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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le temps du march&#233; et le regard de l'&#233;ternit&#233; </title>
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		<dc:date>2022-08-04T15:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je propose ici une r&#233;flexion de nature quasi philosophique sur le r&#244;le du march&#233; et notamment du march&#233; financier comme tentative de chiffrage de l'avenir et donc de saisie de cet avenir dans le pr&#233;sent. Ceci &#224; la lumi&#232;re d'une analyse philosophique du temps, qui &#224; mon sens ne peut se comprendre que dans la perspective de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra que cela met en &#233;vidence, sous un angle nouveau, la rivalit&#233; entre Dieu et l'argent devenu idole, au c&#339;ur des questions que pose notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Temps-et-eternite-+.html" rel="tag"&gt;Temps et &#233;ternit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je propose ici une r&#233;flexion de nature quasi philosophique sur le r&#244;le du march&#233; et notamment du march&#233; financier comme tentative de chiffrage de l'avenir et donc de saisie de cet avenir dans le pr&#233;sent. Ceci &#224; la lumi&#232;re d'une analyse philosophique du temps, qui &#224; mon sens ne peut se comprendre que dans la perspective de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra que cela met en &#233;vidence, sous un angle nouveau, la rivalit&#233; entre Dieu et l'Argent devenu idole, au c&#339;ur des questions que pose notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arri&#232;re-plan philosophique : le Temps et l'Eternit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord les notions philosophiques de base dont nous aurons besoin par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me situe dans une conception du temps pour qui il ne prend son sens que par rapport &#224; l'&#233;ternit&#233;. Le philosophe McTaggart avait pos&#233; comme suit le dilemme qui s'offre &#224; la pens&#233;e rationnelle entre deux conceptions irr&#233;ductibles du temps : le temps A, le v&#233;cu du moment, seul r&#233;el pour nous, mais isol&#233; entre un pass&#233; r&#233;volu et un avenir non pr&#233;sent ; et le temps B, celui lin&#233;aire de la datation sur une &#233;chelle de temps, objectif mais impersonnel. A un extr&#234;me, on a le temps subjectif, l'imm&#233;diatet&#233; du pr&#233;sent, seule r&#233;alit&#233; v&#233;cue directement, mais fuyant &#224; chaque instant, entre un pass&#233; d&#233;sormais insaisissable et un futur encore irr&#233;el. A l'autre bout, on a le temps objectif : une &#233;chelle de mesure, o&#249; pass&#233;, pr&#233;sent et futur sont sur une m&#234;me ligne. Les penseurs anglo-saxons d&#233;battent de savoir laquelle est la plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans Temps Histoire Eternit&#233;, ces dilemmes ne peuvent &#234;tre lev&#233;s qu'en acceptant un autre regard, hors du temps : celui o&#249; se situe l'&#233;ternit&#233; de Dieu. L'&#233;ternit&#233;, comme on sait, est hors du temps en cela qu'elle ne lui est pas soumise ; mais elle n'est pas &#233;trang&#232;re au temps. En effet, hors du temps, elle saisit l'ensemble du temps : elle saisit toute l'&#233;chelle du temps B, ordonn&#233;e selon sa place dans la succession, pass&#233; et futur compris ; mais elle le saisit avec la r&#233;alit&#233; du pr&#233;sent, du temps A. A qui reconna&#238;t l'existence de Dieu, la question du temps est donc tr&#232;s diff&#233;rente de ce qu'elle est pour le non-croyant. Le croyant dispose d'un regard, m&#234;me lointain et th&#233;orique, sur cet arri&#232;re-plan immense qui donne sa profondeur au temps. Un tel parti choque l'esprit moderne. Mais pour celui qui, de fa&#231;on rationnelle, reconna&#238;t l'&#233;ternit&#233; de Dieu, il en est diff&#233;remment. Sa r&#233;flexion int&#232;gre ce qu'il sait &#234;tre une r&#233;alit&#233; essentielle : l'existence, &#224; la source de notre monde, d'un Esprit infini, &#233;chappant au temps, qui a un dessein sur nous dont la premi&#232;re expression est notre existence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le montre encore dans ce m&#234;me livre, sur cette base s'&#233;claire mieux l'&#233;nigme de notre destin&#233;e, de notre histoire : elle est impr&#233;visible pour nous, qui vivons dans notre pr&#233;sent fugitif, mais munis de notre libert&#233;, ce qui notamment invalide toute pr&#233;tention des sciences humaines &#224; la pr&#233;vision certaine. Mais elle est connue de Dieu dans sa totalit&#233;, lequel l'ordonne &#224; l'offre d'un Bien supr&#234;me qui lui donne son sens. Cette temporalit&#233; est donc pour nous un espace de d&#233;ploiement pour notre personnalit&#233; en devenir, o&#249; en un sens nous ignorons qui nous sommes, car nous ignorons qui nous serons demain &#8211; mais o&#249; en m&#234;me temps nous sommes plac&#233;s sous le regard aimant de l'&#233;ternit&#233; divine qui seule nous conna&#238;t dans notre visage &#233;ternel et nous accompagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour brutal au r&#233;el : la d&#233;cision financi&#232;re, rappel des faits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ins&#233;r&#233; dans le flux du temps, l'homme se trouve en permanence confront&#233; &#224; l'&#233;nigme de l'incertitude sur l'avenir, et &#224; la n&#233;cessit&#233; cependant de prendre des d&#233;cisions. Nous allons prendre un cas particulier de ces d&#233;cisions, la d&#233;cision &#233;conomique en &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e, et m&#234;me sous un angle encore plus sp&#233;cifique, celui de la finance. La particularit&#233; de l'&#233;conomie est de se tourner vers les biens mat&#233;riels et de chercher au mieux comment les produire, les faire circuler (les &#233;changer) et les proposer &#224; la consommation. Quand des biens ou des services sont dans le champ de d&#233;cision de quelqu'un, hors cas d'autarcie il se tourne vers l'ext&#233;rieur, ce qui veut dire qu'il va proposer des biens dont il dispose &#224; des personnes ou entit&#233;s qu'il ne contr&#244;le pas. Soit sans attente d'un retour stipul&#233; &#224; l'avance (c'est le don) ; soit dans l'attente d'un retour pr&#233;cis&#233; et convenu : c'est ce qu'on appelle une transaction. Dans ce dernier cas, notre agent, s'il le peut, se tournera vers l'ensemble des opportunit&#233;s mat&#233;riellement &#224; sa port&#233;e, pour d&#233;cider cas par cas avec chaque contrepartie quelle pourrait &#234;tre la nature de la transaction : qu'est-ce qui est &#233;chang&#233; contre quoi. Si on se limite &#224; l'aspect &#233;troitement &#233;conomique, il aura int&#233;r&#234;t &#224; &#233;largir le plus possible le champ consid&#233;r&#233;, et &#224; &#234;tre libre des modalit&#233;s de la transaction. On reconna&#238;t ainsi ce qu'on appelle le march&#233;. Et ce dernier fonctionnera d'autant mieux que la confrontation sera large et transparente. D'o&#249; la notion de march&#233; organis&#233; (ce qu'on appelle Bourse) ; sachant que dans de nombreux cas le march&#233; reste imparfait, voire purement bilat&#233;ral. Une institution, la monnaie, permet en outre de disposer d'un instrument universel &#224; la fois d'&#233;change et de calcul, puisqu'on peut ainsi comparer toutes les opportunit&#233;s possibles. Naturellement ceci vaut aussi pour les biens de production et en particulier pour le capital ; dans ce cas, le calcul porte sur le flux de biens futurs qu'on esp&#232;re tirer du fait qu'on a mis &#224; la disposition d'un autre une somme d'argent qu'on n'utilise pas soi-m&#234;me directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi sert alors la finance ? Elle affecte de l'argent disponible qui n'est pas consomm&#233; et qui est donc &#233;pargn&#233; (ou mobilis&#233; d'office, comme l'imp&#244;t) &#224; des usages possibles, notamment des investissements, occasionnellement &#224; une consommation anticip&#233;e. Du point de vue de l'investisseur, elle arbitre alors entre les investissements possibles, les diff&#233;rents projets en lice. Face &#224; cette diversit&#233;, il s'agit de choisir et de financer ceux qui pr&#233;sentent le meilleur r&#233;sultat (au sens large, multicrit&#232;res, et notamment au sens financier : un retour sous forme mon&#233;taire) pour un certain risque qu'on accepte d'assumer. Il n'est en effet pas question de n'assumer aucun risque, car le retour de l'argent (remboursement avec int&#233;r&#234;ts, profits, revente etc.) se situe dans l'avenir et la capacit&#233; de la contrepartie ou du projet &#224; tenir son engagement ou ses promesses n'est pas garantie. Les projets les plus profitables sont d'ailleurs normalement plus risqu&#233;s ; sinon ils auraient &#233;t&#233; arbitr&#233;s : l'afflux d'argent aurait fait monter le prix d'entr&#233;e et d&#232;s lors r&#233;duit leur rentabilit&#233;. Refuser l'id&#233;e du risque, c'est on l'a dit la certitude de l'immobilisme et donc en d&#233;finitive un risque plus important encore, puisqu'on cesse alors de pr&#233;parer l'avenir. Mais il ne s'agit pas non plus de jouer &#224; la roulette : l'investissement responsable est d'abord un inversement soigneusement &#233;tudi&#233; et soupes&#233;. Les choix varient ensuite selon la mission qu'a chacun, c'est-&#224;-dire le type d'argent qu'il est charg&#233; de g&#233;rer et les engagements qu'il a pris, ou ses devoirs : celui qui devra utiliser tr&#232;s vite l'argent prendra &#233;videmment moins de risques et n'immobilisera pas cet argent. Le march&#233; financier est un outil aidant ou souvent permettant seul ce choix, par la possibilit&#233; qu'il offre de confrontation syst&#233;matique des projets en concurrence, et d'arbitrage entre les diff&#233;rentes options. Mais ce n'est ni un passage oblig&#233;, ni une r&#233;f&#233;rence obligatoire, ni bien s&#251;r une panac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Analyse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;tendrai pas ici sur les limites bien connues ou non de ce syst&#232;me ou de ces m&#233;canismes, mais sur leur signification pour notre propos. Ce qui caract&#233;rise cette pratique collective en regard de la question du temps, c'est d'abord le chiffrage ; on ne saisit les biens &#233;chang&#233;s que sous un angle, qui est leur chiffrage mon&#233;taire. En outre, dans le cas de la finance, comme il s'agit de biens de production (actions) ou de cr&#233;ances sur l'avenir (dette) il s'agit toujours d'&#233;v&#233;nements futurs, au moins en partie al&#233;atoires. Le prix d'une action est en fait un essai d'&#233;valuation chiffr&#233;e synth&#233;tique de la valeur qu'a pour nous maintenant d'un flux al&#233;atoire d'argent futur. En outre, ce prix est d&#233;fini par comp&#233;tition entre les &#233;valuations en pr&#233;sence ; si la demande des autres est forte (s'ils sont optimistes sur la valeur actuelle de ce flux futur) ils payeront plus cher le titre et donc cela me contraindra moi dans mes d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons donc ici de fa&#231;on tr&#232;s sch&#233;matis&#233; (du fait de la r&#233;duction qu'implique la limitation &#224; la perspective mon&#233;taire) les deux temps A et B de McTaggart. D'un c&#244;t&#233;, mon &#233;valuation prend comme r&#233;f&#233;rence le temps B lin&#233;aire : elle tente d'&#233;valuer un flux futur de ressources &#233;tal&#233; selon cette &#233;chelle de temps. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, elle le ram&#232;ne au pr&#233;sent (temps A) en synth&#233;tisant cet ensemble futur dans un seul chiffre qui seul sera imm&#233;diatement op&#233;rationnel : c'est le prix que j'aurai &#224; payer (si je suis acheteur) ou que je recevrai (si je suis vendeur). En m&#234;me temps, cela comporte &#224; la fois un coefficient d'incertitude (lui-m&#234;me fluctuant), et ce qu'on appelle un coefficient d'actualisation, c'est-&#224;-dire une &#233;valuation de la valeur actuelle d'un argent futur corrig&#233;e par le seul fait qu'il est futur ; comme on suppose chez les acteurs une pr&#233;f&#233;rence pour le pr&#233;sent, cet argent futur vaut moins aujourd'hui qu'il ne vaudra alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on attendre d'un tel march&#233; ? Une attitude prudente est celle du pragmatisme : on y voit simplement la confrontation &#224; un moment donn&#233; d'un ensemble d'ordres d'achats et de ventes, offrant le plus large choix aux uns et aux autres. Mais la th&#233;orie financi&#232;re a vu cela de fa&#231;on beaucoup plus ambitieuse, &#224; travers sa th&#233;orie des march&#233;s efficients. Selon cette conception, dominante en finance au moins jusqu'&#224; la crise de 2009, le march&#233; permet de la fa&#231;on la plus efficace qui soit la confrontation de l'ensemble des informations disponibles &#224; un moment donn&#233; et donne donc de fa&#231;on synth&#233;tique la meilleure image possible de l'avenir. Cela implique que ce r&#233;sultat puisse avoir valeur de guidage pour l'action : toute d&#233;cision en mati&#232;re &#233;conomique doit alors en bonne logique prendre comme &#233;talonnage cet ensemble de valorisations. Et en particulier il n'est plus besoin de r&#233;fl&#233;chir en termes de responsabilit&#233;, encore moins envers le long terme : tout est synth&#233;tis&#233; dans le prix. Lequel fait en revanche l'impasse sur les valeurs et priorit&#233;s non mon&#233;taires, suppos&#233;es relever du seul choix priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit donc, le march&#233;, bien au-del&#224; de son r&#244;le pratique et l&#233;gitime, prend alors une fonction d&#233;miurgique : non seulement il est suppos&#233; produire un crit&#232;re universel, mais c'est un crit&#232;re chiffr&#233;, op&#233;rationnel, afin d'int&#233;grer l'avenir dans notre pr&#233;sent. Nous soup&#231;onnons alors que la fonction d'int&#233;gration des deux facettes du temps, qui n'est en soi possible que dans l'Eternit&#233; de Dieu, est dans une certaine mesure revendiqu&#233;e ainsi par une autre r&#233;alit&#233; : l'argent. Rappelons ici les tr&#232;s dures paroles de l'Evangile sur le fait qu'on ne peut pas servir deux ma&#238;tres : Dieu et l'argent. Ces deux termes sont donc de ce fait pos&#233;s en alternative. Or l'argent rappelons-le est comme Simmel l'a bien montr&#233; le moyen synth&#233;tique d'&#233;valuer et de se procurer de fa&#231;on humainement neutre l'ensemble des biens mat&#233;riels possibles (ou des services trait&#233;s comme des biens mat&#233;riels). Dans la conception &#233;conomique ambiante, l'utilisation de l'argent d&#233;pend des seules pr&#233;f&#233;rences de chacun, dont on n'examine pas le bien-fond&#233; ou la moralit&#233;. L'argent est donc en un sens le signe synth&#233;tique, pratiquement utilisable, de tout ce que nous pouvons nous procurer sur le march&#233; sans faire appel &#224; quoi que ce soit d'autre, valeur morale, amiti&#233;, liens humains etc. On le voit : en un sens, le march&#233; ainsi &#233;lev&#233; au r&#244;le de d&#233;miurge &#233;tend le r&#244;le synth&#233;tique de l'argent &#224; la synth&#232;se du temps, et en fait le miroir inverse de l'Eternit&#233;. On comprend alors la v&#233;h&#233;mence de ceux qui d&#233;noncent la financiarisation de la soci&#233;t&#233; : cela revient &#224; d&#233;noncer une r&#233;duction dramatique de l'humain au nom d'un parti d&#233;miurgique prom&#233;th&#233;en qui ne vise rien de moins que la ma&#238;trise du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, comme on peut sen douter par mes autres &#233;crits, je ne pense pas que cela soit la finance comme telle qui soit &#224; condamner : on ne reproche pas &#224; un outil ce qu'en fait un artisan mal intentionn&#233;. Mais cela &#233;claire le positionnement r&#233;el de la prise de d&#233;cision. Si, contrairement &#224; la vision d&#233;miurgique et r&#233;ductrice que nous avons &#233;voqu&#233;e, on cherche &#224; situer le processus de d&#233;cision &#233;conomique, y compris financier, dans le contexte de la r&#233;alit&#233; avec toutes ses dimensions, on est conduit &#224; prendre en compte plusieurs choses. D'abord, le fait que le seul temps r&#233;el pour nous est le pr&#233;sent, mais qu'il va dispara&#238;tre l'instant d'apr&#232;s. Ensuite, que nous projetons notre d&#233;cision sur un futur qui n'existe pas &#224; ce stade mais qui existera et envers lequel notre responsabilit&#233; est engag&#233;e, mais que nous ne pouvons pas conna&#238;tre d'un vrai savoir, car nous faisons seulement des hypoth&#232;ses. Enfin, que ces d&#233;cisions que nous prenons au fond sans bien savoir, malgr&#233; le soin que nous y mettons, sont tout sauf anecdotiques ou fugitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, bien s&#251;r, parce que leur cumul constitue notre avenir collectif, ce qui est d&#233;j&#224; une responsabilit&#233; majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ensuite aussi pour une raison plus profonde. Car si l'ensemble prend son sens dans l'Eternit&#233; de Dieu, chacune de ces d&#233;cisions est en un sens &#233;ternellement pr&#233;sente ; elle a donc sa valeur en elle-m&#234;me comme acte pos&#233; un jour par un &#234;tre humain ; et elle s'inscrit dans une tapisserie que nous verrons un jour, mais que Dieu voit &#8216;d&#233;j&#224;' si on peut dire (hors du temps), et &#224; laquelle Lui-m&#234;me travaille activement par ce qu'on appelle la Providence. Appara&#238;t alors ce qui fait la valeur essentielle de cet acte, de cette d&#233;cision quelle qu'elle soit : ins&#233;r&#233;e certes dans le temps du pr&#233;sent et orient&#233;e vers l'avenir, elle n'a vraiment tout son sens que sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; notre d&#233;cision financi&#232;re. Elle va prendre dans ce contexte un relief tout &#224; fait diff&#233;rent. Je serai toujours (de tout temps) cette personne qui ayant de l'argent &#224; placer, pos&#233;e dans son pr&#233;sent et apportant sa pierre &#224; une histoire qu'elle devine en construction, se pose des questions sur l'utilisation optimale de cet argent. Mais ma d&#233;cision se prendra autrement. Non seulement je ne m'illusionnerai pas sur le pouvoir pr&#233;dictif des march&#233;s, ou ma connaissance de l'avenir, mais je prendrai ma d&#233;cision en tentant d'ins&#233;rer mon acte dans l'ensemble de ce que Dieu attend de moi dans sa Providence ; et cela commence par le souci de la soci&#233;t&#233; humaine, de ce qu'elle est aujourd'hui et de ce qu'elle sera demain, y compris en termes &#233;cologiques ou de g&#233;n&#233;rations futures. Non que j'ai &#224; prendre tout seul en charge, puisque je ne suis qu'un point mouvant du temps, mais l&#224; o&#249; je suis, je poserai mes actes, y compris financiers, &#224; cette lumi&#232;re ; j'int&#233;grerai ces actes dans l'ensemble de mes responsabilit&#233;s envers Dieu et envers les hommes. Sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-Revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps.html</link>
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		<dc:date>2018-01-15T14:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Magist&#232;re catholique</dc:subject>
		<dc:subject>Autorit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;veloppement doctrinal</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pierre de Lauzun&lt;br class='autobr' /&gt;
La R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne ou l'&#233;ternit&#233; dans le temps &lt;br class='autobr' /&gt;
Lethielleux-Art&#232;ge 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi peut-elle changer ? Plus exactement, l'enseignement de l'Eglise, expression d'un Dieu Eternel, qui n'est pas soumis &#224; l'histoire, peut-il vraiment changer avec le temps ? Son origine, c'est la R&#233;v&#233;lation, la Bible : elle s'est &#233;tal&#233;e dans le temps, selon une longue histoire, mais pour culminer de fa&#231;on d&#233;finitive dans J&#233;sus, la v&#233;rit&#233; et la vie. V&#233;rit&#233; &#233;ternelle, donc immuable, cette r&#233;v&#233;lation fait cependant depuis l'objet d'un d&#233;veloppement dans le temps, authentifi&#233; par un magist&#232;re, comme le montre notamment la succession des conciles. Fait notable, il n'y a aucun &#233;quivalent &#224; un tel d&#233;veloppement dans toute l'histoire de l'humanit&#233;. Car il faut r&#233;unir deux id&#233;es : la permanence d'une v&#233;rit&#233; essentielle, mais dont le sens et les effets sont progressivement explicit&#233;s, au rythme d'une longue histoire. Et montrer que la promesse est honor&#233;e. Cela suppose que ce qui a &#233;t&#233; dit et authentifi&#233; garde sa valeur au cours des si&#232;cles ; mais peut avoir &#224; &#234;tre resitu&#233; ou d&#233;velopp&#233;. Comment est-ce possible, en &#233;vitant tout relativisme, mais en rendant compte de ce qui appara&#238;t au premier regard comme des changements ? C'est ce que ce livre explore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence lundi 28 mai &#224; 20 h au centre Berg&#232;re 9 rue Berg&#232;re 75009 Paris. Paroisse saint-Eug&#232;ne Sainte C&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.famillechretienne.fr/livres/foi/theologie/la-revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps-247857&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.famillechretienne.fr/li...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/revelation.jpg?1787417303' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editionsartege.fr/product/116019/la-revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.editionsartege.fr/produ...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction du livre (extraits)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qui dit foi au sens chr&#233;tien du terme dit R&#233;v&#233;lation divine, donc irruption divine dans le temps, donc des &#233;v&#233;nements dat&#233;s avec un avant et un apr&#232;s, en un mot une Histoire. Mais Dieu est &#233;ternel, hors du temps. L'id&#233;e de r&#233;v&#233;lation peut donc para&#238;tre paradoxale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs cette r&#233;v&#233;lation est &#224; la fois un message, pourvu d'un contenu qu'on peut analyser conceptuellement, et un appel &#224; relation avec un Etre qui nous d&#233;passe infiniment, bouleversant notre vie. Message qui est a priori conditionn&#233; par son lieu et son &#233;poque d'&#233;mergence, donc situ&#233; dans le temps - et cependant porteur d'une v&#233;rit&#233; absolue et intemporelle, laquelle doit nous parler l&#224; o&#249; nous sommes, et nous conduire hors du temps. Autre paradoxe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce double niveau &#233;ternel et historique op&#232;re &#224; tous les niveaux de la vie religieuse. Personnel d'abord, puisque la foi est l'irruption d'une rencontre, et la poursuite pendant toute sa vie des effets de cette rencontre, faisant de cette histoire personnelle une r&#233;alit&#233; chaque fois unique. Collectif ensuite, et &#224; plusieurs stades. D'abord au moment de cette R&#233;v&#233;lation. En effet, contrairement &#224; une philosophie ou une science, qui se cr&#233;ent par des ajouts et remises en cause successives qui sont sans importance en tant qu'&#233;v&#233;nements, la R&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne donne une valeur toute particuli&#232;re &#224; un ou des moments bien pr&#233;cis, ceux o&#249; Dieu S'est manifest&#233; &#224; un ou des hommes donn&#233;s. Cela cr&#233;e une diff&#233;rence de nature entre l'avant et l'apr&#232;s de ces &#233;v&#233;nements. Effet encore renforc&#233; par le fait que ces R&#233;v&#233;lations se sont &#233;tal&#233;es le long d'une histoire qui se trouve par-l&#224; rythm&#233;e et orient&#233;e. En outre la p&#233;riode qui suit la R&#233;v&#233;lation n'est pas inerte ou passive : c'est le moment d'un intense travail d'interpr&#233;tation, qui dans le catholicisme prend une forme cumulative. Enfin cette R&#233;v&#233;lation annonce &#224; l'Histoire quel sera son horizon, lui donnant son sens ultime et v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle perspective religieuse sur l'histoire est unique et, si elle est vraie, essentielle. Mais elle suppose la foi. Peut-on alors en rendre compte rationnellement ? Oui, et tel est mon objet ici. Je me situerai d'un point de vue philosophique, pour questionner avec les moyens de la raison ce que l'Eglise pense et dit sur la R&#233;v&#233;lation, prise comme message, et sur l'histoire du d&#233;veloppement de cette pens&#233;e et de ce discours. Il s'agit donc d'un angle particulier de r&#233;flexion sur la R&#233;v&#233;lation, nullement exclusif d'un autre. C'est notamment une d&#233;marche distincte de la th&#233;ologie, qui m&#232;ne ses interrogations &#224; partir de la R&#233;v&#233;lation elle-m&#234;me. Ici on utilisera la raison pour examiner le sens des affirmations ainsi pos&#233;es, m&#234;me si leur source ne d&#233;pend pas de la raison. Bien entendu, cette d&#233;marche est plus limit&#233;e que celle du croyant, qui se nourrit de cette R&#233;v&#233;lation comme Parole de Dieu, dans la perspective de sa vie de foi, avec Dieu et dans la pri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder la R&#233;v&#233;lation dans cette optique, c'est tenter de penser ce que peut signifier une irruption de l'&#233;ternit&#233; dans le temps, qui prend la forme d'un message articul&#233; dans un langage humain, ensuite pens&#233; et d&#233;velopp&#233;. Sachant en outre que non seulement ce processus vit dans l'Histoire et l'anime, mais que c'est &#224; lui que nous devons la notion m&#234;me d'Histoire... En d'autres termes, le d&#233;veloppement historique du message fait partie du plan de Dieu et r&#233;sulte de Sa volont&#233; de faire parvenir chaque homme et l'humanit&#233; &#224; un stade de maturit&#233; particuli&#232;re, par un processus libre et p&#233;dagogique, donc progressif. J'examinerai le sens rationnel de cette probl&#233;matique en premi&#232;re partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle R&#233;v&#233;lation est entre autre une forme de connaissance sp&#233;cifique, qui ne saurait &#234;tre examin&#233;e efficacement sans r&#233;f&#233;rence au cadre dans lequel elle a &#233;t&#233; donn&#233;e aux hommes et est depuis v&#233;cue par eux, c'est-&#224;-dire dans cette communaut&#233; vivant dans l'Histoire qu'on appelle Eglise. Laquelle a d&#233;velopp&#233; et continue &#224; d&#233;velopper le message de cette R&#233;v&#233;lation au cours des si&#232;cles, par une r&#233;flexion collective, cumulative et autoris&#233;e, qu'elle place sous les auspices de l'Esprit de Dieu et consid&#232;re anim&#233;e par Lui, dans un cadre appel&#233; Tradition. L'articulation entre R&#233;v&#233;lation et rationalit&#233; a d&#232;s lors fait l'objet d'un enseignement constamment enrichi, sur lequel les deux derniers conciles ont particuli&#232;rement r&#233;fl&#233;chi. J'en examinerai les traits principaux et la logique de l'affirmation sous-jacente, selon laquelle un tel travail historique est possible. On &#233;voquera notamment l'&#233;laboration progressive de ce qu'on appelle dogme. Ce mot est mal vu aujourd'hui, mais rappelons que c'est simplement la mise en forme rationnelle et autoris&#233;e de l'enseignement de la R&#233;v&#233;lation. Il conduit &#224; la question de l'autorit&#233;, elle aussi malmen&#233;e aujourd'hui, et pourtant naturelle dans la logique de ce message, puisque c'est le prolongement de l'id&#233;e de R&#233;v&#233;lation, qui suppose une Parole ins&#233;r&#233;e dans l'histoire mais qui fait autorit&#233; ensuite. C'est ce que nous verrons dans la deuxi&#232;me partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emergence dans notre monde et notre histoire d'une r&#233;alit&#233; autre, cette R&#233;v&#233;lation a pris la forme d'un texte, r&#233;cit d'une histoire sainte. D'o&#249; la question de la transmission de ce message et donc de la bonne lecture de ces textes, ce qu'on appelle l'ex&#233;g&#232;se. Or une ex&#233;g&#232;se rationaliste, aujourd'hui dominante, se pr&#233;sentant comme seule scientifique, conduit souvent &#224; remettre en cause l'historicit&#233; et la r&#233;alit&#233; de cette R&#233;v&#233;lation. Par l&#224; m&#234;me elle sape la rationalit&#233; que la R&#233;v&#233;lation pr&#233;tend garder. Nous verrons cependant les limites de cette suppos&#233;e scientificit&#233; ; et notamment l'incoh&#233;rence logique de la m&#233;thode, qui trop souvent examine en termes probabilistes, en refusant au d&#233;part de se placer dans la perspective de la foi, des textes qui ont au contraire pour seul r&#244;le de rapporter des faits exceptionnels, et de se pr&#233;senter comme une R&#233;v&#233;lation divine. Ce sera notre troisi&#232;me partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les textes compris dans leur lettre, et leur v&#233;rit&#233; factuelle cern&#233;e, il reste une &#233;tape importante, qui est leur interpr&#233;tation et le travail de d&#233;veloppement historique de ces dogmes et plus g&#233;n&#233;ralement de l'enseignement magist&#233;riel. Nous passerons en revue les diff&#233;rentes conceptions propos&#233;es de ce d&#233;veloppement, notamment les plus critiques. Il nous faudra notamment confronter la d&#233;marche chr&#233;tienne traditionnelle, fond&#233;e sur l'&#233;coute du texte comme texte de v&#233;rit&#233;, avec ce que j'appelle le d&#233;fi herm&#233;neutiste : cette interpr&#233;tation actuelle qui pr&#233;tend aborder le texte comme document soumis &#224; des relectures, variables selon les &#233;poques et lieux de vie, et d&#233;pendant de visions philosophiques successives. Ces points seront abord&#233;s dans la quatri&#232;me partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'examinerai ensuite dans une cinqui&#232;me partie d'abord quelle semble &#234;tre la conception la plus fid&#232;le du d&#233;veloppement du dogme ; et ensuite, avec plusieurs exemples concrets, les cas o&#249; il peut para&#238;tre &#224; l'&#339;il ext&#233;rieur remettre en cause des conceptions ant&#233;rieures, pour mieux &#233;valuer sa signification et ses enjeux. Ce qui se d&#233;gagera alors est le sens plus pr&#233;cis de l'insertion de ce message dans le seul contexte d'interpr&#233;tation qui lui rend r&#233;ellement justice, et qui est fond&#233; sur la notion de v&#233;rit&#233; incarn&#233;e : une v&#233;rit&#233; &#233;ternelle se d&#233;voilant dans le temps et dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/05/r&#233;v&#233;lation-et-tradition.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lesalonbeige.blogs.com/my_we...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.famillechretienne.fr/livres/foi/theologie/la-revelation-chretienne-ou-l-eternite-dans-le-temps-247857&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.famillechretienne.fr/li...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une analyse mi-&#233;logieuse, mi-critique de S. Taussig dans Archives des sciences sociales des religions oct-d&#233;c 2019 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/assr/49153&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/as...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transhumanisme : &#224; quoi joue-t-on ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Transhumanisme-a-quoi-joue-t-on.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Transhumanisme-a-quoi-joue-t-on.html</guid>
		<dc:date>2018-01-07T14:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Relativisme</dc:subject>
		<dc:subject>Transhumanisme</dc:subject>
		<dc:subject>Immortalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Vie &#233;ternelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On parle de transhumanisme pour d&#233;signer l'utilisation &#224; l'avenir de technologies en plein d&#233;veloppement afin de transformer l'homme lui-m&#234;me. Ces technologies rel&#232;vent de la biologie, de l'informatique, des sciences de l'information ou d'autres, en g&#233;n&#233;ral comprises comme combin&#233;es entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du transhumanisme lui va d'un simple &#8216;homme augment&#233;', mais devenu alors massivement sup&#233;rieur aux autres hommes, &#224; un homme &#8216;immortel' ou en tout cas &#8216;post-humain', &#233;chappant &#224; la nature humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des projets titanesques qui m&#233;ritent quelque r&#233;flexion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Sciences-et-techniques-.html" rel="directory"&gt; Technologies, r&#233;seaux sociaux, transhumanisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Temps-et-eternite-+.html" rel="tag"&gt;Temps et &#233;ternit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relativisme-+.html" rel="tag"&gt;Relativisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Transhumanisme-233-+.html" rel="tag"&gt;Transhumanisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Immortalite-+.html" rel="tag"&gt;Immortalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Vie-eternelle-+.html" rel="tag"&gt;Vie &#233;ternelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On parle de transhumanisme pour d&#233;signer l'utilisation future de technologies r&#233;centes et en plein d&#233;veloppement afin de transformer l'homme lui-m&#234;me ; ces technologies rel&#232;vent de la biologie, de l'informatique, des sciences de l'information ou d'autres, en g&#233;n&#233;ral comprises comme combin&#233;es entre elles. Quant au but du transhumanisme, il faut distinguer plusieurs niveaux de signification et de port&#233;e assez diff&#233;rente. La principale distinction est entre ce qu'on peut appeler &#8216;homme augment&#233;', et l'homme &#8216;immortel' ou le &#8216;post-humain'.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'homme augment&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a en effet d'abord un transhumanisme mod&#233;r&#233;, visant &#224; &#8216;augmenter' l'homme. Cela peut se faire en renfor&#231;ant ses capacit&#233;s dans des domaines vari&#233;s, physiques, intellectuelles, cognitives etc. Un individu ainsi dot&#233; pourrait par exemple par effet biologique ou par une forme de proth&#232;se technique voir bien mieux et la nuit, courir beaucoup plus vie, calculer et traiter l'information comme un ordinateur, brancher son cerveau sur Internet etc. au point que la diff&#233;rence entre l'individu et son &#8216;augmentation' finirait par ne plus appara&#238;tre, en tout cas ext&#233;rieurement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait expliquer ici que si on en reste l&#224;, le changement apport&#233; par un tel transhumanisme reste limit&#233;. Car tout homme utilisant un outil, un v&#233;hicule, un instrument etc., est en un sens un homme augment&#233;, &#224; commencer par des lunettes ou une bicyclette. On pourrait alors dire que ces transformations ne remettent donc pas en cause la conception m&#233;taphysique de l'homme. Et m&#234;me qu'un tel progr&#232;s technique est caract&#233;ristique de l'homme. En effet d&#232;s ses origines l'homme a pour propre d'&#234;tre capable d'augmentation. Cela r&#233;sulte du fait qu'il est aussi un esprit, et que donc dans son op&#233;ration il &#233;chappe en partie aux contraintes de la mati&#232;re, est capable de comprendre assez de celle-ci pour imaginer des moyens d'accro&#238;tre sa capacit&#233; &#224; agir sur elle. Nous avons d&#233;j&#224; des gens qui sont plus intelligents, plus rapides, plus beaux etc. que d'autres. Cela ne ferait qu'accro&#238;tre ce ph&#233;nom&#232;ne. Sauf que cela pose plusieurs probl&#232;mes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est que d&#233;sormais on pourra et devra acheter cette augmentation ; elle ne sera pas d'embl&#233;e disponible &#224; tous. Et ceux qui y auront acc&#232;s auront un avantage comp&#233;titif, dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la comp&#233;tition est encore plus importante que dans les soci&#233;t&#233;s pr&#233;c&#233;dentes. Ils auront donc tendance &#224; gagner de plus en plus syst&#233;matiquement. Leur succ&#232;s sera donc cumulatif. Les plus riches seront les plus dot&#233;s techniquement, et ils auront sans cesse plus de succ&#232;s. D'un c&#244;t&#233; l'&#233;galit&#233; dans la comp&#233;tition subsistera, au moins en apparence, mais d'un autre c&#244;t&#233; il sera de plus en plus manifeste que seuls certains en profitent. On s'offusque des in&#233;galit&#233;s, mais on n'a donc encore rien vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera d'autant plus net que la manipulation g&#233;n&#233;tique permettra de s&#233;lectionner les individus les plus aptes, et surtout d'enrichir leur potentiel g&#233;n&#233;tique. De tels individus seront alors par excellence, et pourra-t-on pr&#233;tendre avec justice, les ma&#238;tres de la soci&#233;t&#233;. Ils organiseront m&#234;me le jeu de l'&#233;volution &#224; leur profit et surtout de leur descendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y ajouterait le fait que ces syst&#232;mes nouveaux, au-del&#224; de l'augmentation directe de certains hommes, ont toutes chances d'&#233;liminer les humains ordinaires d'un grand nombre de fonctions que des robots assureront beaucoup mieux. En outre on peut imaginer que des syst&#232;mes experts, des algorithmes beaucoup plus perfectionn&#233;s, sauront non seulement effectuer bien plus efficacement des fonctions que les humains accomplissent aujourd'hui, mais pourront prendre en charge le guidage g&#233;n&#233;ralis&#233; de la soci&#233;t&#233; et des personnes. A commencer par la conduite de v&#233;hicule, le diagnostic m&#233;dical et les soins, une bonne partie de l'enseignement, etc. M&#234;me si on met de c&#244;t&#233; le phantasme d'une prise de pouvoir par les robots, le risque est r&#233;el d'une soci&#233;t&#233; o&#249; une grande partie des humains reste largement oisifs et inutiles, entretenus par des machines 'intelligentes' et donc surveill&#233;s par elles. Voire manipul&#233;s dans leurs d&#233;sirs m&#234;mes. Tandis qu'une minorit&#233; assez faible restera en &#233;tat de contr&#244;ler le m&#233;canisme ; m&#234;me si bien s&#251;r elle sera plus que jamais &#224; sous la menace de forces hostiles, &#224; commencer par des hackers venant joyeusement perturber le beau programme de ces surhommes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;passement de l'homme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a cependant au-del&#224; une deuxi&#232;me conception du transhumanisme, qui va beaucoup plus loin dans sa logique. Son objectif en fin de compte est un &#234;tre allant bien au-del&#224; de l'humain tel qu'il existe, et notamment disposant d'une forme d'immortalit&#233;. Cela suppose l'&#233;mergence d'un &#234;tre en un sens post-humain, et non plus humain augment&#233;, et qui ne serait plus d&#233;pendant des limites de notre corps biologique actuel. Mais pour qu'on puisse encore parler de post-humain, il faut imaginer qu'il y ait une forme de continuit&#233; entre un individu humain et un tel &#234;tre, mais que ce qui fait la personnalit&#233; y compris la conscience de cet individu (et sa m&#233;moire) &#233;chappe &#224; son support biologique (ou &#224; ses limites). L'id&#233;e est donc que ce qu'on appelle ailleurs l'&#226;me d'une personne puisse &#234;tre saisi par une forme de technologie en l'abstrayant de ce support biologique tel qu'il est. Mais cela suppose &#233;videmment que cette &#226;me, ou esprit, puisse &#234;tre appr&#233;hend&#233;e comme un programme informatique au sens large. Ce qui permet ensuite de la restituer sur une base mat&#233;rielle diff&#233;rente, qu'elle soit physique ou biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment cela accro&#238;t massivement les effets d'in&#233;galit&#233; qu'on a relev&#233;s. Mais en m&#234;me temps cela conduit d'un point de vue philosophique &#224; un saut qualitatif majeur. Car pour que cela marche, il faut qu'on puisse traiter par des moyens mat&#233;riels ce qu'on appelle esprit, &#226;me, personnalit&#233;, etc. Ce qui veut dire qu'un tel transhumanisme radical est fondamentalement mat&#233;rialiste : il suppose vraie la conception mat&#233;rialiste du monde &#8211; ce qui n'&#233;tait pas n&#233;cessairement le cas pour l'homme augment&#233;. En regard, toutes les conceptions spiritualistes, au sens large du terme, pensent que l'&#226;me humaine n'est pas r&#233;ductible &#224; une r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, qu'elle soit physico-chimique, biologique ou autre. Et beaucoup d'entre elles en d&#233;duisent l'immortalit&#233; de l'&#226;me, y compris quand ils pensent que l'&#226;me et le corps sont li&#233;s dans une seule notion de la personne humaine. Pour un philosophe d'inspiration thomiste par exemple, l'&#226;me est ce qu'il appelle la forme du corps et lui est li&#233;e d'une fa&#231;on irr&#233;ductible : c'est elle qui fait de ce corps un corps humain et seul l'ensemble des deux est pleinement un &#234;tre humain. Mais il n'en pense pas moins que l'&#226;me est en soi une r&#233;alit&#233; non mat&#233;rielle, &#233;ventuellement s&#233;parable du corps (c'est pour le catholique ce qui se passe pour l'&#226;me des morts ainsi avant le jugement dernier). Dans tous ces cas, il est exclu qu'un proc&#233;d&#233; mat&#233;riel puisse s'emparer de cette r&#233;alit&#233;, qui n'est pas de l'ordre mat&#233;riel m&#234;me si elle a besoin de la mati&#232;re comme support.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire une chose simple : si les transhumanistes radicaux r&#233;ussissaient leur op&#233;ration, ce serait la preuve que le mat&#233;rialisme avait raison, et que les conceptions spirituelles sont fausses. Ce serait donc un cas, rare, o&#249; une r&#233;alisation scientifique trancherait de fa&#231;on semble-t-il d&#233;finitive un d&#233;bat philosophique majeur. Mais du coup la dignit&#233; humaine volerait en &#233;clat. Le devenir essentiel d'un &#234;tre humain ne serait plus une question de dignit&#233; intrins&#232;que, mais de purs moyens. Aurait droit &#224; une forme d'immortalit&#233; celui qui pourrait se le permettre ; les autres &#233;tant renvoy&#233;s au n&#233;ant, &#224; un nouveau Sch&#233;ol. Entre autres victimes collat&#233;rales, la d&#233;mocratie serait alors une farce sans signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais du coup aussi, m&#234;me pour les gagnants le r&#233;sultat resterait m&#233;taphysiquement assez d&#233;risoire. Car ce qu'on appelle transcender l'humain dans une telle conception resterait quelque chose de modeste. Au fond cela &#233;quivaudrait &#224; passer &#224; la version 2.0 d'un &#171; appareil &#187; qui est rest&#233; 1.0 pendant des mill&#233;naires, mais qui resterait un simple dispositif technique. En r&#233;alit&#233; donc m&#234;me si &#231;a marchait on ne transcenderait rien. Et il y a pire : car si dans le meilleur des cas, on pourrait esp&#233;rer &#234;tre &#8216;immortel', ce ne serait qu'en ce sens qu'on ne serait pas certain de mourir. Mais ce ne serait pas par nature, car la vuln&#233;rabilit&#233; de la mati&#232;re subsisterait. Et donc la vuln&#233;rabilit&#233; des int&#233;ress&#233;s : apr&#232;s tout, un programme informatique &#231;a s'efface, une machine, &#231;a se casse. D'o&#249; la terrible angoisse qui hanterait ses b&#233;n&#233;ficiaires : ils pourraient peut-&#234;tre survivre, mais ils pourraient aussi &#234;tre liquid&#233;s. Notamment par les sous-hommes. Ou les hackers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe donc est au fond la grande m&#233;diocrit&#233; m&#233;taphysique de telles aspirations. Comparons avec la foi chr&#233;tienne par exemple, qui vous dit que vous &#234;tes &#8216;&lt;i&gt;capax Dei&lt;/i&gt;', capable de recevoir Dieu (qui Se donne &#224; nous, si nous L'acceptons). Un r&#233;el infini, &#233;ternel de surcro&#238;t. Un tout autre programme !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le temps, la finance et l'&#233;ternit&#233;</title>
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		<dc:date>2015-06-10T13:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>
		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Relativisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ins&#233;r&#233; dans le flux du temps, l'homme se trouve en permanence confront&#233; &#224; l'&#233;nigme de l'incertitude sur l'avenir, et &#224; la n&#233;cessit&#233; cependant de prendre des d&#233;cisions. Ce qui l'inscrit dans le temps et son &#233;nigme. Le futur est pour nous inconnu, en fait n'existe pas encore, et c'est cependant en fonction de lui que nous d&#233;cidons aujourd'hui. Nous avons donc un besoin vital d'une r&#233;flexion philosophique, et m&#234;me spirituelle, sur le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;clairage vaut aussi pour la d&#233;cision financi&#232;re &#8211; c'en est m&#234;me un point d'application privil&#233;gi&#233;. Ce n'est bien s&#251;r pas pour suivre la th&#233;orie financi&#232;re dominante, convaincue de l'efficience absolue des march&#233;s, dans son illusion &#233;trange de maitriser le futur et d'incarner la rationalit&#233;. Mais c'est bien plut&#244;t par l'inscription de tout instant de notre vie, de toute d&#233;cision, y compris financi&#232;re, dans la perspective de cette construction &#224; valeur &#233;ternelle qu'est notre destin&#233;e, et notre histoire au fil du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps, la finance et l'&#233;ternit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ins&#233;r&#233; dans le flux du temps, l'homme se trouve en permanence confront&#233; &#224; l'&#233;nigme de l'incertitude sur l'avenir, et &#224; la n&#233;cessit&#233; cependant de prendre des d&#233;cisions. Parler de d&#233;cision implique l'avenir, qui n'existe pas encore, et nous inscrit donc imm&#233;diatement dans le temps. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;clairage donn&#233; par une r&#233;flexion philosophique et m&#234;me spirituelle sur le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arri&#232;re-plan philosophique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose pour moi de fa&#231;on abrupte : le temps ne prend son sens que par rapport &#224; l'&#233;ternit&#233;. Le philosophe anglais McTaggart avait pos&#233; comme suit le dilemme qui s'offre &#224; la pens&#233;e rationnelle, entre deux conceptions irr&#233;ductibles du temps : le temps v&#233;cu du moment, seul r&#233;el pour nous, mais isol&#233; entre un pass&#233; r&#233;volu et un avenir non pr&#233;sent ; et le temps lin&#233;aire de la datation, objectif mais impersonnel. A un extr&#234;me, on a le temps subjectif, l'imm&#233;diatet&#233; du pr&#233;sent, ind&#233;niablement seule r&#233;alit&#233; v&#233;cue directement par nous, donc en un sens la seule r&#233;elle - mais fuyant &#224; chaque instant, entre un pass&#233; d&#233;sormais insaisissable et un futur encore irr&#233;el (&#8216;temps A'). A l'autre bout, on a le temps objectif : une &#233;chelle de mesure, o&#249; pass&#233;, pr&#233;sent et futur sont sur un m&#234;me plan : la seule scientifique, mais dont les donn&#233;es de base, pass&#233; et futur, n'existent pas aujourd'hui (&#8216;temps B'). Les penseurs anglo-saxons d&#233;battent de savoir laquelle est la bonne, celle qui d&#233;crit vraiment la r&#233;alit&#233;. Or ces deux conceptions sont incompatibles et irr&#233;conciliables si on les prend telles quelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon sens ce dilemme ne peut &#234;tre lev&#233; qu'en acceptant un autre regard, hors du temps, celui de l'&#233;ternit&#233; : Dieu. Dans la conception classique, thomiste, l'&#233;ternit&#233; est hors du temps en cela qu'elle ne lui est pas soumise : elle le transcende et l'englobe tout entier. Hors du temps, elle voit et saisit l'ensemble du temps : donc toute l'&#233;chelle du temps B, ordonn&#233;e selon sa place dans la succession, pass&#233; et futur compris. Mais elle le voit et saisit avec la r&#233;alit&#233; de notre pr&#233;sent, du temps A. Et donc les deux dimensions sont saisies ensemble et int&#233;gr&#233;es dans une vision globale. Pour qui reconna&#238;t l'existence de Dieu, la question du temps est donc tr&#232;s diff&#233;rente de ce qu'elle est pour qui la refuse. Il dispose d'un regard, m&#234;me lointain et imparfait, sur cet arri&#232;re-plan immense qui donne sa profondeur au temps. Un tel parti choque bien des esprits modernes, qui refusent a priori l'id&#233;e d'&#233;ternit&#233;, et celle de Dieu. Mais pour celui qui, de fa&#231;on rationnelle, reconna&#238;t l'&#233;ternit&#233; de Dieu, il en est diff&#233;remment. Sa r&#233;flexion int&#232;gre ce qu'il sait &#234;tre une r&#233;alit&#233; essentielle : l'existence, &#224; la source de notre monde, d'un Esprit infini, &#233;chappant au temps dont Il est le cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre cet Esprit &#233;ternel a un dessein sur nous ; sa premi&#232;re expression est notre existence m&#234;me et son d&#233;roulement dans le temps, dont il voit et le d&#233;but et la fin et l'instant pr&#233;sent. Ce qui est pour moi l'imm&#233;diat du pr&#233;sent l'est aussi pour Lui. Mais mon futur (et mon pass&#233;) est tout aussi imm&#233;diat pour lui. Il sait donc ce que je vais devenir, les cons&#233;quences de mes actes ; mieux : Il les voit. Sur cette base s'&#233;claire l'&#233;nigme de notre destin&#233;e, de notre histoire. Certes elle est impr&#233;visible pour nous, qui vivons dans notre pr&#233;sent fugitif, munis de notre libert&#233;, d'autant que la libert&#233; des autres la rend encore plus radicalement impr&#233;visible. Ce qui d'ailleurs invalide toute pr&#233;tention de toute forme de sciences humaines &#224; la pr&#233;vision (certaine). Mais cette destin&#233;e est connue de Dieu dans sa totalit&#233; ; en outre, Il l'ordonne &#224; un but : l'offre qu'Il nous fait d'un Bien supr&#234;me, qui lui donne son sens, et qui se construit dans le temps par nos actes. Notre temporalit&#233; est donc (pour nous) l'espace de d&#233;ploiement de notre personnalit&#233; en devenir, o&#249; en un sens nous ignorons qui nous sommes, car nous ignorons qui nous serons demain &#8211; mais o&#249; en m&#234;me temps nous sommes plac&#233;s sous le regard aimant de l'&#233;ternit&#233; divine, qui seule nous conna&#238;t dans notre visage &#233;ternel, nous accompagne, nous oriente, et nous redonne sans cesse nos chances jusqu'au terme de notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas de la d&#233;cision financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision d'ensemble (que j'ai d&#233;velopp&#233;e dans Temps Histoire Eternit&#233;) peut nous donner un &#233;clairage concret, y compris dans des champs apparemment tr&#232;s &#233;loign&#233;es des perspectives philosophiques ou religieuses : les questions d'argent, la finance. Voyons comment. Quand des biens ou des services sont dans le champ de d&#233;cision de quelqu'un, qu'il n'utilise pas lui-m&#234;me, il les propose &#224; des personnes ou entit&#233;s qu'il ne contr&#244;le pas. Soit sans attente d'un retour stipul&#233; &#224; l'avance : c'est le don ; soit dans l'attente d'un retour pr&#233;cis : c'est ce qu'on appelle une transaction. Dans ce dernier cas, notre agent cherchera les opportunit&#233;s &#224; sa port&#233;e, pour d&#233;cider cas par cas avec chaque contrepartie qu'est-ce qui est &#233;chang&#233; contre quoi. Economiquement, il aura int&#233;r&#234;t &#224; &#233;largir le plus possible le champ consid&#233;r&#233;, et &#224; &#234;tre libre des modalit&#233;s de la transaction. On reconna&#238;t l&#224; ce qu'on appelle le march&#233;, qui fonctionnera d'autant mieux que la confrontation sera large et transparente. D'o&#249; la notion de march&#233; organis&#233; (qu'on appelle Bourse) ; sachant que dans de nombreux cas le march&#233; reste imparfait. Une institution, la monnaie, permet en outre de disposer d'un instrument universel d'&#233;change et de calcul, puisqu'on peut ainsi comparer toutes les opportunit&#233;s possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci vaut aussi pour les biens de production, et en particulier pour le capital ; dans ce cas, le calcul porte sur le flux de biens futurs qu'on esp&#232;re tirer du fait qu'on a mis &#224; la disposition d'un autre une somme d'argent qu'on n'utilise pas soi-m&#234;me. Ce qu'on appelle finance affecte alors cet argent &#233;pargn&#233; &#224; des usages possibles, des investissements, ou une consommation anticip&#233;e. Du point de vue de l'investisseur, elle arbitre donc entre les investissements possibles, les diff&#233;rents projets en lice. Elle choisit de financer ceux qui pr&#233;sentent le meilleur r&#233;sultat (au sens large) pour un certain risque qu'on accepte d'assumer. Il n'est en effet pas question de n'assumer aucun risque, car le retour de l'argent (remboursement avec int&#233;r&#234;ts, profits, revente etc.) se situe dans l'avenir et la capacit&#233; de la contrepartie ou du projet &#224; tenir son engagement ou ses promesses n'est pas garantie. Les projets les plus profitables sont d'ailleurs normalement plus risqu&#233;s ; sinon ils auraient &#233;t&#233; arbitr&#233;s : l'afflux d'argent aurait fait monter le prix d'entr&#233;e et d&#232;s lors r&#233;duit leur rentabilit&#233;. Mais refuser l'id&#233;e du risque, c'est on l'a dit la certitude de l'immobilisme et donc en d&#233;finitive un risque plus important encore, puisqu'on cesse alors de pr&#233;parer l'avenir. Il ne s'agit pas non plus de jouer &#224; la roulette : l'investissement responsable est d'abord un inversement soigneusement &#233;tudi&#233; et soupes&#233;. La finance a donc essentiellement &#224; voir avec l'avenir, et avec un avenir &#224; risque. Mais la d&#233;cision se prend au pr&#233;sent. Le march&#233; financier est un outil aidant ou souvent permettant seul ce choix, par la possibilit&#233; qu'il offre de confrontation syst&#233;matique des projets en concurrence. M&#234;me si ce n'est ni un passage oblig&#233;, ni bien s&#251;r une panac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'&#233;tendrai pas ici sur les limites bien connues ou non de ce syst&#232;me ou de ces m&#233;canismes, mais sur leur signification pour notre propos. Ce qui caract&#233;rise cette pratique collective en regard de la question du temps, c'est d'abord le chiffrage ; on ne saisit les biens &#233;chang&#233;s que sous un angle, qui est leur chiffrage mon&#233;taire. En outre, dans le cas de la finance, comme il s'agit de biens de production (actions) ou de cr&#233;ances sur l'avenir (dette) il s'agit toujours d'&#233;v&#233;nements futurs, au moins en partie al&#233;atoires. Le prix d'une action est au fond un essai d'&#233;valuation chiffr&#233;e synth&#233;tique de la valeur pour nous maintenant d'un flux futur al&#233;atoire d'argent futur. En outre ce prix est d&#233;fini par comp&#233;tition entre les &#233;valuations en pr&#233;sence ; si la demande des autres est forte (s'ils sont optimistes sur la valeur actuelle de ce flux futur) ils payeront plus cher le titre et donc cela me contraindra moi dans mes d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons donc ici de fa&#231;on tr&#232;s sch&#233;matis&#233;e, et r&#233;duite &#224; une seule dimension du fait de la limitation &#224; la perspective mon&#233;taire, les deux temps A et B de McTaggart. D'un c&#244;t&#233;, mon &#233;valuation prend comme r&#233;f&#233;rence le temps B lin&#233;aire : elle tente d'&#233;valuer un flux futur de ressources &#233;tal&#233;e selon cette &#233;chelle de temps (un temps qui n'existe pas encore). Mais d'un autre c&#244;t&#233; elle le ram&#232;ne au pr&#233;sent (temps A) en synth&#233;tisant cet ensemble futur dans un chiffre qui seul sera imm&#233;diatement op&#233;rationnel : c'est le prix que j'aurai &#224; payer (si je suis acheteur) ou que je recevrai (si je suis vendeur). Et cette synth&#232;se se fait par confrontation de toutes les opinions disponibles (et pr&#233;f&#233;rences) &#224; l'&#233;gard de ce futur. En m&#234;me temps cela comporte ce qu'on appelle un coefficient d'actualisation, c'est-&#224;-dire une &#233;valuation de la valeur actuelle d'un argent futur par le seul fait qu'il est futur ; comme on suppose chez les acteurs une pr&#233;f&#233;rence pour le pr&#233;sent, cet argent futur vaut en g&#233;n&#233;ral moins aujourd'hui qu'il ne vaudra alors.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tentation du d&#233;miurge : Mammon dieu de l'argent&lt;br class='autobr' /&gt;
Que peut-on attendre d'un tel march&#233; ? On peut rester pragmatiste et n'y voir que la confrontation &#224; un moment donn&#233; d'un ensemble d'ordres d'achats et de ventes, offrant le plus large choix aux uns et aux autres. C'est l'attitude la plus raisonnable. Mais la th&#233;orie financi&#232;re a &#233;t&#233; beaucoup plus ambitieuse, &#224; travers sa th&#233;orie des march&#233;s efficients. Selon cette conception, dominante en finance jusqu'&#224; la crise et encore largement depuis, le march&#233; confronte de la fa&#231;on la plus efficace l'ensemble des informations disponibles &#224; un moment donn&#233; et donne donc de fa&#231;on synth&#233;tique la meilleure image possible de l'avenir. D&#232;s lors ce r&#233;sultat peut et doit avoir valeur de guidage pour l'action et toute d&#233;cision en mati&#232;re &#233;conomique doit en bonne logique prendre comme &#233;talon ces valorisations. Toute la comptabilit&#233; en r&#233;sulte alors, tout le calcul financier et toute prise de d&#233;cision. Et en particulier il n'est plus besoin de r&#233;fl&#233;chir en termes de responsabilit&#233;, encore moins de long terme : tout est synth&#233;tis&#233; dans le prix. Lequel fait en revanche l'impasse sur les valeurs et priorit&#233;s non mon&#233;taires, suppos&#233;es relever du seul choix priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, le march&#233; ainsi con&#231;u, bien au-del&#224; de son r&#244;le pratique, prend alors une fonction d&#233;miurgique : non seulement c'est un crit&#232;re universel, mais c'est un crit&#232;re chiffr&#233;, op&#233;rationnel pour int&#233;grer l'avenir dans notre pr&#233;sent. Nous soup&#231;onnons alors que la fonction d'int&#233;gration des deux facettes A et B du temps, qui n'est en soi possible que dans l'Eternit&#233; de Dieu, est dans une certaine mesure revendiqu&#233;e ainsi par une autre r&#233;alit&#233; : l'argent. Rappelons ici les tr&#232;s dures paroles de l'Evangile sur le fait qu'on ne peut pas servir deux ma&#238;tres : Dieu et l'argent : cela implique de poser ces deux termes en alternative. De fait, rappelons-le, et comme son grand th&#233;oricien Georg Simmel l'a bien montr&#233;, l'argent est le moyen synth&#233;tique d'&#233;valuer et de se procurer, de fa&#231;on humainement suppos&#233;e neutre, l'ensemble des biens mat&#233;riels possibles (ou des services trait&#233;s comme des biens mat&#233;riels). Dans la conception &#233;conomique ambiante, l'utilisation de l'argent d&#233;pend des seules pr&#233;f&#233;rences de chacun, dont on n'examine pas le bien-fond&#233; ou la moralit&#233;. L'argent est donc le signe synth&#233;tique, pratiquement utilisable, de tout ce que nous pouvons nous procurer sur le march&#233; sans faire appel &#224; quoi que ce soit d'autre, valeur morale, amiti&#233;, liens humains etc. On le voit alors : en un sens, le march&#233; ainsi &#233;lev&#233; au r&#244;le de d&#233;miurge &#233;tend le r&#244;le synth&#233;tique de l'argent &#224; la synth&#232;se du temps, et en fait le miroir inverse de l'Eternit&#233;. On comprend alors la v&#233;h&#233;mence de ceux qui d&#233;noncent la financiarisation de la soci&#233;t&#233; : cela revient &#224; d&#233;noncer une r&#233;duction dramatique de l'humain au nom d'un parti d&#233;miurgique prom&#233;th&#233;en, qui ne vise rien de moins que la ma&#238;trise du temps. Ambition d&#233;mentielle s'il en est, mais logique dans la perspective de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est en m&#234;me temps manifeste de ce qui pr&#233;c&#232;de que ce n'est pas la finance comme telle qui p&#232;che : on ne reproche pas &#224; un outil ce qu'en fait un artisan mal intentionn&#233;. Le march&#233; financier, ramen&#233; &#224; de justes proportions, a un r&#244;le pratique : il permet &#224; l'argent &#233;pargn&#233; de s'investir ou de se red&#233;ployer, et d'op&#233;rer une confrontation indispensable. L&#224; n'est pas la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous int&#233;resse est d'&#233;clairer le positionnement r&#233;el de la prise de d&#233;cision, si, contrairement &#224; la vision d&#233;miurgique et r&#233;ductrice que nous avons &#233;voqu&#233;e, on cherche &#224; situer le processus de d&#233;cision &#233;conomique et financier dans le contexte de la r&#233;alit&#233;, avec toutes ces dimensions. On rappellera d'abord le fait que le seul temps r&#233;el pour nous est le pr&#233;sent, mais qu'il va dispara&#238;tre l'instant d'apr&#232;s. Ensuite que nous projetons notre d&#233;cision sur un futur qui n'existe pas &#224; ce stade, mais qui existera, envers lequel notre responsabilit&#233; est engag&#233;e, mais que nous ne pouvons conna&#238;tre d'un vrai savoir, car nous faisons seulement des hypoth&#232;ses. Enfin que ces d&#233;cisions que nous prenons au fond sans bien savoir, malgr&#233; le soin que nous y mettons, sont tout sauf anecdotiques ou fugitives. D'abord parce que leur cumul constitue notre avenir collectif : &#224; soi seul cela justifierait que nous y mettions le plus grand soin. Y compris si nous ne sommes pas croyants. Ensuite, pour celui qui reconna&#238;t l'existence de Dieu, et de l'Eternit&#233;, pour une raison plus profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si l'ensemble de ce qui a &#233;t&#233;, est et sera, comme de ce qui est v&#233;cu &#224; chaque instant, prend son sens dans l'Eternit&#233; de Dieu, chacune de ces d&#233;cisions est en un sens &#233;ternellement pr&#233;sente. Elle a donc sa valeur en elle-m&#234;me, absolue &#224; sa fa&#231;on, comme acte pos&#233; un jour par un &#234;tre humain, mais vu &#233;ternellement par Dieu. Et donc elle s'inscrit dans une tapisserie que nous verrons un jour, mais que Dieu voit &#8216;d&#233;j&#224;' si on peut dire, et &#224; laquelle Lui-m&#234;me travaille activement par ce qu'on appelle la Providence. Appara&#238;t alors ce qui fait la valeur essentielle de tout acte, de toute d&#233;cision quelle qu'elle soit : ins&#233;r&#233;e certes dans le temps du pr&#233;sent et orient&#233;e vers l'avenir, elle n'a vraiment tout son sens que sous l'angle de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons alors &#224; notre d&#233;cision financi&#232;re. Elle prend dans ce contexte un relief tout &#224; fait diff&#233;rent. Je serai pour toujours cette personne qui ayant aujourd'hui de l'argent &#224; placer, pos&#233;e dans son pr&#233;sent et apportant sa pierre &#224; une histoire qu'elle devine en construction, se pose des questions sur l'utilisation optimale de cet argent. Mais d&#232;s lors ma d&#233;cision se prendra autrement que ne le serait la d&#233;cision de l'incroyant. Non seulement je ne m'illusionnerai pas sur le pouvoir pr&#233;dictif des march&#233;s, ou sur ma connaissance de l'avenir, mais je prendrai ma d&#233;cision en tentant d'ins&#233;rer mon acte dans la perspective de ce que Dieu attend de moi dans sa Providence ; cela commence par le souci de la soci&#233;t&#233; humaine, de ce qu'elle est aujourd'hui et de ce qu'elle sera demain - y compris en termes &#233;cologiques ou de g&#233;n&#233;rations futures. Non que j'ai &#224; les prendre tout seul en charge, &#233;videmment, puisque je ne suis qu'un point mouvant du temps parmi des millions d'autres. Mais l&#224; o&#249; je suis, je poserai mes actes, y compris financiers, &#224; cette lumi&#232;re et j'int&#233;grerai ces actes dans l'ensemble de mes responsabilit&#233;s envers Dieu et envers les hommes, avec vocation &#224; l'&#233;ternit&#233;. Ce qui leur donne une toute autre signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur la base d'une conf&#233;rence donn&#233;e &#224; l'Ecole des Mines le 2 juin 2015.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Temps Histoire Eternit&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Temps et &#233;ternit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Dieu</dc:subject>

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&lt;p&gt;Notre &#233;poque est plus sensible que tout autre au temps, de Hegel &#224; Heidegger ou Ric&#339;ur en passant par Nietzsche et Bergson. Elle a bien vu avec McTaggart le dilemme qui s'offre &#224; la pens&#233;e rationnelle entre deux conceptions irr&#233;ductibles du temps : le temps v&#233;cu du moment, seul r&#233;el pour nous, mais isol&#233; entre un pass&#233; r&#233;volu et un avenir non pr&#233;sent ; et le temps lin&#233;aire de la datation, objectif mais impersonnel. En m&#234;me temps elle lutte avec l'&#233;nigme de l'histoire : lieu de libert&#233;, ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/temps-histoire-eternite.jpg?1787417305' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paroleetsilence.com/Temps-histoire-eternite_oeuvre_781.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.paroleetsilence.com/Tem...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;poque est plus sensible que tout autre au temps, de Hegel &#224; Heidegger ou Ric&#339;ur en passant par Nietzsche et Bergson. Elle a bien vu avec McTaggart le dilemme qui s'offre &#224; la pens&#233;e rationnelle entre deux conceptions irr&#233;ductibles du temps : le temps v&#233;cu du moment, seul r&#233;el pour nous, mais isol&#233; entre un pass&#233; r&#233;volu et un avenir non pr&#233;sent ; et le temps lin&#233;aire de la datation, objectif mais impersonnel. En m&#234;me temps elle lutte avec l'&#233;nigme de l'histoire : lieu de libert&#233;, ou d'accumulation de d&#233;terminismes ; destin incontournable, ou ouverture absolue. Ce dilemme ne peut &#234;tre lev&#233; qu'en acceptant un autre regard, hors du temps : celui o&#249; se situe l'&#233;ternit&#233; de Dieu. Bien qu'approch&#233;e par des penseurs hardis, cette perspective ne prend son plein sens que dans la tradition de pens&#233;e thomiste, qui se r&#233;v&#232;le la plus propre &#224; penser la temporalit&#233;, alors qu'on la croit na&#239;vement hors du temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette base s'&#233;claire mieux l'&#233;nigme de notre destin&#233;e. Impr&#233;visible pour nous, ce qui invalide toute pr&#233;tention des sciences humaines &#224; la pr&#233;vision certaine ; mais connue de Dieu dans sa totalit&#233;. Libre ; mais ordonn&#233;e &#224; l'offre d'un Bien supr&#234;me. Espace de d&#233;ploiement de notre personnalit&#233; en devenir, o&#249; nous ignorons qui nous sommes, car nous ignorons qui nous serons demain - et en m&#234;me temps plac&#233;e sous le regard aimant de l'&#233;ternit&#233; divine, qui seule nous conna&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors s'&#233;claire aussi le destin de l'humanit&#233;, l'histoire. Elle aussi impr&#233;visible, elle aussi succession non ma&#238;tris&#233;e, apparemment al&#233;atoire, de d&#233;mentis successifs &#224; toute tentative de saisie, cascade de paradigmes scientifiques au sens de Kuhn. Et cependant lieu du d&#233;ploiement d'un savoir : qu'il soit transmission d'exp&#233;riences v&#233;cues et de r&#233;flexions d&#233;cant&#233;es, selon le mod&#232;le de Gadamer, d'interventions explicites de Dieu, ou de m&#233;ditation sur Son dessein, ce savoir se d&#233;ploie dans le d&#233;veloppement de la tradition, comme l'a montr&#233; Newman. Il nous donne non la clef du lendemain, mais le pourquoi de cette exp&#233;rience, et l'esp&#233;rance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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