<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=87&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>L'engagement politique des chr&#233;tiens dans nos d&#233;mocraties </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-engagement-politique-des-chretiens-dans-nos-democraties.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-engagement-politique-des-chretiens-dans-nos-democraties.html</guid>
		<dc:date>2022-05-07T16:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Chr&#233;tiens et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tiens et d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On parle beaucoup de l'engagement politique des chr&#233;tiens, du devoir qu'il repr&#233;sente. Pourtant les r&#233;sultats sont loin d'&#234;tre convaincants, qu'on soit conservateur ou progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est donc le probl&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-et-politique-.html" rel="directory"&gt;Religion et politique &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Chretiens-et-politique-+.html" rel="tag"&gt;Chr&#233;tiens et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Chretiens-et-democratie-+.html" rel="tag"&gt;Chr&#233;tiens et d&#233;mocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rappelons d'abord le contexte. Les chr&#233;tiens ne peuvent se d&#233;sint&#233;resser de la politique, comprise comme forme de charit&#233; sup&#233;rieure. Mais dans nos soci&#233;t&#233;s le christianisme est d&#233;sormais minoritaire et rejet&#233; comme r&#233;f&#233;rence publique. Il est d&#232;s lors devenu difficile d'avoir une influence en s'en r&#233;clamant explicitement. Et pourtant les chr&#233;tiens ne peuvent pas non plus se fondre anonymement dans la soci&#233;t&#233;. D&#233;j&#224;, ils ne peuvent pas &#233;viter d'intervenir et de s'afficher comme tels si l'enjeu est directement religieux. Mais m&#234;me s'il rel&#232;ve de la loi naturelle, l&#224; o&#249; elle est m&#233;connue de la soci&#233;t&#233; (mariage pour tous) : on les rep&#232;re vite comme tels. Le vieux dilemme ne guide donc pas beaucoup : on agira toujours &#8216;en chr&#233;tien', &#233;videmment, mais aussi cas par cas &#8216;en tant que chr&#233;tien' sans l'exclure a priori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le magist&#232;re donne-t-il une r&#233;ponse claire sur les orientations &#224; prendre ? Les principes (la Doctrine sociale de l'Eglise) sont stables. Mais la ligne politique a notablement vari&#233; : d'abord hostile &#224; la modernit&#233; politique (XIXe s.), elle a ensuite oscill&#233; au moins jusqu'&#224; la seconde guerre mondiale entre le rappel des principes et un accommodement de fait ; on s'est essay&#233; ensuite &#224; la d&#233;mocratie chr&#233;tienne, qui paraissait un compromis commode et prometteur, mais qui a finalement &#233;chou&#233; ; pour d&#233;boucher sur la position actuelle. Si on peut la r&#233;sumer, elle semble recommander la d&#233;mocratie et les Droits de l'homme, comme le reste de la soci&#233;t&#233; ; mais (au moins pour Jean-Paul II et Beno&#238;t XVI) avec une compr&#233;hension sous-jacente assez diff&#233;rente de celle dominante, et plus que des nuances entre les papes. Il n'est en tout cas pas irrespectueux de dire que l'impact sur la dur&#233;e en a &#233;t&#233; et reste peu concluant ; le seul cas de succ&#232;s manifeste, celui de Jean-Paul II &#224; l'Est, n'&#233;tait pas un combat politique ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons en outre que le magist&#232;re ne s'exerce avec toute son autorit&#233; que sur la foi et les m&#339;urs (les fondements moraux), pas sur les d&#233;cisions relevant de la prudence politique. L'&#233;clairage qu'il apporte est donc tr&#232;s important, mais il laisse ouvertes des possibilit&#233;s diverses, en restant fid&#232;le aux principes. Cela ne veut pas dire qu'il faille n&#233;gliger l'enseignement magist&#233;riel, tant s'en faut ; mais ce n'est pas un manuel pr&#234;t &#224; l'emploi. Ce fait est souvent oubli&#233; lorsqu'on prend sans pr&#233;caution les positions prises ici ou l&#224; dans l'Eglise. Inversement il est dans la pratique difficile de s'afficher catholique en politique tout en allant contre telle ou telle expression de l'Eglise du moment, m&#234;me si on reste dans la marge d'autonomie l&#233;gitime. Par exemple, un parti se disant catholique mais restrictif sur les migrants serait probablement critiqu&#233; d'une fa&#231;on inconfortable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-t-on des r&#233;f&#233;rences dans le pass&#233; ? Moins qu'on ne le pense. L'&#233;poque de chr&#233;tient&#233; &#233;tait trop diff&#233;rente. La d&#233;mocratie chr&#233;tienne n'a pas surv&#233;cu et a &#233;t&#233; un feu de paille &#8211; de fa&#231;on corr&#233;l&#233;e avec l'illusion, fr&#233;quente alors, selon laquelle il y aurait eu un malentendu avec le monde moderne, qu'il suffisait de dissiper. Or ce qui est apparu est que, comme les papes du XIXe si&#232;cle le percevaient (malgr&#233; leurs erreurs et maladresses), il y a des &#233;l&#233;ments d'opposition forte et structurelle entre ce monde et le chr&#233;tien. En d&#233;finitive, le mod&#232;le des premiers chr&#233;tiens para&#238;t plus inspirant. Certes il n'y avait pas dans l'Empire romain de lutte politique d&#233;mocratique. Mais on connaissait d&#233;j&#224; le dilemme : ne pas renier la soci&#233;t&#233; o&#249; on vit et ses &#233;l&#233;ments de l&#233;gitimit&#233;, tout en reconnaissant des points d'opposition irr&#233;ductible. Et dans ce cadre, les positions pouvaient &#234;tre diverses. Ainsi la question de l'arm&#233;e romaine : certains pensaient qu'il &#233;tait exclu d'y combattre, d'autres ont fait le choix inverse sans renier leur foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne nous dit pas quels choix doivent &#234;tre faits concr&#232;tement. D'autant plus que le monde chr&#233;tien est divis&#233; politiquement, avec pour simplifier une polarisation de base entre &#8216;conservateurs' et &#8216;progressistes'. Le premiers sont plus nombreux et transmettent mieux la foi ; mais les seconds, quoique affaiblis, tiennent plus de leviers. Cela dit, le spectre catholique ainsi dessin&#233; ne se confond pas avec le spectre politique dans la soci&#233;t&#233;, car il est sensiblement plus d&#233;cal&#233; sur la droite. Le chr&#233;tien &#8216;progressiste' est tr&#232;s rarement d'extr&#234;me gauche : il sera &#233;colo ou PS, mais souvent LREM ou m&#234;me LR, comme le gros des catholiques pratiquants. Le chr&#233;tien &#8216;conservateur' sera lui volontiers class&#233; par le syst&#232;me &#224; droite, voire &#224; l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces oppositions paraissent en outre irr&#233;ductibles. D'abord bien s&#251;r sur les questions de m&#339;urs et de soci&#233;t&#233; : en th&#233;orie, la doctrine donne des r&#233;ponses claires et tranch&#233;es ; mais tous n'y adh&#232;rent pas (contraception), et reste ouverte la question du possible : d&#232;s lors souvent la division est forte (mariage pour tous). Viennent ensuite les migrants : le d&#233;saccord entre chr&#233;tiens est ici tr&#232;s &#226;pre - le pape actuel s'&#233;tant en outre engag&#233; radicalement d'un des c&#244;t&#233;s. Moins dure mais n&#233;anmoins nette est l'opposition sur l'Europe et plus largement sur la question nationale. Enfin dans le vaste domaine des questions &#233;conomiques et sociales, y compris l'&#233;cologie, on trouve une gamme d'opinions tr&#232;s large, avec des diff&#233;rences consid&#233;rables. Ce simple rappel montre qu'on ne peut r&#233;unir sous une m&#234;me banni&#232;re les positions en question, explicitement chr&#233;tiennes ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, les frustrations sont in&#233;luctables, des deux c&#244;t&#233;s, et pas seulement parce que le magist&#232;re para&#238;t appuyer tant&#244;t les uns, tant&#244;t les autres. Du c&#244;t&#233; &#8216;progressiste', on souffre du recul de ce courant par rapport aux ann&#233;es 70-80. Surtout, comme on nie ou relativise l'opposition entre l'esprit dominant dans nos soci&#233;t&#233;s et la foi chr&#233;tienne, on finit dans le sillage du premier et, dans la pratique, l'action politique qu'on m&#232;ne se confond avec celle de la gauche ou du centre. En outre le progressiste engag&#233; est troubl&#233; par le vote &#224; droite de la majorit&#233; des catholiques, ainsi que par l'insistance des &#8216;conservateurs' sur le soci&#233;tal, qui est beaucoup plus visible et la seule &#224; &#234;tre associ&#233;e par le public avec le christianisme. Enfin on a du mal avec une doctrine magist&#233;rielle qui reste traditionnelle (malgr&#233; certaines d&#233;clarations). D'o&#249; en r&#233;action la tentation d'une &#233;thique de conviction exacerb&#233;e, notable sur les migrants &#8211; mais l&#224; aussi sans effet politique propre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le malaise n'est pas moins r&#233;el du c&#244;t&#233; &#8216;conservateur' : ce peut &#234;tre par le porte-&#224;-faux par rapport &#224; la hi&#233;rarchie - pas tant sur les principes que sur certaines d&#233;clarations comme sur les migrants-, mais plus encore par frustration sur les faibles r&#233;sultats obtenus, ainsi dans les luttes soci&#233;tales. C'est qu'on s'oppose l&#224; &#224; des tendances lourdes de la soci&#233;t&#233;, le paradigme relativiste qui la domine. En outre, de ce c&#244;t&#233;-l&#224; aussi la parole chr&#233;tienne est minoritaire, quoique moins qu'&#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan ne parait donc pas r&#233;jouissant. On peut se reconna&#238;tre comme chr&#233;tien une ardente obligation, mais on a en pratique une difficult&#233; &#224; la mettre en &#339;uvre de fa&#231;on rep&#233;rable en termes chr&#233;tiens ; la dispersion des efforts est consid&#233;rable ; et le champ politique n'appara&#238;t pas d'embl&#233;e f&#233;cond pour le chr&#233;tien qui veut agir explicitement comme tel. Mais on aurait tort d'en rester l&#224;. D'abord bien s&#251;r ce qui fait qu'une action est bonne ou mauvaise n'est pas d'abord le r&#233;sultat obtenu &#8211; qui pour l'essentiel d&#233;pend de Dieu. Ce n'est pas &#224; nous de porter le futur de l'humanit&#233; sur nos &#233;paules ; ce qui ne nous emp&#234;che pas de faire ce que nous avons &#224; faire, l&#224; o&#249; nous sommes et l&#224; o&#249; nous le pouvons, et si possible intelligemment. Faire le bien autour de nous, y compris en mati&#232;re politique, reste toujours possible, et obtenir des r&#233;sultats r&#233;els. En explicitant en quoi cela manifeste notre foi chr&#233;tienne chaque fois que c'est possible ou pertinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre chose est la manifestation du christianisme dans la soci&#233;t&#233; et dans l'histoire. Regardons ses le&#231;ons : combien de cas de succ&#232;s collectifs qui soient le fruit d'une action chr&#233;tienne voulue collectivement comme telle, consciemment et &#224; l'avance ? Je suis par exemple de ceux qui admirent la chr&#233;tient&#233; malgr&#233; ses d&#233;fauts et limites ; mais elle n'a jamais &#233;t&#233; d&#233;finie comme un objectif &#224; atteindre ; elle a &#233;t&#233; donn&#233;e en son temps. Il en sera de m&#234;me pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; La Nef &lt;i&gt;n&#176; 347 mai 2022&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;https://lanef.net/2022/05/12/quel-engagement-politique-pour-les-chretiens/?utm_source=rss&amp;utm_medium=rss&amp;utm_campaign=quel-engagement-politique-pour-les-chretiens&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lanef.net/2022/05/12/quel-e...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chr&#233;tient&#233; et d&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Chretiente-et-democratie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Chretiente-et-democratie.html</guid>
		<dc:date>2009-12-09T10:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Chr&#233;tiens et d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Chr&#233;tient&#233; et d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;[|&gt;https://www.librairietequi.com/chretiente-et-democratie.html] &lt;br class='autobr' /&gt;
Petite introduction &#224; Chr&#233;tient&#233; et d&#233;mocratie &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec des extraits du livre &lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi un livre sur la chr&#233;tient&#233; et la d&#233;mocratie ? C'est une r&#233;flexion sur le rapport entre notre h&#233;ritage historique, la chr&#233;tient&#233;, et le syst&#232;me politique l&#233;gitime de notre temps, la d&#233;mocratie. La d&#233;mocratie moderne se veut neutre &#224; l'&#233;gard de toute valeur autre qu'elle-m&#234;me. Mais peut-on durablement fonder une soci&#233;t&#233; sur de simples (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Mes-livres-Biographie-.html" rel="directory"&gt;Mes livres &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Chretiens-et-democratie-+.html" rel="tag"&gt;Chr&#233;tiens et d&#233;mocratie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Chretiente-et-democratie-327-+.html" rel="tag"&gt;Chr&#233;tient&#233; et d&#233;mocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/xte_et_democratie.jpg?1787417306' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;[|&gt;&lt;a href=&#034;https://www.librairietequi.com/chretiente-et-democratie.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.librairietequi.com/chretiente-et-democratie.html&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite introduction &#224; Chr&#233;tient&#233; et d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avec des extraits du livre&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un livre sur la chr&#233;tient&#233; et la d&#233;mocratie ? C'est une r&#233;flexion sur le rapport entre notre h&#233;ritage historique, la chr&#233;tient&#233;, et le syst&#232;me politique l&#233;gitime de notre temps, la d&#233;mocratie. La d&#233;mocratie moderne se veut neutre &#224; l'&#233;gard de toute valeur autre qu'elle-m&#234;me. Mais peut-on durablement fonder une soci&#233;t&#233; sur de simples r&#232;gles du jeu, suppos&#233;es permettre &#224; chacun de se fabriquer ses &#171; valeurs &#187; ? Pas pour le chr&#233;tien, fort d'un message r&#233;v&#233;l&#233;, donc de valeurs objectives d&#233;passant et &#233;clairant les circonstances historiques de chaque &#233;poque. Et riche d'une exp&#233;rience bimill&#233;naire. Dans ce contexte, comment tirer les le&#231;ons du pass&#233;, s'orienter dans la phase ambigu&#235; de relativisme que traverse l'humanit&#233;, et r&#233;enraciner ces valeurs ? Une r&#233;flexion historique, coupl&#233;e avec l'analyse des bases de la modernit&#233;, peut aider &#224; la r&#233;flexion et &#224; la prise de conscience de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se centrale de ce livre est le couplage de deux id&#233;es. L'une, que la source et la r&#233;f&#233;rence de toute valeur d&#233;passe infiniment l'homme, puisque c'est en Dieu seul qu'en est l'origine et le fondement, m&#234;me si la droite raison peut en saisir une grande partie. Sachant que la mise en &#339;uvre politique de ces valeurs, dans des communaut&#233;s compos&#233;es de millions de volont&#233;s distinctes, libres, mais marqu&#233;es par le p&#233;ch&#233;, est n&#233;cessairement al&#233;atoire, et suppose une bonne dose de la vertu de prudence. L'autre id&#233;e est que ceci se d&#233;roule dans l'histoire, processus d'exploration par l'humanit&#233; de phases successives sous l'&#339;il de la Providence, o&#249; s'&#233;labore myst&#233;rieusement le royaume de Dieu, mais sans que nous en ma&#238;trisions le sens. Nous devons donc agir pour faire advenir ces soci&#233;t&#233;s fond&#233;es sur des valeurs chr&#233;tiennes qu'on appelle chr&#233;tient&#233;. Tout en reconnaissant que nous ne saurions instaurer en ce monde le royaume, ni ma&#238;triser les temps que seul le P&#232;re conna&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; qui s'adresse-t-il ? A tous bien s&#251;r. Mais plus encore pour ceux qui acceptent la voie &#233;prouvante de l'action politique. La d&#233;marche du livre est historique, car seule la m&#233;ditation de l'histoire nous donne la mesure de la t&#226;che &#224; accomplir. La chr&#233;tient&#233; du Moyen Age a &#233;t&#233; malgr&#233; ses limites &#233;videntes le creuset du d&#233;veloppement ult&#233;rieur de notre civilisation. Cette foi commune a &#233;t&#233; pulv&#233;ris&#233;e par la mont&#233;e de l'Etat, la passion r&#233;volutionnaire, et le relativisme qui les a suivis. La question est alors la suivante : comment pouvons-nous, chr&#233;tiens, activer ces ferments, sans lesquels une civilisation digne de ce nom n'est pas concevable ? Les mat&#233;riaux que propose ce livre sont l&#224; pour y contribuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus pr&#233;cis&#233;ment :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'occidental contemporain, la d&#233;mocratie avec les droits de l'homme est la forme la plus achev&#233;e de la vie en soci&#233;t&#233;. Dans un monde mouvant et h&#233;t&#233;rog&#232;ne, elle constitue la valeur de r&#233;f&#233;rence commune. La plupart des chr&#233;tiens se rallient &#224; cette vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet &#233;tat de fait pourrait pourtant leur poser question. Parce que le Royaume de Dieu n'est pas de ce monde, le chr&#233;tien sait que la politique n'est pas le domaine de l'id&#233;al. C'est un terrain difficile, o&#249; il s'agit de faire au mieux, mais o&#249; rien n'est indiscutable, rien n'est certain, o&#249; il n'y a pas de r&#233;ponse d&#233;finitive. L'histoire du christianisme, que l'ouvrage rappelle dans ses grands traits, en t&#233;moigne : aucune &#233;poque, n'a jamais &#233;t&#233; qu'une &#233;tape dans une histoire jamais achev&#233;e, dans laquelle les rapports entre la sph&#232;re politique et l'Eglise ont &#233;t&#233; souvent b&#233;n&#233;fiques, mais presque toujours difficiles, m&#234;me si la f&#233;condit&#233; historique de cette Chr&#233;tient&#233; est &#233;clatante, puisque la plupart des r&#233;alisations de notre civilisation ont leur origine dans cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie moderne n'&#233;chappe pas &#224; cette difficult&#233;. C'est en outre un r&#233;gime politique sp&#233;cifique, qui s'est &#233;loign&#233; de la souverainet&#233; directe du peuple, avec ses qualit&#233;s et ses d&#233;fauts. Mais elle y ajoute un probl&#232;me suppl&#233;mentaire. D&#232;s ses origines elle a manifest&#233; une profonde ambigu&#239;t&#233; : d'un certain c&#244;t&#233;, elle n'&#233;chappe pas &#224; une forme de r&#233;volte prom&#233;th&#233;enne de l'homme europ&#233;en, d&#233;sireux de b&#226;tir seul son futur sans r&#233;f&#233;rence &#224; Dieu , ce qui est manifeste d&#232;s la R&#233;volution, quelles que soient les intentions de ses promoteurs. Et de l'autre c&#244;t&#233;, elle est &#224; la source d'une forme de vie politique adapt&#233;e &#224; une soci&#233;t&#233; beaucoup plus complexe, fond&#233;e sur une conception de l'homme porteur de droits objectifs, participant actif &#224; la vie de la cit&#233;. Le chr&#233;tien peut donc la comprendre de fa&#231;on diff&#233;rente : soit, dans la tradition de l'Eglise, comme une forme possible de gouvernement, la plus l&#233;gitime et la plus &#233;labor&#233;e &#224; notre &#233;poque du moins, respectueuse dans ses principes des droits de la personne humaine &#8211; s'ils sont compris au bon sens du terme. Soit au contraire comme une organisation du droit de chacun &#224; affirmer son droit &#224; b&#226;tir sa vie et la soci&#233;t&#233; comme il l'entend, sans r&#233;f&#233;rence &#224; des valeurs objectives, c'est-&#224;-dire s'imposant &#224; lui. Ce qui conduit &#224; favoriser au mieux les d&#233;sirs individuels quels qu'ils soient, du moment qu'ils sont suppos&#233;s ne g&#234;ner personne. La m&#234;me organisation, mais deux visages oppos&#233;s. Si elle est comprise comme gouvernement l&#233;gitime et civilis&#233; de notre temps, fond&#233; sur le respect de la personne humaine, elle ne se discute pas. Mais si au contraire elle est comprise comme l'organisation du droit de chacun &#224; suivre son bon plaisir sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent des autres, elle ne peut fonder le pacte social. Ces deux visions coexistent ; et, faut-il le dire, la seconde tend &#224; pr&#233;valoir progressivement sur la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longue histoire des d&#233;m&#234;l&#233;s de l'Eglise avec la d&#233;mocratie moderne t&#233;moigne de la difficult&#233; de la t&#226;che qui est devant nous. Le chr&#233;tien ne peut y &#234;tre indiff&#233;rent. Il sait que le Bien ne rel&#232;ve pas de son bon plaisir, et donc qu'aucune soci&#233;t&#233; digne de ce nom ne peut se passer de la reconnaissance de valeurs morales, qui pour lui sont celles de l'Evangile. C'est en ce sens que les valeurs r&#233;publicaines sont compatibles avec ces derni&#232;res. Le chr&#233;tien sait donc qu'il est vital pour une soci&#233;t&#233; de reconna&#238;tre ces valeurs essentielles, et, donc, id&#233;alement, qu'elle s'en inspire. Tel est le sens que peut avoir le beau mot de chr&#233;tient&#233;, cette civilisation de l'amour dont parlent les papes d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est &#224; la fois un panorama historique, fond&#233; sur la riche et contrast&#233;e exp&#233;rience du christianisme, une r&#233;flexion sur l'histoire, et un instrument de r&#233;flexion face aux questions pos&#233;es par notre &#233;poque. Son objectif est d'aider tout homme de bonne volont&#233; &#224; mieux discerner comment contribuer &#224; notre avenir commun. Cela ne peut d&#233;boucher sur la foi dans une formule toute faite, f&#251;t-elle la d&#233;mocratie et les droits de l'homme -trop ambigu&#235;, trop manifestement cr&#233;ation humaine. Et ce ne peut &#234;tre non plus la croyance dans un sens lisible de l'histoire. Certes, nous pouvons aider &#224; ce processus historique par lequel l'humanit&#233; explore ses possibilit&#233;s et manifeste sa capacit&#233; de cr&#233;ation. Mais nous ne serons pas plus proches de Dieu que ne l'&#233;taient les ap&#244;tres, et de toutes fa&#231;ons nous ne connaissons ni le jour ni l'heure. L'histoire qui s'ouvre devant nous est plus que jamais ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous savons en revanche, c'est que nous pouvons compter sur Celui qui conna&#238;t le sens ultime de cette exploration et celui de nos engagements, Celui surtout qui nous ouvre la vie &#233;ternelle. C'est cette confiance qu'il nous faut transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(publi&#233; initialement dans l'Homme nouveau et Evangile et Soci&#233;t&#233;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
