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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Libert&#233; et vie int&#233;rieure</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Liberte-et-vie-interieure.html</link>
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		<dc:date>2023-06-25T15:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Libert&#233; int&#233;rieure</dc:subject>
		<dc:subject>Libert&#233; spirituelle</dc:subject>
		<dc:subject>Vie int&#233;rieure</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La libert&#233;. On peut la voir de bien des mani&#232;res, notamment philosophiques, morales, politiques, &#233;conomiques etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un aspect qui est au c&#339;ur de cette interrogation : la libert&#233; dans la vie spirituelle, la libert&#233; de la vie int&#233;rieure. Apparemment bien &#233;loign&#233; des pr&#233;c&#233;dents, il peut aussi les &#233;clairer de fa&#231;on inattendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; est comme on sait au c&#339;ur de la promesse chr&#233;tienne : la v&#233;rit&#233; vous rendra libres (Jn 8, 32). La promesse de Dieu est celle de la vraie et pleine libert&#233;. Pourtant la voie propos&#233;e peut appara&#238;tre paradoxale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; l'Acad&#233;mie d'Etudes et Sciences Sociales (AES)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Liberte-spirituelle-+.html" rel="tag"&gt;Libert&#233; spirituelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Vie-interieure-+.html" rel="tag"&gt;Vie int&#233;rieure&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; l'Acad&#233;mie d'Etudes et Sciences Sociales (AES) le 8 juin 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ann&#233;e tr&#232;s riche, l'AES a &#233;voqu&#233; de nombreux aspects de la question de la libert&#233;, principalement &#233;conomiques, sociaux et politiques. Mais il en est un qui est au c&#339;ur de cette interrogation : la libert&#233; dans la vie spirituelle, la libert&#233; dans la vie int&#233;rieure. Apparemment bien &#233;loign&#233; des pr&#233;c&#233;dents, il peut aussi les &#233;clairer de fa&#231;on inattendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; est comme on sait au c&#339;ur de la promesse chr&#233;tienne : la v&#233;rit&#233; vous rendra libres (Jn 8, 32). La promesse de Dieu est celle de la vraie et pleine libert&#233;. Pourtant la voie propos&#233;e appara&#238;t paradoxale, qui valorise notamment l'ob&#233;issance et l'humilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lib&#233;ration comme d&#233;livrance &#224; l'&#233;gard d'une fausse libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord quelques id&#233;es de base. Je n'insisterai pas sur ces faits bien connus ; ils illustrent une dimension essentielle de la voie chr&#233;tienne au sens traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; il y a le fait des passions : la libert&#233; est d'abord vue comme d&#233;livrance de l'empire des passions. Bossuet disait aux moines que &#171; les mondains courent &#224; la servitude par la libert&#233;, vous au contraire &#224; la libert&#233; par la d&#233;pendance &#187;. Car, explique-t-il, &#171; je suis, dit saint Augustin, qui l'avait bien &#233;prouv&#233;, je suis parvenu o&#249; je ne voulais pas, en ob&#233;issant &#224; ma volont&#233; &#187;. Et il poursuit : &#171; Voulez-vous que vos passions soient invincibles ? Qui de nous n'esp&#232;re pas de les vaincre un jour ? Mais en les autorisant par notre libert&#233; indocile, nous les mettons en &#233;tat de ne pouvoir plus &#234;tre r&#233;prim&#233;es. Vous suivez vos inclinations, vous faites ce que vous voulez ; vous ne pouvez plus en &#234;tre le ma&#238;tre, vous voil&#224; o&#249; vous ne voulez pas [&#8230;] ; et ces cha&#238;nes, que vous avez vous-m&#234;me forg&#233;es, vous co&#251;teront plus &#224; rompre, que le fer le plus dur [&#8230;] : ainsi vous arrivez &#224; la servitude par la libert&#233; &#187; (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre cette perspective ? Les tentations sont des captations conduisant &#224; un asservissement. Elles se pr&#233;sentent comme le fruit ou le moyen de notre libert&#233;, alors qu'elles sont exactement le contraire, et comme un d&#233;sir naturel. Un point essentiel pour l'appr&#233;ciation de la vraie libert&#233; est alors la distinction entre deux plans : ce qui se pr&#233;sente spontan&#233;ment et peut appara&#238;tre naturel, et ce qui est conforme &#224; ce &#224; quoi nous sommes appel&#233;s, notre vraie nature. Sur ce plan, le vocabulaire traditionnel, o&#249; ce qui est recommand&#233; est exprim&#233; en termes de soumission et d'abandon de notre volont&#233; &#224; Dieu, ne doit pas tromper : il ne s'agit pas de faire dispara&#238;tre notre moi au profit de ce qui lui est ext&#233;rieur ; mais d'&#233;liminer l'erreur trompeuse d'un moi apparent qui renie en fait sa nature ultime, au profit d'un moi potentiel plus essentiel, qui est ce pour quoi nous sommes faits, et dont la recherche nous assure une libert&#233; parfaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus ne se fait pas sans effort ni souffrance. Mais dans cette perspective, il ne faut pas confondre la souffrance, qui est n&#233;cessaire pour progresser et qu'il faut accepter avec joie ; et la tristesse au sens de l'ac&#233;die, qui conduit au contraire &#224; refuser le progr&#232;s possible. Dans la parabole du fils prodigue, nous dit Beno&#238;t XVI (2), l'exemple du fils a&#238;n&#233; montre une tentation qui touche des hommes de bien, ou ceux qui se voient tels : c'est, dit-il, une secr&#232;te amertume, car ils auraient aim&#233; eux aussi &#171; partir vers la grande libert&#233; &#187; [la fausse libert&#233; donc] ; ils &#171; portent leur libert&#233; [la voie de la vraie libert&#233;] comme une servitude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila, corr&#233;lativement, &#171; l'exc&#232;s de s&#233;rieux r&#233;v&#232;le un manque de vertu &#187;. Elle &#233;tait inqui&#232;te quand ses novices &#233;taient tristes. En d'autres termes, il manque un &#233;l&#233;ment essentiel &#224; l'approche par la d&#233;livrance que nous venons d'&#233;voquer : reconna&#238;tre que la vraie libert&#233; se vit dans la joie, la joie que donne le Seigneur. Cela appelle donc une autre dimension, plus positive et par l&#224; plus centrale : la possibilit&#233; de parvenir &#224; la vraie libert&#233; suppose de s'ouvrir &#224; la joie du bien objectif, le bien du don infini de Dieu qui est amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La libert&#233; en Dieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple des maitres spirituels nous montre en quoi c'est possible. Prenons sainte Gertrude (3) d'Helfta, moniale du XIIe si&#232;cle et l'une des plus grandes mystiques de l'histoire chr&#233;tienne. L'essentiel pour elle est Dieu, plus pr&#233;cis&#233;ment le Christ, et cela lui fait prendre conscience de sa mis&#232;re. Comme le dit le P. Doy&#232;re, pour le mystique cette mis&#232;re &#171; qui lui est r&#233;v&#233;l&#233;e dans la lumi&#232;re o&#249; il per&#231;oit - si confus&#233;ment que ce soit - la transcendance divine n'est pas celle de sa vertu, ni m&#234;me de son intention &#187;, mais &#171; plus profond&#233;ment et plus absolument c'est la mis&#232;re de son &#234;tre, non pas en mani&#232;re de connaissance abstraite et m&#233;taphysique mais en mani&#232;re de r&#233;action vitale devant la Pr&#233;sence de l'Etre divin &#187;. C'est &#171; la grandeur m&#234;me des dons divins qui fit l'humilit&#233; de Gertrude &#187;. D'o&#249; le r&#244;le essentiel chez elle du recueillement en soi-m&#234;me, impr&#233;gn&#233; de Dieu ; il n'a rien d'une introspection. Pour rem&#233;dier au d&#233;sordre et &#224; la confusion de son c&#339;ur, &#171; elle compte beaucoup moins sur son effort personnel de discipline que sur la puissance purificatrice de la vie d'union elle-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, fait remarquable et directement pertinent pour notre sujet, le Seigneur notait que ce qui lui plaisait le plus en elle (4) &#233;tait la &lt;i&gt;libert&#233; de l'&#226;me&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;libertas cordis&lt;/i&gt;). Comme dit son biographe de l'&#233;poque &#171; le Seigneur lui-m&#234;me [&#8230;], r&#233;pondant &#224; un homme de pi&#233;t&#233; qui lui demandait dans sa pri&#232;re ce qui lui plaisait davantage en la sainte, [&#8230;] dit : &#8216;la libert&#233; du c&#339;ur'. Dans sa surprise [&#8230;] cette personne dit : &#8216;Je pensais, Seigneur, que votre gr&#226;ce avait fait parvenir son &#226;me &#224; une tr&#232;s haute naissance spirituelle et &#224; un amour d'une &#233;minente ferveur'. Et le Seigneur r&#233;pondit : &#8216;Il en est bien ainsi que tu le penses ; mais la voie en est cette &lt;i&gt;gr&#226;ce de libert&#233;&lt;/i&gt;, bien excellent qui la conduit sans d&#233;tour au sommet de la perfection, puisqu'ainsi, &#224; tout moment, elle est disponible &#224; l'action de tous mes dons, ne permettant jamais &#224; son c&#339;ur de s'attacher &#224; quoi que ce soit qui me ferait obstacle'. &#187; (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de nous, comme dit Eric Rus &#224; propos d'Edith Stein (sainte Th&#233;r&#232;se-B&#233;n&#233;dicte de la Croix) (6) : &#171; l'exp&#233;rience capitale (7) qu'elle relate d&#232;s 1918 [&#8230;] d'une force agissante en elle dans un certain repos de son agir naturel, correspond &#224; l'exp&#233;rience qu'elle d&#233;couvrira chez les mystiques qui &#8216;ont &#233;t&#233; entra&#238;n&#233;s dans leur int&#233;riorit&#233; la plus profonde par quelque chose qui a exerc&#233; une pression plus forte que l'ensemble du monde ext&#233;rieur : l&#224; ils ont &#233;prouv&#233; la pr&#233;sence d'une vie nouvelle, puissante, sup&#233;rieure, celle de la vie surnaturelle, divine' [&#8230;]. Loin de repr&#233;senter une ali&#233;nation, cette ouverture &#224; la force de Dieu nous situe au c&#339;ur de la libert&#233; v&#233;ritable &#187;. Nous retrouvons notre libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu de r&#233;flexion philosophique le confirme. En m&#233;ditant sur le fait que nous n'avons qu'une existence par participation, en cela que seul Dieu existe pleinement par Lui-m&#234;me, nous prenons conscience de ce que veut dire &#234;tre un instrument entre les mains de Dieu, du sens du &lt;i&gt;fiat voluntas tua&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;Pater&lt;/i&gt;. Et cela aide &#224; r&#233;pondre &#224; la question de ce que nous devons faire : tout simplement prendre conscience du fait que c'est Dieu qui en d&#233;cide. Notre libert&#233; ne peut donc consister &#224; rester en balance entre deux possibilit&#233;s et &#224; choisir selon notre fantaisie, mais &#224; s'ouvrir au dessein de Dieu et &#224; la pl&#233;nitude &#224; laquelle il nous appelle. Dieu, pl&#233;nitude d'&#234;tre, fait &#234;tre chacune de nos d&#233;cisions, et m&#234;me les termes du choix en pr&#233;sence ; celle qui est bonne est celle qui correspond &#224; Son dessein ; mais nous pouvons la refuser. Telle est notre libert&#233; imm&#233;diate, au sens trivial du terme. Mais la pleine libert&#233; ne sera qu'au terme, dans la pl&#233;nitude divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tachement et libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la libert&#233; est donc un point essentiel. Selon l'exemple que nous donnent plus explicitement ces grands saints, le chr&#233;tien accompli est au fond de lui-m&#234;me libre par rapport aux fluctuations du monde, qui ne peuvent que prendre &#224; contre-pied ceux qui y mettent leur espoir. En effet, non seulement il est, au moins &#224; ce niveau profond de son &#234;tre, d&#233;tach&#233; des faux espoirs que le monde donne, mais en outre il l'a remplac&#233; par le seul vrai espoir, celui qui par nature ne peut d&#233;cevoir. Et plus il avance dans sa foi, plus il fait de la place pour cette deuxi&#232;me perspective, infiniment plus vaste. Ou plut&#244;t, il laisse Dieu lib&#233;rer la place pour ce qui &#233;tait et reste au fond le but normal de son &#234;tre, la fin de sa nature profonde. En particulier, cela ne signifie pas disparition de la souffrance ; peut-&#234;tre au contraire. Mais au lieu d'&#234;tre une souffrance passive, subie douloureusement comme une injustice, c'est une souffrance en un sens active, non qu'elle soit provoqu&#233;e par celui qui la vit, mais parce il l'accepte comme &#233;l&#233;ment indispensable, ayant une signification essentielle : de purification d'abord, de participation au salut apport&#233; par le Christ ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; est en tout cas un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif de la strat&#233;gie divine &#224; notre &#233;gard, ou plut&#244;t un des dons essentiels qu'Il nous fait comme &#234;tres cr&#233;&#233;s &#224; Son image, et disposant de cette caract&#233;ristique qui Lui est essentielle. C'est ce que dit la liturgie dans une de ses collectes (8), s'adressant &#224; Dieu : Elimine tout ce qui nous agit contre nous, afin que le corps et l'esprit &lt;i&gt;d&#233;gag&#233;s&lt;/i&gt;, nous puissions Te suivre l'esprit &lt;i&gt;libre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui bien entendu se relie directement &#224; l'exaltation chr&#233;tienne de la pauvret&#233;, notamment en esprit. Si Dieu marque Sa pr&#233;f&#233;rence pour la pauvret&#233; int&#233;rieure, ce n'est pas choix arbitraire de Sa part, ou pure solidarit&#233; avec ceux qui souffrent ; c'est parce que c'est la seule voie &lt;i&gt;lib&#233;ratrice&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les cons&#233;quences dans nos vies ? C'est d'abord ce que la tradition monastique appelle la &lt;i&gt;vie int&#233;rieure&lt;/i&gt;. Pour Dom Romain Banquet, la vie int&#233;rieure est une &#171; irradiation de la foi dans toutes les puissances de notre &#226;me qui nous servent &#224; conna&#238;tre Dieu, nous-m&#234;mes et les cr&#233;atures &#187;. Elle unifie, vivifie, pacifie, &#233;panouit. C'est un don total de soi &#224; Dieu. La pri&#232;re (oraison) aide &#224; sortir de soi ; elle n'a rien &#224; voir avec l'introspection ; c'est une &#233;tape dans une transformation progressive de toute la personnalit&#233;. Elle conduit &#224; la libert&#233; et l'enjouement : on a abandonn&#233; le fardeau d'&#234;tre des petits dieux, le fait de se prendre au s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, dans la pratique nous avons le sentiment d'&#234;tre assez loin de ce que ces grands spirituels ont pu vivre ; en outre, ce que nous ressentons ou vivons ne forme pas un bloc homog&#232;ne, il y a plusieurs degr&#233;s. M&#234;me si notre esprit est un, il s'&#233;tale si on peut dire en hauteur par une exposition &#224; des affects tr&#232;s divers, allant du tr&#232;s instinctif, tr&#232;s mat&#233;riel, aux habitudes, aux humeurs, aux sentiments subjectifs, pour finir avec cette &lt;i&gt;fine pointe de l'&#226;me&lt;/i&gt; au sens de saint Fran&#231;ois de Salles, qui seule repr&#233;sente v&#233;ritablement notre libert&#233; et notre ultime responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&#233;quence dans nos vies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que cela exclut toute vie active ? L'exemple des mystiques &#224; nouveau prouve le contraire : sainte Th&#233;r&#232;se d'Avila par exemple a &#233;t&#233;, &#224; c&#244;t&#233; de sa vie mystique exceptionnelle, un formidable entrepreneur, passant sa vie sur les routes &#224; n&#233;gocier la formation de nouveaux carmels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs saint Gr&#233;goire le Grand, comparant vie contemplative et vue active (9), selon un dilemme classique, affirme d'abord que la premi&#232;re a plus de m&#233;rite, car par elle nous &#171; volons vers le d&#233;sir c&#233;leste &#187;, et que pour la seconde simplement nous &#171; faisons du bien &#187;, ce qui fait que la seconde est plut&#244;t &#8216;servitude' et la premi&#232;re &#8216;libert&#233;'. Mais il ajoute aussit&#244;t qu'on peut entrer dans la patrie c&#233;leste sans la vie contemplative ; pas sans la vie active, puisque dans ce cas &#171; on n&#233;glige de faire ce bien &#187;. Lui-m&#234;me d'ailleurs se livre un peu plus loin (10) &#224; des confidences personnelles sur son passage du calme du monast&#232;re &#224; des charges publiques, et notamment au pontificat, constatant la difficult&#233; qu'il rencontre d&#233;sormais &#224; trouver des instants pour le recueillement et par l&#224; &#224; se ressourcer, et s'effor&#231;ant de &#171; vivre &#224; la fois sur les hauteurs et sur ses gardes &#187;. Mais il n'a pas d'h&#233;sitation sur le fait que c'est ce qui est attendu de lui, et il fait la volont&#233; de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien le message principal que nous envoient les mystiques : non pas que la voie contemplative est la seule bonne, tant s'en faut ; elle peut &#234;tre une vocation particuli&#232;re, mais la seule vocation commune est de faire la volont&#233; de Dieu et donc d'abord de faire le bien. Mais leur vie t&#233;moigne pour nous de la pr&#233;sence irradiante de cette source infinie, qui est la base de notre lib&#233;ration, et qui permet dans la vie concr&#232;te de faire le bien qui est attendu de nous, dans la joie de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eclairage sur la libert&#233; dans la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; v&#233;ritable se trouve donc en derni&#232;re analyse en nous-m&#234;mes, dans notre ouverture &#224; Dieu. Est-ce &#224; dire que tous nos d&#233;bats sur les libert&#233;s publiques, politique ou &#233;conomiques, et sur leur fondement juridique, sont au fond secondaires ? Non bien s&#251;r, et d'abord parce que comme on l'a dit cette lib&#233;ration int&#233;rieure, outre qu'elle reste tr&#232;s variable pour nous en ce monde, comme chacun peut le voir dans sa vie, ne doit en rien conduire &#224; oublier ce pour quoi nous sommes en ce monde : faire le bien. Or faire le bien n'a de sens que si c'est en libert&#233;, et donc nous avons aussi un besoin vital de cet espace de libert&#233; et d'autonomie dans la soci&#233;t&#233;, ce qui suppose des lois ad&#233;quates pour la prot&#233;ger et la r&#233;guler ; d'o&#249; aussi ce souci profond qu'exprime l'id&#233;e de subsidiarit&#233;, ch&#232;re &#224; la Doctrine sociale de l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ensuite, plus profond&#233;ment, parce que la libert&#233; int&#233;rieure que nous promet le Seigneur n'est pas une libert&#233; de monade retrouvant son Etre ultime, &#224; la fa&#231;on des religions de l'Inde, mais une libert&#233; de communion et donc de partage, de vie commune. Ce qui implique en ce monde tous les difficult&#233;s et les tracas de cette vie commune. De fait, la personne parfaitement libre qu'est le Fils, dans sa communion avec le P&#232;re, a assum&#233; notre monde et ses soucis, c'est-&#224;-dire en un sens l'interaction de tous ces libert&#233;s maladroites et mal utilis&#233;es qui sont le propre de l'homme ici-bas. D'une certaine mani&#232;re donc, en prot&#233;geant telle libert&#233; publique, telle possibilit&#233; d'entreprendre, ce que nous prot&#233;geons est un &#233;cho lointain, le reflet sous la forme d'une petite lumi&#232;re vacillante, &#233;ventuellement la condition n&#233;cessaire, de cette libert&#233; infinie et splendide que Dieu nous promet, et qu'Il a fait directement entrevoir &#224; certains des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (1) &lt;a href=&#034;https://google.cat/books?hl=fr&amp;output=html_text&amp;id=qI0GAAAAQAAJ&amp;dq=editions%3AOXFORD600005035&amp;jtp=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://google.cat/books?hl=fr&amp;...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (2) Joseph Ratzinger Beno&#238;t XVI &lt;i&gt;J&#233;sus de Nazareth&lt;/i&gt; T. 1 Paris Flammarion 2007 p. 236.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (3) Gertrude d'Helfta &lt;i&gt;&#338;uvres spirituelles Le H&#233;raut Livres I-II Paris 1968 Editions du Cerf pp. 39 sqq.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (4) Gertrude d'Helfta &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt; p. 176.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (5) Et le texte poursuit : &#171; C'est bien cette m&#234;me d&#233;licate libert&#233; qui faisait qu'elle n'acceptait jamais de garder quoi que ce f&#251;t qui ne lui f&#251;t n&#233;cessaire, mais se faisait autoriser &#224; le donner aussit&#244;t &#224; d'autres, attentive d'ailleurs &#224; favoriser plut&#244;t celles qui en avaient besoin et ne donnant pas ici la pr&#233;f&#233;rence m&#234;me aux personnes les plus intimes sur les plus hostiles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (6) Eric de Rus dans &lt;i&gt;Edith Stein : Un chemin vers la joie&lt;/i&gt; Colloque du 5 d&#233;cembre 2009 Coll&#232;ge des Bernardins/Editions Parole et Silence 2009 p. 130.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (7) Eric de Rus &lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt; p. 134.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (8) &#171; &lt;i&gt;Omnipotens et misericors Deus, universa nobis adversantia propitiatus exclude : ut mente et corpore pariter expediti, quae tua sunt liberis mentibus exsequamur&lt;/i&gt; &#187;. Collecte du 19&#232;me dimanche apr&#232;s la Pentec&#244;te, rite tridentin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (9) Gr&#233;goire le Grand &lt;i&gt;Hom&#233;lies sur Ez&#233;chiel I&lt;/i&gt; Editions du Cerf, 1986, p. 130.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (10) Gr&#233;goire le Grand &lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt; pp. 454 sqq.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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