<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=84&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer pour la diversit&#233; du rite romain</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Plaidoyer-pour-la-diversite-du-rite-romain.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Plaidoyer-pour-la-diversite-du-rite-romain.html</guid>
		<dc:date>2025-06-10T16:23:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Rite extraordinaire</dc:subject>
		<dc:subject>Traditionnaliste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi cette question ? Le succ&#232;s du P&#232;lerinage de Chartres et surtout l'&#233;lection de L&#233;on XIV ont relanc&#233; le d&#233;bat sur la place du rite dit tridentin. On sait qu'il avait re&#231;u du pape Beno&#238;t XVI un statut sous le nom de rite extraordinaire, comportant notamment une autorisation large de pratique par les pr&#234;tres catholiques de rite latin. Ce statut a &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233; par le pape Fran&#231;ois qui en a mis en place un qui est tr&#232;s restrictif, affirmant en outre que le rite de 1969 est l'unique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-.html" rel="directory"&gt;Eglise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Rite-extraordinaire-+.html" rel="tag"&gt;Rite extraordinaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Traditionnaliste-+.html" rel="tag"&gt;Traditionnaliste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/church-750251_640.jpg?1787417295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette question ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s du P&#232;lerinage de Chartres et surtout l'&#233;lection de L&#233;on XIV ont relanc&#233; le d&#233;bat sur la place du rite dit tridentin. On sait qu'il avait re&#231;u du pape Beno&#238;t XVI un statut sous le nom de rite extraordinaire, comportant notamment une autorisation large de pratique par les pr&#234;tres catholiques de rite latin. Ce statut a &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233; par le pape Fran&#231;ois qui en a mis en place un qui est tr&#232;s restrictif, affirmant en outre que le rite de 1969 est l'unique forme du rite romain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui a &#233;t&#233; dit alors, il est manifeste que ces d&#233;cisions sont contradictoires. Non seulement nous ne sommes &#233;videmment pas dans le domaine de l'infaillibilit&#233;, mais pas m&#234;me dans celui de la continuit&#233;. Le champ est donc ouvert pour une &#233;volution possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que malgr&#233; la pression hostile, ce rite continue &#224; attirer un nombre appr&#233;ciable de fid&#232;les, m&#234;me s'il est minoritaire, et qu'il a une vertu &#233;vang&#233;lisatrice, comme en t&#233;moigne entre autres le succ&#232;s de ce p&#232;lerinage. Il est ind&#233;niable qu'il exprime un sensibilit&#233; diff&#233;rente du rite de 1969 : beaucoup plus verticale, tourn&#233;e vers l'adoration et la transcendance. Mais c'est en r&#233;alit&#233; plus qu'une simple sensibilit&#233; ; c'est v&#233;ritablement une forme de charisme : une mani&#232;re de se tourner vers Dieu et de vivre sa foi qui est diff&#233;rente dans sa forme de ce qui a &#233;t&#233; choisi et plus encore pratiqu&#233; par le gros de l'Eglise apr&#232;s 1969. Cette r&#233;alit&#233; est profond&#233;ment ressentie par les fid&#232;les attach&#233;s &#224; ce rite, quoi que racontent ses adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre ce n'est en aucune mani&#232;re une fa&#231;on ill&#233;gitime de faire, puisque cela a &#233;t&#233; officiellement le rite principal de l'Eglise latine non seulement sous forme codifi&#233;e depuis saint Pie V au XVIe si&#232;cle, mais en r&#233;alit&#233; depuis le Haut Moyen Age et comme dit Paul VI pour l'essentiel depuis saint Gr&#233;goire le Grand au VIe si&#232;cle. Il est donc difficile de pr&#233;tendre de fa&#231;on cr&#233;dible que ce qui a &#233;t&#233; l'expression normale de l'Eglise pendant des si&#232;cles soit d&#233;sormais une mani&#232;re inappropri&#233;e de prier. De la m&#234;me fa&#231;on, si le d&#233;p&#244;t de la foi peut conna&#238;tre un d&#233;veloppement, ce ne peut &#234;tre que dans le m&#234;me sens et non en changeant de nature, de sorte que ce qui a &#233;t&#233; dit et enseign&#233; autrefois garde sa valeur aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela plaide fortement pour donner sa place &#224; cette expression pleinement valide de la foi catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;ponses aux objections&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objections faites &#224; une &#233;volution en ce sens sont de trois types.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re vient du clan progressiste et revient pour l'essentiel &#224; invalider la dimension religieuse de l'attachement &#224; ce rite pour y voir une option politique proche d'une droite dure. Cela revient &#224; dire &#224; un fr&#232;re chr&#233;tien : je me moque de ce que tu dis sur les motivations de ta d&#233;marche, je vois que vous &#234;tes plut&#244;t &#224; droite et qu'il y a parmi vous des gens d'extr&#234;me droite, notamment parmi les t&#234;tes de file ; et donc je consid&#232;re qu'il faut vous bloquer, que cela vous plaise ou non. On a vu, toujours &#224; propos du p&#232;lerinage, des gens consid&#233;rer que les jeunes qui y venaient &#233;taient en r&#233;alit&#233; manipul&#233;s par des nostalgiques de la chr&#233;tient&#233;, derri&#232;re lesquels on trouverait les affreux Bollor&#233; et St&#233;rin. Mais outre que ce jugement rel&#232;ve du complotisme, c'est une attitude fonci&#232;rement anti-chr&#233;tienne : je ne cherche pas &#224; t'&#233;couter et &#224; voir le pourquoi de ta d&#233;marche ; je te classe sur un spectre que j'ai d&#233;fini et cela me suffit pour d&#233;cider du sort qui te revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me objection consiste &#224; dire que cela cr&#233;e une division au sein de l'Eglise, qui doit &#234;tre unie et pour cela n'avoir qu'un seul rite. Cette objection se pr&#233;sente comme mieux fond&#233;e, en cela que l'unit&#233; est ind&#233;niablement un bien. Mais l'unit&#233; implique-t-elle l'uniformit&#233; ? Le fait m&#234;me que quiconque assite &#224; ces deux rites ressente d'embl&#233;e la diff&#233;rence profonde entre eux montre bien la diversit&#233; r&#233;elle qui existe entre les fid&#232;les. L'unit&#233; dans l'Eglise a toujours signifi&#233; d'abord la communion. Or la communion n'a de sens qu'entre des &#234;tres qui se reconnaissent diff&#233;rents. &#171; Il y a plusieurs maisons dans la maison de mon P&#232;re &#187;, et l'Eglise a toujours non seulement admis mais encourag&#233; la diversit&#233;, celle des vocations religieuses par exemple : un j&#233;suite n'est pas un dominicain ni un b&#233;n&#233;dictin ; les &#233;coles th&#233;ologiques sont diverses, etc. De m&#234;me pour les rites, qui ont toujours vari&#233; non seulement selon ces divers ordres religieux, mais selon la g&#233;ographie et a fortiori les cultures : rite ambrosien &#224; Milan, rites orientaux surtout. Et cela continue aujourd'hui : pratiques charismatiques, rite za&#239;rois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me objection est l'argument d'autorit&#233; : le rite de 1969 est issu du Concile ; et l'autorit&#233; pontificale a tranch&#233; ; ob&#233;issez ! Certains mobilisent m&#234;me l'Esprit saint, qui ayant dict&#233; le Concile et inspirant forc&#233;ment le pape, serait &#224; l'origine de ces d&#233;cisions. Ces tentatives r&#233;guli&#232;res d'annexion de l'Esprit saint sont parmi les traits les plus d&#233;testables des d&#233;bats actuels. L'Esprit souffle o&#249; il veut. Et toute d&#233;cision n'est pas fait sous sa dict&#233;e, pas m&#234;me l'&#233;lection du pape - m&#234;me s'il y est &#233;videmment &#224; l'&#339;uvre. C'est a fortiori le cas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, la r&#233;forme de 1969 va bien au-del&#224; de ce que demandait le Concile, et plus encore la pratique qui a suivi. Certains des traits les plus marquants pour le fid&#232;le moyen sont absents du texte conciliaire et nullement &#233;voqu&#233;s &#224; l'&#233;poque, comme le retournement de la position du pr&#234;tre, ou la communion dans la main. D'autres lui sont carr&#233;ment contraires, comme l'abandon du latin et du gr&#233;gorien, ce dernier remplac&#233; par des cantiques fabriqu&#233;s pour l'occasion. Certes l'autorit&#233; du pape fonde la validit&#233; du nouveau rite, sans le moindre doute. Mais la r&#233;glementation pr&#233;cise de qui va &#224; quel rite est d'un niveau d'autorit&#233; encore inf&#233;rieur, tout en &#233;tant l&#233;gitime : elle peut se tromper et comme on l'a not&#233;, se contredire frontalement. Il y a donc place pour une protestation de fid&#232;les qui se sentent avec de solides raisons profond&#233;ment bless&#233;s par une d&#233;cision intempestive. L'Eglise n'est pas une secte avec des gourous &#224; sa t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficult&#233;s pratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconna&#238;tre une place &#224; la liturgie traditionnelle suppose cependant qu'on r&#233;ponde &#224; plusieurs questions qui sont d'abord pratiques, mais non sans port&#233;e de principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains expliquent par exemple que reconna&#238;tre plusieurs formes du rite romain pose un probl&#232;me lorsque le rattachement d'un fid&#232;le &#224; l'une d'elles ne d&#233;pend pas d'un fait objectif (g&#233;ographie, ordre religieux, culture), mais d'un choix personnel du fid&#232;le. De fait, on n'a pas d'exemple analogue dans le pass&#233;. Mais il est vrai aussi que la situation actuelle est profond&#233;ment in&#233;dite. D'un c&#244;t&#233;, on n'a jamais cr&#233;&#233; ce qui dans sa consistance est un nouveau rite (en cela qu'il diff&#232;re manifestement de celui qui pr&#233;c&#233;dait), comme on l'a fait en 1969. D'un autre c&#244;t&#233;, le fid&#232;le d'aujourd'hui n'a plus la fixit&#233; g&#233;ographique de ceux d'autrefois ; sa foi implique un choix conscient et donc une adh&#233;sion qui ne repose pas sur l'&#233;vidence de ce qui a semble-t-il toujours exist&#233; autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique actuelle d'ailleurs, les fid&#232;les tendent &#224; choisir &#224; la carte, face &#224; la grande vari&#233;t&#233; de ce que chaque lieu de culte offre. M&#234;me un fid&#232;le d'origine orientale hors de chez lui (un maronite ou un uniate &#224; Paris) choisit de fait entre sa paroisse g&#233;ographique latine et l'&#233;glise de son rite d'origine. Mais encore plus caract&#233;ristique est le cas des ex-anglicans qui se sont rattach&#233;s &#224; Rome et qui b&#233;n&#233;ficient d'une liturgie particuli&#232;re, reprenant plusieurs traits de la liturgie anglicane. Or ils ne sont &#233;videmment pas d&#233;pendants d'un ordre religieux, et leur sp&#233;cificit&#233; ne rel&#232;ve pas d'une culture nationale anglophone qui les d&#233;finirait : la plupart des catholiques anglophones suivent en effet le rite ordinaire. La situation des fid&#232;les du rite romain traditionnel est tout &#224; fait analogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question pratique est celle de l'organisation hi&#233;rarchique. Je ne me consid&#232;re pas qualifi&#233; pour en traiter au fond. Mais la solution d'un ou de plusieurs ordinariats personnels (&#233;v&#234;que d&#233;di&#233;, dont la judication est parall&#232;le &#224; celle de l'&#233;v&#234;que ordinaire du lieu), analogues &#224; la solution anglicane ci-dessus, me para&#238;t une bonne r&#233;f&#233;rence, comme le P. de Bligni&#232;res l'a montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me question, tout aussi importante, est celle du rapport avec les communaut&#233;s catholiques de rite ordinaire au sens de Beno&#238;t XVI. Il est clair que la communion ne doit pas &#234;tre simplement affirm&#233;e, elle doit &#234;tre v&#233;cue. Il ne peut s'agir d'injonction autoritaire ; mais certainement d'hospitalit&#233; (r&#233;ciproque) et de pri&#232;re commune, au moins dans certains cas. Dans la semaine sainte par exemple, la messe chrismale a pris dans l'Eglise actuelle une importance symbolique forte : il me para&#238;t qu'y participer devrait &#234;tre une joie &#8211; m&#234;me si le rite pratiqu&#233; ne vous parle pas particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vatican II et les tradis : r&#233;ponse &#224; certaines id&#233;es fausses</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Vatican-II-et-les-tradis-reponse-a-certaines-idees-fausses.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Vatican-II-et-les-tradis-reponse-a-certaines-idees-fausses.html</guid>
		<dc:date>2022-07-14T15:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Catholicisme</dc:subject>
		<dc:subject>Rite extraordinaire</dc:subject>
		<dc:subject>Vatican II</dc:subject>
		<dc:subject>Traditionnaliste</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'anniversaire du motu proprio &lt;i&gt;Traditionis custodes&lt;/i&gt; remet la question sur le tapis : &#234;tre attach&#233; au rite tridentin, ou extraordinaire, signifie-t-il qu'on refuse Vatican II et qu'on se met par l&#224; en dehors de la communion de l'Eglise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains le pensent, notamment &#224; la suite de d&#233;clarations du pape Fran&#231;ois. Et donc ils approuvent la tentative en cours d'&#233;limination de ce rite, au double nom de l'unit&#233; et du Concile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle analyse, sans base dans l'histoire ou dans la foi, serait en fait ruineuse pour le catholicisme - religion de la permanence de la foi &#224; travers son d&#233;veloppement, et non d'un flux de type l&#233;gislatif o&#249; chaque &#233;tape remplace et annule la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-.html" rel="directory"&gt;Eglise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Catholicisme-+.html" rel="tag"&gt;Catholicisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Rite-extraordinaire-+.html" rel="tag"&gt;Rite extraordinaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Vatican-II-+.html" rel="tag"&gt;Vatican II&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Traditionnaliste-+.html" rel="tag"&gt;Traditionnaliste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Question : &#234;tre attach&#233; au rite tridentin, ou extraordinaire, signifie-t-il qu'on refuse Vatican II et qu'on se met par l&#224; en dehors de la communion de l'Eglise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains le pensent, notamment &#224; la suite de d&#233;clarations du pape Fran&#231;ois. Le raisonnement est simple : Vatican II a d&#233;bouch&#233; sur le rite actuel dit ordinaire ; qui ne l'accepte pas n'accepte pas le Concile, et se met en dehors. Point &#224; la ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rite dit tridentin a &#233;t&#233; le rite ordinaire de l'Eglise romaine (plus exactement de la curie et de la papaut&#233;) sans grand changement depuis environ 15 si&#232;cles. Avant Pie V il coexistait dans la chr&#233;tient&#233; latine avec de multiples rites apparent&#233;s ; la d&#233;cision de ce pape a &#233;t&#233; de le codifier (sans cr&#233;er un rite nouveau comme certains l'expliquent sans la moindre base), et d'&#233;liminer tous les rites qui &#233;taient alors anciens de moins de 200 ans. Par la suite, la Contrer&#233;forme a tendu &#224; g&#233;n&#233;raliser ce rite plus largement &#8211; m&#234;me si les usages locaux ont subsist&#233; dans bien des endroits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel rite pratiqu&#233; pendant une si longue p&#233;riode par l'Eglise, et au plus haut niveau, est par d&#233;finition parfaitement conforme &#224; la foi et apte &#224; exprimer l'objet du rituel concern&#233;, et notamment &#224; offrir le saint sacrifice de la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le Concile Vatican II ne s'est nulle part donn&#233; pour but de transformer l'Eglise catholique, ni de lui faire franchir une &#233;tape radicalement nouvelle, ni de faire dispara&#238;tre des maux graves qui l'auraient affect&#233;e. On peut toujours pr&#233;tendre que c'e&#251;t &#233;t&#233; n&#233;cessaire ; mais on ne peut pas dire que c'est ce qu'a voulu faire le Concile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la liturgie, la Constitution conciliaire, &lt;i&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/i&gt;, demandait une r&#233;vision des livres alors en vigueur, ceux de saint Pie V, rite qui a d'ailleurs &#233;t&#233; celui de tout le Concile jusqu'&#224; la fin et sans objection. Il s'agissait de faciliter la participation des fid&#232;les, de simplifier certains points, d'utiliser ici ou l&#224; la langue locale et d'enrichir les lectures propos&#233;es. Elle a &#233;t&#233; approuv&#233;e par une tr&#232;s forte majorit&#233;, y compris de nombreux &#233;v&#234;ques conservateurs dont Mgr Lefebvre. Il s'agissait donc bien d'une r&#233;vision de la liturgie et non d'une r&#233;&#233;criture. Et si on en &#233;tait rest&#233; l&#224;, il n'y aurait pas eu de d&#233;bat sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, et dans le cadre du gigantesque happening qui s'est empar&#233; alors d'une partie de l'Eglise, invoquant un esprit du Concile qui n'a pas de base dans les textes de ce dernier, il a &#233;t&#233; proc&#233;d&#233; &#224; une refondation radicale de la liturgie latine. Bouleversement du calendrier, &#233;limination de fait du latin et du gr&#233;gorien, retournement des autels et de l'orientation, r&#233;&#233;criture de la majorit&#233; des oraisons, communion dans la main, flot massif de lectures nouvelles etc., les changements sont radicaux. Mais ils ne peuvent s'autoriser d'une demande expresse en ce sens du Concile. Ils sont l&#233;gitimes, puisque le pape Paul VI les a promulgu&#233;s, mais on ne peut pr&#233;tendre que tels qu'ils sont, ils sont ce qu'a demand&#233; le Concile. Ils en sont tout au plus une interpr&#233;tation particuli&#232;re, selon un processus de bouleversement sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire liturgique de l'Eglise - comme Beno&#238;t XVI l'a rappel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire alors de celui qui reste attach&#233; &#224; la liturgie ant&#233;rieure ? Compte tenu de l'ampleur du bouleversement liturgique, l'esprit des deux rites est tr&#232;s diff&#233;rent. Et donc on peut parfaitement se reconnaitre dans ce rite ant&#233;rieur et avoir des difficult&#233;s &#224; trouver sa joie dans le nouveau, sans que cela implique un &#233;tat d'esprit rebelle. Cela traduit chez la plupart une diff&#233;rence de sensibilit&#233;. Chez certains cela peut impliquer en outre une nette pr&#233;f&#233;rence pour le pr&#233;c&#233;dent rite, parce qu'il exprimerait mieux la conception catholique traditionnelle, toujours valable, sur le sens de la messe. Mais en quoi cela serait-il r&#233;pr&#233;hensible ? En quoi cela s'opposerait-il aux textes conciliaires ? Bien s&#251;r il y a aussi des gens qui refusent le concile ; mais parmi les adeptes du rite ant&#233;rieur rest&#233;s dans la communion de l'Eglise ils sont une tr&#232;s faible minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ajoute qu'il y a toujours eu multiplicit&#233; des rites dans l'Eglise, et m&#234;me dans l'Eglise latine, tout cela conduit comme une &#233;vidence &#224; admettre qu'&#224; c&#244;t&#233; de ce pari qu'a &#233;t&#233; la r&#233;daction d'une nouvelle liturgie, il y ait place pour ceux qui ressentent une nette pr&#233;f&#233;rence pour l'autre (ou sont porteurs d'une conviction en sa faveur). Les arguments visant &#224; justifier une &#233;limination de la liturgie ant&#233;rieure et consistant &#224; invoquer soit une r&#232;gle liturgique pos&#233;e par le Concile, soit un bouleversement de l'Eglise qui serait exig&#233; par ce dernier, soit encore le besoin de l'unit&#233;, sont donc sans fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; toutefois, on sent pointer derri&#232;re de telles affirmations une autre id&#233;e : que le Concile est &#224; voir non comme une &#233;tape dans la vie de l'Eglise, visant comme on l'a explicit&#233; &#224; l'&#233;poque &#224; parler au monde d'aujourd'hui et &#224; dialoguer avec lui dans une langage plus adapt&#233; ; mais comme une rupture profonde, une r&#233;forme radicale d'usages et de conceptions non pas seulement d&#233;su&#232;tes, mais fausses, balay&#233;es par les progr&#232;s de la pens&#233;e ou de la foi et l'&#233;volution du monde. C'est ce que Beno&#238;t XVI appelait, pour la rejeter, une herm&#233;neutique de la rupture. Rarement explicit&#233;e comme telle, du moins &#224; un certain niveau, cette conception est sous-jacente au raisonnement de beaucoup de gens &#8211; et de th&#233;ologiens ou de pr&#233;lats. Dans cette optique &#233;videmment, ce qui est nouveau remplace et annule ce qu'il y avait avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les tenants de cette position ne comprennent pas que ce faisant ils ruinent toute la logique de l'Eglise catholique, dont ils se r&#233;clament pourtant. Car l'autorit&#233; que celle-ci reconna&#238;t au magist&#232;re suppose &#224; la fois la coh&#233;rence de ce magist&#232;re dans le temps, bas&#233;e sur la permanence de la foi, et donc l'absence de rejet de ce qui a &#233;t&#233; valid&#233; &#224; une &#233;poque, et l'acceptation d'une pluralit&#233; de charismes. Sinon on bascule dans la secte, o&#249; le poids de l'autorit&#233; est suppos&#233; absolu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Traditionis custodes : la mauvaise m&#233;thode </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Traditionis-custodes-la-mauvaise-methode.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Traditionis-custodes-la-mauvaise-methode.html</guid>
		<dc:date>2021-07-24T14:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Traditionis custodes</dc:subject>
		<dc:subject>Rite extraordinaire</dc:subject>
		<dc:subject>Pape Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le motu proprio du pape Fran&#231;ois Traditionis custodes sur la liturgie a fait couler d&#233;j&#224; beaucoup d'encre. J'y ajoute n&#233;anmoins ces quelques r&#233;flexions, notamment en r&#233;ponse &#224; ce que j'ai lu ici ou l&#224;. Cela concerne notamment le rapport &#224; Vatican II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Eglise-et-magistere-.html" rel="directory"&gt;Magist&#232;re&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Traditionis-custodes-+.html" rel="tag"&gt;Traditionis custodes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Rite-extraordinaire-+.html" rel="tag"&gt;Rite extraordinaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Pape-Francois-211-+.html" rel="tag"&gt;Pape Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le motu proprio du pape Fran&#231;ois &lt;i&gt;Traditionis custodes&lt;/i&gt; sur la liturgie a fait couler d&#233;j&#224; beaucoup d'encre. J'y ajoute n&#233;anmoins ces quelques r&#233;flexions, notamment en r&#233;ponse &#224; ce que j'ai lu ici ou l&#224;. Attach&#233; &#224; la liturgie antique, dans laquelle j'ai retrouv&#233; la foi, je vais souvent aussi &#224; des messes dans la nouvelle et ne me sens nullement enferm&#233; dans une quelconque chapelle. Je n'en ai pas moins &#233;t&#233; interloqu&#233; par ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'abord clair qu'en l'esp&#232;ce et contrairement &#224; ce qu'on dit ici ou l&#224; l'analyse de fond de Beno&#238;t XVI diff&#232;re radicalement de celle de Fran&#231;ois. Pour le premier la liturgie dite tridentine (en fait bien plus ancienne) n'a jamais &#233;t&#233; abrog&#233;e et constitue un tr&#233;sor &#224; valeur permanente. D'o&#249; le terme de forme extraordinaire. Cela n'a donc rien &#224; voir avec une parenth&#232;se mis&#233;ricordieuse. Cela dit, il demandait non seulement la reconnaissance de la validit&#233; de Vatican II et du rite actuel, qu'il appelait forme ordinaire ; mais aussi l'enrichissement mutuel des deux formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois, lui, tol&#232;re ce rite l&#224; o&#249; il existe, si l'&#233;v&#234;que le permet, mais il vise clairement son extinction. La diff&#233;rence est donc fondamentale, ce qui rare de fa&#231;on aussi explicite entre deux papes qui se succ&#232;dent (il faut sans doute remonter au Moyen Age pour avoir l'&#233;quivalent). Le motif avanc&#233; est double : d'un c&#244;t&#233; un rejet suppos&#233; de Vatican II, et de l'autre dit-on la construction d'une Eglise de fait s&#233;par&#233;e. Ce constat peut invoquer des r&#233;alit&#233;s ici ou l&#224;, mais il a trois d&#233;fauts graves. D'abord il ne vaut que pour certains fid&#232;les ou pr&#234;tres, et encore partiellement : &#224; mon sens et dans mon exp&#233;rience personnelle certainement pas pour une majorit&#233; des fid&#232;les concern&#233;s. Ensuite il ne reconna&#238;t nulle part les bienfaits pourtant observables et appr&#233;ciables du rite, y compris en termes missionnaires. Enfin il para&#238;t identifier ce rite, et la spiritualit&#233; ou la discipline qui y sont li&#233;es dans l'esprit des fid&#232;les, avec le rejet de Vatican II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point est fondamental. La question ici est de savoir si apr&#232;s ce concile et la vague de changement op&#233;r&#233;s en s'en r&#233;clamant, les fid&#232;les sont tenus de s'aligner sur ces choix en coupant toute r&#233;f&#233;rence aux rites et pratiques ant&#233;rieurs. Or comme Beno&#238;t XVI l'a fait remarquer, la r&#233;forme liturgique a &#233;t&#233; d'une radicalit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent. Il y a trop de diff&#233;rences entre les deux dans l'esprit et la lettre pour qu'on puisse pr&#233;tendre que chacun puisse trouver dans le nouveau rite, surtout comme il est pratiqu&#233;, tout ce qu'on trouvait dans l'ancien. Il est d&#232;s lors l&#233;gitime que des fid&#232;les puissent demander l'usage de cet ancien rite, parce qu'ils s'y retrouvent et y puisent la spiritualit&#233; que le nouveau ne leur donne pas ou pas au m&#234;me degr&#233; ; par ailleurs ce rite ant&#233;rieur n'a pas &#233;t&#233; abrog&#233;. Il en est de m&#234;me pour le cat&#233;chisme ou d'autres &#233;l&#233;ments de pratique religieuse. Cela d'autant plus que la r&#233;forme liturgique de 1969 va bien au-del&#224; de ce que demandait la constitution conciliaire sur la liturgie. On aurait parfaitement pu appliquer celle-ci par une r&#233;forme bien plus mod&#233;r&#233;e, probablement plus fid&#232;le au texte, qui aurait gard&#233; l'essentiel du rite alors existant. Dans ce cas la demande d'une continuit&#233; aurait eu moins de sens. Le fait est qu'on a choisi une interpr&#233;tation radicale : c'est concevable ; mais il faut alors admettre que la place existe pour la fid&#233;lit&#233; de certains &#224; la formule ant&#233;rieure, qui date rappelons-le dans ses traits essentiels de plus de 14 si&#232;cles pendant lesquels elle a nourri toute la vie de l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue la formule retenue par le pape pr&#233;c&#233;dent dans son motu proprio &#233;tait tout &#224; fait judicieuse, avec sa distinction entre une forme ordinaire et une forme extraordinaire dans un m&#234;me rite. On objecte qu'il y a toujours eu unit&#233; de rite. Outre que c'est faux (rites orientaux, rites ambrosien, mozarabe, dominicain etc.), il n'y a pas non plus de pr&#233;c&#233;dent au bouleversement de 1969. On dit que les fid&#232;les n'ont pas &#224; choisir leur rite ; mais outre que l'int&#233;r&#234;t de pr&#233;voir deux formes dans le m&#234;me rite romain r&#233;pond juridiquement &#224; cette question, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale les fid&#232;les sont libres de se ressourcer dans une spiritualit&#233; plut&#244;t qu'une autre : tiers-ordre dominicain, carme ou franciscain, communaut&#233;s nouvelles, oblatures monastiques etc. Et donc logiquement qu'ils suivent un rite et des r&#233;f&#233;rences correspondant &#224; cette spiritualit&#233;, en l'esp&#232;ce pour simplifier plus verticaux, plus sensibles &#224; la transcendance, plus conscients des fins derni&#232;res, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gime a obtenu de tr&#232;s bons r&#233;sultats &#224; mon sens, dans une bonne partie des cas. Avec deux limites : l'une, qui est cette minorit&#233; qui refuse au moins de fait la validit&#233; de Vatican II et de la messe en forme ordinaire ; or cette option est inacceptable. La reconnaissance de la validit&#233; de Vatican II comme concile est incontournable, comme de la validit&#233; du rite actuel. Encore faut-il distinguer le concile et son suppos&#233; esprit : comme le rappelait Beno&#238;t XVI, le concile doit &#234;tre lu dans la continuit&#233; de l'Eglise, et dans ses textes. Il faut en outre distinguer la fid&#233;lit&#233; &#224; l'Eglise, y compris au concile, qui devrait aller de soi, avec un accord &#224; donner sur tout ce qui a &#233;t&#233; fait &#224; partir de l&#224;, toutes les interpr&#233;tations, et plus g&#233;n&#233;ralement tout ce qui s'est pass&#233; depuis et se passe actuellement, et qui va dans tous les sens : cet accord n'a pas &#224; &#234;tre exig&#233; - sauf d&#233;cision imp&#233;rative du magist&#232;re. Le concile a bon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question qu'on relie &#224; celle-ci et qui a mis le feu aux poudres est celle de la conc&#233;l&#233;bration : l'ancien rite ne la pr&#233;voyait pas sauf cas tr&#232;s particuliers. Si un pr&#234;tre consid&#232;re la conc&#233;l&#233;bration comme non valide en soi, &#224; mon sens il s'exclut de lui-m&#234;me. En revanche, dans le cadre du rite ant&#233;rieur, il est normal qu'il ne la pratique pas. Reste le cas des conc&#233;l&#233;brations &#224; sens eccl&#233;sial, comme la messe chrismale. A vrai dire, je comprends mal ceux des pr&#234;tres &#8216;tradis' qui les refusent. Quels que soit leurs arguments en termes de rite, le geste de coupure que cela implique ou qui est per&#231;u comme tel est tr&#232;s mal venu. Mais de l&#224; &#224; les anath&#233;miser, il y a un pas. Sur tous ces points, le r&#244;le de l'&#233;v&#234;que est tr&#232;s important, avec l'aide de tous. Il en est de m&#234;me pour une question essentielle : la n&#233;cessit&#233; de cultiver le sens de l'Eglise, qui doit habiter les deux formes et leurs fid&#232;les : ni refus de ceux qui ne pensent pas comme vous, ni ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre limite du motu proprio pr&#233;c&#233;dent a &#233;t&#233; l'enrichissement mutuel des rites, qui &#233;tait attendu, mais s'est peu observ&#233;. Dans le cas de l'extraordinaire, le point central ici a &#233;t&#233; l'incoh&#233;rence du Vatican. Si en effet il y a une forme extraordinaire vivante, permanente, elle ne peut rester fig&#233;e sur les livres de 1962. Elle doit donc &#233;voluer, ne serait-ce qu'en introduisant les nouveaux saints proclam&#233;s par l'Eglise, en permettant des pr&#233;faces plus vari&#233;es etc. Mais en en gardant l'esprit, et donc l'essentiel de la lettre. Or contrairement &#224; ce que dit Mgr Batut dans le Figaro, ce blocage ne provient pas principalement du refus des fid&#232;les, mais de l'absence d'autorisation de Rome. On est en revanche plus l&#233;gitime en demandant &#224; chaque c&#244;t&#233; de s'inspirer des vertus de l'autre forme du rite ; mais cela n'implique pas unification arbitraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait donc motif &#224; une nouvelle &#233;tape, avec renforcement du r&#244;le des &#233;v&#234;ques, et activation de l'instance romaine en charge de la question, pour un r&#244;le plus proactif dans les deux cas, et appel aux fid&#232;les &#224; l'appui. Mais pas pour ce texte tristement partial, d&#233;pourvu de mis&#233;ricorde et m&#234;me violent, qu'est le nouveau motu proprio. Le pape Fran&#231;ois nous avait habitu&#233;s &#224; un autre discours : importance de la mis&#233;ricorde, souci de l'&#233;coute et notamment des p&#233;riph&#233;ries etc. Fort heureusement, bien des &#233;v&#234;ques, et notre conf&#233;rence &#233;piscopale, ont reconnu le besoin d'apaisement. Il d&#233;pend donc d&#233;sormais de tous que cette situation soit v&#233;cue le moins mal possible, voire si possible en en tirant du bien, avec l'aide de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ajout du 25 janvier 2022&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point essentiel est l'usage contestable du terme &#8216;unicit&#233;', notamment celle du rite romain. On confond la mesure par laquelle un tel rite est reconnu comme le rite normal d'un partie (tr&#232;s majoritaire) de l'Eglise latine avec l'id&#233;e qu'il ne doit exister qu'une seule forme de ce rite. Or d'une part il y a toujours eu plusieurs formes du rite romain (usages anciens, congr&#233;gations religieuses, etc.) ; et d'autre part la radicalit&#233; de la r&#233;forme introduite par Paul VI (au-del&#224; des demandes du Concile) en faisait ce qui pourrait &#234;tre justement consid&#233;r&#233; comme un autre rite. Si ce rite n'avait que modifi&#233; ici ou l&#224; le pr&#233;c&#233;dent (enrichissement des lectures, simplifications etc.) dans la logique du Concile, le probl&#232;me ne se serait pas pos&#233;. Mais l'ampleur des diff&#233;rences est telle qu'il n'est pas possible de consid&#233;rer que c'est la m&#234;me r&#233;alit&#233; simplement ajust&#233;e. Notamment, cela implique que les r&#233;alit&#233;s spirituelles et rituelles qu'ils manifestent sont diff&#233;rentes. Et comme la pr&#233;c&#233;dente ne peut perdre sa valeur, ni ne peut &#234;tre abrog&#233;e (comme l'a soulign&#233; Beno&#238;t XVI) elle repr&#233;sente un tr&#233;sor pour l'Eglise, irrempla&#231;able, &#224; c&#244;t&#233; &#233;videmment de la nouvelle avec ses m&#233;rites propres. C'est tr&#232;s exactement ce que le pape &#233;m&#233;rite avait voulu traduire dans sa formulation en distinguant dans un m&#234;me rite romain une forme ordinaire et une extraordinaire. Il aurait fallu donc aller encore plus loin et notamment enrichir le rite extraordinaire, comme d'ailleurs la CDF avait commenc&#233; &#224; le faire. Pas le traquer comme une menace. Les mesures disciplinaires &#224; l'&#233;gard de ceux qui refusent tel ou tel signe jug&#233; essentiel de communion sont une autre question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
