234;tre au service de l'homme ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-finance-peut-elle-etre-au-service-de-l-homme-351.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-finance-peut-elle-etre-au-service-de-l-homme-351.html</guid>
		<dc:date>2015-05-29T14:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Morale et finance</dc:subject>
		<dc:subject>Responsabilit&#233; sociale du propri&#233;taire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La finance peut-elle &#234;tre au service de l'homme ? Les cyniques diront que, si cela arrive, c'est involontairement. L'image de la finance est celle d'organismes froids, uniquement motiv&#233;s par le gain. La crise de 2008 a jet&#233; un coup de projecteur violent sur des pratiques contestables et collectivement nuisibles. Est-ce l&#224; toute la r&#233;alit&#233; de la finance ? Est-ce une fatalit&#233; ? La finance a un r&#244;le central dans nos &#233;conomies. Une finance au service de l'homme, et non pas centr&#233;e sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/finace_service_homme.jpg?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='86' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editionsddb.fr/product/89901/la-finance-peut-elle-etre-au-service-de-l-homme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.editionsddb.fr/product/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance peut-elle &#234;tre au service de l'homme ? Les cyniques diront que, si cela arrive, c'est involontairement. L'image de la finance est celle d'organismes froids, uniquement motiv&#233;s par le gain. La crise de 2008 a jet&#233; un coup de projecteur violent sur des pratiques contestables et collectivement nuisibles. Est-ce l&#224; toute la r&#233;alit&#233; de la finance ? Est-ce une fatalit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La finance a un r&#244;le central dans nos &#233;conomies. Une finance au service de l'homme, et non pas centr&#233;e sur elle-m&#234;me, serait &#233;videmment un id&#233;al. Peut-on cependant avoir une finance orient&#233;e dans le bon sens sans se r&#233;f&#233;rer aux valeurs qui animent une soci&#233;t&#233; ? Et que signifie &#234;tre au service de l'homme, sinon avoir une conception d&#233;finie du bien, et donc une forme de morale ou d'&#233;thique ? Ethique et finance : c'est par l&#224; qu'il faut commencer l'examen. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour examiner la question de la fa&#231;on la plus concr&#232;te possible, l'auteur aborde aussi la question de la banque et des march&#233;s financiers, sans oublier la finance publique, et m&#234;me le r&#244;le du don.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrage indispensable pour comprendre l'articulation de la r&#233;gulation des march&#233;s et de l'&#233;thique personnelle et une claire d&#233;monstration des conditions indispensables pour pr&#233;tendre &#224; la possibilit&#233; d'une finance au service de l'homme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mettre les march&#233;s financiers au service du Bien commun </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Mettre-les-marches-financiers-au-service-du-Bien-commun.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Mettre-les-marches-financiers-au-service-du-Bien-commun.html</guid>
		<dc:date>2013-06-16T13:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Question urgente &#233;videmment. Comment mettre les march&#233;s financiers plus au service du Bien commun ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai abord&#233; ce sujet sous forme de questions dans une intervention au colloque organis&#233; par le Conseil pontifical Justice et Paix le 13 mai 2013 sur Banque, Finance et Bien commun. Dans la perspective de la Doctrine sociale de l'Eglise, qui se r&#233;v&#232;le une fois de plus bien &#233;clairante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte de l'intervention&#8230; (Attention il est en anglais).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Finance-12-.html" rel="directory"&gt;Finance et monnaie &lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;FINANCIAL MARKETS SERVING THE COMMON GOOD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A Christian perspective&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In an economy built around the human person, decisions should be made responsibly by those persons, with in view the common good. The economic interaction of persons is what is called a market. The market is therefore a form of expression of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In this respect Pope Benedict XVI made a very important statement for our purpose. We find in Caritas in veritate N&#176; 36 : &#171; The Church has always held that economic action is not to be regarded as something opposed to society. In and of itself, the market is not, and must not become, the place where the strong subdue the weak. Society does not have to protect itself from the market, as if the development of the latter were ipso facto to entail the death of authentically human relations. Admittedly, the market can be a negative force, not because it is so by nature, but because a certain ideology can make it so. It must be remembered that the market does not exist in the pure state. It is shaped by the cultural configurations which define it and give it direction. Economy and finance, as instruments, can be used badly when those at the helm are motivated by purely selfish ends. Instruments that are good in themselves can thereby be transformed into harmful ones. But it is man's darkened reason that produces these consequences, not the instrument per se. Therefore it is not the instrument that must be called to account, but individuals, their moral conscience and their personal and social responsibility &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In particular, the role of financial markets is to confront bids and offers for capital investments, lending instruments and hedging of risks. As any human institution, in the light of the Social Teaching of the Church (STC) financial markets are to serve the Common good. Subsidiarity implies the autonomy of participants to the market, taking into account their duty towards the Common good ; and society is responsible for helping to insure the Common good by devising the appropriate framework.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In addition to giving the possibility of buying and selling in the framework of a global confrontation of bids and offers, a market gives a common reference to society, which is called a price. Reflecting the priorities and expectations of all participants to society, an open and fair market produce a just price, provided the organisation of the market is satisfactory and the priorities of participants are reasonably well-oriented. Our predecessors the medieval Schoolmen, following the lead of saint Thomas Aquinas, had already contributed actively to the questions we raise here, starting with the just price.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Our aim here is not to define precise measures when there is no specific moral or ethical dimension to them, but to try and give orientations towards a better integration of financial markets in a social environment aiming at the Common Good. What has been said implies that two areas are to be considered : the organisation of markets and the priorities of participants. In this respect, the following questions should be raised (and others if useful).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Questions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Organisation and rules&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Do we endorse the view that markets being the expression of society should be as transparent, equal and open to all investors as is possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Do we think this implies giving a strong preference to organised markets (or to OTC markets delivering an equivalent result in this respect) ? If so, what should be the status of other OTC markets (limited role, higher prudential requirements) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	How can High Frequency Trading be coherent with this vision of the market ? Dark pools and other forms of hidden and non-participative markets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Shouldn't opaque and oligopolistic markets (like CDS markets) be deeply reformed ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	According to the preceding view (and the STC), markets would have to be regulated and organised.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Markets must be regulated and subject to appropriate surveillance. Who should have the responsibility to organise and monitor these markets ? Isn't subsidiarity going in favour of self-regulation by the industry, notably by codes and other rules, subject to official scrutiny and/or approval ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	The market being international, doesn't this imply some form of international authority at least on common references and major international markets (including of course commodities) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	What kind of infrastructure (exchanges, clearing and settlement platforms) do the markets need ? Who should own them ? Wouldn't subsidiarity be best respected by cooperative arrangements between participants under public scrutiny ? Aren't those platforms instruments of common good and shouldn't they centralise transactions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	In some cases, new financial products may have to be considered as detrimental to the integrity of the markets (and/or of investors) and, as we saw in 2007 the markets cannot immediately make an appropriate and timely valuation of these risks. Then :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Shouldn't there be an authorisation process for those products, if significant collectively &#8211; as is the case now for the issuance of stocks or bonds ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Shouldn't there be limits (or prohibition) to the use of hedging instruments where there is no asset to hedge (except in case of regulated market-making) ? Shouldn't it be in priority the case of CDSs and commodities derivatives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	Financial transaction tax&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Can such a tax work if not worldwide (an unlikely event) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Being a blunt and rough instrument, is taxation adapted to regulate markets ? Is not direct regulation a much more refined and adapted tool ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	If the financial sector must contribute more to financing public expenditure, aren't other fiscal bases much more simple and more adapted (e.g. taxes on profits, on risk-weighted assets etc.) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Priorities&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	The market being the interaction of people, its end result depends on the priorities of its participants. And so :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	What should be the priorities of investors, from a Common good perspective ? Does not that imply a variety of criteria, not limited or short term profit ? Shouldn't all investments be responsible or ethical investment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Is &#8216;ethical' in this respect limited to the criteria currently used to assess companies where to invest (environment, labour, governance) ? Shouldn't it be enriched (quality and utility of products, relationship to clients and investors, responsibility to the communities where a company is active etc.) ? Shouldn't Catholics be active proponents of instruments to achieve this aim (ratings, financial research etc.) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Governance of investment instruments is a vital priority.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Shouldn't for example pension funds be managed more explicitly in a long term perspective, taking into account some consideration of the Common good ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Shouldn't they therefore avoid benchmarks based on market indices (which are short term by nature) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Shouldn't Christians have specific initiatives here again ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. For all participants, buying and selling mean sending signals to the market, and so express a statement of value for which one is responsible. And then :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Aren't financial intermediaries (banks, brokers, insurance fund management etc.) at least morally responsible for their action on the markets (as they are or should be for their products) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	How to elaborate new sets of priorities by these actors in order to influence the broad market or at least to behave morally ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Shouldn't Christians have specific initiatives here again ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lune de miel entre les march&#233;s et la France ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Lune-de-miel-entre-les-marches-et-la-France.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Lune-de-miel-entre-les-marches-et-la-France.html</guid>
		<dc:date>2012-11-20T14:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En baisse constante dans les sondages, Fran&#231;ois Hollande est aujourd'hui attaqu&#233; de toute part &#8230; sauf par les march&#233;s financiers &#8211; ceux qu'il avait d&#233;sign&#233;s comme son ennemi. Quel paradoxe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France n'a jamais emprunt&#233; &#224; des taux aussi bas peut-&#234;tre de toute son histoire. La baisse de notation -Moody's maintenant - n'y change rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne nouvelle me direz-vous. Eh bien non. Car une situation aussi irrationnelle, en pleine crise de dette dans la zone euro, est n&#233;cessairement la traduction d'un dysfonctionnement grave, lourd de menaces &#224; terme. Y compris pour les finances publiques du fait du poids de la dette publique sur le budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachons profiter du r&#233;pit qui nous est ainsi offert, et rapidement : sur les march&#233;s comme en montagne, la m&#233;t&#233;o peut &#233;voluer tr&#232;s rapidement sans signe pr&#233;curseur, et la lune de miel devenir beaucoup, beaucoup moins romantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-publique-+.html" rel="tag"&gt;Dette publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En baisse constante dans les sondages, Fran&#231;ois Hollande est aujourd'hui attaqu&#233; de toute part &#8230; sauf par les march&#233;s financiers &#8211; ceux qu'il avait d&#233;sign&#233;s comme son ennemi. Quel paradoxe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-nous ces fortes paroles : &#171; Mon v&#233;ritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne pr&#233;sentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas &#233;lu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance &#187; (Fran&#231;ois Hollande le 22 janvier 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas rancunier pour deux sous ce &#171; monde de la finance &#187; ! Et m&#234;me tr&#232;s gentil avec le pays d&#233;sormais dirig&#233; par celui qui l'a d&#233;sign&#233; comme ennemi, puisqu'il lui pr&#234;te aux taux les plus bas de l'histoire. Environ 2,20 % &#224; 10 ans. Mieux, cet &#233;t&#233;, la France a emprunt&#233; &#224; 3 mois et &#224; 6 mois &#224; des taux n&#233;gatifs. Concr&#232;tement, une fois l'inflation prise en compte, cela signifie que les investisseurs acceptent au mieux de pr&#234;ter sans r&#233;mun&#233;ration, quand ils ne perdent pas de l'argent &#8230;et m&#234;me si les agences de notation nous font lentement glisser vers le bas, nous empruntons toujours moins cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne nouvelle me direz-vous. Eh bien non. Car une situation aussi irrationnelle est n&#233;cessairement la traduction d'un dysfonctionnement grave, lourd de menaces &#224; terme. Pr&#233;misse d'une crise aggrav&#233;e des finances publiques, source d'une nouvelle dose d'aust&#233;rit&#233; et d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? A la base, d'un exc&#232;s d'argent dans le syst&#232;me par rapport &#224; ses capacit&#233;s d'absorption. Les investisseurs internationaux, principalement asiatiques et moyen-orientaux, disposent d'&#233;normes masses de liquidit&#233;s dont une partie doit s'investir en euros, parce qu'il leur faut r&#233;partir leurs risques. Mais la crise au sud de l'Europe les conduit &#224; chercher des valeurs refuges. La dette publique allemande d'abord. Celle de la France ensuite, car il faut &#233;viter de mettre tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet d'aubaine, inesp&#233;r&#233; au regard de notre situation r&#233;elle. Mais effet d'aubaine qui a toute chance de n'&#234;tre que temporaire. Car notre d&#233;ficit serait bien plus &#233;lev&#233; si les choses se passaient comme la logique le voudrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons en effet les chiffres. Notre dette totale est de plus de 1.800 milliards d'euros, dont 1.400 milliards ont une dur&#233;e de vie de plus de sept ans. Cela signifie que pour 1 % d'int&#233;r&#234;ts en plus, nous paierons presque imm&#233;diatement 4 milliards suppl&#233;mentaires. Et &#224; terme 18 milliards. Notre &#233;quilibre budg&#233;taire est donc hypersensible au niveau des taux d'int&#233;r&#234;t demand&#233;s par les investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quel est le prix que devrait en bonne logique demander quelqu'un qui pr&#234;te &#224; la France ? M&#234;me si le risque &#233;tait nul, il lui faudrait demander un minimum de r&#233;mun&#233;ration r&#233;elle au-del&#224; de l'inflation &#8211; minimum qui selon les &#233;conomistes devrait &#234;tre de l'ordre de grandeur de la croissance pr&#233;visible. Avec une inflation autour de 2 %, le taux sans risque devrait donc d&#233;j&#224; &#234;tre sensiblement sup&#233;rieur &#224; 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi s'ajoute le co&#251;t du risque. Mais qui peut croire que ce risque est nul ? D'une part, beaucoup s'inqui&#232;tent de notre d&#233;sindustrialisation, de l'absence de vraie r&#233;forme structurelle et du risque de contagion de l'Europe du Sud. Moody's ces jours-ci, parmi beaucoup d'autres. D'autre part personne ne peut nier que l'Europe traverse une zone de turbulence et que nos d&#233;ficits budg&#233;taires et commerciaux ne sont pas rassurants. Au minimum personne ne peut consid&#233;rer ce risque n&#233;gligeable. Et donc m&#234;me en restant optimiste on devrait emprunter bien au-del&#224; de 4 %, soit 2 % au minimum plus cher que ce que nous payons. Ce qui veut dire que notre d&#233;ficit &#171; logique &#187;, celui qui est coh&#233;rent avec notre situation, devrait toutes choses &#233;gales par ailleurs &#234;tre plus lourd d'au moins 40 milliards que dans l'hypoth&#232;se du maintien des taux actuels &#8211; et a toutes chances d'&#234;tre &#224; ce niveau un jour proche. Arithm&#233;tiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s prendront-ils cela en compte rapidement ? L'effort budg&#233;taire pr&#233;vu pour 2013 est de 30 milliards d'euros, dont 20 de recettes suppl&#233;mentaires et 10 seulement de baisses de d&#233;penses. Le fragile &#233;quilibre qui en r&#233;sulte peut &#234;tre rompu &#224; tout moment, si un mouvement de d&#233;fiance gagne les march&#233;s. Or les craintes &#233;voqu&#233;es ci-dessus, et notamment l'absence de r&#233;formes structurelles, la difficult&#233; &#224; tenir les promesses, sont un terrain propice pour que cela se produise, sans parler de la hausse pr&#233;visible du ch&#244;mage. Ce &#224; quoi s'ajoute la situation dramatique de la zone euro. Et les futures d&#233;gradations de notre notation, malheureusement &#224; craindre. Ne nous illusionnons pas. Les march&#233;s r&#233;agiraient dans un tel cas avec exc&#232;s, dans le sens inverse de celui d'aujourd'hui. C'est comme cela qu'ils fonctionnent ; il faut le savoir et l'accepter. Les vilipender &#224; nouveau demain ne servira &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de nos nombreuses erreurs aujourd'hui est donc de vouloir b&#226;tir notre avenir en croyant qu'un tel dysfonctionnement est appel&#233; &#224; perdurer. Voir dans la &#171; cl&#233;mence &#187; actuelle des march&#233;s un blanc-seing durable pour le statu quo serait de l'inconscience. Sachons au contraire profiter du r&#233;pit qui nous est ainsi offert, et rapidement : sur les march&#233;s comme en montagne, la m&#233;t&#233;o peut &#233;voluer tr&#232;s rapidement sans signe pr&#233;curseur, et la lune de miel devenir beaucoup, beaucoup moins romantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Publi&#233; en partie en octobre sur les Echos.fr )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Qu'est-ce qu'un bon march&#233; financier et comment le r&#233;aliser ? </title>
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		<dc:date>2012-03-25T13:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le march&#233; financier joue un r&#244;le consid&#233;rable dans notre vie collective, mais il a mauvaise presse. Les secousses tr&#232;s violentes de 2007 et 2008 sont dans toutes les m&#233;moires ; la crise de l'euro lui est souvent, &#224; tort, imput&#233;e ; enfin et surtout on l'accuse de volatilit&#233; et de court-termisme. Il est donc collectivement essentiel de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que pourrait &#234;tre un bon march&#233;, au minimum un march&#233; int&#232;gre, qui fonctionne selon des r&#232;gles &#233;quitables et compr&#233;hensibles pour la communaut&#233; qui l'utilise, et dont il arbitre plusieurs &#233;l&#233;ments clefs de la vie collective.&lt;/p&gt;
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le march&#233; financier joue un r&#244;le consid&#233;rable dans notre vie collective, mais il a mauvaise presse. Les secousses tr&#232;s violentes de 2007 et 2008 sont dans toutes les m&#233;moires ; la crise de l'euro lui est souvent, &#224; tort, imput&#233;e ; enfin et surtout on l'accuse de volatilit&#233; et de court-termisme. Il est donc collectivement essentiel de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que pourrait &#234;tre un bon march&#233;, au minimum un march&#233; int&#232;gre, qui fonctionne selon des r&#232;gles &#233;quitables et compr&#233;hensibles pour la communaut&#233; qui l'utilise, et dont il arbitre plusieurs &#233;l&#233;ments clefs de la vie collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le march&#233; des titres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par le march&#233; des investissements, des titres, et rappelons quelques donn&#233;es de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consid&#233;rations pr&#233;alables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel march&#233; financier est un lieu d'&#233;change public de financements entre investisseurs et entrepreneurs ou emprunteurs, mat&#233;rialis&#233; par des titres n&#233;gociables. Cet &#233;change est en principe possible &#224; tout moment de la vie du titre, et sur une base r&#233;guli&#232;re. Il se distingue donc fondamentalement des formes de financement direct, qui ne prenne pas la forme de titres n&#233;gociables - qu'il s'agisse de l'activit&#233; bancaire classique de d&#233;p&#244;ts et de cr&#233;dits (lorsqu'elle n'est pas titris&#233;e) ou de l'investissement en actions non cot&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son avantage est double. D'une part il permet &#224; l'investisseur d'avoir la possibilit&#233; quand il le souhaite de vendre le titre d&#233;tenu (liquidit&#233;) et par l&#224; soit de retrouver des esp&#232;ces, soit de se d&#233;gager d'un investissement qu'il ne juge plus d&#233;sirable. Cela &#233;limine les risques consid&#233;rables r&#233;sultant d'immobilisations non liquides, ce qui rend possibles de nombreuses op&#233;rations qui ne le seraient pas sinon. D'autre part la fr&#233;quence des transactions donne un prix d'&#233;change, permettant &#224; l'investisseur ainsi qu'&#224; l'entreprise ou l'emprunteur d'&#233;valuer la mani&#232;re dont le march&#233; per&#231;oit le titre consid&#233;r&#233;, soit par rapport &#224; ses performances futures, soit par rapport aux autres possibilit&#233;s d'investissement. Cela constitue en fait une confrontation publique permanente des projets en pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses inconv&#233;nients sont d'abord l'absence de relation directe entre investisseur et entrepreneur, notamment en termes de partenariat, pouvant conduire &#224; des relations d&#233;personnalis&#233;es ; et la possibilit&#233; que pr&#233;dominent des consid&#233;rations &#224; court terme et/ou fond&#233;es essentiellement sur des crit&#232;res financiers. Outre ces inconv&#233;nients, le march&#233; pr&#233;sente des risques qui sont de trois ordres. D'abord on constate l'existence de mouvements al&#233;atoires nuisant &#224; ses fonctions et notamment conduisant &#224; des niveaux de prix d&#233;cal&#233;s de la r&#233;alit&#233; et collectivement nuisibles. Ensuite on peut avoir une mauvaise ad&#233;quation des produits et des besoins, notamment lorsque les instruments sont trop complexes, ou que l'activit&#233; sur le titre n'est pas suffisante. Enfin le cumul des deux effets pr&#233;c&#233;dents peut conduire &#224; des effets en cha&#238;ne &#233;ventuellement syst&#233;miques .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les avantages du march&#233; financier sont toutefois tels qu'il attire une masse de capitaux incomparablement sup&#233;rieure &#224; ce que donne toute autre m&#233;thode, tout en divisant les risques pr&#233;sent&#233;s par chacun d'eux et en assurant aux deux parties une libert&#233; tr&#232;s sup&#233;rieure. Il en r&#233;sulte que malgr&#233; ses inconv&#233;nients et limites, il constitue un outil irrempla&#231;able, que ce soit au niveau international comme national. Parall&#232;lement ses faiblesses et ses risques sont tels qu'il n&#233;cessite un consid&#233;rable effort de canalisation et de r&#233;gulation. Notre objectif ici sera de poser les principes devant gouverner un tel effort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les principes d'un march&#233; sain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les principes r&#233;gissant le march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils d&#233;coulent dans une large mesure de la nature m&#234;me du march&#233; et de sa fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Un march&#233; sain est un march&#233; transparent et accessible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la confrontation des ordres doit &#234;tre effectu&#233;e largement et si elle doit fonctionner pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, chacun doit disposer de l'information maximale sur l'&#233;tat du march&#233; et avoir la possibilit&#233; d'y participer le plus largement possible, sur une base comparable. Le meilleur moyen pour ce faire est la centralisation des ordres sur une plate-forme unique, avec priorit&#233; au premier ordre transmis pour un prix donn&#233;, m&#234;me s'il est petit. Le tout doit &#234;tre compl&#233;t&#233; par une information &#233;tendue sur les possibilit&#233;s de transaction (c'est le carnet d'ordre, qui donne l'&#233;tat de l'ordre et de la demande), et sur les transactions r&#233;alis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un march&#233; de gr&#233; &#224; gr&#233; , sauf &#224; &#234;tre de taille et de r&#244;le minime, ne doit exister que s'il est justifi&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il est le moyen le plus efficace pour op&#233;rer ; il doit pr&#233;senter des caract&#233;ristiques analogues au pr&#233;c&#233;dent, et normalement &#234;tre limit&#233; &#224; une cat&#233;gorie limit&#233;e d'acteurs professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Un march&#233; sain est un march&#233; raisonnablement liquide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidit&#233; est utile sans &#234;tre un veau d'or ; mais si un march&#233; n'est pas liquide, il est peu fiable et erratique : tout ordre qui arrive d&#233;place les prix de fa&#231;on irrationnelle. La liquidit&#233; ne se d&#233;cr&#232;te pas, m&#234;me si on peut la faciliter. Si un march&#233; ne pr&#233;sente pas la liquidit&#233; voulue, et qu'elle ne peut &#234;tre am&#233;lior&#233;e par des dispositifs divers (teneur de march&#233;, gendarme de la bourse), la valeur ne doit pas &#234;tre trait&#233;e comme une valeur cot&#233;e ; les organismes financiers doivent traiter les participations correspondantes comme des immobilisations, notamment en termes prudentiels , c'est-&#224;-dire &#234;tre &#233;quip&#233;s pour pouvoir supporter les cons&#233;quences de cette faible liquidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	Un march&#233; sain est un march&#233; de confrontation des opinions et non de sp&#233;culation sur un mouvement de foule&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ordre pass&#233; sur un march&#233; financier doit normalement repr&#233;senter une opinion bien &#233;tablie sur la valeur consid&#233;r&#233;e prise en elle-m&#234;me, fond&#233;e sur des consid&#233;rations objectives. La sp&#233;culation au mauvais sens du terme est cette attitude consistant &#224; anticiper les mouvements du march&#233; plut&#244;t que prendre position sur ce qu'on pense &#234;tre la valeur r&#233;elle du titre. En revanche une prise de position sur un titre, m&#234;me par vente &#224; d&#233;couvert, peut &#234;tre une contribution utile si elle concourt &#224; la formation raisonnable du prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe est d'ordre plus &#233;thique que r&#233;glementaire. Mais il peut aussi inspirer des r&#232;gles visant &#224; limiter la sp&#233;culation, au sens pr&#233;c&#233;dent. Par exemple, il en r&#233;sulte que le trading haute fr&#233;quence, qui repose par construction sur une interaction des participants en l'absence de toute information r&#233;elle , doit &#234;tre prohib&#233;, notamment par imposition d'un temps minimal entre transactions successives. De fa&#231;on analogue la gestion indicielle doit &#234;tre s&#233;v&#232;rement d&#233;courag&#233;e ainsi que toutes les formes collectives de &#8216;pari' sur un secteur ou sur la cote dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	Les mouvements collectifs d'un march&#233; sain doivent &#234;tre r&#233;gul&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de mouvement collectif rapide, l'autorit&#233; en charge de la surveillance des march&#233;s doit &#234;tre &#224; m&#234;me d'interrompre les transactions. Id&#233;alement des op&#233;rateurs (gendarmes de la bourse) sont l&#224; pour intervenir dans un sens correctif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	Un march&#233; sain ne propose que des produits simples&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut coter des produits dont l'analyse suppose un travail complexe, &#224; effectuer cas par cas. Un produit complexe ne peut &#234;tre qu'un produit pour sp&#233;cialiste, qui ne doit jouer qu'un r&#244;le auxiliaire et ne peut repr&#233;senter qu'une part minime du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	La comptabilit&#233; d'un march&#233; sain doit refl&#233;ter les v&#233;ritables perspectives des investisseurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le march&#233; fonctionne de fa&#231;on int&#232;gre, il n'a pas la science infuse sur la valeur des actifs et fluctue constamment. Les op&#233;rateurs qui ach&#232;tent et vendent &#224; un certain moment ne repr&#233;sentent pas la totalit&#233; des investisseurs. Le prix de march&#233; du moment n'est donc pas le reflet s&#251;r de la valeur d'un bien. Il n'y a donc aucune raison de comptabiliser &#224; la valeur de march&#233; des investissements r&#233;alis&#233;s dans une perspective longue (investisseurs institutionnels). Ces derniers doivent utiliser une autre m&#233;thode : valeur d'acquisition corrig&#233;e, ou lissage des valeurs boursi&#232;res sur une dur&#233;e assez longue. Le marquage au march&#233; doit &#234;tre r&#233;serv&#233; aux interm&#233;diaires et pour &#233;valuer leur portefeuille de transaction, ou &#224; la gestion collective si elle est liquide (Sicavs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les principes &#233;thiques r&#233;gissant les acteurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Un investissement sain est un investissement bas&#233; sur le partenariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif normal de l'acquisition d'une valeur mobili&#232;re est le partenariat sur la dur&#233;e. Un investisseur doit donc normalement s'engager sur une dur&#233;e minimale (2 ans), et de fa&#231;on nominative. Il doit conna&#238;tre l'entreprise o&#249; il investit. S'il doit se d&#233;gager plus vite que ce d&#233;lai, ce doit &#234;tre pour un motif pr&#233;vu par les textes, ou au prix d'une p&#233;nalit&#233; (notamment fiscale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Les interm&#233;diaires ne doivent avoir qu'un r&#244;le auxiliaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#232;gle de dur&#233;e de d&#233;tention minimale ne doit pas s'imposer &#224; eux, mais leur activit&#233; de facilitateur du march&#233; doit &#234;tre encadr&#233;e de mani&#232;re &#224; n'intervenir que pour faciliter effectivement le fonctionnement du march&#233;. Les transactions des interm&#233;diaires ne doivent pas assumer de r&#244;le directeur sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	Un op&#233;rateur n'intervient que pour r&#233;aliser une op&#233;ration justifi&#233;e et fond&#233;e sur une appr&#233;ciation de la valeur consid&#233;r&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de poser ce principe &#233;thique, m&#234;me si la r&#233;alisation peut appara&#238;tre utopique : les participants &#224; un march&#233; sont suppos&#233;s concourir &#224; une activit&#233; qui comporte une dimension d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, leur r&#244;le sous cet angle est de recherche ensemble le meilleur prix disponible du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	Un op&#233;rateur est responsable de ses actes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout gestionnaire de produits &#224; risque ou complexes doit &#234;tre responsable de son action, appr&#233;ci&#233;e sur la dur&#233;e. Dans le cas des positions de dirigeant, notamment chez les interm&#233;diaires, cette responsabilit&#233; doit porter sur l'ensemble de leurs biens. Aucun bonus ne doit &#234;tre vers&#233; qui ne soit &#233;tal&#233; sur plusieurs ann&#233;es, en coh&#233;rence avec la vie des produits concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	Toute gestion doit afficher ses objectifs y compris en mati&#232;re &#233;thique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gestion collective y compris un fonds de pension doit d&#233;finir clairement les objectifs qu'il donne &#224; ses g&#233;rants et se positionner par rapport aux principes pr&#233;c&#233;dents, et plus g&#233;n&#233;ralement montrer de fa&#231;on v&#233;rifiable comment, au-del&#224; des perspectives financi&#232;res, il s'inscrit dans le financement de l'&#233;conomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les produits d&#233;riv&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consid&#233;rations pr&#233;alables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; du march&#233; des investissements, l'autre grande activit&#233; des march&#233;s financiers, depuis 30 ans, est celle des produits d&#233;riv&#233;s. L&#224; il ne s'agit plus de financements, mais de transfert de risques. Un acteur &#233;conomique expos&#233; &#224; un risque futur &#233;change une protection contre ce risque, moyennant paiement d'une somme d'argent (ce qui revient &#224; une forme d'assurance) ou en &#233;change d'un risque d'un autre type, jug&#233; &#233;quivalent. On &#233;change ainsi un taux fixe contre un taux variable, une devise contre une autre, une prime contre un risque de d&#233;faillance (CDS), une prime contre une possibilit&#233; d'achat ou de vente &#224; un prix donn&#233; ; ou bien on ach&#232;te une valeur future, se pr&#233;munissant contre le mouvement des cours ou des prix. Con&#231;ue ainsi, une telle activit&#233; est fonci&#232;rement utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle pr&#233;sente elle aussi des risques et des inconv&#233;nients. D'abord ceux de tout march&#233;, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s &#224; propos des valeurs mobili&#232;res. Parmi les autres inconv&#233;nients, le principal est de fournir &#224; la sp&#233;culation au mauvais sens du terme des moyens d'action &#233;conomiques et accessibles, y compris sur la ruine de quelqu'un (c'est l'exemple des CDS achet&#233;s &#224; nu, c'est-&#224;-dire sans qu'ils servent &#224; couvrir un investissement dans le titre consid&#233;r&#233;). Parmi les risques, se trouve celui de cr&#233;er un lien d'adh&#233;rence entre acheteur et vendeur, qui n'existe pas pour les valeurs mobili&#232;res (2 ou 3 jours apr&#232;s la transaction, celle-ci est totalement sold&#233;e) : un &#233;change (swap) sur cinq ans lie sur 5 ans ; la faillite du promettant est alors un danger pour sa contrepartie ; et si de telles positions s'accumulent elles deviennent syst&#233;miquement tr&#232;s dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut alors proposer les principes suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les principes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Les principes appliqu&#233;s aux valeurs mobili&#232;res s'appliquent aux d&#233;riv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Le risque syst&#233;mique doit &#234;tre &#233;limin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci implique une op&#233;ration qu'on appelle compensation, qui doit &#234;tre men&#233;e syst&#233;matiquement (comme cela a &#233;t&#233; en principe d&#233;cid&#233; par le G 20). Les titres et transactions trop peu standardis&#233;s qui ne peuvent &#234;tre compens&#233;s (ou au minimum faire l'objet d'un netting) doivent recevoir un traitement prudentiel s&#233;v&#232;re. Les chambres de compensation doivent &#234;tre r&#233;gul&#233;es de pr&#232;s, et par la banque centrale comp&#233;tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	Les op&#233;rations &#224; nu doivent &#234;tre encadr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction pure et simple va de soi dans le cas des CDS, puisqu'un CDS &#224; nu est un pari sur la ruine du voisin &#8211; ce qui est ind&#233;fendable. Plus g&#233;n&#233;ralement toute op&#233;ration &#224; nu ne vise par construction pas &#224; couvrir un risque mais &#224; prendre une position. Acceptable si cela concourt &#224; la formation du prix par l'expression d'une opinion de fond, c'est contestable si l'op&#233;ration est sp&#233;culative (ne vise qu'&#224; anticiper les mouvements collectifs du march&#233;) ; le r&#233;gulateur peut alors avoir &#224; encadrer certaines op&#233;rations. Ceci vise aussi l'activit&#233; des facilitateurs de march&#233; - d&#251;ment enregistr&#233;s et contr&#244;l&#233;s comme tels (mais pas n&#233;cessairement les seules banques ou les courtiers)-, qui doivent rester dans leur r&#244;le d'auxiliaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au total, il para&#238;t donc possible de d&#233;finir dans son principe quelle est la confrontation d'opinion qui parait d&#233;boucher sur un r&#233;el r&#244;le de d&#233;couverte des prix et de facilitation des transactions, dans la transparence. M&#234;me si la mise en &#339;uvre peut &#234;tre complexe, le fait de poser clairement ces principes directeurs d&#233;bouche sur deux cons&#233;quences positives. D'une part, donner une r&#232;gle de r&#233;f&#233;rence permettant de distinguer ce qui est ou peut &#234;tre utile, au moins &#224; premi&#232;re vue, de ce qui est activit&#233; parasitaire, opaque ou al&#233;atoire. Soit pour guider son action propre, soit pour pr&#233;ciser les r&#232;gles collectives. Pour la soci&#233;t&#233; dans son ensemble c'est essentiel. D'autre part, d'&#233;liminer avec s&#233;v&#233;rit&#233; des activit&#233;s qui ne respectent pas ces r&#232;gles du march&#233; sain, par leur complexit&#233;, leur opacit&#233;, ou leur faible liquidit&#233;. Appliqu&#233; avant 2007, ceci aurait &#233;vit&#233; bien des d&#233;rapages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique de telles r&#232;gles ne peuvent que difficilement &#234;tre mises en &#339;uvre de fa&#231;on unilat&#233;rale, dans un espace ouvert. Si un espace est jug&#233; suffisamment circonscrit (cas de l'Europe en g&#233;n&#233;ral) on peut op&#233;rer &#224; son niveau. Sinon il faut passer au niveau international, m&#234;me si l'exercice est assez difficile : cela peut au moins permettre d'obtenir des r&#233;sultats partiels (comme les principes pos&#233;s par le G 20 sur la compensation), qu'on peut alors compl&#233;ter au niveau r&#233;gional ou national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site Libert&#233; Politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les march&#233;s font-ils la loi ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Les-marches-font-ils-la-loi.html</link>
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		<dc:date>2012-02-23T14:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour comprendre les enjeux lorsqu'on parle des march&#233;s financiers : un livre d'entretiens sans langue de bois. Comprendre de quoi il s'agit pour pouvoir r&#233;former.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ecouter sur ce sujet ci-apr&#232;s l'interview BFM avec Hedwige Chevrillon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire l'article dans l'Agefi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir ma tribune sur Les Echos-Le Cercle &lt;a href=&#034;http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221145548/dictature-marches-slogan-bien-commode-creux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221145548/dictature-marches-slogan-bien-commode-creux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Finance-12-.html" rel="directory"&gt;Finance et monnaie &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les march&#233;s font-ils la loi ?de P.-M. Deschamps, entretiens avec P. de Lauzun et Ph. Tibi, co&#233;d. RB Edition-Eyrolles, paru le 23 f&#233;vrier.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Extrait de la quatri&#232;me de couverture :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chute des gouvernements grec, italien, perte de notre AAA, chaque jour apporte son lot de (mauvaises) nouvelles. L'&#233;difice europ&#233;en et les &#233;conomies des grands &#201;tats, dont chacun avait la conviction qu'ils pourraient r&#233;sister &#224; toute &#233;preuve, semblent sur le point de s'effondrer. Avec un responsable tout d&#233;sign&#233; : les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Comment en est-on arriv&#233; l&#224; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Quelle est la responsabilit&#233; r&#233;elle des march&#233;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; La dictature des march&#233;s est-elle un fantasme ou une menace av&#233;r&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions br&#251;lantes interpellent nos d&#233;mocraties et constituent l'un des enjeux majeurs de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Pour y r&#233;pondre Pascale-Marie Deschamps interroge sans concession Philippe Tibi et Pierre de Lauzun. Au cours de ces entretiens, le voile se l&#232;ve : les march&#233;s financiers sont expliqu&#233;s, leur utilit&#233; &#233;valu&#233;e et les responsabilit&#233;s trouvent leur juste place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; rebours des id&#233;es dominantes, ce livre arrive &#224; point nomm&#233; pour &#233;clairer le d&#233;bat. Il constitue un opus indispensable pour comprendre et d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascale-Marie Deschamps, r&#233;dactrice en chef adjointe d'Enjeux Les &#201;chos. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entretiens avec : &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre de Lauzun, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Association fran&#231;aise des march&#233;s financiers (Amafi). &lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe Tibi, pr&#233;sident de l'Amafi, professeur &#224; l'&#201;cole Polytechnique et pr&#233;sident d'UBS en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voir aussi ma tribune sur Les Echos-Le Cercle &lt;a href=&#034;http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221145548/dictature-marches-slogan-bien-commode-creux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lecercle.lesechos.fr/presidentielle-2012/221145548/dictature-marches-slogan-bien-commode-creux&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les march&#233;s financiers sous le regard chr&#233;tien</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Les-marches-financiers-sous-le-regard-chretien.html</link>
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		<dc:date>2011-12-17T10:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Christianisme et &#233;conomie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Conf&#233;rence donn&#233;e au Colloque de L&#233;rins 22 et 23 octobre 2011, organis&#233; par l'Observatoire socio-politique du dioc&#232;se de Fr&#233;jus et l'Association des &#233;conomistes catholiques. Vous trouverez ci-apr&#232;s un r&#233;sum&#233; rapide des id&#233;es principales. Le texte oral de la conf&#233;rence prononc&#233;e est disponible sur le lien ci-joint.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-politique-et-economie-.html" rel="directory"&gt;Religion et &#233;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Christianisme-et-economie-+.html" rel="tag"&gt;Christianisme et &#233;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Activit&#233; bancaire et financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fond&#233;e sur la confiance, la finance joue un r&#244;le clef dans le fonctionnement de l'&#233;conomie et plus g&#233;n&#233;ralement de la soci&#233;t&#233;. C'est donc une activit&#233; exigeant un degr&#233; &#233;lev&#233; de responsabilisation et des r&#232;gles strictes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2008 la communaut&#233; internationale a donn&#233; une forte priorit&#233; aux r&#232;gles prudentielles et notamment aux fonds propres. Cette exigence en soi justifi&#233;e peut avoir des effets n&#233;gatifs non n&#233;gligeables. Mais surtout ce ne peut &#234;tre la seule r&#233;ponse, car il est essentiel que l'activit&#233; financi&#232;re justifie la confiance mise en elle par la soci&#233;t&#233;. Et donc que son activit&#233; soit en phase avec elle, dans les deux grands domaines des march&#233;s financiers et du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;March&#233;s financiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le social et la seule justification de la finance sont d'&#234;tre au service de l'&#233;conomie, pour en assurer le financement dans les meilleures conditions possibles en rapprochant investisseurs et entrepreneurs sur une base claire et transparente. Cela permet aux seconds d'apporter leurs fonds aux premiers avec la meilleure ad&#233;quation possible entre ressources et emplois, tout en assurant le suivi de ces investissements en termes de liquidit&#233; et de valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'outil principal pour ce faire est le march&#233;. De vrais march&#233;s financiers sont des lieux de confrontation transparente entre investisseurs et entrepreneurs, ni plus ni moins. Mais force est de constater que les march&#233;s s'en sont en grande partie &#233;loign&#233;s. Trop souvent opaques et fragment&#233;s, peu lisibles, et domin&#233;s par des intervenants puissants, ils n'ont souvent pas su donner de r&#233;f&#233;rence de prix fiable, ni &#233;liminer les innovations toxiques ou dangereuses, ni orient&#233; les priorit&#233;s au-del&#224; du profit imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; ne s'organise pas tout seul. L'exp&#233;rience a montr&#233; que le march&#233; a besoin de r&#232;gles du jeu strictes pour fonctionner au mieux et dans l'int&#233;r&#234;t bien compris de ses participants. Elle a montr&#233; aussi que les r&#233;sultats du march&#233; d&#233;pendent directement des motivations de ces participants et notamment des investisseurs, dont la responsabilit&#233; ne s'arr&#234;te pas au profit qu'ils en attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la crise de 2008, le G 20 s'est utilement pr&#233;occup&#233; d'apporter des r&#233;formes &#224; l'organisation des march&#233;s. Cet effort doit &#234;tre poursuivi. Il est toutefois rest&#233; en de&#231;&#224; ce que qu'il faudrait, en particulier pour assurer aux march&#233;s le degr&#233; d'int&#233;grit&#233;, de transparence et d'ad&#233;quation aux besoins de l'&#233;conomie qu'on peut l&#233;gitimement en attendre. Il est donc imp&#233;ratif que le G 20 et les organismes internationaux qui en d&#233;pendent reprennent l'initiative pour mettre en &#339;uvre une r&#233;forme plus profonde, incluant notamment les points suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Instauration d'une r&#232;gle g&#233;n&#233;rale de transparence des transactions, des ordres et des prix et d'&#233;gal acc&#232;s des tous les investisseurs ; r&#233;organisation des march&#233;s en coh&#233;rence avec ce principe ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Primat donn&#233; &#224; la recherche d'un prix aussi juste que possible au vu des donn&#233;es disponibles (et &#233;limination des strat&#233;gies &#233;lectroniques, trading haute fr&#233;quence, etc.) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Autorisation pr&#233;alable des innovations financi&#232;res significatives afin d'en analyser les cons&#233;quences et les risques (examen commen&#231;ant par les CDS, ETF et autres produits &#224; fonction largement sp&#233;culative) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Examen des profits du secteur financier apparaissant anormaux au vu du service r&#233;ellement assur&#233; et notamment s'ils restent &#233;lev&#233;s sur la dur&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avantage &#224; donner &#224; la d&#233;tention longue des titres (droits de vote, statut fiscal etc.), &#224; l'investissement responsable, et aux investissements en fonds propres par rapport &#224; l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes principes doivent s'appliquer aux march&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res, (d&#233;riv&#233;s mais surtout march&#233;s physiques), encore plus &#233;loign&#233;s de ces exigences de transparence, de clart&#233; et de non-manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Endettement et cr&#233;dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re de 2008 et la crise souveraine de 2011 ont un point majeur en commun : elles concernent tous deux des dettes, qui sont plus largement &#224; l'origine de la plupart des crises financi&#232;res. Tout endettement pr&#233;sente des risques collectifs importants, car il est fond&#233; sur le principe du remboursement obligatoire et peut donc mettre dans de grandes difficult&#233;s tant l'emprunteur (s'il doit faire face &#224; des difficult&#233;s), et le pr&#234;teur (si sa confiance a &#233;t&#233; mal plac&#233;e), avec des effets en cha&#238;ne difficilement contr&#244;lables. L'endettement doit donc &#234;tre contr&#244;l&#233; et limit&#233; aux cas o&#249; le remboursement appara&#238;t s&#251;r et compatible avec l'activit&#233; financ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endettement public est dans cette optique le plus contestable. Il consiste pour une g&#233;n&#233;ration &#224; vivre &#224; cr&#233;dit aux d&#233;pens de la g&#233;n&#233;ration qui la suit. C'est ce que l'on observe dans le monde d&#233;velopp&#233; depuis 1980. Mais vient un moment o&#249; le niveau est jug&#233; excessif par les march&#233;s, non sans motif ; alors la solution de facilit&#233; se transforme en lourd fardeau tra&#238;n&#233; sur la longue dur&#233;e. En dehors des projets capables d'assurer le remboursement de la dette, et hors circonstances exceptionnelles comme les guerres, cet endettement devrait donc &#234;tre banni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cr&#233;dit aux particuliers doit lui-m&#234;me &#234;tre soumis &#224; des r&#232;gles assurant une certitude raisonnable de remboursement, notamment la consid&#233;ration des revenus disponibles sur la dur&#233;e et pas seulement la valeur des biens financ&#233;s par le cr&#233;dit en question. Des m&#233;canismes de sortie du surendettement doivent &#234;tre pr&#233;vus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Don&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes d'investissement en fonds propres et le cr&#233;dit ne peuvent suffire &#224; assurer les besoins financiers de la soci&#233;t&#233;. Le don, et plus g&#233;n&#233;ralement la fourniture de moyens sans contrepartie &#233;quivalente, appara&#238;t alors comme un rouage indispensable et non pas comme un luxe. Dans une &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e, fond&#233;e sur les personnes, leur responsabilit&#233; et leur initiative, cela ne peut &#234;tre assur&#233; principalement ou exclusivement par l'Etat ou la sph&#232;re publique (dans ce qu'on appelle redistribution). Il est donc essentiel que l'initiative priv&#233;e soit encourag&#233;e activement en la mati&#232;re. Soit sous la forme du don pur. Soit par participation &#224; des activit&#233;s &#233;conomiques mixtes, ou m&#234;me commerciales, prenant en compte d'autres consid&#233;rations que le pur &#233;change et le retour stipul&#233; &#224; l'avance. Il en va de la reconstruction du tissu social dans une soci&#233;t&#233; dont la solidarit&#233; ne soit pas que bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Note&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pr&#233;vois de publier au printemps prochain un livre plus d&#233;taill&#233; sur ce sujet, enrichi d'une perspective historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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